Chapitre 27 : Attaque / POV Harry Potter
Je suis bloqué dans une pièce noire. En fait, je ne sais même pas s'il s'agit réellement d'une pièce. J'ai l'impression de marcher sur un sol, pourtant je ne vois rien que du noir autour de moi. J'ai l'impression qu'il y a un plafond, pourtant je n'arrive pas non plus à le distinguer. J'ai l'impression d'être enfermé dans les ténèbres. Et j'ai peur.
Comment ai-je bien pu atterrir ici alors qu'i peine cinq minutes j'étais dans une prairie verte à courir dans le ciel en mangeant des bonbons arc-en-ciel … ? … (Faut pas faire attention à mes rêves, ils n'ont strictement ni queue ni tête) Et d'un seul coup, je me suis retrouvé ici.
Je continue d'avancer (si tant est que j'avance vraiment …) et je crois distinguer une forme humaine un peu plus loin devant moi.
« S'il vous plaît !
Je tente de courir mais j'ai l'impression que mes jambes, que mon corps tout entier (!) ne veut pas avancer. La forme a du m'entendre car je crois la voir se tourner vers moi. Elle avance dans ma direction. Elle est à une dizaine de mètres lorsque je la reconnaît enfin : il s'agit de Tom. Un frisson me parcourt : est-ce que je dois être soulagé de le voir ou est-ce que je dois commencer à paniquer ? Je touche mes poches : pas de baguette. Si je meurs dans mon rêve, est-ce que je meurs aussi dans la réalité ?
J'essaye de reculer. Rien à faire : mes pieds sont solidement encrés dans le sol. Je tente de tirer dessus : rien n'y fait, je suis bloqué. Et Tom qui continue à avancer … Je vais vraiment mourir bêtement … J'aurais du écouter Snape et travailler l'Occlumencie … Putain, j'arrive pas à croire que je vais mourir comme ça !
Tom s'arrête à environ un mètre de moi. Il est flou, légèrement vaporeux, comme si de la fumée nous séparait. Lorsqu'il prend la parole, sa voix se fait lointaine. Elle résonne doucement, comme un écho de voix à travers le temps et l'espace.
« Harry. Il est important que tu m'écoutes. Surtout garde ton calme …
« Facile à dire ! C'est toi qui m'a fait venir ici ? Et puis c'est quoi ici ? On est où au juste ?
« Je n'ai pas beaucoup de temps …
Tom parle mais ne me réponds pas. Je comprends alors ce qui se passe : le Tom que j'ai en face de moi est un peu comme une bande enregistrée. Il est là pour me délivrer un message et n'est donc pas en mesure de m'entendre.
« J'espère réellement que tu auras ce message. Écoute-moi bien : Dumbledore a décidé de passer à l'attaque demain lors du petit-déjeuner …
QUOI ?!
« … Il va tenter de te récupérer en attaquant, lui et l'Ordre du Phœnix, la Table des Serpentards …
QUOI ?!
« … Je n'aurais jamais penser que le vieux fou ira jusqu'à ça mais, visiblement, il prend ta possession plus au sérieux que je ne le croyais … Dans tous les cas, inutile de t'en faire : j'ai élaboré un plan. Tout ce que tu auras à faire … Eh bien c'est de ne rien faire justement …
QUUUUUUUUUUUUOI ?!
« … J'imagine déjà ton ahurissement. Écoute Harry, le plus important est que le monde sorcier pense que Dumbledore a perdu l'esprit en s'attaquant à des enfants. Tout ce que je te demande, c'est de faire en sorte que personne ne soit blessé, aussi bien du côté des Serpentards que du côté de la Lumière … enfin « Lumière » … Bref ! Je compte sur toi.
« Tom ! Tom, attends !
La forme vaporeuse de Tom partit en fumée et je me réveillais en sursaut.
Je mis un petit moment avant de retrouver une respiration normale, moment pendant lequel je constatais qu'il faisait encore nuit et que, pourtant, tout le monde dans le dortoir était réveillé. Pansy aussi était là, de même que Draco. Tous me fixaient, ahuris.
« Écoutez ! Fis-je en me redressant vivement, et en attrapant mes lunettes. J'ai quelque chose à vous dire et c'est très important ! Dumbledore prévoit une attaque contre les Serpentards, aujourd'hui même, pendant le petit-déjeuner !
« Harry … Commença Pansy mais je ne lui laissai pas le temps de continuer.
« Attendez, il y a autre chose : surtout, il ne faudra faire que se défendre ! C'est très important, hein ! Uniquement de la défense !
« Harry … (Blaise s'était relevé de son lit) On est déjà au courant de tout ça.
« Nos parents viennent de nous faire parvenir une missive avec les mêmes informations que celles que tu viens de nous donnez … Continua Pansy en se tournant vers moi.
Elle fronça les sourcils.
« La question que je me pose maintenant c'est : comment, toi, tu as pu le savoir ?
Je me retrouvai avec plusieurs paires d'yeux braqués sur moi, mon visage perdant très certainement le peu de couleur que j'avais.
« Je …
Devais-je leur dire ? Je bataillais un peu avec moi-même avant de me dire qu'ils méritaient de savoir …
« Je … Je parle avec Tom. Enfin, avec Voldemort si vous voulez, depuis plusieurs semaines déjà. C'est lui qui m'a prévenu.
Malgré leur air choqué, j'entrepris de leur raconter toute l'histoire, de notre première entrevue dans la Chambre des Secrets, jusqu'à celle de cette nuit même. Ils me laissèrent aller jusqu'au bout, ne m'interrompant pas même une seule fois. A la fin, il y eut une bonne minute de silence pendant laquelle je ne pus rater l'échange de regard entre Pansy et Draco. J'avais envie de leur demander ce que cela signifiait, ce que j'avais bien pu dire pour qu'ils se regardent ainsi, mais Théo, que je n'avais pas encore entendu, pris la parole.
« Bon écoutez. On a eu une nuit difficile, pleines d'informations diverses dont certaines sont graves et nous concernent dans un avenir proche. Je pense donc qu'il sera plus bénéfique pour chacun d'entre nous de partir se re-coucher. On a besoin de prendre des forces pour l'attaque qui se profile demain matin. Le reste, pour le moment, n'a pas d'importance.
Le reste devait certainement désigner ma « pseudo relation » avec Tom. Que dis-je relation ! Plutôt l'échange de mots que j'avais avec Tom depuis quelques temps. On n'était pas dans une relation ! Il n'aurait manqué plus que ça !
En attendant, Théo avait raison : on avait besoin de dormir un peu. Alors que Pansy et Draco quittaient la pièce, je me rallongeais dans mon lit, fixant le tissu de mon baldaquin, incapable de trouver le sommeil.
Tom avait un plan. Il me l'avait dit. La question était : est-ce que j'étais compter dans son plan ou non ? Tom allait-il me laisser sur place ? Ou allait-il m'emmener avec lui ? Et pour aller où ?
Est-ce que j'avais vraiment envie de me retrouver dans un endroit entouré de Mangemorts ? Avec mon ennemi juré qui n'attend que de me tuer à la croisée d'un couloir ?
Tu sais, me dit alors ma conscience, il ne faudra pas que tu oublies où tu te trouves à cet instant même … Tu es déjà dans un endroit entouré de Mangemorts. Ou de Bébés-Mangemorts dirons-nous plutôt. Quant à Tom, cela fait des semaines qu'il aurait pu avoir l'occasion de t'atteindre, que cela soit physiquement ou bien par l'intermédiaire des rêves. Tu l'as toi-même vérifié : une projection astrale est en mesure de lancer des sorts. Pourtant il n'a rien tenté. Cette nuit non plus d'ailleurs : il t'a presque enfermé dans un rêve, tout cela pour te parler. Autrement dit, il aurait largement été capable de t'y enfermé pareil pour t'y torturer ! Pourtant, là non plus, il n'en a rien fait. Qu'est-ce que tu en conclus ?
Je peux en conclure deux choses :
Premièrement : Tom est bien plus fort que je ne l'imaginais. La projection astrale, l'enfermement onirique, … J'ai l'impression que son niveau équivaut à celui de Dumbledore. Autrement dit, en combat contre lui, je n'ai aucune chance.
Deuxièmement : Si, alors qu'il est si puissant, il ne m'a pas encore tué, c'est qu'il a très certainement une idée derrière la tête. Reste plus qu'à savoir ce que c'est …
Et si l'attaque de Dumbledore était un piège ? Une sorte de coup monté afin de me récupérer ? Et si Tom me faisait croire tout ça pour mieux m'amadouer ? Après tout, Dumbledore est-il réellement capable de s'en prendre à des enfants ? Lui, le défenseur des opprimés, des veuves et des orphelins ? J'en doute fort …
Je suis perdu. Est-ce que je peux réellement faire confiance à Tom ?
« Est-ce que je peux réellement faire confiance à Tom … Marmonnais-je en me tournant sur le côté.
Un Tempus m'indiqua deux heures et quelques du matin. Il fallait vraiment que je dorme.
Trois heures passa.
Quatre heures passa.
Cinq heures passa.
Il était désormais presque 6h du mat' et je n'avais toujours pas réussi à fermer l'oeil. Je soupirais et me relevais. Un boule de stress avait élue domicile dans ma poitrine.
Je n'avais toujours décidé si je pouvais croire Tom. Allait-on réellement être attaqué ? Ou bien allais-je simplement être enlevé sous les yeux de tous ?
J'entendis un Crac caractéristique des Elfes de maison et je me forçai à me sortir du lit. C'était Dobby. Je lui souris mais, avant que je n'ai pu dire quoique ce soit, il émit un petit cri de peur et disparu aussitôt dans un nouveau Crac, ne laissant qu'une lettre à l'endroit où il se trouvait. Je soupirais : Dobby devait penser que je l'avais trahi en partant habité le dortoir des Serpentards …
J'attrapai la missive et la retournai dans tous les sens : il n'y avait aucune écriture sur l'enveloppe. Relevant un sourcils, je l'ouvris pour tomber sur un simple bout de papier … vierge. … A quoi ça sert de m'envoyer un bout de papier miteux si y'a rien d'écrit dessus ?! … … Attendez … Un bout de papier miteux … ? … Nom de … J'attrapais ma baguette :
« Je jure solennellement que mes attentions sont mauvaises.
Aussitôt les écritures apparues. C'était une lettre de Sirius. Ou plutôt un message de Sirius car il ne comprenais que quelques lignes. Son écriture d'habitude si lisible avait laissé place à une écriture brouillonne, laquelle avait bavé par endroit. Il avait du l'écrire dans la précipitation …
« Harry, je n'ai que très peu de temps pour te rédiger ce message avant que les autres ne se rendent compte de ce que je fais. Tu es en danger ! Dumbledore a pété un câble : il est désormais persuadé que tu es bel et bien possédé et il est prêt à tout pour te récupérer ! Ce qu'il va faire d'ici quelques heures en attaquant les Serpentards pendant le petit-déjeuner ! Harry, je suis vraiment navré de ne pas t'avoir cru quand tu disais que tu étais bel et bien toi-même … Je suis réellement désolé et j'espère que tu pourras me pardonner. En attendant, (et je n'arrive pas à croire que je vais dire cela) fais attention à toi et aux Serpentards. Même si je ne les porte pas dans mon coeur, certains ne sont encore que des enfants. Prends soin de toi Harry. Sirius. »
La lettre prit feu au moment où mon regard s'embrasa de colère. J'avais ma réponse : je pouvais faire confiance à Tom. Disposant d'une énergie nouvellement récupérée, je partis me préparer dans la salle de bain. Bientôt les autres du dortoirs se réveillèrent et chacun se prépara comme pour n'importe quelle journée. Néanmoins, je sentais leurs regards sur moi … C'était comme s'ils avaient … peur.
Vers 7h, alors que la majorité des élèves de la maison était dans la salle commune, Severus fit son entrée. Il nous refit l'annonce de l'attaque imminente (mais tout le monde était déjà au courant) et nous demanda de miniaturisé nos effets personnels avant de quitter le dortoir (ce qui, là encore, avait déjà été fait). Il nous informa également qu'il ne sera pas présent lors de l'attaque. J'eus un sourire mauvais en le regardant : ce type n'est vraiment qu'un lâche. Il releva un sourcil dans ma direction et m'envoya son regard le plus noir. Je l'ignorais simplement. Nous partîmes tous, ensuite, pour le réfectoire.
Pour la première fois de ma vie, j'avais été prévenu qu'on allait s'en prendre à moi. Eh bien figurez-vous que ça change tout ! Mentalement, j'étais préparé. Aussi, je ne ressenti aucune peur lorsque les portes de la Grande Salle s'ouvrir sur l'Ordre du Phœnix au grand complet (avec Hermione, Ron et Ginny en prime). Je vis simplement Dumbledore se lever et lancer un sort d'attaque vers nous, annonçant par la même le début des combats. Ayant anticipé le coup, j'avais déjà lancé un puissant bouclier pour nous protéger. Mais bon, c'était de Dumbledore dont on parlait, aussi le bouclier sembla « tanguer » un moment puis il explosa. A partir de là, ce fut le chaos. Les sixièmes et septièmes années de Serpentards formèrent une ligne afin de parer les sorts, protégeant par la même les plus jeunes membres de la maison, dont certains pleuraient déjà à chaudes larmes. J'eus un pincement au cœur pour eux et un élan de rage contre l'Ordre : personne n'a le droit d'attaquer des enfants ! Les sorts pleuvaient littéralement et, petit à petit, je me rendis compte que ça n'allait pas le faire. On était trop peu nombreux, il y avait trop de sorts à contrer, trop de personnes à protéger. On n'allait pas tenir longtemps …
Il y eut soudain un Crac et l'air sembla se figer alors que Lucius Malfoy apparaissait devant notre ligne. Aristocrate en toute circonstance, il renvoya ses cheveux en arrière … et se mit à contrer les sorts plus rapide que jamais ! Je n'avais jamais vu ça ! Il se battait avec une telle rage ! Ça faisait presque peur ! Je jetais un coup d'oeil à Draco qui me regardait aussi. Il me sourit, comme s'il voulait dire « Non mais c'est mon père, tu croyais quoi ? ». Cela me fit sourire aussi et je repartis, de nouveau motivé, dans la bataille. Plusieurs Crac se firent entendre alors que les Mangemorts apparaissaient et disparaissaient avec les plus jeunes Serpentards. Pourtant, je ne voyais toujours pas Tom … Penser à lui me déstabilisa quelques secondes, ce qui suffit à Ginny pour m'envoyer un sort de Jambe-en-coton qui me fit m'écraser au sol. Un peu à l'écart des autres Serpentards, je me retrouvais désormais isolé contre mes trois anciens amis. Ma baguette serrée dans ma main, je me relevais difficilement pour leur faire face. Leur trois baguettes étaient pointées contre mon cou.
« Qui que tu sois, commença Hermione, tu n'es pas Harry, notre Harry !
« Tu n'es qu'un sale imposteur, poursuivit Ron en appuyant sa baguette un peu plus sur ma gorge.
« Tu vas payer pour ce que tu lui as fait !
A cet instant, je crus réellement que c'était la fin, que mes anciens amis allaient me tuer …
Un Crac se fit entendre dans mon dos. Une main se posa sur ma hanche alors que les trois Griffondors reculaient vivement, un sentiment de peur intense peint dans leur regard. Ginny lâcha un hoquet de surprise et je vis que la main qui tenait sa baguette commençait à violemment trembler. Je n'eus donc aucun mal à comprendre que c'était Tom qui venait de transplaner dans mon dos. Tournant la tête vers lui, je vis qu'il souriait, sa main maintenant toujours ma hanche. Son regard se posa sur moi et il raffermit sa prise alors qu'il nous faisait transplaner.
