.
4
La famille Evans
Il eut l'impression que le temps venait de se figer. Un vent léger se leva et souleva la chevelure rousse de la petite fille qui lui faisait face. La fillette avait un visage rond et quelques tâches de rousseurs sur les joues. Ses yeux vert émeraude étincelaient de vie. Sa poitrine se soulevait lentement au rythme de sa respiration.
Elle était vivante, fut sa seule pensée. Elle était là devant lui, à le dévisager avec un air interrogatif. Elle était vivante. Cette phrase tourna en boucle dans sa tête alors que diverses émotions s'entrechoquaient en lui. Il était heureux, tout en étant triste. Il n'arrivait pas à dire quel était le sentiment qui prédominait le plus car il nageait dans le flou.
Elle était vivante.
Il resta, là, debout à contempler cette jeune fille qui fut un jour sa mère. Cette gamine qui dans une autre vie aurait été la mère d'un petit garçon pour qui elle sacrifierait sa vie. Sa mère. Cette petite fille.
Les larmes brûlèrent ses yeux alors que son regard était fixé sur la fillette. Il la dévisagea, incapable de contrôler les tremblements de son corps. Elle était vivante, face à lui. Les yeux verts émeraude comme les siens le scrutaient d'un air inquiet et il ferma les paupières un instant, inspirant profondément pour recouvrer son calme.
— Je…Euh…je… bégaya-t-il avant de se taire.
Parler lui demandait beaucoup trop d'effort tant sa gorge était nouée. C'était l'émotion de voir pour la première fois sa mère.
— Severus ! s'écria la fillette lorsqu'elle aperçut son ami.
— Lily !
Lily sortit de la maison et se précipita vers le jeune brun pour l'enlacer.
— J'ai cru que tu étais parti pour toujours, confia Lily d'une voix enrouée.
Severus ne répondit pas et resserra son étreinte autour de son amie.
Hermione se rapprocha de son époux et elle prit la main d'Harry dans la sienne et la porta à ses lèvres. Elle planta son regard noisette dans celui émeraude de son mari et par ce geste, elle lui transmit tout son soutien. Elle savait combien cette épreuve était difficile pour lui. Revoir ses parents sans pouvoir dire qui il était vraiment pour eux, c'était difficile surtout qu'il aurait souhaité grandir avec eux mais la vie en avait décidé autrement et il devait s'y faire.
Harry remercia son épouse en déposant un baiser sur sa joue. Il appréciait sincèrement tout ce qu'Hermione faisait pour lui. Il se demandait ce qu'il aurait fait sans elle à ses côtés. Elle était sa lumière dans les ténèbres.
— Comment tu vas ? Où étais-tu ? On a appris que ton père était en prison ? C'est vrai qu'on t'a placé dans un centre pour enfants abandonnés ? l'assomma Lily de questions.
— Eh ben, c'est…c'est une longue histoire, répondit Severus.
— Raconte. Moi, j'ai tout mon temps, dit Lily.
— Lily ? À qui parles-tu ? demanda une voix féminine.
Une femme aux cheveux roux et aux yeux marrons clair fit apparition dans l'encadrement de la porte d'entrée et posa son regard sur sa fille qui tenait les deux mains de Severus.
— Severus ! s'exclama la femme.
Elle se jeta aussitôt sur le garçon et le prit dans ses bras.
— Comment vas-tu, mon garçon ? C'est affreux ce qui s'est passé ! J'ai appris pour ta mère. Mon Dieu ! Cette pauvre Eileen, tuée par son ivrogne de mari ! J'espère qu'il croupira en prison ce salaud !
— Maman t'a dit un gros mot, lui fit remarquer Lily.
— Mais comment veux-tu que je nomme ce sale rat ! Ce scélérat ! C'est un salaud qui ne savait que battre sa femme et son fils. Même pas capable de travailler dur et de faire vivre décemment sa famille ! s'époumona Mrs Evans.
Lily rigola tout doucement entre ses mains tandis que Severus ne savait plus où se mettre. Il recula de quelques pas et se retrouva coller contre Hermione, sa nouvelle maman. Mrs Evans qui suivit le geste du petit garçon, remarqua enfin la présence du couple Caledonensis.
— Oh ! Je vous prie de m'excuser…je n'ai pas…euh…pardon, balbutia Mrs Evans, honteuse.
— Ce n'est rien, rassurez-vous, assura Hermione.
— Victoria Evans, se présenta la rousse.
— Hermione Caledonensis et voici mon époux, Harry.
— Enchantée, fit Victoria.
— Et moi c'est Lily, se présenta à son tour la fillette d'une voix enjouée.
— Ravie de faire ta connaissance, Lily, dit Hermione avec un sourire amusé.
Harry ne dit rien, préférant rester en retrait. Il n'était pour l'instant pas capable de tenir une discussion tant sa gorge était serrée.
— Je ne voudrais pas vous paraître impolie mais puis-je savoir ce que vous faîtes chez moi ? questionna Victoria, intriguée.
— Nous sommes les parents adoptifs de Severus, répondit Hermione. Nous sommes venus chez vous car il a émis le souhait de revoir son amie, Lily, votre fille.
— Oh !
— Tu sais que ta nouvelle maman est jolie ? murmura Lily à son ami qui piqua un fard.
Lily gloussa tout doucement tandis qu'Hermione rougit légèrement au compliment de la gamine.
— Venez ! Entrez ! les invita Victoria.
La demeure de la famille Evans, bien que petite, était très chaleureuse tout comme la maîtresse de maison qui installa confortablement ses invités dans le salon autour d'une bonne tasse de thé et de bons petits biscuits faits maison.
— Alors comme ça, vous avez adopté, Severus ? lança Victoria.
— Oui, confirma simplement Hermione.
— Tu te plais chez tes nouveaux parents, Severus ? l'interrogea Victoria.
— Oui, ils sont gentils avec moi. Même qu'ils m'ont acheté pleins de jouets. J'ai une bibliothèque à moi tout seul et en plus, mon lit il est en forme de chaudron et au manoir, y a pleins d'animaux magiques. Lily, tu savais qu'il existait des singes qui pouvaient devenir invisibles ?
Severus parla à toute vitesse sans prendre la peine de respirer et Lily écouta son ami sans l'interrompre, un sourire aux lèvres.
Victoria se tourna vers le couple Caledonensis, surprise.
— Vous aussi, vous êtes magiciens ? demanda-t-elle, interloquée.
— Des sorciers, corrigea Hermione.
— Vous saviez pour Severus ? la questionna Harry, étonné.
— Oui, bien sûr. Il l'avait dit à Lily qui me l'a aussi dit, répondit Victoria. D'ailleurs, ma fille aussi pratique un peu de magie mais pas autant que Severus.
— Et cela ne vous rebute pas ? enchaîna Harry.
— Oh non ! Au contraire, mon époux et moi-même sommes fiers de notre fille.
Lily et Severus parlaient joyeusement entre eux tandis qu'Hermione, Harry et Victoria faisaient connaissance.
Victoria était une femme douce et très bavarde. Harry trouva plusieurs points communs entre elle et Mrs Weasley. Il se dit qu'il aurait aimé avoir Victoria comme grand-mère. Hermione expliquait à Victoria le fonctionnement du monde sorcier lorsqu'une jeune fille à la chevelure blonde et aux yeux marron entra dans la pièce.
Aussitôt, le silence s'abattit dans le salon. Elle darda son regard sur le couple et fusilla Severus avec ses yeux.
— Que fais-tu là, le monstre ? cracha la blonde.
— Pétunia ! fit Victoria d'un ton réprobateur.
— Heureux aussi de te revoir, la Sang-de-Bourbe, lança Severus sarcastique.
Harry se leva prestement du fauteuil dans lequel il était assis et sortit vivement sa baguette magique.
— Récurvite !
Il lança le sortilège ménager sur Severus pour nettoyer la bouche du petit garçon qui venait d'insulter la sœur de sa meilleure amie. Des bulles se mirent à sortir de la bouche de Severus qui cracha de l'eau savonneuse.
— Je ne sais pas où tu as appris ce mot mais je t'interdis, tu m'entends bien ? Je t'interdis d'utiliser à nouveau ce terme. Est-ce bien clair ? dit Harry d'une voix dangereusement basse.
Severus, les yeux embués, acquiesça simplement de la tête.
— Cette expression ne devra plus jamais sortir de ta bouche. Les nés-moldus, sang-mêlé, sang-pur ou moldus sont tous des êtres humains. Je ne veux pas que tu fasses de distinction entre eux, d'accord ?
Severus hocha une nouvelle fois la tête, des larmes perlant sur ses joues. La vue du petit garçon malheureux, crachant du savon de sa bouche comprima le cœur d'Harry. Un instant, il voulut retirer le sortilège mais il savait que Severus devait apprendre la leçon sinon il risquait de recommencer.
Après avoir lu plusieurs ouvrages sur l'éducation d'un enfant, il savait qu'il fallait punir l'enfant sans flancher lorsqu'il faisait des bêtises et là, Severus en avait fait une donc il devait se montrer intransigeant.
— Présente tes excuses à la jeune fille, ordonna Harry à Severus.
Severus ravala ses larmes et se tourna vers la blonde qui le regardait complètement décontenancé.
— Je m'excuse, crachota-t-il en étouffant un sanglot.
Puis, Severus sortit brusquement de la maison des Evans et Lily jeta un regard noir à Harry avant d'aller à la poursuite de son ami.
Harry se sentit très mal. Il venait à peine de rencontrer sa mère que déjà, il se la mettait à dos. Maintenant, elle allait penser qu'il martyrisait Severus donc, qu'il était méchant.
— Que veut dire Sang-de-Bourbe ? demanda Victoria.
— C'est une insulte adressée à un sorcier né-moldu, répondit Hermione. Dans le monde sorcier, les moldus sont des personnes sans pouvoirs magiques.
— Ah d'accord !
— Je devrais peut-être aller voir, Severus, dit Harry.
— Non, Harry, l'en dissuada Hermione. Il a mérité cette punition. Il ne doit pas insulter les gens et encore moins se croire supérieur aux moldus ou aux nés-moldus juste parce qu'il est de sang-mêlé. Il doit apprendre sa leçon.
Harry hocha la tête et se rassit dans son siège.
— Sang-mêlé ou pas, c'est un monstre tout comme Lily ! lança méchamment Pétunia.
— Pétunia !
— Quoi ? Toi et papa n'arrêtez pas de baver devant Lily juste parce qu'elle fait des tours pathétiques ! Depuis que vous savez qu'elle et le petit Snape sont anormaux, vous n'arrêtez pas de la chouchouter ! s'énerva Pétunia.
La jeune fille quitta précipitamment le salon et alla s'enfermer dans sa chambre en claquant violemment la porte derrière elle. Victoria poussa un soupir las et se tourna vers ses invités d'un air désolé.
— Je vous prie d'excuser le comportement de Pétunia. Depuis que nous avons appris que sa sœur était une sorcière, elle ne cesse de traiter Lily de tous les noms. Mon mari et moi pensons qu'elle soit jalouse de sa petite-sœur et qu'elle aurait souhaité, elle-aussi, être une sorcière.
— Puis-je lui parler ? demanda Hermione.
Victoria regarda Hermione, incrédule et finit par accepter.
— Sa chambre est tout au fond à droite, indiqua Mrs Evans. Vous ne pourrez pas vous tromper. Il y a son prénom inscrit sur la porte.
Hermione se leva et monta les marches d'escaliers qui menèrent à l'étage. Elle se dirigea tout au fond du couloir comme lui avait indiqué Victoria et frappa à la porte de la chambre de Pétunia. Elle ouvrit la porte et pénétra dans la chambre de la jeune fille qui sanglotait dans son lit.
Hermione s'approcha lentement et s'assit sur le lit qui s'affaissa sous son poids. Elle posa tout doucement sa main sur le dos de la blonde pour ne pas l'effrayer.
— Pétunia ? fit-elle d'une voix douce.
Pétunia sursauta brusquement dans son lit et s'éloigna prestement d'Hermione comme si elle venait de se faire brûler.
— Que faîtes-vous ici ? Sortez de ma chambre ! Vous n'avez rien à faire là ! Je ne veux pas de vous et votre anomalie dans mon espace personnel, siffla Pétunia.
— Moi aussi, je suis une née-moldue tout comme ta sœur, dit Hermione d'un ton calme. Mes parents sont des moldus qui n'ont pas de pouvoirs magiques.
— Je m'en contrefiche, éructa la blonde. Maintenant, sortez de ma chambre !
— Savais-tu que nous avions tous de la magie en nous ? Moldus ou sorciers ? Nous sommes tous des êtres magiques mais seulement, chez certains, la magie est présente dans son être de façon plus éveillée tandis que chez d'autres, elle est endormie. Comme en veille, expliqua Hermione.
— Qu'est-ce que j'en ai à faire ?
— La nature, les animaux, tout ce qui nous entoure est magique. Il y a de l'essence magique en chacun de nous. Il suffit simplement de nourrir notre noyau avec une autre essence magique éveillée qui soit semblable à la nôtre, continua la brune.
— Allez raconter vos délires ailleurs.
— Je peux faire de toi une sorcière, Pétunia, dit Hermione.
Pétunia écarquilla les yeux, stupéfaite.
— Quoi ? s'écria-t-elle, ahurie.
— Je sais que toi aussi, tu souhaites devenir une sorcière tout comme Lily et que c'est pour cette raison que tu la jalouses autant. Tu aimerais, toi aussi, être anormale tout comme elle, comme Severus ou moi.
— Je…c'est…c'est faux ! mentit Pétunia, les joues rougies.
Bien que Pétunia ne soit pas rousse comme sa mère ou sa sœur, elle avait tout de même quelques tâches de rousseurs sur le visage.
— Si tu veux que je t'aide à devenir une sorcière, tu n'as qu'à le demander gentiment. Et si tu me promets d'être aimable avec mon fils, j'accèderai à ta demande. Mon époux et moi sommes venus pour inviter ta sœur à venir passer la journée au manoir avec Severus. Si tu le souhaites, tu y es aussi conviée. Là-bas, je pourrais confectionner une potion qui te permettra d'être une sorcière, lui proposa Hermione.
Pétunia regarda la jeune femme, les yeux ronds. Elle ne savait pas quoi penser de la femme qui était assise sur son lit.
La proposition de la femme était tentante et même si elle ne l'avouerait jamais à haute voix, elle souhaitait plus que tout au monde avoir des pouvoirs magiques comme sa sœur. Elle aimerait bien être une sorcière et peut-être que comme ça, elle pourra se réconcilier avec sa petite-sœur et qu'elles pourront redevenir les meilleures amies du monde. Car depuis que Snape était arrivé dans les parages, sa relation avec sa sœur s'était effritée. Il lui avait volé sa sœur simplement parce qu'il avait, lui-aussi, des pouvoirs magiques.
Hermione prit le silence de Pétunia pour un refus et elle se leva du lit, prête à quitter la chambre de la jeune fille. Elle lui avait fait cette proposition uniquement parce qu'elle savait que Pétunia pourrait être une parfaite alliée pour Harry au cas où l'histoire se répétait dans ce monde. Si Pétunia récupérait de nouveau Harry à la mort des parents de ce dernier, la blonde, elle en était sûre, s'occuperait merveilleusement bien de son neveu. Après tout, ce qui avait éloigné les deux sœurs l'une de l'autre était la magie. Il n'y avait que la magie qui pourrait les réconcilier. Uniquement et simplement la magie.
Avant d'entreprendre ce voyage, Hermione avait effectué plusieurs recherches là-dessus et elle avait appris qu'un moldu pouvait devenir sorcier grâce au noyau magique d'un sorcier ayant des liens de sang avec le moldu. Il fallait simplement réveiller la magie qui dormait dans le moldu par la magie éveillée d'un sorcier de sa famille.
— Vous pouvez vraiment me faire devenir sorcière ? demanda Pétunia.
— Je suis une sorcière, répondit Hermione.
— J'accepte votre proposition, dit Pétunia.
— Tu devras être aimable avec Severus, lui rappela Hermione.
— Je le serai, promit la jeune fille en levant les yeux au ciel.
— Marché conclu dans ce cas, déclara Hermione souriante.
Au moins une bonne chose de faite. Elle redescendit au salon en compagnie de Pétunia. Elle trouva Harry et Victoria aux côtés d'un homme aux cheveux blonds et aux yeux d'un vert émeraude semblable aux yeux d'Harry. Elle supposa qu'il devait s'agir du grand-père de ce dernier.
— Edmund, je te présente Hermione, la nouvelle maman de Severus. Hermione, je vous présente mon époux, Edmund, fit Victoria.
— Ravi de faire votre connaissance, dit Mr Evans en serrant la main d'Hermione.
— Moi de même.
Et Hermione alla s'asseoir auprès d'Harry tandis que Pétunia se posta près de son père.
— Tu vas mieux ? demanda Victoria en s'adressant à sa fille.
Pétunia hocha simplement la tête.
— Euh…Hermione, votre époux était en train de nous dire que vous souhaiteriez prendre Lily pour la journée, ébaucha Victoria.
— Oui, confirma-t-elle, Severus a émis le souhait de passer la journée avec sa meilleure amie et nous lui avions promis que nous vous ferons la demande. Aussi, j'aimerai ajouter que si vous êtes d'accord, Pétunia y est aussi invitée.
Harry se tourna brusquement vers sa femme et lui lança un regard interrogatif. Pétunia ? Pourquoi voulait-elle inviter sa tante au manoir ? Elle, mieux que quiconque, savait à quel point sa tante le détestait et haïssait la magie.
Hermione ignora le regard d'Harry et se concentra sur Victoria. Elle s'expliquerait plus tard avec lui lorsqu'ils seraient de retour chez eux.
— Et à quelle heure les ramèneriez-vous ? questionna Edmund.
— À six heures de l'après-midi, répondit Hermione.
— Qui nous dit que vous n'allez pas kidnapper nos enfants ? poursuivit Mr Evans.
— Absolument rien.
— Donc comment voulez-vous que l'on vous confie nos enfants alors que vous ne nous apportez aucune preuve de votre bonne foi ? enchaîna le blond.
— Mr Evans…
— Edmund, corrigea-t-il.
— Edmund, reprit Hermione, nous sommes des sorciers. Si nous voulions enlever vos enfants, nous aurions pu le faire en utilisant de la magie. Aussi jolies et intelligentes soient vos filles, nous n'avons aucune envie de les enlever. Mon mari et moi sommes déjà les heureux parents d'un petit garçon. Je comprends parfaitement votre inquiétude et votre méfiance vis-à-vis de nous est tout à fait justifiée. Et si vous le souhaitez, vous pourriez venir passer la journée avec nous au manoir. Qu'en dîtes-vous ?
Mr et Mrs Evans échangèrent un regard puis finirent par hocher la tête dans un mouvement synchrone.
— Que c'est une excellente idée, dit Victoria.
Hermione se permit un petit sourire satisfait et se tourna vers Harry.
— Je pense que tu devrais aller voir Severus. Il a compris la leçon maintenant.
— D'accord.
Harry se leva et s'excusa auprès de ses hôtes puis il quitta le salon à la recherche de Severus et de Lily. Il ne les trouva pas devant la maison et commença à héler leurs prénoms dans la rue. Puis il se souvint que lorsque le maître des potions était enfant, lui et sa mère, s'étaient rencontrés pour la première fois au pied d'un arbre alors il se mit à la recherche de ce fameux arbre. Il lui fallut un quart d'heure avant de trouver l'endroit et d'apercevoir les enfants.
Il se dirigea vers eux et lorsqu'il fut enfin devant Severus et Lily, il remarqua que le garçon avait les yeux rougis et enflés à force d'avoir trop pleuré. Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine et il se sentit coupable de rendre Severus si malheureux.
— Je…je… balbutia Severus en larmes, des bulles de savon sortant de sa bouche.
— Finite.
Il releva le sort qu'il avait lancé sur le garçon et ce dernier leva les yeux vers lui, surpris et abattu.
— Je suis désolé. Je…je ne recommencerais…plus. Je promets de ne plus le redire mais je vous en prie, s'il vous plaît…je ne veux pas que…que vous me renvoyez au centre…Je…je serai un bon garçon. Promis. Je le jure. Je…je…ne veux pas que vous…vous m'abandonniez…Je ne veux pas. Je suis désolé, sincèrement désolé, sanglota Severus.
— Lily, tu veux bien nous laisser seuls, s'il te plaît ? demanda Harry à la rousse.
Lily acquiesça et murmura quelque chose à l'oreille de son ami avant de se mettre à courir pour rejoindre sa maison.
Harry se trouvait désormais seul face à Severus qui pleurait tout doucement, la tête baissée. Il s'assit sur l'herbe verte et fraîche.
— Viens ici, dit-il en ouvrant ses bras au garçon.
Severus releva la tête et observa le jeune homme, effaré puis se jeta dans les bras de son nouveau père. Les sanglots de Severus se firent plus discrets que tout à l'heure, mais ils étaient bien là. Il pleurait car il avait peur de se trouver à nouveau orphelin. Il aimait déjà Harry et Hermione. Ils étaient les seuls à lui avoir témoigné autant d'amour et d'affection alors qu'il n'était même pas leur fils biologique. Il ne voulait pas perdre tout ça. Il regrettait sincèrement d'avoir insulté Pétunia. Il était vrai qu'il ne l'aimait pas beaucoup mais il n'aurait pas dû le faire et il ne le referait plus jamais. Juste qu'il ne savait pas qu'utiliser ce mot était si grave. Il l'avait lu dans l'un des ouvrages de sa mère et il n'avait obtenu aucune explication sur le mot. Il ne savait pas que c'était une insulte. Il pensait que c'était un sort ou un truc dans le genre. Il avait pris l'habitude de charrier Pétunia en utilisant tout un tas de mots qui provenaient des bouquins de sa mère. Il était vraiment désolé. Il ne savait pas que c'était aussi grave. Il ne voulait pas perdre ses nouveaux parents.
— Je suis désolé, répéta-t-il à nouveau. Je serai un bon garçon, promis.
Harry resserra son étreinte autour de Severus et il passa sa main dans la chevelure lisse et soyeuse de l'enfant.
— Tout va bien, Severus. Ni Hermione, ni moi n'allons t'abandonner, le rassura-t-il tout en lui prodiguant des caresses dans le dos. Tu es notre fils, tu t'en souviens ?
Severus hocha faiblement la tête.
— Crois-tu sincèrement que Victoria et Edmund abandonneraient Lily et Pétunia juste parce qu'elles auraient insulté une personne ? l'interrogea Harry.
— Non, fit Severus d'une petite voix.
Harry posa ses mains sur les bras de Severus et le redressa légèrement pour qu'il puisse plonger son regard dans le sien.
— Tu as employé un terme qui ne devrait jamais sortir de ta bouche et je t'ai puni pour ça, commença-t-il. J'aimerai que tu retiennes ce que je vais te dire. Je suis ton père désormais et Hermione, ta mère. Nous sommes tes parents, Severus et aucun parent n'abandonne son enfant sous prétexte qu'il aura été cruel dans ses propos. Aucun parent n'abandonne son enfant sous aucun prétexte. Tu es notre fils et lorsque tu feras ou diras des bêtises, Hermione et moi te puniront pour ta mauvaise conduite mais jamais, tu m'entends bien, jamais nous ne te battrons. Il y a d'autres moyens pour punir un enfant comme lui confisquer ses jouets, le priver de sortie, le priver de ses activités favorites. Un parent aime et chérit son enfant mais jamais, il ne l'abandonne, termina-t-il.
Severus renifla piteusement et regarda Harry avec plein d'espoir.
— Ça veut…ça veut dire que…que tu veux encore…de moi ? demanda-t-il, incertain.
— Ça veut dire que tu es et seras toujours mon fils, quoi qu'il puisse advenir, répondit Harry.
— Toujours ?
La question bouleversa et ébranla le jeune homme car ce mot, ce simple petit mot, lui rappelait celle du maître des potions. Le souvenir de la pensine.
— Après tout ce temps ?
— Toujours, dit Snape.
Des larmes se mirent à perler sur le visage d'Harry sans qu'il ne puisse les contenir. Le voilà, en 1971, à essayer de changer le destin de celui qui fut son protecteur. De celui qui lui permit de gagner la guerre contre Voldemort. Et même si, aujourd'hui, Severus n'était encore qu'un enfant et que lui, il était un adulte. Il avait encore beaucoup à apprendre auprès de Severus car même enfant, il lui apprenait qu'il était tout petit devant la force de l'amour.
— Toujours, promit-il d'une voix rauque.
Severus se jeta au cou d'Harry et ce dernier le serra très fort dans ses bras, plongeant son nez dans la chevelure de jais de son fils.
Il allait tout faire pour rendre son gamin heureux. Non pas parce qu'il le méritait mais parce que tout le monde sur cette terre avait droit à une part de bonheur. Tout le monde avait le droit d'être heureux sans avoir besoin d'un quelconque mérite.
Il resserra son étreinte et déposa un baiser sur les cheveux de Severus tandis que des larmes continuaient de couler sur ses joues. Des larmes salvatrices.
Réponses aux reviewers anonymes :
Lily : Salut, ma jolie Lily. Je te remercie de continuer à m'encourager comme tu le fais. Ouais, j'ai eu raison parce que depuis, je recherche des fics dans ce genre et j'en ai pas trouvé. Ce qui est dommage. Si tu en as à me proposer, n'hésite pas.
Guest : Merci pour ton commentaire.
Lorina : Tant que ça ? Hermione ? Un heureux évènement ? J'en sais rien, moi! Il faudrait peut-être lui poser la question. Je garde le suspens pour vous et puis ce ne serait pas drôle si je déballais tout du premier coup. Ennuyeuse ? Oh non! J'adore discuter, moi! Mon mec et ma famille me surnomment pipelette. Handicap ? Lequel ? Si ce n'est pas trop indiscret. J'aurai bien aimé discuter avec toi en mp. Merci de ton soutien. Merci encore.
Dragohermione : Enceinte ? Moi, je ne sais pas. Qui sait ? Merci pour le commentaire. A la prochaine, j'espère.
Loli : Merci d'avoir pris le temps de commenter mon histoire. J'espère que tu auras aimé ce nouveau chapitre.
Chotsala : Merci beaucoup. J'espère que tu continueras de l'aimer.
Auriane07 : Moi, cruelle ? Mais qu'est-ce que j'ai fait moi ? C'est pas de ma faute si Harry bloque devant la porte. J'espère que ce nouveau chapitre t'aura plu. A la prochaine.
Guest : Merci.
Note de l'auteur : Je remercie tous ceux et celles qui lisent mon histoire. Enfin, j'aimerai avoir vos avis sur un petit sondage. Comme vous avez pu le constater dans ce nouveau chapitre, il se peut que Pétunia devienne une sorcière alors, j'aimerai vous poser une ou deux petites questions. Enfin, j'aimerai faire un sondage. Bref, c'est parti!
Sondage :
1 - Dans quelle maison Severus devra-t-il aller ? Serpentard ? Gryffondor ? Serdaigle ou Poufsouffle ?
2 - Dans quelle maison Pétunia devra-t-elle aller ? Serpentard ? Gryffondor ? Serdaigle ou Poufsouffle ?
Merci encore à tous.
