7
L'explication de la prophétie et Annonce
L'annonce de cette nouvelle prophétie jeta un froid dans le groupe. Ils ne savaient pas comment réagir à cela. Ce n'était certainement pas censé se dérouler ainsi. Hermione et lui étaient venus à cette époque pour changer le destin de leurs proches. Pas pour que l'histoire se répète de nouveau.
Harry se servit un verre de whisky pur-feu et l'avala d'un trait. Il repassa en boucle la prophétie dans sa tête et ne comprenait pas où ils allaient échouer. Ils avaient les horcruxes de Voldemort en leur possession et il ne tarderait pas à les détruire. Voldemort serait alors vulnérable et il lui porterait le coup de grâce. C'en serait fini du seigneur des ténèbres. Mais apparemment, la prophétie de tout à l'heure venait de briser cette espérance.
Il grinça des dents et pris d'un excès de rage, il se mit à tout casser dans son bureau.
— Harry, arrête !
Hermione se précipita sur lui et le retint par le bras pour l'empêcher de détruire un peu plus la pièce qui s'était trouvée en un instant dans un état chaotique.
— Ça suffit maintenant !
Harry se tourna vers Hermione, les larmes aux yeux.
— Je vais échouer une fois de plus, Mione, dit-il.
Il n'arriverait pas à sauver ses parents. Malgré toute sa bonne volonté, il n'y arriverait pas.
— De quoi parles-tu ? demanda Hermione perdue.
— La prophétie, Hermione ! répondit-il contrarié. Je n'arriverai pas à détruire Voldemort.
— Je ne comprends pas.
— Ce n'est pas votre guerre mais la leur, intervint Dumbledore.
Harry et Hermione se tournèrent vers le directeur de Poudlard. Ils avaient oublié l'espace d'un instant qu'ils n'étaient pas tout seuls dans le bureau. Dumbledore était assis dans un fauteuil tandis que Nessa et Alexein se tenaient debout près de la porte.
Killian s'occupait de distraire le jeune Severus dans le jardin du manoir.
— De quoi parlez-vous ? demanda Harry dubitatif.
— Vous n'êtes plus l'élu, votre majesté. Vous avez accompli votre tâche.
— Comment ?
Dumbledore se leva de son siège et s'avança vers le jeune homme, un sourire bienveillant aux lèvres.
— Il n'existe que deux familles de sangs-purs dont les membres sont des descendants de Merlin et de Morgane. La famille Prince et la famille Potter, dit-il.
Albus plongea son regard bleu pétillant de malice dans celui émeraude d'Harry.
— Aucune de ces deux familles n'avait connaissance de leur puissante ascendance. Aucune de ces familles ne savait qu'un de leur membre pouvait réclamer le trône de Grande-Bretagne sorcière. Et puis soudain, vous apparaissez dans notre pays. Harry Caledonensis. Personne n'avait jamais entendu parler de vous au Royaume-Uni. J'ai alors fait des recherches sur vous et le directeur d'Ilvermorny m'assure se souvenir de vous et de votre femme. Il y a même des papiers qui attestaient de votre scolarité dans cette école. Mais, sachant que seuls les Potter et les Prince sont des descendants de Merlin et Morgane, j'ai tout de suite su que votre identité était fausse. Du moins, que votre nom de famille n'était pas tout à fait exact. Je savais que vous étiez vraiment celui que vous prétendiez être. Le descendant de Merlin. Maintenant, il ne me restait plus qu'à trouver à quelle famille vous apparteniez réellement car aucun Prince et Potter n'avait immigré en Amérique. Votre famille se trouvait donc ici en Angleterre. J'ai fini par trouver. La couleur de vos yeux était assez particulière car je ne me souvenais pas d'un Prince ou d'un Potter aux yeux verts. Et c'est hier que j'ai enfin résolu le mystère de la couleur de vos yeux. Hier que j'ai découvert qui vous étiez réellement.
Harry savait que Dumbledore était un homme extrêmement intelligent et perspicace mais à ce point, il ne s'en serait jamais douté.
— Dîtes-moi si je me trompe mais vous êtes Harry Potter, fils de James Potter et de Lily Evans, lâcha Dumbledore.
Harry renifla, amusé. Il venait d'avoir la confirmation que Dumbledore était un grand sorcier et qu'il ne se fiait pas aux apparences. Si Dumbledore avait été un moldu, Harry ne doutait pas que le vieil homme aurait été un grand détective et qu'il aurait résolu plusieurs affaires en peu de temps.
— Et qui vous dit que je ne suis pas un Prince ? questionna Harry.
— Un fils ne regarderait pas son père comme vous regardez Severus, répondit Dumbledore.
— Et je le regarde comment ?
— Comme un père regarderait son fils, répondit Albus. Vous regardez Severus différemment de votre mère. C'est ce qui m'a permis de déterminer qui vous êtes mais aussi votre ressemblance avec le fils de Fleamont, James Potter. Bien que votre ressemblance soit difficile à capter pour qui ne sait pas observer avec attention.
Harry était sincèrement bluffé par la perspicacité du vieux sorcier. Franchement, il ne sut quoi dire. Dumbledore était un véritable génie.
— Vous êtes stupéfiant ! s'exclama Nessa abasourdie.
— Merci.
Harry lança un regard surpris à la vélane.
C'était la première fois que Nessa qualifiait Dumbledore de stupéfiant. D'habitude, elle le considérait comme un vieux sorcier sénile, tout juste bon à enfermer dans l'aile psychiatrique de Ste Mangouste. Mais visiblement, Dumbledore venait de remonter dans son estime.
— Professeur ? l'interpella Hermione.
— Appelez-moi Albus, je vous prie.
— Albus, qu'avez-vous voulu dire tout à l'heure à propos de « Ce n'est pas votre guerre mais la leur », l'interrogea Hermione.
— La guerre que vous comptez mené contre Voldemort n'est et ne sera plus la vôtre. Vous avez mené votre guerre et vous l'avez remporté. Aujourd'hui, vous devez apprendre à passer le flambeau à d'autres personnes, expliqua Dumbledore.
— Si je ne combats pas Voldemort, mes parents vont mourir ! s'insurgea Harry.
— Vous n'êtes plus l'élu, majesté. Ce n'est pas votre combat, répliqua calmement Albus.
— Mais la prophétie…
— Le ciel s'obscurcira… Et les ténèbres s'abattront. L'héritier du trône guidera… mais les ombres menaceront. L'enfant né par deux fois lorsque mourra le septième mois… Fils du capricorne et du bélier…L'élu de l'ancien temps…défera les ténèbres…Avec l'aide de l'héritier et des siens…triomphera de l'ombre…Par le remord et l'amour, récita Albus. La prophétie parle de votre petit-fils et non de vous.
— L'histoire va se répéter. Mes parents mourront et je deviendrai de nouveau orphelin, rétorqua Harry.
— Tu n'écoutes pas, Harry. La prophétie concerne notre fils et notre petit-fils. Elle parle de Severus et de l'enfant qu'il aura avec un homme né sous le signe astrologique du bélier, dit Hermione.
— Quoi ?
— Le ciel s'obscurcira… Et les ténèbres s'abattront. Cela ne veut pas dire que nous allons échouer, Harry. On peut interpréter cette partie de la prophétie de plusieurs manières. Soit Voldemort a été vaincu par toi. Soit il s'agit d'un autre seigneur des ténèbres. Ou, tu l'auras affaibli lors de la bataille qu'on mènera contre lui et qu'il reviendra plus tard, poursuivit Hermione.
Harry regarda sa femme, incrédule.
— L'héritier du trône guidera… mais les ombres menaceront. L'héritier du trône n'est autre que Severus. Il est le guide mais le guide de quoi ou de qui ? Je n'ai pas encore de réponses là-dessus. Peut-être le saurons-nous au moment venu. L'enfant né par deux fois lorsque mourra le septième mois… . Il n'y a aucun doute sur le fait que naîtra dans le futur un deuxième Harry mais complètement différent du premier car Fils du capricorne et du bélier, enchaîna-t-elle.
Hermione et Dumbledore échangèrent un long regard et le silence s'étira lentement sans que l'ancienne gryffondor ne reprenne la parole.
Harry, Nessa et Alexein attendirent patiemment que la jeune femme puisse poursuivre son explication mais elle demeura silencieuse. La brune se demandait si son mari était prêt à entendre la suite de ses explications. Elle y avait réfléchi et elle savait que le directeur était arrivé à la même conclusion qu'elle. La prophétie était claire sans l'être véritablement car il y avait toujours des points d'ombres qu'elle n'arrivait pas à éclaircir mais pour l'instant, elle avait compris une partie de la prophétie et c'était un avantage, sur leur ennemi et le futur, non négligeable.
— La suite, Hermione. On ne va pas y passer toute la journée tout de même, fit Nessa agacée.
Hermione hocha simplement la tête.
— Fils du capricorne et du bélier, répéta-t-elle de nouveau. Severus est né le 9 janvier et son signe astrologique n'est autre que le capricorne. La…
— Une seconde, Hermione, l'interrompit Nessa. Tu as dit que Severus aura un enfant avec un homme. Pourquoi un homme ?
— Si Severus devait faire cet enfant avec une femme. La prophétie parlerait d'une brebis et non d'un bélier, expliqua Hermione.
— Wow ! s'exclama Alexein, ahuri.
— De plus, reprit Hermione, si l'on suit bien la prophétie. Nous verrons qu'elle nous indique que Severus donnera naissance à un second Harry Potter.
— Comment peut-il donner naissance à un second Harry Potter ? questionna Alexein perplexe.
— Fils du capricorne et du bélier. Le capricorne c'est Severus et le bélier n'est autre que James car il est né sous le signe astrologique du bélier.
— Pourquoi ça serait forcément James ? Il peut s'agir de quelqu'un d'autre, rétorqua Nessa.
— Non, répliqua Hermione en secouant la tête. La prophétie parle très bien de l'enfant né par deux fois lorsque mourra le septième mois mais aussi de l'élu de l'ancien temps. Harry est né le 31 juillet et l'élu de l'ancien temps s'appelait Harry James Potter. Ici, la prophétie parle d'un enfant né par deux fois, fils du capricorne et du bélier. Elle est claire la prophétie. Severus et James seront les parents d'un autre Harry James Potter.
— Merlin ! s'exclama Nessa, stupéfaite.
— Putain ! Le gnome ! Harry t'imagine, ton père et ton fils vont coucher ensemble plus tard pour te donner naissance. Déjà, c'est difficile à imaginer, nos parents en train de coucher ensemble mais alors, son père et son fils. Quelle merde ! badina Alexein.
L'information avait du mal à passer dans le cerveau du brun qui ne savait pas s'il devait rire ou pleurer. Il savait que l'avenir allait être différent de ce qu'il avait connu mais que cela change autant, il n'aurait jamais pu le deviner. Mais le plus dur à encaisser fut certainement la bombe que venait de lâcher sa femme. Son père allait sortir avec Severus. Son père et son fils.
Il ne pouvait et ne voulait y croire. Son père et Severus ensemble. Son père et son fils en train de… . Non, trop difficile à supporter pour lui. Ce fut trop pour son pauvre petit cœur de gryffondor.
À la surprise de tout le monde, Harry tomba dans les pommes.
— Hey ! Mais qu'est-ce qui lui arrive ? Et moi qui pensais que ça lui ferait plaisir d'apprendre qu'il allait de nouveau naître dans ce futur, fit Alexein penaud.
— Tu pouvais pas la fermer deux secondes ? siffla Nessa entre ses dents.
— Mais qu'est-ce que j'ai encore dit de mal ?
— Tu ne sais dire que des conneries ! Voilà ce que tu as dit de mal ! Que des conneries ! le rabroua Nessa.
— Mais j'ai simplement dit que son père et Severus allaient baiser plus tard ensemble, protesta le blond. Rien de plus.
Nessa ferma un instant les paupières et essaya de conserver son calme. Elle tenta d'oublier qu'elle avait pour fiancé, un total imbécile qui ouvrait toujours la bouche sans réfléchir aux conséquences de ses paroles et que ce même imbécile commençait sérieusement à la gonfler.
Elle essaya d'oublier que cet idiot lui donnait des envies de meurtre et qu'elle n'hésiterait pas à le tuer à la moindre fausse note. Même si cela voudrait dire qu'elle mourrait peu de temps de chagrin pour avoir tuée un de ses compagnons.
Elle rouvrit ses yeux pour les poser sur Alexein qui déglutit péniblement en avisant la couleur de cheveux de sa vélane.
— Euh…chérie…tu sais…je te préfère nettement avec tes cheveux violets, balbutia Alexein.
Il recula d'un pas alors que Nessa avançait dangereusement vers lui, sa chevelure violette ayant disparue au profit d'une crinière de feu.
— Et moi, j'aime bien le feu, dit Nessa alors que des flammes dansaient dans ses yeux sombres.
Elle métamorphosa sa main droite en flamme rougeoyante et s'approcha un peu plus d'Alexein qui essayait de mettre le plus possible de distance entre eux.
— Approche, mon amour, susurra Nessa d'une voix doucereuse.
— J'aimerai bien mais je n'aime pas trop la voix que tu prends et je n'ai pas très envie de me brûler avec…ta main…Enfin, avec ce qu'elle est devenue.
— Mais amour, je pensais que tu aimais jouer avec le feu, fit Nessa faussement consternée.
— Pas du tout ! Je n'aime pas ça ! s'écria Alexein.
— Tu as peur de te brûler avec, n'est-ce pas ? demanda Nessa.
Et le blond hocha vivement la tête.
— Vraiment navrée pour toi.
— Hein ? Pourquoi ? questionna Alexein, désorienté.
Alexein remarqua bien trop tard que la métamorphomage s'était rapprochée subtilement de lui et qu'elle se trouvait seulement à quelques centimètres de son visage. Il sentit soudain une odeur de brûlé et baissa les yeux pour constater que sa robe de sorcier était en train de prendre feu.
— Au feu ! hurla-t-il. Je brûle !
Alexein essaya d'éteindre le feu mais sans succès. Il allait se brûler lorsqu'il reçut une douche bien glacée qui éteignit la flamme.
— Fais attention amour. Tu risquerais de vraiment te brûler la prochaine fois, murmura Nessa à son oreille.
Alexein papillonna des yeux et fusilla la vélane du regard.
— Mais t'es complètement fêlée, ma parole !
— Je sais, tu me le dis assez souvent, répliqua Nessa avec un sourire narquois.
Alexein dévisagea froidement Nessa et quitta brusquement le bureau d'Harry. Il avait besoin de s'aérer l'esprit et de prendre un peu d'air.
Nessa poussa un léger soupir et sa chevelure devint bleue. L'amusement avait fait place à une sensation de vide. Elle s'était défoulée sur Alexein sans aucune raison. Elle savait que son cauchemar y était pour quelque chose. Elle ne s'en était pas encore remise et comme toujours, il lui faudrait des semaines avant qu'elle n'adopte de nouveau un comportement assez normal.
Elle passa une main dans ses cheveux et tira dessus, en colère contre elle-même. Alexein n'avait pas à supporter ses sauts d'humeurs. Il n'y était pour rien.
— Est-ce que tout va bien ?
Elle sortit brusquement de ses pensées et fit volte-face pour se trouver nez à nez avec Dumbledore qui la regardait d'un air inquiet.
— Oui, ça va, mentit-elle.
Bien sûr que non, ça n'allait pas. Elle était en train de perdre peu à peu la tête et même ses compagnons n'arrivaient pas à la rendre heureuse. Elle pensait qu'auprès d'eux, elle retrouverait une certaine sérénité, une certaine paix, mais elle s'était complètement fourvoyée. Jamais elle ne sera heureuse et encore moins en paix tant qu'elle n'aura pas vengé la mort de son petit garçon.
Sera-t-elle heureuse un jour ? Elle en doutait. Son bonheur sur terre s'était éteint il y a un an de cela. C'était sa raison de vivre. Sa raison d'exister sur terre et maintenant qu'il n'était plus là, elle trouvait difficile de vivre dans ce monde. Et elle s'en voulait de penser ainsi car elle avait désormais ses compagnons à ses côtés mais ce n'était pas suffisant. Pas assez pour elle. L'amour qu'elle ressentait pour son petit garçon était bien plus fort que celui qu'elle ressentait pour Alexein et Killian.
Ce n'était pas la même chose et encore moins le même amour, mais c'était comme ça. Elle aimait son fils plus que tout et ne parvenait pas à vivre sans lui.
Elle avait promis à ses amis d'essayer, de se donner une seconde chance mais elle n'y arrivait pas. C'était bien trop difficile.
— Vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les situations les plus sombres, il suffit de se souvenir, d'allumer la lumière, dit Dumbledore.
— Je n'arrive pas à trouver l'interrupteur, livra Nessa.
— Peut-être parce que vous ne vous donnez pas la peine de le chercher, présuma le directeur.
Dumbledore sortit sa baguette magique et le bout du bois s'illumina subitement.
— Pour voir la lumière mon enfant, il faut ouvrir les yeux.
Nessa regarda, fascinée, la lumière qui scintillait au bout de la baguette de Dumbledore.
— Finalement, je crois que je vous ai mal jugé, dit-elle.
Elle croisa le regard bleu d'Albus.
— Vous n'êtes pas un vieux papi gâteux. Juste bizarre, rectifia-t-elle.
— Merci du compliment, remercia Albus.
— Merci à vous.
Albus sourit et hocha la tête. Nessa jeta un coup d'œil à Hermione qui s'occupait de son mari inconscient et sortit du bureau à la poursuite d'Alexein. Elle avait quelque chose à se faire pardonnée.
— Je crois qu'il est temps pour moi de m'en aller, annonça Dumbledore. Je dois organiser la conférence de presse de sa majesté le roi. Un grand moment qui sera certainement inscrit dans l'histoire de notre communauté.
— Merci pour tout ce que vous faîtes pour nous, Albus, le remercia sincèrement Hermione.
— Chacun de nous apporte une pierre à l'édifice de ce nouveau monde, dit-il simplement.
Hermione esquissa un sourire et Dumbledore s'en alla, la laissant seule avec Harry qui était toujours inconscient.
Elle caressa la joue de son mari et pensa au tout début de leur histoire d'amour. Elle avait l'impression que leur histoire avait été tirée d'un film d'Hollywood ou d'un roman de Jane Austen.
Leur histoire d'amour n'avait pas débuté par un coup de foudre. Non, leur amour s'était installé au fil du temps. Il était né d'une amitié presque fraternelle. Ils avaient eu le béguin pour d'autres personnes, avaient eu des relations amoureuses avec d'autres. Ils avaient cherché l'amour dans les bras de quelqu'un d'autre sans pour autant se rendre compte que l'amour qu'ils recherchaient tant tous les deux, était juste là, sous leurs yeux. Qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Qu'ils étaient tous deux destinés à s'aimer pour le meilleur comme pour le pire.
Il leur aura fallu des années avant de se rendre compte qu'ils s'aimaient depuis longtemps et qu'ils se comprenaient l'un l'autre. Ils étaient si complémentaires. Mais ils avaient eu besoin de temps pour se retrouver. Ils avaient eu besoin de ce temps pour grandir, pour se forger. Ils avaient eu besoin de ces expériences pour se rendre compte qu'ils s'aimaient bien plus qu'ils ne le pensaient. Que ce n'était pas un amour fraternel qui les liait tous les deux. C'était bien plus que ça. Beaucoup plus fort et plus puissant. Plus intime. Plus passionnel.
Elle en était consciente. Personne au monde ne la rendrait aussi heureuse que Harry. Il n'y avait qu'Harry dans son cœur, aujourd'hui et à jamais. C'était leur devise : « aujourd'hui et à jamais ». Quoi qu'il se passe dans cette vie ou la prochaine, ils seraient toujours liés l'un à l'autre. C'était ainsi. C'était écrit.
Harry émergea tout doucement de son inconscience et plissa des yeux lorsqu'il reprit pleinement conscience. Il leva les yeux et rencontra le regard noisette d'Hermione. Il se redressa en position assise et remarqua que cette dernière l'observait de façon étrange. Il avait l'impression qu'elle était sur le point de pleurer.
— Mione, est-ce que ça va ? s'enquit-il.
— Et toi ? répliqua-t-elle.
— J'ai appris tout à l'heure que mon père et mon fils allaient sortir ensemble mais sinon à part ça, je crois que tout va bien, ironisa-t-il.
— Tu es encore sous le choc, nota Hermione.
— Sous le choc c'est peu dire, ricana-t-il. Mon fils et mon père.
Harry eut soudain un rire nerveux. Il sentait que ses nerfs étaient en train de le lâcher. Il s'était douté que le futur changerait à cause de leur présence et des modifications qu'ils apportaient à ce monde mais il avait pensé, il avait cru que si sa mère n'épousait pas son père alors, elle se marierait certainement avec Severus puisqu'il serait différent du Snape de son époque.
Jamais il n'aurait pu se douter que ce serait, son père et Severus ensemble !
Des larmes coulèrent lentement sur ses joues tandis qu'il s'esclaffait comme un malade mental. James et Severus ensemble, parents d'un petit Harry. C'était trop risible. Trop invraisemblable. Improbable. Inimaginable.
— Harry.
— Mione, tu te rends compte. Mon petit Severus. Notre petit garçon, il va…il va…sortir avec…James Potter, rigola Harry. Severus Caledonensis et James Potter. Si ce n'est pas drôle ça !
Hermione regarda son mari, atterrée. Il était en train de perdre la tête. Elle aurait peut-être dû s'abstenir de tout raconter à Harry aujourd'hui. Il aurait peut-être mieux valu repousser l'explication de la prophétie. Harry était encore fragile psychologiquement et la manière douce et délicate aurait été plus appropriée dans son cas.
— J'aime beaucoup mon père mais ce n'est pas lui que j'imaginais comme parti pour mon petit garçon, dit Harry en retrouvant peu à peu son calme. J'imaginais plutôt une femme à la place d'un homme.
Hermione fronça les sourcils, déroutée.
— Je ne pense pas que mon père puisse mériter Severus. Je ne sais pas comment était sa relation avec ma mère mais l'imaginer sortir avec mon fils me rend perplexe. À notre époque, lui et les maraudeurs ont beaucoup fait souffrir Severus. Et je n'ai aucune envie qu'ils s'attaquent de nouveau à lui, confia Harry. Et surtout, comment se fait-il qu'ici Severus et mon père deviendront homos ? Ne sont-ils pas censés être hétéros et amoureux de ma mère ?
— C'est tout ce qui t'inquiète ? Que notre fils sorte avec James ? l'interrogea Hermione, ahurie.
— Eh ben, oui, répondit Harry, je n'ai pas envie que mon père fasse souffrir Severus.
— Mais pourquoi t'es-tu donc évanoui ? le questionna Hermione confuse.
— Je venais d'apprendre que mon fils était gay, répondit Harry. Désolé mais ça m'a fait un choc.
— Tu n'es pas triste de savoir que tes parents ne se marieront jamais ensemble ?
— Tant qu'ils seront heureux avec leur partenaire et en vie, rien ne me ferait plus plaisir.
Hermione sourit, heureuse de voir qu'Harry prenait assez bien la nouvelle.
— Tu as mûri, tu sais, dit-elle.
— Je sais.
Hermione approcha son visage d'Harry et était sur le point de l'embrasser lorsque la porte du bureau s'ouvrit avec fracas et qu'une tornade brune y fit irruption.
— Papa ! Maman !
Comme à l'accoutumée, Severus était accompagné de Rafiki. Le Demiguise ne lâchait désormais plus le jeune garçon et le suivait partout où il allait. Rafiki était devenu en quelque sorte l'animal de compagnie de Severus.
— Regardez ! C'est un hibou qui l'a apporté, dit-il en brandissant une enveloppe lourde et épaisse, faite d'un parchemin jauni portant un sceau de cire frappé de l'écusson de Poudlard au dos.
— Et c'est de qui ? demanda Hermione connaissant déjà le destinataire de la lettre.
— De Poudlard, maman ! répondit Severus, extatique. C'est ma lettre !
— Mais qu'est-ce que tu attends ? Ouvre-la, l'incita Harry.
Severus, tout excité, ouvrit prestement l'enveloppe.
COLLÈGE DE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE
Directeur : Albus Dumbledore
(Commandeur du Grand-Ordre de Merlin Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers)
Cher Mr Caledonensis,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Mr Caledonensis, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice adjointe
— Je vais à Poudlard ! s'exclama Severus tout joyeux. Rafiki, je vais à Poudlard !
— Eh ben dis donc ! On dirait que t'es déjà pressé de quitter tes vieux parents, le taquina Harry.
Severus perdit aussitôt son sourire et son visage devint blême.
— Non…ce…n'est…
— J'étais en train de te taquiner, Sev, dit Harry pour le calmer. C'est normal pour toi d'être surexcité à l'idée d'aller à Poudlard. Beaucoup d'enfants le sont aussi à ta place.
— Lily, souffla Severus.
— Quoi, Lily ? le questionna Harry.
— Si j'ai reçu ma lettre, alors ça veut dire que Lily aussi a reçu la sienne, supposa Severus.
— Il y a de fortes chances, en effet, dit Harry.
— Il faut que je lui envoie une lettre.
Severus allait quitter le bureau mais il fut retenu par la main d'Hermione.
— Pas si vite, mon grand.
— Mais maman…
— J'ai quelque chose à vous annoncer, l'interrompit la brune.
Hermione sentit son cœur battre frénétiquement la chamade lorsque les regards des deux hommes de sa vie se rivèrent sur elle. Elle inspira un bon coup et décida de se jeter à l'eau. C'était une première pour elle et elle ne savait pas comment l'annoncer. Surtout, elle avait peur de leur réaction. Peur qu'ils n'acceptent pas.
— On t'écoute, Mione.
— Je suis enceinte.
C'était lâché. Elle l'avait enfin dit.
Elle observa chacun des visages d'Harry et de Severus, attendant patiemment une réaction de leur part. Harry avait les yeux ronds, la bouche légèrement entrouverte tandis que Severus semblait hébété.
— Dîtes quelque chose, supplia-t-elle, anxieuse.
— Tu es vraiment enceinte ? demanda Harry d'une voix étranglée.
— Oui.
— Merlin ! Hermione ! Un bébé ! s'extasia Harry. Un bébé !
Un grand sourire s'étira sur les lèvres d'Harry. Il était content. Ils allaient avoir un bébé. Il prit sa femme dans ses bras et l'étreignit avec douceur de peur d'étouffer l'enfant qui grandissait dans le ventre d'Hermione.
— Est-ce que ça veut dire que tu es ravi par cette nouvelle ? l'interrogea Hermione.
— Hermione, je suis plus que ravi. Je suis l'homme le plus heureux du monde.
Et pour appuyer ses dires, il embrassa follement et passionnément sa femme. Ils rompirent leur baiser et se tournèrent vers leur petit garçon. Ils furent surpris de constater que Severus avait les larmes aux yeux.
— Severus.
— Je le savais que vous alliez m'abandonner, dit-il d'un ton accusateur.
— Quoi ?
— Maintenant que vous allez avoir votre bébé, vous me renverrez au centre.
— Personne ne va pas t'abandonner, Severus, assura Harry.
— C'est faux ! Elle est enceinte ! cria Severus en larmes.
— N'es-tu pas heureux d'apprendre que tu auras un petit-frère ou une petite-sœur ? lui demanda Hermione.
Severus secoua la tête.
— Pourquoi ?
— Parce que vous ne m'aimerez plus lorsqu'il sera là. Vous allez l'aimer plus que moi parce que c'est votre enfant, répondit Severus d'une voix éraillée.
— Mais, Severus, tu es aussi notre enfant, protesta Hermione.
— Mais je ne suis pas de votre sang ! répliqua Severus. Alors que lui…il…il…
Severus se mit à pleurer, incapable d'exprimer toute la peine qu'il ressentait à l'instant. Il était malheureux car ses nouveaux parents allaient avoir un bébé. Un enfant de leur propre sang. Lui, il n'était rien pour eux. Juste un orphelin qu'ils avaient recueilli.
— Oh ! Severus ! fit Hermione.
Elle le prit dans ses bras et déposa plein de baisers sur la chevelure de jais du petit garçon.
— Quand comprendras-tu donc que tu es notre fils ? Que tu es et resteras à jamais notre enfant ? Hein ?
— Vous allez avoir un bébé, rappela-t-il, la voix rauque.
— Oui, nous aurons un second enfant, dit Hermione en appuyant bien sur les derniers mots.
— Cet enfant ne changera rien à l'amour que nous ressentons pour toi, Sev, ajouta Harry.
— Nous vous aimerons tous les deux sans aucune distinction car vous êtes nos enfants et nous, nous sommes vos parents, poursuivit Hermione.
— Qu'importe les liens du sang, tu es et seras toujours notre fils, reprit Harry.
— Vraiment ? demanda Severus d'une petite voix.
— Vraiment, jura Hermione.
Elle resserra son étreinte autour du petit garçon qui se blottit un peu plus contre elle.
— Et peu importe que ce soit une fille ou un garçon, tu es l'héritier du trône de Grande-Bretagne sorcière, Severus. Tu es celui qui me succèdera à la place de roi, mon fils. Cet enfant qui naîtra, ne prendra jamais la place que tu as dans notre cœur car chacun de vous deux est unique et nous vous aimerons tous les deux de la même manière, rajouta Harry.
— En plus, tu auras un petit-frère ou une petite-sœur avec qui tu pourras t'amuser, dit Hermione.
— Une petite-sœur, murmura Severus.
— Quoi ?
— J'aimerai que ce soit une fille, dit Severus.
— Si c'est une fille, nous te laisserons choisir son prénom, offrit Hermione. Qu'en dis-tu ?
— Je pourrai vraiment choisir ? s'étonna Severus en se détachant de l'étreinte de sa mère.
Hermione hocha simplement la tête avec un grand sourire.
— Tu as déjà une idée du prénom ? le questionna Harry.
— Oui, répondit Severus. Lily.
— Comme ton amie Lily ? demanda Hermione circonspecte.
— Ce n'est pas un joli prénom ?
— Si, bien sûr, le rassura sa mère. Il est très joli mais comment fera-t-on pour nommer ta petite-sœur et ton amie lorsqu'elles se retrouveront dans la même pièce ? Et comment saura-t-on de quelle Lily il est question ?
— C'est tout simple, à la deuxième Lily on ajoutera un deuxième prénom, ce qui fera un prénom composé, expliqua Severus.
— Que penses-tu de Lily-Luna ? proposa Hermione.
— Que c'est très joli, dit Severus. Mais si c'est un garçon, comment allez-vous l'appeler ?
Harry et Hermione se regardèrent un moment et Harry sourit à son fils.
— C'est top secret, rigola Harry.
— Je ne le dirai à personne. Promis.
— J'ai vraiment ta parole ? l'interrogea Harry d'un air sérieux.
— Je jure que je ne dirais rien à personne.
Harry sourit et se pencha vers son fils et il lui murmura quelque chose à l'oreille. Severus écarquilla brusquement les yeux et regarda son père, éberlué.
— Vous l'appellerez vraiment comme ça si c'est un garçon ? demanda Severus, stupéfait.
— Oui, répondit simplement Harry.
Severus se jeta dans les bras de son père. Il avait énormément de chance d'avoir des parents aussi formidables et gentils.
— Merci beaucoup, papa, chuchota-t-il.
— De rien, mon grand.
Severus se décala de quelque pas et fit un sourire à son père.
— Il faut que j'annonce la bonne nouvelle à Lily, déclara-t-il.
— Vas-y !
Severus ne se fit pas prier deux fois et quitta le bureau en courant pour rejoindre sa chambre, Rafiki toujours sur ses pas. Il avait tout un tas de choses à raconter à sa meilleure amie et il souhaitait partager tous ces moments de bonheur avec elle. Il voulait aussi savoir si elle avait reçu, tout comme lui, sa lettre d'admission à Poudlard.
Hermione poussa un profond soupir et alla se blottir dans les bras de son époux.
— Ça fait combien de mois ? demanda Harry.
— Deux mois, répondit Hermione.
— Et tu connais le sexe du bébé ? l'interrogea-t-il.
— Oui, mais je ne dirais rien, répondit Hermione. C'est une surprise.
— Tu me dis le sexe du bébé et je te dis le prénom que j'ai choisi si c'est un petit garçon, marchanda Harry.
— Je le sais déjà, Harry. Je te connais mieux que personne et je peux très bien deviner le ou devrais-je dire les prénoms que tu as choisi au cas où ce serait un garçon, dit Hermione.
— Tu es une sorcière, pouffa-t-il.
Hermione sourit et déposa un baiser chaste sur les lèvres d'Harry.
— Sans aucun doute.
Réponses aux reviewers anonymes :
Akuma : Salut et bienvenue parmi nous. Je te remercie pour le commentaire et espère te lire une prochaine fois.
Guest : Salut et merci pour le commentaire. Severus, un enchanteur ? On verra bien par la suite.
Juliana : Salut ma belle, heureuse de te retrouver. Pour la prophétie, tout dépend de comment il veut bien la voir. Merci et à la prochaine.
Oceanmarie : Je te remercie sincèrement pour ton commentaire. J'espère que tu continueras de lire mon histoire.
Lily : Coucou ma jolie ! Toi aussi tu trouves, non ? Moi j'ai toujours su qu'Harry était très charismatique. Je le trouve trop sexy en dominant ! Ah notre petit Sevy, toujours choupi ce gamin. Je suis en extase devant ce bambin. J'espère que ce chapitre t'aura plu et que tu continueras de lire mon histoire. A la prochaine, ma belle !
Lorina : Ouais, encore une prophétie. Pauvre petit Harry. Même pas encore né que déjà il doit vaincre les ténèbres. Au moins, il ne sera pas seul. Bonne question, ma chère. Moi, je pencherai plutôt plus vers la voyante. Après tout, elle est aussi fautive dans l'histoire. Si elle n'avait pas fait sa prédiction, rien de tout ceci ne serait arrivé et Voldy n'aurait pas eu à tuer les Potter. Toi aussi tu le trouves choupi ce Sevy non ? A la prochaine, ma belle.
Guest 2 : L'histoire sera centrée sur Severus mais ce n'est que l'introduction pour le moment. Je ne peux pas me centrer sur Severus alors que l'histoire est en train de se mettre en place. La fic sera longue donc pas d'inquiétude. Et merci encore pour le commentaire.
