Note de l'auteur : Je remercie ma bêta d'amour Miss Homme Enceinte 2 pour les corrections qu'elle applique sur mon histoire.


6

Ascension au trône et prophétie

Harry et Albus avaient passé plus de deux heures dans le bureau du jeune homme. Puis, ils s'étaient mis d'accord quant à la suite des évènements. Dumbledore avait assuré son soutien au jeune homme et lui avait juré allégeance sur sa magie. Désormais, l'un des plus grands sorciers que le monde magique anglais ait jamais connu considérait Harry Caledonensis comme son souverain.

Après leur entretien, Dumbledore prit congé de lui pour organiser leur journée de demain. Puis très vite, la famille Evans quitta le manoir pour rentrer chez eux. Nessa, Killian et Alexein passèrent la nuit au manoir.

Le lendemain matin, dans une chambre encore baignée dans l'obscurité, se réveilla une jeune femme à la chevelure rose. Elle sentit un bras entourer sa taille et se tourna sur le côté pour contempler le visage délicat de son compagnon. Elle leva la main et traça d'un doigt, le nez fin de son amant. Elle descendit lentement jusqu'aux lèvres fines du jeune homme et remit délicatement une mèche d'un châtain clair derrière son oreille. Elle déposa tendrement un baiser sur ses lèvres et quitta silencieusement le lit pour ne pas réveiller ses deux compagnons.

Elle roula des yeux lorsqu'Alexein se rapprocha un peu plus du corps de Killian et qu'il l'étreignit contre lui. Comme s'il n'était pas assez pressé comme ça contre le corps de leur jeune amant.

Alexein était quelqu'un de très tactile. Il aimait toucher et aimait être touché. Killian était devenu une sorte de doudou pour lui qu'il traînait un peu partout où il allait quand il le pouvait. Il ne se passait pas une journée sans qu'il ne prenne Killian dans ses bras ou qu'il le pose simplement sur ses genoux.

Si au début, Killian fut gêné et embarrassé par le comportement de son aîné. Il finit par s'y habituer et apprécia les câlins à toutes heures du blond. Et petit à petit, une relation naquit entre les deux au plus grand bonheur de la vélane qui avait eu peur que leur cadet n'accepte pas Alexein comme ami mais aussi comme amant car ils formaient un couple à trois. Ce n'était pas elle et deux hommes mais plutôt eux. Ils s'aimaient tous les trois. Il n'y avait pas un qui aimait l'autre plus que le troisième. C'était un amour équitable. Même si parfois, Killian lui reprochait de ne pas être assez démonstrative envers lui, envers eux.

Elle se passa une main dans les cheveux et poussa un profond soupir de lassitude.

Killian était encore trop jeune pour qu'il comprenne son attitude. Il était si innocent, si fragile qu'elle ne souhaitait pas le souiller avec la noirceur de son âme. Quant à Alexein, il était assez mature pour comprendre qu'il y avait des secrets qui n'avaient pas besoin d'être dévoilés. Il comprenait son silence et ne l'interrogeait jamais sur son passé. Il en savait un peu pour savoir qu'il était douloureux et pénible et qu'elle souhaitait plus que tout, oublier ce sordide passé.

Elle sortit à pas feutrés de leur chambre et ferma doucement la porte derrière elle. Elle se dirigea vers la cuisine et trouva déjà quelqu'un assis autour du plan de travail. Elle ouvrit le réfrigérateur et se servit un verre de jus d'orange. Puis, elle vint s'asseoir sur une chaise.

— Bonjour, fit-elle avant de boire une gorgée de son jus.

— Toujours matinale à ce que je constate.

Elle hocha sèchement la tête.

— Visiblement, je ne suis pas la seule, fit-elle remarquer avec un sourire narquois.

Elle détailla l'homme qui lui faisait face et remarqua qu'il avait des cernes autour des yeux. Il paraissait fatigué. Comme s'il avait passé une mauvaise nuit.

— Mal dormi ? supposa-t-elle.

— Ouais, souffla-t-il. Severus a fait un cauchemar dans la nuit qui l'a réveillé et il est venu nous retrouver dans la chambre. Et il en a fait d'autres. Ce qui nous a presque maintenus éveillé toute la nuit.

Nessa émit un reniflement amusé.

— Félicitations, vous êtes définitivement entrés dans le cercle très spécial des parents, ricana-t-elle.

— Et toi ? Que fais-tu debout à une heure pareille ? demanda Harry après un long silence.

— Il est cinq heures du matin.

— Et alors ? répliqua-t-il en haussant un sourcil.

— Mais c'est l'inquisition ou quoi ?! s'exclama Nessa.

— Non, juste de la curiosité, dit Harry.

Nessa finit son jus d'orange et posa son regard sur le brun. Il avait bien changé depuis le jour où ils s'étaient rencontrés. La première fois qu'elle l'avait vu, il semblait porter le poids du monde sur ses épaules. Il y avait dans son regard tellement de souffrances et de douleur, qu'elle fut incapable de soutenir son regard. Il semblait si esseulé et si défait et en même temps si fort et si puissant que c'en était déstabilisant.

Sa force et sa puissance lui provenaient de son amour pour Hermione. Elle avait vite compris que la brune était celle qui maintenait le jeune homme en vie. Que sans elle, il était perdu. Elle était son ancre, son espoir. Alors, il s'accrochait désespérément à Hermione pour ne pas sombrer. Il s'agrippait aussi fort que possible à la vie, pour elle.

Harry fut le premier à lui tendre la main. Il fut celui qui la sauva des ténèbres et qui la ramena vers la lumière. Celui qui détruisit les chaînes qui entravaient sa vie. Il fut son sauveur. Il lui permit d'avoir une nouvelle vie, de se reconstruire tout doucement et d'avoir un nouveau but dans la vie. Jamais, elle ne pourrait le remercier assez pour tout ce qu'il avait fait pour elle.

— Tu les vois encore dans tes rêves ? lui demanda-t-elle.

— Quelques fois, oui, répondit-il. Mais depuis que nous sommes ici, je cauchemarde de moins en moins.

— Je le vois, chaque nuit, confia-t-elle d'une voix enrouée.

Harry posa sa main sur celle de Nessa.

— Et chaque nuit, je le revois en train de mourir sous mes yeux. Je le regarde mourir, impuissante. Je ne peux pas bouger et mes yeux sont rivés sur lui alors qu'il m'appelle. Et je le regarde mourir, sans pouvoir bouger, pleura-t-elle.

— Nessa…

— Il crie sans cesse « maman » et moi, je le regarde mourir sans rien faire, poursuivit-elle, un sanglot dans la voix.

Harry se leva de sa chaise et prit Nessa dans ses bras. La jeune femme éclata en sanglots.

— Je l'ai laissé mourir, sanglota-t-elle.

— Tu ne pouvais rien faire, Nessa. Tu n'y es pour rien. Tu n'aurais pas pu le sauver.

— Je…mon…mon bébé…

Harry resserra son étreinte et murmura des paroles réconfortantes à la jeune femme tout en déposant des baisers sur ses cheveux. Harry connaissait mieux que quiconque Nessa Cisneros. Il savait qu'elle avait beaucoup souffert tout au long de sa vie. Certainement bien plus que lui et il s'était promis qu'il ferait tout pour la protéger et lui éviter un nouveau malheur. Elle avait assez souffert ainsi et s'il ne l'avait pas retrouvé, il était sûr qu'elle aurait mis fin à ses jours.

La mort de son fils fut très douloureuse pour elle et encore aujourd'hui, elle ne s'en était pas remise. Elle ne s'en remettra jamais mais il espérait qu'elle finirait par aller de l'avant et s'autoriserait dans le futur à redevenir mère. Pour l'instant, il continuerait à prendre soin d'elle.

Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes. Nessa, pleurant dans ses bras. Il la garda tout contre lui en murmurant sans cesse des mots réconfortants qui apaisèrent peu à peu la jeune femme. Et ce fut ainsi, qu'Hermione les retrouva dans la cuisine.

Harry sentit un regard sur lui et releva la tête pour voir son épouse à l'embrasure de la porte de la cuisine. Elle semblait plus reposée que lui. Normal, puisqu'elle avait pu dormir un peu plus longtemps. Elle s'approcha et n'eut guère besoin de mots pour savoir ce qui mettait Nessa dans un tel état. Elle vint caresser le dos de leur amie, ne pouvant rien faire de plus.

Nessa finira par guérir mais seul le temps pourra l'aider. Elle en gardera à jamais une cicatrice et elle ne pourra jamais oublier. Personne n'était capable d'oublier un tel malheur. Il fallait simplement apprendre à vivre avec ce vide.

Hermione prépara le petit-déjeuner tandis qu'Harry et Nessa restèrent dans la même position. Ce matin, elle avait envie de faire la cuisine et de laisser les elfes se reposer pour la journée. Par contre, Rooky l'aida à installer la table dans la salle à manger pour le petit-déjeuner. Elle voulut préparer du café pour Alexein car il était le seul au manoir à en boire mais l'odeur suffit à refréner son envie. Elle quitta précipitamment la cuisine et invoqua une bassine dans le couloir pour vomir. Elle n'aurait pas eu le temps de courir jusqu'à la salle de bain de sa chambre. Elle était sûre qu'elle aurait vomi en cours de route.

Elle fit disparaître la bassine et alla dans sa chambre pour se brosser les dents. Elle commençait à en avoir marre de ces nausées qui la prenaient à n'importe quel moment. Fatiguée de gerber même lorsqu'elle n'avait rien dans l'estomac et c'était le plus douloureux. Vouloir vomir lorsqu'on avait l'estomac vide.

Elle sortit de la salle de bain et vit Severus en train de se redresser dans le lit tout en se frottant les paupières. Elle s'avança près du lit et s'assit tout près du garçon.

— Bonjour, mon grand, le salua-t-elle avec un grand sourire.

— 'jour.

Hermione ébouriffa tendrement les cheveux de son fils et déposa un baiser sur son front.

— Bien dormi ? lui demanda-t-elle.

Severus hocha la tête et sentit ses joues se colorer de honte lorsqu'il se rappela des évènements de la veille. Après avoir fait un horrible cauchemar à propos du décès de sa mère biologique, il s'était glissé dans la chambre de ses parents car il avait eu du mal à se rendormir tout seul dans son immense chambre. Ses parents lui avaient fait de la place dans leur lit et il s'était endormi entre eux. Il s'était tout de suite senti en sécurité dans les bras de ses parents.

C'était la première fois qu'il dormait ainsi, enveloppé par des bras puissants qui le protégeaient. Mais malgré ce sentiment de sécurité qu'il ressentit auprès d'eux, il fit d'autres cauchemars dans la nuit et ils le consolèrent tous les deux avec des mots de tendresse et parfois même, des chansons. Hermione lui avait chanté une berceuse et il s'était laissé bercer par la voix douce et magnifique de sa mère.

Depuis cette nuit, sa chanson préférée était devenue sans conteste, Twinkle, Twinkle little star.

— Je suis désolé pour hier. Je ne voulais pas vous déranger, s'excusa-t-il.

— Tu n'as pas à t'excuser, Severus, dit calmement Hermione. Au contraire, Harry et moi sommes heureux de constater que tu nous fais assez confiance pour venir nous rejoindre lorsque tu fais des cauchemars. À l'avenir, je veux que tu reviennes nous voir lorsque tu fais des cauchemars. D'accord ?

Severus accepta d'un simple hochement de tête.

— Bien. Je t'attends à la salle à manger pour le petit-déjeuner.

Elle sortit de sa chambre et rejoignit Nessa et Harry à la cuisine. La jeune femme avait fini par reprendre ses esprits et elle affichait désormais son masque d'impassibilité. Il était difficile de croire qu'il n'y avait pas encore si longtemps, elle était en train de sangloter dans les bras d'Harry.

Ils allèrent ensembles dans la salle à manger et furent vite rejoints par Severus.

— Quel est le programme d'aujourd'hui ? questionna Nessa.

— Aujourd'hui, vous m'accompagnerez au ministère pour réclamer ce qui me revient de droit, répondit Harry qui servit un verre de lait à Severus.

— À savoir le trône de Bretagne.

— C'est exact, confirma Harry.

— Et qu'en est-il du complexé ? demanda Nessa.

— Du complexé ? releva Hermione, interloquée.

— Nessa pense que Voldy a de gros complexes, lança Alexein.

Le blond avait la chevelure débraillée tout comme Killian qui rougit brusquement en croisant le regard de Nessa. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Mais qu'est-ce qu'il était prude, ce gamin !

— Je ne pense pas, j'en suis sûre, siffla-t-elle.

— C'est qui Voldy ? demanda Severus d'une petite voix.

Tous les adultes posèrent leur regard sur lui et il voulut se cacher sous la table. Il avait comme l'impression qu'il n'aurait pas dû poser la question et encore moins se mêler d'affaires qui ne le concernait pas.

— Voldy ou Voldemort est un méchant sorcier qui souhaite anéantir tous les moldus et nés-moldus mais aussi asservir la communauté sorcière, répondit Harry.

— Mais pourquoi veut-il faire ça ? enchaîna-t-il, perplexe.

— Pour faire du mal, répondit Alexein.

— Les moldus lui ont fait du mal ? questionna Severus.

— Pourquoi cette question, Severus ? l'interrogea Harry soudainement intrigué.

Severus se ratatina sur sa chaise et se demanda s'il avait encore dit une bêtise.

— Tu peux parler sans crainte, Sev, le rassura son père.

— Eh ben…c'est que…a…avant…je détestais mon père…enfin Tobias…et je n'aimais pas les moldus parce que…je…ils…Tobias me faisait du mal. Je les pensais tous méchants sauf Lily et ses parents que je trouvais très gentils pour des moldus…puis…puis il y a eu vous… bredouilla Severus, embarrassé.

Il ne voulait pas que ses parents pensent qu'ils haïssaient les moldus. Avant, il ne les aimait pas et nourrissait une rancœur envers eux mais tout ça, c'était du passé maintenant. Il avait des parents qui l'aimaient et une meilleure amie formidable. Même s'il avait encore du mal à considérer Pétunia comme une amie, elle était devenue une sorte d'alliée ou un truc dans le genre.

De plus, maintenant qu'il savait que sa maman était une née-moldue, il ne les considérait plus de la même façon et avait fini par comprendre que tous les moldus n'étaient pas comme Tobias. Que rien n'était ni blanc ni noir. Qu'il fallait qu'il apprenne à trouver le juste milieu.

— Je comprends ce que tu veux dire, Sev. Et pour en revenir à ta question, sache que le père de Voldemort était un moldu qui ne savait pas que son épouse était une sorcière. Lorsqu'il apprit la nouvelle, il rejeta sa femme et abandonna son enfant. Je crois que c'est pour cette raison que Voldemort nourrit autant de haine envers les moldus, expliqua Harry.

— Parce que son père ne l'a pas aimé, souffla tristement Severus.

Severus savait ce que c'était d'être rejeté par son père. Il l'avait vécu pendant des années pour comprendre la souffrance que fut celle de Voldemort. Il aurait nettement préféré être abandonné par son père plutôt que de vivre auprès d'un homme qui le battait sans arrêt et qui le traitait chaque jour comme s'il était un monstre, un nuisible dont il fallait absolument s'en débarrasser.

— Severus, tu ne dois pas avoir pitié de ce sorcier, tu sais. Il a fait beaucoup de mal à d'autres personnes et il a tué des innocents.

— Mais il a souffert ! protesta le petit garçon.

— Oui, il a souffert, lui concéda Harry. Mais la souffrance n'excuse par ses meurtres. Sa douleur ne lui permettait pas de tuer des innocents et encore moins de faire du mal aux autres sous prétexte qu'il souffre.

— Mais…

— J'ai souffert, Severus, le coupa Harry. Beaucoup plus que Voldemort et pourtant, je n'ai pas reporté ma souffrance sur les autres. Je n'ai pas haï le reste du monde pour tout le mal qu'on m'avait fait subir. J'aurai pu le faire. J'aurai pu blâmer les autres pour mon malheur. Je ne l'ai pas fait. La souffrance que l'on ressent ne doit pas être une excuse pour pouvoir faire du mal. Rien n'excuse un meurtre.

— Il t'a fait souffrir ?

C'était plus une affirmation qu'une question de la part de Severus. Harry ne fut même pas surpris de voir que le gamin avait tout saisi dès le départ. Il ne doutait pas de l'intelligence de Severus et savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne découvre qui ils étaient vraiment. Pour l'instant, il manquait un élément important à Severus pour découvrir leur identité.

— Oui, répondit-il simplement.

— Tu le hais ? l'interrogea Severus.

— À une certaine époque, je l'ai haï pour tout le mal qu'il m'avait causé à moi et à mes proches mais aujourd'hui, je ne ressens plus que de la tristesse pour lui, répondit-il sincère.

— Pourquoi de la tristesse ?

— Parce qu'il n'aura jamais la chance que j'ai eue.

Severus haussa finement un sourcil intrigué. Il ne comprenait pas.

— D'être aimé et d'aimer en retour, ajouta Harry.

— Alors ça veut dire que moi aussi j'ai de la chance ?

— Bien sûr, mon chéri. Ton père et moi t'aimons plus que tout. Nous t'aimerons quoi qu'il puisse advenir, intervint Hermione.

— Et Voldemort ? Vous allez le combattre ? demanda Severus, curieux.

— Oui, nous le combattrons, répondit fermement Alexein.

— Mais comment allez-vous le combattre ?

— Nous avons quelque chose que Voldemort n'a pas, celle qui mérite toutes les guerres, dit Harry d'un ton calme.

Severus regarda son père, incrédule et dévisagea les autres adultes, perdu. Ils avaient tous un léger sourire sur les lèvres bien que Nessa qui avait désormais des cheveux bleus ne souriait pas. Elle était impassible et son visage ne reflétait aucune émotion.

Qu'avaient-ils donc tous que ce Voldemort n'avait pas et qui méritait des guerres ?

— L'amour, Severus, lui révéla Harry. Voldemort ne pourra jamais nous vaincre car il ne connaît pas l'amour. C'est un concept qu'il méprise mais qui pourtant, nous assurera la victoire.

— Aimer rend plus fort ?

— Beaucoup plus fort que tu ne peux l'imaginer.

— Puisque j'aime Lily comme toi tu aimes maman alors ça veut dire que je suis fort moi-aussi ? demanda Severus.

Harry sourit heureux de constater que Severus les voyait désormais comme ses parents. Il ne s'était pas attendu à une telle évolution de leur relation aussi rapidement mais il en était tout de même content et agréablement satisfait.

Un coup d'œil à son épouse lui confirma que celle-ci fut troublée par le mot que venait d'employer Severus pour la qualifier. « Maman ». Elle en rêvait depuis qu'ils avaient décidé d'adopter leur ancien professeur de potions. Depuis qu'elle s'était habituée à le considérer comme leur fils.

Une larme roula sur sa joue et elle ne put retenir le flot de larmes qui se mit à couler par la suite.

— J'ai…j'ai dit quelque chose de mal ? s'inquiéta Severus.

— Non, mon chéri, le rassura Hermione entre deux sanglots. C'est juste que…que je suis heureuse de t'entendre…m'appeler…maman.

Severus ouvrit la bouche puis la referma, ne sachant quoi dire. Il ne pensait pas que l'appeler maman l'aurait bouleversé à ce point. Lorsqu'il avait demandé à Lily comme il devait appeler ses parents, elle lui avait simplement dit « papa et maman ».

Pourquoi voudrait-il appeler ses parents autrement ? Et il avait été d'accord avec elle. Il était donc normal pour lui de les appeler ainsi puisqu'ils étaient ses parents. C'était une logique toute simple et facile à assimiler pour un enfant de son âge.

— Effectivement, si tu aimes Lily alors tu es fort, répondit Harry à la question de l'enfant.

— Aussi fort que toi ?

— Pas encore, dit Harry, mais un jour viendra où j'espère que tu seras aussi fort que moi. Peut-être même plus. Et je t'entraînerais à le devenir.

— Vrai ?

— Vrai, sourit Harry.

— Génial ! s'exclama Severus d'un ton très enthousiaste.

Hermione renifla dans un mouchoir alors qu'elle continuait de pleurer. Nessa lui lança un regard dubitatif et fronça légèrement les sourcils.

— Tu devrais aller consulter un médicomage, Hermione, conseilla-t-elle.

— Tu es de mèche avec Harry ou quoi ? s'indigna la brune. Je vais parfaitement bien.

— Tu m'avais promis, Mione, lui rappela Harry.

— Ouais, je sais, marmonna-t-elle, exaspérée. J'irai tout à l'heure à Ste-Mangouste.

— Sage décision, dit-il.

Hermione le fusilla du regard et il fit simplement un sourire charmeur à son épouse. Il adorait la taquiner. Ils se remirent à manger dans la joie et la bonne humeur.

— Que faisons-nous du complexé ? reprit Nessa.

— Nous nous en tenons au plan, répondit Harry.

— Donc tu seras heureux d'apprendre que j'ai réussi à localiser les horcruxes, annonça-t-elle.

— Ils étaient à l'endroit indiqué ? l'interrogea Harry.

— Oui, sauf le journal intime que j'ai eu du mal à localiser puisqu'il ne se trouvait pas au manoir des Malfoy, répondit Nessa.

— Et où se trouvait-il ?

— Il était à Poudlard tout comme le diadème de Rowena Serdaigle.

— Comment as-tu fait pour t'introduire à Poudlard ? demanda Harry, stupéfait.

— Je n'ai pas eu besoin de le faire puisque Killian y était déjà, répondit Nessa comme si elle s'adressait à un enfant.

— Et où sont-ils ?

— Où tu voulais qu'ils soient, répondit Nessa.

— Parfait. Tu as fait du bon boulot, la félicita-t-il.

— Ce n'était qu'une simple partie de plaisir, répliqua Nessa.

— Et la partie ne fait que commencer.

Nessa acquiesça, un sourire carnassier aux lèvres. Elle attendait le début de cette guerre avec impatience et ne ménagerait pas sur les moyens pour accomplir sa vengeance.

— Killian ? fit Harry en se tournant vers l'adolescent.

— Il ne se doute de rien, l'informa-t-il.

— Tu en es sûr ?

— Parfaitement, affirma l'adolescent.

— Super. Alexein ?

— T'inquiète vieux, l'œuvre est prête et nous n'attendons plus que ton signal pour faire péter les feux d'artifices, marmonna le blond la bouche pleine.

— Combien de fois dois-je te dire de ne pas parler la bouche pleine ? l'admonesta sèchement sa compagne.

— Aïe, couina Alexein. Tu me fais…mal !

Nessa pinça un peu plus son oreille.

— Aïeeuh…c'est bon…j'ai compris…Aïe…

— La prochaine fois, tu apprendras à mieux te tenir à table, dit-elle.

Puis elle relâcha son oreille. Le blond grimaça de douleur et se massa l'oreille tout en jetant un regard noir à la vélane. Parfois il se demandait si lui et Killian n'étaient pas un peu sadomasochistes pour aimer une femme comme elle. Il savait que c'était la magie qui les avait liés tous les trois mais pour avoir une femme comme elle, cela voudrait dire qu'ils étaient un peu masos sur les bords.

Après le petit-déjeuner, le trio spécial composé de Nessa, Killian et Alexein suivirent Harry au ministère de la magie tandis qu'Hermione allait à Ste-Mangouste en compagnie de Severus.

Comme lui avait promis Dumbledore la veille, il réunit tous les membres du magenmagot. Lorsqu'Harry pénétra dans la salle du magenmagot, il se remémora sa comparution devant ce même tribunal alors qu'il avait fait usage du sortilège du patronus avant d'avoir atteint sa majorité et devant son cousin Dudley, un moldu.

Nessa, Killian et Alexein se tenaient derrière lui et l'entouraient comme une sorte de bouclier humain. Qu'importe où ils se trouvaient, ils devaient constamment être sur leurs gardes.

Dumbledore s'installa sur son siège et riva son regard sur l'assemblée.

— Mesdames, Messieurs, le magenmagot vous remercie d'honorer cette audience de votre présence. Je déclare la séance ouverte ! énonça clairement le vieux sorcier. Harry Caledonensis, prenez place.

Il s'avança d'une démarche souple et conquérante vers le fauteuil et s'assit, surpris de constater que les chaînes n'avaient pas essayé de l'entraver comme la dernière fois. Il leva les yeux vers l'assemblée et ne fut guère alarmé par leurs visages austères, curieux ou hostiles suivant les cas.

— Bien, dit Dumbledore. Greffier ?

— Je suis prêt, monsieur le président, répondit une jeune femme.

Dans son monde, à la place de la jeune femme, se tenait Percy Weasley, l'un des frères aînés de son meilleur ami, Ron.

— Audience requise du 7 mai, récita Albus, ayant pour objet d'examiner la demande d'Harry Uther Caledonensis et de statuer sur son rang dans la communauté sorcière de Grande-Bretagne. Monsieur Caledonensis, pourquoi avoir requis notre présence ?

— Pour réclamer ce qui me revient de droit, répondit-il.

— Qu'est-ce donc ? le questionna Dumbledore.

— Réclamer le trône de Bretagne. Étant un descendant de la lignée de Merlin l'enchanteur et de Morgan le Fay, je suis en droit d'accéder au trône.

Tous les membres du magenmagot s'exclamèrent brusquement à la réponse du brun. Certains parurent surpris tandis que d'autres furent révoltés par une telle réclamation.

— Qu'est-ce qui nous prouve votre ascendance, monsieur Caledonensis ? Qui nous dit que vous êtes véritablement digne de monter sur le trône de Grande-Bretagne ? l'interrogea le vieux sorcier.

Harry se leva de la chaise et retira sa robe de sorcier pour montrer à toute l'assemblée qui il était véritablement. Le dragon qui était tatoué dans son dos prit soudainement vie et s'éleva dans les airs puis cracha du feu. Les membres du magenmagot se baissèrent pour échapper aux flammes de la créature.

Le dragon, symbole de Merlin mais aussi de son don d'enchanteur.

— Je suis Harry Uther Caledonensis, descendant de Merlin et de Morgane, prince enchanteur et roi de Grande-Bretagne, déclara-t-il.

Une aura magique impressionnante entoura Harry qui s'avança vers l'assemblée. Il se dégageait de lui une telle puissance que plusieurs membres furent parcourus d'un frisson glacé. Il était intimidant et inspirait le plus profond des respects.

Tous se prosternèrent devant Harry et le reconnurent comme leur roi, digne descendant de Merlin l'enchanteur.

Le dragon revint se poser sur son épaule et Harry le caressa tout doucement et il lui murmura quelque chose dans une langue ancienne que très peu de sorciers identifièrent comme étant la langue druidique. Une langue qu'il pensait disparue avec Merlin.

— Longue vie au roi, dit Albus.

Très vite, il fut suivi par tous les membres du magenmagot qui crièrent « longue vie au roi ». Ils jurèrent allégeance et fidélité à leur nouveau roi sur leur magie.

Harry eut un sourire satisfait. C'était le début d'une nouvelle ère qu'il commençait et en tant que roi-sorcier de Grande-Bretagne, il comptait changer le monde sorcier.

— En tant que roi, le premier acte que je poserai sera de restructurer le ministère de la magie et de mettre en place de nouvelles lois. Je compte protéger tous les sorciers de notre communauté et faire cesser le règne de terreur que nous inflige Voldemort. À cet effet et pour combattre cette menace, je créerai une troupe d'aurors d'élites qui feront partie de la Table Ronde, annonça-t-il.

Aussitôt, un tonnerre d'applaudissement se mit à résonner dans toute la salle. Avec un tel roi, ils étaient sûrs de remporter la guerre qui s'annonçait contre le seigneur des ténèbres.

Harry croisa le regard bleu de Dumbledore et soutint son regard. L'homme avait été un mentor pour lui et il nourrissait un profond respect pour le sorcier. C'était un grand sorcier. Il avait ses défauts comme tout le monde mais Harry n'avait jamais douté de lui. L'homme avait parfois fait des choix inconsidérés pour gagner la guerre contre Voldemort mais jamais il ne l'avait fait par gaieté de cœur. C'était parce qu'il était un homme et non un Dieu, que Dumbledore avait fait des erreurs.

Et bien que ce Dumbledore soit différent de celui qu'il avait connu, il comptait avoir le soutien du sorcier et il savait quelle place occuperait l'homme dans cette guerre qui ferait bientôt rage.

Après avoir été institué roi de la Grande-Bretagne sorcière, Harry prit congé des membres du magenmagot. Il avait tout un ministère à remanier, des lois à changer et à ajouter. Il allait aussi devoir créer d'autres institutions. Mais avant cela, il avait besoin de retrouver sa famille et de savoir comment se portait son épouse.

Il retrouva Hermione et Severus à la fontaine de la fraternité. Très vite, le monde sorcier apprendrait qu'il avait désormais un roi et les gens souhaiteraient le rencontrer et en savoir plus sur lui. Il n'aurait donc plus assez de temps à consacrer à sa famille.

Il embrassa Hermione, heureux de la retrouver.

— Comment ça s'est passé ? s'enquit-elle.

— Tu as devant toi le roi de la Grande-Bretagne sorcière, l'informa-t-il.

— Tu as réussi.

— Le plus dur reste à venir, ma reine, dit-il, un sourire aux lèvres.

— T'es roi ? lui demanda Severus, étonné.

— Oui, mon fils, répondit Harry en prenant Severus dans ses bras. De ce fait, tu es un prince.

— Un prince ?! s'exclama Severus, abasourdi.

— Oui, un prince. L'héritier de la couronne, affirma Harry. Un jour, tu deviendras roi à ma place.

Hermione renifla d'amusement et regarda ses deux hommes discuter joyeusement entre eux.

— Vous avez une charmante famille, Majesté, fit une voix dans son dos.

Elle se retourna vers l'homme qui venait de parler. Dumbledore. Son regard était fixé sur Harry et Severus.

— Je sais.

— Il est évident que notre nouveau roi ne vit que lorsqu'il est à vos côtés, dit Dumbledore.

— Que voulez-vous dire ?

— Sa majesté le roi est un être brisé mais qui se reconstitue peu à peu grâce à votre famille. Il porte toujours en lui les stigmates de sa précédente guerre et je ne sais s'il supportera une nouvelle. Il a l'étoffe d'un grand guerrier, d'un meneur mais il a déjà fait sa guerre. Cette guerre qu'il compte mener n'est plus la sienne.

Hermione regarda son ancien directeur, éberluée. Avait-il donc compris qui ils étaient ? Elle ne put pousser plus loin sa réflexion qu'une femme ressemblant étrangement à Sibylle Trelawney s'avança vers Harry et Severus. Elle agrippa le bras d'Harry et aussitôt Alexein se précipita sur la femme pour l'éloigner du brun mais il fut repoussé par une bulle magique.

Killian et Nessa braquèrent leur baguette sur la femme, prêts à attaquer mais Albus les en empêcha.

— Attendez.

Killian et Nessa lancèrent un regard à Hermione et la jeune femme secoua la tête.

Le ciel s'obscurcira… Et les ténèbres s'abattront. L'héritier du trône guidera… mais les ombres menaceront. L'enfant né par deux fois lorsque mourra le septième mois… Fils du capricorne et du bélier…L'élu de l'ancien temps…défera les ténèbres…Avec l'aide de l'héritier et des siens…triomphera de l'ombre…Par le remords et l'amour.

La femme sortit de la transe dans laquelle elle était et cligna plusieurs fois des paupières, regardant autour d'elle comme si elle n'avait aucun souvenir de ce qu'elle venait de faire ou de dire.

— Euh…pardon, s'excusa-t-elle avant de rougir de honte et d'enlever sa main du bras d'Harry. Excusez-moi.

Elle prit ses jambes à son cou et s'en alla précipitamment tandis qu'Harry et Hermione échangèrent un long regard.

Une autre prophétie.


Petite note de l'auteur :

Alors mes fanfictionners adorés, qu'en avez-vous pensé de ce nouveau chapitre ? Et la prophétie ? Que peut-elle bien présager pour nos chéris ?

Et à votre avis, Dumbledore est-il au courant de quelque chose ? Qu'est-ce que le médecin a dit à notre chère Hermy ?


Réponses aux reviewers anonymes :

Astaroth671 : Salut. Je te remercie pour ton commentaire qui me touche beaucoup. J'espère que la suite des évènements ne te décevra pas.

Guest : Salut à toi et avant tout, j'aimerai te remercier pour ton commentaire. Cela me fait toujours plaisir de voir que mes lecteurs prennent le temps de me laisser un petit mot. L'adoption de sang, j'y ai pensé mais c'est impossible pour la suite de l'histoire. De plus, Severus n'a pas besoin de cela pour être un enchanteur et avoir un physique différent. Tu comprendras plus tard. Merci encore et j'ai hâte de te lire à nouveau.

Lily : Salut ma belle. J'aime la fin moi aussi. Je trouve qu'Harry est un personnage charismatique et je trouve dommage que JK n'ait pas exploité un peu plus le caractère d'Harry. Personne n'aime les disputes mais Harry avait quelque peu raison de se mettre en colère contre Hermione. Il est difficile pour lui de pardonner à sa tante mais il le fera avec le temps. Après tout, notre Ryry est un mec bien. L'annonce de la grossesse ? Mais vous avez quoi avec ça ? A bientôt !

Lorina : Je suis heureuse de te retrouver et de lire ton commentaire. Je sais que je n'ai pas à me sentir mal mais je ne peux m'en empêcher. Mon côté empathique, je suppose. Ce n'est pas de l'ambition mais simplement de la déclaration des faits. Même Harry, secondé par Hermione n'aurait pas pu inventer une telle histoire. Il est bel et bien le descendant de Merlin. Pétunia, serpentard ? Pourquoi pas ? Pétunia pourra nous surprendre, tu sais. J'espère te revoir au prochain chapitre. Bisous, ma puce.

Les autres, je vous retrouve en mp comme d'habitude.