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L'impasse du tisseur

Hermione quitta précipitamment leur lit et se dirigea à la hâte vers la salle de bain. Elle se précipita vers le lavabo pour vomir et sentit deux mains relever avec douceur ses cheveux tandis qu'elle continuait de vomir. Harry lâcha ses cheveux lorsqu'elle eut fini et elle se rinça la bouche sous le regard inquiet de son époux. Il lui tendit une serviette pour qu'elle puisse s'essuyer le visage.

— Hermione…

— Je vais parfaitement bien, Harry, le coupa-t-elle sachant parfaitement ce qu'il allait dire.

Harry lui lança un regard perplexe. Il n'était guère rassuré par les propos de la jeune femme. Elle lui semblait bien plus pâle qu'à l'accoutumée.

— Je vais bien, Harry. Ne t'en fais pas. Si ça ne va pas d'ici trois jours, je te promets de consulter un médicomage, d'accord ? proposa-t-elle.

— Promis ?

— Promis, assura-t-elle tout en souriant.

Harry finit par acquiescer et déposa un baiser sur le front de sa femme avant de l'étreindre très fort dans ses bras.

Merlin, qu'il aimait cette femme ! Hermione était tout ce qu'il avait en ce monde et désormais, il pouvait dire qu'il avait une famille. Ils avaient un fils, Severus.

Il plongea son nez dans la chevelure d'Hermione et respira l'odeur de son shampoing. Si familier et si rassurant. Elle était là auprès de lui comme au tout premier jour. Sans s'en rendre compte, Hermione était tout ce dont il avait toujours rêvé et il l'avait eu tout ce temps auprès d'elle sans réellement s'en apercevoir.

Son histoire d'amour avec Hermione avait débuté de façon imprévisible, avec beaucoup de difficulté. La bataille de Poudlard avait bien sûr laissé des séquelles sur chacun d'eux. Il avait été difficile de se reconstruire après toutes ces pertes mais il avait bien fallu aller de l'avant et continuer de vivre pour tous ces morts. Ils l'avaient fait. Ils avaient continué de vivre en mémoire de leurs proches mais pour Harry, ce fut extrêmement difficile de retourner à Poudlard.

Poudlard. Il avait l'impression d'étouffer dans ce château car chaque mur, chaque pierre, chaque marche, chaque passage lui rappelait sans cesse ce qu'il avait perdu. L'école lui rappelait qu'il avait échoué dans sa quête. Il avait laissé ses proches mourir et tout ça, uniquement par sa faute. Ils étaient tous morts en son nom. Un par un, à commencer par ses parents, puis Sirius, Dumbledore, Snape, Remus, Tonks, Fred. Ils étaient tous morts parce qu'ils avaient donné leur vie pour lui. Ils s'étaient tous sacrifiés pour qu'il puisse vivre. Sa vie ne valait pas autant de morts. Il n'avait jamais voulu ça.

Plus le temps passait et plus Harry devenait l'ombre de lui-même. Il se renfermait un peu plus chaque jour sur lui-même et puis un beau jour, il avait cessé de parler et se nourrissait de moins en moins. Ginny, sa petite-amie de l'époque avait tout essayé pour le sortir de sa léthargie mais elle n'y était pas arrivée. Elle avait pourtant essayé mais elle-aussi, elle avait échoué. Alors, lasse de se battre, elle avait fini par abandonner et avait compris que le garçon dont elle était tombée amoureuse était mort lors de cette bataille. Qu'Harry Potter, le garçon qu'elle avait côtoyé dans son enfance n'était plus.

Ginny avait rompu leur relation et lui, il n'avait rien dit. Il avait eu mal mais c'était mieux ainsi. Il n'aurait jamais pu rendre la rousse heureuse. Il était bien trop blessé et trop meurtri par la guerre pour pouvoir aimer de nouveau. Son cœur était mort avec ses proches.

Les mois passèrent et son état ne s'améliorait pas. Ses résultats scolaires étaient à la surprise de tous, excellents. Il broyait du noir mais le faisait tout en se plongeant dans ses études. Travailler, lui permettait d'oublier l'espace d'un instant les cris de souffrances des fantômes de ses proches alors, il travaillait très dur jusqu'à s'épuiser car il fuyait le sommeil. Il fuyait les fantômes de ses cauchemars.

Pendant ce temps, la relation entre Hermione et Ron étaient en train de se dégrader. Finalement, malgré les nombreuses qualités du rouquin, la gryffondor s'était rendue compte qu'ils n'avaient aucuns points en commun et qu'il était illusoire de continuer cette relation qui ne leur menait à rien. Ron avait toujours son deuil à faire et Hermione devait penser à son avenir.

D'un commun accord, Hermione et Ron avaient mis fin à leur relation amoureuse. Très vite, le jeune homme s'était mis à ressortir avec Lavande Brown qui avait bien changé après la bataille de Poudlard. De son côté, Hermione essayait de sortir Harry de sa sphère.

Harry ne parlait pas et Hermione se contentait d'être à ses côtés. Plusieurs fois, ils s'étaient endormis tous les deux dans leur salle commune enlacés l'un contre l'autre et dans ces moments-là, Harry ne faisait pas de cauchemars. Alors, ils avaient tenté l'expérience plusieurs fois et la salle commune était devenue en quelque sorte leur chambre.

Ginny s'était remise de sa rupture avec Harry et batifolait amoureusement avec Neville. Le jeune homme la rendait heureuse et c'était l'essentiel.

Après leur septième année, Ron avait entrepris une formation d'auror et Ginny avait décidé d'entreprendre une carrière professionnelle dans le quidditch tandis que Neville se perfectionnait en botanique.

Hermione et Harry avait emménagé ensemble dans un appartement sur le chemin de traverse car le jeune homme ne voulait pas vivre au 12 Square Grimmaurd. Trop de mauvais souvenirs. La jeune femme intégra le département de contrôle et de régulation des créatures magiques tandis qu'Harry restait terré dans leur appartement.

Avec patience et douceur, Hermione avait fini par panser certaines blessures du passé d'Harry. Il était sorti tout doucement de son mutisme et recommença à parler. Au tout début, il ne discutait qu'avec Hermione puis il finit par reprendre la parole avec ses amis. C'était un grand pas dans sa guérison.

Puis petit à petit, Hermione réussit à le faire sortir de leur appartement et ils firent quelques pas sur le chemin de traverse. Ils n'allaient jamais bien loin car Harry détestait toujours autant la foule. Il fallut encore quelques mois à Harry avant qu'il ne se confie totalement à Hermione, qu'il lui parle enfin pour la première fois de ses cauchemars, de ses remords, du sang qui tâchait ses mains, de tous ces morts, de toutes ces personnes qu'il avait dû tuer.

Hermione, avec le temps et beaucoup de patience, finit par rassurer Harry. Il semblait faire de moins en moins de cauchemars et se nourrissait correctement. Il souriait un peu plus et recommençait lentement à vivre.

Au début de l'été, Hermione décida d'emmener Harry avec elle pour faire le tour du monde. Changer d'environnement permit à Harry d'aller beaucoup mieux et ce voyage permit aux deux jeunes gens d'apprendre à mieux se connaître et à tomber amoureux l'un de l'autre. C'est sur une plage chaude du brésil qu'ils échangèrent leur premier baiser. C'est à Paris qu'ils firent pour la première fois l'amour et c'est à Londres qu'ils surent qu'ils étaient faits l'un pour l'autre.

Au début de leur relation, ils décidèrent de garder le secret car ils avaient peur des réactions de leurs amis surtout celles de Ron et de Ginny.

Au bout d'un an, le jour du nouvel an, ils décidèrent de se lancer et avouèrent toute la vérité à leurs amis qui à leur surprise, le prit très bien. Ginny disait s'en être douté depuis le début et qu'il fallait être aveugle pour ne pas voir les regards qu'ils se lançaient lorsqu'ils étaient tous les deux. Elle leur avait souhaité tout le bonheur du monde. Il en avait été de même pour Ron et ce dernier avait annoncé que Lavande et lui attendaient un enfant. La nouvelle fut accueillie avec une slave de félicitations pour le couple qui comptait se marier avant la naissance du bébé.

Harry avait tout pour être heureux mais bien vite, il rechuta. Il ne pensait pas mériter autant de bonheur alors que ses proches étaient morts. Il n'arrivait pas à se pardonner le sacrifice de ses proches et un jour, alors qu'elle rentrait du ministère, Hermione avait trouvé Harry avachi dans le fauteuil, une bouteille d'alcool à la main. Il était ivre et n'arrêtait pas de pleurer. Il parlait de ses parents, de Sirius, de Severus. Il n'y avait pas de sens à ses paroles mais Hermione comprit le principal, Harry ne serait jamais heureux dans ce monde. Elle l'avait couché dans leur lit et avait passé toute la nuit à réfléchir à un plan. Elle ne trouva l'illumination qu'aux aurores.

Quand Harry se réveilla, elle exposa son plan au jeune homme et si au début, il parut perplexe, il se décida à suivre sa petite-amie dans cette aventure. Il leur fallut trois longues années avant de mettre au point leur plan et de faire le grand voyage dans le temps. Encore une autre année avant de s'habituer à leur nouveau monde et de se faire des alliés.

Aujourd'hui, les voilà en 1971 en train de réécrire l'histoire. Qu'importe ce qui se passerait, ils seraient toujours ensembles, liés l'un à l'autre pour la vie jusqu'à ce que la mort ne les sépare.

— Je t'aime, dit Harry.

— Moi aussi, Harry. Bien plus que tu ne pourrais jamais l'imaginer, répondit Hermione en se blottissant un peu plus contre le torse du brun.

Harry n'avait guère besoin de l'imaginer. Il le savait déjà. Hermione lui avait plusieurs fois démontré à quel point elle tenait à lui et combien elle était amoureuse de lui. Il n'avait pas besoin de preuves supplémentaires pour croire en la véracité de sa déclaration. L'amour d'Hermione l'emplissait depuis bien longtemps de bonheur.

— Viens, on va prendre le petit-déj, lança-t-il en rompant son étreinte.

— Je te rejoins et pendant ce temps, toi, tu vas réveiller notre fils.

— Notre fils, fit Harry en souriant tendrement.

— Oui, notre fils, confirma Hermione souriante.

— On t'attend dans la salle à manger.

Harry déposa un baiser sur la joue de son épouse et fila dans celle de leur fils.

La journée d'hier avait été une simple présentation entre eux. Après le repas, ils s'étaient retrouvés dans le salon à discuter de tout et de rien. Au début, établir une conversation avec Severus fut assez difficile puisque ce dernier n'était pas très bavard. Mais au bout de quelques heures, il finit par se lâcher grâce à la présence de Rafiki dans la pièce. Apparemment, le Demiguise avait adopté Severus.

Ils apprirent que Severus aimait faire des potions, rien de très surprenant pour eux puisqu'ils le savaient déjà et qu'il aimait aussi jouer aux bavboules. Sa mère avait un ancien jeu dans la maison et elle lui permettait d'y jouer lorsqu'elle était dans ses bons jours. Il avait le droit de consulter les livres de magie de sa mère mais uniquement lorsque son père était à la fabrique car Tobias détestait la magie.

Vers la fin de la journée, Harry et Severus firent quelques parties de bataille explosive avant de laisser le jeune garçon retourner dans sa chambre pour qu'il s'acclimate un tant soit peu à sa pièce privée et aux objets qui s'y trouvaient.

Harry ouvrit tout doucement la chambre de Severus et se glissa lentement vers le lit en forme de chaudron de son fils. Le lit avait été une idée d'Hermione. Elle disait que c'était une sorte d'hommage au vieux Severus qui aurait certainement adoré avoir un lit pareil.

Il s'assit sur un coin du lit qui s'affaissa sous son poids et Severus remua légèrement dans son sommeil. Harry caressa le visage du gamin puis passa sa main dans les cheveux lisses et doux de son enfant. Il allait lui permettre d'avoir une belle vie. Il allait rendre ce gamin très heureux et donnerait à Severus tout ce que lui, n'avait pas pu avoir dans son enfance. Il donnait une seconde chance à ses proches. Une chance de vivre leur vie sans avoir peur du lendemain. Sans craindre la menace d'un mage noir complètement aliéné. Il allait permettre à son ancien professeur d'être un enfant heureux et lui promettait un avenir meilleur. Il y veillerait et cette fois-ci, il ferait tout pour que personne ne meure dans cette histoire. Il éviterait le drame de son monde.

— Severus ? l'appela-t-il d'une voix douce.

— Hum…dormir, grogna l'enfant.

— Debout, Sev. Comment iras-tu voir ton amie Lily si tu ne te lèves pas ?

La réaction du jeune Severus fut immédiate. Il ouvrit grand les yeux à la mention du prénom de son amie. Et il se redressa rapidement dans son lit.

— On va voir Lily ? demanda-t-il en posant des yeux plein d'espoir sur Harry.

— On ira la voir mais seulement après avoir mangé, répondit Harry. Bonjour.

— Bonjour.

— Viens, ta mère doit sûrement nous attendre dans la salle à manger, lança Harry en tendant une main à Severus.

Severus prit la main d'Harry et quitta son lit. Il était au manoir Caledonensis que depuis hier et il se sentait déjà bien ici. Ses nouveaux parents, Harry et Hermione étaient très gentils avec lui et grâce à eux, il avait une grande et magnifique chambre avec pleins de jouets magiques. Il savait que sa mère était une sorcière mais jamais, il n'aurait pu imaginer que la magie pouvait faire autant de choses. C'était incroyable !

De plus, hier, il avait fait la connaissance de Rafiki et des autres animaux magiques qui vivaient au manoir. Il avait découvert plusieurs espèces et Hermione, sa nouvelle maman lui expliquait tout ce qu'il y avait à savoir sur ces créatures fantastiques. S'il posait des questions, Hermione répondait aussitôt avec un grand sourire. Et le sourire de la jeune femme le déstabilisait toujours car il avait comme l'impression qu'elle était très fière de lui lorsqu'il s'intéressait à quelque chose et qu'il posait sans cesse des questions.

Lorsqu'ils vivaient à l'impasse du tisseur, ses parents s'énervaient toujours lorsqu'il posait des questions et sa curiosité lui valait toujours des coups administrés par son père tandis que sa mère se fichait éperdument de lui. S'il voulait des réponses, il devait les obtenir lui-même sans déranger ses parents.

Ils descendirent et trouvèrent Hermione déjà attablée qui n'attendait qu'eux pour commencer à déjeuner.

— Bonjour, la salua timidement Severus.

— Approche-toi, dit Hermione.

Severus retira sa main de celle d'Harry et s'avança vers la jeune femme. Hermione caressa sa joue et déposa un baiser sur son front. Severus rougit subitement.

— Bonjour, mon chéri. Bien dormi ?

— Oui, répondit-il.

Il s'assit en face d'Hermione et écarquilla les yeux lorsqu'il vit tout ce qu'il y avait à manger sur la table. Il n'avait jamais pris de petit-déjeuner chez ses parents car ils n'avaient pas assez de moyens alors ils ne mangeaient qu'une seule fois par jour et il n'y avait qu'un seul plat la plupart du temps. Bien sûr, il savait à quoi ressemblait un petit-déjeuner puisqu'il en avait déjà pris une fois chez son amie Lily mais il n'y en avait jamais eu autant sur la table. C'était à croire qu'il y en avait pour tout un régiment.

— Quelque chose ne va pas ? lui demanda Hermione.

Severus secoua la tête.

— Tu peux parler, Severus, dit Harry d'une voix rassurante.

— On…on…attend quelqu'un ? questionna-t-il.

— Non, répondit Hermione décontenancée. Pourquoi cette question ?

— C'est que…euh…eh ben…

Harry sourit en comprenant le problème de Severus. Après tout, qui mieux que lui pouvait comprendre le jeune garçon ? Ils avaient grandi tous les deux dans des situations assez similaires. Sauf qu'Harry, lui, n'avait pas reçu de coups de son oncle Vernon et que Severus n'avait pas grandi pendant dix ans dans un placard à balai.

— Il n'y a que nous dans ce manoir, Severus. Enfin, si l'on enlève les elfes de maison et les animaux fantastiques. Nous n'attendons personne ce matin donc tu peux déduire que tout ce qu'il y a sur cette table a été préparé pour nous, expliqua Harry.

— Tout ça ?! s'exclama Severus, ahuri.

— Oui, tout ça, confirma Harry tout en esquissant un léger rire.

— Oh !

— Allez ! Mange, mon ange, dit Hermione à Severus.

Le petit garçon sourit et commença à manger son petit-déjeuner tout en ressentant une chaleur inexpliquée au niveau de la poitrine.

Il aimait bien quand sa nouvelle maman l'appelait par des petits noms comme : mon ange ou mon chéri. Il était un peu gêné mais ça lui plaisait bien car il savait que c'était ce qu'une maman faisait avec ses enfants, les appeler par des petits noms affectueux.

Plusieurs fois, il avait entendu la mère de Lily appeler sa fille en utilisant des mots comme : mon lapin, ma petite fleur ou encore mon canard en sucre. Il se moquait souvent de Lily à ce sujet mais ne pouvait s'empêcher de l'envier car lui, jamais ses parents ne l'avaient appelé ainsi et le fait que sa nouvelle maman utilise des surnoms affectifs avec lui, prouvait qu'elle tenait un tant soit peu à lui n'est-ce pas ?

Si elle s'occupait mieux de lui que sa vraie maman, cela voudrait dire qu'elle l'aimait bien non ? Sinon, pourquoi aurait-elle voulu l'adopter ? Pourquoi l'appellerait-elle ainsi ?

Il ne chercha pas à en savoir plus et préféra profiter un peu plus de cet instant de bonheur car oui, il était heureux et il n'aurait jamais pu imaginer qu'il se sentirait si heureux de toute sa vie. Il avait comme l'impression de nager sur un océan de bonheur.

Harry et Hermione échangèrent un sourire ravi en voyant l'air extatique qu'affichait Severus tout en buvant son lait. Il avait l'air heureux et c'était ça le plus important.

Ils finirent de manger et Hermione envoya Severus dans sa chambre pour qu'il puisse se préparer. Ils allaient à l'impasse du tisseur dans peu de temps. Elle était dans la salle à manger avec Harry qui consultait la Gazette du Sorcier.

— Qu'est-ce que tu ressens à l'instant ? l'interrogea-t-elle.

— De quoi parles-tu ?

— Ne joue pas à ça avec moi, Harry. Tu sais très bien de quoi je suis en train de parler, grogna-t-elle.

Harry poussa un profond soupir et rangea le journal sur un coin de la table.

— Je ne sais pas trop, avoua-t-il penaud. Tout est confus dans ma tête. Je suis heureux de pouvoir enfin la voir et en même temps, je suis triste car je sais que ce n'est pas ma mère. La mienne est morte alors que je n'avais qu'un an. Tout est différent maintenant que nous avons fait ce voyage et je sais que les personnes que nous voyons ici ne sont pas réellement nos proches puisqu'ils ont une vie différente.

— Harry, souffla Hermione.

— Mais en même temps, cela me rassure de savoir qu'ils ont une vie différente puisqu'ils pourront avoir la chance de vivre heureux et insouciants contrairement à leurs homologues, continua Harry en essayant de sourire.

Le sourire factice d'Harry ne dupa guère son épouse. Elle se leva de sa chaise et s'assit sur les genoux du brun. Elle caressa sa joue, ses cheveux, puis elle plongea son regard dans le sien. Elle put lire dans les yeux émeraude toute la peine du monde. Il avait ses parents vivants près de lui et au lieu d'en être heureux, il en souffrait car il aurait souhaité les avoir vivants dans son monde. Il aurait souhaité grandir avec ses parents et avoir une enfance heureuse mais malheureusement, le destin en avait décidé autrement et il devait l'accepter. Ses parents étaient morts.

Hermione prit la main d'Harry et la posa sur sa poitrine, près de son cœur.

— J'ai toujours ton cœur avec moi, je le garde dans mon cœur. Sans lui, jamais je ne suis. Là où je vais, tu vas mon cher. Et tout ce que je fais par moi-même est ton fait, mon chéri. Je ne crains pas le destin, car tu es à jamais le mien, mon amour…

— Je ne veux pas d'autre monde, car ma magnifique, tu es mon monde, mon vrai. C'est le secret profond que nul ne connaît, poursuivit Harry.

— C'est la merveille qui maintient les étoiles éparses, continua Hermione.

— Je garde ton cœur. Je l'ai dans mon cœur, finirent-ils ensemble.

Harry sourit tendrement à son épouse et effleura ses douces lèvres d'un baiser.

— Je te remercie, Mione.

— Notre monde, c'est notre amour et notre famille, Harry, dit Hermione d'une voix douce.

Harry acquiesça. Hermione avait raison.

— Je t'aime.

— Je t'aime aussi.

Hermione embrassa Harry puis elle déposa un baiser à la commissure de ses lèvres et prit la main de son époux qu'elle força à se lever. Ensemble, ils allèrent prendre une douche. Harry avait besoin d'un peu réconfort et elle avait une astuce imparable dans ces cas qui marchait à tous les coups.

Ils ressortirent de leur chambre une demi-heure plus tard et trouvèrent Severus dans le hall en train de s'amuser avec Rafiki le Demiguise.

Le jeune garçon avait revêtu un short noir et un tee-shirt bleu marine et portait des sandales. Une tenue choisie par Hermione et qu'elle avait laissé sur le lit à l'attention du petit garçon. C'était l'été et il faisait chaud. Il n'était pas question de l'habiller avec des vêtements sorciers surtout qu'ils allaient rendre une petite visite à une famille moldue.

Harry était vêtu d'un bermuda et d'une chemise tandis qu'Hermione portait une jolie robe à fleurs.

— On y va, Severus, annonça Hermione.

— À tout à l'heure, Rafiki, lança Severus au petit singe.

Il courut pour rattraper ses parents qui se dirigeaient vers le salon. Harry prit un peu de poudre de cheminette dans sa main et fit signe au jeune garçon de s'approcher.

— On va passer par la cheminée pour y aller, d'accord ? l'informa Harry.

— La cheminée ? répéta Severus, incrédule.

— Oui, ta maman ne peut pas transplaner en ce moment. Elle a un petit problème avec ce transport et de plus, comme nous allons dans un quartier moldu, nous ne pouvons nous permettre d'y aller en carrosse. Cela attirerait l'attention, expliqua Harry.

— Je…C'est que…

— Nous t'expliquerons un peu plus tard les différents modes de transports sorciers, dit Hermione.

— Ne respire pas et accroche-toi à moi, conseilla Harry.

Severus acquiesça d'un simple hochement de tête et se cramponna à Harry lorsqu'ils traversèrent la cheminée. Il eut juste à peine le temps d'entendre leur destination qu'en quelques instants, ils se retrouvèrent dans une petite ruelle. Il eut un sursaut lorsqu'il vit apparaître Hermione devant eux.

— Tout va bien ? s'enquit Hermione.

— Oui, répondit Severus d'une petite voix.

Harry le déposa au sol et il remarqua qu'ils se trouvaient à l'impasse du tisseur dans le quartier pauvre de Carbone-les-Mines. Il put apercevoir au loin la grande cheminée de la fabrique où travaillait son père.

— Tu nous conduis jusqu'à ton amie, Severus ? lui demanda Hermione.

Severus hocha vivement de la tête et se précipita vers la maison de sa meilleure amie qui habitait à la rue voisine. Harry et Hermione emboîtèrent les pas du jeune garçon qui semblait surexcité à l'idée de revoir son amie.

Severus arrêta de courir lorsqu'il arriva près d'un petit lotissement composé de maisons semblables. Il marcha jusqu'à la maison qui comportait le numéro trois et les deux gryffondors surent qu'ils étaient arrivés.

Hermione et Harry échangèrent un bref regard. Ils y étaient. Harry allait rencontrer pour la première fois Lily Evans.

— C'est là, dit Severus.

Harry s'avança jusqu'au perron et sonna à la porte. Il entendit quelques bruits provenir de l'intérieur et sentit son cœur battre la chamade.

— J'arrive ! cria une petite voix fluette.

Le cœur d'Harry se mit à battre à tout rompre alors qu'il entendait le bruit des pas se rapprocher puis il entendit le tintement d'une clé que l'on tournait et il vit la poignée de la porte se baisser. Il allait enfin la voir. Pas dans une pensine, ni sur une photo mais en vrai. Il pourrait la contempler de ses propres yeux et même l'entendre respirer.

Elle était juste tout près. Celle qui, dans une autre vie avait été sa mère. Car aujourd'hui, il n'était plus certain de l'avenir d'Harry James Potter. Allait-il naître dans ce monde ? Il n'en savait rien. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle était vivante. Qu'ils étaient tous vivants et qu'il ferait tout pour qu'il en soit toujours ainsi.


Réponses aux reviewers anonymes :

Lorina : Bonsoir, ma jolie. Je suis ravie de te retrouver pour un nouveau chapitre. Je te remercie pour le compliment. Depuis le temps que je cherchais une fic Harry Potter dans le genre et jamais, je n'ai trouvé alors j'ai décidé de me servir moi-même. Peut-être que cette histoire inspirera d'autres auteurs, qui sait ? L'équipe d'Harry apparaîtra au fil des chapitres et on en saura un peu plus sur eux avec le temps. Ne t'en fais pas. De plus, je te promets que tu vas adorer Alexein. C'est mon gros nounours celui-là. Merci encore pour tes encouragements ma belle et j'espère te revoir dans le prochain chapitre.

dragohermione62 : Bonsoir et merci beaucoup pour ton avis sur l'histoire.

Guest : Sorry, i'm not speak english.

Lily : Merci pour ton commentaire. On aura d'autres scènes touchantes dans l'histoire. Attends un peu d'avoir Severus à Poudlard. J'ai juste hâte de poster les prochains chapitres. Tu verras pourquoi j'ai choisi ce statut pour eux. Leur ascendance a une importance dans l'histoire et tu en sauras plus lors du dîner avec Dumbledore. De rien. Vos commentaires me ravissent donc il est normal de vous répondre. Bisous.

Auriane07 : Merci beaucoup pour ton commentaire. J'espère que la suite te plaira. A la prochaine.

Je vous dis à la prochaine pour la suite de l'histoire.

Amicalement,

Dustin Potter Hoffman Snape.