Note de l'auteur : Merci à ma bêta Miss Homme Enceinte 2 pour son travail.


11

Quand magie et amour se mélangent

Hermione eut l'impression qu'elle était en train de rêver. Elle n'arrivait tout simplement pas à y croire. Elle sourit, incrédule, son cœur se remplissant d'espoir. Un espoir incertain que ce qu'elle voyait existait bel et bien.

Elle amorça un premier pas puis un second. Elle s'arrêta un instant, les dévisageant chacun tour à tour et elle n'y tint plus. Elle se précipita sur l'un d'eux et se jeta dans ses bras.

— Oh Merlin ! C'est bien toi, souffla-t-elle émue.

La personne ne dit rien et la serra simplement dans ses bras, enfouissant son nez dans le cou de la jeune femme. Ils restèrent enlacés ainsi un moment sans rompre leur accolade. Ils ne s'étaient pas revus depuis longtemps et les retrouvailles étaient émouvantes.

— Toi aussi tu m'as manqué, Her-mignonne.

Elle ne saurait dire si c'était ses hormones qui lui jouaient encore un tour mais elle éclata en sanglots. Elle ne put se contenir. Impossible. Elle se mise à pleurer dans les bras de son meilleur ami et resserra son étreinte, lui coupant le souffle par la même occasion.

— Hermione ce n'est pas pour te vexer mais par les caleçons roses de Merlin, tu t'es musclée en notre absence ou quoi ?! s'écria-t-il.

Hermione se détacha des bras de son ami et lui lança un regard noir qui ferait fuir n'importe quel mage noir. Elle croisa les bras en-dessous de sa poitrine et rencontra le regard bleu de son meilleur ami. Elle le détailla un peu plus minutieusement que tout à l'heure et constata avec surprise qu'il avait beaucoup changé. Si cela était possible, il avait pris encore quelques centimètres et sa musculature était moins imposante qu'autrefois. À croire qu'il avait arrêté de faire du quidditch.

Il portait une élégante robe de sorcier d'un vert bouteille. Elle fut étonnée de le voir porter une telle couleur. Elle pensait que le vert était une couleur à bannir de la garde-robe d'un ancien gryffondor au risque d'être confondu avec un serpentard.

— Dis-moi, Mione, commença-t-il intrigué.

Hermione plissa les yeux, méfiante. Elle savait que son meilleur ami avait quelque chose derrière la tête et que ce qui sortirait de sa bouche n'allait pas du tout lui plaire. Elle le savait mais décida quand même de laisser une chance à son ami.

— Quoi ?

— C'est moi ou tu as désormais une poitrine ? demanda-t-il effaré.

— Ronald Weasley ! s'insurgea-t-elle.

Le rouquin pouffa de rire et s'échappa rapidement lorsqu'il vit que sa meilleure amie s'approchait dangereusement de lui pour se venger de sa petite plaisanterie.

Hermione stoppa sa poursuite et foudroya le roux du regard avant de tourner son attention vers le reste du groupe. Elle était heureuse de les revoir et elle ne savait que dire pour leur exprimer ce qu'elle ressentait à ce moment-là. Elle n'aurait jamais pu imaginer qu'elle les reverrait à nouveau.

Lorsqu'Harry et Hermione avaient décidé de changer le passé, ils avaient su dès le départ qu'ils ne pourraient plus jamais revenir en arrière et de ce fait qu'ils ne reverraient plus leurs proches. Ils s'y étaient faits et n'avaient pas eu de regrets car ce voyage était leur seule chance de changer l'avenir.

Lorsqu'ils avaient parlé de leur projet à leurs amis, ils avaient tout de suite adhérer à leur plan et les avaient soutenu jusqu'au bout. Molly fut attristée par ce départ mais elle ne les avait pas retenus. Elle s'était contentée de les enlacer et de verser quelques larmes.

Aujourd'hui, elle avait la surprise de découvrir que leurs amis les avaient rejoints. Comment ? Elle n'en avait aucune idée et ce n'était pas le plus important pour le moment. Pour l'instant, ce qui importait, c'était la présence de leurs amis à cette époque.

— Luna, fit-elle.

Elle prit la blonde dans ses bras, heureuse. Elle avait comme l'impression que cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas revu l'ancienne serdaigle. Puis, elle se tourna vers Neville qui avait étonnement changé depuis la fin de la guerre.

L'ancien gryffondor s'était plus affirmé et avait démontré des valeurs propres à sa maison. Il démontra un courage dont personne n'aurait pu soupçonner l'existence. Il détruisit le dernier horcrux du seigneur des ténèbres, Nagini, ce qui permit à Harry de remporter son duel contre Voldemort et de gagner la guerre.

Neville avait conservé sa douceur et sa gentillesse mais était devenu plus sûr de lui et moins hésitant.

— C'est un plaisir de te revoir, Nev', dit-elle.

— Un plaisir aussi pour moi, Mione.

Neville et Hermione se sourirent un instant avant que le blond ne finisse par prendre la brune dans ses bras. C'était bon de se retrouver à nouveau entre amis, entre frères et sœurs. Parce que c'était ce qu'ils étaient au final, une famille. Une famille que Voldemort et la guerre avait unie.

— Ginny ! s'exclama-t-elle.

La rousse lui avait tant manqué. Elle avait à cette époque, Nessa, mais ce n'était pas pareil. Nessa était une guerrière et n'avait pas ce côté malicieux que Ginny gardait en toute circonstance. Avec Nessa, il était impossible pour la brune d'avoir des discussions de filles car la vélane avait ce côté garçon manqué un peu trop marqué et ce n'était pas pour déplaire à Hermione mais de temps à autre, elle aurait bien souhaité faire une séance de shopping avec la métamorphomage.

Ginny et Hermione s'enlacèrent, heureuses de se retrouver.

— Si tu savais comme tu m'as manqué ! s'exclama la rousse.

— Et moi donc ? répliqua Hermione.

Elles s'étaient retrouvées pour ne plus se lâcher. Hermione se permit de décompresser dans les bras de Ginny. Elle avait été stressée tout au long de la semaine et elle commençait à ressentir le poids de la fatigue. Entre les préparations de la cérémonie du couronnement d'Harry et les cauchemars de Severus, elle n'avait plus su où se donner de la tête.

Et de surcroît, ils avaient été attaqués aujourd'hui par Voldemort et avaient appris que leur fille Lily-Luna avait fait un voyage dans le temps tout comme eux pour réparer une énorme bourde.

Puis, elle découvrait que leurs amis avaient eux-aussi entrepris le grand voyage. C'était beaucoup trop en une seule journée, même pour elle.

— Tout va bien ? s'inquiéta Ginny.

Elle rompit leur étreinte et hocha simplement la tête. Ginny la regarda d'un air dubitatif. Il était clair que rien n'échappait au regard de la rouquine et qu'elle se doutait que quelque chose n'allait pas.

Hermione ne s'attarda pas et porta son attention sur le dernier visiteur. Elle écarquilla les yeux, ahurie. Que faisait-il donc ici ?

— Malfoy ?! s'étonna-t-elle.

— Granger, la salua-t-il.

— Caledonensis, corrigea-t-elle machinalement.

Le blond lui lança un regard perplexe.

— Je suis mariée, Malfoy.

Un éclair de compréhension traversa les yeux gris clair du blond et il acquiesça simplement de la tête.

— Que fais-tu ici ? l'interrogea-t-elle.

— Il est avec nous, répondit Ron à la place du blond.

Ron s'approcha de Malfoy et prit la main de ce dernier dans la sienne. Il leva la tête fièrement à la façon malfoyenne et affronta le regard de la brune.

Hermione baissa les yeux sur les doigts entrelacés de son meilleur ami et de son ancien ennemi et leva les yeux vers eux. Elle fronça les sourcils, confuse. Elle secoua la tête, interloquée. Ce n'était tout de même pas ce à quoi elle pensait, n'est-ce pas ?

Lorsqu'Harry et elle avaient quitté leurs proches, Ron et Lavande semblaient filer le parfait amour et attendaient un bébé. Ils avaient d'ailleurs prévu de se marier avant la naissance de leur enfant. Tandis que Malfoy se faisait un nom au ministère de la magie et venait de se fiancer avec une certaine Astoria Greengrass.

Elle jeta un coup d'œil au reste de ses amis et vit qu'ils n'étaient pas étonnés et semblaient être au courant de la situation.

— Quelqu'un peut-il m'expliquer ?

— L'idiotie ne te réussit pas, Caledonensis, dit Draco avec son éternel sarcasme.

Hermione ne voulait pas y croire. Non, ce n'était pas possible. Elle pointa son doigt sur Ron et Draco.

— Ne…vous…euh…vous…vous…euh…c'est…euh… balbutia-t-elle stupéfaite.

— Oui, nous sommes ensembles, confirma Draco avec un sourire narquois. Et mariés, ajouta-t-il en montrant l'alliance qui ornait son doigt.

— Quoi ? s'étrangla-t-elle.

— C'est une longue histoire, Mione, dit Ron tentant de calmer le jeu.

— J'aime les longues histoires, siffla Hermione en colère. Je te laisse futur papa et fiancé à Lavande et là, Malfoy m'annonce que vous êtes mariés ?! Mais qu'est-ce qui s'est passé en notre absence pour que…pour que…

Elle poussa un grognement irrité, n'arrivant pas à terminer sa phrase. Elle était choquée et complètement décontenancée.

— Mon histoire avec Lavande n'a pas fonctionné une fois de plus. Peu de temps après votre départ, elle a perdu le bébé. Une fausse couche et elle ne s'en pas vraiment remise. Elle m'a reproché tout un tas de trucs et très vite, l'on a commencé à se disputer. Cela devenait infernal et invivable. À tel point que je suis allé vivre chez Ginny, raconta Ron.

Hermione lança un regard suspicieux au rouquin et se tourna vers Ginny pour confirmer ses dires. La jeune femme hocha la tête en guise de confirmation.

— On a fini par rompre. C'était inévitable et c'était la meilleure solution pour nous deux, poursuivit Ron. Lavande a quitté l'Angleterre et elle s'est installée en France. Après ce fiasco avec Lavande, je me suis interrogé sur moi-même. J'ai essayé de comprendre ce qui n'allait pas chez moi. Ce que je ne faisais pas bien pour que toutes mes relations soient un tel désastre. D'abord toi, ensuite Lavande. Je trouvais que cela faisait un peu trop. Je me suis renfermé petit à petit dans mon monde et j'ai décidé de tout plaquer. J'ai quitté le département des aurors et j'ai pris mes distances avec ma famille et nos amis. J'avais besoin d'un peu de solitude, de faire le point dans ma tête et Draco est venu tout chambouler à ce moment-là. On s'est rencontré au chaudron baveur, un peu par hasard. Il était aussi démuni et fragile que moi. Certainement la guerre, les morts, le sang. On a tous perdu une partie de nous dans cette bataille et se relever était bien plus difficile qu'on ne le pensait.

L'ancien gryffondor prit la main du blond et déposa un baiser sur celle-ci. Il croisa le regard gris de son époux et sourit tendrement. Il avait enfin fini par trouver la personne qui le complétait parfaitement.

Ron reporta son regard vers Hermione qui attendait la suite de l'histoire.

— Draco était plus mal en point que moi. Il portait sur ses épaules le poids d'une famille dont les valeurs le rendaient malade. Son père comptait sur lui pour redorer le blason de la famille Malfoy et il attendait de lui, un héritier qu'il devait impérativement avoir avec la fille Greengrass. Un mariage arrangé qu'il n'avait jamais voulu. Il pensait s'enfuir du pays et vivre dans le monde moldu. Il était perdu et esseulé tout comme moi. Comme chacun de nous, continua-t-il. Nous avons tous eu un rôle à jouer dans cette guerre et nous en sommes tous ressortis avec des blessures et des cicatrices qui ne disparaîtront jamais. Draco et moi, sous les effets de l'alcool, avions commis l'inimaginable. Le réveil fut terrible lorsque je m'étais rendu compte de ce que nous avions fait la veille. J'ai tenté de me rassurer en me disant que nous étions trop ivres pour savoir ce que nous faisions exactement et avec qui mais on l'avait tout de même fait.

— Il s'était tiré avant mon réveil et m'avait simplement laissé un mot comme quoi il était désolé, cracha Draco.

Le souvenir de ce matin lui revint en mémoire et il ne pouvait s'empêcher d'être toujours en colère contre le roux. Il avait pris la fuite sans même s'expliquer auprès de lui.

— Dray, on a déjà eu cette discussion plus d'une fois, soupira Ron.

— N'empêche que je l'ai toujours en travers de la gorge, maugréa le blond.

Ron roula des yeux et secoua légèrement la tête. Qu'il pouvait être rancunier ce serpentard !

— Donc ? s'impatienta Hermione qui n'avait que faire de leurs disputes d'amoureux.

— J'ai fui Draco pendant des semaines et un jour, il m'a tendu une embuscade sur le chemin de traverse. Il voulait que l'on s'explique, que l'on puisse parler de la nuit que l'on avait passé. J'ai fini par accepter et on s'est de nouveau retrouvé au chaudron baveur. Très vite, la discussion entre nous s'est envenimée et je ne sais pas pourquoi mais il a fini par se mettre à pleurer. La situation devenait hors contrôle alors je l'ai emmené chez moi. Il n'était pas en état de rentrer chez lui et il ne souhaitait pas retrouver sa fiancée. Il a passé la nuit à mon appart et notre relation a commencé ainsi, sans qu'on le programme. Petit à petit, il s'est installé chez moi. D'un jour à l'autre, je me suis rendu compte que je vivais avec Draco Malfoy comme si nous étions un couple. On s'était habitué à la présence de l'autre sans véritablement s'en rendre compte. Il avait envoyé sa famille se faire voir chez les trolls et avait rompu ses fiançailles avec Astoria. Ce n'était pas quelque chose que l'on avait planifié mais ça s'est fait comme ça, un peu par hasard. Il avait besoin de moi comme j'avais besoin de lui. On s'est guéri tous les deux, on a pansé les blessures du passé de l'autre et on a avancé ensembles, comme ça, main dans la main. On ne s'est pas posé de réelles questions. Je me sentais bien avec lui et lui-aussi. C'était le plus important.

— Et vous vous êtes mariés ? questionna Hermione incrédule.

— Oui, répondit Ron, il n'y a pas si longtemps.

Hermione resta silencieuse et dévisagea son meilleur ami un long moment. Ron échappa au regard scrutateur de sa meilleure amie. Il avait l'impression qu'elle était en train de le passer sous un rayon. Elle s'approcha d'eux et Ron eut un mouvement de recul. Il n'avait pas peur de son amie mais il y avait des moments où elle le faisait un peu flipper comme à cet instant.

Elle se plaça devant le blond et fit quelque chose auquel ni Ron ni Draco ne s'attendait. Elle prit l'ancien serpentard dans ses bras.

— Bienvenue dans la famille, Malfoy, dit-elle.

— C'est maintenant Malfoy-Weasley, Caledonensis, rectifia Draco.

— Maintenant que tu fais partie de la famille, je pense que l'on peut s'appeler par nos prénoms.

Elle tendit sa main au blond avec un sourire amical.

— Je m'appelle Hermione.

Le blond l'observa déconcerté puis finit par comprendre que la jeune femme enterrait définitivement la hache de guerre. Il n'aurait jamais pu imaginer qu'elle l'accepterait aussi facilement dans leur groupe. Même s'il savait qu'elle était plus intelligente que le reste, il n'aurait jamais pu se douter qu'elle le prendrait aussi bien.

— Draco, dit-il en serrant la main de la brune.

Tout le monde fut ravi de cette nouvelle entente et Ron poussa un soupir de soulagement assez discrètement. Neville plaça son bras autour de la taille de Luna et déposa un baiser sur son front. Hermione remarqua le geste tendre du blond et lança un regard à Ginny qui était éloignée des deux blonds.

Hermione fronça à nouveau les sourcils et essaya de déchiffrer le langage corporel de chacun de ses amis.

— Gin' ne me dit pas que…

— Je suis célibataire, l'interrompit Ginny avec un sourire qui sonnait faux aux yeux de la brune.

— Ginny, souffla Hermione désolée.

— Entre Neville et moi ça n'aurait pas pu fonctionner. Il aimait déjà Luna quand nous sommes sortis ensembles, expliqua Ginny.

Hermione afficha une mine attristée. Finalement, il était bien plus difficile d'être heureux après la guerre. Ils avaient pensé, imaginé, que tout irait mieux après la défaite du seigneur des ténèbres mais visiblement, ils s'étaient tous trompés. Ils s'étaient retrouvés à devoir bâtir un autre monde tout en cherchant l'amour auprès de quelqu'un.

Ils avaient grandi trop vite sans avoir vraiment eu le temps d'être des enfants et sans être réellement des adultes.

— Tu vas bien ? s'enquit-elle.

— Parfaitement, assura Ginny. Je suis heureuse pour Neville et Luna. Il fallait bien que quelqu'un s'occupe d'eux et de leur montrer la voie. Ne suis-je pas la voix de la raison ?

Hermione ne dit rien et hocha simplement la tête. Elle savait que Ginny n'allait pas bien et qu'au fond, elle était malheureuse. Elle connaissait désormais un peu l'ancienne gryffondor. Elle avait épaulé la rousse et l'avait conseillé concernant son amour pour Harry.

Elle discuterait un peu plus tard avec Ginny lorsqu'elles en auront l'occasion.

— Maman ?

Hermione tourna la tête sur le côté et baissa les yeux. Elle avait fini par presque oublier la présence de Severus sur le chemin de traverse. Elle prit sa main et le positionna devant elle avant de poser ses mains sur les épaules du petit garçon.

— Les amis, je vous présente Severus Merlin Caledonensis, mon fils. Sev, je te présente mes amis. Les deux roux sont Ginny et Ron, la blonde et les deux blonds sont Luna, Neville et Draco.

— Enchanté, fit Severus d'une petite voix.

Aucun des cinq voyageurs ne prit la parole, tous éberlués les uns que les autres. Ils avaient devant eux leur ancien professeur de potions mais en version gamin.

Luna fut la première à reprendre contenance et afficha un grand sourire avenant. Elle s'avança vers Severus et s'accroupit devant lui. Elle passa ses mains dans les cheveux d'ébène du gamin et palpa son visage, son nez, sa bouche, ses oreilles.

Severus regarda la blonde le toucher, pantois. Il se demandait si elle était folle ou un truc dans le genre.

— C'est merveilleux ! s'exclama Luna, ravie.

Elle se releva et adressa à Severus un sourire éblouissant.

— Les advensums sont très enthousiastes.

— Les quoi ? demanda-t-il perplexe.

— Les advensums, répéta Luna. Ce sont des petites fées très malicieuses et qui, parfois, offrent des cadeaux aux humains. Des cadeaux rares et précieux.

Severus haussa un sourcil, dubitatif. Il se tourna vers sa mère et échangea un regard avec elle.

— Tu finiras par t'y habituer, dit Hermione en souriant.

Il voulut poser une question à sa mère et demander à quoi il allait s'habituer mais Dumbledore s'inséra dans la conversation.

— Vous allez bien, Majesté ? s'enquit-il.

— Oui, je vais bien, Albus, répondit-elle.

— Majesté ? releva Ron confus.

— Je vous expliquerai plus tard.

Ron jeta un regard à son époux et ce dernier haussa simplement les épaules. Il venait d'arriver tout comme lui. Que voulait-il qu'il lui dise ?

Lily et Pétunia sortirent de leur cachette, accompagnée de Nessa et furent rejoints par Alexein et Killian. Un à un, les sorciers sortirent de leur cachette. Apparemment, le combat avait pris fin et il n'y avait plus aucun danger dans les alentours.

Les aurors se précipitèrent vers les blessés et s'occupèrent de ceux qui avaient besoin de soins en urgence. Ils reprirent la situation en mains et firent évacués les blessés à Ste Mangouste.

— Vive le roi ! hurla un sorcier parmi la foule.

Très vite, d'autres suivirent le mouvement et clamèrent sur tout le chemin de traverse : « Vive le roi Harry ! ».

Hermione fut ébahie par tous ces sorciers qui hurlaient le prénom de son mari. Harry qui avait eu peur de ne pas gagner leur confiance avait fini par l'avoir de façon incroyable.

Ils avaient tous vu de quoi était capable leur nouveau roi et malgré cela, ils assuraient aujourd'hui à Harry une confiance aveugle. Au lieu de prendre peur, ils l'acceptaient sans protestations.

Hermione se demanda si elle ne devrait pas remercier Voldemort pour son attaque car il avait aidé, Harry, sans le savoir à être reconnu comme étant roi par les sorciers de Grande-Bretagne.

— Vive le roi Harry ! clama Severus.

Il était fier de son père et avait envie de le crier sur tous les toits du monde. Hermione sourit affectueusement en regardant son fils se mêler à la population sorcière qui acclamait son nouveau roi, son nouveau souverain et dirigeant.

Les sœurs Evans se mêlèrent elles-aussi à la cohue générale et rejoignirent leur ami au milieu d'une foule de sorciers surexcités.

Hermione vit quelques aurors qui s'étaient précipités dans la foule pour encercler Severus, comme pour le protéger en cas d'attaque. Elle se dit que leur protection était inutile. Personne ne serait assez fou pour attaquer son fils après la démonstration de puissance de son mari.

Même Voldemort y réfléchirait à deux fois avant de tenter une nouvelle attaque.

— Alors comme ça, tu es reine ? nota Ginny.

— Comme tu peux le constater.

— On ne devrait pas le réveiller ? demanda Ginny en désignant Harry qui flottait au-dessus du sol.

Hermione fit mine de réfléchir. Harry serait certainement irrité à son réveil et il ne valait mieux pas qu'il se trouve au chemin de traverse lorsque sa colère éclatera de nouveau.

— Il a besoin de repos, répondit-elle.

Ils ne tardèrent pas sur le chemin de traverse et rentrèrent dès qu'ils le purent au manoir Caledonensis. Demeure qui était désormais sous la surveillance et la protection des aurors qui étaient postés un peu partout autour du manoir.

Hermione trouvait cela inutile mais Dumbledore avait insisté pour qu'ils respectent le protocole instauré dans la monarchie. Dumbledore ne tarda pas et retourna au ministère. Il devait se charger de la prochaine apparition en publique d'Harry qui ferait pour la toute première fois son discours à la nation britannique. Discours qui se tiendrait dans quelques jours.

Hermione installa Harry dans leur lit et laissa se reposer. Il l'avait bien mérité après la semaine horrible qu'ils avaient passé tous les deux. Ils étaient loin de se douter qu'être parents et souverains pouvaient être aussi épuisants.

Elle redescendit les marches d'escaliers et retrouva tous ses proches dans le grand salon.

— Sev, montez dans ta chambre. Stormy s'occupera de vous en attendant que je vienne vous rejoindre, dit Hermione.

Severus obéit et monta dans sa chambre avec ses deux amies. Il comprit que les adultes souhaitaient discuter entre eux.

Une fois les enfants montés dans la chambre de Severus, Hermione invita tout le monde à s'asseoir. Ils avaient à discuter.

— Qui sont ces trois personnes ? questionna Draco en désignant Nessa, Alexein et Killian.

Hermione se rappela subitement qu'elle ne les avait toujours pas présenté et posa son regard sur Nessa. L'espagnole paraissait épuisée et elle supposait que la rencontre avec Abraxas ne fut pas facile. Nessa semblait à bout de forces et était sur le point de sombrer à tout moment.

Hermione se sentait désolée pour elle et redoutait le moment où elle présenterait l'ancien serpentard à la métamorphomage.

— Nessa, Killian et Alexein, des amis que nous nous sommes faits ici, répondit-elle. Draco, Luna, Ginny, Neville, Ron, nos amis du futur, enfin, d'un futur révolu maintenant.

Nessa posa son regard sur l'ancien serpentard et déglutit péniblement lorsqu'elle rencontra le regard gris clair du blond. Elle l'avait tout de suite remarqué sur le chemin de traverse et n'avait pu s'empêcher de le reluquer avec insistance. Il était bien trop semblable à lui mais elle savait que ce n'était pas lui. Elle était loin de se douter que ce jeune homme portait le même prénom que lui.

— Draco ?

Ils avaient le même prénom. Ils se ressemblaient. Ils avaient le même regard mais pas la même couleur de cheveux. Son fils, lui, avait des cheveux lumineux et chatoyants, d'un châtain clair cendré. Assez identiques à ceux de Killian.

Draco. Cela ne pouvait être une coïncidence. Très peu de personnes pouvaient porter ce prénom. Très peu. Et il n'y avait qu'une seule famille à sa connaissance qui avait ce blond caractéristique que celui de ce Draco.

— C'est un Malfoy, Nessa, l'informa Hermione.

Nessa n'avait pas eu besoin de cette information. Elle l'avait tout de suite deviné en regardant le blond. Il ressemblait beaucoup trop à Abraxas et à son fils pour qu'elle ne puisse pas reconnaître un Malfoy lorsqu'elle en voyait un.

— Pourquoi Draco ? questionna-t-elle d'une voix rauque.

Elle voulait savoir. Pourquoi portait-il le prénom de son petit garçon. Pourquoi ce Draco avait-il le droit d'être en vie et pas le sien ? Elle avait besoin de réponses.

Draco regarda la vélane, désorienté.

— Quoi ?

— Pourquoi t'appelles-tu, Draco ?

— C'est le prénom que mes parents m'ont donné, répondit-il déconcerté.

— Qui ?

— Eh ben, Lucius et Narcissa.

— Tu…tu…tu es le…fils de Lu…Lucius ? bredouilla-t-elle surprise.

Draco acquiesça en hochant de la tête. Des larmes se mirent à rouler sur les joues de Nessa tandis qu'elle s'approchait du blond.

— Lucius t'a prénommé comme Draco, dit-elle en larmes. Il…il…

Nessa mit une main sur sa bouche alors que des larmes continuaient de ruisseler sur son visage. Elle éclata en sanglots et son corps fut secoué de spasmes.

— Mon petit dragon, sanglota-t-elle.

Elle se mordit les lèvres et voulut retenir son cri de douleur mais elle n'y arriva pas. C'était difficile. C'était impossible.

Alexein voulut la prendre dans ses bras mais elle repoussa le blond. Elle ne voulait pas qu'il la touche. Elle ne souhaitait pas être réconfortée. Elle voulait simplement qu'on lui rende son fils. Après toutes les épreuves qu'elle avait dû endurer, elle méritait ça au moins. Elle méritait qu'on lui rende son enfant.

— Je veux mon petit garçon, pleura-t-elle.

Elle voulait le revoir. Elle avait envie de revoir son petit visage d'ange, de revoir ses iris gris. De caresser sa chevelure châtaine et de le serrer tout contre elle. Son fils était tout pour elle. Il était sa lumière dans les ténèbres, son espoir dans le déchirement, son bonheur dans le malheur. Il était tout, son monde, sa vie, son tout.

— Nessa, fit une voix familière dans son dos.

La vélane se retourna et vit Harry. Elle se jeta dans les bras du brun qui la réceptionna sans aucun problème.

— Il lui a donné son prénom, dit Nessa en larmes.

Harry n'eut pas besoin d'explications. Il savait de quoi parlait la métamorphomage. Il connaissait toute l'histoire de Nessa, de son passé. Il connaissait chacun de ses tourments, chacune de ses douleurs, chacune de ses joies. Il la connaissait même mieux qu'elle-même.

Il la rapprocha de son corps et l'étreignit avec douceur et tendresse.

— Il le lui a donné, murmura-t-elle.

C'était presque accusateur. Comme si elle accusait Lucius de quelque chose de mal. Qu'il avait ou qu'il allait faire quelque chose qu'il n'aurait jamais dû faire.

L'incompréhension se lisait clairement sur le visage de tout un chacun, sauf d'Hermione qui connaissait tout aussi bien l'histoire que son époux. Même les deux compagnons de la jeune femme ne savaient pas tout d'elle. Ils ne connaissaient que ce qu'elle avait envie de leur révéler.

— En quoi est-ce un problème que mon père ait pu me prénommer Draco ? demanda le blond confus.

Harry leva les yeux vers l'ancien serpentard et lui répondit d'un simple regard noir.

— Si tu connaissais l'histoire de ce prénom, tu saurais pourquoi, répondit Hermione.

— Quelle histoire ? questionna Draco incrédule.

— Si ton père ne te l'a pas révélé alors ce n'est pas à nous de le faire.

— Il s'agit tout de même de mon prénom ! s'indigna le blond. De plus, ce prénom a l'air de la mettre dans tous ces états ! J'exige des explications.

— La ferme, Malfoy ! tonna sèchement Harry. Que crois-tu être en droit d'exiger ? Il n'est pas question ici de ton prénom et encore moins de ta petite personne ! Ce n'est pas une histoire qui te concerne. Elle ne concerne que ton père et Nessa. S'ils veulent bien te conter leur histoire, tant mieux, dans le cas contraire, tu la fermes !

Au moins, les choses étaient claires. Draco n'avait pas le droit de savoir quoi que ce soit à propos de l'histoire qui liait son père à la vélane. S'il souhaitait connaître l'histoire du prénom Draco, il n'aurait qu'à demander aux principales personnes concernées.

— Laissez-nous, exigea Harry.

Personne ne se fit prier et ils décampèrent tous aussitôt du salon et laissèrent Harry avec Nessa. Le brun repoussa légèrement la vélane et fit lever le menton de la jeune femme pour qu'elle puisse ancrer ses yeux dans les siens.

— Tu dois me parler, Nessa.

— Et que te dirais-je ? demanda-t-elle.

— Tu sais ce que tu dois me dire.

— Et si je ne veux pas ? répliqua-t-elle, des larmes continuant de perler.

Elle s'éloigna d'Harry et posa une main sur sa poitrine alors qu'elle suffoquait sous le coup de la douleur. Elle se retourna vers Harry, furieuse et en larmes.

— Je ne sais plus où j'en suis, Harry ! Je ne sais plus.

Elle ouvrit la bouche et déglutit péniblement avant d'ouvrir à nouveau la bouche et de la refermer. Elle se retint difficilement d'éclater à nouveau en sanglots et ferma les yeux alors qu'elle laissait enfin sortir toute la peine qu'elle ressentait en elle. Toute la souffrance qu'il y avait au fond de son cœur.

— À chaque fois que je ferme les yeux, je ne vois que lui et uniquement lui. Quand je m'endors la nuit, je ne pense qu'à lui. Et lorsque je rêve ou cauchemarde, il est tout le temps là. Quand je dors, serrée, dans les bras de Kil ou d'Alex, je ne pense qu'à lui et seulement à lui. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, Harry. Je ne sais pas ce qui ne va pas chez moi. Je…j'ai deux merveilleux compagnons et c'est à lui que…je pense… . Je ne sais pas ce qui ne va pas avec moi, Harry. Je ne sais pas, se lamenta-t-elle.

Elle essuya les larmes qui roulaient sur ses joues et renifla tandis que ses lèvres étaient en train de trembler. Elle étouffa un sanglot et passa une main dans sa chevelure grise.

— Qu'est-ce que cela te fait d'apprendre qu'il va avoir un enfant avec une autre femme ? l'interrogea Harry.

— Ça me fait mal, avoua-t-elle. Horriblement mal.

— Et d'apprendre qu'il prénommera son fils Draco ?

— J'ai mal et je ne peux m'empêcher de le haïr pour ça, répondit-elle. Il n'avait pas le droit. Il n'avait pas le droit de me faire ça, de lui faire ça.

— Nessa.

— Je sais ! cria-t-elle. Je sais que c'est un amour malsain et que je ne devrais pas mais je n'y arrive pas ! Il n'est même pas mon compagnon mais comment se fait-il que je ressente ça pour lui alors que j'ai Kil et Alex ? Que je n'arrive pas à l'oublier après tout ça ?! Que je…je…

— Que quoi, Nessa ? lui demanda Harry.

Elle croisa le regard émeraude du brun et ne put répondre. Elle avait peur de le dire. Elle ne voulait pas de ça. C'était mal. Elle secoua la tête et alla s'effondrer sur un fauteuil.

Harry s'approcha d'elle et prit ses mains entre les siennes.

— Nessa, tu sais que je te considère comme la sœur que je n'ai pas eue et que je te protègerai au péril de ma vie. Je ne t'ai jamais voulu de mal et tout ce que je souhaite plus que tout en ce bas monde, c'est que tu sois heureuse, amorça-t-il.

Il posa sa main sur la joue de la vélane et l'obligea à croiser de nouveau son regard.

— Je crois sincèrement que tu aimes Killian et Alexein mais peut-être pas comme tu l'aurais voulu et comme tu le voudrais. En d'autres circonstances, ils auraient été faits pour toi mais visiblement ce n'est pas le cas.

— Ce sont mes compagnons, Harry ! La magie ne se trompe pas.

— Non, la magie ne se trompe pas mais parfois il nous arrive de tromper notre magie, répliqua-t-il d'un ton calme. Je crois que tu avais besoin de Killian et d'Alexein pour panser certaines blessures de ton passé et qu'ils t'ont fait énormément de bien à un certain moment. Ils devaient rencontrer ta route pour te mener sur la bonne voie.

— Que veux-tu dire ? demanda-t-elle, déroutée. Que Killian et Alexein ne me sont pas destinés ?

— Ce que j'essaie simplement de te dire c'est que notre magie nous conduit vers des personnes qui pourront nous aider à trouver la voie qui nous était destinée et qu'il faut savoir ouvrir les yeux pour voir le chemin, répondit Harry.

— Je suis une vélane, Harry, et ma magie a choisi Alexein et Killian ! Ce sont eux mes compagnons et personne d'autre !

— Ta magie était instable au moment où tu les as rencontrés ! rétorqua Harry. Tu n'étais pas bien à ce moment-là, Ness ! Tu avais besoin d'amour et de réconfort et tu l'as trouvé dans les bras de Killian et d'Alexein mais cela ne veut pas pour autant dire qu'ils te sont destinés ! Tu sais tout comme moi ce que ce que tu ressens pour Lucius n'est pas semblable à ce que tu ressens pour Killian et Alexein. Tu le sais au fond de toi. Ta magie ne réclame qu'une seule chose et tu sais ce qu'il te reste à faire. Il te faut franchir le dernier cap pour être enfin heureuse, pour que ta magie s'équilibre à nouveau.

— Je ne peux pas ! objecta Nessa.

— Ness.

— Tu ne comprends pas, Harry. Tout ce qui me lie à Lucius est malsain !

— Parce que tu ne souhaites voir que le côté malsain des choses, protesta Harry. Mais oublies-tu que de cette noirceur est née votre plus beau cadeau ? Que si tu vis aujourd'hui, c'est grâce à Lucius ? Que tu n'aurais pas pu tenir le coup sans lui ?

— Je…je…

— Tu te fais du mal à toi-même mais tu en fais aussi à Killian et à Alexein, la coupa Harry. Eux-aussi, ils ont droit au bonheur et excuse-moi de te le dire mais ils n'en trouvent pas auprès de toi. Tu les enchaînes à toi sans véritable raison. Tu dois cesser cela, Ness. Vous méritez mieux que ça. Vous méritez d'être enfin heureux et ce n'est pas ensembles que vous le trouverez.

Elle savait qu'Harry avait raison mais elle ne pouvait s'y résoudre. Elle quitta précipitamment le salon et s'en alla du manoir en trombe.

Harry la laissa partir sans la retenir. Il savait qu'elle reviendrait lorsqu'elle serait calmée et qu'elle aurait retrouvé ses esprits. Pour l'instant, elle avait besoin d'être un peu seule.

Il passa une main lasse dans ses cheveux et poussa un profond soupir. Pourquoi les relations amoureuses étaient-elles si compliquées dans le monde sorcier ?

Il quitta le salon et alla chercher ses proches. Il les retrouva tous à l'extérieur du manoir dans le jardin, assis à la terrasse. Il faisait beau dehors et les animaux déambulaient sur la pelouse, certains venaient parfois se mêler aux sorciers.

Il était surpris de revoir ses amis, ici, à cette époque.

— Que faîtes-vous ici et comment avez-vous fait pour nous rejoindre ? les questionna-t-il.

— Quel accueil chaleureux ! railla Ron. Viens plutôt dans mes bras, petit-frère !

Harry esquissa un sourire et alla se réfugier dans les bras que lui ouvrait son meilleur ami.

— Je suis heureux de te revoir, Harry.

— Moi aussi, Ron, moi aussi.

Puis le brun embrassa tour à tour chacun de ses amis et s'arrêta devant Malfoy qui était désormais devenu Malfoy-Weasley.

— Malfoy.

— Malfoy-Weasley, reprit le blond.

— Quoi ?

— Je suis marié à Ron, lui apprit Draco.

— C'est une blague ?

Draco lui montra simplement l'alliance qu'il portait à son doigt.

— Je t'interdis de t'évanouir, dit Hermione d'un ton autoritaire.

Effectivement, c'était ce que le brun avait prévu de faire, de sombrer à nouveau dans l'inconscience mais malheureusement pour lui, il ne put tomber dans les pommes car il avait peur des représailles de sa femme au cas où il désobéirait.

Il se reprit bien vite et secoua la tête pour chasser les étoiles qu'il voyait à travers ses paupières.

— Mais…mais…et…Lavande ? demanda-t-il ahuri.

— Nous nous sommes séparés, répondit Ron.

— Et le bébé ?

— On l'a perdu.

— Je suis désolé pour vous.

Harry se massa les tempes et sentit un mal de tête pointer le bout de son nez. Il avait vraiment beaucoup d'informations à assimiler en ce moment.

— Et comment avez-vous atterri ici ? questionna-t-il.

— C'est tout ? s'étonna Ron.

— Comment ça c'est tout ?

— Tu ne gueules pas ? Tu ne le prends pas mal ? Tu ne demandes pas plus d'explications que ça ? détailla le rouquin.

Harry lui lança un regard effaré.

— J'aurai bien voulu m'évanouir mais sinon je ne vois pas ce que j'aurai pu faire d'autre, répondit-il. Tu es assez grand pour choisir avec qui tu veux passer le restant de tes jours. Même si j'avoue que de te savoir marié à Malfoy me choque assez.

— Malfoy-Weasley, Potter, le corrigea Draco.

— Ce n'est plus Potter mais Caledonensis, Malfoy-Weasley, rectifia Harry.

— Caledonensis, reprit le blond.

Hermione secoua la tête dépitée tandis qu'Harry et Draco échangèrent un sourire de connivence.

— Alors, comment avez-vous fait pour nous rejoindre ? redemanda Harry.

— C'est ta fille qui est venue nous chercher, en fait, répondit Draco.

— Elle disait venir d'un futur dans lequel son frère mourrait par sa faute et que tu avais besoin de notre aide pour construire un monde meilleur, ajouta Neville.

— Et vous l'avez suivi ?

— Comment voulais-tu que l'on suive une personne que l'on ne connaissait ni de Serpentard ni de Serdaigle ? répliqua Draco. Il nous fallait des preuves que ce qu'elle avançait était exact.

— Vous a-t-elle donné des preuves ? questionna Harry.

— Évidemment que oui, sinon, nous ne l'aurions pas suivie, répondit le blond.

— Et elle est plutôt convaincante ta fille, dit Ginny.

— Tu veux plutôt dire qu'elle a le don de se fourrer dans des problèmes comme son père, lança Draco.

— T'insinues quoi par-là, Malfoy-Weasley ? siffla Harry.

— Que les gènes ne sont pas perdus et que je peux t'assurer que c'est bel et bien, ta fille ! répondit le blond. Non mais quelle idée de s'amouracher du seigneur des ténèbres ? Serait-ce les sorts que tu as reçu qui auraient eu des conséquences néfastes sur ton sperme, le balafré ?

— Je ne te permets pas !

Harry allait sauter sur le blond lorsque Lily-Luna fit son apparition au manoir.

— Tiens ! Quand on parle de la tueuse, ironisa Draco.

— Draco ! le réprimanda Ron.

— Quoi ? s'insurgea Draco. Je ne fais que dire la vérité. Elle est quand même responsable du décès de Severus à son époque !

Lily-Luna était pâle comme la mort, les yeux rougis, et visiblement, elle avait du mal à tenir sur ses jambes. Elle paraissait faible, comme une flamme qui faiblissait tout doucement et qui était sur le point de s'éteindre. Hermione se hâta vers sa fille et la rattrapa avant que celle-ci ne s'effondre.

— Lily-Luna !

— Il m'a rejeté maman, confia-t-elle en larmes.

Hermione accola sa fille qui pleura chaudement dans ses bras. Elle leva les yeux vers Harry qui gardait un visage impassible, le regard fixé sur Lily-Luna.

— Que lui arrive-t-il, Harry ? demanda Hermione.

— Elle est tout simplement en train de mourir, répondit-il d'une voix froide.

— Quoi ? s'écria la brune.

— Son enchanté est mort donc elle meurt aussi. C'est ainsi et cela a toujours été ainsi. Si jamais tu venais à mourir, je n'aurais que soixante-douze heures avant de te rejoindre à mon tour, expliqua-t-il.

— Mais…mais…tu n'as pas tué, Voldemort, rappela Hermione. Elle ne peut donc pas mourir.

— Parce que ce n'est pas lui son enchanté ! explosa Harry. Il ne l'a jamais été !

Hermione le regarda interloquée tandis que Lily-Luna, dans ses bras, se raidit imperceptiblement et hoqueta à la révélation de son père. Comment ça Tom n'était pas son enchanté ? Elle l'avait chanté pour lui. Elle était sûre de ses sentiments pour le mage noir. Elle le savait. Sa magie ne pouvait pas s'être trompée. C'était Tom qu'elle aimait et elle le chantait pour lui.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Neville.

— Il se passe que ma fille est folle, répondit Harry.

— C'est mon enchanté, papa, protesta faiblement Lily-Luna. Je chante pour lui.

— Tu chantes pour lui ? ricana Harry. Non mais que crois-tu ? Qu'il suffit simplement de quelques papillons dans le ventre, d'une sensation de chaleur et d'une musique dans sa tête pour savoir que c'est la bonne personne ? Ce n'est pas ça être l'enchanteur ou l'enchanteuse d'une personne !

— Harry, s'il te plaît, pas maintenant, le supplia Hermione.

— Elle a besoin de l'entendre, besoin que quelqu'un la remette enfin à sa place ! répliqua-t-il.

Harry s'avança, le regard dur et froid. Il n'y avait aucune chaleur dans ses yeux, juste de la colère et de la froideur envers sa fille.

— Tu t'es simplement bercée d'illusions, mon enfant. Parce que tu pensais sincèrement que tu trouverais ton âme-sœur à seulement dix ans ? railla-t-il caustique.

Harry eut un reniflement de dédain.

— Ce que tu as confondu avec de la chanson pour ton enchanté n'était autre que l'éclosion de ton pouvoir. Ton pouvoir d'enchanteuse s'était réveillé et cela voulait simplement dire que tu étais capable d'enchanter n'importe quel objet, n'importe quel animal. Mais encore, fallait-il le savoir. Cette erreur que tu as commise, elle est arrivée à une autre personne. Il a confondu éclosion et enchanson. Il a cru que la fille qu'il avait rencontré le jour de son éclosion était son âme-sœur et malheureusement pour lui, il est passé à côté de son enchanté sans s'en rendre compte car il était obnubilé par cette jeune fille qu'il croyait être son âme-sœur. Il n'a pas vu l'amour lui filer entre les doigts. Mais ça, il ne le savait pas car il n'y avait personne autour de lui pour le guider, personne pour lui faire comprendre sa véritable nature. D'ailleurs, personne ne savait qu'il était un enchanteur. Même pas lui. Il n'avait pas conscience de cela.

Lily-Luna commençait à prendre conscience des explications de son père et perdit un peu plus de ses couleurs. Déjà qu'elle était assez pâle comme ça.

— Je…tu…tu ne m'avais…pas dit que…

— Je ne t'avais pas dit quoi ?! l'interrompit sèchement Harry. Parce que tu penses sincèrement que c'est le genre de conversation que j'aurai eue avec toi à seulement dix ans ? Qu'aurais-tu compris à cela ? Tu n'étais qu'une enfant à dix ans ! On ne raconte pas cela à une fillette de cet âge-là. J'attendais certainement que tu aies au moins onze ans pour t'expliquer un peu plus ce que représente une enchanteuse et les pouvoirs dont elle bénéficie car être enchanteur est assez complexe. Nous sommes des mages et non des sorciers. Nous avons le pouvoir de donner vie à n'importe quel objet, d'où nous vient le nom d'enchanteur. On enchante les objets au lieu de les métamorphoser. Nous en faisons quelque chose de vivant. C'est un grand pouvoir et dans les enchanteurs, il y a ceux qui peuvent enchanter les humains mais ces enchanteurs sont uniques et encore plus rares. Ils peuvent chanter pour des humains et contrôler leur cerveau. C'est plus puissant et plus efficace qu'un imperium.

— Severus, souffla Lily-Luna.

— Oui, Severus est un enchanteur qui a la capacité d'enchanter d'autres humains et de les soumettre à un contrôle total sans qu'ils ne se rendent compte qu'ils sont contrôlés par quelqu'un.

— Mais…mais…mon enchanté…je… balbutia Lily-Luna perdue et apeurée.

Elle plongea son regard émeraude dans celui identique de son père et le supplia du regard de démentir ce qu'il venait de dire. Elle ne pouvait pas s'être trompée, n'est-ce pas ? Pas comme ça.

— J'ai chanté pour lui, papa, murmura-t-elle en pleurs.

Elle ne voulait pas croire qu'elle avait fait une énorme connerie. Elle ne voulait pas y croire. Pendant toutes ces années…

— Tu sais comment est mort notre ancêtre Merlin ? l'interrogea Harry.

Lily-Luna secoua la tête.

— Comme toi, répondit-il. Il est mort trois jours après le décès de son enchanté. Et sais-tu qui étais son enchanté ?

Lily-Luna secoua à nouveau la tête.

— Le roi Arthur, révéla-t-il. Mais ça, Merlin ne l'a su qu'au décès d'Arthur. Pendant longtemps, notre ancêtre a cru que son enchantée était Morgane parce que l'éclosion de son pouvoir d'enchanteur s'est déroulé le jour de sa rencontre avec la demi-sœur d'Arthur. Et pendant des années, il s'est fourvoyé, sans savoir que l'amitié qu'il avait nouée avec le roi cachait bien plus. Sans s'en rendre compte, il s'était lié au roi Arthur et avait fait de lui son enchanté. Il le chantait pour Arthur mais il n'entendait pas la chanson qui résonnait dans son cœur lorsqu'il était aux côtés du roi. Tout simplement parce qu'il ne voulait pas l'entendre alors il restait sourd à cette chanson. Il n'a pu l'entendre que lorsqu'il a enfin compris son erreur. Lorsqu'il a enfin compris comment fonctionnait la magie de l'enchanteur.

Harry resta silencieux et riva son regard sur sa fille qui semblait porter sur ses épaules tout le malheur du monde. Elle-aussi, tout comme Merlin, était en train de se rendre compte de son erreur.

— Comment fonctionne cette magie ? demanda Neville curieux de connaître la réponse.

— Un enchanteur ne le chante pas pour quelqu'un qu'il ne connaît pas. La magie d'un enchanteur ne crée pas de sentiments, elle les renforce tout simplement, répondit Luna d'une voix rêveuse.

Tout le monde se tourna vers la blonde et la regarda avec stupéfaction.

— Toi aussi tu es une enchanteuse ? l'interrogea Ginny ahurie.

Luna ne répondit pas et croisa le regard d'Harry. Elle lui sourit avec cette douceur qui la caractérisait tant. Harry esquissa un sourire en coin et échangea un regard de complicité avec la blonde. Luna était quelqu'un d'étrange mais de merveilleusement étrange et sans elle, il n'aurait pas pu découvrir beaucoup de choses.

— Comme vient de le dire Luna, on ne le chante pas pour un inconnu. Ce n'est pas comme ça que fonctionne la magie de l'enchanteur et encore moins ainsi que fonctionne l'amour. Il faut du temps pour créer des sentiments, du temps pour se découvrir et du temps pour tisser cet amour qui finira par être renforcé par la magie, reprit Harry en se tournant vers sa fille. Si j'avais suivi ton schéma, cela voudrait dire que je l'aurai chanté pour mon cousin Dudley car l'éclosion de ma magie s'est opérée dans le monde moldu et j'étais face à mon cousin. Tu imagines ce qui aurait pu en découler si j'avais cru qu'il était fait pour moi ?

Lily-Luna s'agrippa à sa mère et nicha son visage dans le cou d'Hermione. Elle avait honte et se sentait complètement stupide. Elle s'était voilée la face pendant toutes ces années et par sa faute, son frère était mort pour un homme qu'elle avait confondu avec son enchanté.

— Je n'ai certainement pas dû te l'expliquer dans le futur d'où tu viens mais la relation qui me lie aujourd'hui entre ta mère et moi ne s'est pas faite en un jour. Elle s'est inscrite dans la durée, dans le temps. Avant, je la considérais comme une amie, une sœur, rien de plus. Mais c'est le temps qui me permit de la voir autrement et d'ouvrir enfin les yeux sur ce que je ressentais réellement pour elle. Il nous a fallu des années avant de dépasser le cap de l'amitié mais c'est ainsi que fonctionne notre magie. Elle ne nous dévoile pas notre âme-sœur du premier coup. C'est à nous de le trouver, de chercher cette personne et lorsqu'on a trouvé cette personne et qu'on a tissé des liens avec elle alors, un jour, on finit par l'entendre cette chanson. Cette chanson que notre magie chante pour notre enchanté. Cette mélodie si unique et si particulière qui nous lie à jamais à l'être que l'on aime. Cette magie qui renforce nos sentiments. Nous sommes liés à jamais et jusqu'à la mort à cette personne que lorsque l'on entend l'enchanson. Mais encore, faudrait-il déjà savoir que la personne que l'on côtoie est faite pour nous, que l'on aime cette personne, pour entendre l'enchanson.

Lily-Luna se demandait ce qu'il y avait de plus horrible dans sa situation. Avoir cru pendant des années être l'enchanteuse du meurtrier de son frère ou avoir ignoré pendant longtemps qu'en fait, elle en aimait un autre ?

Elle s'était imaginé que ce qu'elle ressentait pour Voldemort pendant six ans était de l'amour. Elle y avait cru très fort et jamais elle n'avait douté de cet amour, même pas lorsqu'elle avait fait le choix de sauver Tom à la place de son aîné. Elle n'avait jamais douté.

Mais si elle s'était trompée. Pourquoi son père ne lui avait-il rien dit ? Pourquoi ne le lui avait-il pas expliqué cela le jour du décès de Severus ? Pourquoi avait-il gardé le silence ?

— Pourquoi n'as-tu rien dit ? demanda-t-elle en se redressant. Pourquoi m'as-tu laissé croire pendant toutes ces années que j'étais son enchanteuse ?

Elle était en colère. En colère contre elle-même. En colère contre son père. En colère contre Voldemort. En colère contre la terre entière.

Elle se releva avec difficulté et vint se placer devant Harry, le défiant du regard.

— Pourquoi ? cria-t-elle furieuse.

— Qu'allais-je dire à une enfant capricieuse et stupide qui avait causé la mort de mon fils ?! Qu'allais-je bien pouvoir te dire hein ? Que tu n'es qu'une enfant égoïste et que moi je ne suis qu'un piètre parent qui ne sait pas se faire respecter de sa propre fille ?! Qu'étais-je supposé dire à une gamine de dix ans qui pense que l'amour nous tombe du ciel comme ça ? Qu'étais-je censé dire à une fillette qui croit que l'amour commence à dix ans ?! Mais bordel ! Que penses-tu hein ? Que j'allais me préoccuper de ton sort alors que je venais de perdre mon fils ? T'imagine un instant ce qu'un parent peut ressentir lorsqu'il perd un enfant par la faute d'un autre ? s'énerva Harry. Et tu penses qu'avec la mort de Severus, j'aurai eu le temps de t'expliquer quoi que ce soit alors que j'aurai sûrement bouillonné de rage rien qu'en ta présence ? Alors mets un peu ton égocentrisme de côté et pense à tout le mal que tu as causé autour de toi ! Grandis un peu ma fille ! Tu voulais être une adulte ? Alors assume en conséquence chacun de tes actes !

Harry n'en pouvait plus de cette dispute. Il avait les nerfs à vifs et commençait à en avoir plus que marre de discuter avec sa fille. Il tourna les talons et rentra au manoir. Il alla s'enfermer dans son bureau en claquant la porte derrière lui.

Lily-Luna observa son père s'en aller d'un pas furibond et sentit son cœur se craqueler. Elle était complètement stupide. Elle n'avait rien vu pendant toutes ces années alors que l'amour était juste là sous ses yeux mais elle n'avait rien voulu savoir, trop aveuglée par les sentiments qu'elle pensait avoir pour le seigneur des ténèbres.

Severus était mort pour un caprice, une stupidité, une erreur. Elle avait gâché des années de bonheur par pur égoïsme mais aussi par idiotie. Si seulement elle avait écouté son père ce jour-là et qu'elle était restée sagement attendre dans la bibliothèque avec les autres. Si seulement elle n'avait pas voulu faire l'imbécile en souhaitant combattre le mage noir alors qu'elle n'avait que dix ans.

— Merlin ! marmonna-t-elle désabusée.

Si son enchanté était mort et qu'elle s'était liée à lui. Cela voulait tout simplement dire que c'était…que c'était…

Elle se mit à pleurer lorsqu'elle comprit qui était véritablement son enchanté. Encore une fois, elle avait tout perdu. D'abord, son frère, ensuite, son père et maintenant, lui…


[1] Enchanteur : C'est un sorcier ayant la capacité d'enchanter n'importe quel objet et de donner vie à cet objet sans sortilège particulier. Il existe aussi des enchanteurs rares qui ont la capacité d'enchanter des êtres humains en ayant un total contrôle sur la personne qu'ils enchantent sans qu'elle ne se rende compte de quoi que ce soit.

La magie d'un enchanteur permet de renforcer les sentiments qu'il a pour une personne et de faire d'elle son enchanté (son âme-sœur, sa moitié). Mais cette magie ne se manifeste que dans le temps et lorsqu'il y a un grand lien affectif entre l'enchanteur et la personne qui pourrait devenir un enchanté.

Les enchanteurs sont très rares et la plupart d'entre eux descendent de la lignée de Merlin, connu pour être le prince des enchanteurs.

[2] Enchanté : C'est une personne devenue l'âme-sœur d'un enchanteur grâce au renforcement de la magie. Une fois liée à un enchanteur, si l'enchanté meurt, il emporte avec lui dans la mort son enchanteur après soixante-douze heures.

Note de l'auteur : Je suis sincèrement désolée mais je ne pourrais pas répondre aux reviews cette fois-ci. Pour aujourd'hui car j'ai horriblement mal à la tête et lorsque j'ai des maux de tête, ce n'est pas la joie. Je suis sincèrement désolée les amis mais dans mon cerveau tout n'est pas correctement connecté à ces moments-là. Je m'excuse vraiment mais sachez que j'adore vous lire et j'aurai aimé vous répondre. Pitié, pardonnez-moi.