Note de l'auteure : Coucou ! Je suis désolée pour le léger retard. J'ai encore eu des maux de tête qui m'ont tenu clouée au lit sans possibilité de pouvoir sortir de la chambre sauf pour vomir mes tripes. Mais grâce à Merlin, je vais bien. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant que les précédents.

Je remercie tous ceux et celles qui continuent de me soutenir et qui me soutiennent en ajoutant l'histoire en favori ou en follow. J'aime autant les reviews que les ajouts.

Réponses aux reviewers anonymes :

Juliana : Salut ma belle et merci pour ton commentaire. Je suis toujours ravie de te lire. Gros bisous.

Les autres, je vous réponds en MP comme d'habitude.

Bonne lecture à tous et n'hésitez surtout pas à commenter et à donner votre avis. Je ne mords pas. Sachez que vos encouragements sont essentiels pour moi.


18

Six ans plus tard…

— Sev, debout ! hurla une voix enfantine dans son oreille.

— Lilou, je t'en prie laisse-moi dormir encore un tout petit peu, supplia Severus d'une voix endormie.

— Non !

Severus grogna de frustration et ouvrit les yeux pour rencontrer des yeux d'un vert émeraude semblables à ceux de son père. Il se redressa brusquement et se jeta tel un félin sur la petite frimousse brune qui était venu le déranger dans son sommeil. Il attaqua sa petite-sœur avec des chatouilles qui la firent aussitôt rire. Ce joli et merveilleux son emplit instantanément la chambre.

— Sev, je t'en prie, arrête ! cria-t-elle, hilare.

— Pas question.

— Sev…s'il…éclata-t-elle de rire.

Au bout de quelques minutes, il finit par mettre fin au supplice de sa sœur et la laissa respirer. Un sourire s'étala sur les lèvres de Severus en la voyant si heureuse, si insouciante. Il passa machinalement une main dans les cheveux bruns indomptables de sa petite-sœur, lui arrachant un nouveau rire.

— Peux-tu me dire pourquoi tu t'es permise de me réveiller ? demanda-t-il.

— Je m'ennuie toute seule, répondit Lily-Luna. Papa et maman ne me répondent pas quand je frappe à leur porte et je commence à avoir faim.

Severus jeta un coup d'œil au réveil posé sur sa table de chevet et leva les yeux au ciel. Tu m'étonnes qu'ils ne répondent pas, pensa-t-il. Il était à peine cinq heures du matin et Lily-Luna était bien la seule personne du manoir à se lever à des heures aussi incongrues. Et comme toujours, c'était à lui de se charger du petit démon.

— Okay, j'ai compris, soupira-t-il.

Il s'effondra sur le dos et fixa le plafond. Lily-Luna s'approcha et posa sa tête sur sa poitrine, s'allongeant à moitié sur lui. Il passait sa main dans les cheveux de sa sœur, l'air pensif.

— Pourquoi ne vas-tu jamais réveiller, papi ? l'interrogea-t-il.

— Papi n'est jamais dans sa chambre, répondit-elle.

Severus poussa à nouveau un long soupir. Comme toujours, leur grand-père était toujours porté disparu au réveil de Lily-Luna. C'était à croire que lui-aussi fuyait la gamine bientôt âgée de six ans. Il n'hésiterait pas à se servir de cette information pour se moquer de son grand-père. Et dire qu'il croyait que l'immortel n'avait peur de rien ni de personne.

Cela faisait six ans que le pharaon faisait partie de leur vie et qu'il occupait une place importante dans chacun de leur cœur. Apries était devenu en peu de temps un père, un beau-père et un grand-père. Il avait fallu deux longues années à son père pour accepter la partie sombre qui sommeillait en lui. Deux années à essayer de vivre avec sa haine et son amertume. Finalement, ce fut l'amour qu'il portait pour Apries et qu'Apries lui portait qui finit par venir à bout des années de souffrances de son père.

Aujourd'hui, Harry Uther Caledonensis était un homme parfaitement équilibré et absolument heureux. Il avait appris à contrôler sa partie noire et avait fini par fusionner avec sa part sombre, créant un homme nouveau.

— Sev, j'ai faim, pleurnicha Lily-Luna.

— C'est bon, ça va ! grommela-t-il, exaspéré. Il n'y a vraiment que toi pour prendre le petit-déjeuner à cinq heures.

Il quitta son lit et prit sa sœur dans ses bras. Elle était aussi légère qu'une plume. Ils descendirent à la cuisine où Severus se chargea de faire à manger à sa petite-sœur chérie. Normal puisqu'elle était la seule. Il fit cuire quelques œufs comme elle les aimait avec du bacon et pressa quelques clémentines et oranges pour un faire un jus.

— Le petit-déjeuner de mademoiselle est servi, dit-il en posant une assiette devant sa sœur.

— C'n'est pas mamoiselle c'est princesse Lilou, reprit la fillette.

— Veuillez pardonner ma méprise, princesse Lilou, s'excusa-t-il pompeusement.

Lily-Luna gloussa dans ses mains avant de se mettre à manger. Severus regarda sa sœur prendre son petit-déjeuner, picorant dans son assiette. Il n'avait pas très faim et devait avouer qu'il avait encore un peu sommeil. Il reprendrait bien son sommeil où il l'avait laissé mais il doutait fort pouvoir le faire avec une Lilou parfaitement réveillée.

Il écoutait sa petite-sœur parler de Bill et de Charlie Weasley lorsque leur mère entra dans la cuisine, vêtue d'une nuisette et d'un peignoir en soie d'un violet sombre.

— Bonjour, mes chéris.

— Bonjour, m'man.

Lily-Luna sauta de sa chaise et courut se jeter dans les bras de sa mère.

— Serais-tu heureuse de me voir ? la taquina Hermione.

La fillette hocha vivement la tête.

— Hier, tu m'as pas donné mon bisou magique, rappela Lily-Luna.

— Désolé, mon cœur, j'étais un peu occupée hier soir et ton papa et moi sommes rentrés très tard. Tu dormais déjà à notre retour.

— Pourquoi tu m'as pas réveillé ? râla la gamine.

— Parce que tu étais toute mignonne, endormie.

Pour faire taire une énième protestation de sa fille, Hermione déposa un baiser sur sa joue et la reposa sur son tabouret avant de se servir une tasse de café et d'embrasser son aîné sur le front.

— Maman, je ne suis plus un bébé, j'ai dix-sept ans ! s'indigna le jeune homme.

— Même à soixante-dix ans tu resteras toujours mon bébé, répliqua l'ancienne gryffondor en ébouriffant les cheveux de son fils.

— Et tu t'étonnes que je ne te ramène jamais quelqu'un au manoir, marmonna-t-il dans sa barbe.

— Je t'ai entendu, signala-t-elle. Et pour ce qui est de ramener une personne à la maison, je ne m'inquiète pas trop. Tu ne peux pas finir célibataire alors que Remus est sur le point de se lancer, n'est-ce pas ?

— Comment ça Remus est sur le point de se lancer ? demanda-t-il, suspicieux. Que t'a-t-il dit ? Il a quelqu'un en vue ? Je n'ai rien remarqué à Poudlard et pourtant. Et puis, pourquoi se serait-il confié à toi ? Je sais qu'il te considère comme une seconde maman mais de là à te confier sa vie amoureuse…

— Il ne m'a rien dit, l'assura Hermione tout en affichant un sourire malicieux. Juste que les mamans savent des choses que les enfants ont dû mal à intercepter.

— Je croyais que la divination était réservée à tante Luna.

— Luna n'est pas voyante, répliqua sèchement Hermione. Et pour infos, j'ai été jeune avant vous donc ces choses que l'on appelle l'amour, je sais encore les reconnaître lorsque je les vois.

— Remus n'est pas amoureux, rétorqua fermement Severus. C'est mon meilleur ami, il me l'aurait dit s'il en pinçait pour quelqu'un.

— Tout comme Lily est ta meilleure amie et elle a mis un mois avant de te dire qu'elle considérait Simon Avery comme quelque de, je cite, beau et sexy.

— Avery est un sal…ce n'est pas quelqu'un de bien pour elle. Il fait partie des maraudeurs, contra-t-il.

— Ah oui ! Les fameux maraudeurs ! ironisa Hermione en roulant des yeux.

— Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre et le pire dans cette bande d'idiots c'est…

— James Potter, termina sa mère à sa place.

Le simple fait d'évoquer le nom de James Potter suffisait à mettre Severus dans tous ses états. Potter n'avait pas besoin d'être dans la même pièce que lui pour l'irriter au plus haut point.

— Comme si toi et ta bande vous étiez blancs comme neige, railla la brune. Comment vous appelez-vous déjà ?

— Les Renardeurs, maman, les renardeurs.

— Quoi qu'il en soit, tu ferais mieux de t'occuper de ta vie amoureuse inexistante et de laisser tes amis régler la leur. Ils sont grands, Sev et savent ce qu'ils font, lui conseilla-t-elle.

— Parce qu'en plus je dois laisser Lily tenter sa chance avec Avery, fit Severus scandalisé.

— Elle l'apprécie, Sev.

— Moi, vivant, aucun renardeur ne sortira avec un maraudeur ! décréta-t-il avant de quitter brusquement la pièce, saluant son père du bout des lèvres.

Harry pénétra dans la cuisine, perplexe.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Trois fois rien. Juste ton fils qui a décrété que lui vivant, aucun renardeur ne sortirait avec un maraudeur, raconta-t-elle.

— Si ce décret pouvait s'appliquer aussi à lui, grogna Harry.

Hermione secoua la tête, dépitée. Elle avait vraiment deux hommes têtus sous le toit. Difficile de leur faire entendre raison lorsqu'ils étaient fixés sur une idée.

Harry n'avait rencontré James Potter qu'à de rares occasions et avait tout de suite déclaré qu'il détestait ce « gamin arrogant et imbuvable ». Elle devait avouer que James n'était pas un garçon très gentil et qu'il avait quelques défauts qui faisaient enrager son mari et son fils mais de là à le détester ou à le haïr. Elle comprenait chacune des raisons de ses deux hommes mais n'allait certainement pas entretenir cette animosité.

Severus et James allaient finir ensemble tôt ou tard qu'ils le veuillent ou non. Et son époux allait bien devoir s'y faire car Potter deviendrait d'ici peu son gendre. Ce n'était qu'une question de temps. Enfin, de temps, elle commençait sérieusement à en douter. Cela faisait six ans que les deux garçons se connaissaient et ils ne pouvaient pas se voir en peinture. Impossible de les laisser tous les deux dans une même pièce sans déclencher une guerre mondiale.

Hermione commençait à se demander si Trelawney ne s'était pas trompée dans ses prévisions. Après tout, la divination était une branche de la magie qu'elle n'appréciait pas trop. Heureusement, ils n'avaient rien dit à leur fils concernant la prophétie. Inutile de l'alarmer avec les paroles d'une femme qui était pratiquement folle.

— Et si tu venais un peu par ici m'embrasser avant de câliner ta fille, hein ? proposa-t-elle.

— Excellente idée.


Harry s'était enfermé dans son bureau et travaillait depuis quelques heures lorsqu'Apries apparut sous ses yeux, vêtu d'une toge blanche, le corps trempé jusqu'aux os.

Apries alla s'effondrer sur l'un des fauteuils, la respiration saccadée. Harry se leva brusquement pour se précipiter vers l'ancien roi d'Egypte.

— Papa, tout va bien ? s'inquiéta le roi.

Apries ne répondit pas, tentant difficilement de reprendre son souffle. Harry rencontra les prunelles de l'égyptien et recula aussitôt, un frisson d'horreur lui parcourant l'échine.

— Qu'est-ce…qu'est-ce…

— Je suis en train de perdre le contrôle de ma magie, dit Apries.

La sclère des yeux d'Apries autrefois blanche était devenue aussi noire que ses iris, créant ainsi un tableau des plus inquiétants.

— Comment est-ce possible ? demanda Harry.

— Je suis bien trop puissant, Harry, et malgré ma condition d'immortel, mon enveloppe charnelle ne peut contenir autant de pouvoirs. Je ne sais pas ce qui m'arrive mais il est évident que je deviendrais dans peu de temps, extrêmement dangereux pour vous, répondit Apries.

— Mais tu as contenu cette puissance pendant des millénaires, tu…

— Mon âge m'a permis d'accroître mes pouvoirs, l'interrompit l'égyptien en secouant la tête.

— On va trouver une solution. On finira par trouver quelque chose. Hermione pense que nous pourrons trouver un remède à ton immortalité. Il faut juste un peu de temps.

— Mon fils, murmura Apries avec tendresse.

Il caressa tendrement la joue d'Harry et posa son front contre le sien, fermant les yeux.

— L'immortalité me pèse, fils.

Le cœur d'Harry se serra douloureusement dans sa poitrine en entendant ces paroles. Il savait qu'Apries était las de cette situation. Combien de fois l'avait-il vu essayer tout un tas de sortilèges mortels dans l'espoir de pouvoir se tuer ? Il avait usé de toutes les méthodes possibles et inimaginables mais jamais aucune n'avait donné satisfaction à l'homme, le laissant à chaque échec malheureux ou en colère.

— Je ne suis pas prêt, dit Harry.

Apries recula et sourit tristement.

— Tu ne le seras jamais, déclara-t-il.

— Je…j'aimerais pouvoir t'aider…je… Arrgh ! s'énerva Harry.

— Je finirais définitivement par perdre le contrôle, Harry. Je ne sais combien de temps je pourrais tenir ainsi mais si jamais je n'étais plus moi-même, j'espère que tu n'hésiteras pas à faire ce qui est nécessaire pour protéger ta famille… de moi.

— Tu ne perdras pas le contrôle, contesta le roi sorcier.

— Si, répliqua Apries. Je suis en train de le perdre.

Apries retira l'amulette qu'il portait autour du cou qu'il plaça entre les mains d'Harry. L'amulette représentait un œil humain fardé et souligné de deux marques colorées caractéristiques du faucon pèlerin. L'iris de l'œil était une pierre précieuse, le lapis lazuli. Une pierre très sacrée pour les égyptiens de l'Égypte antique.

— Tant que tu porteras cette amulette autour de ton cou, tu seras sous la protection d'Horus, dit Apries.

— Papa…

— Je vais méditer un peu. Je serais absent pendant quelques semaines. Veille à ce que Lily-Luna ne déplace pas une fois de plus, mon sarcophage. J'aimerais ne pas avoir à me réveiller dans les profondeurs de l'océan Arctique, grogna Apries.

— Ce n'est qu'une enfant, papa, et c'était de la magie accidentelle.

— Une fois ou deux passerait pour un accident mais plusieurs fois de suite, j'en doute !

— Très bien, rigola Harry, j'en parlerai avec elle.


Le 1er septembre 1977, Severus Merlin Caledonensis tirait son chariot, slalomant au milieu d'une foule dense presque compacte. Il était talonné de près par ses parents qui s'arrêtaient quelques instants pour saluer les nombreux sorciers qui souhaitaient tenir au moins une fois la main de leurs bien-aimés souverains.

En peu de temps, Harry et Hermione Caledonensis étaient devenus des souverains adulés par leur peuple. Ils avaient remaniés le monde sorcier et instaurés d'autres coutumes qui faisaient de la communauté sorcière anglaise la plus puissante du monde.

La supériorité des Sang-Pur avait été abolie et tous les sorciers se traitaient d'égal à égal. Il n'y avait plus de sang-mêlé ou de né-moldu, simplement des sorciers. Les enfants dont la famille prônait la supériorité du sang avaient été placés dans des familles d'accueil tandis que leurs parents purgeaient des peines lourdes à Azkaban qui était gardé par des sorciers et non plus par des Détraqueurs.

Les enfants Black, Sirius et Regulus, avaient été récupérés par leur oncle qui s'occupait d'eux comme un père aux côtés de son épouse, Ginny. Ensemble, ils avaient eu un petit garçon prénommé Cygnus.

Simon Avery avait été confié à la famille Weasley. Après un premier temps d'adaptation difficile, Simon finit par s'habituer à sa situation et à considérer les Weasley comme étant désormais sa famille.

En six ans, beaucoup de choses avaient changé dans l'entourage de Severus. Ses oncles et ses tantes avaient quitté le manoir quelques mois après leur installation, allant chacun vivre à l'autre bout du pays.

Dray et Ronald avaient acheté une magnifique demeure dans le nord de l'Angleterre et peu de temps après, Dray donnait naissance à un magnifique petit garçon à quelques jours d'intervalle de Killian. Le couple Malfoi-Weasel avait nommé leur enfant Scorpius tandis que Killian et Alexein nommaient leur bébé Nekilxein, une combinaison des prénoms Nessa, Killian et Alexein.

Après la naissance de leur enfant, Killian et Alexein s'étaient mariés lors d'une cérémonie intime dans le sud de la Russie. Les deux hommes avaient fini par accepter Lucius et à le considérer comme un ami, constatant que Nessa était bien plus heureuse à ses côtés qu'aux leurs.

La vélane-métamorphomage était devenue Nessa Malfoy et elle avait donné naissance à un garçon qu'ils prénommèrent Armand.

Quant à Luna et Neville, ils s'installèrent dans une petite maison de campagne et élevaient leurs deux garçons, Lysander et Lorcan, au bord de la mer à Tinworth, un village semi-magique situé dans les Cornouailles.

Le train siffla, annonçant le départ. Les enfants dirent une dernière fois au revoir à leurs parents avant d'embarquer dans la locomotive. Severus embrassa une dernière fois sa famille et promit à sa petite-sœur de lui écrire aussi souvent que possible et qu'elle-aussi, un jour, elle prendrait ce train pour étudier dans la célèbre école de sorcellerie.

— On t'aime, mon chéri ! lança Hermione alors que les portes du train se refermèrent derrière son fils.

Severus mima un « Je t'aime » et leur fit un dernier signe avant d'aller chercher ses amis. Ils ne les avaient pas revus depuis un mois en partie parce qu'il avait été en voyage avec ses parents et parce que chacun d'eux avait eu d'autres occupations à la fin de l'été.

Il finit par trouver ses amis tout au fond du train dans un compartiment qui réunissait leur petite bande ainsi que le jeune Black, Regulus, qu'ils avaient plus ou moins intégré dans leur groupe.

— Enfin ! On a bien cru que tu allais rater le train et arriver à l'école à bord du carrosse royal, dit Remus taquin.

— Et rater l'occasion de passer du temps avec mon loup adoré ? répliqua Severus sur le même ton. Jamais ! Je ne t'ai pas vu pendant un mois et crois-moi, j'ai failli en mourir.

— Mais il fallait me le dire que je te manquais tant que ça, je t'aurais envoyé une photo de moi ainsi qu'un pull qui portait mon odeur.

— Mais ça peut se faire maintenant, tu sais.

Severus alla s'installer confortablement sur les genoux de son meilleur ami et nicha son nez dans le cou de Remus.

— Tu m'as terriblement manqué, murmura-t-il contre la peau du lycanthrope.

— Toi aussi.

— Et nous alors ? se vexa faussement Lily.

Severus se redressa et jeta un regard blasé à sa meilleure amie.

— Vous m'avez manqué mais pas autant que Moony. De plus, vos réponses à mes lettres étaient expéditives, comme si vous n'aviez pas très envie de me parler.

— Je t'avais dit dans mes lettres que j'étais occupée, se défendit Pétunia.

— Occupée à quoi ? demanda-t-il.

— À faire plein de choses, éluda la blonde.

— Comme ?

— Lâche le gnome, Sev, conseilla Remus. Tunie ne te répondra pas. On a bien essayé d'en savoir plus mais elle reste muette comme une tombe.

— Et toi ? C'est quoi ton excuse pour m'avoir pratiquement évité durant la fin de l'été ? demanda Severus en s'adressant à Lily.

Lily piqua un fard et tourna la tête vers la fenêtre, faisant mine d'admirer le paysage.

— Lil' ?

— N'ai-je donc pas droit à un peu d'intimité ? Suis-je tout le temps obligée de te justifier tous mes faits et gestes ! s'énerva soudainement la gryffondor.

— Je…

— Si je veux sortir avec Simon en quoi est-ce ton problème ? le coupa-t-elle en se levant brusquement de la banquette, des larmes roulant sur ses joues. Lui, il…il est gentil et attentionné envers moi. Il s'intéresse à moi et je compte pour lui. Il m'aime bien alors en quoi est-ce un problème ?

Lily ne laissa pas le temps à Severus de répondre qu'elle quittait subitement leur compartiment, laissant le jeune homme interloqué. Severus reprit ses esprits et bondit sur ses pieds pour aller à la poursuite de sa meilleure amie mais Regulus le retint par le bras.

— Elle a besoin d'être un peu seule, dit le jeune Black.

— Qu'ai-je dit de mal cette fois-ci ? Je n'ai même pas critiqué, Avery.

— Pas encore, railla Remus sarcastique.

— Ce n'est pas ce que tu as dit mais plutôt ce que tu ne dis pas et que tu ne fais pas, dit Pétunia.

— J'ne comprends pas.

— Le contraire m'aurait étonné, ironisa la serpentarde.

— Lily attend visiblement quelque chose de ta part qu'elle sait que tu ne seras jamais en mesure de lui donner, du moins, que tu n'es pas en mesure de donner. Elle aimerait entendre certaines choses venant de toi mais elle sait que c'est impossible donc elle essaie de se faire une raison, expliqua Regulus.

— En anglais facile, ça donne quoi ? grogna Severus.

Pétunia leva les yeux au ciel tandis que Regulus secoua la tête, désappointé.

— Elle est amoureuse de toi, crétin ! révéla Remus.

— Oh ! fit Severus, désarçonné.

Il ne se serait jamais attendu à une telle révélation.

— Elle t'aime et ça lui fait du mal parce que tu en pinces pour quelqu'un d'autre, poursuivit Regulus.

— Quoi ? s'écria-t-il, stupéfait. Mais je n'en pince pour personne !

— Oh pitié, Sev ! Tu peux bien te mentir à toi-même mais pas à nous, répliqua Pétunia, agacée. Tu crois qu'on ne voit pas ton petit manège avec Potter ?

— Que…Quoi ?

— Vous passez votre temps à vous chercher des noises. Quand ce n'est pas un qui commence, c'est l'autre qui le fait. À tous les deux, vous avez réussi à obtenir le nombre de retenues jamais encore enregistrées à Poudlard. Votre simple rencontre réussit à faire trembler les fondations de l'école !

— C'est cet imbécile qui passe son temps à m'attaquer et au cas où tu l'aurais oublié, vous-aussi vous détenez quelques records concernant les retenues. Tu peux bien parler, toi ! Parce que tu penses qu'avec Longbottom, vous êtes exempts de toutes critiques ? Je te rappelle que vous avez failli détruire la forêt interdite l'an passé rien qu'avec votre dispute puérile ! répliqua Severus.

Pétunia ouvrit la bouche pour protester mais n'avait pas trouvé de répartie assez cinglante pour remettre son ami à sa place et devait convenir qu'il n'avait pas tout à fait tort.

— Et toi, Moony.

Remus écarquilla les yeux, l'air de dire « qu'est-ce que j'ai fait ? ».

— Ne fais pas cette tête-là, on sait tous très bien que tu n'es pas aussi saint que tu ne le laisses croire, attaqua Severus. Toi et Black détenez un impressionnant record de retenues. Grâce à vous, les cachots de Slughorn n'ont jamais été aussi brillants et propres. Vous avez fait un plus grand boulot que Potter et moi dans la salle des trophées. Au cas où tu aurais la mémoire courte, mon très cher ami, Black et toi aviez envoyé le professeur Sprout à l'hôpital…

— C'était un accident ! se défendit le serdaigle.

— Ouais comme la fois où vous aviez stupéfixié le concierge.

— Je visais Black, jamais je n'aurais pu deviner que Filch se serait trouvé dans ce couloir !

— Et…

— Assez ! tonna Pétunia, excédée. On a parfaitement compris ce que tu essaies de dire, Severus, mais il n'empêche que Lily est amoureuse de toi et qu'elle pense, avec des raisons certaines, n'avoir aucune chance avec toi. Alors, elle préfère se donner une chance avec Avery car comme elle l'a dit, il s'intéresse à elle et même si ça me fend le cœur de l'avouer, je crois bien que cet imbécile est amoureux de ma sœur.

Pétunia se leva et plongea son regard dans celui de Severus.

— Je vais la chercher. Je crois qu'il est temps que vous puissiez enfin avoir une discussion tous les deux, dit-elle avant de quitter leur compartiment.

Severus jeta un regard incertain à son meilleur ami avant de pousser un long soupir. Pétunia revint quelques minutes plus tard en compagnie de sa petite-sœur. Elle laissa passer Lily dans le compartiment et fit signe à Regulus et Remus de sortir.

Severus et Lily se retrouvèrent seuls, un silence pesant planant dans le compartiment tandis que le train défilait à vive allure.

— Lily, je…

— Je sais, le coupa-t-elle avec un sourire triste. Et sache que je ne t'en veux pas.

— Ce n'est pas ça, d'accord ?! s'énerva-t-il. C'est… c'est juste que…jamais je n'aurais pu imaginer que tu tomberais amoureuse de moi. Je…je t'imaginais plutôt tomber amoureuse de Potter.

— Tomber amoureuse de James Potter ? ricana-t-elle, stupéfaite. Tu m'imaginais vraiment tomber amoureuse de ce parfait crétin, arrogant et prétentieux ?

Severus lança simplement un regard désabusé à la rouquine. Bien évidemment qu'il pensait qu'elle tomberait amoureuse de Potter puisque son père était la preuve vivante qu'un James Potter et une Lily Evans étaient tombés amoureux l'un de l'autre pour lui donner naissance. Et il avait pensé que l'histoire se répèterait à nouveau même si sa mère lui avait maintes fois assuré que leur futur serait différent de leur passé. Il n'avait pas voulu y croire ou n'y avait tout simplement pas prêté attention.

— Eh bien, dans une autre vie, dans un autre monde, tu aurais bien pu tomber amoureuse de lui et te marier avec lui pour ainsi fonder une famille, dit-il.

— Crois-moi, cela n'arrivera jamais car je ne pourrais pas tomber amoureuse d'un mec comme lui, lui assura Lily. Il n'est vraiment pas mon type.

— Mais pourquoi moi ? demanda Severus, perdu.

Que s'était-il passé cette fois-ci pour que sa meilleure amie tombe amoureuse de lui ?

— Il n'y a pas de réelles raisons, Sev. Je t'aime et c'est tout dont je suis certaine. Ai-je besoin de raisons valables pour pouvoir t'aimer ? Tu es quelqu'un de bien, de gentil, d'intelligent. Tu es attentionné et tu serais prêt à sacrifier ta vie pour tes amis. Je t'aime tout simplement parce que tu es toi. Je ne sais pas à quel moment ça a commencé mais je crois que j'ai toujours été amoureuse de toi. D'aussi loin que je m'en souvienne, ça toujours été toi, répondit-elle.

— Lily.

— Tout comme je sais que jamais tu ne me retourneras mes sentiments. Ton cœur appartient déjà à quelqu'un d'autre. Au début, j'ai pensé que c'était de Remus dont tu étais amoureux mais ce n'est pas lui.

— Comment peux-tu en être certaine ? l'interrogea-t-il.

— Parce que c'est évident. Remus et toi, vous vous aimez mais pas de cette façon-là. Ton cœur s'est épris de quelqu'un d'autre et je l'ai su en observant tes parents.

Severus fronça les sourcils, perplexe.

— Tes parents ont une façon de s'aimer qui rendrait jalouse n'importe quelle personne. Il y a tellement d'amour dans leur regard et chacun de leur geste est anticipé par l'autre. Ils sont tellement connectés l'un à l'autre qu'ils n'ont plus besoin de mots pour communiquer. Ils ont juste besoin d'un regard, d'un geste et tout est compris. Et je retrouve cette connexion entre toi et Potter, expliqua-t-elle.

— Quoi ? s'indigna Severus.

— Oh, s'il te plaît, Sev ! Arrête de faire l'imbécile deux minutes, tu veux ? Si tu voyais seulement ce que nous observons, tu saurais et tu comprendrais. Il n'y a que Potter qui réussit à te faire vibrer. Il vous suffit d'un seul regard pour plonger dans cette haine qui vous fait vivre depuis tant d'années. D'un seul geste insignifiant pour que tout explose. Il sait comment te blesser et tu sais comment lui faire du mal. Vous vous connaissez si bien que vous n'avez plus besoin de parler pour vous comprendre. Et seul Merlin sait le nombre de fois que vous aviez engagé un duel sans que l'un d'entre vous ne prononce un seul mot ! Votre amour est une parallèle de celui de tes parents sauf que Potter et toi entretenez un amour violent presque sauvage, continua-t-elle.

— Je ne suis pas amoureux de Potter ! réfuta-t-il.

— Ouvre les yeux, bon sang ! Tu l'aimes et cela se voit à des milliers de kilomètres à la ronde ! s'exclama la lionne, exaspérée. Vous êtes bien les seuls à ne pas voir ce qui vous pend au nez.

— Lily, je…

— Oh ferme-la ! l'interrompit-elle. Je vais bien, Sev et sache que je ne t'en veux pas. Je ne t'en voudrais jamais pour quelque chose dont tu n'es pas responsable et que tu ne peux pas contrôler. Tu es un enchanteur et il est évident que je ne suis pas faite pour toi sinon tu l'aurais chanté pour moi, n'est-ce pas ? Après tout, nous sommes amis depuis longtemps.

— Bien sûr, dit-il vivement.

— C'est en partie pour cela que je me suis faite une raison, reprit-elle. Et puis, Simon est amoureux de moi. Il est aussi crétin que Potter mais quel garçon ne l'est pas à leur âge ? Le plus important n'est-il pas d'être aimé ? Ne dit-on pas « aime celui qui t'aime » ?

— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de sortir avec Avery si tu ne l'aimes pas. Tu lui feras du mal et tu t'en feras à toi-aussi. Je me fiche bien de savoir si cet idiot souffre, moi, je m'inquiète pour toi. Si tu ne l'aimes pas et si tu ne penses pas pouvoir l'aimer alors oublie cette idée saugrenue d'aller avec un homme juste parce qu'il t'aime. Ce n'est pas suffisant pour construire un couple.

— Je le sais et je te promets que j'apprécie énormément, Simon. Je lui ai demandé de me laisser du temps avant que l'on entreprenne quelque chose ensemble. On essaie pour l'instant d'être ami et après on verra bien pour la suite, expliqua Lily.

Severus grogna, puis se leva pour s'asseoir près de sa meilleure amie. Il posa ses deux mains sur le visage de Lily et plongea son regard dans celui émeraude de la lionne.

— Une seule chose dont je puisse être sûr et certain si je n'avais jamais été adopté par mes parents et que ma vie avait été différente, sois sûre que je serais tombé amoureux de toi, éperdument fou amoureux de toi. Je n'aurai aimé que toi et personne d'autre, Lil'. Pour cet amour et au nom de l'amour que je t'aurais porté, j'aurais été prêt à tout sacrifier, même ma vie. Pour toi et uniquement en ton nom.

Lily laissa couler quelques larmes, le regard plongé dans celui de Severus.

— Je t'aime.

Severus essuya ses larmes et déposa un baiser sur son front.

— Moi aussi.

Remus, Regulus et Pétunia firent leur retour et pénétrèrent dans le compartiment à peine quelques minutes. Severus savait qu'ils avaient entendu leur conversation et n'en était pas vraiment surpris. Ils auraient fini par tout savoir de toute manière.

— Vous ne connaissez pas la dernière, fit Pétunia.

— Quoi ? demanda Severus.

— Potter a été nommé Préfet-en-Chef, annonça-t-elle.

— Quoi ?

— On l'a croisé tout à l'heure en train de faire une ronde dans le couloir se pavanant avec son insigne, renifla dédaigneusement la serpentarde.

— Comment ce prétentieux fini a-t-il pu devenir Préfet-en-Chef ? se demanda Severus, abasourdi.

— Aucune idée, répondit Regulus en haussant les épaules.

— Et qui est la préfète-en-chef ?

— Alice Aesalon, cracha Pétunia. Cette place aurait dû revenir à Lily.

Personne ne contesta les dires de la serpentarde car ils partageaient tous son avis. Lily aurait été une meilleure préfète-en-chef qu'Alice mais il en avait été décidé autrement.

Leur compartiment s'ouvrit et ce fut sans surprise qu'ils découvrirent James Potter à l'embrasure de la porte, un sourire aux lèvres, découvrant ses dents blanches parfaitement alignées. À son bras, une élève de gryffondor qui affichait un air suffisant.

Derrière lui, toute sa bande d'amis au complet. Simon Avery, Sirius Black et Frank Longbottom qui tenait la main d'Alice Aesalon dans la sienne.

— Tiens…tiens… les renardeurs, susurra James.

— Dégage, Potter ! lança Severus.

— Cinq points en moins, Caledonensis, dit le gryffondor avec un sourire satisfait. Je te ferais savoir que je suis Préfet-en-Chef et que les injures à l'encontre de ses supérieurs ne sont guère tolérées.

Severus se retint difficilement de se jeter sur Potter et de faire disparaître ce sourire satisfait qui l'horripilait au plus haut point. Il crispa furieusement sa mâchoire et serra les poings, en colère. Ils n'étaient même pas encore arrivés à Poudlard qu'il était dans tous ses états.

— Que veux-tu, Potter ? Faire le bouffon aux côtés de ta bande d'idiots de copains et de la fausse blonde qui se croit au-dessus de tout le monde ? railla Pétunia.

— Serais-tu jalouse, Evans ? répliqua narquoisement Alice.

La préfète-en-chef se colla un peu plus à Frank, se retrouvant ainsi contre son torse. Pétunia se mordilla la lèvre, s'empêchant difficilement de répondre à la gryffondor qui la narguait ouvertement. Elle pourrait dégainer sa baguette magique et provoquer la lionne en duel mais elle n'allait certainement pas lui faire ce plaisir-là.

Elle ravala difficilement sa fierté et toisa dédaigneusement Alice.

— Je n'éprouverais jamais de jalousie envers des Troll dans ton genre, rétorqua-t-elle.

— Espèce de…

Alice s'était avancée pour se jeter sur Pétunia mais elle fut retenue par Frank qui croisa le regard de la serpentarde.

— Elle n'en vaut pas la peine, mon amour, dit-il d'une voix mielleuse en appuyant sur les deux derniers mots.

Pétunia fusilla le blond du regard, son cœur se comprimant douloureusement dans sa cage thoracique. Elle sentit ses yeux piquer et cligna des paupières pour repousser au loin les larmes qui menaçaient de couler.

— Tu fais bien de la retenir car nous savons tous ici que le courage et l'intelligence sont des qualités qui vous font affreusement défauts, lança Remus goguenard.

— Pour qui te prends-tu pour pouvoir nous parler de courage ? répliqua Sirius. Je te rappelle que nous sommes des lions.

— Continue de te cacher derrière ta maison et peut-être finiras-tu par avoir une once de courage, rétorqua Remus.

— Répète un peu pour voir, le défia Sirius, sa baguette pointée sur lui.

— Allons-y, les gars. Nous arrivons bientôt à la gare et nous devons nous changer, intervint Simon.

Les deux groupes s'affrontèrent du regard un long moment avant que James ne lance un dernier regard à Severus avant de s'en aller, très vite suivi par le reste de son groupe. Simon croisa un instant le regard de Lily et lui fit un signe de tête avant de rejoindre ses amis.

— Merlin ! Il m'énerve ! ragea Severus.


Lorsque tous les élèves eurent été répartis, le professeur McGonagall roula son parchemin et emporta le Choixpeau. Le directeur s'était levé, le visage rayonnant comme à son habitude.

— Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Votre maison est votre nouveau foyer mais l'école représente votre famille. La compétition est une bonne chose, de temps à autre, mais n'oubliez jamais l'essentiel et à qui s'adresse votre loyauté. Et maintenant, dit-il, en repoussant ses lunettes qui avaient glissé, voici quelques annonces. Comme toujours, la Forêt Interdite est strictement défendue à tous les élèves, de tous les niveaux. Et soyez certains qu'il ne s'agit pas simplement d'un avertissement pour la forme. Les « première année » peuvent demander aux autres élèves – sauf à Mr Frank Longbottom et à Miss Pétunia Evans, dont les conseils sont définitivement à éviter – des renseignements sur les dangers qui existent en ne tenant pas compte de cette règle de sécurité.

Pétunia afficha une mine scandalisée à la remarque de Dumbledore.

— Et pour terminer, une dernière annonce d'importance, dit le directeur tandis que le brouhaha s'apaisait quelque peu. Vous avez pu remarquer qu'il y a une chaise vide à la table des professeurs sur l'estrade. Mais ne vous inquiétez pas, nous avons déjà un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, à la fois qualifié et même expert sur le sujet. Il arrivera demain après-midi, en même temps qu'un groupe d'élèves, de professeurs et autres sorciers, dans le cadre d'un échange international d'un genre nouveau. J'espère vous voir tous, demain après-midi, dans la grande cour, pour l'arrivée de la délégation américaine de l'école Ilvermorny, au nom du Département administratif du ministère des Affaires étrangères de la Magie.

Plusieurs cris surpris, mêlés de remarques ironiques, firent irruption dans la Grande Salle, tandis que les étudiants se mettaient immédiatement à commenter cette annonce plutôt incroyable.

— Qualifié et expert, hein ? releva Pétunia sarcastique. À croire qu'il a oublié les professeurs des années précédentes. On a pratiquement rien appris dans cette matière en six ans.

— Un échange scolaire, vous ne trouvez pas ça génial ? demanda Lily.

— Si on veut, répondit Remus en haussant les épaules, indifférent.

Severus ne prenait pas part à leur discussion, perdu dans ses pensées. Il était encore chamboulé à cause de la conversation qu'il avait eue avec Lily un peu plus tôt dans le train à propos de Potter. Il leva les yeux de son assiette et chercha Potter dans la salle. Il était cette fois-ci assis à la table des Serpentard aux côtés d'Avery qui semblait être dans un débat passionné avec Black et Longbottom. Potter hochait la tête de temps en temps.

Le gryffondor sentit sûrement son regard car il redressa la tête et se tourna vers lui. Il ne parut pas surpris de savoir qu'il l'observait. Il lui sourit simplement, d'un de ces sourires rares qu'il ne réservait qu'à lui puis il reporta son attention sur ses amis, se mêlant cette fois-ci au débat.

— Sev !

— Hein ? Quoi ?

— Qu'est-ce que tu fixes avec autant d'intensité depuis tout à l'heure ? le questionna son meilleur ami qui se tourna pour fixer l'endroit où se trouvait les maraudeurs.

Remus se retourna vers lui et haussa un sourcil, incrédule.

— Potter, hein ? le taquina-t-il.

— Ce n'est pas du tout ce que tu crois.

— Si tu le dis.

Au ton employé par le loup-garou, il savait que Remus ne le croyait même pas une seule seconde. Il préféra changer de sujet, ne voulant guère discuter de Potter. Il lança la discussion sur le quidditch et ils parlèrent de la ligue nationale pendant tout le repas avant d'aller se coucher.

Comme toujours, Severus alla se coucher dans le dortoir des aigles. Il aimait dormir aux côtés de Remus et préférait nettement se blottir contre lui la nuit. Mais il arrivait parfois qu'il fasse une exception et qu'il aille dormir dans le dortoir des Serpentard.

Lorsqu'il était en troisième année, il avait alterné entre le dortoir des serpents et des aigles. Chez les serpents, il dormait avec Regulus.

Ce fut blotti dans les bras de son meilleur ami qu'il s'endormit, songeant à la journée qu'il allait passer le lendemain.