Chapitre 5

New-Jersey, non loin de l'hôpital Princeton Plainsboro

House mit ses lunettes de soleil, et le trio quitta l'hôpital au ralenti sur une musique métal stylée, prêt à maraver des tronches. Ils sortirent de l'hôpital et marchèrent jusqu'à la voiture de Wilson.

« Le plan est très simple, Dit House. Nous allons poser une bombe dans le pupitre de Donald Trump, et le déclencher lors de son prochain discours à Washington. Un type a essayé de faire ça lorsqu'Hitler est arrivé au pouvoir.

- Et il n'a pas réussi, déduisit Sherlock.

- On peut arrêter les comparaisons entre Trump et les nazis ? Supplia Wilson en cochant néanmoins la case « point godwin » dans sa To Do List.

- Pourquoi donc ? Je ne vois pas en quoi comparer deux pays aux situations économiques totalement différentes à deux époques qui n'ont rien à voir n'est pas pertinent.»

Leur passionnant débat fut interrompu par Sherlock, qui s'arrêta au milieu de la chaussée et agita faiblement la main, l'air de chercher quelque chose.

« Vous n'avez pas vu Watson ? Je viens de me rendre compte qu'il n'est pas là.

- Il n'est pas resté à Princeton ? »

Le détective consultant sortit son smartphone sans répondre et appela Watson. Messagerie. Il raccrocha, surpris de ressentir une pointe d'inquiétude.

« Ce n'est pas normal, dit-il, contrarié.

- Mais allez, c'est bon, il est majeur et vacciné. Coupa House. C'est pas comme si on l'avait kidnappé non plus, ha ha ha ! »


Quelque part au dessus de l'Atlantique

Dans le jet privé des mystérieux kidnappeurs.

Après avoir passé plusieurs heures à se débattre et à appeler à l'aide en vain, Watson finit par abandonner et garder le silence, épuisé. (Un mouchoir de chloroforme plaqué sur sa bouche avait sans nul doute accéléré le processus, mais toujours est-il qu'il dormait, ligoté au fond de ce mystérieux avion).

« Passe moi un verre de champagne, Hanger, demanda Cliff.

- Tatie, on n'est plus obligées de se donner des noms de code maintenant.

- T'as jamais réussi à paraître dark, Marion, soupira Marine Le Pen en sirotant son champagne dans un verre de terre cuite enduit de peinture au plomb encore fraîche. Ça pourrait te désavantager lors des présidentielles.

- Mais j'ai jamais voulu me présenter, pleurnicha sa nièce. Je voulais faire un CFA Maçonnerie moi...

- Ne t'inquiète pas pour ça, ma chérie. En 2017, les murs à construire, c'est pas ça qui manque.»

Marine partit alors dans un rire diabolique.


Palais de l'Elysée, France.

« Ça ne va pas du tout, Manuel. dit François Hollande en faisant les cent pas dans son cabinet. Pour être réélu, il faudrait que je sois une femme, ou noir, ou gay, de préférence les trois en même temps. C'est à la mode de nos jours, de dévier de la norme cishétéro-blanche. »

Il attrapa son ministre par les épaules, affolé, et poursuivit :

« Je suis hors-jeu, Manuel. Dépassé, old school, tu comprends ça ? L'extrême-droite va passer, et je vais finir au Conseil entre un Chirac gâteux et Sarkozy, payé une fortune à rien foutre. Tu imagines, la vie horrible qui s'offre à moi ? »

Valls était, assez exceptionnellement, resté silencieux durant la tirade de son boss. Il resta quelques secondes à réfléchir avant de dire d'un ton étrangement voilé :

« Tu sais, tout n'est peut-être pas perdu...

- Regarde-moi ! Se lamenta-t-il en se montrant du doigt. Je suis un homme blanc, cishétéro valide riche et tout droit sorti de l'ENA. Je suis foutu ! La France entière est contre moi !

- Pour ta couleur de peau et tes études, oui, c'est trop tard. Concéda Manuel Valls. Mais il te reste encore une solution...(tout en parlant, il passa négligemment sa main sur le col de chemise de François). Ou devrais-je dire, il nous reste une solution...

- ...Non, Manu, je t'ai déjà dit non.

- Mais allez, là ! Ce serait juste pour les caméras en plus.

- Hors de question. Plutôt inviter à voter pour Coppé aux primaires.

- C'est incroyable. Je me casse le cul à essayer de te faire remonter dans l'opinion publique et tu t'obstines à me friendzone comme un bâtard.

- La friendzone est un concept absurde et sexiste et produit du patriarcat. Je te ministre-zone, ça oui.

- Puisque c'est comme ça, je me présente aux élections de 2017. Et bim.

- You bitch, persifla François qui n'était pas si old-school qu'il ne le pensait. »

Leur dispute fut interrompue par Arthur, eh oui encore lui, qui passa la tête par l'entrebaîllement de la porte, un combiné de téléphone à la main.

« Monsieur le Président, Barack Obama vous demande de le rejoindre à Washington d'urgence pour une réunion au sommet. C'est à cause de Donald Trump.

- Ok. Le devoir m'appelle. Prépare mon jet privé et dis-lui que j'arrive.

- On m'informe dans l'oreillette que votre jet a coûté une fortune en réparations ce mois-ci.

- Et les contribuables, ça sert à quoi ? Payer un billet Air France en classe éco ? LOL. Note ça, Manu. »

Sur ces fortes paroles, le Président quitta la pièce et s'envola avec son premier ministre aux Etats-Unis, prêt à combattre le côté sombre de la force.


11 novembre

Réunion des chefs d'Etat, Washington

Le lendemain, à la première heure, les dirigeants des plus grandes puissances mondiales répondirent à l'appel d'Obama. Enfin, pas toutes. La plupart des politiciens avaient décliné l'invitation car ils avaient trop peur de se prendre un missile nucléaire dans la tronche s'ils adressaient la parole à Barack en public. Autour de la table, il y avait donc Hollande et Valls, Hillary Clinton, personnellement invitée par Obama, Justin Precious Child Trudeau qui représentait le Canada, Vladimir Poutine que personne n'avait voulu inviter mais qui s'était incrusté quand même, Joe Biden et enfin Obama lui-même. Ce qui faisait assez peu pour une réunion au sommet, on en conviendre, mais c'était mieux que rien.

« Messieurs dames, commença Obama qui regrettait déjà tous ses choix de vie, merci d'être venus si nomb..enfin d'être venus, quoi. Nous sommes ici pour empêcher le début d'un conflit nucléaire potentiellement mortel et déclencheur d'une troisième Guerre Mondiale entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Quelqu'un a une idée ?

- ...

- Non, personne ?

- Moi, j'ai- commença Joe.

- Pour la dernière fois : c'est non. »

Joe se renfrogna et se mit à bouder, pour la peine. Les autres se mirent à toussoter en glissant des petits regards en coin à Poutine, dont la présence les intimidait tous. Justin Trudeau s'agita sur sa chaise et dit :

« On pourrait peut-être engager le dialogue avec Trump, de manière diplomatique ? Je ne pense pas que nous devrions avoir recours à la force. Le respect doit aller dans les deux sens. »

Au son de la voix de son collègue canadien, Hillary fit « aaaw » et toute l'assemblée hocha vigoureusement la tête pour approuver Justin. Même Manuel Valls envisagea d'emménager au Québec pour pouvoir le voir plus souvent. Un charisme magnétique se dégageait de chacune de ses paroles, une force invisible à laquelle nul ne pouvait résister.

« Vous avez bien raison, dit Barack, un peu engourdi et bercé par le son de sa voix. Je vais l'appeler sur le haut-parleur. David ? Mettez-nous en contact avec Trump je vous prie.»

Ils attendirent quelques secondes, puis ils entendirent un déclic signifiant qu'on venait de décrocher le combiné.

"Donald ? C'est Obama. Je suis avec les autres chef d'Etat et-

- Les chefs d'Etat de l'Occident, hein. Parce que faut pas déconner non plus c'est pas le Quart-Monde ici. Intervint Poutine d'une voix pincée.

- ...Et on voulait te parler de cette histoire de guerre de Corée. Qu'est ce qui te prend de faire ça ?"

Il y eut un silence à l'autre bout du fil, un grésillement, et Trump leur tint à peu près ce langage :

"Boom boom me against a wall baby. Otherwise I must confess that my loneliness is killing me know, don't you know I still believe ? I mean, seriously, it is too late now to say sorry, omelette au fromage, and I don't care about the job, I just think the desk is shiny. You know nothing, Jon Snow. Although, even if you're a wizard, Harry, nice going because you'll never be satisfied, I will never be satisfied.

- ...Euh, non, la Corée du Nord, Donald, je te parle de ta déclaration de guerre de-

- I hold these truth to be self-evident that all men are created equal.

- ...Vraiment ?

-Nah, I'm kidding, just grab her by the pussy. You two got brother blocking brother on their facebook feed ! Nom d'une ciboulette. Don't you wanna be gay ? Meanwhile, in parallel universe, the gay-nazis-dinosaurs are back. You see what I mean, right Barack ?

- Oui bon, allez, salut Trump, à un de ces jours. »

Obama raccrocha un peu sèchement, l'air très abattu, choqué et déçu. Il avait vraiment cru qu'ouvrir le dialogue leur permettrait d'éviter une catastrophe. Pourtant, elle se rapprochait, inexorable, et il perdait de plus en plus confiance en lui (et en le reste de l'humanité) au fil des heures. Tout était-il perdu ? Le monde dans lequel il avait grandi était-il voué à disparaître ?

« Ne te laisse pas abattre, l'encouragea Trudeau. Nous pouvons encore le convaincre. Et mon pays est avec toi, Barack. Nous sommes tous avec toi. Tu vas t'en sortir. Tu as accompli un travail formidable, jusqu'à présent. »

Barack Protect Him at All Costs Obama se laissa tendrement bercer par ces paroles réconfortantes. Pour un peu, il en aurait ronronné. Il se réveilla brutalement et s'écria :

« Bon sang, Justin, comment tu fais ça ?

- Désolé. Un talent naturel. J'influence trop les gens, expliqua Justin sur un ton d'excuse.

- Dites, ça ne vous rappelle pas un personnage dans Twilight ? Demanda Manuel Valls.

- ...

- ...Non rien, laissez tomber...»


Pendant ce temps-là dans le New-Jersey

Sherlock, House et Wilson avaient passé la nuit à chercher à joindre Watson sur son portable et à le rechercher partout en interrogeant tout l'hôpital et tous les passants du quartier, en vain. En parallèle, ils avaient peaufiné lé déroulement de leur attentat. Cependant, le jeune, ténébreux, et glacial détective consultant refusa de mettre la moindre opération tant qu'ils n'auraient pas retrouvé son ami.

« Je suis perdu sans mon blogueur, répéta-t-il inlassablement (parce que les fan-services sur la bromance ne sont jamais superflus). Je veux le retrouver. »

Ils étaient désormais sept heures du matin, ils avaient à peine dormi. House et Wilson, pas rasés et en bras de chemises, étaient de véritables déchets humains, mais Sherlock était en pleine forme. Sherlock n'avait pas besoin de sommeil, ni de manger à intervalles réguliers. Sherlock n'avait pas de besoins naturels comme le commun des mortels, c'était la nature qui avait besoin de lui pour maintenir l'équilibre dans son éco-système. Pourtant, à sept heures dy matin, donc, il reçut enfin un appel. Numéro inconnu. Il décrocha.

« Sherlock Holmes.

- Si vous tenez à votre ami, grésilla une voix féminine, vous devez abandonner vos projets d'attentat contre Donald Trump sur-le-champ. C'est nous qui avons Watson. Nous avons décidé de le retenir en otage ! »