Le début du cours de DCFM a commencé mais dans une ambiance un peu froide du côté de Severus. J'ai essayé pendant presque une heure de détendre l'atmosphère mais les élèves sont toujours aussi silencieux et Severus tout aussi froid. Là, en ce moment, nous faisons apprendre aux élèves de troisième années ce qu'est un Patronus. Ce qui est bien c'est que nous avons des Gryffondors et Serpentards ... alors je vous laisse imaginer comment Severus prend plaisir à rabaisser les rouges et ors et donne des points à Serpentard comme on donnerait de la nourriture à un pauvre mendiant. Je perds patience à un moment donné parce qu'il enlève dix points à un Gryffondor pour avoir donné une réponse sans avoir levé la main.
-Severus, allons au bureau immédiatement. -je m'adresse aux élèves- Sortez votre livre et lisez la page 615 sur les Patronus. Et pas un bruit, d'accord ?
Tous hochent la tête et très vite je force Severus à me suivre au bureau. Je vais lui expliquer certaines choses. Arrivés dans le bureau, je ferme la porte et me tourne vers lui. De mon regard d'habitude doux, je le regarde un peu froidement et croise les bras.
-Je peux savoir ce qui te prend, par Merlin ? T'aimerais que j'enlève des points inutilement à un de tes serpents ? Je ne pense pas. J'aimerais que tu te conduises comme un adulte, un professeur digne de ce nom et non comme un gamin jaloux de l'intelligence que font preuve les Gryffondors.
-Taisez-vous, vous me faites pitié. Lupin, parler en plein cours est une chose que je ne tolère pas.
-Elle n'a fait que donner une bonne réponse puisque tes élèves sont pas capable de la donner. Et là, tu lui retires dix points. Alors maintenant, voici ce que nous allons faire, tu t'occupes de tes Serpentards et moi je m'occupe de mes Gryffondors.
-Depuis quand vous commandez, Lupin ? Vous vous rebellez on dirait.
-Seulement contre toi, qui est incapable de donner un cours intéressant. Nos élèves s'endorment presque, à part retirer des points et rabaisser les autres tu sais faire quoi ?
-... -il arque un sourcil- Vous avez fini ?
-Tu m'écoutes un peu ? J'en es déjà assez de toi. Alors maintenant tu vas me faire le plaisir d'être un bon professeur. Si tu ne rabaisses pas quelqu'un, si tu n'insultes pas c'est que tu es vraiment malade.
-Qui ai-je insulté, Lupin ?
-Tu prends plaisir à m'insulter moi par exemple.
-Mais parce que vous l'êtes. Un monstre, dépourvu de poil, dont je me ferais une joie de transformer en tapis de cheminée.
-Et toi alors. Tu es pire que moi niveau monstre ... j'ai un cœur, j'ai su aimé une personne sans l'insulter, mais toi ?
-Taisez-vous ! Je vous le conseille Lupin.
-Sinon quoi ? Je n'ai pas peur de toi, Severus.
Prit de colère, il se jette sur moi et m'attrape par le col, rapprochant son visage du mien. Ses yeux noirs, plissés, plongés dans les miens. Je n'ai pas peur de lui, non. Je pose mes mains sur les siennes, au cas où il essayerait de m'étrangler ou autre, je le sais qu'il le fera pas ... quoi que. Soudain la porte s'ouvre à la volée pour laisser entrer un élève de Gryffondor, paniqué. Il nous voit très rapproché et ne cache pas le fait qu'il soit si choqué.
-Oh heu je ... Merlin pardon ... je ...
Je m'éloigne rapidement de Severus avant de lui demandé ce qu'il se passe. Enfin il parvient à me dire que c'est la bagarre dans la classe et en effet, j'entends des élèves se crier dessus. Très vite nous quittons le bureau avant de voir les élèves se jeter des livres, des parchemins, des encriers, la classe est en désordre. Je soupire avant de regarder Severus, qui ne perd pas de temps pour faire régner le silence en seulement une phrase.
-Un mois de retenu et 50 points en moins pour vous tous. Vous avez une minute pour déguerpir avant que je vous envoie chez le Directeur.
Et là, les élèves se dépêchent de ranger leurs affaires, laissant derrière eux le désordre. De l'encre de partout, des livres et parchemins déchirés. Je sors ma baguette pour déjà nettoyer les tâches d'encre tandis que mon collègue s'occupe des livres. Pour les parchemins, nous le jetterons plus tard. Je sais que le directeur va nous convoquer pour nous demander exactement ce qu'il s'est passé. Je me vois mal lui dire : Severus m'a agacé et je l'ai pris entre les deux yeux pour lui dire le fond de ma pensée. Non cela fait trop enfant. Après avoir remit un peu d'ordre dans la classe, je me tourne vers Severus.
-Si jamais on est convoqués, je te laisserai parlé.
-Il est vrai que je suis le mieux placé pour dire la vérité sur cette bande de cornichon.
Je lève les yeux avant de ranger mes propres affaires. Maintenant que j'y pense, il nous reste une heure avant que le prochain cours commence. Le fait que Severus ait fait partir les Gryffondors et Serpentards, il nous reste du temps pour nous. Je lui demande donc gentiment s'il a le temps de préparer la potion tue-loup. Bien entendu, il ne se gêne pas pour être froid et me rabaisser.
-Vous êtes pressés Lupin. Si vous voulez que je fasse la potion là, maintenant, tout de suite, cela vous coûtera le double. Donc 26 gallions.
-Quoi ? Mais tu cherches à me ruiner ?
-Au point où vous en êtes. Je suis sur que votre compte à Gringotts est pas loin de fermer.
-Cela ne te regarde pas. Pourquoi fais-tu cela Severus ?
-Je préparerai la potion ce soir et pas maintenant. Est-ce que je suis assez clair, Lupin ?
Je soupire. Y a pas plus clair. Je décide de quitter la salle de classe et de sortir carrément des murs froids, épais du château, pour pouvoir aller dehors, sous la pluie, le vent. Bien sûr, je me protège la tête avec une capuche mais cela empêche pas la pluie d'imbiber ma robe de sorcier. J'arrive sur le pont suspendu et je m'y arrête pour regarder le paysage que je peux voir, malgré la forte pluie qui cache un peu le fond du paysage. C'est comme un rideau blanc, un brouillard. Je trouve que l'année commence mal. De plus, la pleine lune arrive à grands pas. Je dois payer Severus pour qu'il me fasse la potion, je dois faire attention à tout maintenant, gérer une classe de Gryffondors et Serpentards, m'assurer qu'aucune dispute éclate entre mon collègue et moi. C'est très difficile. Je dois m'occuper de tout mais il ne s'occupe de rien.
-Professeur Lupin. PROFESSEUR LUPIN !
A force de penser à tout cela, je ne fais pas attention à la personne qui m'appelle sans cesse et en criant. Je sursaute en me tournant vers la personne : Neville Londubat. Je souffle un bon coup, mon cœur a faillit y passer. Je souris doucement à ce Gryffondor, dont le courage grandit doucement en lui.
-Neville, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi vous avez crié ?
-Navré professeur mais le professeur McGonagall m'a chargé de vous transmettre un message. Il y aura un bal à Noël, vous vous en doutez un peu n'est-ce pas ?
-Bien sur Neville. Mais ... pourquoi n'est-elle pas venu me voir directement ?
-Eh bien ... Seamus et moi sommes en retenu, nous avons fait une bêtise en plein cours et donc comme punition nous devons voir tous les professeurs pour les informer qu'il y aura un bal.
-Mais le bal de noël y est chaque année. Je ne comprends pas.
-Vous m'aviez pas laissé le temps de finir professeur.
-Oh pardon, excusez moi Neville. Continuez !
-Comme le professeur Dumbledore a dit, c'est une première pour Poudlard d'avoir deux professeurs qui travaillent ensemble, qui enseignent la même matière et donc ... il tient absolument à ce qu'un bal soit organisé. Et donc heu ... voilà, je vous préviens seulement qu'il y en aura un bal de rentrée, et c'est dimanche prochain.
-Oh non. Je ne pense pas être présent pour ce bal. La pleine lune aura lieu samedi prochain. Je pense que vous comprenez que j'aurais envie de me reposer dimanche.
-Bien sur professeur mais il fallait que je vous fasse passer le message. Je vous raconte pas comme j'ai peur d'affronter le professeur Rogue.
-Laissez Neville, j'irais le lui annoncé moi-même. Vous feriez mieux d'aller voir les autres professeurs.
Il me sourit, soulagé que j'aille moi-même annoncer la nouvelle à Severus. Nouvelle, façon de parler. Je regarde à nouveau le paysage avant de partir pour retrouver Severus dans la salle de classe. Je dois lui annoncer qu'il y aura un bal pour célébrer le fait qu'il y a deux professeurs pour une même matière. En arrivant, je le vois assit au bureau, livre dans la main et bien sur, sur les potions. Je toussote avant de m'asseoir sur le bureau, à sa gauche.
-Severus, il y aura un bal dimanche prochain ...
-Hm en quel honneur ?
-Tu me laisse finir oui ? Merci. Dimanche prochain, parce que c'est une première pour Poudlard d'avoir deux professeurs pour enseigner la même matière, qui travaillent ensemble. Mais dimanche je ne pourrais pas être là.
-Oh je vous rassure, personne remarquera votre absence.
Je préfère m'isoler dans mon bureau, il m'insupporte au plus haut point. Je ne pourrais pas venir au bal et je trouve cela honteux. Je ne sais pas comment va prendre Dumbledore le fait que je ne puisse pas venir. Je pense qu'il se doute qu'il y aura la pleine lune la veille. Je m'installe au bureau et sors le cours pour les sixième années. Les élèves étudieront des créatures comme les Détraqueurs, les Inferi et utiliser les sortilèges informulés. Aujourd'hui, ça sera les détraqueurs, bien que Severus n'est pas trop d'accord, je ne l'écoute pas pour cette fois-ci ... en fait, je l'écoute pratiquement jamais. Je décide d'arranger mes cours, avant que les élèves n'arrivent. Ils nous restent environ une vingtaine de minutes donc j'ai largement le temps de faire ce que j'ai à faire. Je sors d'un tiroir une tablette de chocolat, mon préféré. Je coupe un carré et le mange, savourant cette saveur si douce et sucrée. Severus fait son apparition dans le bureau, avec son visage froid, ainsi que son regard, je me dis qu'il est énervé. Pourquoi ? Aucune idée.
-Eh bien Severus ... je te sens ... en colère. Un carré ?
Pas de réponse. Bon d'accord, pas de carré pour Monsieur Ronchon ou Monsieur Grognon. Je range ma tablette de chocolat, finissant mon petit carré en regardant à travers la fenêtre qui donne sur l'extérieur. On peut entendre la pluie tomber et frapper la vitre. Le vent soufflait et sifflait entre les murs et le bois de la fenêtre. Severus lui est assit dans le canapé, livre dans la main. Pourquoi n'est-il pas resté dans la classe ? Aucune idée. Je le regarde du coin de l'oeil, le trouvant plus mystérieux que d'habitude. Je soupire doucement avant de me lever, mains dans les poches et m'approche de la cheminée allumée, appréciant la chaleur qu'elle dégage. La cloche retentit, déjà ? Très vite nous regagnons la salle de classe, avant de voir les élèves arriver dans la salle. Peu sont motivés mais je sens que Severus va les booster un peu. Maintenant, nous allons avoir les Serdaigles et Poufsouffles de 6e année. On les laisse s'installer, sortir leur affaires, puis Severus prend la parole, je m'y attendais un peu.
-Nous nous entendons à ce que vous ne sachiez rien du tout sur ce que nous allons vous enseigner. Si je vois un seul d'entre vous embêter son camarade, recopier, me faire perdre du temps, il aura droit à un mois de retenu, des points en moins et un devoir supplémentaire.
-Aujourd'hui nous allons vous enseigner la défense face aux Détraqueurs -ajoutais-je pour détendre l'atmosphère- Qui peut me dire ce qu'est un Détraqueur ?
Très peu de main se lève, et une jeune fille de Poufsouffle se fait interroger par Severus, qui s'attend à une réponse bien construite. Malheureusement, ce n'est pas suffisant et il ne se gêne pas pour la rabaisser. Je soupire, avant de poursuivre le cours, j'explique la pratique et Severus la théorie. Et il fallait s'y attendre, on commence à se lancer des piques, parce qu'on est pas d'accord sur quelque chose. Ceux qui fait rire les élèves, je peux comprendre, quand Severus s'énerve il est ... amusant, charmant ... heu oui charmant c'est le mot. Aussi quand il va pour prendre la parole, je m'amuse à le couper pile au bon moment, ce qui à tendance à l'agacer. Ah mais il a voulu jouer au début, eh bien parfait je m'y prête à son jeu. Heureusement pour nous tous, le cours prend fin rapidement et les élèves se pressent de quitter la salle. Ce qui fait que je me retrouve avec Severus, qui est hors de lui.
-Lupin, première et dernière fois que vous mettez mon cours en l'air.
-Pardon ? C'est « notre » cours, Severus.
-J'ai plus enseigné que vous, misérable.
-Pardon ? A part retirer des points inutilement, avec ton air froid, comme si tu étais constipé, s'il te plaît, arrêtes un peu.
Il m'attrape par le col, d'un geste vif, violent et approche son visage du mien, et là, dans son regard, je peux y voir énormément de colère, de haine. Je crois que je l'ai énervé. J'avale ma salive avant de toussoter et lui dire d'une voix parfaitement calme.
-Heu sinon, au prochain cours, je te laisserai la direction hein. C'est toi qui enseignera entièrement le cours, et moi je ne dirais rien, qu'est-ce que tu en penses ?
-Bien. Voilà qui est mieux.
Il me lâche froidement, alors que je m'arrange le col en toussotant. Nous passons le reste de la journée à donner des cours, bien entendu, nous mangeons à midi dans la grande salle et le soir aussi. La journée s'est plutôt bien passée, malgré quelques accrochages avec Severus. A présent dans mon appartement, je suis devant la fenêtre pensif, j'ai encore du mal à croire que j'enseigne ici. Soudainement, quelqu'un vient frapper à ma porte et j'autorise cette personne à entrer.
-J'espère ne pas vous déranger, Remus.
-Professeur Dumbledore, vous me dérangez pas ! Que se passe-t-il ?
-Oh rien. Je voulais m'assurer que tout aille bien entre Severus et vous. Alors, pour cette première journée ?
-Pourquoi vous raconter ma journée, vous savez tout.
Un petit sourire se dessine sur ce visage sage, donc la barbe est presque symbolique pour certain. Beaucoup parle de Dumbledore en disant « barbe blanche » maintenant c'est « barbe grise ». Il prend place sur le petit fauteuil prévu à cet effet. Je m'assois à mon petit bureau, face à lui, attendant donc qu'il parle pour me dire ce qu'il a envie de me dire.
-Je sais que Severus n'est pas très doux comme agneau avec vous. Il a son caractère.
-Oui c'est sur ... il me déteste c'est sur et certain. Je ne lui demande pas de m'apprécier ou de m'adorer, mais de me respecter. Je suis peut-être une personne faible, inférieur à ses yeux mais ...
-Vous valez quelque chose Remus, n'en doutez pas.
Je baisse les yeux un moment sur mes mains que j'ai lié entre elles. Soupirant, je dois reconnaître qu'il a pas trop tord. Je vaux quelque chose mais quoi exactement ? Je ne veux pas forcément être aimé des autres mais accepté, respecté, c'est le minimum que je demande. Dumbledore se lève du fauteuil et s'approche de mon bureau pour poser la potion que j'avais demandé à Severus : la Tue-Loup. Pourquoi n'est-il pas venu me la donner directement ? Je souris au directeur avant de le remercier de ma voix douce et calme. Il s'apprête à quitter mon appartement, mais je le retiens en demandant.
-Professeur ... que dois-je faire pour que ... Severus me voit autrement ?
-Remus, pourquoi est-ce que vous teniez tant à ce que Severus vous remarque, vous voit autrement ? -demande-t-il en se retournant, le regard interrogateur-
-Disons que ... le fait qu'il me rabaisse, me fasse comprendre que je suis un moins que rien ... ça commence à me peser et ... ce n'est que le début.
-Parfois, il faut se demander « pourquoi ? ».
-Je ne cesse de me poser la question. Je sais que dans le passé, je n'ai rien fait pour que James et Sirius arrêtent de l'embêter ... croyez-moi ... d'un côté je m'en veux.
-Remus, chaque personne est unique, chaque personne a un passé douloureux. Vous croyez tout connaître de Severus, c'est un homme, qui, vous savez aussi, est très mystérieux. Ne cherchez pas à gagner le respect de sa part. Soyez plus malin que lui.
-J'ai été à Gryffondor et non Serpentard.
-La maison ne représente pas notre personnalité.
Encore une fois, il a raison. Je lui souris doucement, j'ai bien envie d'aller remercier Severus mais si c'est pour encore me faire rabaisser, non merci. Dumbledore quitte mon appartement, me retrouvant désormais seul, je décide de prendre la potion Tue-Loup. Ce goût amer, écœurant coule dans ma gorge mais il faut le faire pour éviter de devenir un monstre sanguinaire, tueur. Vu l'heure j'ai bien envie de me prendre un bain. Je me rend dans ma salle de bain, faisant couler de l'eau chaude, et me prépare un thé au citron. Je me déshabille, pour ensuite me glisser dans ce liquide transparent et chaud. Soupirant de bien être, je prends ma tasse de thé et la Gazette du Sorcier pour lire tranquillement. Sans faire attention, je m'assoupis dans le bain, la tasse posée sur le côté et la Gazette baignant dans l'eau devenu froide au fil des heures. Je passe ma nuit dans la salle de bain, sans me réveiller, jusqu'au lendemain.
Ce n'est que vers 6h30 que mes yeux s'ouvrent, à cause du soleil qui se lève doucement, et que ces premiers rayons tapent sur la fenêtre de la salle de bain et qui m'éblouissent. Gémissant légèrement, je me cache les yeux, et croyant que je suis au lit, je tente de me lever mais je glisse. Merlin. Je suis gelé. J'ai dormi dans l'eau, ma peau est blanche, fripée, froide. J'éternue, mauvais pour moi. Je me dépêche de sortir du bain, et attrape rapidement un peignoir que j'enfile vite, avant d'éternuer à nouveau. Quel calvaire. Je me regarde dans le miroir, je suis fatigué, et pourtant j'ai bien dormi là. Est-ce le froid qui fait ça ? Possible. Les yeux rouges, le visage montrant ma fatigue, j'hésite à enseigner aujourd'hui. Je ne peux pas être malade, Severus prendrait plaisir à me rabaisser. Tant pis, je prends une douche chaude, avant de m'habiller. Quand je suis malade, je n'ai pas spécialement faim. Je quitte mon appartement sur les coups de 7h. Au moment où je passe devant la porte de l'appartement de Severus, ce dernier en sort. Je ne prends pas la peine de le regarder, mais lui en revanche me regarde d'un œil un peu étrange à mon goût.
-Lupin ?
-Severus ? -je me tourne vers lui- Bonjour ! Un problème ?
-Avez-vous passez votre nuit dehors ? Ce n'était pourtant pas la pleine lune.
-Épargne moi tes commentaires je te prie.
Je viens de parler mais sur un ton autoritaire, un peu sec et froid. Je me reconnais pas. J'allais m'excuser mais l'ancien Maître des potions reprend la parole, et ces mots me choquent au plus haut point.
-Vu votre état, vous devriez restez chez vous.
-C'est ça, pour que tu puisses enseigner tout seul ? Cela m'aurait pas étonné de toi.
-Oh si je voulais tant enseigné seul, j'aurais mis un puissant somnifère dans votre potion Tue-Loup.
Pas faux. Je fronce les sourcils, plisse les yeux. Je soupire avant d'éternuer. Ah non Merlin. J'ai attrapé un rhume et j'ai mal à la gorge. Génial. Je ne veux pas contaminer les élèves. Je sors vite un mouchoir et éternue à l'intérieur pour ensuite me moucher.
-La pleine lune approche et croyez-moi, être malade pendant la transformation empirera votre état après la pleine lune.
-Je sais. Je sais que tu meurs d'envie d'enseigner tout seul ... pour toi, c'est une victoire.
-Vous êtes aussi stupide que les Weasley. Je n'ai rien mis dans la potion qui puisse vous faire tomber malade Lupin, donc aucune victoire. Je dis simplement cela pour votre santé ...
-Merci ...
-Mentale -finit-il-
-Pardon ?
Je n'arrive pas à m'énerver. Quand je suis malade, je suis un peu mou. La pleine lune approche et je le sens. Je regarde mon collègue avant de hocher la tête. Il a raison, et je me sens pas capable d'assurer le cours aujourd'hui. Je me mouche une dernière fois, avant de lui dire donc d'une voix calme et un peu aigus, à cause du fait que je sois malade.
-Très bien. Je vais me reposer. Je t'en prie, ne fais rien de stupide.
-Vous me prenez pour qui, Lupin ?
-Pour Severus Rogue.
Je lui souris grandement avant de retourner dans mon appartement. Il doit crier « hourra » dans sa tête. Retour dans mon appartement, je me déshabille pour me mettre en pyjama mais polaire cette fois pour enfin me glisser sous les couvertures chaudes. Je passe presque la journée entière à dormir, et Merlin sait que ça me fait du bien. Mais je fus réveillé par une personne qui vient me rendre visite en fin d'après midi. La tête dans la lune, et brouillard, je parviens à articuler ces quelques mots, toujours avec une voix aigus mais aussi cassée. J'ai du attraper une rhino-pharyngite.
-Entrez ! -je vois Dumbledore rentrer- Ah, rebonjour Professeur. Si vous venez pour me sermonner de pas avoir donner cours, sachez que je n'ai pas vraiment d'excuses.
-Sermonner ? Oh non Remus. Severus m'a expliqué votre état et je constate qu'en effet, vous êtes mal en point. Hm un petit rhume ?
-Un gros plutôt et je crois que j'ai une rhino-pharyngite. Je perds de la voix.
-Oui je l'entends. Économisez là. Navré d'être venu vous déranger pendant votre sommeil mais comme votre état ne s'améliorera pas d'ici quelques jours, j'ai fais appel à une personne pour vous remplacer.
-Quoi ? Mais ... professeur ...
-Laissez moi vous expliquer. Cette personne n'enseignera pas mais elle sera comme une « secrétaire » pour Severus. Cela prendra le temps que vous vous remettiez sur pied.
-Professeur je ...
-Inutile d'en discuter, Remus. Et ne vous inquiétez pas pour le bal de Dimanche. Je n'ai pas choisi la meilleure date en effet.
-J'essayerai quand même de venir, ne serait-ce que ... une petite dizaines de minutes.
Je me masse la gorge, j'ai plus de voix. Vraiment fantastique, je ne pourrais plus gronder après Severus. Je me demande vraiment comment ce dernier a réagit quand Dumbledore lui a annoncé qu'il aura une « secrétaire ». Sûrement mal. Le directeur me laisse un petit flacon sur le bureau, qui dégage une forte odeur de citron, gingembre sûrement pour soigner le rhume je ne sais pas. Il me sourit une dernière fois avant de quitter mon appartement. Je me lève du lit, pour aller dans la salle de bain et me regarder dans la glace. Je soupire en voyant ma mine déconfite. Passant de l'eau froide au visage me fait du bien. Je m'apprête à me déshabiller pour prendre une douche chaude encore une fois, quand soudain on frappe à nouveau à ma porte. Merlin, c'est la journée des visites. Cela ne peut pas être Harry et ses amis, ils ont l'interdit d'accès. Je retourne dans le salon, pour ouvrir la porte à cette personne qui attend qu'on l'accueille. Une femme est présente, face à moi.
-Bonjour ! Madame, en quoi puis-je vous être utile ?
-Mademoiselle, Monsieur Lupin. Je me présente, Sacha Russell, secrétaire du professeur Rogue.
Ça commence très bien, déjà elle m'a parlé sur un ton froid, hautain à la fois. Ce n'est pas écrit sur son front que c'est « Mademoiselle » et non « Madame ». Elle me tend sa main, mais pas pour la lui serrer, non pour lui faire un baise-main. Et puis quoi encore ? Cette femme, dont la chevelure sont comme les blés, ces yeux bleus très foncés, ces lèvres pulpeuses, le teint un peu bronzé, une silhouette dans la normale, plus petite que moi et Severus, s'attend à ce que je lui fasse le baise-main, hors je lui serre la main doucement. Elle fait une grimace de dégoût.
-Un problème ? -demandais-je avec ma voix à moitié cassée-
-On vous a pas apprit les bonnes manières d'un homme, Monsieur Lupin.
-Disons qu'ici, on se serre la main, vous n'êtes pas Duchesse à ce qu'il me semble ... Passons, que voulez-vous exactement ? Si vous voulez voir le Professeur Rogue, il est juste à côté.
-Si je viens vous voir, sinistre andouille, c'est parce que le professeur Rogue n'est pas là.
« Sinistre andouille ? » Non mais de quel droit ? Je fronce les sourcils, je n'ai jamais eu de pensées de ce genre mais là ... elle m'agace et j'ai presque envie de lui lancer le sortilège qui permet de bloquer la langue. Je me retiens, je prie Merlin pour que Severus débarque.
-Eh bien attendez dans le couloir et il arrivera forcément -dis-je-
-Je m'attendais à ce vous m'invitiez à attendre à l'intérieur de votre appartement.
-Le Sinistre Andouille ne tolère pas les Sinistres Femme Inintéressante.
J'ai décidé de lui balancer ça dans la figure et Madame prend son air choqué. Ah mais, j'en ai plus qu'assez de me laisser marcher dessus. Je remercie Sirius de m'avoir apprit à remettre certaines femmes en place. Elle va pour me sortir encore une de ces insultes quand soudain des pas viennent vers nous : Severus. Merlin merci.
-Ah Severus, te voilà ... Madame Russell te cherchait...
-Mademoiselle, vous êtes sourd ou quoi ?
-Silence ! -coupe Severus de sa voix froide- Lupin, puis-je savoir ce qu'il se passe ? Dans mon bureau, quand à vous Russell, tâchez de vous taire, le bruit m'insupporte.
Je ne dis rien et je me dépêche de pénétrer dans l'appartement de Severus, pour qu'on puisse parler tranquillement sans être dérangé. Là pour le coup, il m'étonne un peu, il me propose quelque chose à boire. Je lui demande gentiment du thé s'il en a et peu importe la saveur. Il sort deux verres, il se sert pour lui du whisky et dans l'autre, il verse du thé aux myrtilles. Revenant vers moi, et me tendant le verre, il me demande donc d'expliquer ce qu'il s'était dans le couloir quelques minutes plus tôt.
-Cette femme ... est ta nouvelle secrétaire. J'ignore si Dumbledore t'as prévenu ou pas.
-Je suis au courant. Je vois que votre voix s'aggrave. Vous n'avez pas pris le potion que je vous ai préparé ?
-Celle au gingembre et citron ? Cela va me coûter combien ?
-Quatre gallions de plus, une misère.
Je soupire avant de boire une gorgée de mon thé, savourant cette nouvelle saveur que je n'avais jamais bu. Il précise que la potion qu'il m'a préparé est faite pour éviter que la voix se casse d'avantage. Oui mais si c'est pour payer un peu plus à chaque fois, non merci. Passons, nous devons parler de cette femme, dont la gentillesse est en option.
-Bref, Severus, je te demanderai de faire attention à cette femme. Je ne la sens pas. J'ai peur qu'elle mette ... quelque chose ...
Je tousse avant de me masser la gorge, j'ai plus de voix. Severus arque un sourcil et boit une gorgée de son verre avant de me dire de sa voix froide et taquin comme quoi c'était mieux quand je me taisais. Attends que je retrouve ma voix et ça sera pas pareil. Il me dit donc de parler par la pensée, puisqu'il est bon en Legilimens.
-[Je te disais qu'elle risque de mettre quelque chose entre toi et moi. Nous sommes pas ami, mais elle risque de nous réserver de mauvaises surprises]
-Lupin, dois-je vous rappeler qui je suis ? Non bien entendu. Elle n'est que ma Secrétaire, bien que j'en ai pas besoin. Je ne vais pas vous dire ce que je compte faire dans les prochains jours.
Je ne réponds pas. Je deviens soudainement pensif. Bizarrement, j'ai confiance en Severus et j'espère qu'il sera froid, autoritaire, comme il l'est avec moi. Je finis de boire mon thé en vitesse, car je sais que Severus veut s'entretenir avec cette femme. Je quitte son appartement pour regagner le mien, en silence.
