Pardooooooooooooooon je suis en retard ! *syndrome du lapin blanc*
A ma décharge je suis éboueur ! Hum... non c'est pas ça que je voulais dire, on recommence * pouf pouf* A ma décharge, j'ai eu un week end occupé !
Voilà donc le chapitre 12 j'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 12 : Évolutions
- Alors ça serait ça ?
- On dirait bien oui ! Lui répondit son amie avec un grand sourire.
Sur son invitation, elle l'avait rejoint la veille en fin d'après midi. Il lui avait raconté en quelques mots ce qui lui tournait dans la tête. Son diagnostique posé, et elle avait aussitôt pris partit de l'aider dans cette nouvelle aventure. Leurs discussions et leurs recherches avaient tellement durées que la jeune fille avait finalement dormi au palais. C'est pourquoi ils allaient ensemble au lycée ce matin.
Recherches ? Oui car Himawari en bonne passionnée de tout ce qui touche à l'ésotérisme avait aussitôt remué ciel et terre pour que soit comparés les signes et les thèmes astrologique, qu'on lisent les cartes, et autres oracles divers et variés… et elle avait même été voir Oba-chan, la vieille devineresse de la famille royale. Cette dernière lui avait demandé de lui laisser la nuit pour faire son œuvre, et elles s'étaient rencontrées tôt ce matin pour en parler. Himawari-chan avait donc profité du trajet au calme pour répéter au prince ce qu'avait vu la devineresse.
De son côté, il avait laissé faire son amie, amusé de la voir réagir autant, et même intrigué de voir ce qui allait en ressortir. Sa conclusion ne l'avait pas vraiment étonné, puisqu'il était peu ou prou arrivé à la même. Mais ce qui ressortait de l'entretien du matin de son amie l'étonnait tout de même. Savoir que certaines rencontres pouvait changer nos vies était une chose, L'expérimenter en était une autre. Et le destin ? Pourquoi pas. Après tout, l'idée lui plaisait d'une certaine façon. Et il allait devoir arrêter de sous-estimer Watanuki et ce qui les reliaient.
Himawari observait son ami qui marchait tranquillement à ses côtés, l'air songeur. Elle était heureuse de le voir enfin sortir de sa coquille, même si elle n'en revenait pas de voir à quelle point l'évolution avait été rapide. De voir comment en quelques semaines il semblait avoir repris vie. Pour quelqu'un qui ne le connaissait pas trop, ce n'était probablement pas flagrant. Mais son regard était plus animé, et ses expressions, bien que toujours peu marquées, étaient plus présentes et plus diversifiées. Elle espérait continuer d'observer cette évolution positive, et peut-être retrouver un meilleur ami à la hauteur de celui qu'elle avait connu dans son enfance.
- Bon maintenant il faut que tu réfléchisses à comment faire pour l'atteindre !
Il se tourna vers elle, l'air étonné avant de reprendre sa mine songeuse.
- J'imagine que juste refaire comme hier ne fonctionnera pas.
- Probablement pas non.
- Pff…
Le prince avait une moue déçue, et même presque boudeuse, ce qui donna très envie de rire à Himawari.
- Ne t'inquiète pas, je serai là pour t'encourager ! Mais hier était assez spécial vu ce que tu m'as dit, et le reste du temps les choses ne fonctionne pas ainsi. Surtout qu'avec lui, mon petit doigt me dit que ça ne va pas être simple... Il vaut mieux reprendre depuis le début : commence par lui montrer tes bons côtés. Surtout quand vous êtes tous les deux, qu'il voit qu'il est spécial pour toi.
-Et comment je fais ça ?
- Ah là là! Heureusement que je suis là, tu ne serais pas prêt d'y arriver sinon !
Et elle passa le reste du trajet à lui suggérer différentes façons de mettre ses conseils en pratique.
oOo
Watanuki avait espéré, et même prié, pour qu'aujourd'hui soit le jour du retour à la normale. Pas de regards chelou, de sourire, de groupe de pipelettes et surtout, surtout, pas de câlin ! Sur ce dernier point, il fut épargné, mais pas pour le reste. Les pipelettes elles, l'attendaient avant même de rentrer en classe dans le couloir et commentait l'arrivée du Prince ce matin en même temps que son amie d'enfance. Ils avaient eu l'air très complice, bla, bla, bla... Mais ce n'était pas la fille du bal, blablabla... Oui mais le romance entre ami d'enfance c'est mignon...Bref. Bien que le commérage lui fit faire la grimace, au moins ça ne se centrait pas sur lui. Et si ça permettait de mettre l'histoire du bal aux oubliettes…
Par contre, niveau petits sourires et regards il fut servit. Dès son entrée dans la classe, le prince-fayot déjà assis à la table, recommença. Gêné Watanuki le salua seulement d'un signe de main avant de rejoindre sa place et fit mine de relire ses notes avant que le cours commence. En réalité et était seulement en train d'essayer de ne pas penser à sa conclusion hasardeuse de la nuit dernière, et même de ne pas penser du tout, ça lui ferait du bien pour une fois ! Venue le moment de la pause déjeuner, il rejoignirent Himawari-chan et chose curieuse, le goinfre se proposa d'aider en portant le furoshiki contenant leur repas. Watanuki d'abord méfiant (tentative de kidnapping de déjeuner ?) accepta quand Himawari assura qu'elle le surveillerait de près pour qu'il ne fasse pas de bêtise. Domeki lui lança un drôle de regard à cette remarque mais de dit rien, tandis que la jeune fille pouffait de rire en regardant l'archer. A priori il y avait un double sens qui lui échappait.
Et il en fût ainsi les jours qui suivirent. La semaine suivante, un nouvel élément s'ajouta à ce manège. Domeki à la fin du repas pris la parole pour le féliciter sur sa cuisine. Watanuki le regarda avec des yeux ronds, incrédule. Le prince parut agacé de sa réaction et s'expliqua.
- Je me suis dit que finir tes bentô jusqu'à la dernière miette ne suffiraient peut-être pas pour que tu comprennes, alors comme tu es lent d'esprit, j'explicite.
Watanuki, vexé plus vexé que flatté, se mit à ronchonner, pendant qu'Himawari elle rigolait bien. D'ailleurs elle rigolait beaucoup ses derniers temps. La plupart des remarques que le prince faisait au médium déclenchaient au moins un sourire, sinon un rire.
Bien que son crush pour la belle brune lui soit un peu passé depuis qu'elle l'avait jeté dans les bras de Domeki au bal, il était quand même dérangé par leur complicité nouvelle. Presque jaloux en fait.
Par la suite, les compliments continuèrent, et Domeki fit plus attention à ne pas insulter Watanuki en même temps.
Vint un jour où exceptionnellement le prince ne pouvait pas venir au lycée à cause du protocole d'accueil d'une délégation étrangère. Watanuki mangea seulement avec Himawari ce midi là, ce qui était beaucoup plus reposant. Ils parlèrent de choses et d'autres, de leurs cours, des examens trimestriels qui approchaient. À la fin du repas elle ajouta :
- Tu sais Domeki à raison de te dire que c'est très bon. Tu as vraiment un don pour la cuisine !
- Merci, même si j'imagine que pour ce goinfre ça ou autre chose…
- Détrompe-toi, il a toujours été très difficile sur la nourriture. Quand il était plus jeune c'était même le casse-tête de tout le palais de le faire manger ! Les cuisiniers allaient et venaient, et ça a duré plusieurs mois avant qu'on trouve quelqu'un qui correspondait. Depuis il est toujours là, même si il a un sacré caractère ! Le personnel du palais à trop peur de devoir encore remuer ciel et terre ! Donc le fait qu'il apprécie autant ce que tu fais c'est vraiment un beau compliment !
- Ah, je vois…
Himawari fut surprise de voir que Watanuki ne rebondit pas en traitant son meilleur ami de difficile et de casse-pied, et elle voulu y voir un signe positif. La conversation repris alors sur d'autres banalités, et le reste de la journée se passa tranquillement.
Les nuit de l'orphelin, elles, n'étaient pas toutes de repos. Malgré toutes ses prières, il lui arrivaient encore régulièrement de faire des rêves affreusement bizarres et embarrassants. Il se réveillait en sursaut avant que les différents scenarii à l'eau de rose que son cerveau lui servaient choses n'aillent trop loin à son goût. Ses réveils intempestifs limitaient les dégâts même si plus d'une fois il en vu et ressenti plus que ce qu'il n'aurait souhaité. Il avait maintenant, et bien malgré lui, tout un collection de souvenirs avec le Domeki de son rêve, des câlins à chaque fois bien sûr, des bisous, et même des rendez-vous galants, ainsi que tout un tas de petites marques d'affection qu'on peut voir dans un couple fluffy ou un shojô pas très original.
A ce propos, et depuis quelques temps, une très forte suspicion l'habitait : l'occurrence de ses rêves plus que douteux coïncidait avec les pulsions de cuisine de sa marâtre et de son âme damnée de boule de poil. Il avait d'ailleurs prévu de tester son hypothèse bientôt, en feignant un mal de ventre la prochaine fois qu'elle aurait l'idée de se mettre au fourneaux. Plutôt se coucher l'estomac vide et dormir tranquillement que de découvrir ce qui pouvait se passer d'autre dans ses rêves !
Effectivement, son plan marcha, Yûko-san était très contrarié, mais elle le laissa sauté son repas et aller se coucher. Il ne fit pas de rêve étrange cette nuit là. Bien sûr ça ne prouvait rien, mais sa suspicion en fut tout de même grandement confirmée. Il répéta l'expérience la fois suivante. Pas de rêves.
Mais c'était sans compter sur Yûko et Mokona, assez vexés de voir leurs plans capoter. Comprenant qu'ils étaient grillés, ils changèrent alors de stratégie. Quelques jour plus tard, Yûko se remit au fourneaux avec son acolyte et ses deux petites chéries. Sauf que la potion ne fut pas mise dans la nourriture du médium. En effet, il avait toujours de l'eau dans sa chambre pour la nuit…
Encore une fois, Watanuki se fit porter pâle pour le repas, laissant sa tutrice prendre un air vexé. Il alla donc se réfugier dans sa chambre, et se prépara pour se coucher tôt, et profiter d'un sommeil réparateur. Pour compenser sa faim, il but plus d'eau que d'habitude... Autant vous dire que sa nuit ne fut pas de tout repos, et qu'à son réveil il était très très dépité, et ajoutais à sa collection de souvenir des baisers très passionnés. A son grand dam. Et ce ne fut pas son seul rêve de la nuit.
oOo
Le lendemain, en arrivant en classe, il n'avait pas vraiment l'air de quelqu'un de bien reposé, contrairement à ses espoirs de la veille. En le voyant ainsi, Domeki s'inquiéta pour son camarade. Il avait déjà remarqué que de temps en temps, son ami affichait un air plus fatigué qu'a l'accoutumé, mais là, c'était bien pire. Alors non content de juste le suivre du regard jusqu'à son siège, cette fois il se leva et alla le voir.
- Bonjour.
- B'jour.
- Ça ne va pas ?
- Si, ça vaaaaa…
Fait exprès, son corps avait choisi de le contredire en baillant à ce moment précis. Zut.
- Juste mal dormi, ça ira mieux demain.
Domeki garda les sourcils froncé malgré tout.
- Tu fais des cauchemars ?
Watanuki eu l'air très gêné par la question et hésita un peu avant de répondre :
- En quelque sorte oui…
Il ne pouvait décemment pas lui dire que ses ''cauchemars'' c'était quand il se voyait en tant que fille vivant une grande aventure romantique avec lui ! Le prince n'était pas complètement convaincu par cette réponse, mais il sentait qu'il ne pourrait pas en tirer plus de son ami. Il rejoint donc sa table après avoir conseillé au médium de se ménager.
Malheureusement ce n'était pas le jour idéal pour ça, car le mercredi, ils avaient gym. Foot même. Le prince ne quitta pas des yeux son protégé. Il voyait bien que la fatigue continuait de peser sur son camarade, il se déplaçait plus lentement que d'habitude et ses réflexes aussi semblaient ralentis. Et dans de telles conditions, ce qui devait arriver arriva : Watanuki, essayant de faire une passe à un de ses camarades, mis le pied sur le ballon au lieu de shooter dedans et pris un gamelle monumentale.
Domeki se précipita vers lui. Les lunettes de travers, le côté d'une jambe râpée, il se tenait la cheville gauche en faisant la grimace.
- Je l'emmène à l'infirmerie.
Ce n'était pas une question, ni même une demande d'autorisation, mais le sensei, qui avait lui aussi accouru, ne redit rien. Le prince attrapa donc Watanuki en passant un bras dans son dos et l'autre derrière ses genoux pour le porter, et parti vers sa destination sans plus attendre. Craignant de tomber quand son camarade l'avait soulevé, Watanuki s'était accroché à son cou par réflexe, mais se rappelant certains souvenirs nocturne, il retira bien vite ses bras.
- T'es obligé de me porter ?
- Tu t'es tordu la cheville.
- Bon alors t'es obligé de me porter comme ça ?
- Tu préfères que je te jette par dessus mon épaule comme un sac ?
- …
Ne souhaitant tout de même pas finir comme ça, Watanuki n'ajouta plus rien, mais garda ses bras pour lui, même si son équilibre était plus précaire ainsi, refusant de coopérer pleinement à ce porté de princesse.
Domeki lui, malgré les circonstances, se retrouvait à apprécier la situation. Il n'avait pas tenu le jeune homme dans ses bras depuis ce fameux midi. Il s'était abstenu de recommencer sur conseil de son amie, même si ce n'était pas les envies ni les occasions qui avaient manquées. Il resserra la prise sur son précieux fardeau avant d'entamer la volée de marches qui menait à l'étage où se trouvait l'infirmerie. Après ça plus qu'un couloir et ils y seraient. Il eu alors une idée, et avec un petit sourire difficilement réprimé, fit mine de trébucher sur une marche. Automatiquement, les bras de Watanuki revinrent agripper ses épaules et son cou.
- Baka ! Tu pourrais faire attention !
- Ne t'inquiète pas, je ne te laisserai pas tomber… mais si tu as peur tu n'as qu'à bien t'accrocher.
Watanuki lui attribua encore quelques noms d'oiseaux mais ne le lâcha plus jusqu'à ce qu'ils franchissent la porte de l'infirmerie. Arrivés, le prince dû alors le relâcher à contrecœur, et le laisser au soin de l'infirmière pendant que lui retournait avec le reste de la classe.
Le reste de la journée, Domeki insista pour aider son ami qui avait maintenant la cheville bandée et des béquilles. Le prince portait son sac à défaut de pouvoir le porter lui et allait chercher les affaires dont il pouvait avoir besoin. N'importe qui aurait trouvé ça prévenant et adorable, mais Watanuki, lui ça lui tapait sur le nerfs. Déjà parce que d'avoir un prince qui se plie en quatre pour vous c'est un peu gênant, et en plus il était pas paraplégique non plus, c'était juste une entorse ! Himawari, elle, avait l'air -comme d'habitude- amusée par la situation entre les deux lycéens.
Vînt enfin la sonnerie annonçant la fin des cours. Vu les circonstances, la jeune fille proposa qu'ils le raccompagnent tout les deux jusqu'à chez lui. Manque de pot, deux minutes plus tard les parents d'Himawari arrivèrent à l'improviste et elle dû les laisser… en tête à tête.
Watanuki essaya bien alors de décourager son ami, mais le regard qu'il eu en guise de réponse était sans appel. D'ailleurs, Domeki qui tenait toujours son sac commençait à partir, ne lui laissant pas le choix. C'est donc en clopinant avec les béquilles prêtées par le lycée qu'il dû le rejoindre. Le silence s'étira sur une partie du trajet, seulement ponctué par le claquement régulier des béquilles.
- Tu veux que je te portes ?
L'interrogé tourna vers lui des yeux incrédules. Le porter ? Encore ? En plus de leurs deux sacoches et des béquilles ? En pleine rue ? Mais comment diantre pouvait-il avoir des idées aussi saugrenues ?
-Certainement pas ! Je me débrouille très bien comme ça !
Domeki tourna alors la tête pour regarder devant lui l'air… boudeur ? Et ce n'était pas la première fois que ce genre d'expression se peignait sur le visage du prince. En effet, elle revenait même assez régulièrement quand Himawari le taquinait ou quand lui refusait de céder à ses caprices. Elle n'était d'ailleurs pas la seule à être venue élargir le répertoire auparavant désert. Même si il n'avait quand même pas la médaille de l'expressivité, le prince semblait moins neutre, moins absent du monde que lorsque Watanuki l'avait vu pour la première fois. A quoi s'était dû ? Il n'en savait rien. Ou du moins il n'y pensait pas trop, intentionnellement.
Mais si c'était pour se retrouver avec un gamin capricieux au lieu d'un bloc de glace il n'était pas sûr que le progrès soit si flagrant !
Il continuèrent de marcher un moment en silence. Ils étaient à mi-parcours quand Domeki reprit la parole.
- Tu veux que je passe te chercher demain matin ? Je t'aiderai pour ton sac.
Là encore, Watanuki fut surpris. Ça aussi c'était un truc qui changeait chez le prince ces derniers temps. Plus ça allait et plus il cherchait ce qu'il pouvait faire pour aider, même des petites choses. Cette prévenance perturbait Watanuki, peut être plus parce qu'il n'était pas habitué à ce qu'on le traite ainsi que parce que ça venait de lui.
- Tu n'es pas obligé, je peux me débrouiller, j'ai une sacoche à bandoulière à la maison qui pourra faire tant que j'ai les béquilles.
- Si je propose c'est que ça ne me dérange pas.
- Mais ça te fait un gros détour, c'est pas du tout ton chemin !
- Ça ne me dérange pas.
- Je suis pas en sucre non plus, je peux porter mon sac et faire le chemin jusqu'au lycée sans escorte !
- Je n'en suis pas si sûr…
Watanuki prit alors un air vexé.
- Hey ho ! Qu'est ce que tu crois ? Je le fais tous les jours ce trajet, avec des béquilles ou non ça change pas grand-chose, ça me ralenti juste un peu ! T'étais pas là tous les autres jours et je suis quand même arrivé entier jusqu'au lycée !
Domeki prit alors une mine songeuse, qui inquiéta Watanuki. Il craignait d'avoir mit dans le crâne de cet idiot une idée qui n'allait pas lui plaire.
- Tu as raison.
Pétri d'espoir, le médium demanda :
- Alors tu ne seras pas là demain matin, hein ?
Domeki lui coula un regard en biais avant de lever les yeux au ciel.
- Si, et les autres jours aussi.
Oh non, non non-non-non-non !
- T'es pas sérieux ?! Tu vas pas faire le détour tous les jours ?!
- Si.
- Mais qu'est ce qui va pas dans ta tête ? Je te dis que je peux très bien faire la route tout seul, tu vas pas doubler ton trajet du matin, alors que je te dis qu'il y a pas besoin !
- J'aime bien marcher le matin.
- Ben va dans un parc !
- Quel intérêt ?
- C'est toi qui me dit que t'aime bien marcher le matin ! Grr... Mais vient pas me tenir la jambe dès le début de journée !
- Tu es maladroit.
- Mais non !
- T'es tombé tout seul ce matin.
- Nan mais ça c'est exceptionnel ! Je tiens debout le reste du temps quand même !
- J'en suis pas si sûr…
- Mais… Zut à la fin, je suis pas un boulet non plus !
- J'en suis pas si sûr non plus…
Watanuki le dévisagea, outré, tandis que son camarade abordait un petit sourire un coin.
- Tu te moques de moi !
- Non.
Pourtant il avait toujours son petit air taquin. Grrr il avait envie de le baffer des fois ! C'était quoi en plus ces façon de ce moquer des gens ? Et puis il était pas cohérent, un coup il essayait de faire des effort et le suivant il se payait sa tête !
- Demain tu ne seras pas devant ma porte !
- Si. Et les autres jours aussi.
- Mais t'es têtu !
- Oui.
- Mais… Mais… Ya pas de raisons…
- Et s'il y avait un esprit qui t'attaquait sur la route ?
Pris au dépourvu, Watanuki ne sut pas quoi répondre. Il ne s'était pas attendu à ce que Domeki lui rappel ainsi le jour où il l'avait sauvé sur le toit. Et que depuis il en savait plus sur lui qu'aucun des autres camarades qu'il avait connu. Chose qu'il aurait préféré oublier. Mais ce qui le surprenait aussi, c'était de découvrir que le Prince avait été aussi marqué par cet événement.
- Je… écoute, c'est pas parce que que tu m'as tiré d'un mauvais pas une fois, que t'es responsable de moi ensuite… ça n'est jamais arrivé jusqu'à maintenant, et puis de toute façon a proximité de chez Yûko il ne peuvent pas apparaître.
- Et sur le reste du chemin ?
- Ben… en théorie oui, mais c'est jamais arrivé…
- C'était déjà arrivé sur le toit avant ?
- Mais… ben non !
- Jusqu'au jour où.
- J'imagine, mais je vais pas rester non plus enfermé toute ma vie pour les éviter.
- Pas besoin.
- Je sais ! Je ne me laisserai pas abattre...
- Non je disais pas besoin car je serais là.
Encore une fois Watanuki eu l'impression de tomber de haut. Non mais quelle mouche le piquait, vraiment ? Il se prenait pour son chevalier servant ou quoi ? Il n'en avait pas besoin, et de toute manière, ça serait bien trop étrange d'avoir l'héritier royal de leur contrée comme garde du corps ! C'était le monde à l'envers ça !
- Mais tu va quand même pas déranger toutes tes matinées pour… pour me protéger d'hypothétiques esprits qui pourraient m'embêter !
- Ça ne me dérange pas.
- Mais… c'est insensé ! Tu ne vas quand même pas…
- Je fais ce que j'ai choisi de faire.
- Mais…
Watanuki n'en revenait pas. Il étaient tous les deux à l'arrêt depuis un moment, depuis que leur discussion s'était intensifiée. Il était planté devant Domeki et l'observait abasourdi. Face à lui, le prince le fixait droit dans les yeux, l'air inflexible. Watanuki le voyait bien, il n'arriverait pas à le faire changer d'avis, ce qui l'alarmait. Mais ce qui l'alarmait encore plus était le ''pourquoi'' de tout ceci. Les ''pourquoi'', car ils étaient nombreux. Pourquoi il s'était mit à changer, pourquoi il se comportait ainsi, pourquoi cet air complice avec Himawari, pourquoi tous ces regards qu'il ne comprenait pas, pourquoi cet entêtement à le suivre, pourquoi cette étreinte ce jour-là, pourquoi vouloir l'aider, pourquoi s'inquiéter et pourquoi vouloir le protéger ? Il ne comprenait pas, et quelque part il ne voulait pas comprendre...
-Et ben fais comme tu veux, j'm'en fous, c'est ton problème après tout !
-Oui.
Il reprirent leur marche en silence suite à ça. Watanuki était mal à l'aise, les questions que leur discussion avait suscitée continuaient de rôder autour de son esprit, et il savait que les chasser ne marcherait qu'un temps. Il y avait bien une hypothèse qui pourrait répondre à tout ça, mais elle était complètement surréaliste de son point de vue, et il refusait de se pencher dessus, même si elle ne quittait jamais vraiment ses pensées. En fait il y avait de plus en plus de choses auxquelles il ne voulait pas penser, ou qu'il préférait oublier. Les choses évoluaient trop vite à son goût, et il ne savait pas où elles allait l'emporter, ni même si ce qui adviendrait lui conviendrait ou non. Avant tout ça, sa vie s'était installée dans un statut quo, pas mirobolant mais correct, et il craignait de le voir remis en jeu. On sait ce qu'on va perdre mais pas ce qu'on va gagner.
Voilà !
Pour la suite, je suis quasi sur de ne pas avoir le temps de boucler le chapitre 13 cette semaine ni le week end prochain, car c'est Cidre et Dragon, mon festival médieval fantasy préféré et que comme pour l'écriture, je suis aussi en retard sur mon costume Mais la rédaction du 13 est quasiment finie, reste la mise au propre et la relecture, donc courant semaine prochaine il est envisageable que je le post ! Des bises à tous et bien sûr REVIEW !
