Chapitre 2

« Je ne suis pas sûr de vous suivre. Dit House. Travailler sur quoi ?

- Oh mais c'est évident. Nous allons assassiner Donald Trump ! »

Il y eut un long silence à l'autre bout du fil. Impassible, Sherlock attendit que son interlocuteur réponde tout en devinant la moindre de ses actions – haussement de sourcil pour exprimer la surprise, réflexe nerveux de la main qui ne tenait pas le combiné, inspiration, soupir.

« Prouvez-moi que vous êtes bien Sherlock Holmes.

- Oh, bien sûr. Je comprends. Rien de plus facile. Avez-vous Skype ?

- Un vulgaire appel Skype ? Je m'attendais à un truc un peu plus stylé, plus digne de vous, quoi.

- Je n'ai pas de temps à perdre pour vous convaincre. Oui ou non ?

- ...C'est oui. »

Il raccrocha très vite avant d'être tenté de changer d'avis. C'est à cette minute précise que Cuddy arriva dans son bureau, une grosse bosse sur le front et un dossier à la main.

"Homme de 61 ans, annonça-t-elle en lisant le dossier, antécédents cardiaques, indigestion d'huîtres, brûlures au second degré à force de bronzer sur un yacht, douleur au poignet pour avoir porté des montres trop lourdes, la tête et les chevilles curieusement enflés, trois ulcères, forte phobie administrative et au fait c'est l'ancien Président de la république française donc si vous pouviez vous bouger le cul et aller vous occuper de lui ce serait bien.

- Hon hon baguette, chantonna House par réflexe avant de s'arrêter. Attendez, quoi ?

- Sarkozy est votre nouveau patient et il a 38 de tension, répéta Cuddy, donc si j'étais vous je me dépêcherais d'aller le soigner, si vous voulez éviter un incident diplomatique franco-américain.

- Au contraire, nos amis français seraient ravis si je le laissais couler."

Cuddy retint un soupir et lui tendit le dossier. La bosse sur son front bleuissait de minute en minute et atteignait presque sa tempe et oui je suis sadique sans aucune raison valable mais c'est ma fanfic donc je fais encore ce que je veux.

"Comment vous êtes vous blessée ?

- C'est Wilson. Répondit-elle sans entrer dans les détails. Il est bizarre, aujourd'hui. J'ai simplement dit que Trump avait peut-être de bonnes idées pour relancer l'économie du pays...On n'allait tout de même pas faire confiance à une femme qui n'est pas capable d'envoyer un email correctement, enfin !"

House ouvrit vivement la porte vitrée de son bureau et, ce faisant, heurta "malencontreusement" la tête de sa boss.

« Oups.»


Pendant ce temps, à la Maison-Blanche, Washington.

"Tout n'est pas perdu, Barack. On peut encore trouver une solution.

- Non, Joe. Il faut se rendre à l'évidence, c'est fini."

Ainsi parlait Barack Motherfucking King Beau Gosse Obama en finissant ses cartons. Il jeta un regard ovalaire à la pièce (c'est comme un regard circulaire sauf que le bureau est ovale et oui bon bref), telle la Statue de la liberté surplombant l'Atlantique, dans toute sa majesté. C'était un homme grand et fier, au port de tête noble et au visage marqué par l'adversité et le temps écoulé, qui faisait tomber des petites chaussettes pour les pauvres lorsqu'il cherchait un mouchoir dans sa poche. Près de lui se tenait son vice-président et meilleur ami Joe Biden, sans doute parce que ses blagues faisaient toujours des bides, qui lui tenait à peu près ce langage :

"Attends, attends, j'ai eu une autre idée. Et si...

- Non Joe, on en a déjà parlé.

- ET SI on déguisait la Maison-Blanche en mosquée ?

- ...

- Comme ça on est sûrs qu'il sera pas tenté de rentrer à l'intérieur, tu vois.

- ...Joe...

- Oui, bon, c'est juste une idée comme ça."

Obama laissa échapper un soupir, superbe de retenue et de dignité. Puis il ferma son dernier carton avant d'apposer virilement ses deux mains sur les épaules de son compagnon et de dire d'un ton solennel :

"Je te suis reconnaissant pour tout ce que tu as fait, Joe. Ta loyauté me touche sincèrement. Je n'oublierais jamais ces années passées à tes côtés, et toutes les épreuves que nous avons traversés. Man, mes mandats n'auraient pas été les mêmes si tu n'avais pas été là. La nation toute entière se souviendra de toi comme un des plus grands politiciens de ton siècle, et tu resteras dans ma mémoire à jamais.

- ...Regarde, j'ai pris une photo de nous deux et j'ai rajouté un filtre "nuit étoilée" sur Snap en mémoire de notre amitié.

- Oooh hihihi c'est trop mignon- hrrm bon bref."

Barack retrouva sa voix mâle et testostéronée et prit une grande inspiration. Il avait donné huit ans de sa vie à ce pays. Huit ans dans cette maison gigantesque, entouré d'une équipe de quatre mille personnes. Et voilà qu'un l'enfant caché d'un yéti des neiges et d'une mimolette venait lui piquer la place pour piétiner ce qu'il avait passé tant de temps à construire. Bien sûr que non, il n'était pas heureux à cette idée. Mais il devait se soumettre à la loi et partir avec dignité.

...Ok, c'est du bullshit. En fait, Obama avait carrément la haine. L'ennui est qu'il n'avait aucune solution de rechange - celles de Joe n'étaient pas réalistes, la Maison Blanche était trop grande pour passer pour une mosquée et ils n'auraient jamais le temps de mettre sa machine à remonter le temps au point. "Mon dieu, si vous existez, pensa Barack, faites que Trump ne soit pas Président des Etats-Unis, faites qu'il se passe quelque chose, n'importe quoi."

C'est à ce moment-là, car le hasard est décidément bien pratique, que le téléphone personnel de l'ex-Président américain se mit à sonner. Il décrocha son smartphone, protégé par une coque personnalisée qui représentait une photo de Joe et lui, et dit :

« Allô ?

- Alors ? Pas encore foutu le feu à la baraque ? Pfrrrt.

- ...

- Non, c'est à cause de ton prénom en fait.

- Moi aussi je suis content de te parler François.»

François Hollande était le chef de l'Etat français, ce qui est d'une logique assez discutable, c'est un peu comme Bruno Lemaire qui se présente aux élections présidentielles.

"Je suis vraiment désolé, Barack. Reprit-il. Je ne pensais vraiment pas qu'une telle chose pouvait se produire. Je ne comprends pas qu'un peuple puisse voter pour quelqu'un comme lui.

- Ben, on t'a bien élu, toi.

- ...Oui mais moi c'est pas pareil, ok ? Tu connais pas ma vie, ok ?!

- Peu importe. Je compte sur toi, François. Il faut établir une gouvernance mondiale pour l'empêcher de mettre le feu à toute l'Amérique, tu comprends ça ? Je me suis battu trop dur pour tout abandonner. Toi et la team, vous devez tout faire pour protéger les droits du peuple américain, les femmes, les afro-américains, les latinos, la communauté LGBT…

- LGBT ? Ha mais carrément ! C'est incroyable qu'en 2017 les gens n'aient pas le droit de choisir qui aimer, il faut absolument protéger les droits des gays !

- Ca tombe bien, rien qu'hier deux personnes transgenre se sont suici-

- ...Des personnes tran-quoi ?"

Obama raccrocha, soudainement très abattu, ses épaules légèrement voûtées.

"Ca va pas le faire, dit-il, désespéré. Je ne peux pas laisser mon pays dans cet état, ils vont tous s'entretuer...Joe, mon fidèle ami, dis-moi ce que je dis faire pour sauver mon peuple de Trump !

-...On remplace sa coloration par des pluies acides ?"


221b Baker Street, London

Lorsque John revint de sa journée de travail à l'hôpital, il s'attendait à retrouver Sherlock dans l'exacte position où il l'avait laissé en partant - assis dans son fauteuil en train de réfléchir et de parler tout seul à voix haute. Pourtant, non seulement son compagnon était levé, mais en plus il semblait prêt à partir, une valise à la main.

"Où vas tu ?

- A Washington. Je vais préparer un attentat contre leur Président."

John se figea net, se laissa à peu près trois secondes pour se rappeler que Sherlock avait autant de second degré qu'un ado de treize ans sur Twitter, et en déduisit qu'il ne blaguait pas, parce que Sherlock ne savait pas blaguer. Il décida de prendre les choses avec philosophie.

"Un attentat dans le pays le plus puissant du monde. Ok, très bien. Rappelle moi pourquoi ?

- Parce que cet homme est très dangereux voyons.

- Non. Tu t'en fous de ça. Tu y vas juste pour le challenge.

- Oui bon, c'est pratiquement la même chose. Tu viens avec moi ? Je vais avoir besoin de ton aide.

- Mais tu es odieux ! Hurla John. Odieux !

- John, j'ai demandé au Dr House de nous aider, nous allons monter cet attentat ensemble.

- Laisse-moi cinq minutes pour faire ma valise."

C'est sur cet ultime argument que les deux compères s'envolèrent pour Washington.

Sherlock et House vont-ils parvenir à s'entendre pour sauver les Etats-Unis d'un mandat atroce ? L'auteur de cette fic va-t-elle réussir à placer Sarkozy dans l'histoire sans avoir à se laver les yeux à l'acide (probablement pas) ? Barack Obama va-t-il parvenir à défendre ses valeurs face à l'adversité ?

J'espère que vous avez bien suivi l'histoire jusqu'ici, parce que c'est là que le drama commence.