Voilà... Dernier chapitre :') J'espère que cette histoire vous aura plu autant que j'ai aimé l'écrire ! Merci pour votre soutien et pour les reviews qui m'auront tjs fait très plaisir !

bisous bécots


Chapitre 29 L'Horizon

– Pardon ?!

– Il n'y a pas de code.

– J'avais compris merci, mais comment arrête-t-on ces putains de bombes alors ?!

– Désactivation manuelle. Une par une.

– Bieeeen, grinça Éric, combien y en a-t-il ?

– 13.

– 13 ?! Ce n'est pas suffisant pour détruire une ville ! souffla-Tris.

– Bombes à implosion. 99,7% de la ville sera détruite.

Un murmure consterné accueillit ces mots. Les bombes à implosion avaient la particularité de toute absorber autour d'elles silencieusement en ne laissant qu'un cratère.

– Et où sont ces bombes ? demanda Éric à bout de patience.

– Positions inconnues. Seuls les poseurs savent.

Christina piqua une crise de nerfs.

– Je ne me rappelle pas ! Je ne me rappelle pas !

Will la fit asseoir et tenta de la raisonner.

– Chris, concentre-toi…

Un ancien audacieux intervint.

– Inutile, si elle était sous sérum de simulation, elle n'aura aucun souvenir !

– Administrons-lui un sérum de vérité !

– Inutile il ne fonctionnera pas, il sera contré par la simulation ! répondit un ancien sincère.

Sophia s'avança.

– Ce malheur pourrait bien nous servir et nous sauver, pouvez-vous me filmer et passer mon message en direct ? Peut-on basculer sur moi ? J'ai une idée.

Un technicien hocha la tête. On amena une caméra et Sophia la fixa.

– Citoyens. Il est temps de changer. Si nous ne faisons rien, ce n'est pas seulement les sans-factions qui disparaitront, mais votre ville entière. Alors allions-nous ! Fouillons la ville ! Trouvez ces bombes et nous les désactiverons. Les sans-factions vont sortir des tunnels, laissez les passer et laissez nous vous aider…

Sophia fit un petit signe pour signifier qu'elle avait terminé.

– Diffusez-le en boucle.

Un messager arriva.

– J'ai un appel urgent pour vous. D'un de nos alliés infiltré chez les sincères.

Il brancha un écran et parla dans son micro.

– Liaison établie. Parlez !

Jack Kang, le leader des sincères apparu sur l'écran, raide et solennel.

– Nous vous aiderons. Sortez et nous vous accueilleront.

...

Une véritable course contre la montre s'engagea pour retrouver les bombes. Les factions découvrirent qu'elles pouvaient travailler main dans la main avec ceux qu'ils nommaient encore quelques heures plus tôt « les parasites ».

Les 13 bombes furent retrouvées à temps et après leur désactivation, un conseil extraordinaire se réunit.

Le sans factions purent de nouveau marcher à l'air libre et furent réintégrés en tant que « 6ème faction ». Un conseil des six formés par les 6 leaders des factions fût créé. Un vote fût fait chez les audacieux et les érudits pour déterminer ceux qui dirigeraient.

Réintégrer la 6ème faction dans la société prendrait du temps et certains étaient encore réticents. A commencer par beaucoup des anciens sans-factions qui ne se voyaient pas construire un avenir dans une société qui n'avait jamais été la leur.

Afin d'effectuer la transition en douceur, les anciens leaders décidèrent de garder les factions telles qu'elles étaient et de laisser la génération suivante les démanteler peu à peu en supprimant la cérémonie du choix et les tests de détermination.

Les factions étaient trop ancrées dans leurs gènes et les supprimer brutalement n'aurait pour effet que de plonger la ville dans le chaos.

La 6ème faction fut placée dans un quartier et son peuple autorisé à réintégrer les factions ou à construire une autre ville en parallèle.

Quant à moi j'avais une autre idée en tête. Jeanine avait été jugée coupable de crimes contre la société et avait été condamnée à mort tout comme d'autres. Tout comme Éric.

J'avais demandé au conseil des 6 de se réunir pour soumettre mon idée.

Je me sentais minuscule. J'étais au milieu d'un ancien amphithéâtre qui faisait office de tribunal.

Je pris une grande respiration.

Tous me regardaient. Leaders, nouveaux dirigeants, et leur regard était plutôt hostile. J'avais demandé l'amnistie d'Éric et ma demande n'était… comment dire… pas bien passée. Je me préparais pour l'argumentation de la dernière chance. Enfin ma voix s'éleva, doucement d'abord, puis plus fortement. J'étais déterminée.

– Éric mérite selon toute logique de mourir. Inutile de rappeler ses crimes nous sommes tous bien au courant. Mais il y a un paramètre que vous devez prendre en compte et auquel personne n'a jamais pensé. Sa haine envers vous est en fait une haine du système. Il a souffert non pas à cause des sans factions ou des altruistes comme il le pense, mais à cause des conséquences du compartimentage imposé par votre système. Il est coupable de crimes, c'est indéniable. Mais il est aussi une victime du système tout comme vous. Le tuer apaisera peut être votre rage un instant mais cela n'apportera rien de positif. C'est une action vide. Il vaut mieux qu'il se repentisse et soit utile à votre nouvelle société. C'est pour ça que plutôt que de le condamner à mort je vous propose autre chose. Bannissez-le. Je compte partir pour découvrir s'il y a d'autres survivants. Car j'en suis persuadée d'autres villes ont survécu et nous attendent. Éric m'accompagnera et non seulement vous ne l'aurez plus ici mais en plus il servira une cause plus grande : l'unification des survivants de ce monde. Il est temps de s'ouvrir et de ne plus survivre, mais vivre. Bâtissez un nouveau monde, grandissez, rejoignez d'autres survivants et ne reproduisez pas les erreurs passées. Cela nous a coûté trop cher.

Je me rassis dans un silence de mort.

Un soupir monta des rangs derrière moi.

Sara, une des nouvelles leaders des sans-factions s'était levée. Elle semblait porter tous le poids du monde sur ses épaules.

– Éric a tué mes deux fils devant moi il y a deux ans. Je suis fatigué par ce jugement qui n'en finit pas, par ce climat de haine, par ces morts inutiles. J'en ai assez. Assez de morts Je refuse de l'ériger en martyr pour sa cause, je refuse de marcher sur la Grand-Place tous les jours et de penser à sa tête qui aurait roulé sur le sol, à son sang qui se répandrait dans nos rues. Renvoyons le et qu'il disparaisse. Bannissons-le.

Le vent balayait doucement mon visage. Il était tôt, la ville dormait encore et le soleil se levait dans un halo rose. Quatre me tendit les clés d'une grosse moto puis me prit dans ses bras.

– Bon voyage Al. Sois prudente.

Il lança un regard méfiant à Éric qui se tenait menotté à quelques pas de nous, encadré par deux membres de la nouvelle milice.

– Merci Quatre…

– Désolée pour Tris… J'aurais aimé qu'elle soit là mais...

– T'inquiète. Je peux la comprendre.

Depuis le verdict du procès, Tris avait refusé de me voir, ce que je pouvais comprendre.

Will, présent lui aussi me prit à son tour dans ses bras et me souhaita bonne chance.

La porte principale s'ouvrit et je sortis de la ville avec Éric. On m'amena la moto puis tout le monde rentra dans l'enceinte à l'exception de nous deux.

Je déverrouillai les menottes et Éric se frotta les poignets.

– Personne ne m'a souhaité bonne chance à moi.

– La chance tu y auras droit loin d'ici. Pour recommencer une nouvelle vie.

– Et si je refuse ?

– Personne ne t'a demandé ton avis figure toi.

Nous étions plantés l'un en face de l'autre dans une attitude de léger défi mutuel.

Je lui pris les mains.

– Si tu ne le fais pas pour eux fais le pour moi, pour me protéger. Je ne peux pas y arriver seule. Je suis convaincue que le monde extérieur n'est pas vide comme vos dirigeants vous l'ont toujours fait croire. Peut-être trouverons-nous d'autre villes, d'autres hommes. Ceux-là verront ta vraie nature. Ils verront le vrai toi, l'homme dont je suis tombée amoureuse.

Éric scruta mon visage puis se détendit légèrement. Il déposa un baiser rapide mais doux sur mes lèvres et se retourna vers la moto.

– De toute façon, maladroite comme tu es tu n'as aucune chance sans moi. Je te fais une faveur en venant, tu as de la chance.

Je souris.

– Je n'en doute pas… Et ne rêve pas c'est moi qui conduit !

Nous enfourchâmes notre vieux bolide et je sentis les mains d'Éric enserrer doucement ma taille. Le moteur ronfla et je pris de la vitesse. Un léger coup d'œil dans le rétroviseur me permit d'apercevoir une petite silhouette sur les remparts, qui contemplait notre départ. Sa main se leva en un signe encourageant.

Merci Tris.

Mes cheveux volaient au vent tandis que nous filions à travers le désert. Je sentis la tête d'Éric se poser sur mon épaule et ses mains se posèrent sur les miennes, au niveau du guidon de la moto.

L'horizon se déployait devant nous, vide et rougeoyant sous le soleil. L'inconnu nous tendait les bras alors que nous volions vers un nouvel espoir.