Chapitre 23 : Retour de flammes / POV Harry Potter

« Harry !

Je vois, plus que je n'entends, Pansy se lever et accourir vers moi. Elle se place dans mon dos alors que je ne sais toujours pas si je vais ou non re-cogner Malfoy. Non mais qu'est-ce qu'il croit cet abruti ?! Que je vais tout zapper comme ça ?! D'un claquement de doigts ?! Non mais sérieusement, je fais aussi crédule que ça ?!

« Aller Harry (je me re-concentre sur Malfoy qui me fixe en souriant malgré le sang qui coule de sa lèvre fendue). Vas-y cogne ! Je sais que tu n'attends que ça !

Je contracte mon poing … et le relâche en soupirant. Blaise, que je n'ai pas senti dans mon dos, s'aide de Pansy pour me tirer vers l'arrière ce qui permet à Draco de se relever doucement. Je le vois s'essuyer la bouche et j'entends Théo murmurer un sort que je ne connais pas qui referme la lèvre de Draco.

« Un deuxième coup t'aurais soulagé Harry …

« Ne me tente pas Malfoy …

« Maintenant que t'es calmé, on peut discuter ?

« Discuter de … ? Mon poing dans ta gueule ne t'as pas suffit ou tu es devenu idiot pendant les vacances ? Si tu crois que tes pauvres explications justifient quoique ce soit à ton attitude, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude !

« Ah oui, reprit le blond alors que je me dégageais de la poigne de deux de mes anciens amis, c'est ce que tu penses ?

« Oui parfaitement !

« Vraiment ?

« Oui vraiment !

« Alors qu'est-ce que tu fiches encore ici ?

Silence. Malfoy s'est relevé et me fixe, bras croisés, en souriant. En parfait Serpentard, il a très bien réussi à retourner la situation à son avantage et à m'emmener exactement là où il voulait que j'aille. Petit connard de manipulateur …

La question de Draco, qui sonne plus comme une « constatation-accusation » me laisse, sans mentir, littéralement sur le cul. Draco a réussi ce qu'il voulait : il m'a fait me questionner, il m'a fait remettre en doute ce que je croyais être des certitudes. Ce con avait raison : pourquoi diable étais-je encore là ? Dire qu'avant les vacances je voulais tout faire pour quitter ce dortoir … et que, deux semaines plus tard, je n'avais toujours rien fait … Pourquoi ? Après tout, j'avais aménagé la Chambre des Secret pour pouvoir y vivre, non ? Alors que s'était-il passé ? D'accord, Hedwige avait été attaquée … D'accord, j'avais revu Sirius et ça ne s'était pas forcément bien passé … D'accord, j'avais parlé avec Voldemort … Était-ce l'une de ces raisons ou bien les trois réunies qui avaient gelé ma décision ? Il est vrai que j'avais eu d'autres choses en tête que le retour des Serpentards … En fait, j'avais presque oublié qu'ils rentraient ce soir … C'était Voldemort qui me l'avait rappelé il y a quelques minutes à peine …

Flash back :

Le vent et la pluie s'abattaient sans relâche contre les vitres du château depuis presque deux heures. Mettant levé bien après l'heure du déjeuner, j'avais pris le parti de m'habiller chaudement et d'aller me promener dans le château … Enfin, c'était plus ou moins sans compter sur l'eau qui avait commencé à s'infiltrer sur les coursives, les inondant à moitié. Mes pieds n'avaient malheureusement pas échappé à la montée des eaux : le froid s'était infiltré par mes chaussettes et remontait lentement le long de mon corps. Je tremblait comme une feuille en regagnant les parties non-émergées de l'école.

Je me dirige, consciemment pour la première fois, vers la Chambre des Secrets. Je ne sens plus mes pieds lorsque j'atterris pêle-mêle sur le tapis. J'allume aussitôt la cheminée et entreprends de me débarrasser aussi vite que je le peux de mon pantalon, de mon pull, de mes chaussettes et de mes chaussures. Je tremble déjà un peu moins alors que je me place devant la cheminée dont le feu brûle ardemment déjà, simplement vêtu de mon caleçon. Mes frissons se calment alors que je me sens bercer par la douce chaleur du brasier ; ils sont cependant bien vite remplacés par un autre type de frisson : une sueur froide qui dégringole le long de mes vertèbres. Je me retourne pour faire face à Voldemort alors que je suis toujours en caleçon. Je le vois relever les sourcils.

« Tu t'exhibes dans la Chambre maintenant ? Fais attention, je vais finir par croire que tu veux me faire passer un message …

Il sourit, un petit rictus charmeur que je ne lui connais pas … et qui lui va assez bien je dois dire … Ouh là ! Ça va plus moi !

« Arrête de prendre tes rêves pour la réalité, Tom.

Il lève les yeux au ciel … mais ne dit rien ; il se contente de venir s'assoir sur un fauteuil, à moins d'un mètre de moi. Je le fixe sans sourciller alors qu'il passe une main nonchalante dans ses cheveux.

« Ça va, tu prends tes aises ?

« Dixit celui qui est actuellement en caleçon …

Mmmh d'accord, il marque un point. J'enchaîne sur autre chose.

« Qu'est-ce que tu fais ici sinon ?

« Je me détends après des vacances assez exténuantes. Et toi ? Tu as fait la course avec la pluie et tu as perdu ?

Pourquoi faut-il toujours qu'il se foute de ma gueule ?

« Ah ah … Trop drôle … (Je lève les yeux au ciel).

Sa phrase fait soudain tilt dans mon esprit.

« Attends, qu'est-ce que tu as dit ?

« Que la pluie courrait plus vite que toi ?

« Non pas ça, le truc sur les vacances là …

« Oui, et alors ? Ça n'a rien d'extraordinaire. Tu devras le savoir que la rentrée, c'est demain …

« Et merde !

« Non mais tu as vu comment tu parles ?

Il sourit, sourire qui se fane alors je me rhabille dans la précipitation, remettant, non sans frissonner, mes vêtements mouillés.

« Je peux savoir ce que tu fais ?

« Il faut que je regagne mon dortoir, maintenant !

« D'accord …

Sa voix me semble comme … déçue (?). J'ai presqu'atteint l'escalier de sortie lorsque je lance une dernière phrase :

« A plus tard Tom !

Je quitte la pièce en courant et ne me rends compte de ce que j'ai dit qu'une fois dans le couloir. Je n'ai cependant pas le temps de me demander pourquoi est-ce que j'ai dit cela : pour le moment il faut simplement que j'arrive au dortoirs avant eux … La Salle Commune des Serpentards est pleine à craquer. J'atteins mon dortoir ; ils sont déjà là. J'arrive trop tard.

Fin du Flash Back

Draco soupire et croise les bras sur sa poitrine.

« Écoute Harry, il semble clair que rien de ce que nous pourrons te dire ne te fera changer d'avis : tu nous détestes et visiblement cette situation te convient très bien. La question que je me pose c'est donc de savoir ce qui, à ce moment précis, explique que tu sois encore là …

« Tu as raison, il n'y a aucune raison pour que je reste ici plus longtemps.

J'attrape ma malle et pars rejoindre la porte. Intérieurement, j'ai l'impression que quelque chose vient de se briser. Je sais parfaitement que ma réaction est exagérée : il y a deux semaines encore je n'aurais rien ressenti en quittant ce dortoir. Alors qu'est-ce qui avait changé ? Un seul mot revenait sans cesse : Voldemort. Tout ce qui se passait était entièrement de sa faute et une petite voix ne cessait de me répéter que Draco et les autres n'avaient pas à payer pour ses erreurs. Des souvenirs de tout ce qu'ils avaient fait pour moi me revinrent en mémoire ; j'avais envie de croire qu'ils étaient sincères, j'avais vraiment envie d'y croire … Et peut-être que ce fut cela qui me fit lâcher ma malle. Au ralenti, je fis doucement volte-face vers eux.

« Écoutez, peut-être que j'ai une bonne raison d'être resté ici … Peut-être que finalement je ne suis qu'un abruti de masochiste, que je ne connais que la souffrance et que je vais jusqu'à en redemander … Et peut-être que je fais une grosse erreur mais … mais je vais passer l'éponge. Je n'ai pas dit que je vous pardonnais, encore moins que j'oubliais ce qui s'est passé, mais je vais, pour le moment, faire comme s'il ne s'était rien passé. Parce qu'en dépit de tout, vous avez été là lorsque j'en avais besoin, et j'ai envie de croire qu'à cet instant vous étiez sincères …

« Oh Harry !

Pansy se jette sur moi avant que je n'ai pu ajouté quoique ce soit. J'aurais aimé dire que je ne leur faisait plus confiance, que je ne pourrais jamais oublié ce qu'il avait fait, mais, là, je n'en avais pas le courage. Ça attendrait …

Pansy, dans mes bras, se confond en excuses alors que les autres m'expriment à quel point ils sont heureux de ma décision. Une fois les effusions terminées, nous nous asseyons au sol (avec Pansy qui ne me lâche plus d'une semelle) et nous échangeons autour de nos vacances. Je leur raconte pour Hedwige et pour Sirius mais pas pour Voldemort. Ils sont sidérés par l'attitude de Sirius et, par extension, par celle de Dumbledore. Ils ne disent rien mais je vois à leur regard que les agissements du directeur commencent à leur faire peur … A leur tour, ils me racontent ce qu'ils ont fait ces deux dernières semaines : comme me l'avait dit Voldemort, ils n'avaient pas été marqués malgré le fait qu'ils aient passé toutes leurs vacances au Manoir Jedusor. En fait, il ne l'avaient même jamais croisé … Ils avaient passé leur temps dans les jardins à jouer au Quidditch. C'était assez étrange : ils me décrivaient la bâtisse comme un endroit chaleureux et accueillant où Voldemort aimait avoir tous ses partisans et leur famille. C'était loin de l'idée que je me faisais : je voyais ça comme un endroit sombre et lugubre, à l'image de Voldemort, un peu comme le cimetière où nous nous étions affronté l'an dernier. Ça faisait bizarre … On continue de parler pendant quelques minutes avant d'aller nous coucher. Pour la première fois depuis des jours, je passe enfin une bonne nuit.