Réponses aux reviewers anonymes :
Le poussin fou : Merci pour le commentaire.
Juliana : Heureuse de toujours te lire, en espérant que ce nouveau chapitre te plaira.
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Aux Caledonensis !
Severus s'était levé très tôt le lendemain et avait décidé d'écrire une lettre à ses parents. Il fouilla dans ses affaires scolaires un parchemin ainsi qu'une plume et son encrier avant de s'installer sur son lit, délaissant celui de Remus pour laisser le loup-garou dormir encore un tout petit peu.
Il se mit aussitôt à écrire, veillant à ne pas tâcher les draps d'encre.
Chère maman, cher papa,
Il est inutile de vous dire que je vais parfaitement bien et que notre retour à Poudlard s'est bien passé. Maman, je crois que tu avais raison à propos de Lily et d'Avery mais aussi concernant Remus et Pétunia. Je me suis rendu compte hier que nous avions grandi et qu'il était temps pour nous de mûrir. Ça me fait mal de le dire mais si Lily trouve le bonheur aux côtés d'Avery alors j'en serais moi-aussi heureux. Qu'importe la personne avec qui elle partagera sa vie, du moment qu'elle est heureuse, tout me convient, même si c'est un crétin suffisant comme Avery.
Papa, j'aimerais que tu m'en dises un peu plus sur l'âme sœur des Enchanteurs s'il te plaît. Raconte-moi encore comment tu as su que c'était maman la bonne personne. Comment es-tu tombé amoureux d'elle ? Je suis un peu perdu en ce moment et j'ai besoin de tes conseils.
Embrassez Lilou de ma part et dîtes-lui que j'ai hâte de revenir à la maison. Elle me manque déjà.
Au fait, pourriez-vous demander à papi de me rendre visite cette nuit ? J'ai besoin de m'entretenir avec lui. Oh, j'allais oublier, il y a aussi une délégation de sorciers américains qui doit arriver dans la journée. Une sorte d'échange scolaire selon Dumbledore mais parmi les élèves, l'avis est plutôt mitigé et je ne sais pas si cet échange est une bonne chose mais vous devriez sûrement être au courant puisque oncle Dray est le ministre des Affaires Étrangères.
Votre fils,
Severus.
P.S : Je vous aime.
Severus quitta silencieusement le dortoir et se rendit à la volière. Son hibou, un Grand-duc de Blakiston aussi connu sous le nom de Kétoupa de Blakiston vola jusqu'à lui et vint se poser sur son bras, picorant doucement ses doigts. Severus sourit au rapace et caressa les plumes l'oiseau.
— Moi aussi, je suis content de te revoir, Haru.
Il avait nommé ainsi son hibou parce que c'était un oiseau que l'on retrouve dans l'extrême nord-est de l'Asie et au Japon. Et Haru signifiait simplement ''printemps''. Au Japon, le printemps était une saison particulièrement appréciée et Severus devait avouer que c'était sa saison favorite.
— Porte ce message à la maison, veux-tu ?
L'oiseau leva la tête, s'étira, gonfla ses plumes et sembla doubler de volume. Enfin, il tendit une patte. Severus confia la lettre au Grand-duc de Blakiston qui ouvrit ses ailes immenses et se lança vers le ciel. Severus suivit le hibou et l'observa avant de ne plus l'apercevoir dans le bleu lointain des montagnes. Il retourna dans le dortoir de Serdaigle et découvrit que Remus était déjà levé et qu'il sortait à peine des douches.
— T'étais où ? le questionna Remus.
— Quel accueil ! railla sarcastiquement Severus. Si tu veux tout savoir j'étais à la volière. Je viens d'envoyer une lettre à mes parents.
— Excuse-moi si je demande ce que tu faisais dehors aussi tôt mais tu sais qu'à chaque fois que tu es hors du dortoir à une heure pareille, il ne se passe jamais rien de bon par la suite, dit Remus.
— Je n'ai rien fait, okay ?! Je ne prépare aucun coup et la tour Gryffondor existe toujours. Il n'y a pas eu d'explosion et l'école est intacte. Rassuré ? grogna Severus, irrité.
— Très, fit Remus en esquissant un sourire amusé. Dépêche-toi, je meurs de faim.
Severus se contenta d'envoyer un regard noir à son meilleur ami avant d'aller pester sous la douche contre un loup-garou un peu agaçant. Il revint fraîchement habillé et quitta leur chambre avec Remus pour la Grande Salle. Ils ne furent guère surpris de voir Lily et Regulus déjà installés à la table des lions.
— Coucou !
— Salut !
Severus s'installa en face de Lily tandis que Remus prenait place à ses côtés comme d'habitude.
— Où est Tunie ? demanda-t-il, surpris de ne pas voir la serpentarde.
— Je ne sais pas ce qu'elle a ce matin mais elle n'a pas voulu quitter notre salle commune. Elle a dit qu'elle ne viendrait pas pour le déjeuner mais qu'elle nous rejoindrait dans la cour principale tout à l'heure, répondit Regulus.
— Elle prépare un nouveau coup ? questionna Remus.
— Si tel était le cas, elle nous l'aurait déjà dit, répondit Lily. Je ne pense pas. Elle était bizarre hier lorsque l'on s'est quitté pour rejoindre nos dortoirs respectifs. Ce n'est pas le genre de Tunie mais je crois qu'elle était…hum…triste.
— Triste ? relevèrent Severus et Remus estomaqués.
Il était impossible d'associer Pétunia Evans avec le mot tristesse. Pétunia était tout, sauf triste. Pétunia était une peste, une farceuse, une malicieuse mais certainement pas triste. Pétunia avait toujours démontré qu'elle était une fille forte en toutes circonstances et la tristesse était un mot qui ne faisait pas partie de son vocabulaire parce que rien ne l'atteignait.
— Ouais, confirma Regulus. Elle a changé de comportement après notre altercation avec les maraudeurs. Je pense qu'elle n'a pas apprécié de voir Longbottom avec Aesalon.
— Une minute, Reg, fit Severus perplexe. Serais-tu en train de dire que notre Tunie, la Pétunia que nous connaissons, celle que nous fréquentons depuis notre enfance, la reine de Serpentard, la fille la plus populaire de l'école serait jalouse ?!
Regulus roula des yeux.
— Oui, répondit-il.
Remus recracha son jus de citrouille tandis que Severus poussa un cri qui alarma les autres étudiants qui se tournèrent vers lui tout en se demandant ce qui était en train de se passer pour que l'héritier du trône se mette à crier comme une chèvre que l'on allait égorger pour récupérer le Bézoard qui se trouvait dans son estomac.
— Tu n'es pas sérieux, dit Severus abasourdi. Pétunia ne peut pas être jalouse. Encore moins d'Aesalon. Cette fille ne vaut pas le millième de Tunie. Elle est dix mille fois mieux que cette pimbêche !
— Je suis d'accord avec toi mais Alice sort avec Longbottom donc Tunie en est jalouse, qu'importe qu'elle soit mille fois mieux que cette fille, répliqua Lily.
— Mais que peut-elle bien trouver à cet idiot de Longbottom ? demanda Severus, incrédule.
— Et toi, que peux-tu bien trouver à ce prétentieux de Potter ? rétorqua Remus.
— Je n'ai pas le béguin pour Potter ! s'énerva Severus.
— Si tu le dis.
— Quand on parle du loup, ou plutôt du cerf, dit Regulus.
Severus leva les yeux vers l'entrée de la Grande Salle et vit son ennemi juré entrer dans la salle en compagnie de sa troupe. Il vira aussitôt à un rouge pivoine lorsqu'il vit son animal de compagnie accroché à la taille du gryffondor tel un paresseux s'accrochant à un tronc d'arbre.
— Potter, grogna-t-il entre ses dents, furieux.
Il se leva brusquement et se précipita vers le brun en pointant son doigt vers lui, écumant de rage.
— Sale voleur ! cria-t-il. Qu'est-ce que mon singe fait avec toi ? Où l'as-tu eu ?
— Tu ferais mieux de te calmer, Caledonensis, conseilla froidement le lion.
— Me calmer, hoqueta Severus, ahuri. Comment veux-tu que je me calme alors que je m'aperçois que c'est toi qui as volé mon Demiguise alors qu'il a disparu depuis l'été ?! Tu m'as volé mon singe et tu me demandes de me calmer ?
Remus, Regulus et Lily s'étaient précipités vers leur ami pour éviter un esclandre dans la Grande Salle. Ils savaient qu'en une seconde, les deux garçons pouvaient déclencher l'apocalypse dans la salle et l'année scolaire venait à peine de commencer.
— Severus, fit Regulus qui tentait d'apaiser le jeune homme.
— Je n'ai pas volé ton singe, d'accord, dit sèchement James. Tu ferais mieux de faire attention à ton animal de compagnie et me remercier d'avoir pris soin de lui pendant tout ce temps. J'aurais très bien pu le lâcher dans la nature et l'abandonner à son propre sort.
— Parce qu'en plus je devrais te remercier d'avoir volé mon singe ?! s'étrangla Severus, stupéfait.
— Ton singe a pris la fâcheuse habitude de me rejoindre chaque fin d'année scolaire dans mon compartiment et de dormir dans mes affaires. Ce n'est pas de ma faute s'il me trouve irrésistible et veuille passer son été avec moi plutôt qu'avec son maître, lâcha James goguenard.
— Parce qu'il était avec toi pendant tout ce temps ! s'exclama Severus, ahuri.
Il n'arrivait pas à y croire. À la fin de chaque année scolaire, Rafiki disparaissait mystérieusement et ne réapparaissait qu'à la rentrée. Ses parents l'avaient rassuré la première année de la disparition de Rafiki que le Demiguise avait parfois besoin de liberté et qu'il reviendrait vers lui plus tard. Et effectivement, le singe était revenu à chaque rentrée, restant à ses côtés pendant toute l'année scolaire avant de disparaître pendant les vacances mais jamais il n'aurait pu se douter que son animal de compagnie passait l'été avec son ennemi !
— Et j'aurais pensé que Regulus t'aurait averti de la présence de ton singe à mes côtés, rajouta le brun.
— Quoi ?
Severus se tourna vers le serpentard et le fusilla du regard.
— Pourquoi tu ne m'as rien dit ? l'interrogea-t-il sèchement.
Potter était ami avec Sirius Black donc il passait chaque année une partie de son été chez les Black. Ce qui voudrait dire que si Rafiki passait l'été avec Potter, Regulus aurait dû le voir et aurait donc dû prévenir son ami que le singe se trouvait aux côtés du gryffondor.
— Parce que je ne souhaitais pas me mêler de vos affaires. Vous êtes si difficile à comprendre tous les deux, que j'ai préféré ne pas y prêter attention puisque Rafiki revenait toujours vers toi, se justifia Regulus.
Severus se tourna de nouveau vers Potter et lança une œillade noire au gryffondor qui affichait un sourire hautain.
— Rafiki, viens ici, ordonna-t-il à l'animal.
Le Demiguise ne bougea pas le moindre muscle et resta accroché à la taille de Potter.
— Rafiki ! tonna-t-il, excédé.
Aucune réaction du singe et cela irrita profondément Severus qui se sentait trahi par son animal de compagnie. Il quitta la Grande Salle, furieux contre tout le monde et surtout contre Potter. Tout tournait toujours autour de lui. Potter était en train de s'accaparer de tous ses biens et il ne pouvait rien y faire. Il avait l'impression que le monde s'était ligué contre lui.
D'abord Lily qui commençait à entretenir une amitié avec Avery, Pétunia qui tombait amoureuse ou était amoureuse de Longbottom, Remus qui en pinçait certainement pour Black – il n'était pas si aveugle, il avait bien vu les regards que les deux garçons s'échangeaient à chaque fois qu'ils se croisaient – et Rafiki qui fuguait pour rejoindre Potter, c'était vraiment la goutte de trop qui le fit craquer.
— Bonjour, Lily, la salua Avery.
— Bonjour, Simon.
Lily piqua un fard lorsqu'elle croisa le regard du serpentard. Regulus leva les yeux au ciel et prit le bras de la rousse pour la tirer vers l'extérieur de la salle. Remus soutint simplement le regard de Sirius avant de suivre ses amis à la recherche de Severus.
— James, fais-nous plaisir et occupe-toi de Caledonensis. Mes tympans ne survivront pas une année de plus ! grommela Simon qui se frotta les oreilles en grimaçant.
— Ne t'en fais pas, Simon. Je m'occuperais de lui plus tard. Pour l'instant, je profite encore de notre jeu avant d'y mettre fin.
— Tu ferais mieux de te dépêcher si tu ne veux pas que quelqu'un d'autre puisse lui mettre le grappin dessus, conseilla Frank.
— Aucun étudiant ou étudiante à Poudlard n'est assez fou ou folle pour oser levé ne serait-ce qu'un œil sur lui, dit James.
— Peut-être pas un étudiant de Poudlard mais certainement un élève de l'école d'Ilvermorny, commenta distraitement Sirius.
Tout le monde à Poudlard savait que Severus Merlin Caledonensis était quelqu'un avec qui on ne pouvait sortir sous peine de devenir la cible favorite des Maraudeurs. En quatrième année, Severus avait entretenu une idylle avec une jeune fille de poufsouffle qui avait duré en tout et pour tout, deux jours. Au lendemain de leur mise en couple, elle était devenue la cible privilégiée des farces des Maraudeurs et avait reçu plusieurs menaces provenant du quatuor avant de craquer et de mettre fin à sa relation sous la pression.
En cinquième année, Severus avait subi les avances d'un sixième année de Serpentard et tout comme l'ex petite-amie du prince, il devint une cible des Maraudeurs et abandonna toute idée de vouloir sortir avec Severus. Deux autres garçons subirent le même traitement et tout le monde à Poudlard comprit que Severus était intouchable et que pour leur santé mentale, il valait mieux porter leur regard sur quelqu'un d'autre.
Le message était passé et plus personne n'osa draguer le jeune Prince qui n'y faisait pas trop attention, son esprit occupé par autre chose.
— Nous nous occuperons de cet impertinent tout comme nous nous sommes occupés des autres, répliqua simplement le maraudeur.
— Ouais, mais il faudra bien qu'un jour tu puisses te jeter à l'eau et commencer à courtiser ton beau prince, rétorqua Sirius.
— Tu peux parler toi, Siri, à ce que je sache tu n'as encore rien entrepris avec Lupin.
— Parce que tu crois que c'est facile ? Il a une façon de me regarder qui me fait passer pour un demeuré fini, grogna Sirius. Comme si je n'étais pas assez bien pour Môssieur Lupin, l'un des élèves les plus intelligents de Poudlard. Monsieur-Je-Sais-Tout
— Toi aussi tu es intelligent, Padfoot, répliqua Frank. Tu fais partie des dix meilleurs élèves de l'école.
— Pas assez bien pour Lupin, bougonna le gryffondor.
— Prongs, s'il te plaît, dis à notre Padfoot à quel point il est génial mais surtout beau gosse avec un charme quasi irrésistible, sourit Simon.
— Camuf a raison, Padfoot, t'es un beau mec, t'es sexy et t'as des yeux gris. Qui pourrait te résister avec un tel regard ? enchaîna Frank.
— D'accord avec Falco, dit James en hochant la tête.
— Venez, les gars, on va manger ! lança Simon.
***SMC***
Beaucoup plus tard, Severus réapparut en compagnie de son groupe au complet. Il avait fini de bouder dans la salle commune de Serdaigle et avait rejoint ses amis dans le hall de Poudlard. Tout le reste de l'école commençait à se rassembler dans la cour principale pour accueillir la délégation américaine. Une petite chorale – formé d'élèves de toutes les maisons – dont Pétunia et Regulus faisaient partie s'était assemblée pour jouer l'hymne américain à l'arrivée de la délégation. Pour le moment, ils échauffaient leur voix sous la supervision du directeur de Serdaigle qui dirigeait la chorale.
Enfin, arriva le professeur McGonagall accompagnée du directeur de l'école. Ensemble, ils traversèrent la foule, insistant pour que les élèves s'alignent le long des murs. L'anticipation monta tandis que tous attendaient l'arrivée des Américains.
La foule réunie attendit, regarda, patienta… et peu à peu, le silence se fit. La petite chorale était prête. Le directeur Dumbledore et les autres professeurs attendaient aussi, debout, en scrutant le ciel, et une estrade avait déjà été installée dans la cour près des portes du château.
Tout à coup, quelqu'un pointa du doigt, et plusieurs cris retentirent. Toutes les têtes se tournèrent, cherchant à mieux voir. Malgré la luminosité, Severus plissa les yeux et fixa son regard sur les montagnes lointaines. Un point noir apparut, d'abord distant, puis il grossit de plus en plus. Deux autres l'accompagnaient. Le bruit se fit aussi plus intense, tandis que les étranges objets avançaient. Severus jeta un coup d'œil interrogateur à Remus, qui haussa les épaules, à l'évidence tout aussi perplexe que lui. Le bruit était une vibration, de plus en plus assourdissante, qui se rapprochait. Les objets volants devaient avancer, et à grande vitesse, parce qu'ils commençaient déjà à prendre forme. Le son vibra, comme venu des ailes d'un insecte géant. Severus regardait, les yeux écarquillés, et peu à peu, les objets volants s'identifièrent d'eux même.
— Dément ! cria Lily pour couvrir le bruit des moteurs. Ce sont des voitures !
Trois voitures atterrirent en douceur sur le sol et quelques étudiants se mirent à discuter entre eux pour savoir quelle était la marque de chacune des voitures.
Tous les élèves de Poudlard applaudirent avec enthousiasme. Au même moment, la petite chorale commença à entonner l'hymne national des Américains. Derrière Severus, une fille protesta – si fort que sa voix s'entendit malgré le brouhaha :
— Vraiment, les Américains et leurs machines !
Lorsque la petite chorale termina enfin de chanter, les portes des voitures s'ouvrirent, et la délégation américaine commença à sortir. Il y eut d'abord trois sorciers adultes, tous vêtus de la même façon, émergeant chacun d'un des trois véhicules. L'équipe de sécurité portait une longue cape d'un vert sombre, qui arrivait à mi-cuisses, une veste noire, une chemise blanche, et un souple pantalon gris, avec des chaussettes blanches et des chaussures noires vernies. Les sorciers restèrent debout environ 30 secondes, clignant des yeux, les sourcils froncés, comme s'ils étudiaient la foule en face d'eux. Apparemment satisfaits qu'il n'y ait aucun risque dans la cour, les hommes s'écartèrent des portes ouvertes de chaque véhicule, et restèrent de garde. Severus eut un aperçu de l'intérieur de la voiture la plus proche, une Coccinelle, et il ne fut pas étonné de le découvrir infiniment plus vaste et mieux aménagé qu'on l'aurait cru de l'extérieur. Plusieurs silhouettes bougeaient à l'intérieur, puis la vue lui fut bouchée quand les élèves commencèrent à émerger.
Ils étaient si nombreux que même Severus en fut surpris, alors qu'il avait pourtant déjà campé, en de nombreuses occasions, dans des tentes de sorciers. Il savait à quel point leur espace pouvait être modifié par la magie. Des portiers, reconnaissables à leur cape bordeaux, se placèrent devant les coffres de chaque voiture, et en sortirent des petits chariots et d'innombrables malles et valises, qu'ils entassèrent en de hautes piles vacillantes. De jeunes sorciers et sorcières, vêtus de façon étrangement moderne – certains portaient même des lunettes de soleil et des jeans – commencèrent à s'agglutiner au centre de la cour. Parmi eux quelques adultes, qui de toute évidence étaient les représentants officiels du Ministère, portaient des capes d'un gris clair, des tuniques gris foncé. Severus devina que ce devait être les membres du Département administratif de la Magie américaine. Ils avancèrent, tout sourires, vers l'estrade où Dumbledore et son équipe avançaient pour les accueillir.
Les derniers à émerger des voitures furent aussi des adultes, bien que leurs vêtements et leurs âges indiquent la différence de leurs fonctions : ni des fonctionnaires, ni des élèves. Severus devina qu'il s'agissait des professeurs de l'école américaine de magie, Ilvermorny. Il y en avait un par voiture. Le premier à approcher sortit de la Coccinelle. Il était aussi carré et court sur pattes qu'un baril de bière, avec de longs cheveux gris et un visage ferme et agréable. Il portait de petites lunettes carrées, et souriait d'un air bienveillant et quelque peu arrogant. En le regardant, Severus eut un vague sentiment de déjà-vu, mais sans réussir à mettre un nom sur ce visage. Il tourna la tête pour regarder l'autre professeur, celui qui sortait d'une Stutz Dragonfly : Un sorcier très grand, avec des cheveux blancs, et un long visage grisâtre, aux traits durs et sévères. L'homme surveilla la foule, tandis que ses épais sourcils broussailleux creusaient des sillons sur son front. Un portier apparut à ses côtés, et lui tendit une mallette de cuir noir, qui ressemblait à un sac médical. Sans baisser les yeux, le professeur pris les poignées de son sac dans sa grande main aux jointures noueuses, puis il avança, traversant la foule comme un navire sur son erre.
— Je viens de prendre une résolution pour cette année, annonça Regulus d'un ton ferme. Il n'est pas question que j'aie des cours avec ce mec-là.
Lily et Pétunia hochèrent la tête, pour marquer leur approbation.
Severus ne remarqua le dernier professeur d'Ilvermorny que lorsqu'elle émergea péniblement d'une Dodge Hornet. Elle se redressa de toute sa taille, et tourna la tête, comme si elle scrutait les visages de la foule. Severus poussa un cri étranglé. Sans même y penser, pour éviter le regard de la sorcière, il se cacha derrière la haute silhouette de Remus qui était plus grand que lui d'une tête. Ensuite, prudemment, il jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de son meilleur ami.
— Mais qu'est-ce que tu fabriques ? demanda Remus, en se tournant pour le regarder.
Severus ne répondit pas tout de suite. Il vérifia d'abord ce que faisait la femme, mais elle ne le regardait pas du tout. En fait, « voir » était difficile pour elle, malgré l'intensité de son visage.
— Cette grande femme, là-bas, dit Severus, celle qui a une écharpe nouée en turban sur la tête. Je l'ai déjà vue l'autre nuit sur le lac. C'était le jour de notre arrivée à Poudlard.
Remus observa la femme.
— Elle ressemble plus à une momie qu'à autre chose. Et comment peux-tu être sûre que ce soit elle ? C'était il y a six ans, Sev.
— Ouais, je me suis peut-être trompé, dit-il continuant de dévisager la femme.
Dumbledore se toucha la gorge de la pointe de sa baguette, puis il parla, aussi fort et distinctement que s'il utilisait un haut-parleur :
— Elèves, professeurs, et tous les membres de Poudlard, je suis heureux de souhaiter, en votre nom à tous, la bienvenue aux représentants de l'école Ilvermorny et aux membres du Département de la Magie des États-Unis d'Amérique.
Après quelques applaudissements polis, un des membres de la chorale crut bon de recommencer à jouer l'hymne américain. Les autres chanteurs, affolés, qui s'étaient mélangés au reste des élèves reprirent l'hymne pour le suivre, mais le professeur Flitwick les interrompit d'un geste péremptoire de sa baguette.
— Merci à nos hôtes estimés d'être venus cette année à Poudlard, continua le directeur avec un signe de tête envers les nouveaux arrivants. Nous espérons tous que ce travail ensemble nous permettra aussi bien une meilleure compréhension mutuelle qu'un échange culturel. Après tout, les États-Unis et la Grande-Bretagne partagent depuis des siècles une culture et une langue communes. Et maintenant, chers amis professeurs, veuillez avancer pour vous présenter à vos futurs élèves.
Tout le monde aurait pu penser que le grand professeur au visage sévère serait le chef du groupe. Ils se trompaient. Ce fut le petit sorcier aux lunettes carrées qui monta sur l'estrade, et s'inclina galamment devant le directeur. Puis il se tourna, et s'adressa à la foule sans même utiliser sa baguette. Sa voix claire et distincte portait dans toute la cour, comme s'il avait l'habitude de parler en public.
— Élèves de Poudlard, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup pour votre accueil chaleureux. Nous sommes venus en toute amitié, et je vous assure que nous n'attendons pas de traitement de faveur. (Il eut un sourire, et adressa à la foule un clin d'œil.) Nous sommes tous enchantés de partager, durant cette année, notre temps avec vous, dans cette école, et laissez-moi vous assurer que nous aurons certainement à apprendre les uns des autres. Bien sûr, je pourrais vous régaler d'une liste sans fin d'anecdotes pour souligner aussi bien les similitudes que les différences entre les cultures européenne et américaine du monde magique, mais je ne vous infligerai pas un aussi long discours... (À nouveau, il eut un sourire, comme s'il partageait une plaisanterie avec ses auditeurs.) Je réalise parfaitement que mon équipe, aussi bien les adultes que les élèves, est pressée de découvrir, dans un cadre moins formel, ce nouvel environnement. Et j'imagine que c'est la même chose pour les résidents de Poudlard. Aussi, avant de vous libérer, je vais me contenter du minimum, c'est-à-dire les présentations, et les cours que nous comptons donner cette année.
— Ce gars me plaît déjà, dit Sirius, quelque part dans la foule derrière Severus.
— Je vais commencer par vous présenter mes confrères, continua le petit sorcier. Voici Theodore Hirsham Jackson, professeur de Magie élémentaire. Il est aussi général trois étoiles dans la Milice Libre de Salem, aussi je vous conseille d'être respectueux, chaque fois que vous aurez à vous adresser à lui.
Le visage du professeur Jackson resta aussi impassible que du granit, comme s'il était depuis longtemps imperméable aux plaisanteries de son confrère. Il s'inclina lentement, avec une certaine grâce, tandis que son menton levé et ses yeux noirs surplombaient la foule de sa hauteur.
— Ensuite, continua le petit professeur, en gesticulant le bras tendu, voici le professeur de Magie Télépathique, de Télékinémagie, et de Magie de Soutien, Camille Delacroix. Je dois vous signaler qu'elle fait aussi un délicieux gombo, (NdT : ragoût ou soupe épicée originaire de la Louisiane française,) bien qu'il soit plutôt… euh… chaleureux. Bien entendu, je ne suis pas certain que vous aurez tous l'occasion d'y goûter.
Quand la femme au turban sur les cheveux, adressa un sourire à son confrère, la chaleur de son expression la transforma complètement. De femme plutôt squelettique, elle devint tout à coup une femme belle, agréable et malicieuse. Puis elle tourna ses yeux verts vers la foule, en continuant à sourire.
Severus fronça les sourcils, intrigué. Elle ressemblait énormément à la femme qu'il avait vue sur le lac la nuit de son arrivée à Poudlard. Il décida de mener l'enquête plus tard.
— Et enfin, dit le petit professeur, permettez-moi de me présenter. Je suis votre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal et de Magie de Combat, et également directeur des duels à Ilvermorny. Un autre de mes titres, non officiel mais cependant important, est arbitre au jeu d'échec des sorciers. Benjamin Amadeus Franklyn, à votre service, termina-t-il, en s'inclinant, les bras étendus, tandis que ses cheveux gris lui cachaient le visage.
— Je sens que cette année va être palpitante, commenta Pétunia.
***SMC***
— Vous aviez déjà entendu parler de Télékinémagie ? demanda Regulus alors qu'ils se dirigeaient vers le parc de Poudlard.
— Ou encore de Magie Télépathique ou de Soutien, poursuivit Pétunia.
— Jamais, répondit Remus.
— Et toi, Sev ? l'interrogea Lily.
L'héritier du trône de Grande-Bretagne sorcière secoua négativement la tête. Il avait entendu parler de certaines magies qui n'étaient pas enseignées à Poudlard et avait même eu la chance de les expérimenter mais jamais celles qui furent citées tout à l'heure à l'arrivée des Américains sauf la magie élémentaire mais ça, c'était une toute autre histoire.
Il devra questionner son grand-père ce soir lorsqu'il lui rendrait une petite visite. C'était un homme extrêmement âgé qui connaissait beaucoup de choses. Il devait certainement connaître ces différentes magies et peut-être pourrait-il devenir son professeur particulier. Il aimait apprendre aux côtés de l'homme. Il était si sage et si intelligent que Severus se sentait tout petit face à lui, malgré les nombreux compliments qu'il recevait de son grand-père lorsqu'il excellait dans un domaine ou qu'il réussissait un exercice qui lui avait été soumis par l'ancien pharaon.
— J'ai hâte de commencer les cours et même de me retrouver avec ce Jackson, dit Regulus.
— Et nous qui pensions que McGonagall était sévère. On ne va pas trop rigoler en cours avec lui, lança Pétunia en poussant un soupir affligé.
Pétunia s'allongea sur l'herbe au pied d'un arbre et ferma les yeux tout en savourant la brise qui venait à peine de se lever. Severus et Lily retirèrent leurs chaussures et trempèrent leurs pieds dans l'eau du lac. Remus et Regulus s'installèrent aux côtés de Pétunia et profitèrent du silence qui régnait autour d'eux.
— Poudlard m'a manqué, murmura Regulus.
— Moi aussi, dit Remus.
Pétunia se redressa et posa sa tête sur l'épaule du lycanthrope, son regard fixé sur sa sœur cadette qui s'amusait à jeter de l'eau sur Severus qui répliquait lui-aussi, riant aux éclats.
— Poudlard m'a aussi manqué mais je crois que le manoir Caledonensis me manque encore plus. C'est dans ce manoir que mon vœu le plus cher fut exaucé, dans cet endroit que j'ai pu devenir une sorcière et créer de profonds liens avec cette famille à qui je dois tout. Je crois sincèrement que sans les Caledonensis, je n'aurais pas pu être aussi heureuse que je le suis aujourd'hui. Sans eux, ma vie aurait été terne et certainement aurais-je fini aigrie car je jalousais Lily d'être différente, d'être une sorcière. Sans me connaître, Hermione m'a offert le plus merveilleux des cadeaux, la magie. Et sans le savoir, les Caledonensis ont apporté bien plus à ma vie, la magie de l'amour. Grâce à eux, je me sens aimée et acceptée. J'aime ma sœur et elle m'aime, je ne ressens aucune jalousie à son encontre. J'ai de merveilleux amis et j'apprends dans la plus célèbre école de sorcellerie du monde. Et je le dois aux Caledonensis, à Severus, à ses parents. Le manoir Caledonensis est comme un foyer pour moi et à chaque fois que j'y mets les pieds, c'est comme si je rentrais à la maison, confia la blonde.
Remus et Regulus furent surpris par l'aveu de leur amie. Il était rare d'entendre Pétunia se confier ainsi et encore plus s'ouvrir à eux aussi facilement.
Remus esquissa un sourire et rapprocha la serpentarde de lui, passant son bras sur ses épaules. Il regarda Severus et Lily jouer au bord du lac et son regard s'adoucit, reflétant une infinie tendresse.
— Tout comme toi, je dois beaucoup aux Caledonensis et je ressens la même chose lorsque je retourne au manoir. C'est comme rentrer chez soi après un long voyage. Je dois tout aux Caledonensis et je ne sais pas à quoi aurait pu ressembler ma vie sans eux. Ils ont tellement fait pour moi que je ne sais pas si un jour je pourrais rembourser la dette que j'ai envers eux. Grâce à eux, les loups garous ne sont plus rejetés par la société et sont traités comme n'importe quel sorcier. Chaque pleine lune, ils sont accompagnés et des potionnistes de renom, des médicomages et des chercheurs venus de tout le globe se démènent jour et nuit pour trouver un remède à la lycanthropie. À ma sortie de Poudlard, j'intègrerais une université et pourrais trouver du travail malgré ma condition après l'obtention de mes diplômes. Et ça, je le dois aux Caledonensis. Grâce à Severus, mes transformations en loup-garou ne sont pas douloureuses. Vous êtes tous devenus des Animagi pour m'accompagner chaque soir de pleine lune et vous avez fait de ces soirs les meilleurs moments de ma vie. Oui, tout comme toi Tunie, je dois cette merveilleuse vie aux Caledonensis et je considère leur manoir comme ma maison.
Regulus posa sa tête sur l'épaule droite de Remus et fixa le brun et la rousse qui s'amusaient comme des enfants. Il se rapprocha du loup-garou, recherchant un peu de chaleur humaine et poussa un soupir de bonheur lorsque Remus passa son bras autour de sa taille.
— Moi aussi, je dois beaucoup aux Caledonensis. Sans eux, mon oncle ne serait jamais devenu premier ministre et sans leurs lois, nous n'aurions pas pu vivre avec lui. Sirius aurait certainement été renié par nos parents et aurait tôt ou tard fugué de la maison parce qu'ils avaient des valeurs qui n'étaient pas acceptés par nos parents mais surtout, il était Black qui avait été réparti à Gryffondor. Ma famille aurait probablement éclaté et je me serais retrouvé entre deux eaux, tiraillé entre mon envie d'être aux côtés de mon frère et d'obéir à mes parents. Je sais que jamais je ne serais allé à l'encontre des décisions de mes parents. Je ne suis pas aussi fier et courageux que Siri et je crois que c'est en partie pour cela que je l'admire autant. Grâce aux Caledonensis, je n'ai pas eu besoin de choisir et mon frère ne s'est pas retrouvé à la rue. Siri et moi avons été recueillis par notre oncle et Andromeda, notre cousine a pu être réhabilitée dans la famille. Je sais que je ne devrais pas dire un truc pareil mais je suis content de savoir mes parents en prison car ainsi, ils ne pourront pas faire de mal à Siri. Si…si vous aviez vu comment il était traité par nos parents surtout par notre mère. Un jour, j'ai bien cru qu'elle allait le tuer parce qu'il avait juste osé dire que jamais il ne deviendrait un monstre comme elle.
Un frisson glacé parcourut l'échine de Regulus qui réprima le sanglot qui obstruait sa gorge. C'était toujours aussi difficile de se plonger dans ses souvenirs.
— Elle a fait tellement souffrir Sirius, elle lui faisait si mal que je me demandais toujours comment il pouvait tenir le coup et afficher une telle arrogance face à notre mère. C'était à croire qu'il était immunisé contre la douleur, qu'il avait fini par ne plus la ressentir mais pourtant, je sais que c'était juste une façade. Plus d'une fois, je l'ai vu pleurer dans sa chambre et gémir de douleur sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Il m'arrivait parfois de le haïr de se montrer aussi borné et de répondre à chaque fois à notre mère. Parfois, j'aurais voulu qu'il se taise et qu'il se contente d'obéir pour ne plus avoir à souffrir mais non, Sirius était un foutu emmerdeur à la grande gueule qui ne savait jamais se taire. Alors quand les Caledonensis ont pris le pouvoir et qu'ils ont créé de nouvelles lois dont celle qui permit à faire emprisonner nos parents, je les en remerciais sans les avoir encore rencontrés car il sauvait non seulement la vie de mon frère mais aussi la mienne d'une certaine façon. C'est grâce à eux que Siri et moi sommes aussi heureux et que mon frère puisse enfin vivre sans redouter un éventuel retour au Square Grimmaurd. Je ne considère pas le manoir Caledonensis comme mon foyer mais plutôt comme une seconde maison. Comme un endroit où l'on passe de bons moments avec de vieux amis autour d'un feu de cheminée, livra Regulus d'une voix rauque.
Remus déposa un baiser sur son front et ils restèrent ainsi enlacés tous les trois sans avoir remarqué qu'ils y avaient des personnes derrière eux.
— Tout comme vous, je dois beaucoup à cette famille, dit une voix dans leur dos qui les fit sursauter.
Ils se retournèrent brusquement tous les trois et firent face aux maraudeurs. Les quatre garçons s'assirent au pied de l'arbre tout près d'eux et Simon posa ses yeux d'un bleu turquoise sur la gryffondor qui continuait de s'amuser avec Severus, s'étant tous les deux coupés du monde qui les entourait.
— Avant d'aller vivre chez les Weasley, je ne savais pas ce que c'était d'avoir une famille, je veux dire une vraie famille, celle qui s'occupe de vous et qui s'inquiète pour vous. Avant, tout comme Sirius, je n'ai connu que les coups de ceinture, des règles strictes. Mes parents me frappaient sans cesse pour n'importe quel motif, disant que c'était pour mon bien, que c'était pour me rendre plus fort. On m'apprenait à mépriser les enfants sorciers des moldus et mon destin était déjà tout tracé, lorsque je finirais mes études à Poudlard, je deviendrais un mangemort et servirais le seigneur des ténèbres. Selon mes parents, je n'avais pas droit à l'erreur et ils me le faisaient bien comprendre chaque jour. Puis, un beau jour, les Caledonensis sont apparus en Angleterre et le lendemain, la communauté sorcière avait un roi. Mes parents pensaient que ce jeune homme ne durerait pas longtemps et que leur maître le tuerait avant la fin de l'année. Nous savons tous que ce n'est pas ce qui s'est passé, Sa Majesté le roi Harry a vaincu Voldemort et il a prouvé à toute notre communauté qu'il était un homme puissant. Aussitôt après sa victoire, il a apporté un nouveau changement, c'était le début d'une nouvelle ère et mes parents se retrouvaient à Azkaban et moi, on me plaçait dans une famille d'accueil. Au début, c'était difficile de m'adapter à mon nouvel environnement. J'avais connu autre chose et je n'avais pas eu la chance de connaître l'amour. Il a fallu du temps à Molly pour briser une à une chacun des murs que j'avais érigé pour me protéger. Elle a dû attendre des semaines avant que je ne lui adresse un seul mot et des mois pour que je ne finisse enfin par l'accepter pleinement dans ma vie. Arthur et Molly s'occupent très bien de moi et me traitent comme leur propre enfant. C'était comme si j'avais vécu toute ma vie dans cette famille. Arthur est un père formidable et Molly, une mère extraordinaire, un peu trop protectrice mais je crois que c'est comme ça que je l'aime. Bill, Charlie et Percy sont mes frères et nous attendons tous les quatre avec impatience la venue des jumeaux. J'ai une famille qui tient à moi, qui m'aime et jamais je ne m'étais senti aussi bien qu'au Terrier. Sans les Caledonensis, je crois que j'aurais fini ma vie comme mangemort et je n'aurais pas eu la chance d'avoir une famille comme les Weasley et des amis comme James, Sirius et Frank. Alors, oui, je dois cette vie aux Caledonensis et je ne pense pas pouvoir un jour leur rembourser ma dette car ils ont fait bien plus que personne ne pourra jamais le faire pour moi. Ils m'ont donné un foyer, une famille, des amis et un avenir meilleur qu'assassin. Je leur dois tout, se confia Simon.
Sirius croisa le regard de Remus et finit par se jeter lui-aussi à l'eau.
— Qui ne doit pas quelque chose à cette famille, hein ? lança-t-il. J'étais maltraité par mes parents parce que je ne suivais pas la doctrine qu'ils m'enseignaient depuis tout petit. J'étais un garçon rebelle et je n'aimais pas leur façon de vivre. Je faisais tout pour marquer ma différence et ce que je récoltais à chaque fois, c'était des coups de fouet ou parfois un doloris lorsque j'étais allé trop loin selon eux. La première fois que ma mère m'a lancé l'impardonnable, j'ai cru que j'allais devenir fou tellement la douleur était intense.
James posa sa main sur son épaule en guise de réconfort, sachant que cette période de la vie de son meilleur ami était particulièrement douloureuse et qu'il préférait ne jamais aborder le sujet mais aujourd'hui, Sirius avait ressenti le besoin de se confier, de vider son sac.
— J'ai pleuré toute la nuit, continua-t-il la voix rauque. Reg est venu dans ma chambre et m'a bercé toute la nuit, me racontant quelques contes de Beedle le Barde dans l'espoir d'atténuer ma souffrance.
Le lion leva les yeux vers son jeune frère et plongea ses iris dans les siens.
— Merci, petit frère.
Regulus hocha la tête, une larme roulant sur sa joue. Pétunia le prit dans ses bras et le garda tout contre elle tandis que Sirius reprenait la suite de son récit.
— Malgré cela, j'ai continué à tenir tête à mes parents et cela m'a valu plusieurs coups de ceinture, quelques fois des coups de poings de la part de mon père. Je ne voulais pas flancher face à mes parents et continuais chaque jour de leur montrer que jamais je ne deviendrais ce qu'ils attendaient de moi. Je ne voulais pas être comme eux, aussi je m'efforçais de faire tout le contraire de ce qu'ils souhaitaient. Je n'en avais jamais assez des coups car je m'étais dit que je ne deviendrais pas un monstre et qu'ils allaient devoir me tuer car je ne serais jamais eux, pas comme eux mais je ne savais pas combien de temps j'allais tenir le coup. Puis mon arrivée à Poudlard fut une sorte d'échappatoire. J'étais loin de leurs mauvais traitements jusqu'aux vacances d'été mais j'allais un jour devoir me confronter de nouveau à eux et je redoutais le retour. Puis, les Caledonensis ont apporté un vent de changement dans notre communauté. Mes parents ont été arrêtés pour avoir financé Voldemort et Reg et moi fûmes confiés à notre oncle. Je crois que l'un des plus beaux jours de ma vie fut d'apprendre que mes parents avaient été arrêtés et qu'ils allaient passer le restant de leurs jours à Azkaban et que nous n'allions plus jamais les voir. Grâce aux Caledonensis, j'avais été sauvé de l'enfer et j'étais mené au paradis. Reg et moi sommes heureux de pouvoir vivre chez notre oncle et c'est bon de se réveiller le matin à la maison sans avoir peur de ce qui va se passer dans la journée, d'essayer d'imaginer quand tomberont les premiers coups. C'est bon de s'endormir la nuit en sachant qu'il y a des adultes qui veillent sur nous et qui ne nous ferons jamais de mal parce qu'ils tiennent à nous, qu'ils nous aiment et qu'ils nous considèrent comme leurs propres enfants. Je ne sais pas ce que serait devenue ma vie sans les Caledonensis mais je ne pense pas que j'aurais pu avoir une enfance aussi heureuse. Sans eux, Simon et moi ne serions jamais devenus amis à cause de nos parents respectifs, à cause de l'éducation qu'ils nous auront donnée et parce que j'étais un rebelle. Sans eux, notre communauté ne serait pas aussi soudée et nous aurions continué à prôner des idéaux qui nous auraient irrémédiablement conduit à une guerre. Et peut-être, aurions-nous fini par nous entretuer les uns les autres. J'ai une dette envers les Caledonensis et tout comme vous, je ne pense pas pouvoir la payer un jour car elle est bien trop lourde pour pouvoir être remboursée.
— Pour reprendre les mots de Padfoot, qui ne doit pas quelque chose à cette famille hein ? demanda James. Nous leur devons tout. Nous leur devons cette vie et surtout cette paix que nous avons depuis leur arrivée. Nous sommes tous sorciers, nous sommes tous égaux en magie et en droit. Sans eux, nous vivrions certainement dans la peur parce que nos vies auraient été menacées par des mangemorts. Peut-être n'aurions-nous pas vécu longtemps sans leur arrivée. Ils ont changé nos vies à tous et donc, chaque sorcier de ce pays a une dette envers eux. Sans les Caledonensis, Simon ne serait jamais devenu mon ami parce que lui et moi avions reçu une éducation différente et parce que j'aurais considéré tous les serpentards comme de futurs mages noirs à cause de la mentalité de notre société. Les Caledonensis ont changé notre façon de voir les choses, ils ont refait notre éducation et aujourd'hui, être un serpentard c'est comme un être un gryffondor. Il n'y a pas de futurs mages noirs, il y a simplement des sorciers qui doivent apprendre à se connaître et non à se juger.
— Grâce aux Caledonensis, notre société a pu évoluer, poursuivit Frank. Nous avons des universités, les gars ! Nous sommes la seule communauté magique du monde à avoir créé des universités et notre système économique est en train d'être copié par les autres pays. Nous recevons chaque année dans nos écoles supérieures des jeunes venus de tout le globe pour se spécialiser. Ils ont même créé un centre de formation de Quidditch ! Alors, oui, nous devons cette vie aux Caledonensis.
— Aux Caledonensis ! cria Pétunia en levant le bras.
— Aux Caledonensis ! crièrent en chœur ses amis et camarades.
— Peut-on savoir ce qui se passe ici ? questionna Severus d'un ton sec en toisant James.
— On ne faisait que remercier ta famille pour tout ce qu'elle a fait pour nous, répondit simplement James.
— Quoi ? demanda Severus, déconcerté.
— Tu comprendras une prochaine fois, Sev, dit James qui se releva en sautant sur ses deux pieds avec une souplesse qui énerva Severus.
James adressa un clin d'œil à Severus et passa une main dans ses cheveux avant de se diriger vers le château.
— Bon, à toute les renardeurs ! lança Sirius avant de suivre son meilleur ami, très bientôt imité par les deux derniers maraudeurs.
— Que s'est-il passé ? demanda Lily.
— Nous vous raconterons tout à l'heure, répondit Regulus.
Aujourd'hui c'est mon anniversaire. A la prochaine, j'espère !
