Le soir et la nuit même, mon état s'est aggravé. Au point que je n'ai pas eu la force de me lever pour aller manger. Je n'avais pas faim et cela a inquiété Dumbledore qui est venu me voir, alors que j'étais cloué au lit. J'avais le teint très pâle, je ne cessais de tousser, et je perdais encore plus ma voix. Je m'y attendais un peu, Dumbledore m'a accordé une semaine de repos. Mon année commence très bien. Nous avons commencé les cours Mardi, et Mercredi je suis tombé malade, ce qui fait que je suis resté au lit, enfermé jusqu'à aujourd'hui, Vendredi. Je décide de quitter mon appartement. Malheureusement à peine mis-je un pied dehors que je tombe sur Severus suivit de sa secrétaire qui ne cesse de parler. Merlin sait que Severus déteste ça. Ce dernier me regarde d'un air froid mais dans son regard j'ai pu lire un petit « Elle m'agace ». Je me retiens de rire en voyant sa tête. Je m'attendais à ce qu'il aille dans son appartement mais non, en fait, il vient vers moi.
-Lupin, j'espère que vous êtes en meilleure forme.
-Couci-couça Severus, je perds toujours aussi bien ma voix malgré le fait que j'ai pris ta potion. J'ai toujours autant de fièvre, et je suis toujours autant fatigué. Comment ce sont passés les cours pendant mon absence ?
-Oh je vous rassure Lupin ... -commence la jeune femme-
-Taisez-vous ! -crache froidement Severus- Il me semble qu'il s'est adressé à moi et non à vous, misérable insolente. -Il se tourne vers moi- Bien. Cela fait beaucoup, votre état s'empire et demain, je me demande comment les professeurs vont vous ramasser. A la petite cuillère sûrement.
-Très drôle. Je te laisse, je dois aller à Pré-Au-Lard. Je te laisse avec ta secrétaire.
Je passe à côté de lui, le saluant de la tête mais n'accordant aucun regard ou autre à cette Sacha Russell. Quittant l'étage des professeurs, je me rends à Pré-Au-Lard, sans plus attendre. Heureusement que je suis chaudement bien habillé, parce qu'il y a du vent. Marchant sur le chemin qui mène au village sorcier, je croise sur mon chemin Hermione, qui revient toute seule du village. Je lui souris doucement, puis m'arrête voyant bien qu'elle veut me parler.
-Bonjour Professeur Lupin. Vous êtes à nouveau sur pieds ?
-Miss Granger, je ne suis pas tout à fait guéri. Mais bientôt je l'espère. Vous avez laissé vos amis au chaud ?
-Oh non, ils ont pas fini leur devoir de Potions et de Métamorphose, je leur ai dit que j'allais me promener un peu, le temps qu'ils finissent. Je suis sûre qu'en arrivant ils auront pas fait la moitié. Ils me demandent toujours de l'aide vous savez.
-Vous êtes une élève brillante aussi. Je ne vais pas vous retarder plus longtemps, ils doivent vous attendre avec impatience.
-Sachez que je prend mon temps pour les rejoindre. Vous allez faire quelques achats, professeur ?
-Eh bien, j'ignore si vous avez regardé le calendrier, mais demain ... c'est la pleine lune et je ne veux pas me retrouver entièrement dénudé quand je reprendrai ma forme humaine. Je dois aller acheté quelques vêtements en plus. Être un lycanthrope fait très mal au porte feuille vous savez.
-La potion coûte extrêmement cher. Les vêtements aussi, en ce moment. Vous voulez que je vous accompagne ?
-Comme vous voulez Miss Granger. Je vous rassure, j'en ai pas pour longtemps.
Elle me sourit grandement, ajoutant qu'elle avait tout son temps. Dorénavant, nous marchons ensemble jusqu'au village sorcier pour pouvoir me trouver des vêtements, à bas prix bien entendu. Je ne roule pas du tout sur l'or, c'est bien pour cela, que des fois je vis sous le toit de Sirius, au 12 Square Grimmaurd, qui sert aussi de Quartier Général de l'Ordre du Phénix ou au Terrier. En général c'est là-bas où je vais le plus souvent. Molly est une femme vraiment à grand cœur, en échange de l'hospitalité, je l'aide quand je peux. Mais maintenant je vis à Poudlard, certes à côté de Severus mais bon, ça pouvait être pire. Je me demande comment ce dernier fait pour garder son calme face à cette secrétaire aussi pénible qu'une goule. Je préfère ne pas y penser à tout cela, je me concentre sur mes pas, où je pose mes pieds pour pas me casser la figure. Nous arrivons au village sorcier, Pré-Au-Lard. Et la première boutique de vêtement se trouve dans la première petite rue à gauche, peu de personne s'y rendent mais c'est pratique pour ceux qui, comme moi, n'ont pas énormément d'argent. Miss Granger tient absolument à m'accompagner jusqu'au bout. Nous entrons dans la boutique, bien entendu nous sommes tous seuls, avec le vendeur. Ce dernier a fini par me considéré comme un de ces fidèles clients. Cela me fait rire encore aujourd'hui.
-Ooooh mais c'est Monsieur Lulupin ...
-Ah non pitié par ce surnom -dis-je en rigolant- Je vois que votre boutique n'attire pas énormément de personne en ce moment, hélas.
-Hélas oui comme vous dites. Vous venez chercher quoi exactement, Monsieur Lupin ?
Et là je lui explique exactement ce que je cherche. Une tenue entière d'enseignant, un peu le style que je porte. Me connaissant, il voit très bien ce que je veux dire et donc il part de suite dans la réserve me chercher les vêtements. Il m'apporte deux tenues, de différentes couleurs mais toujours très vieux, le tissu et la couleur sont vraiment démodées, toujours autant rapiécées. Cela montre à quel point je suis pauvre.
-Je n'ai que ça en réserve, qui peut vous aller -m'explique le vendeur-
-Pourquoi ne pas avoir exposé ces vêtements là dans votre boutique ? -demande Hermione-
-Parce que je sais quand Monsieur Lupin vient, en général, c'est toujours un jour avant la pleine lune. Eh oui, je sais ce qu'il est, et il sait à quel point que je le trouve courageux. Et je sais aussi, quel type de vêtements il désire. Du coup, je mets toujours quelque chose de côté pour lui.
Et je sais que c'est toujours à ma taille. Je le remercie d'être prévenant pour moi. Il me fait toujours un prix pour ce que j'achète chez lui, je ne dépense jamais plus de dix gallions. Prenant donc mes achats dans les mains, nous quittons la boutique pour enfin retourner au château. Étant toujours accompagner d'Hermione, celle-ci n'a pas décroché un mot depuis notre départ de Pré-Au-Lard. Cela m'inquiète un petit peu et je brise donc le silence.
-Miss Granger ? Que se passe-t-il ? Vous avez l'air ... ailleurs.
-Oh non, ne vous en faites pas Professeur Lupin. Je pensais à ... votre année d'enseignant. Je me suis toujours demandé comment se passait vos journées avec le Professeur Rogue.
-Pour l'instant, tout se passe bien.
-Au fait, qui est cette femme qui le suit à tous les cours ?
-Sacha Russell. Une secrétaire, qui soit disant, l'aide pour les cours. Je ne la connais pas énormément mais le peu que je l'ai vu et parlé, j'ai du mal à la voir en peinture.
Mes paroles font rire la jeune Gryffondor. Non il est vrai, que cette femme est insupportable pour moi. Je suis plus ou moins patient avec ce genre de personne mais Severus ? J'aimerais bien aller à un cours d'aujourd'hui, juste pour voir comment les choses se passent. Arrivé au château, Hermione décide donc de me quitter, pour retrouver Harry et Ron dans leur salle commune. Je me dépêche de me rendre dans mon appartement, pour pouvoir tout ranger et aller rendre visite à Severus. S'il n'est pas dans son appartement, j'en conclurai qu'il est déjà dans la salle de classe, prêt à donner cours. Je regarde rapidement l'heure. Il n'est pas midi encore, donc je peux encore le retrouver en train de donner cours. Je me rend le plus rapidement au cours de Défense Contre les Forces du Mal, en espérant que sa secrétaire ne m'agace pas. Même mieux, qu'elle n'y soit pas. Je frappe à la porte, deux coups seulement, avant d'entendre la douce et belle voix de Severus, m'autorisant à pénétrer dans la salle. Je pousse la lourde porte et je fus surpris de voir que lui et Sacha. Où sont les élèves ?
-Severus, ne me dis pas que tu as renvoyé tous les élèves ?
-Je déteste les cornichons qui perturbe un cours Lupin, l'auriez vous oublié ? -me crache-t-il d'un ton froid- Que venez vous faire ici ? Vous étiez pas censé resté dans votre trou au chaud ?
Sacha se met à rire dans son coin mais c'est plus un ricanement. Je l'ignore totalement, je n'ai pas envie d'énerver encore plus Severus, qui est doit être déjà sur les nerfs, vu la façon dont il me regarde et me parle. Je ne dis pas, il est froid déjà de base mais là, j'ai l'impression d'être face à un iceberg. Je m'avance vers notre bureau, car pour donner cours nous partageons le même support de travail. Je m'assois sur le bureau, et regarde Severus qui a continué à me regarder du coin de l'oeil. Il cache bien sa joie d'avoir l'autre femme qui ne cesse de ricaner depuis que mon collègue m'a remit un peu en place.
-Tu permets que je jette un coup d'oeil au cours que tu as donné aujourd'hui Severus ?
Comme réponse il me tend d'un geste vif les parchemins concernant les cours d'aujourd'hui. Je me retiens de sourire, il a continué sur les Détraqueurs, moi qui ai cru qu'il allait arrêter et faire comme bon lui semble. Je repose les parchemins, avant de lui demander gentiment si je pouvais m'entretenir avec lui dans notre bureau, seul à seul pour discuter sans sa secrétaire. Il accepte avec un hochement de tête et se lève pour passer le premier. Nous nous rendons dans le bureau, et je ferme la porte derrière moi, insonorisant la pièce pour éviter que Sacha nous entende.
-Lupin ? J'espère que vous voulez pas me parler de la pleine lune et de votre transformation, comme quoi vous avez peur ...
-Pas du tout -coupais-je- Je n'ai jamais eu peur de me transformer. Loin de là. Je viens te parler concernant mon travail d'enseignant. Dés lundi, je serais apte à reprendre le travail, par conséquent tu n'auras plus besoin de cette femme.
-Hors de question ! Elle restera avec moi. Il m'est impossible de vous reprendre à mes côtés pour enseigner.
-Je peux savoir pourquoi ? Je suis ton collègue, je suis là pour t'aider aussi. Je ne t'ai jamais fait un reproche ou quoi que ce soit de méchant Severus. Mais cette femme ... elle ne se gêne jamais pour dire des choses blessantes. Tu l'as vu la première fois quand elle est venu non ? Je croyais que cette femme t'insupportait.
-Pas plus que vous, Lupin. Et vous ne reprendrez pas votre poste de professeur avec moi.
Je commence à m'énerver un peu contre lui. Mais bon sang, ce poste d'enseignant c'était le mien et le sien, le notre. Et il refuse que j'enseigne à nouveau. De quel droit il décide cela ? Nous continuons à nous disputer comme des dragons, on est pas loin de se jeter des sorts. Je ne veux pas arriver à ce point là, et c'est pour cela que je décide d'employer les mots les plus durs, difficiles pour lui, cela lui fera mal intérieurement, niveau du cœur.
-Tu deviens de plus en plus mauvais, Lily avait raison te concernant.
Severus s'approche de moi, d'un pas décisif, et m'attrape le col me faisant rapprocher de lui, son regard si sombre, noir se plonge dans le mien. Oui, je suis allez fort pour le coup mais ... je ne les ai pas pensé ces mots là. Là, en ce moment, je regrette mes paroles, car ma relation avec Severus, va être pire à présent. On continue de se disputer, mais le pire arrive, voilà que Severus me provoque, m'insultant de tout, insultant mes seuls amis, James et Sirius. Disant des choses vraiment, mais vraiment horribles. Jusqu'à insulter ma famille, comme quoi Fenrir Greyback a été trop gentil, qu'il aurait dû m'arracher un membre, qu'il aurait dû tuer mon père et ma mère qui m'ont fait naître, un Sang-Mêlé, dont mon père était un sorcier et ma mère une moldu. Je ne peux pas le laisser dire cela. Je crois que Severus ne réalise pas ses paroles. Il doit en avoir plein le dos de cette femme et c'est sur moi qu'il s'acharne. Je pensais le comprendre un minimum mais non, pas du tout. Mais ces mots m'ont profondément blessé, je dégaine ma baguette, en même temps que lui, prêt à lui jeter un sortilège pour le calmer, le faire taire surtout mais voilà qu'une personne frappe à la porte avant de pénétrer aussitôt. Je me retourne pour faire face au Professeur McGonagall.
-Professeur ?
-Le Professeur Dumbledore vous attend dans son bureau. Je vous suggère de vous y rendre immédiatement.
Aïe, qu'est-ce qui se passe ? Est-il au courant de ce qu'il vient de se passer ? Je range ma baguette, Severus en fait de même et nous suivons donc Minerva jusqu'au bureau de Dumbledore. Sacha a dû repartir dans son appartement je pense. Marchant dans les couloirs, silencieusement, je ne regarde même pas Severus marcher à mes côtés, alors que nous suivons toujours la directrice de la maison Gryffondor. Arrivés devant la statue qui mène au bureau de Dumbledore, nous montons sur la première marche avant que Minerva donne le mot de passe pour que la statue tourne sur elle-même et que nous montons tous seuls, jusqu'à arrivé devant la porte du bureau. Je ne perds pas de temps et je frappe le premier à la porte.
-Sachez que je ne désire qu'une chose Lupin ... que vous soyez renvoyé, que j'apprenne du jour au lendemain votre disparition. Vous m'insupportez de jour en jour. Sachez une chose, j'ai toujours détesté, haïs vos stupides amis, Black et Potter, mais vous ne valez pas mieux qu'eux. -me déclare Severus d'un ton froid-
-Severus ...
-Écoutez-moi bien, Lupin, ne croyez pas que je vous mets pas dans le même panier que vos amis. Même si vous étiez toujours à l'écart de leur stupide jeu, leur ridicule blague, je vous hais aussi. Et je pèse mes mots. -ajoute-t-il toujours de la même voix-
Je reste bouche bée face à ses paroles. Je ne l'ai jamais vu ainsi. Du moins aussi cruel dans ses paroles. Il est vrai que j'ai toujours été à l'écart des blagues de mes amis, je ne voulais pas perdre Sirius et James en amitié et je ne voulais pas faire de mal à Severus. Sur le coup, j'encaisse ses mots, ses paroles aussi blessantes soient-elles, mais au moment où je vais pour lui répondre quelque chose, la porte du bureau de Dumbledore s'ouvre. Mon collègue passe le premier, je le suivis tout en fermant la porte derrière moi. Le directeur n'a pas l'air d'être énervé mais l'air fait pas la chanson.
-Oh Severus, Remus, asseyez-vous. Vous prendriez un peu de thé ? J'ai du cognac si vous voulez.
-Je vous remercie Professeur Dumbledore, personnellement je n'ai pas spécialement envie de boire quelque chose en ce moment. -lui répondis-je de ma voix habituellement calme et douce-
Je m'assois face au directeur, sur une chaise parfaitement confortable, alors que Severus reste debout. J'ignore de quoi Dumbledore veut nous parler mais quelque chose me dit, que la « réunion » va mal dériver. Nous le laissons se servir du thé à la cannelle et citron, et en boire une gorgée en silence, avant de le voir se redresser un peu pour prendre la parole.
-J'ai eu énormément d'échos vous concernant. Comme vous savez, Mademoiselle Russell, est tenue de m'informer ce qu'il se passe dans vos cours à tous les deux. Ces derniers jours, Remus vous aviez été malade, et vous n'étiez pas en état d'enseigner, et sachez que je ne vous en veut pas. Cependant, je ne suis pas fier de ce qui s'est passé avant que je vous convoque.
-Dans notre bureau ? -demandais-je-
-Exact ! Que vous est-il arrivé à tous les deux pour en venir à la provocation ? Severus ?
-Sachez que le professeur Lupin n'en fait qu'à sa tête ces derniers temps, sa maladie le rend aussi fou que ce qu'il en a l'air, croyez-moi. Il serait bien que Lupin rentre chez lui définitivement, sa maladie ne l'arrange absolument pas, bien sur j'enseignerai toujours les Défenses Contre les Forces du Mal.
Je ne réponds pas, j'ai plus la force là. Entre les insultes, du moins toutes les méchancetés qu'il m'a lancé, me rappelant ma maladie, le fait que je roule pas sur l'or. Trop de chose font que je laisse tomber. Dumbledore le remarque, et préfère ne pas répondre à Severus, mais il lui donne l'autorisation de quitter le bureau, comme quoi il prend en compte ces paroles et qu'il allait y réfléchir. Je me lève de ma chaise mais il me demande alors de rester, tandis que mon collègue nous quitte. S'il veut savoir le pourquoi on s'est vraiment disputé, je risque de lui dire la vérité, mais la vrai. Je me rassois, regardant donc mon employeur.
-Remus, dites moi ce qui vous tracasse.
-Je vais être franc, cette femme, Sacha Russell, je ne peux pas me la voir. Elle m'agace, elle m'insupporte énormément. Elle a prit ma place, au point que Severus la préfère ... alors que je suis son collègue. Je vous avoue que je commence à en avoir marre et avant de tomber en dépression, je préfère sincèrement démissionner.
-Je comprend. Severus n'est pas l'homme à qui faut offrir des bonbons et une peluche. Sacha Russell, vous insupporte à cause de son caractère. Elle n'est pas comme Severus mais c'est pas loin. Je vous demanderai une chose Remus.
-Non non ... non si c'est pour que je reste et enseigner, je ne peux pas. J'ai assez donné, j'ai suffisamment prit de chose dans la figure par Severus, là devant votre bureau ...
-Oui je le sais. J'ai entendu. Et aussi le fait que vos parents méritaient de mourir entre les dents ...
-Eh bien cela m'a pas plu du tout. Je ne sais plus comment faire.
Cela se lit sur mon visage que je suis épuisé de tout cela. Malgré mes journées entières de repos, qui au final ne m'ont pas servit à grand chose, je ne suis pas en forme. Je me masse le front, puis les yeux, me disant que le cauchemar est pire qu'il y a deux ans. Avant, tout se passait plus ou moins bien mais là, le fait qu'il y ait cette Sacha, rien ne va plus. Le jour de la rentrée, le soir quand nous avions mangé, je n'ai cessé de regarder Severus. Je ne sais pas, quelque chose chez lui me pousse à aller le voir, lui parler, essayer de crée quelque chose. Pas forcément un lien fort mais arranger les choses, pour qu'on puisse discuter sans qu'on se tire dans les pattes. Déjà, il y a deux ans, Severus était déjà attirant mais là cette année, c'est pire. Je suis tellement concentré sur lui, sur le fait qu'il n'a pas eu une enfance facile, que James et Sirius n'ont pas étaient doux avec lui, je me sens coupable, je m'en veux de ne pas avoir arrangé les choses et il me le fait payer encore aujourd'hui. Je m'inquiète pour lui, je n'ai pas spécialement envie qui lui arrive malheur, avec tout ce qu'il a traversé quand il était élève. À force de penser, je me perds dans mon monde. Je ne désire qu'une chose, que Severus me voit, me regarde et me considère comme son collègue, une connaissance et non un ennemi ou un monstre.
-Remus ? Descendez de votre nuage.
-Hm -je reviens à moi et regarde Dumbledore- Heu je ... pardon j'étais ailleurs et ...
-Oui je l'ai bien vu. Les yeux, le regard en dit beaucoup. Et j'ai vu, que vous cherchiez à « plaire » à Severus.
-Quoi ? Non non ... pas du tout ... c'est juste que ... -soupire- En fait, j'aimerais qu'il me voit, qu'il se dise : C'est mon collègue, une personne normale, et que je dois respecter un minimum. Seulement là ... il me voit plus comme un monstre, une erreur que la nature a faite et que donc il ne respecte pas. Professeur, sincèrement pourquoi m'avoir demandé de revenir enseigner ? Alors que vous savez, tout comme moi, que je m'entends pas bien du tout avec Severus.
-Eh bien, je vais vous la dire la vérité. Le nombre d'élève a légèrement augmenté, mais j'avais besoin d'un professeur qui connaissait déjà l'école, et les professeurs. J'ai pensé à vous. Et je savais déjà bien qu'entre vous et Severus, ce n'est pas joyeux tous les jours.
-Pour pas dire jamais. Professeur, je ne veux pas continuer.
-Comment ?
Je me tais, ne désirant dire rien d'autre. Je n'ai pas envie de continuer. Travailler avec un homme que nous apprécions, et adorons un minimum en secret, alors que cet homme nous rabaisse plus bas que terre, ne nous porte pas un minimum dans son cœur, encore faut-il qu'il en est un, j'ai du mal. J'avoue que je m'attendais pas à travailler avec Severus. Mais je m'attendais surtout pas à ce que mon regard se tourne toujours vers lui pendant les cours, les repas. À chaque fois mon cœur s'emballe un peu, mais quand il me regarde de son regard noir, et me parle de sa voix froide, mon cœur s'emballe un peu plus. Moi le premier je comprends pas pourquoi ce n'est pas l'inverse. Avant quand il me parlait, j'avais le cœur gelé, tellement il était froid mais maintenant non. En pensant à tout cela, une simple larme de tristesse coule sur ma joue couverte de quelques petites cicatrices.
-Remus, vous le saviez comme moi que Severus est un homme dont le cœur est difficile à percer. Il est aussi difficile de le comprendre. Je vous encourage de pas baisser les bras et de poursuivre cette année en tant qu'enseignant avec lui. Si vous démissionnez, beaucoup verront en vous un homme faible et Severus sera extrêmement fier de ce qu'il a fait, c'est à dire, vous pousser à la démission.
-Je le sais ... je demande rien. Mais depuis que cette ... Sacha Russell est entrée dans la vie de Severus, j'ai l'impression d'être rien du tout, déjà qu'avant il me respectait pas. Là c'est limite ...
-Remus, allons calmez-vous. Miss Russell n'est pas entrée dans la vie de Severus loin de là. Elle n'est ici en tant que secrétaire, elle n'a pas le droit de préparer les cours, et d'enseigner. Elle ne prépare que le travail, préparer les dossiers du professeur et surveiller les élèves pendant les cours.
-Oui en fait, elle ne sert pas à grand chose, je pourrais le faire à sa place en fait.
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Dumbledore. Pourquoi sourit-il ? Parce que j'ai visé juste ? Je n'en sais rien. Je tente de me calmer, me demandant ce que je pourrais faire pour que cette femme s'en aille et me laisse à nouveau la place aux côtés de Severus. Le directeur boit encore une gorgée de son thé, avant de me tendre gentiment une tasse mais de chocolat chaud. Mes yeux montrant ma fatigue, brillent doucement. Adorant le chocolat chaud, je ne peux pas refuser la boisson. Je prends la tasse en le remerciant dans un murmure. Je bois une petite gorgée, tandis que Dumbledore, prend la parole, et je l'écoute attentivement.
-Comme vous venez de dire, vous êtes capable de le faire à sa place. Pourquoi est-elle ici alors ?
-Mais ... c'est vous qui l'avez embauché. Vous l'aviez prise pour me remplacer parce que j'étais malade. Et là je suis guéris donc je peux reprendre mon poste sauf que Severus refuse totalement ma présence et ça par contre non, je ne tolère pas cela. Je n'accepte pas le fait qu'il me refuse.
-Comment ? Vous pouvez répéter ?
-Je ne tolère pas qu'il me refuse à ses côtés pour enseigner. Le professeur c'est moi, nous le sommes tous les deux et c'est nous deux qui devons travailler ensemble. Lui et moi seul et non lui et cette femme. Je ne veux pas de cette femme dans ma vie, dans la sienne, parce que ça le rend encore plus mauvais envers moi et je ne tolère pas cela. Je suis pas directeur mais j'ai mon mot à dire quand même. Qu'on me remplace le temps que je me remette sur pied d'accord mais là je suis en forme plus ou moins, demain je serais absent à cause de ma pleine lune mais cela fait même pas deux semaines qu'elle est ici, j'ai l'impression d'avoir une Rogue devant moi en plus d'un Rogue. Donc après ma pleine lune, je m'en fous de ce que pensera Severus mais j'irais lui toucher deux mots et cette femme je lui dirais le fond de ma pensée. Me traiter de Sinistre Andouille, ça déjà je l'ai pas encore encaissé. Je veux bien être gentil, qu'on me traître de monstre, je suis habitué, mais qu'on me traite plus bas que terre parce que je suis comme ci, comme ça, surtout par une étrangère il en est pas question. Severus peut, c'est différent il a toujours été comme ça. Ce n'est pas parce que Sacha Russell est en compagnie d'un homme charismatique, classe et froid qu'elle doit être pareil.
-Je suis fier de vous Remus.
-En plus elle ... -je me tais, réalisant que je m'étais largement emporté pendant mon discours, j'avais haussé un peu la voix et parlé d'une façon assez direct, sèche- Je ... excusez-moi ... j'ai pas voulu ...
-Oh mais je vous en veux pas. Vous vous sentez mieux ?
-Je ... oui pardon ... bon sang ... je me suis jamais laissé emporter comme ça, professeur. Qu'est-ce qu'il m'a pris ? -je bois une gorgée du chocolat chaud-
-Vous avez évacuez votre colère, votre petite haine en vous exprimant tout simplement, me disant le fond de votre pensée concernant l'organisation de Miss Russell et de Severus.
-Je m'étais jamais emporté comme ça ... même avec James et Sirius. J'ai pas envie de tout mettre en l'air. Je veux juste reprendre ma place.
-Votre envie de démissionner est passé alors. Du chocolat ?
Je le regarde me tendre un petit carré de chocolat noir avec des morceaux de framboise. Je souris doucement avant de le prendre le remerciant encore. Je croque dans le petit carré pour le déguster calmement. Retrouvant ma sérénité, je souffle un bon coup. Je me suis laissé emporter pour dire vraiment ce que je pensais, et dire ce qui n'allait pas selon moi. Dumbledore me soutient à ne pas démissionner, il veut que je reste. Il a fait appel à moi, je veux pas m'éloigner de Severus mais je ne veux pas que Sacha s'approche de lui.
-Professeur, si je reviens en pleine forme, est-ce que cette femme partira ?
-Si vous êtes à nouveau apte à enseigner, je ne verrais aucune raison de la garder. Vous savez, je vous conseil d'être comme vous aviez été là, avec Severus.
-C'est à dire ?
-Dire ce qui ne vous plaît pas. Vous m'avez fait comprendre énormément de chose, en vous exprimant ouvertement, et sans me laisser le temps de dire quoi que se soit. Je vous encourage à être comme cela avec Severus. Peut-être, un jour, il vous respectera pour votre courage de l'affronter.
-Heu ... oui sûrement. De toute façon, entre lui et moi, ça ne peut pas être pire.
Je finis mon chocolat chaud et mon petit carré de chocolat que je trouve vraiment bon. Faudrait que j'en achète, bien sûr je regarderai le prix mais une petite douceur luxueuse ne fait pas de mal des fois. Je me lève, laissant la tasse sur le bureau du directeur. Je le remercie encore une fois d'être là pour moi, comme à l'époque où j'étais élève. Il me sourit toujours et j'en fais de même. Je m'éloigne de son bureau, pour me diriger vers la porte, pour pouvoir sortir mais ... je me dis que je devrais lui dire. Tout ce que je pense de Severus, que mon cœur s'emballe à chaque fois. Je me stoppe devant la porte et je me retourne vers le directeur qui est toujours assit à son bureau.
-Professeur ... concernant Severus ... je vous ai pas tout dit. En fait, si je veux être avec lui, enseigner avec lui, sans qu'on soit dérangé, si je veux qu'il me respecte ou me voit autrement ... c'est ... -je parviens pas à le dire- Je sais pas ...
-Il finira par vous voir autrement si vous osez le défier, ou le contredire des fois. Jouez avec lui, jouez tous les deux ensembles, utilisez ses cartes pour jouer avec lui. Parfois, l'arroseur est arrosé. Un moldu que je connaissais disait souvent cette petite expression qui, je trouve, est souvent bien vrai.
-Il n'a pas tord. Mais professeur ... Severus je l'...
-Je le sais Remus. -il se lève et s'approche de moi- Vous savez ... un vieil ami me disait souvent : L'amour naît dans un regard, grandit dans le cœur mais se termine dans les larmes.
-C'est douloureux. Je ne sais pas comment faire. Je ne lui demande pas de ... que cela soit réciproque. Je ne sais pas, même s'il est froid, cruel parfois, me rabaisse ... j'ai toujours envie d'être avec lui, de le voir, de lui parler.
-La plus grande des douleurs est d'aimer une personne que nous ne pouvons pas avoir. Mais, en mettant tout son courage, sa volonté, on peut parvenir à surmonter les obstacles les plus grands, que cette personne met en travers de notre chemin, pour parvenir à ce que nous recherchions : des sentiments partagés. Ayez confiance en vous Remus, ne vous laissez pas marcher dessus. Parfois, il ne faut pas avoir pitié des gens. Car comme je dis souvent ...
-N'ayons pas pitié des morts mais des vivants qui vivent sans amour. Je sais professeur. Je ne sais pas comment vous remercier pour tout.
-En arrivant à votre but, votre objectif. Oh au fait, Remus, un petit conseil. Je lis en vous comme dans un livre ouvert, j'ai bien vu dans vos regard que vous éprouvez quelque chose pour Severus, mais tâchez de ne pas être trop expressif devant lui ou il vous aura très facilement. Dernière chose que je vous ai pas raconté maintenant que j'y pense, il m'arrive souvent d'aller au Parc et regarder ces jeunes élèves âgés de 15 à 17 ans, en train de se chamailler. Oh, cela me rappelle quand j'étais jeune, j'avais piqué une carte de chocogrenouille à un élève de sixième année, alors que je n'étais qu'en quatrième. Ah la belle époque, on en faisait des bêtises.
Il rit légèrement à ce qu'il dit et cela me fait sourire. Il me rappelle alors que l'heure tourne et que je devais vite partir pour rejoindre Severus si je le voulais. À mon avis, il ne m'a pas parlé de sa petite jeunesse pour le plaisir, il a voulu me faire passer un message : retourne à l'époque quand tu étais élève et amuse-toi un peu. Oui, c'est ce que je vais faire. Mais d'abord je me rend dans la grande salle pour pouvoir manger un peu, car il est bientôt midi. Une fois dans cette immense salle, je ne vois pas Severus, mais peu importe. Je prends place à côté de Chourave, qui me sourit légèrement, me demandant comment je vais. Il ne reste que cinq petites minutes avant de voir des élèves arrivés presque en courant, affamés, ainsi que des professeurs qui nous rejoignent. Severus prend place à côté de moi, mais m'adresse pas la parole, me regarde même pas. Je préfère rien dire et me servir dans les plats présent devant nous. Soudainement Sacha s'approche de moi et me demande de sa voix froide et hautaine de lui laisser la place. Je soupire avant de tourner légèrement le regard vers Dumbledore qui était déjà là. Il ne dit rien et ne fait rien. Alors que cette femme continue à me dire froidement de partir pour lui laisser la place. Je l'ignore, je n'ai pas envie de me fatiguer pour elle. Severus ne dit rien et se contente de manger calmement, échangeant quelques brèves paroles avec le directeur. J'ignore de quoi ils parlent. Chourave me parle alors des élèves qu'elle a eu ce matin, comme quoi ils ont été un peu turbulent. Je discute avec elle, sans faire attention à Sacha. Mais cette dernière attrape sauvagement la carafe de jus de citrouille et me la vide sur la tête. Chourave pousse un petit cri de surprise avant de sermonner Sacha, alors que moi, je me retiens de me lever pour lui faire avaler la carafe. Severus me regarde, même pas choqué, ou quoi que se soit, non il est neutre mais Dumbledore lui, à l'air surprit de la voir faire. Elle jette la carafe dans mon assiette. Je la laisse finir, je ne dis rien, ce qui étonne énormément les élèves, surtout Harry et ses amis. Elle n'est pas discrète cette femme, je la déteste, je la hais même.
-Tu vas me faire le plaisir de dégager de là. C'est ma place depuis une semaine. Tu devrais retourner dans ton trou, espèce de lycanthrope.
-Je vous suggère de laisser le professeur Lupin tranquille, si vous ne voulez pas avoir de mauvaise surprise, Miss Russell -lui conseilla Minerva- Je vous conseille de vous asseoir au plus vite, ou je vous renvoie chez vous et sans retour. Est-ce que c'est clair ?
Elle ne répond pas mais elle se dépêche de s'asseoir à côté du professeur d'astronomie Aurora Sinistra, et se met à manger. Je me sens plus ou moins soulagé mais elle m'a humilié devant tout le monde. Je suis trempe, je suis sale. Chourave sort sa baguette pour remettre de l'ordre et faire disparaître mon assiette sale pour en faire apparaître une toute propre. Je lui souris gentiment, la remerciant. Je me suis toujours bien entendu avec elle. Je me sèche rapidement grâce à un sort, m'enlevant donc le jus de citrouille dans mes cheveux et vêtements. Je continue de manger tranquillement, jusqu'à la reprise des cours de cet après midi. Que Severus le veuille ou non, je viendrais au cours, j'enseignerai peut-être pas mais je veux être là. Nous quittons la grande salle pour pouvoir regagner les salles de classes, se préparer pour enseigner et accueillir les élèves.
