Ceci est une REPUBLICATION (2010) de ma fan-fiction basée sur la saga Twilight de Stephenie Meyer. Je ne touche AUCUN argent dessus. Sachez que ses personnages, les rares fois où ils interviendront, lui appartiennent totalement. Je me suis contenté d'emprunter son univers vampirique et y placer mes propres personnages. Je n'étais pas satisfaite de la gentillesse avec laquelle elle dépeignait les vampires, véritables mythes littéraires, alors j'avais décidé d'en faire une histoire sensiblement plus… dure.
Je ne l'ai pas touchée depuis que je l'ai retirée, il y a de ça quelques années. Il y a des fautes d'orthographe, de grammaire, et pas mal de clichés au niveau de l'histoire. Je commençai à peine à écrire, à l'époque. Je n'ai malheureusement pas le temps de l'éditer (le travail, mon propre roman en cours, tout ça, tout ça) mais comme j'ai eu plusieurs demandes (en passant par des « supplications » et des « menaces » hé hé) de republication, je me décide à la remettre avec plaisir.
Des anciennes seront peut-être contentes de replonger dans l'histoire. Et la bise aux nouveaux/nouvelles venu(e)s.
Je publierai un ou deux chapitres par semaine (maximum 15 jours de trou entre chaque).
Bonne lecture.
Votre dévouée,
Kimy Green.
2.
HE'S SO COLD
« D'aussi loin que je m'en souvienne, notre relation a toujours été basée sur le chaud et le froid.
Ce n'était pas dans l'équilibre mais dans l'abandon d'un opposé qu'on fonctionnait le mieux.
Ce qui était néfaste, c'était qu'on se blessait.
Ce qui était bien, c'était qu'on ne se lassait jamais. »
Lily Constance.
— Lily.
— Non.
Silence qui dure une minute.
_ Lily …
Un ton sensiblement plus insistant.
— Non.
Refus catégorique suivit d'un autre silence, tendu cette fois.
— S'il te plaît.
— J'ai dis non !
— Mademoiselle Constance et Monsieur Monier, puis-je savoir pourquoi vous ne cesser de perturber mon cours, aujourd'hui ?
Je jetai un regard meurtrier à Vincent avant de souffler de brèves excuses à notre professeur de français qui, satisfait mais indulgent, continua son cours comme si de rien n'était.
— Les amis se doivent de s'entraider, chuchota Vincent en faisant mine d'écrire le cours.
— Il y a une légère différence là, Vince. Ce n'est pas de l'aide que tu veux. Tu veux juste que je me prenne un vent à ta place.
— Tu n'y vas pas un peu fort quand même ? C'est juste un tout petit service.
— Pourquoi n'irais-tu pas, toi ?
— Je ne veux pas gâcher ma réputation de mec intouchable.
— Et à la mienne de réputation, tu y penses ?
— Toi, en amour, tu n'as pas de réputation, mon cœur, déclara-t-il en me lançant un regard amusé.
— La fille qui assassine son meilleur ami en plein cours de français. Ce serait pas mal comme réputation, non ? sifflai-je tandis qu'il se mettait à ricaner, nullement effrayé.
Je me concentrai de nouveau sur Molière après avoir croisé le regard furieux de Monsieur Mercier. Vincent bougea à mes côtés, semblant mal à l'aise. De loin, on aurait aisément pu croire qu'il écoutait attentivement la leçon, mais je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il n'en était rien. Il essayait juste de trouver un autre moyen pour me faire céder à sa requête.
— Ne suis-je pas ton ami ?
J'allais le tuer. Oh, oui, j'allais le tuer. D'abord, j'allais l'étriper. Puis faire de la corde à sauter sur son cadavre. Et pour finir, je prendrais un bain avec ce qui restait de son sang.
… Et il fallait que j'arrête de fréquenter un vampire, cela jouait sur mes idées morbides.
— N'essaie pas de me prendre par les sentiments ! grinçai-je.
— Je n'oserais certainement pas ! s'offusqua-t-il
Très bon acteur le Vincent. Très chiant, aussi.
— Je vais passer pour une abrutie finie. Il est hors de question que je demande le numéro d'un gars connu pour être le mec le plus homosexuel du lycée, bon sang !
Il me lança un regard horrifié et se jeta vivement sur moi pour me plaquer sa main en pleine bouche.
— Monsieur Mercier ?
— Oui, Arthur ?
— Pourriez-vous faire cesser ces chuchotements forts dérangeants ? J'ai vraiment du mal à me concentrer.
Oh l'enfoiré !
La tête que j'étais en train de tirer devait être belle à voir, si je me fiais au sourire en coin de Vincent.
— C'est drôle que vous me proposiez ceci, voyez-vous. Car c'est exactement ce que j'allais faire. Constance, Monier, veuillez sortir de mon cours.
— Mais monsieur…, me plaignis-je en assassinant du regard le profil d'Arthur à l'autre bout de la salle de classe.
Si jamais mon père apprenait ça, il sauterait sur l'occasion pour me faire la misère, je n'en doutais pas.
— Et estimez-vous heureuse, Mademoiselle, que je ne fasse pas part de ceci à l'intendance. C'est la première et la dernière fois et vous le devez uniquement au fait que vous êtes des élèves attentifs en temps normal. Est-ce clair ?
— Oui, monsieur, me coupa Vincent alors que j'allais protester. Il était trop heureux de sécher les dix dernières minutes du cours.
Alors que nous rangions nos affaires je tentais vainement de contenir ma rage. Mes yeux se posèrent brièvement sur Arthur qui n'avait pas bougé. Il était penché sur sa copie qu'il remplissait avec une écriture propre et soignée. Quelques mèches tombaient avec délicatesse devant ses yeux de minuit mais cela ne semblait pas le déranger outre mesure. Il ne nous accorda pas un seul regard et continua d'écrire comme si rien ne s'était passé. Il m'avait sauvé la vie ce matin, certes. Je lui en étais reconnaissante, d'accord. Mais pour être franche, j'avais fichtrement envie de le tuer là, maintenant, tout de suite. Vincent me tira de mes envies meurtrières en m'attrapant par le bras.
Il anticipait souvent mes tentatives d'assassinat, c'était amusant.
En passant devant la table d'Arthur, je constatai qu'il ne daignait toujours pas nous accorder la moindre attention, contrairement aux autres élèves. Alors, laissant libre cours à ma fureur puérile, je ne pus m'empêcher de passer suffisamment près de sa table pour faire tomber sa trousse. La suite ne fit qu'augmenter ma colère : il la rattrapa avec son pied gauche, le tout avec une vitesse surhumaine et un sourire moqueur.
Un pieu. Il me fallait un pieu et des tonnes de gousses d'ails. J'allais saigner un vampire.
— Lily ! me pressa Vincent sous les yeux de plus en plus mauvais de notre professeur.
— Ça va, ça va, j'arrive.
Laissant tomber, j'accélérai le pas vers la sortie sous les rires méprisants de Laurie et Alexandre. Je claquai la porte et évitai délibérément le regard hilare de mon meilleur ami.
— Quoi ? crachai-je avec hargne.
— Oh ! Tout doux, ma belle. Je trouve juste la situation amusante.
— Ce n'est pas exactement le mot que j'emploierai pour définir ce qui vient de se passer, vois-tu ?
Il leva les yeux au ciel tandis que je croisais les bras sur mon ventre, bien décidée à bouder tout mon content. Je venais de me faire humilier par Arthur, une fois de plus, et je ne le supportais plus.
_ Nous n'avons pas arrêté de bavarder ce matin… Sa plainte est justifiée.
— Et tu prends sa défense en plus ! Il s'évertue à me pourrir l'existence ces derniers temps et, toi, tu lui trouves toujours des excuses !
— Je ne prends en aucun cas sa défense ! Je suis juste réaliste et, si tu ne faisais pas preuve de tant de mauvaise foi, tu verrais que j'ai raison. Et ne m'accuse pas comme ça sur un coup de tête ! Tu sais très bien que je suis le premier à me mettre au milieu quand il commence à t'emmerder.
— Ravie que tu l'admettes ! m'extasiai-je faussement en tapant dans mes mains comme si je parlais à un enfant.
— Mais j'ai bien réfléchi, continua-t-il en restant insensible à mes sarcasmes, pourquoi t'aurait-il empêchée de finir sous les roues d'une voiture s'il te haïssait tant ?
— Parce que ce serait tellement dommage de perdre la personne qu'on adore traumatiser, répondis-je avec amertume.
Il me jeta un regard exaspéré et se planta devant moi avec un sérieux déconcertant. Ses yeux noisette me fixaient sans ciller.
— Lily, tu crois vraiment qu'Arthur t'a sauvé uniquement pour son propre plaisir ? Allons !
— Il y avait du monde autour de nous, Vincent, il serait passé pour un monstre s'il ne m'avait pas secourue.
Ses sourcils se haussèrent devant la rapidité de ma réponse. Il pouvait parfois oublier ma répartie légendaire même si je devais avouer qu'il était plutôt balaise niveau argumentation. Cela ne m'étonnait pas qu'il ait toujours la moyenne en dissertation.
— Moi, je trouve qu'il a eut un sacré élan de gentillesse envers toi sur ce coup là, s'il était aussi mauvais comme tu te tue à me le dire, il n'aurait pas levé le petit doigt.
Je serrai les dents et évitai de lui concéder un point. Il ne savait pas qu'Arthur était un vampire et il ignorait qu'il était un vampire complètement machiavélique, de surcroît. Vincent dut prendre mon silence pour une concession et son visage retrouva son air jovial habituel.
— Bon, sinon… Tu veux bien demander le numéro d'Evan pour moi ?
Un sourire se dessina sur mon visage devant son habile, et là c'était ironique, changement de conversation.
— Je te le redemande : pourquoi ne veux-tu pas y aller ?
— Parce que. J'aime me faire désirer et ce serait mal vu que je fasse le premier pas.
— Vince… Tu fais le premier pas, là.
— Non, c'est toi.
— Mais c'est pour toi. Par conséquent, ça revient au même.
Il haussa les épaules et continua de sourire.
— Et puis on va très bien comprendre que, si je prends son numéro, c'est uniquement pour te le passer, continuai-je entêtée.
Je me retins à grand peine de hurler quand son sourire s'étira d'avantage : il était persuadé que j'allais céder, cet idiot.
— Eh non. Comme vous êtes devenu assez proches, tout le monde pensera que c'est normal que vous vous échangiez vos numéros !
— Proches ? Vincent le seul contact entre Evan et moi c'est une bise ! J'ai juste un peu parlé avec lui à une soirée, ça s'arrête là. Et dans le pire des cas on va croire que j'ai un faible pour lui.
— Et alors ? demanda innocemment Vincent tout en se regardant les ongles.
— Et alors ! Ce mec aime crier haut et fort qu'il est GAY ! Je serai stupide de flirter avec un mec qui n'est pas hétéro, bordel ! m'exaspérai-je.
— Tu n'auras qu'à faire croire que tu as un faible pour les histoires désespérées !
—… Tu veux vraiment que je devienne violente comme Elena, n'est ce pas ? le menaçai-je.
Nous nous affrontâmes quelque instant du regard avant d'exploser de rire. J'aimais ces moments avec Vincent. J'aimais son sourire perpétuel, ses beaux yeux noisette emplis de malice et ses cheveux châtain qui prenaient des reflets or sous les rayons du soleil. Il m'apaisait, en quelque sorte.
La sonnerie ne me fit pas sortir de ce moment de douceur qui se prolongea lorsque les deux bras de Vincent m'enlacèrent avec fermeté.
— Tu sais ma Lily, t'as beau avoir un caractère de chieuse, je me demande comment je pourrais vivre sans toi.
Je grognai une vague phrase d'approbation. A vrai dire, j'étais émue mais mon côté renfermé ne me permettait que rarement de montrer mes émotions ou de les dire si simplement comme le faisait Vincent. J'enviais son insouciance et la facilité avec laquelle il exprimait ses sentiments.
Les gens commençaient à sortir dans les couloirs mais je m'en contrefichais. Ça faisait du bien d'être dans les bras d'une personne qu'on aimait, parfois.
Cela ne dura pas longtemps car un choc nous fit brusquement reculer en arrière. Je quittai les bras de Vincent pour me retrouver face à Arthur et sa bande.
— Navré, je ne vous avais pas vu, s'excusa-t-il faussement avec un sourire narquois.
Je savais qu'il possédait une habileté hors du commun, j'en avais eu un très bon aperçu deux mois auparavant. Il n'allait quand même pas me faire croire qu'il n'avait pas fait exprès, si ?
— Arthur !
Je ne pouvais pas dire avec exactitude pourquoi j'avais crié son nom. Trop de colère envers lui, trop de question sans réponse, peut-être. Est-il que je réalisais que je l'avais interpellé uniquement quand je sentis tous les regards des personnes présentes peser sur moi.
— Il faut qu'on parle.
Bon sang que cette phrase faisait cliché.
Son visage n'exprima aucune émotion devant ma fureur plus qu'évidente, il se contenta de me dévisager de toute sa hauteur. Je devais bien l'avouer : je me sentais totalement insignifiante face à lui.
— Pourquoi tu lui parlerais ? Ce n'est pas ton pote, à ce que je sache.
Note à moi-même : rajouter encore une fois le nom de Laurie sur la liste de mes futurs meurtres bien qu'il y soit déjà noté une bonne cent cinquantaines de fois.
— C'est bon Arthur, vas-y. Tu nous rejoindras après.
L'intervention inattendue de Valentin créa la surprise dans les deux camps. Laurie et Alexandre allaient protester mais un seul regard du blond les fit taire. C'était vrai qu'en matière d'autorité, Valentin n'était pas loin derrière Arthur.
— Je t'attends au parc avec Lena, me souffla gentiment Vincent avant de partir à la suite de Valentin et ses amis non sans me jeter un regard inquiet.
Je reportai mon attention sur Arthur. Il n'avait pas bougé et continuait de me scruter avec cet air supérieur qui me mettait mal à l'aise. Les gens passaient et nous dépassaient mais je n'y faisais plus attention. Nous seul comptions, totalement immobiles dans cette masse mouvante. Cette sensation arrivait souvent lorsque je me retrouvais confrontée à ses yeux impénétrables : je ne pouvais plus bouger. C'était un genre d'hypnose. Et depuis quelque temps, je me demandais s'il n'utilisait pas cette capacité pour mieux boire le sang de ses victimes.
— Alors ?
Sa voix grave et basse me fit sursauter et mit fin à notre échange silencieux.
— Allons ailleurs, murmurai-je, la gorge nouée par l'appréhension.
Je me dirigeai vers la bibliothèque pour éviter que certaines oreilles trop curieuses ne se mêlent à notre conversation. Tout en marchant, je réfléchissais à ce que j'allai bien pouvoir lui dire : je ne savais pas pourquoi je lui avais demandé ce petit entretient. Surtout que c'était un vampire, un prédateur, qui ne m'appréciait pas vraiment. Alors pourquoi diable allais-je dans un endroit isolé avec lui en connaissance de cause ?
Je soupirai alors que nous nous rapprochions de la porte en bois de la bibliothèque. Je n'osais pas jeter un regard derrière moi : je savais qu'il me suivait. On n'entendait pas Arthur marcher, on le sentait. Sa présence menaçante ne passait jamais inaperçue. Il possédait une aura d'une noirceur étouffante, caractéristique.
La porte grinça sinistrement et, après m'être glissée à l'intérieur, je constatai qu'il n'y avait pas la gérante, sûrement partie chercher à manger.
Merde.
Je me retournai lentement tout en reculant vers l'étagère la plus proche. Certes les livres ne seraient pas des armes efficaces mais savoir qu'il y avait quelque chose derrière moi me rassurait un peu. Un tout petit peu.
Il était adossé sur l'étagère d'en face, les bras croisés. Et un sourire narquois ornait son visage depuis le moment où je m'étais mise à faire marche arrière. Piquée dans ma fierté je stoppai mes pas et avançai vers lui ce qui ne fit qu'agrandir son sourire.
— En quoi consiste le jeu ?
J'avais espéré le déconcerter par cette question mais il semblait que rien ni personne ne pouvait déconcerter Arthur O'Brian.
— Je fais ce que je veux de toi.
— Mais encore ?
— En quoi ça t'intéresse ?
— Eh bien, vu que je suis concernée, j'aimerai avoir des détails. J'aimerai bien jouer moi aussi.
Je suis complètement cinglée.
— Tu n'as pas à jouer. Juste à esquiver.
— Esquiver quoi ? Tes sauts d'humeur ? ironisai-je d'une voix cassante.
— Précisément. Ses yeux se plantèrent avec violence dans les miens. Et, sans savoir pourquoi, tout prit un sens à ce moment là. Il ne cherchait pas à m'attaquer physiquement mais mentalement. C'était pire.
— Tu joue le chaud et le froid pour me déstabiliser et me faire perdre patience, commençai-je.
Il cligna lentement des yeux mais ne fit aucune remarque.
— Tu veux tout faire pour me mettre hors de moi, constatai-je.
— J'aime quand tu perds le contrôle.
Mon cœur eut un raté. C'était toujours comme ça avec Arthur. J'avais l'impression que le temps se suspendait, que j'entrais dans une autre dimension. Dans sa dimension. Il tirait toutes les ficelles et ne respectait aucunes lois mis à part les siennes qu'il modifiait continuellement.
— Pourquoi ?
Il quitta son immobilité pour se rapprocher de moi en deux enjambées.
— Tu es tellement sûre de toi, Lily, que ça m'agace grandement lorsque tu ne réagis pas comme le font les autres.
— Je suis comme les autres, assénai-je avec aplomb.
— Non. Tu ne vois pas ce que je vois.
Je savais que j'étais renfermée sur moi-même. C'était devenu un système de défense : il fallait que je cache mes faiblesses, ne surtout pas les exposer aux yeux de mon père qui s'amusait à les exploiter sitôt que ses envies cruelles se manifestaient.
— Tu aimes avoir le contrôle alors tu me consacres du temps pour me faire plier. Un peu control-freak sur les bords ?
Je posai mes mains sur les hanches, relevant la tête et le défiant totalement. Mon air assuré n'était que comédie : en réalité mon cerveau tournait à plein régime sur la manière qui pourrait détourner son attention de mes agissements.
— Tu peux exploser. Tu es belle quand tu exploses.
Impossible de savoir s'il pensait réellement ce qu'il disait où s'il cherchait simplement à me manipuler.
Pour avoir vu l'envers du décor, je savais qu'il était un maitre dans l'art de la manipulation. Avec le lycée, pour commencer. En l'observant, dangereux et imposant devant moi, je me demandais comment les adultes avaient pu croire un seul instant qu'il ne dépassait pas la vingtaine ? Son physique se modelait suivant qui le regardait. Son visage était adulte, son corps aussi. Ce n'était pas facile de définir son âge physique. Vingt ans ? Trente ? Le temps semblait glisser sur lui.
— C'est assez pervers comme jeu. Non ? continuai-je en ignorant délibérément sa réponse.
J'essayai en vain de le déstabiliser. Il eut un sourire cruel qui me fit regretter cette entrevue.
— Après un certain temps d'existence, je peux t'assurer que l'on passe son temps à se divertir comme on peut. Je n'aime pas les humains qui s'enferment dans des cages. Vous n'avez pas assez de temps pour le perdre dans des faux-semblants. Tu n'as qu'à te dire que je te rends service.
Je hochai doucement la tête et me dirigeai vers une chaise pour m'y asseoir, tremblante, abandonnant toute fierté. J'étais lasse de tout ça. Je n'avais pas peur de ses crocs, uniquement de sa trop grande perspicacité à mon égard. Je me raidissais subitement en sentant son souffle dans mon cou.
— Je suis le seul à te rendre tes couleurs, Lily. Tu devrais m'être reconnaissante.
Je me retournai vivement et le contemplai, furieuse.
— Reconnaissante ? Reconnaissante ! explosai-je. Les seuls sentiments que tu m'inspire sont la colère et la frayeur ! Comment pourrais-je te remercier de me faire éprouver ces choses là ! Ma vie est déjà suffisamment compliquée, merde !
Plusieurs évènements s'enchainèrent avec une rapidité déconcertante. Il tourna ma chaise face à lui, s'approcha de moi à genoux pour être à ma hauteur, et s'empara de mon menton sans aucune douceur.
— Lily, ce n'est pas moi qui t'inspire ces sentiments. Ils suintent de toi par tous les pores de ta jolie peau, mon ange. Lorsque tu t'énerves contre tes amis alors qu'ils ne font que plaisanter, je ne suis pas là. Ou lorsque tu es seule sur le toit de ta maison, à rager contre tous ceux qui font partie de ton existence.
Je retins mon souffle, consciente qu'il parlait d'un sujet qu'il connaissait. Son expression ne changeait pas mais quelque chose dansait lugubrement dans ses yeux profonds.
— Tu pleures le soir dans ton lit, petite Lily. Et le démon n'est pourtant pas là pour te tourmenter.
Sa voix cajoleuse m'enveloppait et son souffle frais balayait mon visage au fur et à mesure qu'il parlait. Je ne le distinguais plus, mes yeux étaient trop brouillés par les larmes pour ça. Il me faisait mal. Il faisait voler en éclat toutes les barrières que je m'étais forgées.
— Ne rejette pas toute la faute sur le démon alors que c'est toi-même qui es la créatrice de cette noirceur. C'est plus facile de dire que c'est le vampire qui ternit ta vie plutôt que d'avouer que tu l'as assombrie toi-même il y a bien longtemps.
Sa voix douce s'était transformée en un ton dur, mauvais. Et je me mordais les lèvres jusqu'au sang pour ne pas pleurer devant lui. Il ne voulait que ça, je l'avais bien compris. Il se délectait de mon désarroi et de mon mal être. Il ne me suçait pas le sang, non. Mais il aspirait toutes bonnes énergies qui pouvaient encore résider en moi, transmettant son venin qui me bouffait de l'intérieur.
— Je te hais, soufflai-je en parvenant par miracle à camoufler les sanglots dans ma voix.
Il se mit à rire doucement, accentuant ma fureur.
— Tu ne sais pas ce que c'est que haïr, mon cœur. La colère ne te mènera qu'à ta propre destruction, c'est une fausse amie. Elle sait te susurrer des promesses vaines et, sans même t'en rendre compte, il ne restera que des cendres de toi.
— Tu parles par expérience ?
Je voulais me jeter sur lui et le déchirer, le détruire. Je ne savais pas qu'une pareille haine se cachait en moi. J'avais peur. Mais pas de lui, cette fois ci. J'avais peur de moi parce que je commençai à croire qu'il avait peut-être raison.
— J'essaie d'allumer la lumière dans ton esprit d'adolescente « tête brûlée » avant qu'il ne soit trop tard.
Cherchait-il effectivement à m'aider, conscient de ce que je pouvais traverser, ou s'amusait-il à me torturer ?
Où se trouvaient le vrai et le faux, lorsqu'on jouait avec un être inhumain ?
Il redevint charmant, distant, et me demanda avec désinvolture :
— Tu me trouves toujours gentil ?
La lueur moqueuse et cynique qui illuminait son regard me donna envie de lui envoyer mon poing en pleine figure. Malheureusement pour moi, et heureusement pour lui, la bibliothécaire venait de choisir cet instant précis pour revenir.
— Que se passe-t-il ici ? Vous n'êtes pas censés venir durant le repas ! nous rappela-t-elle fermement.
— J'en ai pleinement conscience mais la porte était ouverte et, comme mon amie ne va pas vraiment bien, je voulais juste un coin tranquille pour pouvoir lui parler.
Je ricanai devant tant d'assurance et d'innocence. Comment résister à Arthur ? La femme, voyant l'état pitoyable dans lequel je devais me trouver, hocha légèrement la tête tout en retournant à son ordinateur non sans nous jeter des coups d'œil suspects. Je l'entendis grommeler sur ses oublis concernant le verrouillage des portes.
Je ne discernais toujours rien, trop de larmes brouillaient ma vue. Toutefois, je sentis nettement les deux bras puissants d'Arthur me faire glisser de ma chaise et m'attirer jusqu'à lui dans une étreinte faussement amicale. Je compris alors que la bibliothécaire devait nous observer attentivement pour qu'il simule cet élan de consolation. Il était glacé et des frissons désagréables commencèrent à m'envahir.
— Tu peux pleurer si tu veux, dit-il d'un ton neutre tandis que je me raidissais dans ses bras pour éviter le plus possible son contact.
Sa prise se resserra sur moi et sa main droite glissa dans mes cheveux pour saisir une mèche qu'il ramena devant son visage, la humant à sa guise. Ses yeux, deux pierres obscures, se fermèrent un instant comme si mon odeur lui apportait un plaisir indéfinissable.
— Tu sens bon, constata-t-il
— Ose me mordre et je te jure que je te massacre.
Il ouvrit doucement ses yeux, toute fausse gentillesse envolée de son visage. Je retrouvai le visage implacable qu'il m'offrait au quotidien.
— Je t'ai quand je veux, Lily.
Il avait dit ça avec une telle assurance que mon cœur se contracta violemment. Il eut un sourire et attira ma tête contre son épaule. Je me laissais faire malgré l'emprise de la peur sur moi, curieuse de savoir pourquoi son comportement était différent.
— Je peux te poser une question ? demandai-je subitement, ayant pour espoir de quitter ce terrain glissant.
— Quoi.
— Quel âge as-tu ?
Voilà longtemps que je me posais la question. Il me repoussa lentement et m'attrapa par les épaules. Il me scruta attentivement, sombrement, avant de déclarer :
— Je naissais vampire en l'an 1607.
Je n'avais jamais osé croire qu'il allait me répondre, et encore moins avec franchise.
Mes yeux s'ouvrirent en même temps que ma bouche tandis que je faisais le décompte. Je devais vraiment avoir l'air comique car un faible sourire s'installa sur ses beaux traits.
— Mais t'es vachement vieux, en fait ! m'étranglai-je, consciente d'avoir un fossile contre moi.
Ma réaction fut tellement inappropriée qu'elle lui arracha un bref rire. Pour la première fois de ma vie, j'entendais le rire d'Arthur. Et la surprise laissa peu à peu place à la fascination. Son rire était chaud, loin de ses ricanement glacials, sincère. Son visage quitta son air froid habituel pour le rendre plus doux et délicat. Il me sembla que nous n'étions plus totalement dans des mondes radicalement différents. Ça le rapprochait de moi, ça le rendait plus tangible.
Et j'eus une révélation effrayante : ça me plaisait.
— Lily tu es vraiment d'une stupidité effarante.
Bon, le retour à la réalité était brutal.
Ce vampire adorait me faire prendre des ascenseurs émotifs. Pourtant, j'écrasai momentanément ma rancœur et essayai de récolter le plus d'informations possibles sur lui. Le savoir, c'était le pouvoir. Et je n'allais pas cracher sur tous ce qui pouvait m'armer contre Arthur O'Brian.
— Valentin et Alexandre sont aussi des vampires ? demandai-je avec appréhension : Valentin avait été une personne importante pour moi, lors de mes années aux collèges.
— Non. Ils n'ont pas la même classe que moi, c'est flagrant.
J'eus une exclamation amusée devant tant de gamineries et il haussa un sourcil, surprit. La gérante coupa ce moment assez étrange en demandant si j'allais mieux. Je répondis par l'affirmative et elle nous pria de partir, ce que nous nous empressâmes de faire.
Une fois au dehors de la bibliothèque un silence assez inhabituel s'installa. Il n'était pas gêné car, soyons franc, Arthur n'était jamais gêné. Il n'était pas écrasant, comme toujours en ma présence, néanmoins il n'était pas calme non plus. C'était ça, Arthur : rarement facile à expliquer.
Lorsqu'il recommença à me fixer intensément dans le couloir je sus que c'était moi qui devais briser ce silence.
— J'ai gagné, déclarai-je subitement.
— Vraiment ?
— Oui. Tu n'as pas réussi à me faire pleurer.
Une expression sauvage passa sur ses traits habituellement impassibles et son visage se métamorphosa si rapidement que j'étais incapable de décrire ce qui venait de prendre forme sous mes yeux.
Un éclat de plâtre explosa à côté de ma tête et je sentis brièvement son torse effleurer ma poitrine.
Je ne l'avais pas vu bouger.
Je tournai le regard sur ma droite pour y découvrir un trou conséquent, il y avait bien une trentaine de centimètres de profondeur.
Il était inutile de m'adresser à lui car je savais qu'il n'était déjà plus avec moi : sa présence vibrante ne me m'oppressait plus. Ce n'est qu'à ce moment là que je m'autorisai à flancher. Tremblant de tous mes membres, je glissai au sol.
— Tu devrais éviter de le provoquer Lily, m'intima une voix inquiète.
Sursautant violemment, je plongeai mon regard dans les yeux gris de Valentin Cooper, qui se trouvait à quelques mètres de là.
— Il me cherche, il me trouve, répliquai-je du tac au tac, ne voulant pas engager la conversation avec lui.
— Toi aussi tu le cherches. Et tu risques de le trouver sauf que ça ne finira pas forcément bien pour toi, continua-t-il sèchement comme s'il était en colère de mon inconscience. Ce que je comprenais aisément malgré mes sentiments houleux envers le vampire.
— Je n'ai pas peur de lui, sifflai-je en commençant à partir.
— Stupide sont ceux qui prétendent ne pas craindre les vampires.
Mes pas se stoppèrent et je me retournai vivement vers lui, sous le choc.
— Tu le sais ?
— Bien sûr.
Non, pas lui. Pas Valentin, non.
— Et tu restes avec lui en sachant cela ? demandai-je en contrôlant ma voix qui partait dans les aigus.
— J'ai mes raisons, répondit-il évasif. Arthur est une personne très intéressante.
— Tu veux dire qu'il est allumé !
Il haussa ses épaules et enleva les mèches blondes pâles qui glissaient sur ses tempes.
— Question de point de vu. Si tu ne cherche pas à le connaître, il paraîtra toujours fou à tes yeux. Une fois qu'on comprend comment et pourquoi il agit ainsi on peut changer d'avis.
— Si tu le connais aussi bien tu pourras sans doute répondre à ma question : que me veut-il exactement ?
Il grimaça et s'approcha de moi d'une démarche assurée. Je reculai, instinctivement, ce qu'il vit. Son assurance vacilla mais il ne fit aucune remarque.
— Ce n'est pas à moi de te répondre. Mais je pense que ça serait bien que tu prennes tes distances. Une fois prise dans l'engrenage, tu auras du mal à t'en sortir.
— Putain mais vous êtes vraiment tous comme ça ? m'exaspérai-je devant tant d'énigmes.
Je plaçai une main sur mes paupières brûlantes et commençai à les frotter. Une sérieuse migraine était entrain de naître. Lorsque je posai à nouveau mes yeux sur Valentin il me fixait, impassible devant mon trouble. Génial ! Un Arthur version humain.
— Vous me faites tous chier. Vraiment.
Un sourire éclaira doucement son visage.
— Je pense que tu l'intrigues. Pour l'instant. Enfin, dans la mesure du possible, bien sûr. Essaye juste d'être un peu moins secrète et il détournera son attention de toi.
— Parfait, génial.
Son rire résonna contre les murs du couloir alors qu'il me rejoignait.
— Tu n'as pas changée.
Je le regardai, surprise, tandis qu'il me tapotait gentiment le sommet du crâne.
— Je vais te laisser. Je pense que tu as eu ta dose d'émotion pour la journée.
Je ne répondis pas : j'étais trop abasourdie pour ça. Ils avaient tous craqués aujourd'hui.
Lorsque ses cheveux blonds disparurent complètement de mon champ de vision, mon portable vibra. Je décrochai, les yeux dans le vide.
— Quoi ?
— T'es vivante ?
— Ouais.
— Cool !
Et Vincent raccrocha.
— Et c'est ça qu'on appelle « des amis » ? grommelai-je en fixant les morceaux de plâtre sur le sol noir. L'intendance allait encore gueuler.
C'est uniquement lorsque j'entendis la sonnerie signalant la reprise des cours que je compris une chose assez essentielle : je n'avais toujours pas mangé.
Eh merde.
— En route mauvaise troupe ! Allons taquiner quelques ballons et entraîner nos muscles mes jeunes amis ! À nous la réussite scolaire !
Je regardai d'un air atterré notre professeur de sport, Monsieur Albertini, courir droit devant nous en trimballant un sac de ballon de basket avec une telle facilité qu'il se permettait même de sautiller en nous encourageant.
— Il est cinglé, grinçai-je.
— Il est génial, s'extasia Elena.
— Je suis sûr qu'il doit être très endurant au lit, commenta Vincent.
Elena se retrouvait avec nous lors de nos heures de sport, dans notre groupe, et ce, même si elle était dans une autre spécialité que nous : les classes se mélangeaient en sport. Valentin, Laurie et Arthur se trouvaient aussi dans notre programme. Tout comme quinze autres personnes assez sympathiques, dont le fameux Evan.
— Il est magnifique aujourd'hui, soupira le châtain.
— Mouais ! Il a la même gueule que tous les jours.
Vincent jeta un regard venimeux à Elena tandis que j'étouffai un rire.
— Voyons, ne gâche pas mon plaisir ! Je laisse libre cours à ma joie de le retrouver !
— Oh oui ! Bien sûr, Vince. On sait tous que tu es souvent d'humeur gay quand tu le vois, lançai-je, assez fière de mon jeu de mot.
Elena manqua de s'étaler par terre tant elle riait tandis que Vincent me foudroyait du regard. Sa tentative d'intimidation resta vaine car un grand sourire amusé trahissait sa fausse colère.
— Oh ! Humour, HUMOUR ! Très fin Lily-jolie, vraiment, brailla-t-il avant de me pousser en avant.
Souriant grandement, je tournai la tête vers et croisai malgré moi le regard hilare de Valentin. Ce n'était pas rare, nous passions rarement inaperçu tous les trois avec nos pitreries habituelles.
— Vous êtes censés être mes amies ! Entre amis on ne fait pas de blagues de ce genre.
— Ah ? Tu as cru que nous étions tes amis ? Navré de t'avoir fait une fausse joie.
— Leeena t'es méchante aujourd'hui, pleurnicha-t-il.
— Non, elle doit juste avoir ses règles, ricanai-je.
— La ferme, la rousse.
— Depuis quand tu insultes un dictionnaire ?
— Hein ?
— Bah oui ! La rousse : le dictionnaire Larousse ! Ha ha ! Tu as compris ?
Un lourd silence s'installa entre nous.
— Lily, ce n'était pas ta meilleure blague sur ce coup là, me chuchota Vincent, faussement compatissant.
Il y eut exactement une seconde avant que trois éclats de rire ne fassent se retourner le professeur lui-même.
Le cours débuta et Elena m'attrapa le bras avec une expression sérieuse qui m'inquiéta.
— Dis au prof que tu n'as pas mangé.
Rassuré que ça ne soit que ça, je déclarai avec assurance :
— Ne t'inquiète pas, je me sens bien.
Ce ne fut pas le cas au bout d'une demi-heure lorsque je vis des points jaunes danser devant mes yeux. Une main fraîche se posa sur mon front et une voix autoritaire héla le professeur. Je ne distinguais pas grand chose, tout était flou, et mes oreilles étaient emplies d'un bourdonnement désagréable.
— Elle n'a pas mangé ce midi, j'étais avec elle. Elle devrait arrêter pour le moment, monsieur, signala la voix calme d'Arthur. Je n'avais pas assez de force pour me plaindre de sa présence, à vrai dire, je faisais tout pour ne pas m'écrouler au sol et c'était largement suffisant.
— Constance ce n'est vraiment pas sérieux tout ça ! Allez vous installer sur les bancs et prenez-vous quelques chose à grignoter, ordonna mon professeur en désignant le snack qui se situait non loin de notre terrain.
— Je reste avec elle. Ne vous inquiétez pas pour moi, ce n'est pas parce que je manque une séance que je ne saurais pas me débrouiller lors des évaluations.
— Je ne me fais pas vraiment de soucis pour toi, O'Brian, déclara avec amusement Monsieur Albertini, c'est plus pour la petite Lily que je m'inquiète. Si son état empire emmène-la à l'infirmerie.
— Compris.
Mes yeux commencèrent à y voir plus distinctement et je tanguais déjà un peu moins lorsque le vampire me souleva du sol avec une facilité déconcertante.
— Lily !
Je tournai mon regard vers Elena qui me tendait un paquet de biscuit.
— Tiens, j'avais oublié que je les avais pris avant de partir de chez moi ce matin.
— Pellissi ! Dépêchez-vous de revenir ! râla notre professeur en usant son sifflet strident, ce qui n'arrangea en aucun cas mon mal de tête.
Après un dernier sourire qui tirait plus sur la grimace qu'autre chose, elle fila rejoindre Vincent et son équipe. Il y eut un court moment de marche puis Arthur me déposa doucement sur le banc sous les regards assassins de Laurie.
— Ta chérie va m'assassiner, constatai-je avec le plaisir évident de mettre cette peste en colère.
— Ce n'est pas comme si ça me dérangerait.
— Menteur.
Je ne savais pas pourquoi j'avais dis ce mot avec tant d'aplomb. Mais sur le coup, j'étais persuadé qu'il ne voulait pas ma mort. Du moins, pour le moment.
Je mâchonnais sans grand appétit les petits sablés d'Elena tandis qu'Arthur plaçait ma tête sur ses genoux de manière à ce qu'il puisse s'asseoir également sur ce petit espace qui me servait de lit provisoire.
— C'est chiant, grognai-je alors qu'une vague de fatigue s'abattait sur moi.
— Quoi ?
— Toi ! Un coup t'es un monstre et l'autre tu pourrais presque paraître gentil.
— Presque.
Un petit sourire prit place sur mes lèvres et je commençai alors à balancer mes pieds puisqu'ils dépassaient du banc. Le vampire poussa un profond soupir devant mon action puérile.
— Gamine, dit-il en passant distraitement sa main dans ses cheveux noirs de jais.
Mon sourire augmenta et le sien commença à naître.
— Grand-père. Non ! Plus vieux que ça encore, me corrigeai-je, Arrière, arrière, arrière, arrière…
Une tape sur le front me stoppa vivement.
— Encore un « arrière » et je te fais bouffer le banc, menaça-t-il sèchement.
— Mais t'es là depuis 400 ans quand même ! protestai-je. C'était sans doute le fait d'être entourée par tant de gens qui me rendait si hardie avec lui.
— 409 ans, rectifiât-il.
— Bah c'est vieux quand même ! Ancêtre !
Il me lança un regard qui passait assez pour un dernier avertissement.
— Je te fais remarquer que je suis épuisée et que, par conséquent, je ne suis pas dans mon état normal. Sinon je ne plaisanterais jamais avec toi ! déclarai-je avec un air se voulant hautain. Ce qui dut échouer lamentablement car je ne parvenais pas à le fixer correctement, mes yeux se fermant sous le coup de la fatigue.
— Bien évidemment. Sinon ça ferait longtemps que tu l'aurais bouffé, le banc.
Il y eut un court silence puis :
— Tu crois que ça craint si je commence à t'appeler papy ?
Il y eu un bruit de coup et il y eut un éclat de rire.
Notre relation commençait peu à peu à changer. C'était étrange. Après deux longs mois de pleurs et de persécutions je me sentais glisser doucement mais sûrement vers un point déterminant dans notre « relation ». Il y avait toujours cette méfiance et cette animosité, certes. Mais il y avait aussi cette complicité étrange qui naissait peu à peu après nos crises de violences.
J'aimai bien ces moments là.
Fin du chapitre 2
Réponses :
— Scarlette : merci pour tous tes messages, pour prendre le temps de me lire et d'apprécier cette histoire. Ton enthousiasme est communicatif, tu sais ? En ce qui concerne mon site, tu n'es pas la première à me le dire… Peut-être que si tu laissais ton mail, et que je le confirmais en tant que manager, ça ne te bloquerait plus ?
— Shayalthia : Hé hé hé, ravie de te faire plaisir. J'espère que la relecture t'enchantera tout autant que la 1ère fois. Pour moi, c'est un plaisir de vous retrouver.
— WillySo : j'ai des super-poooouvoirs, j'ai inconsciemment répondu à ta recherche ! Ne suis-je pas sensationnelle ?
— Sochic88 : Je t'en prie, et merci à toi de suivre ce petit bout d'histoire !
— MADmoiselle Acid : une chose à dire : welcome back ma biiiche.
— Insignée (original, comme pseudo ! hé hé) : Wahou, merci pour ton enthousiasme ! Pour la suite, normalement, je dis bien NORMALEMENT, ça sera un chapitre par semaine. J'en ai 21 en stock, ça devrait le faire. Et, non, ce n'est pas un cross-over, ça reste uniquement dans l'univers de Twilight. Il n'y a pas que James qui surnomme Lily, « Lily-jolie » hé hé.
— MissCullen : Merci pour tes compliments, même si je ne pense pas les mériter à ce moment précis puisque j'ai écris cette histoire en 2010 (ça daaate). Je pense que tu viens d'avoir ta réponse pour Alexandre et Valentin et, ne t'inquiètes pas, on va vite en apprendre davantage sur tout ce joyeux petit monde. Alors, non, je suis allée jusqu'au chapitre 21 et je ne l'avais jamais vraiment terminée. Peut-être que l'envie va me revenir au fur et à mesure de cette republication ? C'est possible car publier ces chapitres me replonge pas mal dans l'univers vampirique, qui sait ? Je ne compte pas la remanier, je l'ai laissée inchangée. J'ai une autre version sur mon site mais elle n'interfère pas avec celle-ci. En tout cas je suis curieuse d'avoir ton avis sur les prochains chapitres, ça fait toujours plaisir de recevoir des critiques approfondies.
— Chef Checkeuse : commentaire qui m'a fait rire et m'a fait extrêmement plaisir en même temps ? Check.
Honorée d'avoir une chef checkeuse en commentaire ? CHECK.
Reconnaissante pour ce commentaire ? Carrément Check.
— Zod'a : YOUHOUU SHE'S BACK ! Heureuse et émue d'avoir tes commentaires, ça me ramène en arrière. Je me sens vieille, vilaine ! Oh, pour en Parallèle j'ai pas mal de chapitres que je n'ai pas encore publié… Faudrait que je songe à me bouger les fesses, un jour *honte*. Merci d'avoir pris le temps de me relire. Je languis du passage au bic, c'est vrai que, si je me fie aux commentaires de l'époque, il avait pas mal marqué les gens hé hé. Je me demande POURQUOI.
— Kate007 : Oh my god, you're my first ever english review ! I'm glad you came across my story and I'm happy that you liked it. I'm sorry for my English, it's far from being perfect, I know. But it's ok, I guess, since I'm able to fully understand it. The French language is very beautiful, indeed, but can also be a pain in the a$$, most of the time, even for a native person ha ! OCs characters make me feel less restrained in my imagination, that's why I use them. And because they refuse to leave me alone (yes, I'm crazy, I know that ha ha !). I'm French and Kimy Green is just a name I put on this site. I'm currently writing my own book and I will use my real name for this one, certainly. You can talk to me any time, I have my own website, the link is on the profil page. See you there, I hope !
— Plumbuera : Eh oui, je sais ! Ça remonte pas mal ! Tu n'es pas la seule à être mélancolique, je te rassure ! Je me suis pris un sacré coup de vieux, mais c'est pour la bonne cause, si c'est pour faire plaisir à certaines hé ! Merci pour ton commentaire, il fait chaud au cœur !
Encore un grand merci à toutes celles qui ont eu la gentillesse de prendre le temps de me laisser leurs impressions, je ne pensais pas recevoir autant de messages, grandes folles que vous êtes.
Votre dévouée,
Kimy Green.
kimy – green . e-monsite . com
