13

Il n'était pas un adulte, mais il était un ami

Un vent frais d'août balaya la plage. Severus Caledonensis contemplait la mer les bras croisés. Il se trouvait tout seul sur la plage à observer les vagues venir s'échouer sur le sable blanc à quelques centimètres de ses pieds. L'océan, réfléchissant la couleur du ciel, ressemblait à de l'acier liquide. Les vagues déferlaient inlassablement sur le sable. De lourds nuages s'accumulaient lentement et le brouillard commençait à s'épaissir, cachant l'horizon.

Severus fut sensible à la beauté majestueuse du décor. C'était la première fois qu'il allait à la plage, la première fois qu'il voyait la mer. Il pouvait même s'y baigner mais il préféra ne pas le faire car il ne savait pas nager.

Après l'apparition de Lily-Luna et des amis du futur de ses parents, la rupture de Nessa avec ses compagnons pour sa mise en couple avec un certain Lucius Malfoy, l'ascension au trône de son père et ses nouveaux devoirs de souverain, sa mère avait proposé de passer quelques vacances en dehors de Godric's Hollow, arguant que cela ferait du bien à tout le monde de changer un peu d'air. Surtout, sa mère en avait besoin car elle était prête à exploser à tout moment. Il y avait tellement à gérer qu'elle ne savait plus d'où se donner de la tête et il savait que même sa mère ne pourrait pas supporter autant de charges.

Ils votèrent pour un lieu de vacances mais ne purent se mettre d'accord car aucun ne proposa une destination qui pouvait plaire à la majorité.

Nessa voulait passer quelques jours en Espagne tandis que son nouveau compagnon, Lucius, souhaitait faire un tour à Paris en France. Ronald avait choisi comme destination l'Egypte tandis que son mari, désormais appelé Dray, avait choisi la Chine. Luna, elle, voulait aller en Irlande pour rechercher une espèce de créature magique inexistante mais apparemment connue que de la blonde et son fiancé, Neville, souhaitait partir en Amazonie pour étudier une plante extrêmement rarissime et dangereuse. Ginny, quant à elle, avait envie de découvrir Prague, la capitale de la République tchèque. Killian avait choisi le Portugal et son compagnon, Alexein, voulait aller en Russie pour découvrir le pays d'origine de ses parents.

Sa mère souhaitait partir à la campagne française tandis que son père voulait faire un tour en Italie. Donc, il fut impossible de voter pour une destination.

Sa mère calma tout le monde et décida de le laisser choisir. Qu'ils iraient tous où il le souhaitait et personne ne contredirait son choix.

Sans hésitation, il avait demandé à voir la mer. C'était un rêve d'enfant que de voir la mer et de pouvoir marcher sur du sable.

Ce fut ainsi qu'ils se retrouvèrent tous dans les îles Vierges à cohabiter ensembles dans une grande villa et Severus devait avouer qu'il commençait à être épuisé par cette tension qui régnait dans la demeure. Son père était tout le temps en communication avec Dumbledore qui assurait la régence du pays en son absence, sa mère avait des nausées presque tout le temps et ne pouvait plus faire de potions avec lui, Killian et Alexein n'arrêtaient pas de lancer des piques à Lucius qui n'hésitait pas à répondre aux attaques des ex-amants de sa fiancée, Neville et Luna étaient enfermés dans leur bulle et n'en sortaient pratiquement jamais, Ginny passait ses journées à draguer des mecs et se disputait souvent avec son frère Ronald qui n'appréciait guère le comportement de sa petite-sœur et Dray essayait de jouer l'arbitre mais malheureusement pour lui, la plupart du temps, cela se retournait contre lui et il finissait par perdre son sang-froid. Ronald avait dormi plusieurs fois dans sa chambre puisqu'il avait été chassé de la sienne par son mari.

Ces deux semaines de vacances auraient dû être super géniales mais à cause de l'ambiance qui régnait dans la villa, elles étaient horribles. Il n'avait qu'une seule envie, celle de quitter cet endroit au plus vite même s'il trouvait la plage magnifique.

Il se leva et avança lentement vers l'eau. Il admira le paysage qui l'entourait et perçut le cri aigu des hirondelles de mer et le doux clapotis des vagues sur le sable. Il se baissa et effleura l'eau salée du bout de ses doigts. Elle était fraîche, agréable.

— Sev ?

Il se retourna et fit face à son père qui était encore vêtu de son pyjama alors qu'il était presque midi. Son père avait les cheveux débraillés et le visage froissé, signe qu'il sortait à peine du lit. Il jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de son père et remarqua que sa mère n'était pas là. Elle devait certainement être en train de dormir comme depuis quelques semaines.

Il était toujours surpris par la facilité qu'avait sa mère de dormir à n'importe quelle heure de la journée. À croire qu'elle était atteinte d'une quelconque maladie du sommeil.

Il jeta un dernier coup d'œil à son père avant de se retourner et de faire face à la mer.

— Sev, souffla Harry.

Severus fixa son regard sur la mer, ignorant la présence d'Harry. Il était en colère contre son père car il passait tout son temps, enfermé dans un bureau à converser des heures durant avec Albus. C'était à peine s'il avait pu avoir son père pour lui tout seul.

— Sev, mon grand, fit Harry en posant sa main sur son épaule.

Severus se dégagea violemment et se tourna, furieux, vers son père.

— Laisse-moi !

— Je suis désolé, Sev. Je sais que je n'ai pas été très présent pendant quelques temps mais je vais me rattraper. J'ai tout arrangé avec Dumbledore. Ils n'ont plus besoin de moi. Je peux maintenant te consacrer tout mon temps. Je vais me rattraper, Severus. S'il te plaît, donne-moi une chance de le faire. S'il te plaît.

Severus tourna la tête sur le côté, indécis. Il avait eu l'impression tout au long de ce séjour de ne plus compter pour ses parents.

Son père avait des obligations envers leur pays en tant que roi et sa mère, enceinte, essayait du mieux qu'elle le pouvait de calmer les tensions qui régnait dans la villa donc elle n'avait pas le temps de s'occuper de lui, surtout que lorsqu'elle ne gérait pas une crise potentielle, elle était en train de dormir sur le canapé du salon, un livre traînant au sol.

— Sev, s'il te plaît.

Severus grinça des dents, exaspéré. Il baissa les bras et hocha simplement la tête.

— D'accord, grogna-t-il.

Il n'était même pas capable de rester longtemps fâché contre son père. Il devrait certainement demander des conseils plus tard à Pétunia. Elle était spécialisée dans l'art de la bouderie.

— Je t'aime, mon grand, dit Harry en le prenant dans ses bras.

Severus resserra ses petits bras autour de son père et ferma les yeux lorsqu'il sentit l'odeur caractéristique de son père. C'était toujours aussi bon d'être dans les bras de son père. Il ne se lasserait jamais de cette démonstration affectueuse dont faisait preuve ses parents.

Les autres enfants ne réclameraient certainement pas autant l'attention et les embrassades de leurs parents mais Severus, lui, en avait grandement besoin. Il en avait besoin pour son propre équilibre et pour se rassurer aussi que tout ceci était bien réel.

Il avait la preuve que c'était réel lorsqu'il pouvait toucher son père ou sa mère, lorsqu'Harry le taquinait à propos des potions ou quand Hermione lui souriait. C'était ces petites marques d'affection qu'il chérissait tant et qu'il redemandait encore sans aucune honte.

Il avait une famille et c'était merveilleux de pouvoir en profiter. C'était agréable d'avoir une famille aussi nombreuse. Nombreuse, car il avait fini par adopter chacun des amis de ses parents comme étant ses oncles et ses tantes. Ils étaient tous un peu fêlés dans cette famille mais c'était sa famille et il ne l'échangerait pour rien au monde.

Harry rompit leur étreinte et déposa un baiser sur son front.

— Que dirais-tu d'un bon petit-déjeuner préparé par papa ? proposa-t-il.

— Il est midi, papa.

— Je sais mais tu n'as toujours pas déjeuné, répliqua Harry. Et ta mère me tuerait si elle l'apprenait.

Severus ricana en pensant qu'effectivement son père se retrouverait sur un bûcher si jamais sa mère venait à apprendre qu'il était déjà midi et qu'il n'avait toujours rien avalé. Sa mère avait du mal ces derniers temps à se lever tôt donc elle avait chargé Harry de faire le petit-déjeuner à sa place.

Harry et Severus rentrèrent à la villa et Harry se mit aussitôt aux fourneaux tandis que Severus était assis sur une chaise en train de le regarder cuisiner des œufs aux bacons.

— Sev, tu sors le lait, s'il te plaît ?

Severus hocha la tête et se dirigea vers le réfrigérateur et en sortit une brique de lait. Harry servit deux assiettes et vint s'asseoir en face de son fils.

— Appétit, mon grand.

— Appétit, papa, sourit Severus.

Ils étaient en train de déjeuner dans un silence confortable lorsque ce même silence fut rompu par des cris qui provenaient de l'étage. Ils entendirent des pas pressés dévaler les escaliers et une jeune femme à la chevelure de feu vêtue d'un mini short et d'un haut de bikini rose.

— Va te changer, Gin' !

— Je t'emmerde, Ron ! lança la rouquine en se tournant vers son frère.

— Mais qu'est-ce qui ne va pas avec toi ces temps-ci ? demanda Ron perdu.

— Ce qui ne va pas chez moi c'est que tu es tout le temps collé dans mes pattes ! s'énerva Ginny.

— Mais comment faire autrement lorsque tu passes ton temps à te taper tout ce qui bouge et à t'habiller comme une…une…

— Comme une quoi, Ron ? Comme une pute ? finit-elle à la place de son frère.

— Ce n'est pas ce que j'ai dit, protesta Ron.

— Mais c'est ce que tu penses, rétorqua Ginny en colère. Tu me prends pour une pute, n'est-ce pas ?

— Ginny, fit Harry dans le dos de la rouquine.

— Toi, la ferme, Harry ! éructa la rousse.

Harry se cacha derrière son verre de lait et décida de battre en retraite. Il savait qu'il valait mieux ne pas se mêler à la dispute au risque de se faire massacrer par la rouquine.

— Toi, siffla-t-elle en pointant son frère du doigt. Je t'interdis, tu m'entends ? Je t'interdis strictement de te mêler de ma vie privée, c'est compris ? Je m'envoie en l'air avec qui je veux et m'habille comme je veux ! Tu n'es ni mon père ni ma mère pour me dicter ma conduite, c'est bien clair ?

— Je suis ton aîné, Gin' !

— Et tu sais ce que te dit ta cadette ? Va te faire foutre, Ron !

— Tu devrais surveiller ton langage, Ginny. Il y a un enfant dans la pièce, conseilla Dray.

Le blond passa devant la lionne et s'assit à côté de Severus sans remarquer le regard noir que venait de lui lancer la rouquine.

— Surveiller mon langage ? ricana Ginny avec un petit rictus amusé. Surveilles-tu ton langage lorsque mon frère te prend sauvagement dans votre chambre et que tu te mets à hurler des cochonneries dans toute la baraque ?

Harry recracha son lait tandis que Dray s'étranglait avec sa salive et que Ron devenait tout rouge.

— Oh ! Que dis-tu déjà en plein ébat sexuel ? Ah oui ! Pitié, Ron, arrête de me faire languir et défonce-moi sans plus tarder ! ou encore Baise-moi plus fort, Ron ! Ouiii, ici…là…encore…vas-y ! mais aussi Oh Salazar ! Ron…c'est…tellement…bon et il y a au…

— Ça suffit ! tonna Harry excédé.

Harry était rouge d'embarras mais aussi de colère. Il commençait à en avoir plus que marre des disputes incessantes des deux roux et là, c'était la goutte d'eau de trop.

Il lança un coup d'œil à son fils et constata que ce dernier était aussi rouge que lui et ne savait plus où se mettre. Il essaya de garder son calme et reporta son regard sur Ginny.

— C'est assez maintenant ! Ron, tu ferais mieux de laisser Ginny faire ce qu'elle veut. Elle est grande maintenant et n'a pas besoin d'un grand-frère surprotecteur. Ginny, même si tu es grande et libre de faire comme bon te semble, je te prierai à l'avenir de ne pas ramener tes conquêtes chez moi et de t'habiller décemment sous mon toit. Dray, s'il te plaît, lorsque tu t'enverras en l'air avec ton mari, je te prierai de contenir ton excitation et de museler ton plaisir ainsi que ta jouissance. J'ai un enfant et je vous prierai de ne pas le pervertir avec vos pratiques de sport de chambre, dit Harry sur un ton sec.

Dray afficha un masque impassible tandis que Ron eut la décence de paraître gêné. Ginny se pinça furieusement la lèvre et monta dans sa chambre tout en claquant la porte derrière elle.

— Bonjour tout le monde ! lança Neville d'un ton joyeux.

— Le gai luron, marmonna Dray sarcastique.

C'était ainsi que Dray surnommait l'ancien gryffondor qui affichait toujours une bonne humeur à toutes épreuves. Dray se leva et partit s'enfermer dans sa chambre avec le peu de dignité qui lui restait encore. Il n'avait guère apprécié la raillerie de sa belle-sœur et encore moins la remontrance d'Harry.

— Qu'est-ce qu'il a ? demanda Neville.

— Sa fierté a simplement pris un coup, répondit Harry.

— Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Une énième dispute entre Gin' et Ron.

— Oh, fit Neville.

Très vite, la tension s'apaisa dans la cuisine et Harry put s'occuper de son fils avec qui il décida d'aller faire une petite partie de quidditch sur la plage.

Severus n'était pas un très bon joueur de quidditch mais il se débrouillait assez bien sur un balai depuis qu'Harry lui avait donné des cours. Le quidditch n'était pas un jeu dans lequel il excellait mais il adorait ce sport. C'était une passion de plus qu'il partageait avec son père.

Il fit quelques parties avec Harry avant d'être rejoint par Ron, Neville et Dray qui était redescendu après avoir fini de bouder dans son coin. Ginny avait quitté la villa pour aller faire un tour avec un homme qu'elle avait rencontré la veille lors d'une fête.

Puis ils furent rejoints par Killian et Luna. Peu de temps après, Lucius et Nessa firent leur apparition. Comme toujours, Killian et Lucius s'affrontèrent du regard. Killian et Alexein n'avaient toujours pas digéré la rupture de Nessa qui était censée être leur vélane.

Killian avait mal pris la rupture de l'espagnole car il s'était senti dupé et trahi. C'était Nessa qui était venue à lui en disant qu'il était son second compagnon, c'était à cause d'elle et pour elle qu'il avait fini par accepter Alexein comme amant. C'était elle qui était à l'origine de ce trio et il trouvait cela dégueulasse que du jour au lendemain, elle dise qu'ils n'étaient pas ses véritables compagnons.

Il avait du mal à l'accepter et même s'il comprenait le passé et l'histoire de Nessa, il n'arrivait pas à pardonner. C'était difficile pour l'instant. Et côtoyer chaque jour son ancienne petite-amie et son nouvel amant devenait chaque jour de plus en plus pénible à supporter. Il avait aimé Nessa et continuait malheureusement à l'aimer.

Lucius n'était pas méchant, juste un peu prétentieux et hautain comme Dray. Il avait vu que le blond prenait soin de Nessa et qu'elle était heureuse à ses côtés. Elle était détendue et plus sereine. Il devait l'admettre, Nessa n'avait jamais été heureuse avec eux. Au contact de Lucius, elle reprenait vie et allait tout doucement de l'avant comme si elle avait enfin laissé tomber son fardeau.

Mais malgré tout cela, c'était dur de vivre dans la même maison qu'elle. Difficile de ne pas la blâmer pour tout le mal qu'il ressentait à l'instant. Il était tombé fol amoureux d'elle et ne supportait pas de la voir avec un autre. C'était au-dessus de ses forces.

Killian se releva et vacilla légèrement, pris par un vertige. Il fut soutenu par deux mains fermes qui le firent garder les pieds sur le sable. Il papillonna des paupières et posa ses yeux sur Lucius. Il s'écarta violemment du blond et lui jeta un regard noir.

Killian ressentit une vague nausée et déglutit pour ne pas avoir à rendre son petit-déjeuner de tout à l'heure.

— Harry, je te remercie sincèrement pour ces vacances ainsi que pour ton hospitalité mais je pense que je ferais mieux de retourner vivre chez mes parents, dit-il en se tournant vers le brun.

— Quoi ? Mais pourquoi ? l'interrogea Harry, surpris.

— Je n'ai plus rien à faire ici, répondit Killian avant de retourner à la villa.

— Killian !

Killian ne s'était pas retourné et était parti faire ses bagages derechef. Harry se tourna vers Nessa qui regardait le jeune homme s'en aller, la mine attristée.

— Je vais lui parler, dit-elle.

— Non, la retint Harry.

— Mais…

— Il a besoin d'être un peu seul, Nessa, l'interrompit Harry. Il a besoin de s'éloigner de toi pour pouvoir enfin passer à autre chose.

— Je ne voulais pas le blesser.

— C'est raté, lâcha Dray goguenard. Je dirais même que tu lui as brisé le cœur à ce pauvre garçon.

— Dray ! gronda Harry.

— Quoi ? répliqua Dray, irrité. N'est-ce pas la vérité ? Elle a brisé le cœur de deux pauvres hommes à qui elle a fait croire qu'elle était leur vélane.

— Tu sais bien que ça ne s'est pas du tout passé comme ça, rétorqua Harry.

— Qu'importe la véritable histoire, Harry, les faits sont là. Elle a brisé le cœur de Killian ainsi que celui d'Alexein.

Nessa ne put en écouter plus et courut se réfugier dans la villa.

— Cousin ou pas, je t'interdis de juger ma fiancée, siffla Lucius.

Le blond alla aussitôt à la poursuite de la métamorphomage après avoir lancé un regard plein de mépris et de haine envers son cousin. Car oui, selon la version inventée par Dray pour cacher sa filiation à Lucius, il s'était présenté comme étant un cousin éloigné de la famille Malfoy.

Draco avait troqué son nom pour celui de Dray Scorpius Malfoi. Malfoi étant Malfoy mais en français car selon la version officielle, il était un français. Neville avait échangé son nom contre celui de Neville Londubat au lieu de Neville Longbottom. Luna s'appelait désormais Luna Xenodora tandis que Ginny avait laissé tomber Ginevra pour son diminutif. Elle trouvait Ginny plus joli que Ginevra. Le nom de famille qui fut trouvé par les rouquins était Weasel. Ginny et Ronald Weasel.

Hermione vint les trouver à la plage, interloquée.

— Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi Killian est parti en pleurs ? questionna-t-elle.

— Chagrin d'amour, répondit Ron.

— J'en ai marre de ces vacances, soupira Hermione, agacée.

Elle se frotta les paupières et rouvrit les yeux sur son époux.

— Je veux rentrer, dit-elle.

— Moi aussi, lâcha Severus.

— J'en peux plus de voir Gin' se taper des mecs à longueur de soirée, lança Ron. On ferait mieux de rentrer.

— Ouais, approuva Dray.

— Et moi qui pensais que faire l'amour serait bon pour Ginny, dit Luna d'une voix méditative.

Tout le monde se retourna vers la blonde qui paraissait en pleine réflexion.

— C'est toi qui a conseillé à Ginny de se faire sauter par tous les mecs de cette île ? grogna Ron.

— Se faire sauter, non, répondit calmement Luna. Je lui ai suggéré d'avoir des orgasmes. Avoir un orgasme lui aurait permis de libérer l'ocytocine et la prolactine qui provoquent une sensation de bien-être. C'est une drogue douce, recommandée par tous les sexomages. Elle aurait pu avoir des orgasmes toute seule. Il suffit d'avoir un bon toucher et de connaître ses zones érogènes.

Ron et Harry écarquillèrent les yeux tandis que Dray et Hermione ricanaient d'amusement devant l'explication de la blonde. Neville avait rougi jusqu'à la racine des cheveux tandis que Severus essayait de déchiffrer tant bien que mal les paroles de l'ancienne serdaigle.

— Je me fais souvent plaisir toute seule sans l'assistance de Neville, bien que je préfère de loin lorsqu'il le fait à ma place, ajouta-t-elle.

— Hum, fit Harry en se raclant la gorge. Je pense…que…qu'on devrait aller faire nos bagages.

— Je vais prévenir Gin' de notre départ, dit Ron.

Ron alla à la recherche de sa sœur tandis que les autres allaient faire leurs bagages. Hermione laissa son époux et son fils préparer leurs bagages pendant qu'elle allait réveiller Alexein et le prévenir du départ de Killian un peu plus tôt.

Alexein était toujours le dernier à se lever car il était celui qui se couchait le plus tard. Des insomnies.

Hermione frappa à la porte du blond et n'obtint aucune réponse. Elle insista une nouvelle fois et toujours rien. Elle hésitait à rentrer et allait à nouveau insister lorsque la porte s'ouvrit sur le blond qui bailla à s'en décocher la mâchoire.

— Salut, Mione, bailla-t-il.

— Bonjour, Alex.

Alexein étouffa un autre bâillement et battit plusieurs fois des paupières comme pour chasser le sommeil.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-il.

— Les vacances sont terminées, Alex. Remballe tes affaires, nous partons dans une demi-heure, répondit Hermione.

— Sage décision, fit-il après avoir baillé. Pourquoi Kil n'est-il pas venu me réveiller ?

— Il est parti, Alex.

— Déjà ? s'étonna le blond. Mais tu viens de me dire que nous partons dans une demi-heure.

Hermione secoua la tête, désolée.

— Il est retourné chez ses parents, Alex. Killian a décidé de ne plus vivre avec nous, expliqua-t-elle.

— Quoi ? s'écria-t-il, effaré.

— Je suis désolée.

— Mais…mais…pour…pourquoi ?

— Je pense qu'il a besoin de temps. Il avait certainement besoin de s'éloigner de Nessa pour quelques temps. Voir Nessa avec Lucius devait sûrement être pénible pour lui. Il fallait qu'il s'éloigne un peu.

— Et moi ? s'insurgea Alexein. Quelqu'un pense-t-il un tant soit peu à moi ? Que vais-je faire maintenant ? D'abord Ness et maintenant Kil ?

— Peut-être que cet éloignement vous fera du bien à tous. Kil était malheureux Alex et ce ne serait pas juste de l'obliger à rester dans la même demeure que Ness et Lucius.

— Que le blond peroxydé s'en aille dans ce cas, répliqua Alexein contrarié.

— Alex.

— Tout ça c'est de sa faute à lui ! Où était-il donc lorsqu'il a fallu consoler Nessa après un cauchemar ? Où était-il pour la rassurer lorsqu'elle pleurait sans cesse ? Où était-il lorsqu'il a fallu retrouver les morceaux éparpillés du cœur de Nessa ? Où était-il quand j'ai dû affronter l'indifférence et la froideur de Nessa ? Où était-il pendant tout ce temps ?

— Alex.

— Ne me demande pas de comprendre, Hermione. Ne me demande pas d'accepter cela car je ne peux pas et je ne veux pas.

Alexein retourna dans sa chambre et commença à remballer ses affaires dans une malle. Hermione pénétra dans la pièce baignée dans la pénombre et regarda le blond faire rapidement sa malle.

— Que comptes-tu faire, Alex ? l'interrogea Hermione.

Il ferma sa malle et enfila une cape pour couvrir son torse nu.

— J'ai perdu Nessa, je ne perdrais pas Killian, répondit Alexein.

Alexein passa devant Hermione et dévala les marches d'escaliers pour rejoindre le salon où se trouvait la cheminée.

Hermione poussa un soupir de lassitude et alla retrouver sa petite famille dans sa chambre. Hermione retrouva son mari et son fils en train de disputer une bataille de polochons. Elle s'appuya contre le chambranle de la porte et croisa ses bras sous sa poitrine, observant les deux hommes les plus importants de sa vie.

Elle sourit, attendrie par le spectacle qui s'offrait à elle. Elle était heureuse et espérait qu'il en était de même pour son mari et son fils. Quoi qu'il en soit, elle ferait tout pour que ces instants d'allégresse perdurent à jamais.


Severus était assis autour d'une grande table à déjeuner en compagnie de sa famille nombreuse. Une semaine après leur retour des îles vierges, Killian et Alexein n'avaient toujours pas fait leur réapparition au manoir. Nessa culpabilisait à ce sujet et avait voulu rendre visite à Killian mais Harry l'en avait empêché, arguant qu'elle ne ferait que remuer le couteau dans la plaie. Aussi, elle devait leur laisser un peu de temps pour mieux accepter la situation.

Severus termina son verre de jus d'orange et se saisit de l'un des journaux. Il prit la Gazette du sorcier et vit en première page écrit en grosses lettres :

LA NOUVELLE POLITIQUE IMPOSÉE PAR NOTRE ROI

Harry Caledonensis, une mentalité aux antipodes des sangs-purs

Un vent nouveau vient de balayer l'intolérance et les préjugés vis-à-vis de la pureté du sang d'un sorcier. Désormais, plus aucune méprise du sang ''impur'' ne sera tolérée dans notre commune. Comme l'a annoncé notre roi, notre monde entrait dans une nouvelle ère et le changement se faisait maintenant.

« Je ne partage pas l'idéologie de certaines familles de sangs-purs qui voudraient purifier la race des sorciers et se débarrasser des sorciers venant de familles moldus. Cette intolérance et ces préjugés qui se sont répandus à travers tout le pays devront prendre fin dès maintenant et pour cela, les membres du gouvernement et moi-même avions pris des mesures pour contrer cette valeur du sang.

Toute personne utilisant le mot « sang-de-bourbe » est passible d'une condamnation de prison de cinq ans minimum et d'une amende de cent milles gallions.

Voldemort est un sang-mêlé mais cela n'a pas empêché certaines familles de sangs-purs de partager ses idéologies. Pour moi, Voldemort est une personne qui prenait ce qu'il pensait être des défauts et les reportait sur les autres. Voldemort est en partie devenu ce qu'il était à cause de l'importance qu'accordent certaines familles sorcières à la valeur du sang.

Les expressions ''sang-pur'', ''sang-mêlé'' et ''Sang-de-Bourbe'' sont à bannir de notre langage. Il n'y a pas de classification de la race sorcière car nous ne sommes pas des animaux mais des êtres humains. Nous sommes tous des sorciers, nés-moldus ou pas, nous sommes des sorciers.

Ces trois expressions deviendront des mots tabous et toute personne qui utilisera l'une de ses expressions fera l'objet d'une arrestation et écopera d'une amende de cinquante mille gallions.

Toutes ces mesures sont prises pour faire changer la mentalité de chacun d'entre nous, d'évoluer et d'accepter son prochain tel qu'il est et non pour ce qu'il est » avait déclaré notre roi.

Severus tourna la page et lut un autre article.

ABOLITION ET NOUVELLES LOIS

Depuis l'ascension au trône du Royaume-Uni de Sa Majesté le roi Harry Caledonensis, le monde sorcier a beaucoup évolué en quelques semaines.

Sa Majesté le roi impose ses règles et dicte sa loi.

Plusieurs lois datant depuis des siècles ont été aboli il y a peu, lors d'une réunion d'urgence du Magenmagot. Tous les textes de lois anti-loups-garous ont été abrogés par le tribunal tout comme plusieurs textes de lois anti-vampires ou concernant l'exclusion de certains êtres de notre société.

Sa Majesté le roi compte améliorer la vie de tous les sorciers, humains comme lycanthropes ou vampires. Sa Majesté le roi compte aussi améliorer les droits des elfes de maison et qu'ils puissent bénéficier d'un meilleur statut. Il a déclaré à la presse que c'était un projet qui tenait particulièrement à cœur à Sa Majesté la reine Hermione Caledonensis.

Notre roi nous montrerait ainsi qu'il est non seulement un grand souverain mais aussi un bon époux.

Severus referma le journal et se saisit d'un autre.

GOUVERNEMENT DU ROYAUME-UNI

La composition des membres du gouvernement de Sa Majesté

Alphard Black nommé Premier ministre, Premier Lord du Trésor

Eugenia Jenkins nommée Vice-Premier ministre, Lord président du Conseil

Dray Scorpius Malfoi nommé Premier secrétaire d'État, Secrétaire d'État aux Affaires étrangères et du Commonwealth

Ronald Weasel nommé Chancelier de l'Échiquier

Elphias Doge nommé Lord Chancelier, Secrétaire d'État à la justice

Alexein Arseniev nommé Secrétaire d'État à la Défense

Luna Xenodora nommée Secrétaire d'État à la santé et à l'éducation

Ginny Weasel nommée Secrétaire d'État à la culture, aux médias, aux jeux et aux sports

Neville Londubat nommée Secrétaire d'État aux Transports magiques

Severus replia le journal et posa son regard onyx sur ses parents qui bavardaient tranquillement entre eux. Il était difficile pour lui de se dire qu'il se tenait en compagnie de personnes les plus influentes et les plus puissantes de leur monde.

Son père n'agissait pas comme un roi et malgré les aurors et les barrières qui entouraient le manoir, Severus avait l'impression de vivre comme au premier jour de son arrivée à la demeure Caledonensis. Presque rien n'avait changé et il en était rassuré car il avait eu peur que ses parents ne s'éloignent de lui à cause de leur responsabilité et de leurs devoirs vis-à-vis du Royaume.

— Sev ?

Severus tressauta sur sa chaise et reporta son attention sur son père qui souriait avec douceur.

— À quoi pensais-tu ? le questionna Harry.

— Rien de spécial, répondit Severus.

Harry lui lança un regard dubitatif et se leva de table.

— On y va, déclara-t-il.

Severus se leva dans un bond, surexcité à l'idée de pouvoir enfin faire ses achats pour la rentrée scolaire. Cela faisait un moment qu'il attendait ce jour avec impatience. Il dit au revoir à ses oncles et tantes d'adoptions et se précipita à l'extérieur, suivi derrière par ses parents.

Rafiki apparut subitement devant lui et Severus éclata de rire, habitué aux farces du Demiguise qui s'amusait à faire peur aux habitants du manoir en apparaissant devant eux tel un fantôme.

— Papa, on peut emmener Rafiki avec nous ? demanda-t-il en se retournant vers son père.

— Sev…

— S'il te plaît, rajouta Severus en faisant des yeux d'hiboux battus.

Harry fit une moue dubitative et se tourna vers Hermione qui se contentait de sourire, attendant de voir quelle décision il allait prendre. Allait-il céder ou pas ?

Harry soupira et acquiesça. Severus sauta de joie et alla embrasser son père avant de sautiller un peu partout avec Rafiki. Le Demiguise grimpa sur les épaules de Severus et s'amusa à disparaître et à réapparaître pour le plus grand plaisir du garçon.

Ils montèrent tous les trois dans un magnifique carrosse ornementé des armoiries des Pendragon et des Caledonensis tiré de sublimes Abraxans. Le carrosse s'envola bien vite dans les airs et Severus put voir des aurors sur leurs balais entourer le véhicule.

— Pourquoi ne faisons-nous pas les courses avec les Evans ? questionna Severus qui chatouillait Rafiki.

— Tout simplement parce que les Evans ont souhaité aller sur le chemin de traverse en famille, répondit Hermione.

Severus hocha la tête et reprit ses jeux avec Rafiki. Il jeta un coup d'œil à l'extérieur et constata avec étonnement qu'ils ne se dirigeaient pas vers Londres mais qu'ils volaient au-dessus d'un petit village qui se trouvait dans une vallée encaissée, niché entre deux collines.

— Où sommes-nous ? demanda Severus.

— À Great Hangleton, répondit Harry. Nous venons voir quelques amis.

Severus fronça les sourcils, intrigué. Il ne savait pas que son père avait autant d'amis. Il avait cru que ses amis étaient les personnes qui se trouvaient au manoir.

Ils atterrirent devant une maison qui était isolée du village et descendirent du carrosse. Rafiki qui ne connaissait pas l'endroit et se sentant en danger devint invisible. Severus fut interloqué par le comportement de son animal de compagnie.

Les aurors entourèrent la maison et Severus se demanda si tout cela était nécessaire. Ce n'était pas comme si son père ne pouvait pas se défendre tout seul. Après l'attaque du chemin de traverse, il était sûr que personne n'oserait s'attaquer à son père ou à un membre de sa famille. Tous les sorciers présents ce jour-là avaient vu de quoi était capable son père et la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre dans tout le pays.

Leur roi était un sorcier puissant et il valait mieux ne pas chercher des noises là où il n'y en avait pas.

— Tu es prêt ? demanda Hermione à Harry.

— Je crois, répondit-il légèrement anxieux.

Hermione prit la main de Severus et Harry amorça un geste pour frapper à la porte de la maison mais avant qu'il ait eu le temps de le faire, la porte s'ouvrit sur un homme aux cheveux bruns tacheté de gris d'une quarantaine d'années.

— Votre Majesté, s'inclina l'homme.

— Relevez-vous, monsieur Lupin, dit Harry, d'un air gêné.

Il n'était pas encore habitué à être traité comme un roi et peut-être ne s'y habituerait-il jamais. Autrefois, être le survivant fut un fardeau et aujourd'hui, être le roi était plus un devoir qu'autre chose. Diriger le pays lui permettait de veiller sur ses proches et s'il fallait diriger pour garder ses proches en vie alors, il allait diriger même s'il n'aimait pas ça.

Lyall Lupin se releva et jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule d'Harry. Hermione était en retrait avec Severus qui s'était collé à elle.

— Votre Majesté la reine. Votre Altesse Royale, fit Lyall avec déférence.

— Bonjour, monsieur Lupin, le salua Hermione en souriant.

— Veuillez entrer, je vous prie, les invita Lyall.

Ils entrèrent dans la maison et l'épouse de Lyall, Espérance les accueillit avec un grand sourire. Le couple Lupin était très chaleureux et leurs sourires adoucissaient les traits de leurs visages quelque peu ridés par le temps mais aussi par l'inquiétude et le stress.

Espérance servit le thé à leurs invités et Severus resta fermement coller à sa mère. Il n'avait pas l'habitude des étrangers et était toujours intimidé par les nouvelles personnes qu'il rencontrait.

— Votre Altesse Royale n'aime pas le chocolat ? l'interrogea Espérance d'une voix douce.

Severus jeta un œil aux biscuits au chocolat que lui avait servi Espérance Lupin et lança un coup d'œil à ses parents. Hermione l'encouragea et Severus prit un biscuit au chocolat qu'il croqua avant d'avaler. Lorsqu'il fut sûr que le biscuit n'était pas empoisonné, il le mangea avec délice et engloutit d'autres biscuits par la suite.

— Que pouvons-nous faire pour leurs Majestés ? demanda Lyall. Dans votre courrier, vous disiez simplement vouloir vous entretenir avec nous d'un sujet important.

— En effet.

— Où est Remus ? demanda Hermione.

Espérance échangea un regard avec son époux et fuit le regard d'Harry et Hermione qui attendaient une réponse de leur part.

— Que lui voulez-vous ? questionna Lyall d'un ton revêche.

— Inutile de vous mettre en position d'attaque, monsieur Lupin. Nous ne voulons pas de mal à votre fils, bien au contraire, le calma Harry. Nous savons ce qu'il est et ce qui lui est arrivé peu de temps avant son cinquième anniversaire.

— Comment le savez-vous ? l'interrogea Espérance, suspicieuse.

— Je suis le roi, madame Lupin. Il n'est pas difficile pour moi d'obtenir une information sur mes sujets, répondit-il.

— Pouvons-nous vous appeler Espérance et Lyall ? demanda poliment Hermione.

Le couple Lupin hocha la tête.

— Espérance et Lyall, nous savons que Remus ira à Poudlard et qu'Albus a mis des dispositions au point concernant la lycanthropie de votre enfant mais ces dispositions ne suffiront pas à assurer une meilleure vie à Remus, dit Hermione.

— Pourquoi ? Il n'existe plus de lois anti-loups-garous dans le pays. Vous êtes à l'origine de la suppression de toutes ces lois et vous en avez ajouté pour protéger les lycanthropes, répliqua Espérance, déroutée.

— Même si nous avons supprimé tous les textes de lois anti-loups-garous, il n'en demeure pas moins que les loups-garous sont potentiellement dangereux pour les autres le soir de pleine lune, rétorqua Hermione.

— Qu'essayez-vous de dire ? Que notre fils est dangereux ? s'énerva Lyall.

— Oui, répondit calmement Harry, mais nous pouvons changer ça.

— Comme vous le savez, nous allons créer de nouveaux ministères ainsi que de nouveaux départements pour mieux faciliter la vie des sorciers de notre pays. Au ministère de la Santé et de l'Éducation, nous allons créer un département d'aide aux lycanthropes. Ce département s'occupera des loups-garous et nous améliorerons leurs vies du mieux que nous le pourrons. Les employés de ce département suivront une formation d'animagus et lorsqu'ils deviendront des animagi, ils pourront accompagner les loups-garous les soirs de pleine lune. Cela permettra à ces loups-garous d'être entourés et de ne faire du mal à personne. Nous le faisons pour la communauté mais aussi pour eux, pour qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls dans cette épreuve et que nous sommes tous avec eux, expliqua Hermione.

— Ensuite, nous essaierons de trouver des remèdes contre la lycanthropie. Nous pensons créer un département de recherches sur la lycanthropie au sein du ministère de la Santé et de l'Éducation. Nous regrouperons dans ce département les meilleurs potionnistes et guérisseurs du pays qui se chargeront de trouver des remèdes, rajouta Harry.

— C'est vrai ? demanda Espérance, la voix rauque, les larmes aux yeux.

Hermione sourit et hocha la tête.

— Oh mon Dieu ! s'exclama Espérance en larmes.

Elle, tout comme son mari, avait perdu tout espoir de voir la vie de leur fils s'améliorer un jour. Et l'arrivée de Dumbledore avait tout changé et ils s'étaient permis de croire que peut-être Remus ne serait plus jamais seul mais c'était un espoir irraisonné car ils savaient qu'un secret n'était jamais gardé longtemps et que tôt ou tard quelqu'un finirait par apprendre la véritable nature de Remus et il se retrouverait à nouveau isolé du monde car les gens avaient peur de la différence, parce qu'ils étaient terrifiés par les loups-garous.

Lyall considérait autrefois les loups-garous comme des "créatures dépourvues d'âme, diaboliques, ne méritant que la mort'' et il a fallu que son fils devienne une de ces créatures pour qu'il change complètement d'avis sur le sujet car c'était son fils et qu'il ne pouvait accepter de le voir comme une monstrueuse créature.

— Pouvons-nous voir, Remus ? demanda Hermione.

Espérance accepta et alla chercher son fils. Elle revint quelques minutes plus tard en compagnie d'un jeune garçon du même âge que Severus. Le garçon avait des cheveux bruns et des yeux dorés qui attiraient tout de suite le regard. C'était un doré doux et chaleureux.

Severus scruta le garçon et perçut en Remus quelque chose qui le fit penser à lui. Il y avait chez Remus comme une profonde solitude, une profonde tristesse mais malgré cela, il affichait un visage calme et serein. C'était troublant.

— Vos Majestés, votre Altesse Royale, je vous présente notre fils, Remus John Lupin, dit Espérance.

— Vos Majestés, votre Altesse Royale, fit Remus.

Harry se leva et s'avança vers Remus qui le regardait avec une certaine appréhension dans le regard. Il avait tout entendu de ce qui s'était dit depuis le couloir.

— Bonjour, Remus. Je m'appelle Harry, se présenta-t-il.

— Enchanté, Votre Majesté.

— Pas de qualifications honorifiques entre nous. Appelle-moi simplement Harry, je te prie.

Remus acquiesça de la tête.

— Es-tu heureux d'aller à Poudlard ? le questionna Harry.

— Oui, Votre…Harry, répondit timidement Remus.

— Severus aussi l'est tout autant que toi, dit Harry.

Harry se tourna vers son fils et le fit signe d'approcher. Severus hésita un instant avant de rejoindre son père.

— Remus, je te présente mon fils Severus et Sev, mon grand, je te présente Remus.

Severus et Remus se regardèrent sans faire le moindre geste. Ils étaient perdus et c'était la première fois qu'ils faisaient face à un garçon de leur âge et ne savaient comment interagir. Severus regarda ailleurs tandis que Remus rougissait d'embarras.

Severus n'avait presque pas senti que Rafiki qui s'était délogé de son cou. Le Demiguise, invisible, se faufila vers Remus qui sursauta brusquement lorsqu'il sentit quelque chose s'enrouler autour de sa jambe. Rafiki apparut près de Remus, ses petits bras enroulé autour de la jambe du jeune lycanthrope qui poussa un petit cri.

— Rafiki ! le réprimanda Severus.

Rafiki tira la langue à Severus et s'agrippa à la jambe de Remus. Le couple Lupin esquissa un sourire amusé tandis que le couple Caledonensis secoua la tête.

— C'est…qu'est-ce que c'est ? demanda Remus effaré.

— C'est Rafiki, répondit Severus en essayant de reprendre le Demiguise qui s'était fermement agrippé au jeune loup-garou, un Demiguise.

— Je crois qu'il veut plus me lâcher, fit remarquer Remus, éberlué.

— Oui, soupira Severus. Rafiki aime bien faire des farces. Il trouve amusant de se coller aux gens ou de disparaître et réapparaître.

— Oh !

— Maman m'a dit que c'était un singe d'Extrême-Orient. Il a la particularité de se rendre invisible et sa fourrure est très appréciée car ses poils, une fois tissés, permettent de créer des capes d'invisibilité, expliqua Severus.

— Des capes d'invisibilité ? fit Remus, ahuri.

Severus hocha la tête.

— Papa m'a offert une cape d'invisibilité et c'est vraiment fantastique car ça te rend vraiment invisible !

— Ça veut dire qu'on a dû tuer un Demiguise pour faire cette cape ? demanda Remus, choqué.

— Oh non ! Non ! le rassura immédiatement Severus. La cape que papa m'a offerte est spéciale et je t'assure qu'elle ne provient pas d'un Demiguise. J'ai eu la même réaction que toi lorsque papa me l'a offerte et même si Rafiki m'énerve de temps en temps, je n'aimerai pas qu'il finisse en cape d'invisibilité. Non, j'ai d'autres plans pour lui.

— Comme ?

— Le transformer en ingrédient à potions, répondit Severus d'un ton narquois.

Rafiki couina d'horreur et se cacha derrière les jambes de Remus tandis que ce dernier se mit à rire. C'était la première fois qu'il faisait la connaissance d'un garçon de son âge et déjà, il le trouvait sympathique.

Severus sourit, heureux de voir qu'il était capable de faire rire une personne autre que Lily ou Pétunia. Finalement, ce n'était pas si difficile que ça de se faire des amis.

— Tu aimes les potions ? l'interrogea Remus qui essuya une larme qui perlait au coin de son œil.

— J'adore ! s'écria Severus d'un ton enjoué. Et toi ?

— Je ne suis pas fan de potions tout comme toi. Je dois dire que je suis lamentable dans ce domaine, répondit Remus. Papa a essayé de m'apprendre les bases mais ça n'a rien donné. En fait, il est tout aussi mauvais que moi.

— Je suis ravi de l'entendre, railla Lyall.

— Maman, n'est-ce pas vrai que papa est nul dans ce domaine ? demanda Remus à sa mère.

— Je confirme, répondit Espérance avec un petit sourire.

— Si tu veux, je pourrais te donner des cours, proposa Severus d'une petite voix. Je…euh…je me débrouille plutôt bien en potions.

— Plutôt bien ou merveilleusement bien ? intervint Harry.

Severus rougit jusqu'à la racine des cheveux, gêné que son père expose ainsi à tout le monde ses qualités en potions.

— Sev est un génie des potions. Je suis sûr qu'il deviendra un maître plus tard, ajouta Harry.

— C'est une excellente chose, le félicita Espérance.

Severus baissa la tête et voulut échapper à toute l'attention qui était dirigée vers lui.

— Je…hum…oui…j'aimerai bien des cours…si…enfin…si tu veux toujours me les donner, bredouilla nerveusement Remus.

Severus releva brusquement et hocha plusieurs fois la tête.

Harry et Hermione sourirent, satisfaits de constater que Severus et Remus s'entendaient à merveille.

Harry avait eu un peu peur que Severus ne rejette Remus à cause de sa nature mais aussi à cause de lui car il avait raconté toute son histoire à Severus. Il n'avait laissé aucun détail au hasard et il avait eu peur que Severus ne ressente de la rancune envers Remus. Ses craintes vinrent de s'envoler.

Severus avait décidé d'ignorer le passé de ses parents pour se concentrer sur leur présent.

— Remus, l'interpella Harry.

Remus leva la tête vers Harry.

— Je sais que tu es un loup-garou et j'imagine combien doit être ta douleur lors de tes transformations. J'en ai parlé tout à l'heure à tes parents et je leur ai appris que je comptais mettre en place des mesures pour améliorer la vie de tous les lycanthropes du pays en attendant de trouver un remède ou un moyen de contrôler les transformations. Quoi qu'il en soit, ma famille et moi, si tu l'acceptes, voudrons te venir en aide.

— Comment ?

— Comme tu dois le savoir, je suis un descendant de Merlin et c'était un enchanteur. Tout comme mon ancêtre, j'ai le don d'enchanter les objets mais pas les êtres vivants. Par contre, mon fils a cette capacité. Il peut enchanter des objets mais aussi des êtres vivants, expliqua Harry.

— Quel est le rapport avec moi ? questionna Remus, confus.

— Severus pourrait t'enchanter, répondit Hermione. L'enchantement te permettrait d'être inoffensif sous ta forme lycanthropienne et de ne plus avoir mal lors de tes transformations car l'enchantement endormirait tes sens le temps de la transformation.

— Et nous aimerions aussi t'assister pendant tes transformations lors de ta première année à Poudlard sous notre forme d'animagus, ajouta Harry.

— Nous entraînons Severus et ses deux amies, Lily et Pétunia, à devenir des animagi. Ils sont sur le point de devenir des animagi. Si tu acceptes, ils pourront t'assister lors de tes transformations. Sous leur forme animagus, ils ne craignent rien et cela te permettra d'avoir de la compagnie. Qu'en dis-tu ? suggéra Hermione.

— L'enchantement me permettrait de ne plus avoir mal ? demanda Remus, la voix éraillée.

— Oui, répondit Hermione.

Les lèvres de Remus se mirent à frémir tandis que ses yeux se remplirent de larmes.

— Tu m'enchanterais ? questionna-t-il en s'adressant à Severus.

— Si tu le veux, répondit Severus.

— Pourquoi ferais-tu ça pour moi ?

Étrangement, cette scène lui fit penser à sa première rencontre avec sa mère.

Pourquoi souhaitiez-vous m'adopter ?

Sa gorge se noua à ce souvenir et il déglutit péniblement lorsqu'il rencontra le regard doré embué de Remus qui attendait beaucoup de lui, ses yeux lui demandaient quelque chose qu'il n'était pas sûr de lui apporter. Il n'était qu'un enfant et non un adulte.

— Pourquoi voudrais-tu que je le fasse ? répliqua-t-il.

Pourquoi me retiens-tu ? répliqua Hermione, souriante.

— Parce que…je…je…ne voudrais…plus…avoir…mal, bafouilla Remus en larmes.

Parce…parce que…j'aimerai une…maman…une vraie, bredouilla Severus.

— Et moi, parce que j'aimerai pouvoir te venir en aide et ne plus te voir souffrir, répondit Severus.

Remus ne put se retenir et éclata en sanglots. Espérance s'était levée pour aller prendre son fils dans ses bras mais son mari l'en empêcha et elle lui jeta un regard interrogateur. Lyall lui montra simplement Severus qui s'avança vers leur fils pour l'étreindre.

Severus s'était avancé vers Remus sans trop réfléchir, ressentant un besoin immense de consoler le garçon. Il n'était pas adulte mais il savait ce qu'était la souffrance. Il connaissait la solitude mieux que quiconque pour l'avoir vécu pendant de longues années. Il savait ce que l'on ressentait lorsqu'on avait mal et que l'on se sentait horriblement seul. Sans personne pour nous comprendre, pour nous consoler, pour simplement être là.

Il n'était pas adulte mais il n'avait pas besoin de l'être pour comprendre la souffrance de Remus. Inutile d'être savant pour savoir que la lycanthropie était une maladie qui vous éloignait du monde, qui vous coupait de tout contact avec l'extérieur. Et c'était difficile d'être différent parce que la différence, c'était toujours considérée comme une tare.

Il resserra son étreinte autour de Remus et fit comme sa mère faisait toujours avec lui lorsqu'elle essayait de le consoler. Il malaxa le cuir chevelu de Remus avec sa main droite et descendait parfois dans son dos pour tracer des petits cercles invisibles avec ses doigts.

— Si tu me laisses être ton ami, je te promets Remus, que je ferai tout pour te rendre heureux, promit Severus.

Il n'était pas un adulte, mais il était un ami. Il était celui de Lily et de Pétunia. Lily aimait toujours dire que les amis, ça rendaient heureux et elle lui posait toujours la question s'il était heureux d'être son amie, s'il était simplement heureux avec elle. Il répondait toujours « oui » parce que c'était vrai, parce qu'il était heureux. Heureux d'avoir une amie, car il savait que Lily serait toujours là. Qu'elle partagerait avec lui ses peines et ses joies, ses rires mais aussi ses pleurs.

Il n'était pas un adulte, mais il était un ami. Si Remus acceptait son amitié alors il le rendrait heureux parce que c'était ce que faisaient les amis. Rendre heureux.

Il n'était pas un adulte, mais il était un ami.

Il leva les yeux et fixa son regard sur le soleil qui brillait très fort dans le ciel. Il se fit la promesse, un jour du 15 août 1971, de devenir le plus grand potionniste du monde et de trouver un remède à la lycanthropie.

Il avait eu ses parents pour le sauver de la solitude et de la souffrance quotidienne. Il serait à son tour, cette personne pour Remus. Il le sauverait de sa solitude et de sa souffrance quotidienne. Il y arriverait parce qu'il ne serait pas seul, parce qu'il y aura Lily et Pétunia pour l'aider et ses parents pour l'épauler. Parce qu'il savait que pour sauver une personne, on ne le faisait pas tout seul mais ensembles.


Réponses aux reviews anonymes :

Juliana : Salut ma belle, comment te portes-tu ? Je te remercie pour ce compliment. Je suis ravie de voir que ma fic te plaît depuis le premier chapitre. Tu ne sais pas à quel point ton compliment me fait chaud au cœur. J'en saute de joie. Pour le nouveau monde d'HP, j'avoue que j'ai le syndrome de la page blanche de ce côté-là-bas. Je me suis tellement concentrée sur SMC que j'ai perdu mes idées pour le nouveau monde d'HP mais bon, ce n'est pas ça qui va me faire arrêter cette fic. Je la reprendrai d'ici peu. Bises.

Jilliane : Salut, je te remercie beaucoup pour le commentaire. Je suis ravie de voir que ce chapitre t'ait plu parce que certains lecteurs me reprochent de ne pas assez me centrer sur Sev mais ils oublient que l'histoire parle de lui mais aussi de son entourage. Et si je ne parlais pas de son entourage, on me reprocherait d'aller trop vite. Merci pour le compliment et à la prochaine. Bisous.

Guest : Merci pour ton commentaire. J'avoue qu'au départ j'ai longtemps hésité avant de caser ce couple mais j'en suis tombée amoureuse et je pense que tu finiras par aimer ce couple, enfin, je l'espère. Merci encore et à la prochaine, j'espère !


Petit Quizz !

Le prochain chapitre concernera l'entrée de Sev à Poudlard. Comme vous avez pu le constater dans ce nouveau chapitre, Severus va être ami avec Remus.

Donc, en sachant cela, nous pouvons commencer le quizz.

1 – Remus fera-t-il partie du groupe les ''maraudeurs'' ?

2 – Si Remus ne fait pas partie des ''maraudeurs'', quel sera le quatrième membre de ce groupe ?

3 – Si Remus fait partie du groupe, sera-t-il toujours ami avec Severus ?

4 – Le groupe les ''maraudeurs'' existera-t-il ?

Merci encore et n'hésitez surtout pas à reviewer. Vos avis sont importants pour moi.

Bisous, DPHS.