Les cours de cet après midi vont commencer dans quelques minutes seulement. Je rejoins Severus, celui-ci s'attendait pas à ce que je vienne mais peu importe. Il me lance un regard noir, froid et ne prononce pas un mot. De toute façon, il n'a rien à dire. Je m'approche du bureau et je jette un coup d'oeil au cours qu'il va donner. Les Détraqueurs encore mais cette fois-ci, ils vont apprendre à bien faire un patronus. Pourquoi pas. Je m'assois sur le rebord de la fenêtre, me faisant discret, donc Severus ne sera pas dérangé par ma présence. Sacha nous rejoint dix minutes plus tard, en même temps quand les élèves arrivent. Elle fut surprise de me voir ici, je l'ignore encore, me moquant totalement si elle est contente ou pas de me voir ici. Les élèves sont plutôt rassurés, cela se lit dans leur regard. Le cours débute, dans le plus grand calme, alors que Severus commence donc à expliquer aux élèves comment réussir un bon patronus. Bien sur, il pose quelques questions, afin de voir si les élèves ont retenus. Le cours se déroule à merveille, pas de point enlevé, pas de retenu pour eux. Mais Sacha des fois ose interrompre le cours pour dire des bêtises, expliquant des choses fausses sur les Détraqueurs. J'avais presque envie de lui dire qu'elle n'est pas professeur alors que Severus si. La première heure n'a été que la théorie, pour la seconde heure, ils attaqueront la pratique. La cloche retentit dans le château, et les élèves ont droit à quelques minutes de pauses avant de reprendre pour la deuxième heure. Severus me demande d'un ton froid de le suivre dans le bureau pour discuter tranquillement. Je le suis sans dire un mot, nous laissons Sacha seule dans la salle de classe. Je ferme la porte derrière moi et je me tourne vers Severus, qui me regarde toujours d'un regard noir.

-Puis-je savoir pourquoi vous restez avec nous, Lupin ?

-Oh pardon si ma présence te dérange Severus, j'ignorai que tu préféré rester seul avec ta nouvelle bien-aimé.

-Ce n'est pas ma bien-aimé. Est-ce que c'est clair, Lupin ?

-Non ce n'est pas très clair Severus. Tu la veux sans arrêt dans tes cours. J'ignore s'il se passe quelque chose entre elle et toi et personnellement, je ne veux pas le savoir. Mais, quand je serais remis sur pied complètement, elle devra partir. C'est triste, bah ne t'en fais pas, personne t'empêchera d'aller la voir tous les soirs. Je te demanderai de ne pas lui faire d'enfant cette année, attends un petit peu quand même.

-Puis-je savoir ce qui vous arrive ? Déjà, estimez-vous heureux que je vous accepte dans mon cours.

-Oh voyons Severus, je t'en prie.

-... -il arque un sourcil, comprenant pas ce que je voulais dire-

-Arrête d'être idiot un peu, tu me désespères -dis-je très sérieusement- J'ai discuté avec Dumbledore, je reprendrai mon poste de professeur, que tu le veuilles ou non mon cher.

-Pardon ?

-Oh ne t'excuse pas voyons.

Je serre la mâchoire. Ahah, je suis en train de l'énerver et c'est ce que je cherche. Il a horreur quand on lui répond, surtout moi. Oh oui, je sens que je vais m'amuser en fait. Je lui souris d'une façon assez particulière, un sourire vraiment fier pour une fois, mais juste pour l'embêter un peu plus. Je m'approche de lui, mais au dernier moment je me dirige vers le bureau pour attraper ma plume que je me sers pour écrire mes cours. Il ne s'est pas décalé pour me laisser passé, mais peu importe. Je le regarde droit dans les yeux, le fixant constamment. Et d'un coup « pouf », je lui fait un petit point noir sur le nez avant de m'éloigner. Il commence sa crise de colère, et s'essuie le nez avant de ronchonner, disant que je ne suis qu'un gamin. Je me dirige vers la sortie pour pouvoir regagner la salle de classe, car la pause est bientôt fini.

-Minute Lupin, j'en es pas fini avec vous.

Je ne lui laisse même pas le temps de poursuivre sa phrase que je quitte le bureau en claquant bien la porte. Héhé, le directeur avait raison, il faut savoir jouer avec Severus, utiliser ses propres cartes. Je retourne dans la salle de classe, alors que les élèves sont déjà rentrés, Sacha est en train de discuter avec eux, parlant de magie noire, des maladies comme la lycanthropie, les nés-moldus. Non mais, comment peut-elle parler de ces choses là ? Mais le pire est qu'elle parle des choses qu'elle n'aime pas : les nés-moldu, cracmol, les loup-garous, les géant et demi-géant. Elle continue de dire tout ce qu'elle aime pas, et cela commence à m'énerver doucement. Je crois qu'elle ne m'a pas entendu sortir du bureau. Severus arrive à son tour dans le plus grand silence et lui aussi fut surprit de voir déjà les élèves rentrés, et Sacha, en train de discuter de choses assez inappropriés, intolérables, insupportables pour moi et aussi inacceptables. Je regarde Severus, qui ne bouge pas d'un cil et reste neutre, insensible à tout ce qu'elle dit. Mais ... mais bon sang réagit. Je soupire avant de lui murmure, vraiment tout bas : « tu es le plus grand des abrutis Severus Rogue ». Je descends les marches d'escalier, et la Sacha nous remarque enfin. Je passe à côté d'elle sans dire un mot, sans même regarder qui que ce soit. Je suis sur les nerfs. En ce moment, un rien m'agace.

Je quitte la salle de classe pour aller rendre visite à Hagrid. Il faut que je me change les idées. Marchant sur l'herbe encore un peu verte, je descend la pente faisant attention de ne pas trébucher et faire un roulé boulé. J'aperçois Hagrid devant sa cabane avec son chien, et tenant dans ses mains un instrument de musique. Mais ce n'est pas sa flûte habituel. Curieux, je me dépêche de me joindre à lui. Me voyant arrivé, il me sourit doucement, et je lui rend le sourire avec plaisir, adorant cette personne au cœur tendre.

-Bonjour Professeur. Je vois que vous avez meilleure mine -me dit-il-

-Bonjour Hagrid ! Je vais légèrement mieux, un peu d'air fait toujours du bien. Oh mais ... j'ignorais que vous jouiez de l'accordéon.

-Oh ah heu ... oui oui. Depuis peu, seulement depuis cinq jours mais je joue aussi de la flûte de pan. Je trouve que c'est plus doux. Un ami m'a donné cet accordéon, il voulait s'en débarrasser. Comme il est tout neuf, je lui ai demandé si je pouvais le prendre. Cela m'occupe quand je ne donne pas cours.

-C'est un bon passe temps. Et vous savez en jouer un peu ?

-Disons que j'essaye, ce n'est pas pratique vous savez. Je suis plus flûte de pan. Je peux vous jouer un morceau si vous le voulez, professeur.

Je lui souris grandement, cela suffit pour lui faire comprendre que je l'écouterai avec grand plaisir. Il pose son accordéon et sort donc la flûte de pan, pour pouvoir en jouer devant moi. Cet instrument émet un son doux, calme, vraiment apaisant, au point que cela m'émerveille un peu, me donne un petit peu la chair de poule tellement c'est beau. Il en joue pendant au moins une dizaine de minute, jouant différents morceaux, tout aussi beaux les uns que les autres. Pendant qu'il a joué je m'étais assit sur le banc en bois à ses côtés, regardant comment il jouait. Il fallait avoir de sacrés poumons pour souffler autant dans les petits trous. Finalement je passe ma fin d'après midi en sa compagnie, cela me fait un bien fou, je me sens libre, en meilleure forme. Mais les choses ont toujours une fin, bonne ou mauvaise. Le soir s'approche doucement et je n'ai pas envie de retrouver Severus pour une fois. J'ai dû quitter Hagrid une petite heure avant le repas, pour me diriger vers le château et récupérer des vêtements de rechange au cas où. J'ai l'intention de passer ma nuit dans la cabane hurlante, bien que la pleine lune est demain soir. J'ai fait en sorte de croiser personne sur mon chemin, ne désirant parler à qui que ce soit. J'ai réussi à gagner mon appartement sans être aperçu. Je prends rapidement de quoi m'occuper pour demain, et des vêtements de rechange. J'espère que demain j'aurais une journée calme et non agitée comme aujourd'hui. En fait, j'aimerais être seul demain. Je quitte rapidement mon appartement et le château pour me diriger vers le saule cogneur qui garde le passage situé en dessous de ces racines. Sortant ma baguette, je l'immobilise pour pouvoir passer sans me faire projeter par ces longues branches. Pénétrant dans la cabane hurlante, j'ai la boule au ventre mais je préfère m'isoler un peu.

La nuit arrive plus rapidement que je ne l'aurais cru. Allongé sur le lit poussiéreux, dont les draps sont sales, déchirés et le bois rongé, mangé par des termites et petits rongeurs, je me demande encore comment le lit fait pour soutenir mon poids. Malgré mon estomac vide et qui grogne, je refuse de sortir pour aller manger un morceau. Je commence à fermer les yeux, prêt à plonger dans un sommeil profond jusqu'à qu'une personne que j'aurais aimé éviter de revoir, surgisse soudainement. Je tourne la tête, et soupire, ne cachant pas ma joie de voir Severus.

-Qu'est-ce que tu veux ? Si c'est pour me rabaisser plus bas que terre, je t'invite à partir d'ici.

-J'aimerais savoir ce qui se passe exactement dans votre tête, Lupin.

-Ne fais pas genre de t'inquiéter pour moi. Tu te dis plutôt : je vais voir s'il peut mourir dans son sommeil étouffé par l'oreiller. J'ai raison ? -demandais-je en le regardant-

-Hm non. Je voulais surtout m'assurer que vous dormiez profondément pour vous empoisonner dans la plus grande discrétion.

-... -je désespère là- Sinon ?

-Sinon, pour le bal, comptez-vous venir ou non ? Pas que ça m'intéresse énormément, mais le professeur McGonagall souhaiterait de la savoir.

-Je ne pourrais pas venir, ou sinon je viendrais rapidement à coup de vent. Et toi au fait, tu y vas ? Sâches que tu dois te trouver une cavalière.

-C'est fait. -dit-il d'un air suffisant, de quoi m'énerver- Et c'est cette charmante Sacha Russell. Notre amie commune.

-Ah ? -je vais le tuer sur place- Bah tant mieux, j'espère que vous danserez comme des jeunes adolescent pendant leur période amoureuse. Je te vois bien tiens : oh ma douce Sacha, bisou bisou que je t'embrasse.

-Cessez de vous moquer de moi Lupin, c'est agaçant.

-Ah mais parce que c'est vrai en plus ? -dis-je en me levant du lit et le regardant choqué- Tu es sérieux ? Tu es ... attiré par cette femme ? Oooh qu'est-ce que ça va donner pendant le bal ? Tâche de ne pas lui écrasé ces petits pieds.

-Je vous conseille de vous taire Lupin. Ou sinon je peux vous garantir qu'au retour de votre pleine lune, ça va être pire.

Je préfère rien dire pour le coup. Je lève les yeux avant de me remettre sur le lit. Severus quitte la cabane hurlante, enfin seul. Je passe donc ma nuit ici, seul, l'estomac vide mais la tête pleine, et malgré cela, je passe une agréable nuit, sans me réveiller. Sans cauchemars, ni quoi que se soit. J'ai bu la potion, alors je n'aurais aucun problème pour demain.

Le lendemain matin, sur les coups de dix heures, je me réveille doucement. Le peu de lumière m'a réveillé mais ce n'est pas plus mal au final. Sinon je dormirai encore. Malgré l'endroit miteux, la pièce sombre, pas chauffée, je suis parfaitement bien au chaud dans les couvertures du lit. Mais comme tous les matins, je deviens pensif soudainement. Je me pose toujours les mêmes questions : comment va se passer la journée ? Que va-t-il m'arriver ? Est-ce que Severus va encore me rabaisser et me blesser ? Est-ce qu'il ... va bien ? Je ne cesse de me poser des questions sur lui depuis que Dumbledore sait qu'au fond de moi, j'aime Severus. J'aurais aimé être ami avec lui en fait, mais le fait que je traînais avec James et Sirius, cela n'arrangeait rien du tout. Aujourd'hui je paye les pots cassés. Cela fait affreusement mal mais je comprend. Pourtant dans ma tête, j'ai deux consciences qui me parlent et je ne sais pas qui écouter. L'un me dit de laisser Severus, de ne pas le suivre parce que je risque de souffrir mais l'autre me dit de ne rien lâcher, que tôt ou tard, il se rendra compte de qui je suis et ce que je vaux. Mais dans les deux cas je risque de souffrir. Je suis peut-être un Gryffondor, mais le venin d'un Serpent peut tuer n'importe quel animal en soi. Je suis perdu.

Mon regard plongé sur le parquet, alors que je suis assis sur le lit encore un peu poussiéreux, je ne pense qu'à lui. Je me demande comment je dois me comporter avec lui. Déjà demain soir, il va au bal avec cette femme, que j'ai du mal à supporter. Je suis jaloux et j'ai le cœur qui va exploser bientôt. J'espère sincèrement que Dumbledore va la convoquer et lui dire : Remus peut reprendre son poste. Seul le directeur est au courant concernant ma faiblesse pour Severus, mais je dois en parler à quelqu'un d'autre, mais qui ? Harry ? Non, je ne veux pas me fâcher avec lui, et il a déjà ces soucis. Ron, il vaut mieux vraiment pas, je sais qu'il ne porte pas Severus dans son cœur. Peut-être Hermione ? Je ne sais pas. Elle est intelligente, elle écoute, et garde les secrets. Non je dois en parler à un adulte et je sais qui.

Je décide donc de me lever, m'habiller en vitesse et de me rendre au plus vite au château, plus précisément, devant la tour des Gryffondors. Je ne connais pas le mot de passe mais je peux toujours demander à la Grosse Dame quelque chose. Arrivé devant elle, je la salue gentiment comme je l'ai toujours fait, pour une fois elle n'a pas envie de chanter ou me faire perdre mon temps. Elle me demande bien entendu le mot de passe mais je n'ai pas envie de chercher.

-Je ne l'ai pas mais peut-être pourriez vous me répondre à ma question, est-ce que les frères jumeaux Weasley sont sortit de la salle commune ?

-Il me semble avoir vu l'un d'eux. Mais me demandez pas qui.

-D'accord. Je suppose que vous me laisserez pas entrer quand même. Il faut le mot de passe, bien sur. À moins que vous pouviez vérifier par vous même si l'un d'eux est à l'intérieur.

-Professeur Lupin, bien que vous soyez charmant, je ne peux vous laissez entrer.

-Excusez-moi, hum Professeur Lupin -m'appelle un autre tableau- Si vous cherchez un des deux roux, j'en ai croisé un avant de venir ici. Il se dirigeait vers la Grande Salle.

-Ah, je vous remercie beaucoup, infiniment -le remerciais-je en souriant grandement-

Je me dépêche de me rendre au plus vite dans la grande salle, sans trop courir, voulant pas m'épuiser avant la pleine lune. Les lourdes portes sont ouvertes, preuves que des élèves y entrent et sortent. Certains n'ont pas cours à cause d'un soucis d'emploi du temps. À mon époque, on avait pas souvent ce problème. Arrivé dans la Grande Salle, en effet, j'aperçois une tête rousse. Fred ou Georges ? Je ne sais pas. Je le vois discuter avec la ravissante Angelina Johnson. Je m'approche donc de la table des lions, avant de m'adresser à Fred ou Georges.

-Monsieur Weasley, navré d'interrompre votre conversation avec Miss Johnson, mais je dois vous voir dans mon bureau.

-Heu ... oui bien sur professeur. J'arrive tout de suite ! A toute à l'heure Angelina.

Il se lève de table, saluant la jeune femme de la main, suivit d'un sourire. Malgré que les jumeaux soient des petits farceurs, ils restent tout de même des personnes pouvant être sérieux. Marchant dans les couloirs avec Fred ou Georges à mes côtés, je ne décroche pas un mot et lui non plus. Pourquoi je veux me confier à l'un d'eux ? Parce qu'ils savent garder un secret sans soucis, je mets pas en doute ce fait là pour Harry et les autres. Au lieu d'amener le roux dans mon bureau, je l'amène dans la cabane hurlante, là où je vais devoir me cacher, même si tous connaissent ma véritable identité. Il ne me demande pas pourquoi on vient ici, rien, pas une question. Mais il se doute que c'est important. Nous montons les marches, jusqu'à qu'on arrive dans la chambre, là où j'ai dormi. De suite, le roux prend place et me regarde du genre « je t'écoute ».

-Je te remercie de me consacré un peu de ton temps. Fred ou Georges ?

-Fred -dit-il en rigolant- Georges est en train d'inventé encore quelques farces. J'ai senti que ça n'allait pas. Harry n'était pas là ?

-Je ne veux pas l'embêter avec ... ce dont je veux te parler. J'aimerais que, tout ce que je vais te confier, te dire, tu le gardes pour toi. Je ne veux pas que tu le répètes, pas même à ton frère Georges, même si j'ai confiance en lui.

-T'en fais pas. Tu me connais. Je ne dirais rien à Georges. Sauf si tu souhaites qu'il soit au courant. Vas-y, je t'écoute. Vas-y de but en blanc. Rassure-moi, tu ne vas pas devenir Vampire ? -dit-il pour plaisanter-

-Non, te moque pas de moi ! Non ... juste que ... j'aime une personne.

-Aaaaah ... Qui est cette personne ? Le professeur McGonagall ? Rusard ?

-Non non, ça va pas. Non, sois sérieux Fred -lui dis-je gentiment en souriant- Je te rassure ce n'est pas un élève, un professeur bien sur. Mais j'ai peur que si ta famille, Sirius, Harry et les autres le sachent, qu'ils décident de plus me parler.

-Pourquoi ? Tu as le droit d'aimer qui tu veux. Bon, je t'avoue que si tu me dis que tu es amoureux d'une ancienne serpentarde, ou d'un Rogue version féminine, je crois que là, en effet, ça va bloqué. Mais te connaissant, je paris que c'est une belle femme douce, aimante. Ce n'est pas la secrétaire de Rogue ? Je la trouve pas si laide que cela.

-Elle ? Oh non, je ne peux pas me la voir en peinture Fred. Dis-toi que je préfère cent fois Severus que elle. C'est ... -mon dieu j'ai le cœur qui bat à la chamane- C'est ...

Je parviens pas à le lui dire et cela me fait peur. J'ai peur qu'il n'accepte pas ça ou qu'il s'éloigne de moi. Pourquoi Fred et pas Sirius ? Sirius est mon meilleur ami, je le sais, j'ai confiance en lui, mais je ne veux pas non plus l'embêter avec cela et je préfère cent fois en parler à une personne qui est frivole mais qui peut être sérieux aussi. Fred me regarde, attendant que je le lui dise. Bon sang, j'ai été à Gryffondor, je ne devrais pas avoir peur de dire une chose, je suis courageux pour certaines choses mais pas tout. Je fini par le lui dire, mais d'une voix vraiment basse, n'étant pas à l'aise du tout. Je lui ai simplement dit : « C'est lui ». Et Fred n'est pas idiot et sait très bien de qui je parlais. De Severus justement. Il se lève du lit, et part faire les cent pas au milieu de la pièce alors que je le regarde de mes petits yeux marquant la fatigue, l'inquiétude, la tristesse. Nous restons presque dix bonnes minutes dans un silence de mort. Quelque chose me dit que je n'aurais pas dû le lui dire.

-Je suis désolé ... Fred. Je sais ce que tu penses, j'avais besoin que quelqu'un de mon entourage le sache. Dumbledore est au courant mais ... j'en avais besoin. Écoute, si j'avais su je ne serais pas venu te chercher et te dire ça.

-Remus, écoute-moi, je vais te donner mon avis. Je vois Severus comme un troll, trop froid, cruel, méchant, trop hautain, bref un gars qui ne sait pas rire et je me dis : pourquoi lui ? Il est différent de toi Remus. Pourquoi ?

-Il est différent tu viens de le dire. Il a quelque chose chez lui qui me plaît. Il sait se montrer autoritaire et ...

-Mais moi aussi -s'exclame-t-il- Je sais m'imposer, être autoritaire aussi.

-Heu je ... oui mais attends, rassure-moi Fred ... tu ... tu me dis pas ça parce que tu es amoureux ...

-Non, non ... moi je ... bref on s'en fiche on est pas là pour parler de moi hein. Vas-y, je t'écoute, tu m'as dis qu'il sait se montrer autoritaire et ?

-Il a un regard différent de tout ceux que j'ai vu. Il est imposant, charismatique, une voix terrifiante parfois mais je sais pas ... le jour de la rentrée, je n'ai pas arrêté de le regarder en me disant : il a quelque chose qui m'attire chez lui. Mais j'ignore quoi.

-Tu es vraiment amoureux.

-Non je ... pas amoureux mais -je perds mes mots- Attiré et ...

-Remus, tu te voile la face là. Tu m'as dis que Severus tu le trouvais attirant, que quelque chose en lui te plaisais, mais tu sais pas quoi ... quand on ne sait pas pourquoi cette personne est si attirante à nos yeux, cela signifie clairement que tu es amoureux, même si tu le sais pas toi même. Là comme je te vois, tu as les yeux qui pétillent, tu n'arrives plus à parler même.

Je me tais. Oui je me suis voilé la face comme un idiot. Je souffle un petit coup, avant de passer mes mains dans les cheveux, me disant que j'ai fait une bêtise de lui en parler mais il est gentil, il me donne son avis et au final, il ne veut pas me blesser. Je me lève du lit, avant de me poster devant lui. Quand je disais que la famille Weasley est géniale, qu'ils ont tous un cœur en or, tendre, j'avais pas tord. Fred soupire, supportant peut-être pas de savoir que, oui en effet sans m'en rendre compte, je suis tomber amoureux de Severus. La prochaine fois je prendrais un journal intime et des chocolats. Je me serais consolé tout seul. Une main tendre vient se poser sur mon épaule, un geste doux, amical. Je relève les yeux pour voir Fred me sourire. Me tapotant l'épaule, il me rassure en disant quelques mots.

-Tu sais, Severus Rogue n'est pas l'homme le plus gentil qu'il soit. Il est froid, méchant, qui ne tolère pas le dérapage, la bêtise, mais comme je t'es dis, tu as le droit d'aimer qui tu veux. Maintenant que je sais cela, non je ne vais pas t'ignorer, ou te détester, au contraire. Je sais que ce n'est pas simple pour toi, d'aimer une personne qui nous aime pas en retour mais je vais te soutenir. Et si tu veux de l'aide pour que Severus te tombe dans les bras, tu n'auras qu'à me le dire et voilà.

-Non mais ... Fred, on parle de Severus, ce n'est pas le genre d'homme à tomber dans les bras de quelqu'un hein.

Il se met à rire, me disant qu'il le savait mais qu'il voulait juste me faire rire, et c'est gagné. On parle encore un peu du fait que je sois amoureux de Severus mais moi aussi je me pose une question, quand je lui ai demandé s'il était pas amoureux de moi concernant l'autorité, il est devenu soudainement un peu « timide ». Je lui demande donc si par hasard, il n'était pas amoureux lui aussi. Et là, il me répond sur un ton naturel, que oui, il est amoureux, qu'il ne pouvait pas le nier. Mais de qui ? Bien sur, il refuse de me le dire. J'essaye alors de marchander un peu pour savoir, il le sait pour moi, alors pourquoi je n'ai pas le droit de le savoir ? Il n'ose pas me le dire, de peur que je vende la mèche sans faire exprès à son frère Ron. Je secoue la tête, lui assurant donc que je ne dirais rien, je lui en fait la promesse tout comme lui à fait pour moi concernant mon amour pour cet homme vêtu de noir. Le rouquin sourit, me disant qu'il a confiance en moi. Après avoir insisté pendant un certain temps, il décide enfin de me le dire. Je m'attendais à tous prénoms de filles ou de garçons même. Mais pas à celui de la belle et jeune lionne, aux cheveux bouclés, un regard noisette, dont l'intelligence dépasse toute attente, toute concurrence. Il s'agit bien de la ravissante Hermione Granger. Cela me surprend pas spécialement, c'est une femme attirante. Je souris doucement à Fred avant de lui tapoter l'épaule, lui disant clairement que je pouvais comprendre le fait qu'il soit amoureux d'elle. Je vais le soutenir du mieux que je peux.

Le temps passe malheureusement et il doit retrouver son frère jumeau, sûrement pour mettre en place de nouvelles farces à vendre. Quand à moi, je décide de passer la journée seul. À réfléchir sur tout, Severus, le comment enseigner correctement mes cours car apparemment cela ne convient pas à mon collègue, en même temps, il est peu difficile à satisfaire. Je ne sors de la cabane hurlante de la matinée, même pas pour aller manger un morceau alors que mon estomac crie famine. J'ai juste des tablettes de chocolats mais cela ne suffira pas. Il m'arrive de vouloir m'isoler de tout le monde. Au final, je fini par m'occuper en nettoyant un peu la pièce avec l'aide de ma baguette, enlevant la poussière, remettant en état ce vieux piano. Je ne veux pas que cette cabane hurlante soit habitable, loin de là mais comme j'y passe ma nuit, j'aimerais bien m'y sentir à l'aise dedans. Cela me prend simplement quelques grosses minutes pour remettre un peu d'ordre mais je ne sais pas quoi faire d'autre de ma journée, jusqu'à la pleine lune. Je suis toujours malade, mais je ne perds pas ma voix aussi facilement qu'au début. Je décide donc de passer le reste de la journée seul, à me reposer, car demain quand je serais à nouveau humain, je serais mort de fatigue, je le sais. Autant que je fasse le plein maintenant avant la pleine lune. Je sais que je vais être seul toute la journée, que je ne verrais plus personne jusqu'à demain, alors je me déshabille, voulant pas que mes vêtements se déchire quand l'heure sera venu. Restant donc en sous vêtement, je me glisse dans le lit que j'ai dépoussiéré grâce à la magie, l'intérieur est froid mais je me presse de jeter un sortilège permettant de chauffer les couvertures. Dos droit, le regard fixé au plafond, je ne désire voir personne maintenant, je suis bien. Seul. Pensif. Un fin sourire prend possession de mes lèvres, car j'imagine l'inimaginable ou plutôt l'impossible.

J'ai l'impression de retourner en enfance, quand j'étais un jeune garçon qui rêvait d'aller à Poudlard, je rêvassais sans arrêt, toujours dans mes pensées. Je rêvasse encore, comme un enfant, un adolescent qui rêve de la fille dont il est tombé amoureux. Là j'imagine Severus, un homme doux, gentil, compréhensible, pas froid envers moi mais envers les autres. J'aimerais qu'il le soit vraiment. J'aimerais qu'il me parle normalement, me voit comme un collègue, un homme capable d'être intéressant pour lui, qui s'intéresse un minimum à moi. Bien sûr, ce n'est qu'un rêve. Qu'il soit froid, distant envers moi devant les autres, cela me causerait aucun soucis, mais pas quand on est seul. J'espère trop de choses et je vais me faire mal, je le sais en plus. Je finis par m'endormir sans m'en rendre compte. Je tombe dans un profond sommeil, le corps détendu, tourné sur le côté gauche, je n'ai pas froid et je dors paisiblement bien pendant des heures.

Je me réveille à cause d'un bruit étrange. Je gémis et me met sous les couvertures avant de sentir quelque chose tomber sur le lit, au niveau de mes hanches. Quelque chose de léger en soi mais je l'ai senti quand même. Je me redresse doucement, avant de voir un hibou de couleur gris et noir devant moi. Je pousse un cri de surprise et de peur à la fois. Je porte une main à mon cœur, ayant eu peur en voyant ce hibou, que je connais bien. C'est celui de Fred et Georges, ils se servent du même hibou. Je souffle un bon coup, avant de voir la lettre qu'il a déposé sur le lit. Je l'attrape et je la lis tranquillement.

« Remus, désolé de te déranger mais j'ai un petit problème. J'ai pris mon courage à deux mains pour donner un rendez-vous à Hermione. Seulement j'avais oublié que ce soir c'est la pleine lune, et on doit se voir pas loin du Saule Cogneur. Je comptais l'amener au Parc. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre et j'aurais aimé discuter avec toi pour avoir des conseils. J'espère que tu vas bien depuis tout à l'heure. Bon courage ! »

Il est vraiment gentil, adorable ce rouquin. Je décide de lui répondre, mais d'abord j'attrape ma baguette pour pouvoir écrire sur le parchemin, mais au verso. Je ne veux pas qu'il soit bloqué le soir de son rendez-vous avec Hermione. Le hibou doit attendre que j'ai fini d'écrire. Je me dépêche de lui écrire.

« Fred, je comprends que tu stresses pour ton rendez-vous. Si tu veux, tu peux venir, j'ignore l'heure qu'il est mais j'ai encore du temps avant ma transformation. Rejoins moi à la cabane hurlante maintenant. Concernant ma pleine lune, pas de panique, j'ai pris ma potion Tue-Loup, et si tu as bien suivi tes cours de potion, tu dois savoir que la potion Tue-Loup, me permet de pas être un monstre le soir de la pleine lune, je reste lucide donc tout va bien. Je t'attends. »

Une fois la lettre terminé, je la donne au hibou, qu'il la prend doucement, sans me planter une de ces griffes dans le doigt et s'envole pour l'apporter au plus vite à Fred, en passant par le passage. J'espère que le Saule Cogneur ne va pas l'écraser avec ces branches et le tuer. Je sors de mon lit, et m'habille rapidement, voulant pas que le roux me vois en sous vêtement. Cela ne se fait pas. Je suis encore dans les nuages, et le brouillard, j'aurais aimé dormir encore un peu. Je refais le lit tranquillement sans magie, voulant m'occuper le temps que Fred arrive. Et justement, des pas résonnent dans la cabane, c'est lui. Il me rejoint presque en courant dans la chambre, à moitié essoufflé, avec un fin sourire et le regard brillant. Ah l'amour.

-Je vois dans ton regard, que tu es heureux qu'elle ait accepté ton rendez-vous, Fred -dis-je en rigolant- Bon alors, dis moi ce qui te travaille tant ?

-Te moque pas de moi, j'ai jamais demandé un rendez-vous à quelqu'un. Et si mon frère Ron apprend cela, je sens qu'il va péter les plombs. Lui le premier est amoureux d'Hermione, du moins je pense. Remus, je ne sais pas ce que je vais devoir faire ce soir. Je lui ai demandé de venir mais j'ai rien prévu.

-Ne t'en fais pas. Tu as peur qu'elle choisisse ton frère ?

-Non pas vraiment, je ne veux pas qu'elle m'ignore ensuite. Nous sommes amis tout simplement alors qu'avec mon frère, ce sont les meilleurs amis du monde. Remus, aide-moi, donne moi des conseils. Je n'ai que dix sept ans mais là j'ai l'impression d'en avoir quatorze.

Je ris à ce qu'il dit. Il m'a toujours fait rire Fred, George aussi mais alors lui, c'est un cas à part. Il est sérieux des fois, mais quand il l'est vraiment, il est marrant. Et le pauvre, je sais que c'est pas facile de tout préparer à la dernière minute des petits événements pour un rendez-vous dont on pensé que la réponse serait négative. Je réfléchis un petit peu avec lui, pour voir qu'est-ce qu'ils pourraient faire de leur soirée. Mais avant tout je lui demande à quel heure elle doit venir. Il me regarde en se mordant la lèvre pour ensuite me dire qu'elle doit venir vers 23h00. C'est une blague ? Il oublie le couvre-feu. Je lève les yeux mais bon, le connaissant il n'a jamais respecté ces petites règles là. Je fermerai les yeux pour ce soir. J'ai une idée brillante pour que son rendez-vous se passe à merveille.

-Je crois que j'ai trouvé, Fred.

-C'est vrai ? Oh merci, j'essaierai de t'arranger le coup avec Severus, t'en fais pas.

-Oh non non, je ne veux pas que tu essayes quoi que se soit. Vraiment. Je fais ça pour te remercier de m'avoir donné ton avis, d'avoir été patient pour m'écouter concernant mes sentiments envers Severus. Mais ... je veux me débrouiller seul, pour lui prouver que je ne suis pas un monstre pauvre et stupide.

-Et prouver à cette Russell, que tu n'es pas un idiot. Je l'ai croisé dans les couloirs quand je suis parti tout à l'heure, j'ai cru que j'allais lui mettre la tête dans les toilettes.

-Tu aurais dû. Ne perdons pas de temps, il est quel heure exactement ?

-Précisément, il est 21h50. Pourquoi ? T'en fais pas, la lune n'est pas sorti encore.

-La pleine lune se présente entre 23h et minuit en générale, cela dépend des mois, Fred. Tu sais ... je dois t'avouer une chose avant qu'on parle de ton rendez-vous.

-Je t'écoute, tu sais bien que je suis là pour t'aider. En fait, te savoir amoureux c'est mignon. Bon de Severus, la grosse tête de mule.

-Fred -soupirais-je, sachant qu'il ne l'aime pas- Tu es le seul à qui j'ai dit ce que je ressentais pour lui, certes je ne l'ai pas dis dans la finesse mais ... j'ai peur. J'ai peur de changer au fil du temps. Je vais passer un an en sa compagnie.

-Sois heureux justement. Tu as peur de ne plus être le Remus Lupin, l'homme sage, calme, toujours souriant, doux, qui est la voix de la sagesse ? -dit-il en imitant Dumbledore-

Je ris forcément à son imitation. J'ai juste peur de pas pouvoir supporter cette femme Russell et Severus, les deux à la fois. Voilà pourquoi je me suis confié à Fred aussi, parce que je sais de quoi il est capable : faire des farces à des personnes que ces amis n'aiment pas. Il est très bien capable de faire une mauvaise farce à cette sorcière blonde. En fait, depuis que je suis attiré, intéressé par Severus, j'ai l'impression de devenir faible au fil des jours. Je le dis à Fred, tout cela, mes peurs et le fait de me sentir faible.

-Remus, réveille-toi, tu es un Gryffondor ou pas ?

-Oui, j'en étais un mais ...

-Et on le reste à vie, mon vieux. Tu vas tenir tête à Rogue et à cette truie de Russell hein ? Faut pas te laisser faire, tu es enseignant ici, tu étais là avant cette femme, qui est en train de tout mettre en l'air entre toi et Rogue. Tu vas la laisser faire ?

-Non.

-Répète !

-NON ! Pas question qu'elle reste ici, après ma pleine lune ça va être différent. Severus peut me rabaisser plus bas que terre mais pas elle. Je vais faire en sorte qu'elle craque. Au début je me suis laissé faire mais là c'est fini. Tu as raison, je suis un Gryffondor et je suis pas une poule mouillé.

-Voilà, c'est ça que tu dois te dire. T'es un homme, qui peut tenir tête à une femme qui est arrivé soudainement dans ta vie et celle de ton Rogue. Je préviendrai Georgy et tu verras ... on lui fera manger nos farces par les trous de nez.

Je me sens en pleine forme soudainement. Je regrette pas de m'être confié à lui au final. Ce n'est pas parce qu'il est roux, plein d'humour, à faire des farces, qu'il ne peut pas être sérieux et adulte dans sa tête. Il a dix sept ans, c'est sa dernière année, certes il travaille pas, mais il sait être mature, adulte dans sa tête avec des personnes adultes comme moi, Sirius, parfois avec son père, mais avec sa mère, il fait souvent le pitre, ça lui arrive quand même de bien se tenir, tout comme son frère Georges. Ce soir je m'occupe de son rendez-vous avec Hermione mais dimanche, comme il y aura le bal, je compte bien y aller mais pas seul. J'ai mon idée.