Remerciements à ma bêta d'amour Miss Homme Enceinte 2.
12
Un-break my heart
« On peut faire beaucoup avec la haine, mais encore plus avec l'amour »
[William Shakespeare]
Nessa avait voulu fuir la douleur qu'elle ressentait et la vérité qui lui avait été balancé au visage par Harry. Elle avait fui sans trop savoir où aller. Elle avait tout simplement voulu échapper à cette douleur qui grondait en elle.
Elle ouvrit les yeux après son transplanage et posa un regard embué sur l'endroit où elle venait d'atterrir. Elle n'était pas bien loin de Godric's Hollow même si elle se trouvait dans le Wiltshire. Elle se tenait debout devant une belle bâtisse entourée d'un grand domaine.
L'entrée qui permettait d'accéder au domaine, située au bout d'un étroit chemin, était imposante. Une grande haie d'ifs impeccablement taillés longeait l'allée de chaque côté.
Nessa sentit son cœur battre la chamade alors qu'elle fixait cette demeure qui fut pendant des années une prison, un lieu de torture. Ses jambes fléchirent et elle s'agrippa à la grille pour ne pas tomber. Brusquement, elle s'était sentie faible et voulut rebrousser chemin. Elle ne savait pas ce qui l'avait conduit ici et n'aurait jamais dû y revenir.
Elle prit une profonde inspiration et se releva tout en douceur pour ne pas flancher à nouveau. Elle s'appuya contre la grille et resta là sans bouger, la respiration saccadée. Elle ne savait pas ce qui la prenait tout d'un coup. Elle devrait partir et ne plus revenir ici. Elle devrait quitter cet endroit sordide et mettre fin à cette souffrance une bonne fois pour toutes mais elle n'arrivait pas à faire le moindre mouvement.
Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle à la fin ? Pourquoi ne pouvait-elle pas faire son deuil et oublier à tout jamais tout ce qui se rattachait à cette demeure ? Pourquoi était-ce si difficile d'oublier ? Pourquoi ?
— Nessa ?!
Nessa manqua un battement cardiaque et hoqueta brusquement à l'entente de cette voix qui lui était douloureusement familière. Elle entendit des pas se rapprocher d'elle et une main se poser doucement sur son épaule. Elle tourna lentement la tête sur le côté et posa ses yeux sur cette main aux longs doigts fins et pâles.
Une odeur familière titilla ses narines et la submergea presque aussitôt. Une affliction tragique lui noua l'estomac et lui broya le cœur. Une boule s'enfla dans sa gorge et elle eut subitement du mal à respirer. Elle s'effondra à genoux et s'étrangla sous le poids de sa peine.
— Nessa !
Elle entendit le bruit de la grille qui s'ouvrait et en quelques secondes, elle se retrouva face à l'homme qu'elle essayait de fuir depuis longtemps à tout prix. Elle releva la tête et croisa ces prunelles qu'elle haïssait tant pour tout ce qu'elles lui faisaient ressentir. Elle honnit cet homme et s'écarta de ce dernier lorsqu'il essaya de la toucher.
— Ne me touche pas ! hurla-t-elle.
Elle ne voulait pas qu'il pose ses mains sur elle. Elle ne souhaitait pas avoir ses fines mains sur son corps. Elle ne voulait pas qu'il fasse ressurgir des sentiments qu'elle essayait désespérément d'enfouir au fond d'elle.
C'était horrible combien elle avait mal. Elle était stupide de s'être laisser guider par ses émotions. Elle se retrouvait face à l'homme qu'elle n'aurait pas voulu revoir. Il avait un tel pouvoir sur elle que c'en était effrayant. Il pouvait la détruire en un seul mot et elle était déjà assez détruite comme ça.
— Nessa.
La panique envahit brusquement la métamorphomage qui se rendit véritablement compte de l'endroit où elle se trouvait. Elle était devant le manoir Malfoy et en compagnie de Lucius. L'homme qui hantait ses cauchemars chaque nuit. La bile lui monta à la gorge et elle vomit.
Elle essuya sa bouche d'un revers de la main et puis brusquement, elle éclata en sanglots. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?
— Nessa, fit une voix douce.
Elle releva la tête et dévisagea le jeune homme qui la regardait avec des sentiments qu'elle ne saurait identifier. Le blond leva la main vers elle et la posa sur sa joue. Au contact de cette main sur sa peau, elle recula d'un bond comme si elle venait d'être brulée.
Le blond baissa sa main et parut chagriné par la distance qu'elle essayait de mettre entre eux.
— Nessa.
Lucius l'observa avec attention et esquissa un semblant de sourire.
— J'ai cru que tu étais morte, murmura-t-il.
Cela faisait bientôt un an qu'elle n'avait plus revu le blond et depuis cet évènement tragique, elle n'avait plus jamais remis les pieds au manoir Malfoy. Personne n'aurait voulu remettre les pieds dans une telle demeure.
De grosses larmes salées coulaient des yeux rougis et gonflés de Nessa. Elle était complètement perdue. Elle était assaillie par tout un tas d'émotions et c'était un vrai bordel dans sa tête. Elle voulait que tout prenne fin. Elle souhaitait ne plus jamais se réveiller et retrouver son fils.
Cela avait été une mauvaise idée de revenir ici. Clairement une mauvaise idée. Elle se redressa et jeta un dernier regard au blond avant de rebrousser chemin. Elle n'avait rien à faire ici.
— Nessa, la retint Lucius par le bras.
— Ne me touche pas ! cria-t-elle en retirant la main du blond. Ne me touche pas !
Lucius fut décontenancé par l'éclat de colère de la vélane.
— Où vas-tu ? demanda-t-il.
— Je n'ai rien à faire ici, répondit-elle.
— Ne pars pas.
— Je n'aurai jamais dû venir ici.
— Pourquoi es-tu donc venue ? l'interrogea Lucius d'un ton sec qui avait revêtit son masque de froideur.
— J'n'en sais rien, s'énerva Nessa.
— Bon sang ! Nessa, je t'ai cru morte pendant tout ce temps ! J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose et que tu avais quitté ce monde.
— Tu aurais bien aimé que je sois morte, n'est-ce pas ?
— Quoi ? s'écria Lucius penaud.
— Tu aurais bien aimé me voir morte tout comme notre fils, n'est-ce pas ? Tel père tel fils, en fait, cracha Nessa d'un ton venimeux.
Une claque retentit dans les alentours. Nessa avait la tête tournée sur le côté, les yeux écarquillés, surprise par la gifle qu'elle venait de recevoir du blond.
— Je t'interdis, tu m'entends ? Je t'interdis de dire ça ! persiffla Lucius en colère.
Nessa vit le blond trembler de rage. Il la fusillait du regard et ne put croire ce qu'elle était en train de voir à l'instant. Lucius Malfoy était en train de pleurer. Elle ne rêvait pas. Des larmes coulaient des yeux gris d'acier du blond. Le serpentard pleurait devant elle.
— Draco et toi étiez tout ce que j'avais de plus cher sur terre. Vous étiez la seule chose qui comptait vraiment pour moi et pour vous, uniquement pour vous, j'ai dû ravaler ma fierté et mon orgueil et prendre cette marque pour que vous ayez la vie sauve !
Lucius releva hâtivement le manche de sa chemise et montra son bras gauche à la métamorphomage. Ses yeux gris s'embrasèrent sous la colère.
— J'ai dû me plier aux exigences du maître de mon père pour vous ! J'ai cru que cela vous permettrait de rester en vie. C'était le prix à payer pour qu'il puisse épargner vos vies. Ma servitude contre vos vies. J'ai payé ce prix-là mais au final, j'ai tout de même échoué dans ma tâche. Notre fils est mort et j'ai cru que tu l'étais aussi ! J'ai cru vous avoir perdu tous les deux cette nuit-là.
Lucius pleurait et c'était la première fois qu'elle le voyait aussi triste et abattu. Nessa laissa une larme perler sur sa joue puis une seconde ensuite une troisième et un flot de larmes se déversa tandis que son regard était ancré dans celui qui fut le père de son enfant.
— Pour toi, pour lui, déclara Lucius en larmes.
Nessa ferma les yeux et respira difficilement. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Lucius s'était considérablement rapproché d'elle. Il prit son visage dans ses mains et posa son front sur le sien, ses prunelles plongées dans les siennes.
— Hais-moi si cela peut te soulager. Déteste-moi si cela peut te faire du bien. Tortures-moi si cela permet d'atténuer ta douleur mais je t'en prie, ne me fuis pas. Je te supplie de ne pas partir à nouveau. Fais-moi mal mais ne me détruis pas, je t'en prie. Honnis-moi mais ne t'en vas pas, dit-il d'une voix éraillée. Ne t'en vas pas.
— Lucius.
Lucius ferma les paupières et frotta son nez sur celui de Nessa.
— Il n'y a que toi qui me rendes humain, Nessa, souffla-t-il d'une voix tremblotante. Que toi.
Nessa ferma les yeux lorsque le blond déposa un baiser sur son front puis sur son nez et qu'il finit par enfouir son nez dans son cou. Il parsema son cou de baisers et elle frissonna au contact du blond. Son corps reprenait vie au contact du jeune homme et elle se sentait faiblir auprès de Lucius.
Lucius se redressa et rencontra à nouveau son regard. Il passa une main dans sa chevelure châtaine. Nessa n'avait pas remarqué que pour la première fois depuis le décès de son fils, elle avait repris son apparence physique normale.
Nessa avait de longs cheveux châtains et des yeux d'un chocolat intense.
— Je n'ai jamais aimé autre femme que toi, Nessa. Je n'aime que toi. Tu es la seule en ce monde à avoir mon cœur et je te le donne à jamais. Tu es libre d'en faire ce que tu veux, il t'appartient, déclara Lucius.
Nessa fut abasourdie par la déclaration d'amour du blond. Venait-il de dire qu'il l'aimait ? Lucius Malfoy était amoureux d'elle ?
Elle sonda les prunelles du blond et n'y vit que de l'amour, rien d'autre que l'amour pour elle. Elle était sous le choc de cette déclaration.
— Nessa.
Elle resta silencieuse, les yeux plongés dans ceux de Lucius, ahurie.
« — Parce que tu ne souhaites voir que le côté malsain des choses, protesta Harry. Mais oublies-tu que de cette noirceur est née votre plus beau cadeau ? Que si tu vis aujourd'hui, c'est grâce à Lucius ? Que tu n'aurais pas pu tenir le coup sans lui ? »
— Nessa ?
« — C'est le prénom que mes parents m'ont donné, répondit-il déconcerté. »
— Nessa ?
« — Ce soir, on prendra la fuite, tu m'entends ?
— Lucius, fit Nessa inquiète.
Lucius prit son visage en coupe et déposa un baiser sur son front. Elle ferma les yeux pour savourer le contact des lèvres du blond sur sa peau.
— J'ai tout planifié. Tout va bien se passer, l'assura le blond.
— J'ai peur, avoua-t-elle.
— Je sais, dit-il. Mais tu verras, tout se passera bien. »
— Nessa ?
Elle sortit brusquement de ses pensées et riva son regard sur Lucius qui la regardait avec inquiétude. Elle était vivante, il était vivant mais ils avaient perdu tous les deux leur enfant.
Draco était mort la nuit de leur invasion. Ils avaient été rattrapés alors qu'ils allaient franchir la grille du manoir. Lucius fut torturé sous ses yeux par un certain Nott et son bébé, leur Draco, fut torturé par Abraxas. Son enfant avait été tué par Abraxas qui avait lancé un impardonnable sur Draco. L'enfant n'avait pas supporté la douleur infligée par le doloris et il en était mort.
Son bébé l'avait appelé mais elle ne pouvait pas l'aider, retenue captive par deux mangemorts qui l'obligeaient à regarder cet odieux spectacle. Son fils. Son Draco. Son petit dragon. Torturé alors qu'il n'avait qu'un an et demi.
Abraxas avait reporté sa haine et sa colère sur Draco qui représentait son échec face à la mission que lui avait assigné Voldemort. Il avait tué son propre petit-fils tout simplement parce qu'il était jaloux de Lucius. Draco était mort et une partie de Nessa aussi.
Elle avait regardé mourir sous ses yeux, impuissante. Il était mort et elle ne le reverrait plus jamais.
« — C'est le prénom que mes parents m'ont donné, répondit-il déconcerté. »
Lucius avait prénommé son second fils, Draco, tout comme le leur. Mais cela se passerait uniquement et seulement si elle décidait d'abandonner à nouveau le blond. Elle pourrait partir et ne plus jamais revenir. Elle pourrait définitivement quitter le pays et retourner en Espagne. Elle pourrait fuir loin de Lucius mais elle avait déjà passé une année loin de lui et elle n'était pas prête à revivre cette expérience.
« — Parce que tu ne souhaites voir que le côté malsain des choses, protesta Harry. Mais oublies-tu que de cette noirceur est née votre plus beau cadeau ? Que si tu vis aujourd'hui, c'est grâce à Lucius ? Que tu n'aurais pas pu tenir le coup sans lui ? »
Elle savait tout au fond d'elle qu'Harry avait raison mais elle avait peur. Elle était apeurée par le futur. Elle ne voulait pas souffrir à nouveau et ne supporterait pas une nouvelle perte. Elle en mourrait. Elle avait peur de cette dépendance qu'elle avait accoutumée aux côtés du blond. Elle avait peur de ça. Elle n'était jamais elle-même auprès de Lucius.
Leur histoire n'avait pas débuté comme un conte de fées. C'était même très loin d'une histoire de princesse et de prince charmant, loin de ce monde parfait. C'était malsain mais comme l'avait dit Harry elle ne souhaitait voir que les mauvaises choses et pas les bonnes.
— Lucius ?
— Oui.
— Répare-moi, dit Nessa. Ramasse les morceaux et recolle-les, s'il te plaît. Répare-moi, Lucius. Je t'en prie, fais-le, le supplia-t-elle en larmes.
Lucius posa délicatement ses lèvres sur les siennes. C'était doux et léger. Un baiser emplit d'espoir et d'amour.
— Je le ferai, promit-il.
Nessa sentit un poids être retiré de ses épaules et sut à l'instant que Lucius ferait tout pour la réparer. Il n'y avait que lui qui pourrait recoller les morceaux de son âme. Il savait où les trouver et comment les recoller. Harry avait raison, Lucius était tout ce dont elle avait désormais besoin.
Des filaments dorés s'échappèrent de son corps et elle vit sa magie et celle de Lucius ne faire qu'une. Elle venait de se lier au blond. Sa magie avait reconnu Lucius comme étant sien et elle était désormais sienne.
Depuis tout ce temps.
Elle embrassa Lucius et mit dans ce baiser tout ce qu'elle ressentait pour lui. Elle n'était pas encore guérie et pour l'instant, elle ne pouvait dire ces trois petits mots au blond mais lorsqu'elle le serait, elle le lui dira. Elle lui dira à quel point elle l'aime et combien elle ne peut vivre sans lui. Mais pour le moment, elle se contenterait de guérir et de revivre. Pour l'instant, elle se laisserait aimer.
— Je t'aime, dit Lucius.
Il la prit dans ses bras et Nessa se blottit contre lui. Elle avait enfin trouvé sa place. C'était ici qu'elle se sentait le mieux, dans les bras de Lucius et elle y resterait pour toujours, aussi longtemps qu'il voudra d'elle.
— Lily-Luna, l'interpella Hermione.
L'adolescente se tourna vers sa mère, les larmes aux yeux, le cœur au bord des lèvres. Elle avait vraiment été stupide et aveugle durant toutes ces années.
— Maman, fit-elle.
— Tu sais qui est ton enchanté ? lui demanda Hermione d'une voix douce.
Lily-Luna hocha la tête. Hermione l'enlaça à nouveau et elle déversa toute sa peine sur sa mère. Qu'importe l'époque dans laquelle elle se trouvait, sa mère était toujours aussi douce et compréhensive. Elle ne la jugeait jamais et ne la rejetait pas même après toutes les conneries qu'elle avait pu faire. Sa mère était toujours là et elle avait de la chance de l'avoir.
Hermione caressa son dos tandis qu'elle sanglotait dans ses bras.
— Puis-je connaître le nom de l'homme qui fait battre le cœur de ma fille ? l'interrogea Hermione avec un sourire dans la voix.
— Charlie, murmura Lily-Luna, la voix cassée.
— Je n'ai pas entendu, ma chérie.
— Charlie Weasley.
— Hein ! s'exclama Ron. Charlie, mon frère ?
Lily-Luna répondit en hochant la tête.
— Mione, ta fille est amoureuse de mon frère ! s'écria Ron.
— Et alors ? répliqua sèchement Hermione.
— Mais…mais…c'est…mon…frère ! piailla le roux.
Hermione roula des yeux et se désintéressa de son meilleur ami pour reporter son attention sur Lily-Luna. Elle ne pouvait pas grand-chose pour sa fille et elle en était désolée. Elle aurait bien voulu l'aider mais elle ne pouvait rien faire.
— Je me sens faible, maman.
Lily-Luna pouvait le sentir. La vie était en train de s'échapper de son corps et bientôt, elle s'éteindra à tout jamais. Elle aurait tellement souhaité que les choses se passent autrement. Elle voulait que son grand-frère lui pardonne mais plus que tout, elle souhaitait obtenir celui de son père.
Hermione sortit sa baguette et fit léviter le corps de Lily-Luna. Elle rentra au manoir et reposa délicatement sa fille sur le canapé du salon. Elle prit la main de Lily-Luna dans la sienne et sentit que celle-ci était froide. La fin était proche et ce n'était plus qu'une question de minutes.
— J'aimerai que papa soit là, dit-elle.
Hermione caressa la joue de Lily-Luna avec tendresse et déposa un baiser sur le revers de sa main avant de se lever et d'aller chercher Harry qui s'était enfermé dans son bureau.
Hermione frappa à la porte et voulut l'ouvrir mais celle-ci demeura close. Elle frappa à nouveau et n'obtint aucune réponse de son mari.
— Harry ?
— Je veux être seul, lança-t-il.
— Harry, ne fais pas l'idiot et ouvre-moi, s'il te plaît.
— Je veux être seul, répéta-t-il d'une voix forte.
Hermione plissa les yeux, les sourcils froncés. Quelque chose n'allait pas. Elle l'entendait à la voix de son époux.
— Harry, s'il te plaît.
Harry ne répondit pas et elle se décida à utiliser d'autres moyens. Alors qu'elle allait utiliser sa baguette magique, la porte s'ouvrit toute seule. Elle rangea sa baguette et entra dans le bureau de son époux. Elle le chercha des yeux et finit par le trouver recroqueviller dans un coin de la pièce.
Harry leva la tête vers elle et elle remarqua que son visage était baigné de larmes.
— Harry !
Elle se précipita vers lui et se mit à sa hauteur.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? s'enquit-elle.
— Je suis un mauvais père, dit-il.
— Quoi ? s'écria Hermione.
— Je ne ferai pas un bon père, Mione. Notre fille est responsable du décès de Severus. Même dans le futur, j'échouerai et je perdrai Sev. Notre fils va mourir et j'aurai à nouveau échoué. J'aurai échoué dans mon éducation, Mione. Mon Sev…il…il…
— Harry, Severus va bien, dit Hermione.
Elle s'assit sur le sol, écarta les jambes et attira son époux dans ses bras. Harry se laissa faire et se retrouva entourer de la chaleur de sa femme.
— Sev va bien, amour. Il est en pleine forme et il le restera aussi longtemps que je vivrais. Il restera en vie et tu n'échoueras pas. Tu le protègeras comme tu l'as toujours fait et tout se passera bien.
— J'ai failli te perdre, aujourd'hui, rappela-t-il.
— Et je suis toujours là, rétorqua Hermione. Je serai toujours là.
— Tu étais morte, Mione ! Je t'ai vu mourir sous mes yeux et si tu l'avais été, je…je…j'aurai…j'aurai…je…
— Tu quoi, Harry ? l'encouragea-t-elle.
— Je l'aurai tué, Mione. J'aurai tué Sev avant de me tuer. J'y ai pensé, Mione. J'y ai pensé et je l'aurai fait, confia-t-il.
Hermione frissonna d'effroi à l'entente des paroles d'Harry et elle savait qu'il disait vrai. Il l'aurait fait. Harry aurait tué leur fils avant de se donner la mort. Elle déglutit péniblement et resserra son étreinte autour d'Harry.
Elle savait qu'il était fragile psychologiquement et qu'elle était ce qui le maintenait en vie. Tant qu'elle vivrait, tout irait bien mais si un jour, l'épisode d'aujourd'hui venait à se reproduire, elle ne doutait pas qu'Harry n'hésiterait pas à faire ce qu'il avait dit et elle en était triste car elle aurait voulu que son époux puisse s'en sortir sans elle à leurs côtés. Elle aurait voulu qu'Harry soit moins dépendant d'elle mais elle n'avait pas trop de choix.
L'accoutumance d'Harry était une bonne chose et elle lui permettait d'avoir une vie stable. Sans elle, Harry deviendrait à coup sûr un monstre et elle l'avait vu à l'œuvre. Pendant les quelques minutes où elle fut morte, elle l'avait vu et elle en avait été apeurée.
Le monstre qui dormait en Harry était bien plus puissant que ce qu'elle aurait pu imaginer.
— Tu comprends maintenant pourquoi je ne ferai pas un bon père ?
— Tu es un bon père, Harry.
— Non, Mione, fit Harry en secouant la tête. Je suis un monstre.
— Tu n'en es pas un.
— Si, protesta-t-il.
— Regarde-moi, Harry.
Harry se redressa et fit face à Hermione. L'ancienne gryffondor essuya les larmes du brun et déposa un baiser sur chacune de ses joues et ancra son regard noisette dans celui émeraude de son mari.
— Tu n'es pas un monstre, Harry. Tu n'es pas un monstre et tu ne le deviendras jamais parce que je serais toujours là. Je te promets d'être toujours là et je te jure que je ne me ferai plus tuer. Je t'en fais la promesse. Je vivrai aussi longtemps que tu vivras.
— Je ne peux vivre sans toi, Mione. Je ne peux pas. Je ne le peux.
— Alors je vivrais toujours, répliqua-t-elle. Pour toi, pour Sev, pour Lily-Luna, pour nous.
— Je ne veux pas te perdre, Hermione. Je ne pourrais pas le supporter. J'en suis sincèrement désolé mais je ne peux pas le faire. Tu es ma vie, Mione et si tu meurs, je meurs avec toi, dit Harry d'une voix brisée.
— Je sais, Harry et moi aussi j'en suis désolée. Mais ne t'en fais pas, tu ne me perdras pas car je suis bien décidée à vivre encore un bon moment et puis, nous avons deux gamins à élever et j'aimerai aussi voir grandir nos petits-enfants. Je me suis toujours demandée ce que ça ferait d'être mamie, sourit Hermione.
Harry esquissa un sourire triste et passa sa main dans les cheveux toujours aussi indisciplinés de sa femme. Il cala une mèche de cheveux derrière l'oreille d'Hermione et caressa sa joue. Hermione le regarda faire sans battre des cils.
— Hermione ?
— Oui, Harry.
— Répare-moi, dit-il. Guéris-moi avec ton amour. Recolle tous les morceaux qui ont été brisé par cette guerre, par ma tante, par Dumbledore, par tous les autres. Répare mon cœur. Guéris-le. Guéris les blessures de mon cœur et de mon âme, s'il te plaît. Guéris-moi avec ton amour.
— Je te réparerai, promit Hermione en essuyant les larmes d'Harry. Je te réparerai et tu guériras. Je recollerai tous les morceaux, j'effacerai toutes les peines qu'ils t'ont causées et je les remplacerai par mon amour, par des sourires. Je guérirai ton âme avec de l'amour, de la tendresse, des baisers. Je réparerai ton cœur en étant toujours là et il battra à nouveau comme si tu venais de naître. Tu guériras, je t'en fais la promesse. Bientôt, la guerre ne sera plus qu'un lointain souvenir.
Harry acquiesça et Hermione l'embrassa avec toute la douceur dont elle était capable. Il faisait confiance en la jeune femme et il savait qu'elle parviendrait à le guérir. Elle avait déjà réussi à le faire sortir de sa léthargie et à le faire revivre. Elle finirait par le faire vivre. Il avait confiance en elle.
— Merci, la remercia-t-il.
— Notre fille s'en va et elle aurait besoin de la présence de son père à ses côtés, l'informa Hermione.
Harry soupira et se releva avant de tendre sa main à Hermione. Il ne refuserait pas cela à sa fille. Elle avait fait des bêtises et étant son père, il était en partie responsable de ses actions.
Il sortit de son bureau avec Hermione et retrouva Lily-Luna et ses amis dans le salon. Lily-Luna respirait difficilement et sa peau était encore plus blafarde que tout à l'heure. Elle se vidait peu à peu de la vie qui coulait dans ses veines.
Harry s'approcha et s'assit sur le canapé près d'elle. Lily-Luna sentit un poids à ses côtés et rouvrit les yeux pour les poser sur son père. Il avait un sourire peiné sur le visage mais un sourire emplit d'amour aussi. Son père était là.
— Papa, souffla-t-elle des larmes glissant lentement sur ses joues. Si tu savais combien je suis désolée. Je…je m'excuse. Je m'excuse, papa. Pardon. Je…papa…pardon…pardon.
Harry prit la main de Lily-Luna dans la sienne et y déposa un baiser.
— Tout est pardonné, dit-il. Tout est pardonné. Tu peux partir tranquille.
— J'ai peur, avoua-t-elle la voix tremblotante.
La seconde main d'Harry écarta les mèches de cheveux qui étaient collées sur le front de Lily-Luna à cause de la transpiration. Il resserra la main de Lily-Luna dans la sienne et plongea son regard dans celui identique au sien de sa fille.
— Tu n'as pas à avoir peur. Tout va bien se passer, la rassura Harry.
— Je…Char…Charlie…lâcha-t-elle à bout de souffle. Il…est…mort à …cause de…moi…comme…Sev…
— Sev est ici et il va bien. Je veillerai sur lui et il ne lui arrivera rien. Quant à ton Charlie, je pense que tu le retrouveras.
Lily-Luna pleura tandis que ses yeux papillonnèrent pour rester ouverts. Elle avait peur de ce qui l'attendait. Son père était là à côté d'elle, tenant fermement sa main. Un voile recouvrit ses yeux et ses paupières devinrent lourdes.
« — Lily-Luna ?
Elle se tourna et vit un adolescent à la chevelure rousse aux yeux bleus marcher vers elle. Il avait les mains en poches et sourit largement lorsqu'il fut proche d'elle.
Lily-Luna était impressionnée par la facilité qu'avait son meilleur ami à sourire en toutes circonstances. Il avait le sourire facile et Severus pour la taquiner lorsqu'elle boudait, disait toujours qu'il irait chercher Charlie et lui demanderait un peu de son sourire pour le greffer sur ses lèvres. Et à chaque fois, elle ne pouvait s'empêcher de sourire aux idioties de son aîné.
— Je savais que je te trouverais ici, dit-il en souriant.
Charlie s'assit à ses côtés au pied de l'arbre centenaire et finit par s'allonger sur l'herbe. Il passa ses bras derrière sa tête en guise d'oreiller. Le rouquin observa le ciel à travers les branches d'arbre et ils restèrent silencieux sans dire un mot.
C'était dimanche et tous les élèves paressaient un peu partout dans le château. Lily-Luna reprit la lecture de son bouquin et tourna page sur page. Charlie se tourna sur le ventre et jeta un coup d'œil sur le parc de Poudlard. Il n'y avait pratiquement personne dehors. Ce n'était pas surprenant. La plupart des élèves évitaient Lily-Luna et s'en allaient souvent lorsqu'elle était proche. Il était le seul à la côtoyer et il fallait dire que Lily-Luna n'était pas le genre de personne à vouloir se faire des amis.
Mais depuis le tragique décès de Severus Caledonensis, ancien héritier de la couronne, Lily-Luna était considérée comme une traitresse et peu de gens osaient l'approcher. À cause de la responsabilité qui pesait sur elle concernant la mort tragique de son frère aîné, elle fut obligée de renoncer à son titre d'héritière du trône. Titre qui fut attribué à son neveu.
Donc, à la mort ou à l'abdication de son père, ce serait Harry II qui monterait sur le trône et non elle.
Elle referma son bouquin et fixa son regard émeraude sur son meilleur ami.
— Je m'en vais, Charlie, l'informa-t-elle.
— Pour aller où ? demanda-t-il.
— Réparer mes erreurs, répondit-elle. J'ai brisé le cœur de mes parents mais aussi ceux de notre population. Rynours grandit sans son papa et James ne fait que survivre. Je n'ai pas seulement causé la mort de mon frère mais j'ai aussi détruit toute une famille.
Charlie hocha la tête et perdit son sourire. Il se rassit et baissa la tête. Il y avait soudainement en lui comme de la tristesse. Lily-Luna se rapprocha de lui et glissa ses bras autour de sa taille et se colla à son dos. Elle embrassa sa nuque laiteuse et posa sa tête sur le roux.
— Comment feras-tu pour réparer tes erreurs ? Non, ne réponds pas. De toute manière, il y a toujours quelque chose de bizarre dans votre famille que je ne préfère pas savoir, dit Charlie.
— Il fut un temps où nous étions bizarres mais aujourd'hui, nous sommes justes des personnes sans vies, sans âmes. Nous ne sommes que chagrin.
Charlie ne dit rien et posa sa main sur celles de Lily-Luna.
— Tu reviendras ? demanda-t-il au bout d'un moment de silence.
— Je ne sais pas, répondit-elle.
— Lily-Luna Hermione Caledonensis qui n'a pas de réponses à une question ! Merlin ! Serait-ce la fin du monde ? plaisanta le roux.
Lily-Luna donna une tape sur la tête à Charlie et s'éloigna de lui.
— Hey ! Je ne suis pas une encyclopédie sur pattes, fit-elle faussement indignée.
Charlie rigola un tout petit peu puis il arrêta subitement de rire.
— Et que…feras-tu…de…hum…euh…bafouilla-t-il.
— Je ferai tout pour qu'il soit quelqu'un de meilleur.
— Es-tu sûr de l'aimer ? Je…ce que je veux dire…c'est…tu ne le connais même pas…tu…l'as vu qu'une ou deux fois…et la première fois que tu l'as vu…ton frère en est mort, se reprit Charlie.
— Oui, je l'aime, répondit durement Lily-Luna. La magie ne se trompe pas Charlie. Je suis son enchanteuse.
— Je…pardon, s'excusa-t-il. Je ne voulais pas.
— Ce n'est rien.
— Je vais te laisser. J'ai…j'ai des devoirs à faire et je suis en retard sur…mes exercices de métamorphose. Tu connais McGo, elle peut être effrayante à certains moments. Je…Bonne chance.
Charlie déposa à la hâte un baiser sur la joue de la brune et se releva, les yeux fixés sur sa meilleure amie.
— Je te souhaite d'être heureuse.
— Merci Charlie.
Charlie eut un petit sourire et hocha la tête avant de se précipiter vers le château.
— Charlie ? l'appela Lily-Luna.
Il stoppa net son avancée et attendit sans se retourner.
— Sois heureux, lança-t-elle.
Charlie ne se retourna pas une seule fois et s'éloigna jusqu'à disparaître de la vue de la brune.
Si le roux s'était retourné, Lily-Luna aurait vu les larmes qui coulaient sur son visage. Elle aurait vu toute la tristesse qui se lisait sur les traits du gryffondor. Elle aurait vu à quel point il était malheureux et peut-être aurait-elle compris que le rouquin ne serait jamais heureux sans elle.
Lily-Luna retira le pendentif qu'elle portait au cou et ouvrit le vif d'or qui révéla un retourneur de temps. Elle jeta un dernier regard au château avant de disparaître pour une époque dont elle ne savait presque rien. Pour réparer ses erreurs. »
Charlie. Il était mort. À cause d'elle.
Alors que les ténèbres allaient l'avaler, elle entendit un murmure, une voix. Elle voulut ouvrir les yeux mais elle n'y arrivait pas. Elle n'y parvenait pas. C'était difficile. La voix continuait de l'appeler et elle ne pouvait pas répondre.
La voix l'appelait sans cesse et elle était incapable de répondre.
— Lily-Luna.
Charlie. Sa voix. C'était lui. Sa voix. C'était lui.
Une explosion de joie retentit dans son cœur et une sensation de chaleur s'empara de tout son être. Elle ouvrit péniblement les yeux et entendit comme une chanson lointaine. Une chanson douce. Une chanson qui semblait provenir de son cœur. C'était la plus belle des mélodies. C'était puissant et si doux qu'elle en versa des larmes.
Elle l'entendait enfin cette chanson.
Charlie. C'était lui.
Charlie.
Elle le chantait pour lui. C'était Charlie depuis toujours. C'était le Charlie au visage rayonnant. C'était le Charlie drôle. Le Charlie joueur. Le Charlie protecteur. Le Charlie amical. C'était Charlie. Ça avait toujours été lui, depuis le début.
Charlie.
— Tu peux t'en aller maintenant, ma fille. Il t'attend, lui murmura une voix douce.
Charlie.
Elle ferma à nouveau les paupières et revit son visage comme il se tenait là devant elle, avec son sourire qui ne le quittait presque jamais. Elle l'aimait. C'était lui, son enchanté. Charlie.
Elle inspira une dernière fois dans un petit râle avant que tout ne s'éteigne définitivement. Une dernière pensée, une dernière image avant que tout ne prenne fin. Sa tête s'inclina lourdement sur le côté. C'était la fin. Elle était partie pour ne plus jamais revenir.
Harry laissa quelques larmes couler et tint la main de sa fille jusqu'à ce que son corps disparaisse en une poussière d'étoiles et ne s'envole au loin. Bientôt, il n'y avait plus rien dans sa main, il tenait simplement du vide. Elle était partie.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Draco.
— Elle a accompli la mission pour laquelle elle était venue ici, répondit simplement Harry.
— Qu'est-ce que ça veut dire ? questionna Ginny perdue.
— Elle a fermé un livre de notre passé pour ouvrir un autre de notre futur, répondit Luna d'une voix rêveuse.
Ginny ne fit aucune réflexion et se dit qu'elle aurait mieux fait de se taire car la blonde venait d'embrouiller un peu plus son esprit.
— Aïe ! glapit une voix fluette.
Tout le monde se tourna vers la voix enfantine et ils ne virent personne.
— Accio, cape ! lança Harry.
Une cape s'envola dans un coin du salon et atterrit dans sa main. Severus, Lily et Pétunia se tenaient cachés dans un angle de la pièce.
Les trois garnements s'étaient servis de la cape d'invisibilité pour espionner les adultes. Une cape qu'Harry avait remise à son fils la veille en cadeau. Il n'avait pas remis à Severus la carte des maraudeurs car Hermione avait argumenté que la carte devrait être inventée par les maraudeurs et que dans ce cas, Severus ne devrait pas l'avoir. Mais aussi, que puisqu'ils avaient étudié à Ilvermorny, ils n'étaient pas censés connaître Poudlard. Aussi, Severus n'avait reçu en cadeau que la cape d'invisibilité.
Lorsqu'Harry croisa le regard onyx de son fils, il se dit qu'il aurait peut-être mieux fait d'attendre le 1er septembre pour l'offrir à Severus.
Severus avait les yeux baigné de larmes et il regardait ses parents avec colère et déception.
— Sev, fit Harry en amorçant un pas vers son fils.
Mais Severus se braqua aussitôt et recula puis il prit la fuite et dévala les marches d'escaliers pour aller s'enfermer dans sa chambre.
— Severus, l'appela Hermione.
Harry et Hermione allèrent la poursuite de leur enfant et montèrent deux à deux les escaliers en marbre, Hermione se souciant peu de son état.
— Sev, mon ché…
— Allez-vous-en !
— Alohomora !
La porte de la chambre de Severus se déverrouilla aussitôt et ils entrèrent en trombe dans la pièce. Ce qu'ils virent les glaça d'effroi. Severus se tenait debout sur la balustrade de sa chambre. Un seul faux pas et il tombait dans le vide.
— Sev.
— N'approchez pas !
Harry arrêta d'avancer et leva les mains d'un geste fébrile, les yeux fixés sur Severus qui pouvait tomber à tout moment.
— Sev, je t'en prie, descends de là, le supplia-t-il.
— Vous m'avez menti ! cria Severus en pleurs. Vous n'êtes que des menteurs !
— Sev, on va tout t'expliquer mais descends, s'il te plaît, le pria Hermione.
— J'ai cru que vous m'aimiez !
— On t'aime, lancèrent Hermione et Harry.
— C'est faux ! Vous ne m'aimez pas ! Vous avez juste pitié de moi ! Ce n'est pas ce Severus que vous aimez. Vous ne m'avez jamais aimé, pleura-t-il.
— Il n'y a que toi que nous aimons, Sev. Nous n'aimons que toi, mon fils, seulement toi. Je te le jure, dit Hermione d'une voix douce.
Elle approcha tout doucement, le regard plongé dans celui de Severus.
— Je ne sais pas ce que tu as compris de notre histoire mais qu'importe notre passé, tu es et restes notre fils, poursuivit-elle toujours en avançant. Tu es Severus Merlin Caledonensis et nous, nous sommes tes parents.
Les lèvres de Severus tremblèrent et il se laissa prendre dans les bras d'Hermione sans protester. Il la laissa le ramener dans la chambre et enroula ses jambes autour de la brune. Hermione alla s'asseoir sur le lit de Severus et l'installa sur ses genoux.
Severus enfouit sa tête dans le cou d'Hermione et sanglota dans ses bras. Harry se plaça derrière Hermione sur le lit de Severus et les enlaça tous les trois.
— Qu'as-tu compris de notre histoire ? l'interrogea Harry.
— Vous venez du futur, répondit Severus dans un sanglot étouffé.
— Mais encore ?
Severus se redressa et lança un regard noir à ses parents, les larmes aux yeux.
— Ta mère c'est Lily, n'est-ce pas ? lança-t-il froidement à Harry. Tu as les mêmes yeux qu'elle et tu la regardes toujours avec tristesse et mélancolie. Et tu as dit à Lily-Luna que tu avais connu une personne qui avait confondu éclosion et enchanson. J'ai tout entendu et j'ai compris de qui tu parlais car j'ai pensé jusqu'à aujourd'hui que Lily était faite pour moi à cause de ce que j'avais ressenti lorsque je l'ai rencontré. J'ai aimé Lily mais elle ne m'a pas aimé, n'est-ce pas ? Le regard que tu poses sur Lily et le regard que tu poses sur moi sont différents. Et puis, un de tes amis a dit que Lily-Luna était responsable de mon décès à son époque. J'ai compris que j'étais mort dans votre époque à vous et pour une raison ou une autre, vous êtes venus dans le passé.
Harry ne fut pas surpris par le raisonnement de Severus. Hermione et lui s'étaient toujours doutés qu'un jour, il finirait par tout découvrir et ils ne s'étaient pas trompés. Il avait pratiquement tout découvert.
— Que voudrais-tu savoir ? lui demanda Hermione.
— Pourquoi m'avez-vous menti ? attaqua aussitôt Severus. Vous m'avez fait croire que vous m'aimiez mais en réalité, vous aimez un autre Severus. Vous m'avez adopté simplement à cause de l'autre Severus.
— Tu te trompes, Severus. Nous ne t'avons pas menti, nous t'avons simplement caché certaines choses mais nous n'avons pas feint l'amour que nous ressentons pour toi. Tu es notre fils et nous t'aimons sincèrement, répliqua calmement Hermione.
— Et si tu veux tout savoir, nous avons remonté le temps en grande partie pour toi. Nous sommes venus ici pour toi. Severus Snape était mon professeur de potions et il a fait beaucoup de choses pour moi. Des choses que tu ne pourrais imaginer. Il avait tellement fait pour moi, que je me sentais redevable envers lui, dit Harry.
— Je ne suis donc qu'un simple payement de dette, c'est ça ? cracha Severus.
— Non ! s'exclama Hermione. Tu es notre fils, Severus. Au départ, nous étions venus pour changer l'avenir de notre professeur de potions mais aussi celui de nos proches mais très vite, nous nous sommes rendu compte que tu n'étais pas notre professeur. Que tu n'étais qu'un enfant qui avait besoin d'amour et de protection. Nous t'avons adopté parce que tu étais un enfant qui avait besoin de parents et parce que Harry et moi souhaitions fonder une famille.
— Peu importe notre passé, nous sommes tes parents, Sev, ajouta Harry. Rien ni personne ne pourra le changer.
Severus renifla bruyamment et éclata en sanglots.
— Sev, fit Hermione.
Il regarda ses parents à travers ses yeux emplis de larmes et se rappela tous les moments qu'ils avaient passé ensembles.
« — Severus, tu aimerais venir vivre avec moi ? lui demanda Hermione. »
Il croisa le regard noisette d'Hermione et ses yeux brillaient d'un amour profond et sincère.
« — Pourquoi souhaitiez-vous m'adopter ? demanda Severus.
— Pourquoi me retiens-tu ? répliqua Hermione souriante.
— Parce…parce que…j'aimerai une…maman…une vraie, bredouilla Severus. »
— Sev ?
« — Si tu me laisses être ta maman, je te promets Severus, que je ferai tout pour te rendre heureux, jura la gryffondor. »
Ses parents.
« — Tu as le droit de t'asseoir, Severus. Ne t'en fais pas, tu ne saliras rien en t'asseyant dessus. Tu as le droit d'être ici, Severus. Tu es notre fils maintenant. Tu t'en souviens ?
Severus hocha la tête, la gorge nouée.
— Tu es ici chez toi, rajouta Harry. »
Il jeta un regard par-dessus l'épaule de sa mère et croisa le regard émeraude d'Harry. Ils étincelaient d'un amour puissant et d'une affection sans faille.
« Severus renifla piteusement et regarda Harry avec plein d'espoir.
— Ça veut…ça veut dire que…que tu veux encore…de moi ? demanda-t-il, incertain.
— Ça veut dire que tu es et seras toujours mon fils, quoi qu'il puisse advenir, répondit Harry.
— Toujours ?
Des larmes se mirent à perler sur le visage d'Harry sans qu'il ne puisse les retenir.
— Toujours, promit-il d'une voix rauque.
Severus se jeta au cou d'Harry et ce dernier le serra très fort dans ses bras, plongeant son nez dans la chevelure de jais de son fils. »
Harry et Hermione.
« — Bien sûr, mon chéri. Ton père et moi t'aimons plus que tout. Nous t'aimerons quoi qu'il puisse advenir, intervint Hermione. »
Ses parents. Ils étaient ses parents. Il n'avait pas à réfléchir là-dessus. Ses parents l'aimaient et c'était le plus important. Comme venait de le dire son père, peu importait leur passé, il était leur fils et ils étaient ses parents.
— Papa, maman, souffla-t-il.
Hermione se retint d'éclater en sanglots et l'attira dans ses bras pour une étreinte assez musclée. Severus se dit qu'il avait au moins deux côtes de cassé mais que malgré cela, il était heureux. Il sentit la main de son père dans ses cheveux et ferma les yeux tout en soupirant de bonheur.
Il était bien là, au chaud, dans les bras de ses parents. Il ne voudrait être nulle part ailleurs en ce moment.
— Nous t'aimons, déclara Harry.
— Lilou ?
Lily-Luna ouvrit les yeux et se trouva face à un miroir. Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle vit l'image qui lui était renvoyé par la glace. Elle était vêtue d'une splendide robe de mariée en satin ivoire. La robe était élégante, soutenue et noble. C'était une robe marquise à l'encolure amoureux, sans bretelles et sans manches, lacée dans le dos, parée d'une traîne royale. Sa chevelure brune avait été coiffée en un chignon flou.
Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et vit son frère vêtu d'un costume pour l'occasion. Elle se tourna brusquement vers lui et se jeta dans ses bras.
— Sev ! s'écria-t-elle d'une voix enrouée.
Son frère était vivant. Elle pouvait entendre son cœur battre. Il était là et il respirait. Il était bien vivant. Elle avait réussi. Elle avait fini par réparer ses erreurs.
— Que me vaut cette embrassade spontanée ? l'interrogea Severus taquin.
— Je…
— Tatie Lilou !
Lily-Luna rompit son étreinte et sourit à son neveu qui portait un costume tout comme Severus.
— Comme tu es belle, tatie Lilou ! la complimenta Harry II.
— Merci Rynours, le remercia-t-elle. Toi aussi, tu es beau.
— Je porte la même tenue que papa, père et papi.
— C'est génial.
— Ronnie est un peu jaloux parce qu'il aurait aimé porter le même costume que nous mais tatie Lily lui a expliqué qu'il n'était pas du côté de la mariée, que c'était pour cette raison qu'il n'avait pas le même costume que nous, enchérit Harry II.
— Oh, fit simplement Lily-Luna.
— Mais que faîtes-vous donc encore ? demanda Hermione en entrant dans la pièce.
— Dépêche-toi, ma chérie. La cérémonie va commencer, dit Molly.
Le cœur de Lily-Luna s'affola dans sa poitrine lorsqu'elle comprit qui était l'homme qu'elle allait épouser. Elle avait vraiment réussi. Un grand sourire éclaira son visage et elle hocha la tête.
— On arrive, dit Severus.
Hermione comprit que son fils aîné souhaitait discuter avec sa petite-sœur et acquiesça avant de quitter la pièce avec Harry II et Molly.
Severus ferma la porte derrière eux et se retourna vers sa sœur.
— Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit-il.
— As-tu déjà utilisé le vif d'or ? le questionna-t-elle.
— Tu l'as utilisé ? fit Severus étonné.
Lily-Luna hocha la tête et poussa un soupir.
— Je devais réparer certaines erreurs, répondit-elle.
— Et il faisait partie d'une de ces erreurs ? demanda Severus.
— Toi et lui, répondit Lily-Luna.
— Tant mieux s'il a pu te servir.
— Tu n'as pas répondu à ma question, rappela-t-elle.
— Non, répondit-il.
— Pourquoi ? l'interrogea Lily-Luna ahurie.
— Parce que je n'ai jamais eu besoin de ce vif, répondit-il. J'ai des parents formidables, une sœur géniale, un mari exceptionnel et un fils adorable ainsi que de merveilleux amis. Pourquoi aurais-je souhaité changer cela ?
Severus sourit à sa sœur et Lily-Luna comprit ce qu'il venait de dire.
— Lily-Luna, ma chérie, c'est l'heure !
La porte s'ouvrit sur leur père qui, effectivement, portait le même costume que son fils et son petit-fils. Un sourire tendre se glissa sur ses lèvres lorsqu'il posa les yeux sur ses deux enfants.
— Mes enfants.
Il s'approcha d'eux et déposa un baiser sur le front de chacun.
— Si vous saviez comme je suis fier de vous, confia-t-il les yeux embués.
— Papa, c'est mon mariage donc pas de larmes s'il te plaît, prévint Lily-Luna.
— Et surtout pas d'évanouissement, ajouta Severus avec un sourire en coin.
— Merlin ! Quel genre d'enfants êtes-vous donc pour oser vous moquer ainsi de votre vieux père ? les réprimanda faussement Harry.
— Les enfants dont le père s'évanouit le jour du mariage de son fils, répondit Lily-Luna.
— C'était l'émotion ! se défendit Harry.
— Même le jour de la naissance de Rynours ? railla Severus.
— Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à la naissance de son petit-fils, répliqua Harry.
Lily-Luna et Severus éclatèrent de rire. Harry finit par les suivre dans leur fou rire.
La vie avait fini par reprendre un cours normal et Lily-Luna avait pu réparer les cœurs qu'elle avait brisé un soir du 31 octobre 1981 d'un passé désormais révolu. D'un passé qui n'aura existé que pour elle et pas pour les siens.
Réponses aux reviewers anonymes :
Juliana : Salut ma jolie, comme tu m'as manqué ! Pour le Dron (Draco/Ron), c'est un couple qui m'est passé par la tête comme ça mais j'apprécie bien ce couple. Ouais, Lilou avait besoin d'un peu de plomb dans la tête. C'était important. Merci et bises.
Guest : Salut ! Oui, tu as fait un excellent résumé de la situation actuelle. Tu as tout suivi et parfaitement tout intégré. J'espère te relire au prochain chapitre. Bises.
Jilliane : Salut et merci beaucoup pour ta review qui m'a fait très plaisir. Je suis contente de savoir que tu apprécies le James/Severus. Merci pour le compliment. Ne t'inquiète pas, la rencontre Severus/James est pour bientôt. Merci à toi pour ton commentaire et tes compliments. Bises.
