Oui.. c'est vrai j'avais dis que je posterai la semaine dernière, et je ne poste que maintenant ! Honte à moi touça touça... mais bon, je me dis que je n'ai pas une vitesse d'écriture très fiable, alors vaut mieux que je continue de travailler votre patience ! ;) On se retrouve en bas de la page, et bonne lecture !


Chapitre 8 : Damoiseau en détresse

Le reste du dimanche, bien que calme dans les faits, avait été exténuant pour Watanuki. Si il avait pu échapper à des sous-entendus supplémentaires, la présence d'un deuxième trous noir à alcool l'avait obligé à retourner au konbini pour éviter une nouvelle panne sèche. Et il devrait probablement y repasser après les cours ce soir pour compléter le stock.

Il soupira en poussant la porte. Penser à la veille ou a ce qu'il allait devoir faire ce soir, n'allait pas l'aider à égayer son humeur. Il venait d'arriver sur le toit du bâtiment sud, là où le trio avait l'habitude de se retrouver pour déjeuner quand le temps s'y prêtait. Il était le premier à arriver, car ses deux acolytes était retenus l'un par son club, l'autre par ses devoirs de délégués. Il savait qu'il était en avance, mais constater qu'il était seul encore pour le moment le plomba un peu. Surtout depuis que son cerveau semblait s'être transformer en une infernale machine à questions. Pourquoi ce Mokona était il apparu pour le jeter dans la gueule du loup ? Pourquoi Yûko savait tout, mais ne l'avait pas engueulé (ou pas encore utilisé ça comme moyen de chantage) ? Que voulait dire cette vieille dame l'autre soir ? Pourquoi Domeki avait posé sa main sur la sienne lorsqu'ils étaient sur ce balcon ? Et encore pire, pourquoi n'avait il pas protesté. Est-ce qu'il détestait toujours Domeki ? Et pourquoi ne le détesterai-il plus ? Pourquoi Himawari voulaient qu'ils deviennent amis ? Avait il besoin d'ami ? Est ce qu'ils étaient vraiment amis tous les trois ? Non, puisqu'il détestait Domeki... vraiment ?

Et j'en passe.

Il avait posé le furoshiki contenant les bentôs rempli abondamment, avant de regarder l'heure sur la montre bracelet qu'il avait trouver chez Yûko. Sa vrai montre à gousset lui manquait beaucoup. Elle avait été offerte à sa mère par son père, et était son héritage le plus précieux. Il fallait vraiment qu'il la retrouve. Soupirant, il s'éloigna un peu plus loin pour observer distraitement le paysage urbain au travers du grillage de sécurité.

Trop de questions dans sa tête. D'ailleurs il avait eu tellement de mal à dormir la veille au soir qu'il s'était relevé pour aller cuisiner un peu avant de repartir en quête du sommeil. Résultat, il avait peu dormi et avait probablement de belles cernes, mais leur repas allait être particulièrement fameux aujourd'hui.

Tout à ses pensées, les yeux dans le vague, Watanuki ne vit pas le danger s'approcher. Et personne n'aurait pu l'en avertir, car c'était une de ces choses qui n'était pas visible pour la grande majorité des gens. Elle arrivait derrière lui, flottant un peu au dessus du niveau de sa tête. Ce n'était pas un esprit très rapide, mais sa proie était tellement perdu dans ses réflexions que la chose n'eut aucun mal à s'approcher. C'était un des ses esprits informes, amas de mauvaises pensées et d'énergie néfaste.

Le jeune médium ne perçut sa présence que trop tard. La chose tendait déjà vers lui ses excroissances qui se dédoublaient en avançant pour former de long doigts de fumée, noire et épaisse, sur son épaule. Il commença à se débattre. Toutes ces question c'étaient envolée sauf une : comment avait-il fait pour ne pas sentir cette abomination s'approcher de lui si près ?

Il essaya de s'éloigner, mais la chose le retenait. Il avait pu s'écarter de quelques centimètres seulement, mais ne se désespéra pas encore et continua de se débattre. Il fallait qu'il atteigne les bentôs à tout pris, il lui fallait du sel. Il en gardait toujours sur lui, et pas que dans un soucis culinaire. Il fallait absolument qu'il attrape cette fichu salière pour repousser cet esprit !

Mais plus il se débattait, plus la créature faisait sortir de bras de son corps informe, pour retenir toujours mieux sa proie. Watanuki était trop loin des bentôs et ses chances d'atteindre son but fondait comme peau de chagrin à chaque fois que l'esprit l'enserrait un peu plus.

Il commençait déjà à sentir sa tête lui tourner, et une sensation d'oppression prenait déjà son cœur et ses poumons en étau. Bientôt, ses jambes faibliraient et il n'arriverait plus à tenir debout. Il réalisait qu'il ne pourrait pas s'en sortir tout seul cette fois, il fallait que quelqu'un vienne. Il avait besoin de sa marraine. Elle seule par le passé avait pu le tirer d'affaires les rares fois où il s'était retrouvé dans un tel pétrin.

Il tenta de l'appeler, mais de nouvelles excroissances apparurent pour le bâillonner. Il allait bientôt manquer d'oxygène, et les volutes de fumée qui s'échappait de la chose obscurcissait sa vision. À moins qu'il ne commence déjà à tourner de l'œil... Si seulement il avait été vigilent, ou qu'il avait pu atteindre le sel.

L'esprit était victorieux. Sa proie ne mettait presque plus de force à se débattre, il pourrait bientôt en faire son festin. Mais soudain, il sentit que quelque chose clochait. Un œil apparut dans son « dos » juste à temps pour voir la porte claquer, et apparaître dans l'encadrement le prince Domeki, encore en tenu de Kyudo ( ? a vérifier?). Et encore avec son arc.

Il n'eut pas le temps de fuir. Le regard de l'archer avait rapidement embrassé la scène et repéré où se trouvait Watanuki. La seconde suivant, il bandait la corde de son arc et lâchait son Ki sous forme de flèche.

La créature fut d'abord percée, avant de se contracter sur elle-même et de disparaître dans un horrible sifflement. Watanuki qui ne tenait plus debout s'effondra.

Domeki se précipita vers son ami à terre, sans lâcher son arme pour le moment, encore prudent. Watanuki s'était évanoui. Il posa un genoux au sol, et abandonna son arc pour installer le médium dans une position plus confortable. Il vérifia que ce dernier ne souffre d'aucune blessure, que ça soit à cause de l'attaque ou de sa chute.

L'archer était précautionneux dans ses gestes, mais pourtant quand il retourna son ami pour l'installer sur le dos, Watanuki s'agita. Il ne se reveilla pas pour autant, mais il se mit à divaguer, appelant Yûko à l'aide avec une voix d'enfant, ou réclamant du sel alors que ses mains s'agitaient sans force.

Le cœur de Domeki se serra. Voir son ami dans un tel état de vulnérabilité le mettait mal à l'aise. Le jeune homme était toujours si combattif dans sa façon d'être que le voir ainsi était désarmant. Rien que d'y penser, Domeki senti une vague de sympathie déferler sur lui, ainsi qu'un violent désir de le protéger. Sa main se referma sur son arc convulsivement. Il brûlait d'envie de percer de nouveau l'esprit qui avait agressé Watanuki. Mais il ne pouvait pas. Car il avait déjà bannit cette abomination avec son Ki. Elle n'existait plus. Et tant mieux.

Il relâcha son arc et posa sa main sur le crâne de son ami, passant délicatement ses doigts à travers des cheveux de jais, à la recherche d'une trace de bosses ou de contusions. Il se força à ne pas penser à la douceur de ce qu'il effleurait. Il trouva finalement ce qui promettait de devenir une belle bosse sur le côté arrière gauche de la tête, probablement la où sa tête avait cognée. Domeki regretta de ne pas l'avoir rattrapé avant qu'il ne tombe, mais s'il était honnête avec lui même il devait reconnaitre qu'il se trouvait trop loin de Watanuki alors.

Il n'y avait pas de sang mais un choc à la tête n'était jamais bon et pouvait avoir des conséquences fâcheuses malgré tout. Fronçant les sourcils, Domeki décida de ne pas attendre que le jeune homme se réveil et de l'emmener directement à l'infirmerie.

C'est avec beaucoup de prévenance qu'il le prit dans ses bras. Une fois ci-fait, c'est avec autant de prudence qu'il traversa le toit en sens inverse, abandonnant l'arc et les bentôs pour descendre à l'infirmerie.

Quand il y arriva enfin, c'est presque avec reluctance qu'il déposa le jeune homme sur le lit blanc pour le laisser aux soins de l'infirmière. De nouveau ce désir de protection... et un peu de possesivité ? Il prit sur lui pour faire place à la professionnelle qui commençait déjà à examiner son nouveau patient tout questionnant le prince sur le pourquoi du comment. Domeki évita bien évidemment de mentionner le mauvais esprit, et préféra répondre que Watanuki avait juste dérapé. La femme s'en contenta et retourna à son examen attentif. Se sentant inutile, Domeki préfera retourner sur le toit pour récupérer les affaires de son ami et son arc.

Il revint quelques minutes plus tard. L'infirmière avait installé une poche de glace sur la contusion, maintenue par un bandage. Watanuki semblait toujours inconscient. Domeki pris une chaise et prit place à côté du lit. Ne sachant que faire d'autre il observa le visage endormi. Si calme et si paisible. D'habitude le visage du jeune médium refletait toujours avec vigueur son état du moment. Concentration extrême en cours, fierté quand il marquait un point auprès des professeur ou quand sa copie lui était rendue avec une bonne note. Soucis certains jours aussi. Et quand Domeki était avec lui ses émotions apparaissaient de façon encore plus exacerbées : agacement, jalousie, exaspération... ce panel peu glorieux renfrogna un peu l'archer. Il se laissa aller contre le dossier en enfonçant les mains dans les poches de son hakama. Ses doigts rencontrèrent alors un objet qu'il avait oublié à cause des derniers évènements.

Il retira délicatement la montre en argent ouvragé et l'observa encore quelques secondes. Ce soir là, c'est d'autres émotions qu'il avait vu passées. Certes il y avait bien sur eu son lot de regards foudrayants et de sourcils froncés (et ses pieds se souvenait de la petite sournoiserie qui leurs avait été jouée). Mais il y avait eu d'autres choses également. De l'appréhension quand ils avaient croisés Yûko-san, de la surprise, un sourire sournois, de l'embarras, beaucoup, et puis cette profonde tristesse qui avait fait écho à la sienne sur le balcon.

Car oui, il avait reconnu le médium l'autre soir. Pas immédiatement, mais quand leurs regards c'étaient croisés un peu plus longuement, l'évidence lui avait sauté aux yeux.

En y repensant, la question qui avait hanté son dimanche revint le titiller. Pourquoi Watanuki était-il venu travesti ? Ayant déjà consacré une journée de reflexion au sujet, il avait élaboré quelques théories. La plus cohérent était celle avançant son travestissement comme moyen de cacher son identité. Mais dans quel but ? Il était invité bien évident, en tant que camarade du prince et pupille de Yûko-sama, ça allait de soi. Ce n'était donc pas pour s'incruster, mais pour autre chose. Et la façon dont il s'était planqué derrière lui à la vue de sa tutrice le poussait vers une autre piste... Mais pourtant il y avait des signes contradictoires. Pourquoi aurait-il eu la craindre la réaction de la sorcière puisque celle-ci n'avait fait que lui jeter des regards amusés et bienveillant tout le long de la soirée ? Et les divagations de Watanuki il y a quelques instant sur le toit ne semblait pas indiquer qu'il craignait sa gardienne tant que ça...

Décidément il restait une énigme pour Domeki. Habituellement c'était lui que les gens qualifiait de mystérieux, lui reprochant d'être trop peu expressif, froid, de ce cacher derrière un masque. Avec Watanuki il avait l'impression d'observer l'inverse : c'est sous une débauche d'expressions que le médium se dissimulait.

Watanuki commença alors à remuer. Sans savoir vraiment pourquoi, Domeki remis prestement la montre dans sa poche. Il prévoyait pourtant de lui rendre ce midi, mais quelque chose l'en empêcha. Petit à petit le lycéen reprenait conscience, et il finit par ouvrir les yeux. Son premier réflexe fut de balayer les alentours d'un regard inquiet. Se succédèrent alors soulagement puis perplexité sur les traits de Watanuki.

Ce dernier tourna alors la tête à l'opposé avant de parler :

-Tu m'as vu ?

-Oui.

-Et tu as vu... ça ?

-Aussi.

Le silence s'étira avant que Watanuki continuent :

-Donc tu es capable de voir ces choses comme moi...

-Non.

La réponse surpris le médium qui se tourna de nouveau vers lui, cherchant à comprendre où était la cohérence là dedans. Domeki concéda donc une explication plus développée.

-Normalement je ne peux pas les voir, même si je connais leur existence. Cette fois-ci était une exception... Mon grand-père m'a expliqué un jour que quand des esprits agissaient sur des objets où des personnes de notre plan, alors il pouvait arriver que des individus avec une sensibilité moindre puissent les apercevoir. Je suppose que c'est ce qui s'est passé tout à l'heure.

-... Je vois.

Watanuki avait voulu sonner indifférent. Mais il n'y était pas tout à fait parvenu, car le prince avait senti la pointe de déception dans sa voix. Pas besoin d'être une lumière pour comprendre que Watanuki avait espéré partager se fardeau avec quelqu'un.

-Ton grand-père pouvait les voir ?

-Oui et les exorciser. Et heureusement pour toi, j'ai hérité de ce pouvoir là au moins.

Les yeux de Watanuki s'ouvrir grand.

-C'est toi qui...

-Évidement, qui d'autre ?

-Oui...effectivement. C'est juste que... je ne savais pas.

-Mais maintenant tu sais.

Le silence retomba. Watanuki contemplait le plafond pensivement, pendant que Domeki lui, après avoir observé le profil du jeune homme, avait préféré dévier son regard sur ses mains.

Il se passa bien une ou deux minutes encore avant que Watanuki se décide à parler de nouveau, mais en prenant bien soin de ne pas regarder son interlocuteur :

-J'imagine que je dois te remercier, du coup... c'est quoi ton plat préféré, qu'on soit quitte.

Domeki haussa un sourcil. Puis il réalisa qu'il avait une occasion en or de le taquiner...

-Je te sauve la vie et en échange je n'ai qu'un seul repas ? C'est plutôt ingrat...

De nouveau Watanuki se tourna vers lui en ouvrant de grands yeux surpris, et avec un brin de panique. Domeki se permit alors de sourire, avant d'ajouter :

-Ne t'inquiète pas, une seul suffira. Mais à une seule condition. Je veux que ce soit ton plat préféré que tu prépare. Et fais-en assez pour deux.

Il vit les yeux de Watanuki s'ouvrir un peu plus encore avant qu'il ne détourne son visage en marmonnant quelque chose à propos "d'imbécile incompréhensible et autoritaire".

Le sourire du prince s'élargit un peu plus.


Voilà... n'hésitez pas à laisser une petite review si vous voulez commenter certains points, ça me fait plaisir. Je tiens aussi à m'excuser, il y a un certain nombre de coquilles dans mes chapitres, plus ou moins vilaines, je les corrige au fur et à mesure que je les vois, n'hésitez pas à me souffler dans les bronches si j'en rate encore et qu'elles vous écorchent les yeux !

Pour ce qui est de la parution de la suite, j'ai continué d'écrire... mais dans mon carnet ! Il faudra donc que je tape la fin du chapitre 9 avant de pouvoir le poster, je ne sais pas quand est ce que j'aurais suffisamment de temps sur le PC pour ça... donc prochaine publication incertaine, même si elle devrait se faire dans les 2 prochaines semaines grand max ! Après j'entrerais dans ma période d'exam, donc le chapitre 10 ça sera surement pendant les vacances, mais bon, là je m'avance, j'ai le temps de voir d'ici là !

Biz et merci à vous !