Chapitre 16 : Reprise de conscience / POV Harry Potter
Lorsque je reprends enfin connaissance, je n'ai absolument pas bougé : je suis toujours dans ce couloir. C'est bizarre d'ailleurs ... Je lance un Tempus. C'est bien ce qui me semblait ... Il est presque 3h du matin, donc ça doit faire plus de quatre heures que je suis dans ce couloir. Vous pouvez me dire comment, en quatre heures, j'ai pu rester dans ce couloir ?! Genre personne ne m'a trouvé ? Ou pire, on m'a laissé dans ce couloir comme une merde ? Et bah sympa ... Je me relève péniblement. Mes os me brûlent mais comme si la douleur datait de plusieurs heures déjà. Mais qu'est-ce qui s'est passé bon sang ?! Je veux dire, d'accord, je comprends bien qu'en ce moment peu de personnes autre que les Serpentards ne m'approchent, mais des professeurs, voir Dumbledore en personne a bien du passer dans ce couloir, pourquoi ne pas m'avoir emmené à l'infirmerie au moins ? Oh et puis merde, de toutes façons ça ne change rien maintenant ...
Encore un peu ankylosé par une douleur qui n'est pas de mon fait, à ce que je sache, je me dirige difficilement vers mon dortoir, définitivement désert à cette heure là maintenant. Je lance le mot de passe et pars m'écraser dans mon lit. Je n'avais pas prévu d'y dormir mais là je suis juste incapable de redescendre dans la Chambre. En tombant, je sens une feuille de papier se froisser sous moi. Persuadé qu'il s'agit sûrement d'une feuille de cours, je la chiffonne avant de la jeter au bas de mon lit.
Je passe une nuit épouvantable, ponctuée de douleurs fantômes qui me laissent pantelant et totalement épuisé au réveil. Je me dirige tel un zombie vers la salle de bain, histoire de me réveiller totalement.
Une fois un peu mieux éveillé et habillé, j'embarque mes livres de cours et pars en direction de la bibliothèque. Oui oui, vous avez bien lu, je pars vers la bibliothèque. Faute de compagnie, autant tuer le temps de manière utile, en faisant mes devoirs de vacances par exemple. Même si ça ne m'enchante pas franchement, je ne tiens pas vraiment à faire perdre des points à ma ... Mentalement, je ne finis même pas ma phrase. Ma maison ? Pfff, la blague. Une belle bande de traîtres oui, mais une belle bande de traîtres à la solde de Voldemort ... Mais qu'est-ce qui m'a pris sérieusement ? C'était évident qu'il y avait anguille sous roche avec Malefoy et les autres, ce sont de vrais manipulateurs, ils cherchaient forcement quelque chose, et moi, comme un idiot, j'ai foncé dans le piège, et puis à toutes vitesse quoi ! Un vrai Griffondor ...
Je secoue la tête pour chasser mes idées noirs, pas besoin de rabâcher sur ce sujet, je l'ai déjà assez fait hier. Je me replonge dans les livres de potions. Au bout de presque deux heures, je n'ai pris que quelques notes, à peine de quoi écrire dix centimètres de parchemin ... En même temps, ça fait presque une demi-heure que je relis inlassablement la même phrase. Je ferais mieux d'arrêter ça, les devoirs, ça rime à rien, enfin si je ne suis pas concentré ça sert à rien. Je soupire : définitivement, les potions c'est pas mon truc. «Non Harry, c'est la trahison qui n'est pas ton truc» ... Oui, sans aucun doute.
Je jette un coup d'œil vers la fenêtre : le temps est gris, gris orage, la pluie menace. Oui, je crois que c'est le moment idéal d'aller faire un tour. Je ramasse mes affaires, remets les livres à l'endroit où je les ai trouvés, j'enfile ma cape et ressers mon écharpe avant de sortir.
L'air n'est pas frais, il est glacial, pourtant nous ne sommes qu'au mois d'octobre, bon novembre dans quelques jours, mais octobre quand même, il ne devrait pas faire aussi froid. Une bourrasque de vent ballait mon visage me faisant grelotter de la tête au pied. Pourtant, je me contente de resserrer les pans de ma cape et je continue à marcher. En arrivant près du lac, je ne peux m'empêcher de regarder avec nostalgie l'arbre près duquel toute cette merde avait commencé avec Draco ...
Je voudrais tellement être persuadé que tout ceci est de sa faute. Je veux dire, après tout, c'est lui qui m'a utilisé, c'est lui qui a récolté des informations sur moi, c'est lui qui m'a trahi, trahi pour Voldemort. Je me doutais qu'il le ferait sûrement un jour, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite, je pensais avoir le temps de le changer de camp avant ça ... Il m'a pris de vitesse. Et pourtant, même en sachant ça, même en essayant de le haïr le plus possible, la seule personne que j'arrive à blâmer c'est moi. «Et c'est pour ça que tu grelottes dehors ? Tu essayes de te punir ?» ... Oui. «Mise à part choper une grippe, ça va te servir à rien ...» Peut être que ça me servira de leçon ... «J'ai des doutes ...» Moi aussi ... Je soupire : c'est pathétique, je suis en train de me parler à moi même ... Enfin, niveau pathétique, je suis calé apparemment ...
Un autre coup de vent me frappe plus violemment que le premier et cette fois j'envisage sérieusement de rentrer. Mes jambes décident pour moi et je me dirige vers le château. Mon estomac qui grogne me rappelle que je n'ai toujours rien mangé depuis ... Depuis un bon bout de temps ! Je prends le chemin des cuisines, la Grande Salle ne m'attirant pas franchement. Mais ça, c'était sans compter sur Dumbledore, que je croise évidemment dans les couloirs.
« Bonjour Harry, me salut-il avec son sourire jovial habituel.
« Bonjour professeur.
J'ai à peine levé les yeux vers lui, étant assez pressé et affamé.
« Harry, puis-je savoir l'endroit où tu vas ?
« Oh ! Je ... (je ne m'attendais pas à devoir me justifier, surtout pas devant Dumbledore, pourquoi me demande-t-il ça ?) Je me dirigeais juste vers ... Mais c'est sans importance. « Je vais regagner mon dortoir ...
« Pourquoi donc Harry ? Un bon repas nous attends dans la Grande Salle, ce serait dommage de le rater non ? (Qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?) Oui ... Oui sûrement ... Mais je n'ai pas très faim alors ... (ventre qui grogne)
« C'est bien ce qui me semblait, aller viens, suis moi.
Je soupire intérieurement. J'aurais simplement voulu être seul, et si possible manger seul ! Mais évidemment je ne pouvais pas dire ça à Dumbledore ... A la place, je le suis docilement. Lorsque nous arrivons enfin devant la Grande Salle, ouverte à cette heure-ci, je me rends compte qu'il n'y a qu'une seule table, avec élèves et professeurs mélangés. Je me crispe imperceptiblement. J'aurais du me douter que, vu le nombre d'élèves restants (à peine une dizaine), garder cinq tables était un peu ridicule. Le problème, c'est que les élèves restants proviennent presque exclusivement de Griffondor ... En arrivant, Dumbledore sourit aux élèves présents et me presse vers eux. Je prends place le plus loin possible des élèves, qui me jettent des regards que je devine noirs, et entreprends de me servir.
Le repas me semble interminable. Surtout que Dumbledore semble vouloir absolument me rapprocher de mes anciens camarades ... Je finis par abréger le dîner en prétextant un mal de tête, peu loin de la vérité, et je quitte la salle sans même avoir pris le temps de prendre un dessert. A la place je me dirige un peu plus rapidement que précédemment vers mon dortoir, histoire de ne pas croiser un autre professeur. Une fois à l'intérieur, je m'écroule littéralement derrière la porte. Mon mal de crâne semble se calmer, tant mieux. Je monte les escaliers en direction de ma chambre et je me dirige toute de suite vers mon lit. Les devoirs attendront, j'ai vraiment besoin de sommeil. Pourtant je n'ai pas d'heures de sommeil à rattraper ... À croire que ce n'est pas moi qui suis fatigué ... «Tom, peu importe ce que tu fais, arrête de tuer des gens et dors ! Je suis pas censé dormir pour deux, et certainement pas pour toi !» Maugréant tout seul contre Tom qui ne m'entend pas, je finis quand même par m'endormir.
