17

La vie à Poudlard

Le lendemain matin, Harry se réveilla un tout petit peu patraque. En ouvrant péniblement les yeux, il étudia ce qui l'entourait. Il était dans un lit à baldaquin, dans une immense chambre. Le soleil brillait gaiement par la fenêtre ouverte, éclairant toute la pièce. Doucement, comme une chouette faisait le tour de sa cage, Harry revit les épisodes de la veille : la servante égyptienne, le palais, Severus et le pharaon Apries son ancêtre…

Il s'assit d'un bond et vérifia qu'il se trouvait bien dans la chambre qu'il partageait avec Hermione. Il lâcha un soupir soulagé en constatant qu'il était bien au manoir Caledonensis et non dans un monde illusionnaire créé par un pseudo ancêtre égyptien. Tout paraissait normal. Il avait simplement rêvé.

Il quitta le lit en direction de la salle de bain. Il se passa de l'eau sur le visage et se brossa les dents. Il sortit de la chambre et alla à la cuisine où il était sûr de trouver son épouse ainsi que leurs amis. Comme il s'y attendait, Hermione était dans la cuisine en compagnie de Dray et de Neville. Ils discutaient tous les trois autour d'un petit-déjeuner.

Hermione se tourna vers lui lorsqu'elle sentit sa présence dans son dos et lui fit un sourire dont elle seule avait le secret.

— Hey ! s'exclama-t-elle.

Harry était soulagé de voir qu'il n'avait fait qu'un cauchemar et que sa femme était toujours à ses côtés, en bonne santé. Il s'avança vers elle et la prit dans ses bras, voulant se rassurer qu'elle était bien là.

— Tout va bien, mon chéri ? lui demanda-t-elle, légèrement inquiète.

Il nicha son nez dans le cou d'Hermione, respirant son doux parfum. C'était bien elle. La douceur de sa peau, son odeur, son corps, sa voix. C'était Hermione.

— Pas le matin, s'il vous plaît ! grommela Ginny qui venait de descendre.

La rouquine ouvrit le réfrigérateur et sortit une bouteille de jus d'orange dont elle versa le contenu dans un grand verre avant de prendre place aux côtés de son beau-frère qui sirotait un café viennois tandis que Neville consultait la Gazette du Sorcier.

— Où est Luna ? questionna Ginny.

— Elle est partie très tôt au ministère de la magie. Elle souhaite avancer au plus vite la construction de son ministère, répondit Neville.

— Elle a déjà choisi l'emplacement ?

— Ce n'est pas elle qui a choisi. Tu n'as pas reçu la lettre du premier ministre dans l'après-midi ?

— Quelle lettre ? demanda la rousse, perdue.

— La lettre que tu as reçu hier dans l'après-midi mais que tu n'as pas eu le temps de lire puisque tu étais occupée à envoyer des courriers à tes nombreux courtisans, répondit Dray d'un ton sarcastique.

— Je t'emmerde, Malfoi !

— La réciproque est vraie, chérie, railla-t-il goguenard. Et pour ta gouverne, c'est Weasel, ma jolie. Je suis marié, ne l'oublie pas.

Le blond platine lui montra l'alliance qu'il portait autour de son doigt avec un air suffisant. Ginny renifla de dédain et lança un regard noir à son beau-frère avant d'avaler une gorgée de jus d'orange.

— Va te faire foutre ! cracha-t-elle, irritée.

— Quelle vulgarité !

Ginny tira la langue au blond et reporta son attention sur son ancien camarade de maison.

— Alors ?

— Le premier ministre de la magie a décidé de faire de Godric's Hollow un hypercentre. Une sorte de centre-ville mais à la sorcière. C'est là-bas que nous construirons les nouveaux ministères et les écoles. Le ministère de la Magie deviendra la résidence officielle et le lieu de travail du premier ministre, expliqua Neville.

— Impressionnant, siffla Ginny.

— En fait, c'est une idée d'Hermione qui a été approuvée par le premier ministre.

— Mione, à ce balai-là, on va finir par croire que le premier ministre c'est toi, lança la rousse à la brune qui venait d'être libérée de l'étreinte de son époux.

— Je suis la reine. Je peux proposer des idées à mon premier ministre, non ?

Ginny leva simplement les yeux au ciel et termina son verre de jus d'orange.

— Pas que je m'ennuie mais j'ai d'autres chats à…

Elle ne put terminer sa phrase car un homme venait de transplaner en plein milieu dans leur cuisine. Tout le monde, sauf Harry, sortit sa baguette pour se battre. Il était impossible de transplaner dans la demeure car elle était entourée de plusieurs sortilèges de protection mais malgré cela le brun, qui se tenait de manière conquérante dans la cuisine, avait tout de même réussi l'exploit de passer les barrières de sécurité sans mal au vu de son allure gracieuse et nonchalante.

— Vous…vous êtes réel, bredouilla Harry, ahuri.

— Tu connais cet homme ? le questionna Dray, perplexe.

— Pouvez-vous baisser vos baguettes ? demanda Apries d'un ton menaçant, un sourire en coin. Il se pourrait que quelqu'un puisse se blesser avec ces bouts de bois.

Hermione lança un regard incertain à son mari qui hocha la tête. Elle jaugea un instant l'inconnu qui était apparu sans crier gare dans la pièce et finit par baisser sa baguette magique.

Dray, Ginny et Neville avaient toujours leur baguette pointée vers Apries qui gardait son sourire un coin, son regard onyx étincelant d'une lueur suspecte.

— Humm… ça sent bon ici, dit une voix endormie.

Dray ne détourna pas son regard d'Apries, suivant du coin de l'œil son époux qui venait de les rejoindre, n'ayant pas remarqué la présence d'un inconnu dans la salle. Ron se dirigea vers lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

— Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? Tu sais que je n'aime pas me lever dans un lit pratiquement froid, sans ton corps pour me réchauffer, grogna le rouquin.

Le blond ne put résister à la mine boudeuse de son chéri et passa ses bras autour du cou de Ron, l'embrassant à en perdre l'haleine. Il eut l'impression de fondre sous le baiser de son mari et voulait une fois de plus redécouvrir le corps de son amant, il avait envie de le sentir en lui, de n'être qu'une loque gémissante entre ses bras, d'hurler de plaisir et de jouir jusqu'à l'évanouissement.

— Si ça continue comme ça, ce manoir va finir transformé en maison close, dit Ginny sarcastique.

Neville rougit de gêne et détourna le regard du couple Malfoi-Weasel. Il avait l'impression de se trouver dans une maison de débauche. Il se demandait comment il arrivait à être encore sain d'esprit dans un tel environnement. Sain ? Il n'en était pas trop sûr avec une fiancée comme Luna.

Son rougissement s'accentua lorsqu'il pensa à tout ce que lui avait fait sa fiancée la veille avant qu'il ne s'endorme, repu. S'ils savaient ce dont Luna était capable de faire avec une langue. Il sentit une partie de son anatomie se réveiller au souvenir de la veille. Il était préférable pour lui de ne pas penser à sa fiancée sinon il finirait une fois de plus sous une douche froide, légèrement frustré.

Neville sortit de ses pensées lorsque l'inconnu qu'Harry semblait connaître s'avança vers lui avec un sourire chaleureux.

— N'es-tu pas heureux de me voir ? lui demanda-t-il.

— Je… je…, bredouilla Harry.

— Qui êtes-vous ? questionna Hermione, attirant son époux vers elle.

— Je suis Apries, Akhouthotep, Pharaon d'Égypte de la dynastie Thinite, répondit-il.

— Un pharaon ? releva Dray, sceptique. Il n'y a plus de pharaons depuis des millénaires.

— Le règne des pharaons est certes révolu mais je suis tout de même un roi d'Égypte.

— Les…

— Laisse tomber, Dray, soupira Harry en se pinçant le nez. C'est vraiment un pharaon et c'est mon ancêtre.

— Quoi ? s'écrièrent tout le monde sauf Hermione qui ne cessait de fixer Apries, le visage impassible.

— Il a cinq mille ans et ne peut pas mourir. Il a été enfermé dans une prison pendant près de mille ans par la fille de Godric Gryffondor et de Salazar Serpentard, la mère biologique de Merlin, expliqua Harry, las.

Ce n'était pas un cauchemar, autant ne pas se faire d'illusion plus longtemps. Il était sûr et certain que l'égyptien n'abandonnerait pas la partie aussi facilement s'il faisait comme s'il n'existait pas. Surtout que l'homme avait menacé de détruire la terre.

Des fois il se demandait s'il n'était pas maudit des dieux. Parce que franchement, avoir un ancêtre vieux de cinq mille ans, super puissant de facto super dangereux, menaçant la vie de ses proches s'il ne le tuait pas… Fallait vraiment être maudit pour avoir un tel parent.

— T'es en train de dire que Gryffondor et Serpentard couchaient ensemble ? demanda Ron, éberlué.

— Qu'ils ont eu un enfant ? poursuivit Ginny tout aussi abasourdie.

— Godric et Salazar sont les grands-parents de Merlin ?! s'exclama Dray, médusé.

— Et le père de Merlin se tient juste là, dans notre cuisine, indiqua Harry en désignant Apries.

— Par les couilles desséchées de Merlin, jura le rouquin.

— Langage, Ron, le houspilla Hermione par pur réflexe.

Ils fixèrent tous le pharaon, stupéfiés. Ils n'en croyaient pas leurs yeux et encore moins leurs oreilles. Merlin était le petit-fils de Serpentard et de Gryffondor. Beaucoup d'historiens avaient essayé de retracer l'arbre généalogique du mage le plus connu de tous les sorciers sans jamais y parvenir. Eux, ils avaient pu retracer son arbre généalogique grâce à l'apparition du père de ce dernier.

Si Godric et Salazar étaient les grands-parents de Merlin, cela voudrait dire qu'Harry était leur descendant. Sincèrement, ils ne voyaient pas qui pourraient faire mieux comme ascendance. Harry venait de pulvériser tous les records.

— Mais comment se fait-il que vous soyez toujours en vie après tant de millénaires ? Vous êtes un vampire ? questionna Neville, quelque peu perdu.

— Je suis un être humain tout ce qu'il y a de plus normal, rit Apries.

— Pas si normal que ça puisque tu as cinq mille ans ! grogna Harry, irrité.

— Un léger détail que tu pourras rectifier si tu parviens à lever mon immortalité et à me tuer, lança Apries avec un grand sourire.

— Pourquoi fais-tu tout ça ? Pourquoi menacer d'exterminer la planète alors que nous pouvons essayer de trouver une solution ensemble ? Pourquoi ?

Apries perdit aussitôt son sourire et son visage se ferma ne laissant paraître aucune émotion. Il était redevenu froid et s'était braqué derrière ses protections mentales. Inconsciemment, Harry venait de toucher une corde très sensible.

— As-tu trouvé une solution pour le monstre qui sommeille en toi ? As-tu réussi à te débarrasser des ténèbres qui essayent d'engloutir ton âme ? Jusqu'à penses-tu que tu pourras résister à l'appel du sang ? répliqua l'ancêtre d'un ton sarcastique.

Harry se raidit brusquement et un voile de douleur recouvrit son regard. Hermione prit la main de son mari dans la sienne et lança un regard noir à Apries.

— Je ne vous permets pas ! siffla dangereusement Hermione.

Elle ne permettrait à personne de blesser une fois encore son époux. Harry avait assez souffert ainsi. Il était inutile de remuer à chaque fois le couteau dans la plaie. Cela prendrait du temps mais il finirait par fermer les pages de son passé. Il finirait par oublier la rancœur et la haine, l'amertume et la solitude. Il guérirait et en attendant, elle était là pour le protéger du monde extérieur. En attendant que son mari aille mieux à nouveau, elle le protégeait de lui-même, des démons du passé.

— Tu y as succombé, dit Apries dans un murmure presque sadique. Tu as goûté au sang. Tu as libéré la bête et tu as su ce que cela faisait d'être un démon. Les ténèbres ont englouti ton âme et tu t'es baigné avec une joie malsaine dans le sang de tes ennemis. Tu as apprécié chacune des sensations que tu éprouvais en arrachant la vie de tes adversaires. C'était étourdissant ! Une symphonie d'effets majestueux ! Tu étais un monstre et tu as adoré. Et depuis que tu as goûté à cette drogue puissante et électrisante, tu essaies vainement de l'oublier. Tu souhaiterais ne plus sentir le goût métallique du sang sur ta bouche. Tu voudrais ne plus revoir ce monstre mais tu sais, tout au fond de toi, que tu n'y résisteras pas bien longtemps. Parce que, que tu le veuilles ou non, le mal est ancré en toi. Tu es ainsi fait.

— Arrêtez ! hurla Hermione en colère.

Le pharaon renifla de dédain et afficha une moue condescendante.

— Il est inutile de vous voiler la face, chère Hermione. Votre mari est ce qu'il est, un monstre. L'âme qui cohabitait avec la sienne il n'y a pas encore longtemps a corrompu son âme.

— L'horcrux a été détruit depuis bien longtemps, rétorqua la brune. Harry n'est plus un horcrux.

— Non, il ne l'est plus, confirma-t-il. Néanmoins, son âme a été souillée par l'horcrux et la haine qu'il ressent tout au fond de lui a fait naître le monstre qu'il est aujourd'hui.

— Harry n'est pas un monstre ! protesta fermement Ron. Pour qui vous prenez-vous de débarquer à l'improviste chez les gens et de venir raconter des conneries ?! Harry est quelqu'un de bien et n'est certainement pas le monstre que vous décrivez.

— Si c'est cela l'amitié, je suis ravi d'avoir pu échapper à ce concept plus que douteux, railla Apries. Mettez-vous des œillères si cela vous chante mais les faits sont là, Harry est un monstre. Il a cette haine au fond de lui que vous ne pourrez contenir bien longtemps. Elle a explosé une fois, elle explosera à nouveau.

Apries se tourna vers Hermione qui avait pâlit au fur et à mesure de son discours, tenant avec fermeté la main d'Harry dans la sienne. Comme si ce geste lui permettait de garder la tête hors de l'eau.

— Il serait illusoire de penser qu'il ne récidivera pas à nouveau. C'est dans sa nature, Hermione. Votre amour, aussi profond et puissant soit-il, ne pourra rien y changer. Vous ne faîtes que retarder l'échéance, rien de plus. Vous pensez pouvoir contenir sa haine avec votre amour, sauf que vous ne faîtes qu'agrandir ses ténèbres en essayant de faire comme si cette part sombre de votre mari n'existait pas. Ignorer les ténèbres ne fait qu'accroitre son emprise sur Harry. Vous devriez le laisser vraiment exploser. Vous devez le laisser se réconcilier avec cette part d'ombre, Hermione. Il faut que vous le laissiez s'accepter tel qu'il est.

— Je ne veux pas qu'il souffre, souffla-t-elle, désemparée.

— Alors retirez-lui ses chaînes, Hermione. Sortez-le de la prison dans laquelle vous l'avez enfermé.

— Ce n'est pas Harry, ça ! contesta-t-elle, affligée. Ce n'est pas lui.

— Il est quoi alors ? Qu'est-il selon vous ? l'interrogea froidement Apries.

— C'est…c'est…quelqu'un de bien, d'attentionné, d'extrêmement gentil. Harry est un homme plein de bonté et d'amour, répondit-elle, la voix vacillante.

— Certes, lui concéda Apries, mais il est aussi un homme brisé ! Harry emplit de rage, de rancœur et de haine. Un homme emplit de peur et de souffrance. Un homme emplit de doute et de désarroi. Harry est tout cela ! Il n'est pas seulement l'image que vous souhaiterez qu'il montre au monde entier, il est aussi l'homme impuissant et malheureux qui se cache derrière vous parce que vous le laissez faire !

— Qu'êtes-vous en train d'insinuer ?

— Je n'insinue rien. Regardez par vous-même. Regardez-le !

Hermione détourna son regard pour le poser sur l'ancien gryffondor qui était aussi pâle que la mort. Il semblait ailleurs. Il avait un regard hanté, comme s'il était à nouveau poursuivi par les fantômes de son passé.

— Par Osiris ! s'exclama brusquement Apries. Le Harry parfait n'existe qu'à travers vous et uniquement par vous. Si vous n'êtes plus là, cet Harry n'existe plus et un autre prend place. Cela ne devrait pas se produire. S'il existe deux Harry, c'est parce que vous les retenez tous les deux prisonniers.

— Que voulez-vous dire ? demanda-t-elle d'une voix blanche.

— Vous devez les libérer, Hermione. Laissez votre Harry embrasser sa part d'ombre. Laissez-les se réunir pour ne plus former qu'un seul être. Un être imparfait, répondit l'égyptien.

Un tremblement d'effroi parcourut le corps de la jeune femme enceinte. Elle ne pouvait s'y résoudre. Comment pourrait-elle l'accepter ?

« — Je l'aurai tué, Mione. J'aurai tué Sev avant de me tuer. J'y ai pensé, Mione. J'y ai pensé et je l'aurai fait. »

Un frisson glacé glissa lentement sur sa colonne vertébrale au souvenir des paroles de son mari.

« — Je suis un monstre. »

Elle savait tout au fond d'elle, que c'était en partie vrai. Elle avait beau se voiler la face, la vérité n'en demeurait pas moins intacte. Harry avait tellement de haine en lui qu'il avait fini par créer un monstre. De surcroît, si elle avait tout saisi, ce monstre serait aussi une conséquence de l'horcrux qu'abritait Harry dans son corps.

Finalement, ils tournaient toujours autour du même sujet. Encore et encore. Voldemort. La guerre avait laissé bien plus de marques sur son mari qu'elle ne l'avait imaginé.

« — Répare-moi, dit-il. Guéris-moi avec ton amour. Recolle tous les morceaux qui ont été brisé par cette guerre, par ma tante, par Dumbledore, par tous les autres. Répare mon cœur. Guéris-le. Guéris les blessures de mon cœur et de mon âme, s'il te plaît. Guéris-moi avec ton amour. »

Elle savait que la tâche se révèlerait laborieuse mais n'aurait jamais pu penser que ce serait si difficile. Maintenant, elle avait peur d'échouer, se demandant si elle était à la hauteur des attentes d'Harry. Il était tellement esseulé et si brisé, qu'un seul geste pourrait définitivement le détruire.

Et si elle n'était pas la personne adéquate pour réparer Harry ? Et si elle n'en avait pas la force ?

— Vous pourrez le réparer mais seule, vous n'y parviendrez jamais, dit calmement Apries.

Hermione dévisagea Apries, cherchant à savoir s'il était un ami ou un ennemi. Elle ne le connaissait pas mais pourtant lui, il semblait les connaître. Si parfaitement qu'elle avait peur de lui. Il disait ne pas être une menace, du moins, pour l'instant mais plus tard… Que se passera-t-il lorsqu'il se décidera à dévoiler son vrai visage ?

— Je ne lui ferai aucun mal, Mrs Caledonensis, promit Apries d'un ton amusé. Il est mon fils et jamais je ne voudrais lui faire de mal mais un avenir proche, il se pourrait que je puisse le blesser, autant physiquement que moralement.

— Est-ce censé me rassurer ? cracha-t-elle.

— Oui, dit Apries, car je suis un homme de parole. Lorsque je voudrais faire du mal à Harry, je le lui signifierai à l'avance pour qu'il puisse s'y préparer.

— Comme c'est aimable à vous, lança Dray pince-sans-rire.

— Que décidez-vous ? Acceptez-vous mon aide ? questionna Apries, ignorant la remarque sarcastique du blond, le regard ancré dans celui d'Hermione.

Hermione se mordilla la lèvre inférieure, indécise. Apries venait de marquer plusieurs points. Harry avait besoin d'aide et toute seule, elle n'y arriverait jamais. De plus, à en juger les propos de l'homme, il connaissait bien plus Harry que toutes les personnes réunies dans cette cuisine.

Malgré tout cela, il y avait bien une personne concernée dans toute cette histoire.

— Harry ?

Harry sortit de la léthargie dans laquelle il avait plongé et planta son regard émeraude dans les prunelles d'Hermione. L'ancienne gryffondor fut happée par les émotions qui s'entrechoquaient dans les iris du père de son enfant.

— J'ai besoin d'aide, murmura-t-il d'une voix rauque. J'ai l'impression que je vais rechuter à tout moment, Mione. Je n'en peux plus. Je suis…si fatigué, si tu savais. Je ne veux plus lutter.

Hermione acquiesça simplement. Elle comprenait. Elle le prit dans ses bras et lui murmura des mots réconfortants alors qu'elle regarda Apries par-dessus l'épaule de son mari.

— Aidez-nous.

Les dés étaient jetés. Advienne que pourra.


Quand Severus se réveilla le lendemain, il était légèrement déboussolé. Il avait fait un rêve étrange cette nuit. Il roula sur le dos et se raidit subitement lorsqu'un bras se posa sur son ventre. Il tourna la tête sur le côté et vit la personne qui dormait paisiblement dans le même lit que lui. Il se détendit aussitôt en constatant que ce n'était que Killian.

La veille, il se souvint, il avait rejoint le jeune homme dans le dortoir des septièmes années. C'était la première fois qu'il passait la nuit dans un endroit autre que le manoir Caledonensis et il devait avouer qu'il avait un tout petit peu peur. Tout ceci était nouveau pour lui.

Il quitta le lit sans faire de bruit et alla prendre une douche. Il écrirait tout à l'heure à ses parents, sachant pertinemment que s'il ne le faisait pas, sa mère s'inquiéterait et débarquerait à Poudlard pour s'assurer que tout allait bien.

Lorsqu'il revint dans le dortoir de ses aînés, Killian était assis dans le lit, l'air endormi.

— 'jour, Kil !

— 'jour, Sev, marmonna Killian, la voix ensommeillée.

— Tout à l'heure ! lança-t-il après s'être habillé.

Son uniforme scolaire était neutre contrairement aux autres élèves et le blason de Poudlard avait été brodé sur sa tenue. Il quitta le dortoir et rejoignit la salle commune des Serdaigle.

La salle commune des Serdaigle était une vaste pièce circulaire. D'élégantes fenêtres en arcades agrémentaient les murs tendus de soie couleur bleu et bronze. La vue donnait sur les montagnes environnantes. Le plafond en forme de dôme était parsemé d'étoiles peintes qui se reflétaient sur la moquette bleu nuit. Elle était meublée avec des fauteuils confortables, des tables et une bibliothèque. Dans une niche face à la porte se dressait une haute statue de marbre blanc, celle de Rowena Serdaigle.

— Enfin ! s'exclama Remus qui s'était levé du fauteuil dans lequel il était assis, un bouquin dans les mains. Je pensais que tu allais faire la grasse matinée aujourd'hui.

— Bonjour, Rem.

— Bonjour, Sev. On y va ?

Severus hocha la tête et suivit son meilleur ami. Dès qu'ils eurent quitté la salle commune de Serdaigle, ils entendirent murmurer sur leur passage. Tout le monde souhaitait voir l'héritier du trône d'Angleterre. C'était la première fois que le monde sorcier avait un roi donc, un prince.

Severus et Remus descendirent dans la Grande Salle pour le petit déjeuner. Vu qu'il était très tôt, il y avait très peu de gens dans la salle. Dans un coin à la table des Serpentard, Pétunia était assise le dos rond, les yeux plissés dans un rayon de soleil. Lily était en face d'elle. Cette dernière vit Severus et Remus entrer, et leur fit signe d'approcher.

— Bonjour, les garçons ! les salua la rousse d'un ton joyeux.

— Salut !

Pétunia grommela quelque chose d'instinct avant d'avaler son jus de citrouille, la mine contrariée.

— Pétunia ? l'interpella Severus avec précaution.

— Quoi ? grogna la blonde en fusillant le brun du regard.

Severus leva les mains en signe de reddition. Il ne souhaitait nullement être la victime de la colère de la blonde. Elle pouvait être encore plus terrifiante que Lily lorsqu'elle se mettait en colère et pour avoir expérimenté la chose une fois, il ne souhaitait pas retenter l'expérience.

Le jeune prince jeta un regard interrogateur à sa meilleure amie. Lily haussa simplement les épaules. Elle avait trouvé sa sœur ainsi lorsqu'elle avait pénétré dans la Grande Salle. Pétunia parlerait lorsqu'elle en éprouverait le besoin. Pour l'instant, mieux valait la laisser tranquille.

— On a quoi comme cours aujourd'hui ? demanda Severus alors qu'il se servait quelques œufs brouillés.

— Métamorphose avec le professeur McGonagall, Potions avec le professeur Slughorn et Défenses Contre les Forces du Mal avec le professeur Gallagher, répondit Lily.

— Métamorphose et Potions se déroulent dans la matinée tandis que nous aurons DCFM dans l'après-midi, ajouta Remus.

— Ce qui nous laissera un peu de temps pour aller à la bibliothèque. J'aimerai approfondir nos recherches et pouvoir être capable de me transformer avant la prochaine pleine lune, dit Severus.

— Ouais, approuva Lily. Ce serait super sympa d'accompagner cette fois-ci Remus avec tes parents. Je crois avoir trouvé ma forme animagus mais je n'en suis pas sûre.

— Ah bon ? fit Remus, étonné. Et c'est quoi ?

— Une biche, répondit la gryffondor.

— Super sympa comme animagus.

Lily esquissa simplement un sourire.

— Et toi, Sev, quelle sera ta forme animagus ? l'interrogea-t-elle, curieuse.

— Tu verras lorsque je parviendrais à me transformer.

— Allez, Sev ! Dis-nous, le supplia Remus avec une moue tout à fait mignonne pour amadouer le jeune prince.

— Nan ! refusa obstinément le garçon.

Ils finirent leur petit-déjeuner et se dirigèrent en salle de classe. Pétunia finit par sortir de son mutisme au cours de métamorphose. Ils découvrirent très vite que l'exercice de magie ne consistait pas seulement à brandir une baguette magique en marmonnant des sortilèges.

En cours de métamorphose, ils comprirent assez vite que le professeur McGonagall était une enseignante qu'il valait mieux éviter de contrarier. Elle était stricte, intelligente et leur parla très directement dès le début du cours.

— La métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes que vous aurez à étudier, dit-elle. Quiconque fera du chahut pendant mes cours sera immédiatement renvoyé avec interdiction de revenir. Vous êtes prévenus.

Elle changea alors son bureau en cochon puis lui redonna sa forme d'origine. La démonstration était impressionnante et ils avaient tous hâte de commencer les cours au plus vite, mais ils se rendirent bientôt compte qu'ils n'étaient pas près d'en faire autant. Après avoir suivi des explications très compliquées, ils avaient commencé à s'exercer en essayant de changer une allumette en aiguille. Très peu d'élèves réussirent à métamorphoser l'allumette. Seuls Severus, Remus, Black et Potter y parvinrent.

Severus avait lu plusieurs ouvrages de métamorphose tout l'été et avait été entraîné par ses parents pour qu'il puisse être capable de se défendre. Aussi, il avait un niveau assez élevé dans plusieurs matières pour un étudiant de son âge. Remus, lui, appréciait beaucoup cette matière et avait reçu une éducation sorcière à la maison, ses parents pensant qu'il ne pourrait jamais intégrer Poudlard à cause de sa lycanthropie.

Quant à Black et Potter, ils étaient sûrement aussi doués que Severus et Remus et n'hésitaient pas à pavaner dans la classe pour leur magnifique exploit.

L'attitude des deux gryffondors agaça le jeune prince et irrita Pétunia et Lily qui trouvèrent les deux garçons arrogants et imbus d'eux-mêmes.

Le professeur McGonagall accorda cinq points chacun aux quatre étudiants qui avaient réussi leur métamorphose. Severus, étant dans les quatre maisons, les cinq points furent répartis dans les quatre maisons. Ce qui fit que Gryffondor, Serdaigle, Serpentard et Poufsouffle eurent chacune 1,25 point.

Après métamorphose, ils eurent cours de potions où Severus, Lily et Rosier rapportèrent chacun des points à leur maison. Durant le cours de potions, Black et Potter s'amusèrent à essayer de saboter la potion de Severus mais malheureusement pour eux, Pétunia veillait aux arrières du prince et elle fut ravie de pouvoir utiliser quelques farces apprises dans le manuel de Le guide des farces pour sorciers facétieux. Remus vint même lui prêter mains fortes et envoyèrent quelques sortilèges en douce aux deux lions qui répliquaient eux-aussi de façon toute aussi sournoise que le serdaigle et la serpentard.

Lorsqu'ils sortirent de la salle de classe de potions, Potter fit un croche-pied à Severus qui s'étala comme une serpillère sur le sol froid des cachots.

— Cette place vous sied bien, altesse, lança le gryffondor d'un ton moqueur.

Black éclata de rire, d'un rire qui ressemblait presque à un aboiement alors que certains élèves ricanèrent discrètement dans leurs mains.

Remus aida Severus à se relever tandis que Pétunia sortait déjà sa baguette prête à en découdre avec le gryffondor.

— Espèce de…

— Non, Tunia, l'arrêta Lily avant qu'elle ait pu lancer un quelconque sort.

— Un problème ? demanda Potter à la blonde d'un ton railleur.

— Oui, répondit la serpentard avec hargne. C'est quoi votre problème à vous ? Qu'est-ce qui ne va pas chez vous ? Pourquoi n'arrêtez-vous pas de vous en prendre à Severus ?

— C'est le fils d'un meurtrier, répondit simplement Potter comme si cela suffisait à expliquer son comportement.

— Il n'a pas sa place ici, renchérit Black.

Pétunia allait répliquer aux paroles des lions mais une main sur son épaule la coupa dans son élan.

— Laisse tomber, dit Severus.

Le jeune garçon n'avait aucune envie de se prendre la tête avec Potter et Black. Répondre à leurs attaques voudrait dire qu'il accorde de l'importance à ce qu'ils disent et il ne leur ferait pas ce plaisir.

— Les chaudrons vides sont ceux qui font le plus de bruit, lâcha Severus dédaigneux en passant près de Potter.

Les quatre amis, après cette petite altercation avec les gryffondors, allèrent à la bibliothèque pour faire des recherches sur les animagi.

— Je n'en suis pas sûre mais il se pourrait que ma forme animagus soit un tigre, informa Pétunia.

— Pétunia va bientôt sortir ses griffes, la taquina sa cadette.

Remus et Severus pouffèrent de rire et l'ambiance se fit plus légère dans la bibliothèque pendant leurs recherches. Severus, Pétunia et Lily voulaient à tout prix devenir des animagi avant la prochaine pleine lune pour pouvoir être aux côtés de leur ami.

Comme il avait été convenu avant la rentrée, lors de la pleine lune, Harry et Hermione viendraient assister le jeune loup-garou jusqu'à l'aube.


Dans l'après-midi, ils se rendirent à leur cours de Défense Contre les Forces du Mal. Cours que tout le monde avait attendu avec impatience. Lorsque les élèves pénétrèrent dans la salle, ils perçurent une forte odeur d'alcool et cherchèrent leur professeur des yeux avant de finalement le trouver près d'une fenêtre.

Le professeur de Défense Contre les Forces du Mal était un sorcier aux cheveux roux, vêtu d'une longue robe bleu nuit. Il avait un large sourire aux lèvres et semblait être accueillant. Il était assez jeune et ne devait pas être encore dans la trentaine. Ses joues étaient rougies et ses yeux bleus brillaient d'une lueur suspecte.

— Bienvenue à Poudlard ! s'exclama-t-il en ouvrant grand les bras.

Il s'avança en tanguant et manqua d'embrasser le sol de la salle de cours. Quelques élèves pouffèrent de rire dans leurs mains tandis que les autres regardaient perplexe l'homme tanguer dangereusement sur ses pieds.

— Il est bourré ? demanda un élève.

— Certainement, chuchota un autre.

Le professeur Gallagher trébucha sur quelque chose et essaya de maintenir son équilibre pour ne tomber mais avec ses jambes vacillantes, cela avait l'air d'être un numéro d'acrobatie comme si l'homme était un funambule. Au bout de quelques minutes pendant lesquelles plusieurs élèves se mirent à rire, le professeur Gallagher réussit un exploit en restant debout.

— Ouf, souffla-t-il d'un air soulagé. Il s'en est fallu de peu.

Severus et Remus échangèrent un regard interloqué. Sur quel genre de professeur étaient-ils tombés ?

Le professeur Gallagher leur ordonna de s'asseoir et ils le firent tous en silence. Il se racla la gorge et se gratta la tête tandis que tous les regards étaient posés sur lui. Tout le monde attendit patiemment, les yeux rivés sur l'enseignant qui restait silencieux.

— Euh… je…j'avais un discours à faire mais…mais je crois que je l'ai oublié, confia-t-il, honteux.

Certains rigolèrent de bon cœur tandis que les autres regardaient leur professeur, abasourdis. Il était certain que le cours ne serait pas aussi intéressant qu'ils l'avaient imaginé. Cela ressemblait plus à une comédie qu'à autre chose.

Le professeur Gallagher alla s'affaler derrière son bureau tout en poussant un soupir de lassitude. Il afficha une mine triste et fixa la bouteille d'alcool qu'il avait posé sur la table. Puis sans que personne n'y comprenne quoi que ce soit, l'homme se mit à pleurer.

— Professeur ? l'appela une élève de gryffondor, Alice Aesalon. Tout va bien ?

— Pourquoi ne m'aime-t-il pas ? geignit l'enseignant en larmes.

— Il nous fait quoi là ? demanda Frank Longbottom.

— On devrait peut-être aller prévenir un professeur, suggéra Peter Pettigrew.

Les pleurs du professeur Gallagher se transformèrent très vite en sanglots et les élèves se regardèrent, ne sachant quoi faire dans ce genre de situation.

— Professeur ?

Une élève de serdaigle, Pandora Cadwallader, s'était levée de son siège et s'était approchée de l'homme.

— Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demanda-t-elle d'une voix douce.

— Il ne m'aime pas, sanglota Gallagher.

— Pourquoi pensez-vous qu'il ne vous aime pas ?

L'enseignant leva la tête et lança un regard larmoyant à la serdaigle. Il renifla piteusement en se mouchant sur sa robe, ce qui fit grimacer quelques élèves de dégoût.

— Il…il ne fait jamais attention à moi. La semaine dernière, il s'est ramené à un repas entre amis avec un mec tout droit sorti du magazine Sorcière Hebdo, expliqua le roux. Il n'a pas arrêté de cajoler ce mec devant moi !

Et là, l'homme se remit à sangloter bruyamment.

— Pourquoi ne nous diriez-vous pas ce qui se passe exactement ? l'interrogea Lily.

— Nous ne sommes pas à une dînette entre copines ici ! siffla James. Si vous voulez parler chiffon, trouvez-vous une autre salle. Ici, nous sommes en salle de cours !

— Les histoires d'amour, très peu pour nous, renchérit Sirius.

— Ouais, approuvèrent presque la totalité des garçons de la classe.

— Vous êtes sans cœur ! lança Amélia Bones, écœurée par tant d'insensibilité. Ne voyez-vous pas qu'il souffre ?

— Racontez-nous, professeur Gallagher, l'intima Pétunia. Depuis combien de temps êtes-vous amoureux de lui ?

L'homme renifla à nouveau avant d'avaler une gorgée d'alcool.

— Depuis que j'ai quinze ans, répondit l'homme. Nous sommes amis depuis nos onze ans. Comme beaucoup d'entre vous ici, nous nous sommes rencontrés dans le Poudlard Express et nous avons été réparti dans la même maison. Au fil du temps, mes sentiments pour lui ont changé pour devenir plus forts que de l'amitié.

Certaines filles soupirèrent tendrement, émues par l'histoire de leur enseignant. Les garçons roulèrent des yeux, irrités par tant de sensiblerie.

— Mais pourquoi ne lui confiez-vous pas que vous l'aimez ? questionna Alice.

— Parce qu'il ne ressent pas la même chose que moi et je ne veux pas le perdre, répondit Gallagher un sanglot dans la voix.

— Comment pouvez-vous être certain qu'il ne ressent pas la même chose que vous si vous ne lui avez rien dit ? l'interrogea Lily, déroutée.

— M'avez-vous entendu tout à l'heure ou pas ? s'énerva le professeur. Il s'est tapé un mec la semaine dernière et je suis sûr qu'il s'en tapera d'autre la semaine prochaine.

— Nous, ce que nous avons compris c'est qu'il n'a pas de relation sérieuse pour l'instant, répliqua une brune aux yeux bleus. Une gryffondor nommée Marlene McKinnon.

— Ce qui veut dire que vous avez toutes vos chances, enchaîna Pétunia.

— Je ne veux pas être un coup d'un soir, grogna Gallagher. Je veux qu'il m'aime comme moi je l'aime.

— Alors dites-le-lui. Dîtes-lui à quel point vous l'aimez, conseilla Lily.

— Il se pourrait qu'il puisse être amoureux de vous, lui-aussi, mais qu'il n'ose pas vous le dire de peur de vous perdre au cas où vous ne ressentiriez pas la même chose que lui, poursuivit Marlene.

Alice, Amélia et Pétunia hochèrent la tête en accord avec les propos de la gryffondor.

— Je ne pourrais jamais le lui dire, gémit Gallagher. Je ne suis pas un gryffondor, moi !

Pandora s'approcha de lui et posa sa main sur la sienne.

— Le courage n'appartient pas qu'aux gryffondors, professeur. Il ne tient qu'à vous de le trouver au fond de votre cœur. Si vous l'aimez vraiment, vous trouverez le courage pour le lui dire, dit-elle d'une voix encourageante. Vous l'avez dit vous-même, vous êtes amis depuis que vous avez onze ans. L'amitié est une forme d'amour et l'amour une forme d'amitié.

Le professeur de Défense Contre les Forces du Mal acquiesça doucement et se leva brusquement de sa chaise, le regard déterminé.

— Vous avez raison, dit-il. Je vais de ce pas le retrouver et lui avouer mon amour.

— Excellent, professeur, l'encouragea les filles. Nous sommes avec vous.

Gallagher quitta son bureau d'un pas assuré et se dirigeait vers la sortie, un sourire aux lèvres. Lorsqu'il arriva à la porte, il vacilla et ce qui devait arriver arriva, il trébucha et alla embrasser le sol du couloir.

Les garçons explosèrent de rire et les filles secouèrent la tête, dépitées. Ce n'était pas tout de suite que le jeune professeur irait faire sa déclaration.


Le soir, dans la Grande Salle, Severus, Remus, Lily et Pétunia s'étaient regroupés à la table des Serdaigle. La présence d'une gryffondor et d'une serpentard à la table des bleus et bronzes ne gêna aucunement les aigles. Ils étaient tous les quatre en train de discuter une fois de plus des animagi lorsqu'ils remarquèrent quelque chose à l'autre bout de la salle à la table des lions.

Sirius Black venait de jeter un exemplaire de la Gazette du Sorcier et s'était levé brusquement de la table, quittant en trombe la Grande Salle. Il fut très vite suivi par James Potter et Frank Longbottom qui coururent après le brun.

À la table des Serpentard, plusieurs élèves abandonnèrent leurs plats et s'en allèrent sans avoir vraiment touché à quoi que ce soit.

— Que se passe-t-il ? demanda Remus, intrigué.

— Plusieurs membres de familles de sang-pur ont été arrêtés ce matin, répondit un élève de cinquième année.

— Pourquoi ?

— Certains d'entre eux sont accusés d'avoir financé Vous-Savez-Qui, d'autres pour avoir utilisé les mots tabous et le reste pour être des mangemorts, répondit-il.

— Les Lestrange, les Black, Les Rosier, les Mulciber, les Macnair, les Avery, les Carrow, les Travers, les Yaxley, les Crabbe, les Nott et les Goyle ont été arrêtés. Certains vont purger des peines de dix ans à des peines à vie. D'autres vont recevoir le baiser du Détraqueur la semaine prochaine.

— Les enfants de ces personnes seront envoyés dans des familles d'accueil ou seront adoptés et beaucoup n'auront plus le droit de revoir leurs parents, ajouta un autre élève.

— De nouvelles procédures mises en place par le premier ministre Alphard Black, dit le cinquième année.

Severus était plus que surpris. Ses parents réformaient complètement tout le système magique et il ne savait pas comment prendre cette nouvelle.

— En tout cas, moi j'ai hâte de voir l'hypercentre que le gouvernement va créer à Godric's Hollow, lança un autre élève de Serdaigle. Mon père qui travaille au Département de la justice magique dit qu'ils vont créer une école de droit. C'est vrai, Caledonensis ? Ton père va vraiment créer une école de droit magique ?

— Oui, répondit Severus.

— Il y aura une école de médicomagie ? demanda un autre. J'aimerai devenir médicomage et me spécialiser en médicomagie animale.

— Je suppose, dit le jeune prince.

— Au début, j'avais des doutes concernant cette monarchie mais maintenant je suis heureux que nous ayons de tels dirigeants à la tête de notre communauté. Tes parents sont vraiment formidables, Caledonensis, confia le cinquième année.

— C'est clair qu'ils déchirent comme monarques, approuva un serdaigle de quatrième année. Je suis sûr que toi aussi tu deviendras un bon monarque comme eux lorsque viendra ton tour.

Severus ne sut quoi dire et replongea à nouveau dans son assiette. Il doutait être plus tard un aussi bon monarque que ses parents.

Après avoir terminé leur repas, ils se dirigèrent tous vers leur dortoir. Severus qui avait été réparti dans toutes les maisons avait décidé de dormir dans le dortoir des Serdaigle pour l'instant.

— Passe un de ces soirs dormir dans notre dortoir. Tu verras, la salle commune des serpents est magnifique, dit Pétunia.

— Promis.

— Bonne nuit les garçons, lancèrent les sœurs Evans avant de se diriger vers leur dortoir respectif.

Severus et Remus se dirigèrent vers le leur et répondirent sans problème à l'énigme avant de pénétrer dans la salle commune des aigles. Cette fois-ci, Severus suivit son meilleur ami dans le dortoir des premières années. Cette nuit, il dormirait avec le loup-garou. Comme il appartenait à la maison des aigles, il avait son lit à lui. Il passa à la douche avant de se mettre en pyjama et de se jeter sur son lit, récupérant un morceau de parchemin et une plume, et se mit à écrire en faisant attention de ne pas renverser de l'encre sur ses draps.

Rafiki apparut brusquement devant lui mais le garçon ne sursauta pas, étant habitué aux apparitions subites du Demiguise. Rafiki remarquant qu'il n'aurait pas l'attention de son maître ce soir se dirigea vers le lit de Remus, laissant le jeune héritier du trône d'Angleterre écrire à ses parents.

Chère maman, cher papa

Nous sommes arrivés la nuit passée, sans problème. Nous avons fait la connaissance de personnes très intéressantes et nous avons pu revoir Killian. Remus a été envoyé à Serdaigle comme l'avait deviné l'oncle Dray. Pétunia a été répartie à Serpentard – je n'en suis pas vraiment étonné, j'aurai été surpris si elle avait été ailleurs. D'ailleurs, oncle Ron me doit cinq gallions. Il a perdu, j'ai gagné. Lily est une lionne comme vous.

Aujourd'hui, nous avons eu cours de métamorphose, potions et on aurait dû avoir DCFM mais notre professeur était tellement ivre et malheureux qu'il a oublié sa fonction et s'est mis à pleurer devant nous tout en nous expliquant son malheur. Il est amoureux. Sincèrement, j'espère ne pas être amoureux avant très très très longtemps mais vraiment très longtemps.

J'ai appris que vous allez créer un hypercentre à Godric's Hollow. Pourriez-vous m'en dire plus ? Et c'est quoi cette histoire d'arrestation concernant les membres de famille sang-pur ?

Papa, hier nuit, j'ai fait un rêve assez étrange. C'est une longue histoire. Je vous en parlerai plus tard.

Embrassez le reste de la famille pour moi.

Votre fils,

Severus,

P.S : J'ai été réparti dans les quatre maisons.

P.P.S : J'ai fait la connaissance de James Potter. Désolé, papa, mais c'est un odieux personnage.

Severus plia sa lettre et se servit du hibou de Remus pour envoyer son message à ses parents.

— Bonne nuit, Remy.

— Bonne nuit, Sevy.

Les deux garçons rigolèrent avant de se coucher et ils sombrèrent bien vite dans les bras de Morphée.


Note de l'auteur : Coucou tout le monde ! J'espère que ce chapitre vous aura plu. Je tenais à remercier tous ceux et celles qui m'étaient fidèles depuis le début de cette histoire et j'aimerai remercier tout le monde, ceux qui lisent ma fanfiction et ceux qui la commentent/l'ajoutent en follow ou en favori. Merci à vous tous. Je vous dis à bientôt pour la suite des aventures de Severus Merlin Caledonensis.

Réponses aux reviews anonymes :

Juliana : Salut ma belle. Apries est un personnage complexe et très mystérieux mais il ne fait jamais les choses au hasard. Tu sauras bientôt ce qu'il a fait à Lily-Luna. Merci et à la prochaine.

Le poussin fou : Salut. Tu l'as dit. Cette famille est vraiment atypique, je dois dire. A très bientôt et merci encore.

Les autres reviewers, je vous réponds en mp.

Bises et à la prochaine !