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Une famille

5 mai 1971

Ministère de la magie, Londres

Harry Caledonensis était un homme assez grand de taille à la silhouette svelte. Ses cheveux d'un noir de jais lui arrivaient jusqu'aux épaules et encadraient un visage fin et pâle. Il était vêtu d'une robe de sorcier d'un bleu nuit en taffetas brodée de fils argentés ainsi que d'une cape d'un vert émeraude, identique à la couleur de ses yeux.

Il avait la démarche et la prestance d'un prince. À ses côtés, marchait un homme beaucoup plus grand de taille que lui, à la carrure impressionnante. Sa force lui donnait une forme plutôt remplie, mais il n'était pas en surpoids, juste très musclé. Il avait des cheveux d'un blond foncé, des yeux bleus et de jolies fossettes qui lui donnaient un air enfantin.

Dans l'atrium, tous les regards se rivèrent sur Harry et aussitôt, quelques murmures s'élevèrent dans le hall du ministère de la magie. Personne ne connaissait qui était cet homme à l'allure princière qui se dirigeait tout au fond de l'atrium, vers un second hall, plus petit, regroupant une vingtaine d'ascenseurs qui permettaient d'accéder aux différents étages du ministère.

Harry ne se préoccupa guère des murmures autour de lui. Il savait qu'il ferait face très bientôt à une horde de personnes qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur lui et sur son passé. Il y était déjà préparé et savait comment il allait s'y prendre pour préserver son épouse et son fils, enfin, si les choses se déroulaient comme il l'avait planifié, Hermione et lui seraient les heureux parents d'un merveilleux garçon.

Les deux hommes arrivèrent très vite dans le bureau du ministre de la magie, Eugenia Jenkins. La ministre était une femme assez ronde aux cheveux gris. Elle se leva de son fauteuil et tendit une main vers Harry. Le jeune homme prit la main de la ministre et lui fit un baisemain.

— Madame la ministre, salua respectueusement Harry.

Eugenia gloussa légèrement face aux manières de gentleman dont faisait preuve le jeune homme.

— Appelez-moi, Eugenia, je vous prie.

— Eugenia, reprit Harry d'une voix suave.

— C'est un réel plaisir pour moi de vous rencontrer enfin monsieur Caledonensis, dit la ministre.

— Appelez-moi, Harry.

La ministre hocha simplement la tête et fit signe aux deux hommes de prendre place dans les fauteuils. Harry prit place dans un fauteuil en cuir tandis que le blond qui l'accompagnait préféra rester debout.

— Qui est l'homme qui vous accompagne ? demanda Eugenia.

— Alexein, mon homme de confiance, répondit Harry.

Eugenia lança un coup d'œil au blond et finit par acquiescer avant de reporter son attention sur le brun.

— C'est vraiment un honneur pour moi d'avoir devant moi, le descendant de la lignée de Merlin, poursuivit Eugenia, d'une voix d'où perçaient l'admiration et le respect.

Eugenia jeta un œil au parchemin qu'elle avait sous ses yeux puis se racla la gorge.

— Nous avons vérifié votre arbre généalogique ainsi que tous les documents que vous nous avez fourni et tous sont des documents légaux. Je peux donc d'ores et déjà vous annoncer que vous avez un siège qui vous attend au Magenmagot.

— C'est une excellente nouvelle, dit Harry avec un sourire satisfait. Et qui en est le président ?

— Albus Dumbledore, répondit Eugenia.

— Et la demande que je vous ai adressée ? demanda Harry.

— Je l'ai transmise à Dumbledore. Il vous contactera d'ici peu, répondit la ministre.

— Merci beaucoup, Eugenia.

— Oh ! Ce n'était rien, assura la femme.

— Je n'aimerai guère vous importuner plus longtemps.

Harry se leva du fauteuil et Eugenia en fit autant.

— Hum…Le…le ministère organise une soirée ce vendredi et vous y êtes conviés, vous et votre épouse ainsi que votre…euh…homme de confiance.

— Merci pour votre invitation, Eugenia mais je ne pense pas pouvoir m'y rendre. Mon épouse et moi avons un fils et nous n'aimerions guère le laisser seul. Nous venons à peine de nous installer en Angleterre et nous n'avons pas encore eu le temps de tisser des liens d'amitié avec les sorciers de ce pays, expliqua Harry.

— Je comprends parfaitement et sachez que les enfants y sont aussi conviés, répliqua la ministre.

— Nous y réfléchirons, dit simplement Harry.

La ministre hocha la tête et reconduit Harry ainsi qu'Alexein jusqu'à la porte.

— Bonne journée, Eugenia.

— À vous aussi, Harry, lança la ministre. J'espère vous revoir à la soirée de ce vendredi.

Harry ne répondit pas et afficha un simple sourire avant de tourner les talons. Alors qu'il sortait du bureau de la ministre de la magie, il croisa sur son chemin un homme grand et mince, aux cheveux argentés ayant une barbe descendant jusqu'à la taille. L'homme avait des yeux bleus et un long nez crochu.

— Albus ! s'exclama Eugenia.

— Eugenia, fit Dumbledore avec respect.

— Albus, permettez-moi de vous présenter Harry Caledonensis.

— Monsieur Caledonensis.

— Monsieur Dumbledore.

Harry affichait un masque impassible et neutre, aucune émotion ne se reflétait sur son visage. Il transpirait le calme et la sérénité alors que tout au fond de lui, il se sentait mal. Il avait devant lui son ancien mentor et la mort de ce dernier revint tel un éclair dans son esprit.

— Je comptais prendre contact avec vous et discuter au calme de votre demande quelque peu particulière, dit Albus, le regard pétillant de malice.

— Que direz-vous d'en discuter autour d'un bon dîner demain chez moi ? proposa Harry.

— Excellente idée, accepta Dumbledore avec le sourire.

— Très bien. Je vous enverrai un hibou pour vous indiquer l'adresse de ma demeure.

Albus acquiesça.

— Ce fut un plaisir, monsieur, dit Harry.

— Moi aussi, mon garçon. Moi aussi.

Harry ne put s'empêcher de sourire et hocha la tête en direction d'Eugenia avant de s'en aller. Il marcha aux côtés d'Alexein qui était resté silencieux depuis leur arrivée au ministère. Ils prirent l'ascenseur et se retrouvèrent de nouveau dans le hall du ministère.

— Harry ?

Le jeune homme sortit un miroir de poche et vit le visage d'Hermione apparaître.

— J'ai fini. Nous t'attendons près de la fontaine de la fraternité magique, dit-elle.

— Je suis là.

Il rangea son miroir dans la poche. C'était un miroir à double sens, quelque peu semblable à celui que lui avait donné son parrain peu de temps avant sa mort. Hermione avait décidé d'utiliser ce procédé pour pouvoir communiquer entre eux lorsqu'ils étaient loin l'un de l'autre.

Harry et Alexein se dirigèrent vers la fontaine de la fraternité. Au centre du bassin circulaire étaient érigées cinq statues d'or, plus grandes que nature. La plus haute et imposante représentait un sorcier en station verticale et à la noble apparence, pointant sa baguette magique vers le ciel. La statue d'une sorcière d'une grande beauté se trouvait à ses côtés. Le couple de sorciers côtoyait également les statues d'un centaure, d'un gobelin et d'un elfe de maison. Ces trois dernières contemplaient celles à l'allure humaine avec adoration.

La fontaine d'or possédait plusieurs buses situées à l'extrémité des baguettes magiques des deux sorciers, de la flèche du centaure, du chapeau pointu du gobelin et des oreilles de l'elfe, d'où l'eau jaillissait et retombait directement dans le bassin en produisant un clapotis régulier.

La fontaine de la Fraternité magique était censée rappeler l'harmonie, le lien symbolique unissant les espèces qui partageaient une histoire commune et qui formaient la communauté magique de Grande-Bretagne.

Harry retrouva son épouse près de la fontaine, tenant la main d'un petit garçon âgé de onze ans.

— Bonjour.

— Bonjour, fit Severus timidement.

Harry sourit, heureux de revoir son ancien professeur de potions.

Ils y étaient enfin arrivés. Ils avaient fini par obtenir la garde de Severus. Il aura fallu attendre patiemment dans l'ombre avant d'en sortir. Ils auraient souhaité adopter Severus un peu plus tôt, mais malheureusement, cela avait été impossible.

À l'époque, Severus avait encore des parents en vie. Hermione et lui connaissaient parfaitement l'enfance de l'ancien maître des potions. Ils savaient qu'il fallait attendre la mort de la mère de Severus pour pouvoir intervenir.

Sans leur intervention, Tobias aurait maquillé le meurtre d'Eileen en accident et il n'aurait jamais été inquiété par la police moldue mais grâce à eux, non seulement Tobias avait été condamné à la perpétuité, de plus, Severus aurait désormais une existence paisible et sereine. En tout cas, son épouse et lui feraient tout pour rendre Severus heureux.

— Severus, je te présente mon époux, Harry.

Ce fut Hermione qui fit les présentations.

— Enchanté, monsieur.

— Monsieur ? Ai-je donc l'air si vieux ? demanda Harry en blaguant.

Severus jeta un coup d'œil au jeune homme et finit par secouer la tête.

— Appelle-moi, Harry, d'accord ?

— D'accord.

— Severus, voici Alexein, un ami, dit Harry en montrant le blond qui n'avait dit aucun mot.

— Bonjour, monsieur.

— Bonjour, petit.

— Et si on rentrait ? suggéra Hermione.

Harry approuva la suggestion de son épouse et ils se dirigèrent tous les quatre vers la sortie du ministère, Severus tenant la main d'Hermione comme si sa vie en dépendait.

Devant le ministère, était stationné un magnifique carrosse doré tiré par deux sombrals. Le cocher vint ouvrir la portière et la famille Caledonensis ainsi qu'Alexein s'engouffrèrent dans le véhicule. Alors qu'ils s'élançaient dans les airs, Harry jeta un œil en bas et croisa un regard bleu pétillant de malice.

Severus était émerveillé par ce qu'il voyait. Des chevaux ailés. C'était incroyable.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il, les yeux fixés sur les sombrals.

— Tu peux les voir ? s'étonna Hermione.

Puis aussitôt qu'elle posa la question, elle se rappela que Severus avait vu sa mère mourir sous ses yeux donc pas étonnant qu'il puisse les voir.

— Des sombrals, répondit Harry.

— Les seules personnes qui peuvent voir les sombrals sont celles qui ont vu la mort et l'ayant ressenti sur le plan émotionnel, expliqua Hermione.

Severus hocha la tête, le regard toujours rivé sur les chevaux ailés. Il avait tellement de questions qui lui brûlaient les lèvres. Comme par exemple, de quoi se nourrissaient-ils ? Étaient-ils dangereux ? Pouvait-on les monter ?

— Tu peux poser tes questions, Severus, lui dit Hermione d'une voix rassurante.

— Vous pouvez les voir ? questionna-t-il, quelque peu craintif.

Il avait appris à ne pas poser de questions avec ses parents. Lorsqu'il avait le malheur de le faire, son père n'hésitait pas à l'insulter ou encore à lui donner quelques claques pour ce qu'il considérait comme de l'insolence. Alors, il se taisait et cherchait à répondre à ses questions par ses propres moyens.

— Non, seul Harry le peut, répondit Hermione. Ainsi que toi.

Severus tourna la tête vers Harry qui était assis en face de lui. Il rencontra le regard émeraude du jeune homme et fut happé par ce vert si familier. Il ne put détourner les yeux de ce vert. C'était incroyable. C'était exactement la même nuance, la même teinte.

— Quelque chose ne va pas ? lui demanda Harry, sourcils froncés.

Severus baissa les yeux et secoua la tête. Lily. Son amie lui manquait énormément. Il ne l'avait pas revu depuis qu'il avait été transféré dans ce centre pour enfants sorciers. Ils venaient à peine de se connaître et pourtant, il la considérait déjà comme une amie car, elle était comme lui.

Il avait été surpris de découvrir qu'il y avait un autre enfant comme lui dans le quartier. Il avait longtemps pensé être le seul. Après tout, il avait vécu auprès des moldus et n'aurait jamais cru qu'il aurait pu tomber sur une sorcière née-moldue.

Après s'être trouvé une amie, voilà qu'il s'en retrouvait séparer. Il n'avait même pas pu faire ses adieux à Lily.

— Severus, fit Hermione d'un ton doux. N'aie aucune crainte. Tu peux tout nous dire. Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Je ne verrai plus mon amie, murmura-t-il.

— Ton amie ?

— Lily, souffla-t-il, abattu.

Il était heureux d'avoir échappé aux coups de son père mais n'était guère content d'avoir été privé de l'amitié de Lily.

Hermione et Harry avaient l'air gentil mais lui, il ne souhaitait pas perdre Lily. Pour son amie, il était prêt à supporter tous les coups de Tobias si cela lui permettait de retourner vivre tout près d'elle.

— Oh !

Hermione échangea un regard avec Harry. Ils avaient bien sûr oublié que le jeune Severus s'était déjà attaché à Lily et que la séparation était difficile pour le garçon. De ce qu'ils savaient, Lily était la seule amie que Severus ait jamais eue.

— Elle te manque, c'est ça ?

Severus hocha simplement la tête tout en reniflant discrètement. Il ne voulait pas se mettre à pleurnicher comme un bébé. Il n'en était pas un. Il était un grand garçon pas un pleurnichard à couche-culotte.

— Que dis-tu de ça ? Aujourd'hui, Harry et moi te ferons découvrir l'endroit où tu vivras et nous apprendrons un peu à mieux nous connaître. Puis demain, dans la matinée, on ira rendre visite à ton amie. Peut-être, pourrions-nous l'inviter à venir passer la journée avec toi au manoir, proposa Hermione.

Severus releva la tête et regarda la jeune femme complètement stupéfait.

— Alors ? Qu'en dis-tu ?

— Je…je…me…merci…merci beaucoup, madame, balbutia Severus, reconnaissant.

— Hermione, Severus. Hermione, reprit la lionne, souriante.

— Merci.

— De rien.

Severus ne s'était jamais senti aussi heureux de toute sa vie. Il avait l'impression que son cœur allait littéralement exploser de bonheur. Il avait beaucoup de chance d'être tombé sur un couple aussi gentil.

— Nous sommes arrivés, annonça Harry.

En effet, ils venaient d'atterrir sur la pelouse près du bassin circulaire. Severus jeta un œil au domaine et écarquilla les yeux lorsqu'il vit les animaux qui gambadaient librement sur les pelouses. Il y avait toute sorte d'animaux magiques.

— Waouh ! s'écria-t-il, impressionné.

Harry et Hermione échangèrent un sourire ravi. Ils étaient contents de voir que le domaine plaisait au garçon. En espérant qu'il s'y plairait au fil du temps et qu'il appellerait cet endroit, chez lui.

Ils descendirent du carrosse et se dirigèrent vers l'entrée du bâtiment. Severus poussa un petit cri lorsqu'il sentit quelque chose effleurer sa jambe.

— Qu'y a-t-il ? l'interrogea Harry.

— Quel…quelque chose m'a effleuré la jambe, bredouilla Severus, hagard.

Il poussa un autre cri et alla se cacher dans les jambes d'Hermione.

— Rafiki ! gronda Harry.

Devant eux, apparut un singe gracieux avec de grands yeux noirs mélancoliques cachés derrière ses cheveux. Son corps était recouvert d'une longue fourrure argentée et soyeuse.

Le singe montra ses dents à Harry et le jeune homme ne put que secouer la tête d'un air dépité tandis qu'Hermione était amusée par le comportement de l'animal. Severus pencha la tête sur le côté pour mieux admirer le singe. C'était la première fois qu'il voyait un animal pareil. Il n'y avait eu aucune mention d'un tel animal dans les livres de sa mère.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Severus, intrigué.

— Rafiki est un Demiguise. C'est un singe d'origine d'Extrême-Orient qui a la faculté de se rendre invisible, répondit Hermione. La fourrure de Demiguise est particulièrement appréciée car les poils, une fois tissés, permettent de fabriquer des capes d'invisibilité.

Rafiki s'approcha du garçon puis disparut sous les yeux ébahis de Severus avant de réapparaître à ses côtés. Le singe continua ce manège pendant quelques minutes, amusant et surprenant le gamin qui se détacha d'Hermione.

— Je crois qu'il t'aime bien déjà, dit Harry.

— Il est rigolo, commenta Severus.

En effet, le singe n'arrêtait pas de faire le pitre. Il arracha quelques sourires à Severus et permit à ce dernier de le toucher.

— Rentrons. Tu auras le loisir de jouer avec Rafiki un peu plus tard, dit Harry.

— À tout à l'heure, Rafiki ! lança Severus avant de suivre le couple et Alexein.

À l'entrée du bâtiment, se dressait deux statuettes de marbres blancs représentant un dragon et un phénix.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le manoir, Severus fut aussitôt ébloui par la beauté des lieux. Ils se trouvaient dans un vaste hall dominé par un monumental escalier en marbre qui menait à une galerie dont les balustrades étaient en fer forgé travaillé au bronze.

Severus sursauta lorsqu'un elfe de maison apparut soudainement au milieu du hall.

— Bon retour à la maison, fit l'elfe.

— Un…elfe…elfe de…maison, couina Severus, ébahi.

— Severus, je te présente Rooky notre cuisinière en chef. Rooky, voici Severus, notre fils, présenta Hermione.

— Rooky est heureuse de rencontrer petit Caledonensis, dit l'elfe.

— Euh…moi aussi.

— Rooky, veux-tu bien nous apporter du thé, s'il te plaît ? demanda poliment Harry.

L'elfe de maison acquiesça et disparut dans un pop, laissant les quatre personnes se diriger vers le salon.

La boiserie du salon était antique. Elle datait certainement de plusieurs siècles car la construction du manoir était très ancienne. Les canapés étaient en velours et les rideaux en soie sauvage. Au plafond, un magnifique lustre ancien en cristal.

Au-dessus de la cheminée, le portrait d'Hermione Caledonensis. Sur ce tableau, la jeune femme était habillée d'une robe en satiné ivoire et en soie changeante d'un bleu turquoise. L'encolure en V était rehaussée d'un empiècement bleu avec des broderies faite-main. Elle avait une ceinture dorée autour de la taille et par-dessus, elle portait une cape blanche ornée de galons renversés.

Severus regarda autour de lui et se sentit gêné de se trouver dans cette salle. C'était la première fois qu'il mettait les pieds dans un endroit aussi luxueux. Il n'aurait jamais pu imaginer que le couple qui venait de l'adopter était aussi riche. Lui, il n'avait connu qu'un quartier pauvre et malfamé donc, se retrouver dans une demeure pareille lui donnait le vertige.

Rooky servit du thé ainsi que des biscuits et s'éclipsa aussi vite qu'elle était arrivée.

— Tu peux t'asseoir, Severus, dit gentiment Hermione.

Le garçon regarda le fauteuil en velours et secoua la tête, ne voulant guère salir un fauteuil qui devait coûter extrêmement cher.

— Je ne peux pas, mada…Hermione.

Hermione allait dire quelque chose mais Harry l'en empêcha puis, il se rapprocha du petit garçon. Lui, mieux que quiconque pouvait comprendre l'enfant.

— Tu as le droit de t'asseoir, Severus. Ne t'en fais pas, tu ne saliras rien en t'asseyant dessus. Tu as le droit d'être ici, Severus. Tu es notre fils, maintenant. Tu t'en souviens ?

Severus hocha la tête, la gorge nouée.

— Tu es ici chez toi, rajouta Harry.

Le gryffondor servit une tasse de thé à Severus puis à son épouse.

— Merci, murmura le garçon d'une voix rauque.

— Sers-toi des biscuits. Le thé est bien meilleur avec, conseilla Harry.

Severus lança un regard hésitant à Harry et encouragé par le regard du jeune homme, il finit par se saisir d'un biscuit qu'il porta à sa bouche d'une main tremblante. Hermione lui fit un sourire pour le rassurer.

La jeune femme savait qu'il faudrait du temps à Severus avant de s'accommoder à sa nouvelle vie. Elle s'y était préparée d'avance et s'était instruite pour devenir une bonne mère. Elle avait toute une pile d'ouvrages sur l'éducation d'un enfant et même si Harry s'en était moqué, lui-aussi avait fini par adhérer à son idée. Ils n'avaient jamais eu d'enfants auparavant et n'y connaissaient rien dans ce domaine alors il avait été préférable de s'instruire au préalable et d'apprendre les bases dans les livres.

— Comment s'est déroulé votre rendez-vous ? demanda Hermione.

— Très bien, répondit Harry. Nous recevrons Dumbledore à dîner demain.

— Ils ont accepté ta demande ? enchaîna la lionne.

— Pour l'instant, je n'ai eu aucune réponse de leur part. J'en discuterai avec Dumbledore demain. Raison pour laquelle il vient dîner au manoir.

— Pourquoi sommes-nous obligés de mêler le ministère à cette affaire ? questionna Alexein, prenant pour la première fois la parole.

— J'ai besoin de leurs aurors, répondit Harry. Enfin, de quelques aurors pour mener à bien cette histoire.

— Mais ils ne sont même pas qualifiés, protesta le blond.

— Nous les formerons.

— Je n'ai guère envie d'avoir des chochottes dans les pattes, grogna Alexein.

— Ne t'en fais pas, Alexein, tu choisiras toi-même ton équipe, l'assura Harry. Nous ferons passer des sélections.

— Nessa et Kilian se feront un plaisir de les démonter lors de cette sélection, ricana Alexein.

— Franchement, s'ils pouvaient éviter, ce serait nettement mieux.

— Franchement, t'es pas drôle, râla le blond.

— Où en est la mission ? demanda Hermione.

— Killian continue sa filature et Nessa a augmenté son périmètre de recherches. La dernière piste qu'elle avait eue était une fausse alors elle a préféré élargir son champ, répondit Alexein.

— Parfait.

— Bon, je dois y aller. Je n'ai pas encore fini avec mon œuvre, déclara Alexein en se levant.

— Fais attention à toi, dit Harry.

— Tu me prends pour qui ? Je ne suis pas un débutant, Harry, s'offusqua le blond.

— Ouais, je n'en doute pas, souffla le brun.

— Salut, gamin, lança Alexein à Severus.

Puis, le blond s'en alla en passant par la cheminée du salon.

— Viens, Severus. On va te montrer ta chambre, dit Hermione.

Severus suivit Harry et Hermione. Ils montèrent les marches d'escaliers en marbres et empruntèrent un long corridor recouverts de tableaux anciens. Le couple s'arrêta au bout du couloir et Hermione ouvrit la porte de droite. Elle se décala et fit signe à Severus de s'avancer.

Severus pénétra dans la pièce qui allait être sa chambre et admira tout ce qui s'y trouvait. La chambre était spacieuse et lumineuse. Au milieu de la pièce, trônait un grand lit à baldaquin en forme de chaudron. Juste à côté, un bureau en bois de chêne blanc et une bibliothèque.

Les tons de la pièce variaient assez souvent. Passant d'un décor à un autre. De l'océan à la terre ou du ciel à l'espace. Selon le décor, des bruits de fond s'élevaient dans la pièce.

Il y avait une pile impressionnante de jouets qui avaient été rangés dans un coin de la pièce. Severus s'approcha du lit et eut un sursaut en arrière lorsque les chaudrons qui étaient dessinés sur les draps se mirent à siffler, une potion infusant à l'intérieur des chaudrons.

La salle de bain était faite de marbres. La pièce était incurvée et de grands miroirs recouvraient les murs de côté. Au centre de la salle, une grande baignoire en forme de vif d'or. Au plafond, un lustre en verres soufflés de Murano.

— Elle te plaît ? demanda Hermione.

Elle ne savait pas si la chambre allait plaire à Severus. Elle l'avait décoré avec l'aide d'Harry et ils avaient essayé de mettre tout ce qui pourrait intéresser la version enfant de leur ancien professeur de potions. Elle était un peu anxieuse, elle devait l'avouer.

Severus regarda Hermione, les yeux embués.

Est-ce que ça lui plaisait ? Bien sûr, que la chambre lui plaisait. C'était la plus belle chambre qu'il ait jamais vu.

Il avait la gorge nouée et les larmes se mirent à perler sur ses joues. Il ne méritait pas autant. Il n'en voulait pas tant. Il avait juste besoin d'une maman et d'un papa. C'était beaucoup pour lui. Beaucoup pour son cœur qui se mit à exploser sous le flot de l'émotion.

Hermione lui ouvrit ses bras et il s'y jeta avec bonheur, éclatant en sanglots. Il était heureux. Très heureux. Il ne pensait pas qu'il était possible d'être si heureux.

Harry se joignit à l'étreinte et embrassa son épouse ainsi que son désormais fils.

Qu'est-ce que vous en dîtes ?


Réponses aux reviewers anonymes :

Lily : Merci, c'est très gentil. Je ne sais pas si je pourrais répondre à toutes tes attentes mais sache que j'en ferai une histoire longue et que je publierai autant que possible. Je pense que ce Severus aura une vie nettement meilleure que celle du maître des potions, surtout avec Harry et Hermione comme parents.

A.F : Merci. J'avoue que je ne savais pas trop comment représenter le petit Severus sans dénaturer l'adulte. Merci pour ton commentaire.

Lorina : Salut. Tu n'es pas la seule. J'ai fait quelques recherches sur l'enfance de Severus et je me suis toujours demandée pourquoi Eileen avait épousé Tobias et pourquoi elle négligeait autant son enfant. Quand j'ai appris que Tobias était violent avec Severus, j'ai eu envie d'aller rendre une petite visite à J.K et m'expliquer avec elle. Tu as raison, Sev mérite le bonheur. Tout comme j'aime le Harry/Hermione. Je ne suis pas fan du Harry/Ginny. Je ne peux pas la blairer, celle-là. Au fait, si tu en connais des histoires où Severus est adopté, sache que je suis preneuse. Bises.