Fiouf! Un gros désolée à celles et ceux qui me suivent, ce chapitre a été assez difficile à sortir, question de choix pour la suite. Je ne suis pas une grande habituée de messages personnels en début de chapitre, mais cette fois je tenais vraiment à remercier redfoxiy, première personne à m'encourager de ses commentaires. Merci du fond du coeur, cette fiction est mon chéri-chou-à-moi, et j'étais assez nerveuse de vous la présenter, le style est tout à fait différent de ce que j'écris généralement, et tes commentaires m'ont tout à fait rassurée. Seconde slave de remerciements pour Passeparla qui, par ses remarques, m'ont poussée à réfléchir plus profondément à l'histoire de fond, merci à toi. Enfin, à Noroi-no-ko, qui m'a faite rougir par son commentaire plus qu'élogieux, et qui m'est allé droit au coeur, merci à toi également.

Allez, trêve de mercitude, je vous souhaite une excellente lecture!


Le soleil n'était pas encore levé, mais l'on pouvait déjà entendre la basse-cour s'agiter. Roméo repoussa sa couverture en grimaçant. La nuit avait été fraîche, et il avait eu du mal à fermer l'œil.

Le jeune homme se leva et s'habilla promptement, avant de glisser vers la cuisine sans un bruit. Dans l'autre pièce dormait son père, qu'il tenait à ne pas réveiller d'aussi bonne heure. Il se mit ensuite en quête d'un quignon de pain qu'il avait cru voir traîner dans la pièce. L'aliment était sec, mais Roméo n'y prêta pas attention c'était mieux que rien. Son morceau de pain à peine avalé, il enfila son manteau avant de sortir nourrir les poules.

La nuit n'avait pas seulement été froide, mais humide également. Considérant les bois entourant la ferme, le jeune homme distribuait le grain d'un air distrait. L'hiver approchait rapidement. Les récoltes avaient été correctes durant l'été, mais avec la forte hausse du prix du transport, son père n'avait pas réussi à engranger autant d'argent qu'ils auraient voulu. Bien sûr, le petit avait insisté pour transporter les pommes de terre lui-même jusqu'au marché de la ville, mais le paysan Macao le lui avait formellement interdit. Les routes étaient loin d'être sûres. De plus, le vieil homme disait ne plus pouvoir se passer de son fils pour entretenir les champs ainsi que les bêtes.

Un vent froid vint souffler sur le visage de Roméo, ébouriffant ses cheveux sombres. Il s'éloigna de la basse-cour pour jeter un œil aux moutons. Il charia une botte de foin dans l'enclos, vérifia deux fois que le bétail avait de l'eau en bonne quantité, sortit le cheval de la grange, s'occupa de traire la vache. Une fois ses tâches remplies, le jeune homme rentra dans la cuisine. Son père n'était pas encore levé. Il déposa le bidon de lait frais sur la grande table de bois avant de se diriger vers la cheminée, dont les braises étaient presque éteintes, et se chargea de raviver le feu. Son regard se perdit un moment dans le rougeoiement des flammes, une main dans l'autre. Il poussa un long soupir, puis partit ensuite en quête d'un panier en osier, avant de se diriger vers la porte.

Les pas du jeune homme le menèrent à la lisière du bois voisin. Il risqua un coup d'œil alentour avant d'y entrer il connaissait bien le propriétaire des lieux et, si ce dernier entendait dire que le fermier Macao venait se servir dans son bois, les choses tourneraient mal pour eux.

Roméo arpentait les racines mousseuses des pins depuis une bonne heure. La cueillette était bonne, et le panier presque plein, déjà. Il se redressa, étira son dos voûté par l'exercice. Son visage tendu reçu quelques gouttes d'une pluie fine qui commençait à tomber. Jaugeant son butin, le jeune homme se dit qu'il avait encore un peu de temps avant de rebrousser chemin. Il fit un pas en avant vers l'arbre suivant, lorsqu'il entendit du bruit lui parvenir. Une branche qui craque, l'effleurement de l'herbe. Quelqu'un vient. Roméo se faufila rapidement derrière le premier tronc assez épais qu'il trouva, et guetta, s'attendant à tout moment se profiler la silhouette épaisse du propriétaire. Il ne m'a pas vu, tout va bien, tenta-t-il de se rassurer.

De longues minutes passèrent, sans que le jeune homme vît passer quoi que ce soit. Se demandant s'il n'avait pas rêvé ces bruits suspects, il s'apprêta à reprendre son chemin vers la ferme, lorsqu'une ombre apparut au milieu des arbres. Elle était vêtue d'un drap gris maculé de boue. Ses bras, squelettiques, avaient le même aspect misérable que son jupon. D'où il était, Roméo ne parvenait pas à distinguer son visage, en partie caché par d'épaisses mèches de cheveux noirs aux reflets… serait-ce possible ? Bleus ! Le jeune homme cilla à plusieurs reprises, comme pour chasser l'effrayante apparition de son champ de vision. Il ne pouvait réellement pas y croire. La créature semblait se mouvoir avec difficulté, agitant ses bras déformés dans le vide, tel un pantin désarticulé. Le cœur du jeune homme se glaça d'effroi lorsque l'ectoplasme se dirigea vers lui. Ciel ! Cela ne pouvait qu'être une farce opérée par le diable lui-même ! Le sans-visage avait été envoyé se repaître de sa chair ! Pétrifié par cette idée, l'adolescent resta prostré derrière son arbre, le regard figé sur le monstre qui s'avançait de sa démarche cassée vers lui. Sa main lâcha la hanse et le panier roula. C'était la fin. La créature s'avançait toujours, la respiration sifflante, les bras portés en avant, cherchant à saisir quelque chose… et puis, plus rien. Le jeune homme sortit lentement de la transe où son esprit l'avait emprisonné. Le fantôme était à terre, et ne respirait plus. Roméo n'en croyait pas ses yeux. Que s'était-il passé ? Une minute auparavant, il se voyait bras et jambes arrachés au reste de son corps, et l'instant d'après…

Le jeune homme hésitait à approcher la créature. Son instinct lui hurlait de s'enfuir à toutes jambes, alors que sa fierté lui intimait de rester où il était. Mieux, de sortir son couteau et d'emporter la tête de la bête en trophée à son père.

Les yeux de l'adolescent tombèrent sur les champignons éparpillés sur le sol. Son panier, où était-il ? Prudemment, il avança un pied vers le corps évanoui, et trouva son panier au pied de celui-ci. Les ectoplasmes chutaient-ils sur des objets matérialisés ? Etrange. La curiosité du jeune homme l'emporta. Il toucha le bras crasseux. Tiède. Un humain ! Mort ? Vivant ? Un léger sifflement, à peine perceptible, parvint à ses oreilles.

Le cœur battant à tout rompre, Roméo s'approcha sur le côté de l'inconnu évanoui et le retourna brutalement sur le dos. Une odeur rance se dégageait de ce corps émacié et sale. Le jupon était en très mauvais état. Les trous dont il était parsemé laissaient voir des jambes couvertes de minces cicatrices, et de nombreux bleus. Les pieds de l'inconnu étaient nus, et couverts de sang séché. Un mendiant, sans aucun doute. Le jeune homme aurait simplement pu partir sans se retourner les gueux n'étaient les bienvenus nulle part, spécialement pendant les périodes de crise. La meilleure chose qui pouvait arrivait à ce pauvre diable serait qu'on lui plante un couteau dans le cœur. Mais son regard se porta de nouveau sur la chevelure aux reflets étranges. Il entreprit alors de dégager les mèches poisseuses du visage famélique. Fermant un œil, Roméo ne savait pas à quoi s'attendre.

Le visage blanc qu'il découvrit était féminin, sans nul doute. Les sourcils fins, un petit nez rougi par le froid, des pommettes saillantes, et un menton droit et décidé. Et des cheveux bleus… Le doute d'insinua immédiatement dans l'esprit du jeune homme. La prudence voulait qu'il oublie ce qu'il avait vu. Théoriquement, c'était tout à fait faisable. Mais en pratique, c'était une tout autre histoire. Allait-il réellement se décider à abandonner cette jeune misérable au milieu des bois ? Si jamais le propriétaire la voyait, il la tuerait, il n'y avait aucun doute là-dessus. Et que dirait-il à son père ? Cet homme même qui lui avait appris à toujours prendre la défense d'une femme, comme s'il avait à protéger sa propre mère. Roméo se mordit la langue. Il n'y avait pas de temps à perdre. La jeune fille semblait aller mal. Il ne voulait pas risquer d'avoir sa mort sur la conscience. Il ramassa rapidement son panier, qu'il attacha à la ceinture, avant de hisser le corps frêle sur son épaule. L'inconnue était bien plus légère qu'il ne l'aurait pensé. Quelque chose de dur cogna contre sa clavicule, mais le jeune homme ne s'en formalisa pas il était temps de rentrer à la ferme.

Gray Fullbuster ouvrit les yeux sur les rideaux de sa chambre. Il s'étira rapidement, s'attendant à ressentir une douleur dans la nuque, qui ne se manifesta pas. Surpris, il se passa la main dans le dos. Rien. Le jeune noble avait donc passé toute la nuit dans son lit, une première depuis…

Il sonna les domestiques avant de quitter le lit pour ouvrir les rideaux. Dehors, le temps était maussade la pluie tombait dru sur la pelouse parsemée de feuilles mortes. Gray soupira. Pour la première fois depuis plusieurs mois, il ne savait pas de quoi sa journée allait être faite. Son père avait mis le manoir sens dessus dessous pour l'arrivée de la demoiselle-prodigue. Les arbustes taillés, les meubles cirés, la vaisselle astiquée ! Les femmes de chambres changeaient les draps en gloussant, les domestiques s'affairaient en sifflant. L'endroit n'avait jamais été aussi animé, au grand dam de son jeune maître.

Outre le fait d'avoir été mêlé à ce sordide complot sans son accord, Maître Gray rejetait toujours l'idée d'un mariage arrangé, voire celle d'un mariage tout court. Il n'était âgé que de vingt-cinq ans, et avait passé le clair de sa période post-adolescente à se former à la succession de l'affaire de son père. Il avait alors accepté de mauvaise grâce, pensant réussir à convaincre son père de le laisser voyager une fois que celui-ci se serait rendu compte du caractère superflu d'avoir un fils incompétent dans la gestion d'un patrimoine.

Et puis, il y avait eu la mort de sa mère. Un matin d'automne, pareil à celui-là. Une pluie fine qui courait sur la fenêtre et un petit vent frais qui avait ravi le dernier souffle de Madame Fullbuster. Elle avait laissé derrière elle un mari accablé par la tristesse, et un jeune fils complètement déboussolé. A partir de ce moment, Gray Fullbuster n'avait eu d'autre choix que de supporter son père dans cette épreuve qu'il ne souhaitait pas gagner.

Derrière le jeune noble, la porte s'ouvrit sur Simon.

- Il était temps ! Que se passe-t-il, en bas, pour que l'on en vienne à négliger son propre Maître ?

- Veuillez accepter mes excuses, Monsieur. L'ensemble des domestiques s'affaire à préparer le déjeuner, nous ne sommes pas habitués à vous servir à une heure aussi tardive.

- Le déjeuner ? Bon sang, quelle heure est-il ?

- Onze heures et demie, Monsieur, répondit Simon.

Gray n'en croyait pas ses oreilles. Il avait passé bien plus de temps au lit qu'il ne l'aurait cru.

- Bien. Aide-moi à me préparer, ajouta-t-il simplement.

Le domestique s'exécuta immédiatement. Tout en ajustant la chemise à jabot de son maître, il s'évertua à narrer les derniers potins qui, il le savait, n'intéressaient pas son Maître. C'était pourtant un rituel entre eux. Gray Fullbuster n'avait jamais été particulièrement loquace, et encore moins avec ses domestiques. Enfant, son père faisait souvent entendre la crainte qu'il avait que son héritier soit né sourd. A cela, sa femme ne cessait de lui répéter : « Il entend parfaitement, ne vous inquiétez pas. Ce garçon réfléchit beaucoup, c'est une preuve d'intelligence chez les enfants. Il vous surpassera, un jour. Vous verrez. » A cette époque, Simon entrait tout juste au service du Manoir, comme valet de chambre. Il avait alors onze ans. Il n'avait jamais été particulièrement proche des autres domestiques, qui le méprisaient à cause de ses cheveux roux, « Les cheveux du diable ! » qu'ils l'appelaient, et passait le plus clair de son temps dans son coin, à observer les autres. C'est son père qui avait eu l'idée de l'envoyer chez Maître Fullbuster, car il travaillait déjà dans ses écuries, et espérait enseigner l'élevage des chevaux à son fils. Malheureusement, ce dernier craignant les chevaux, il s'était décidé à l'envoyer nettoyer des pots de chambre.

Simon avait donc passé une bonne partie de ses premières années d'adolescent à observer des nobles, et surtout le fils héritier, dont il se sentait particulièrement proche, du fait de leur faible différence d'âge. Ce détail avait le don de rendre son père fou de rage dès que le petit se permettait de lever le petit doigt en buvant sa soupe au bol, ou encore d'épousseter son tabouret avant de s'asseoir, le père Mikazuchi lui assénait une correction maison.

Et la vie du petit valet de chambre suivait son cours, sans que ses maîtres lui accordent la moindre attention. Jusqu'à ce jour où le Majordome l'envoya au marché récupérer un cheval que le Maître n'avait pas le temps de ramener au Manoir. Il s'était présenté aux écuries, pensant y trouver le cocher. Malheureusement, le bâtiment était quasiment vide, l'ensemble des domestiques étant occupés par la préparation de la grande fête en l'honneur de l'anniversaire de l'héritier son père lui-même avait dû confier les écuries à son second. C'est ce dernier qui avait amené Simon devant le box de sa monture avant de s'éclipser au pas de course.

Le majordome se rappelait cet épisode dans les moindres détails : l'odeur du foin mêlée à celle, plus douceâtre, du fumier, la queue du grand étalon bai qui s'agitait de temps à autre pour chasser une mouche, son postérieur tourné vers Simon. Une seule goutte de sueur avait roulé dans son dos moite, alors que ses mains trituraient nerveusement la bride. L'animal avait tout à coup levé la tête de son foin pour éternuer bruyamment, ce qui avait fait sursauter Simon.

- Tu n'entre pas ?

Cette voix grave à l'intonation candide. Maître Gray Fullbuster, assis en tailleur au sommet d'une pile de bottes de paille, l'observait de son regard placide. Le jeune valet s'énerva de plus belle, agita ses mains, ce qui fit cliqueter le mors. Jaugeant son malaise, l'héritier glissa souplement à terre, franchit les deux mètres qui le séparaient de Simon, et lui prit fermement la bride des mains avant de tirer sur le loquet du box. Le jeune noble s'approcha du hongre par la gauche, et lui flatta l'encolure.

- Il faut qu'il te sente, d'abord, expliqua-t-il sans se retourner. Ensuite, une fois qu'il sait qui tu es, tu peux lui passer la bride.

Simon avait observé en silence, bouche bée, son petit maître qui, du haut de son mètre vingt-et-un, faisait plier le cou de cette créature du diable que l'on nommait « cheval ». Une fois le mors dans la bouche du grand hongre, Maître Gray l'avait guidé jusqu'au valet à qui il avait tendu les rênes.

- Ne lui révèle jamais ta peur, ou il s'en servira contre toi.

Sur ces mots, il avait alors tourné les talons. Pas de clin d'œil, de mot gentil. Juste un conseil, dont Simon se servait encore tous les jours face aux domestiques dont il avait la charge.

Maître Fullbuster toussa, faisant sursauter l'intendant. Cela faisait plusieurs minutes qu'il s'évertuait à polir les bottes du noble, perdu dans ses pensées. Il se redressa précipitamment, époussetant nerveusement ses genoux dans le même temps.

- Tu es bien agité ces derniers temps, Simon.

Le valet sursauta à l'entente de son nom, si rarement présent dans la bouche de ses maîtres.

- Veuillez pardonner ma négligence, Maître, vous ne me prendrez plus à rêvasser.

Le jeune noble arpenta lentement la pièce, le regard lointain. Ses pas s'arrêtèrent devant son petit bureau d'acajou, devant la fenêtre. Marquant une pause, les mains dans le dos, il décida finalement de s'avachir dans le grand fauteuil vermeil.

- J'ai bien conscience des rumeurs qui circulent à travers le Manoir, commença-t-il, plongeant son regard sombre dans celui de son valet, qui garda docilement le silence. La situation économique de la famille est tout à fait préoccupante, il est vrai. Nous avons reçu une missive hier, nous informant que l'un de nos convois n'est jamais arrivé en ville.

Poussant un long soupir, le jeune homme se massa les tempes avant de reprendre.

- Nous avons tout lieu de penser que nos cochers et passagers sont tombés sur des bandits, une fois de plus.

Simon cilla. C'était exactement ce qu'il craignait, lui aussi. Il imaginait déjà la panique dans les rangs des domestiques dès qu'ils apprendraient la nouvelle, eux aussi.

- J'en suis absolument navré, Maître.

- Comme tu le sais, j'ai passé un temps appréciable à tenter de trouver une issue favorable au problème que ma famille rencontre. Et je pense avoir finalement réussi.

Le majordome avait été sur le point d'ouvrir la bouche, mais se retint au dernier moment. « Reste à te place ».

- Je pars me charger moi-même de ces brigands.

Le cœur de Simon rata un battement. Les yeux écarquillés, il dévisageait son maître avec une impudence qui fit sourire ce dernier.

- M… Maître, je vous en prie.

- Il suffit, Simon, réprimanda Gray Fullbuster d'une voix douce. Maintenant, écoute attentivement. Tu ne dois répéter ceci sous aucun prétexte. Ai-je ta parole ?

- Vous l'avez, se reprit le valet.

- Bien. Il m'est impossible de partir seul à l'aventure, d'autant que ma condition physique s'est largement détériorée par le manque d'exercice. Il me faut reprendre l'entraînement avec Monsieur Gaudefroi, le maître d'armes. Tu vas m'arranger une entrevue avec lui dès cette après-midi.

- Oui, Maître.

- Ensuite, je vais avoir besoin de cavaliers pour m'accompagner. J'ai rédigé une liste. Ces personnes mentionnées, je pense, devraient se prêter au jeu.

Il sortit du tiroir un morceau de papier chiffonné, recouvert d'une écriture fine et penchée. La jaugeant d'un regard qui flamboyait, il le passa ensuite à son fidèle majordome. Retenant le morceau de papier dans ses doigts, il planta ses yeux dans ceux de Simon qui tremblait comme une feuille.

- Trouve-moi autant d'hommes que tu pourras. Je compte sur toi, Simon.

Ce dernier se sentit faillir sous le poids de la confiance que son Maître lui accordait. La poitrine gonflée par la fierté, il parvint à articuler :

- Je ne vous faillirai pas.

- Bien. Je tiens aussi à ce que tu nous accompagnes.