Note de l'auteure : Je vous salue mes cher(e)s lecteurs et lectrices, je suis heureuse de vous retrouver et de poster un nouveau chapitre. Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais Severus Merlin Caledonensis est une fanfiction qui me tient particulièrement à cœur, peut-être parce que je ne m'étais jamais autant investie dans une fic jusqu'à celle-ci. C'est mon petit bijou, ma petite merveille et elle n'est pas prête de prendre fin. J'espère que vous continuerez à apprécier cette histoire comme je prends plaisir à l'écrire et à la partager avec vous.

Je tenais aussi à vous avertir que nous entrons maintenant dans le développement de l'histoire. Pour l'instant, nous n'étions qu'à l'introduction, aujourd'hui nous pouvons passer aux choses sérieuses. Vous pouvez considérer ce chapitre comme une sorte de seconde partie si vous le souhaitez. Sur ces belles paroles très ennuyeuses, je vous souhaite une excellente lecture et attends avec impatience vos retours sur ce nouveau chapitre.


20

Lorsque le voile est tiré

Apries marchait tranquillement au milieu des parterres centenaires du manoir Caledonensis. Son regard erra un instant sur ce fascinant paradis peuplé de magnifiques créatures magiques qui se pavanaient, insouciants, dans leurs plus beaux atours.

Un rire cristallin le sortit de sa contemplation et il vit Lily-Luna sortir de cet entrelacs de haies. Elle s'approcha de lui en affichant un grand sourire et il ne put résister très longtemps à cette magnifique petite frimousse. Il sourit à son tour et ce simple sourire changea du tout au tout le visage inexpressif de l'égyptien.

Lily-Luna courut à travers le labyrinthe de verdure, ses éclats de rire parvenant aux oreilles de son grand-père qui se contentait de l'observer s'amuser. Apries amorça un pas vers le fourré et brusquement, le décor se mit à changer. La verdure mourut en quelques instants ne laissant qu'une terre aride et desséchée tandis que les créatures magiques tombaient les unes après les autres, raides mortes.

Apries écarquilla les yeux alors qu'un vent glacial balaya les alentours lui coupant le souffle. Un frisson glacé lui parcourut l'échine dorsale et il recula subitement de l'endroit, plongeant son regard sur ses mains tremblantes. Il savait qu'il était responsable de cette nature morte et qu'il perdait lentement mais sûrement le contrôle de sa magie.

Il eut un sursaut lorsqu'il sentit une main chaude prendre la sienne et il baissa le regard pour croiser le regard de Lily-Luna. Il fut happé par la chaleur et la confiance qui se dégageaient des orbes émeraude de la gamine. Il détourna le regard de Lily-Luna et afficha un air interloqué lorsqu'il vit que la nature luxuriante du manoir dont il avait causé la mort était revenue à la vie comme par magie comme toutes les créatures magiques et oiseaux qui se pavanaient sur la pelouse du domaine.

Apries était choqué et quelque peu surpris. Il n'aurait jamais pensé que sa petite-fille maîtriserait aussi bien le cadeau qu'il lui avait offert alors qu'elle n'était pas même encore née. Lily-Luna resserra sa main dans la sienne et il sentit la douce magie de la brunette s'infiltrer librement dans son corps, provoquant une immense chaleur dans son être. Il ferma les yeux et apprécia ce contact qui apaisa toutes ses craintes ainsi que sa magie qui était en train de s'échapper de ses pores.

La sclère de ses yeux était beaucoup moins sombre lorsqu'il rouvrit ses paupières.

— Papi, est-ce que ça va ? s'inquiéta Lily-Luna.

— Oui, ça va, répondit-il après un certain temps.

Lily-Luna fronça les sourcils, dubitative et l'observa avec concentration.

— Tu veux dormir dans ton cercueil ? l'interrogea-t-elle.

— Non, ce n'est pas nécessaire. Je vais bien, juste un peu étourdi.

— C'est quoi ''étourdi'' ?

— Un rêveur, une personne qui a l'esprit ailleurs, expliqua-t-il.

— Oh, fit-elle. Tu pensais à quoi ?

— À la malédiction qui pèse sur moi, répondit-il d'une voix distante.

Lily-Luna ne fit aucun commentaire et posa simplement son regard sur la végétation qu'elle avait fait revivre. Tout comme son grand-père, elle sentit un vent frais s'engouffrer dans leurs cheveux et les faire virevolter, provoquant un frissonnement sur leur peau. Le vent qui venait de souffler à l'instant sur le manoir Caledonensis ne présageait rien de bon pour l'avenir de leur famille et Apries savait tout au fond de lui, avec conviction, que la confrontation aurait lieu bien plus tôt que prévu.

Ils allaient devoir se préparer à affronter une fois de plus leur destin et cette fois-ci l'enjeu de l'issue était incertain. Même lui n'avait aucune idée de ce qui se passerait lorsqu'il y ferait face. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il avait peur. Jamais auparavant il n'avait ressenti une telle peur. Elle était pernicieuse et asphyxiante, l'empêchant de dormir correctement la nuit, peuplant ses sommeils de cauchemars plus terrifiants les uns que les autres.


Dans une salle, laissée à l'abandon depuis quelques années, se produisit un évènement des plus intriguant. C'était une immense salle circulaire, ressemblant un peu à la salle de l'ancien Magenmagot avec des gradins en pierre menant à une fosse centrale. Au centre se dressait un socle surmonté d'une très vieille arcade, cachée par un rideau noir en lambeaux poussiéreux, qui, selon les rumeurs, séparait le monde des vivants de celui des morts.

Le voile se mit alors à ondoyer, créant dans le mouvement des vagues qui devinrent puissantes au fil des secondes. Le socle trembla soudainement et des monceaux de poussières tombèrent du plafond. On entendit une sorte de craquement puis un éboulement s'en suivit, causant une tempête de poussière.

La pièce resta silencieusement un long moment avant que des toussotements graves n'emplissent la salle.

— Lumos, fit une voix rauque.

L'obscurité de la pièce fut percée par un bout de baguette illuminée.

— Est-ce que tout le monde va bien ? demanda une voix féminine, la voix rêche.

— Je suis en un seul morceau, répondit la voix rauque.

Un autre lumos se fit entendre dans la pièce et dévoila une adolescente âgée de dix-sept ans aux cheveux bruns broussailleux aux yeux noisette, le visage recouvert de suie. Elle aida un garçon aux cheveux roux âgé d'un an de moins qu'elle à se relever avant de tourner son regard sur ce qui restait de l'arcade.

— Comment allons-nous faire pour rentrer chez nous ? questionna le roux, anxieux.

— Nous nous poserons cette question plus tard lorsque nous aurons retrouvé Sirius, répondit un brun à la chevelure ébouriffée aux yeux d'un vert émeraude.

— La pièce a l'air abandonné, constata la brune.

— Comme si on n'avait pas remarqué, grommela le roux.

— Nous ferions mieux de quitter cet endroit au plus vite, dit le brun.

Les deux autres acquiescèrent et quittèrent la Salle de la Mort en faisant le moins de bruit possible. Ils furent surpris de constater que le Département des mystères était étrangement vide et qu'aucun employé du ministère ne circulait dans les couloirs. Ils se rendirent rapidement dans le hall du Ministère de la Magie et le découvrirent entièrement vide, complètement à l'abandon.

Ils échangèrent un regard perdu et quittèrent les lieux sans plus attendre, se retrouvant en quelques secondes dans le Londres Moldu.

— Que faisons-nous ? demanda le roux. Je ne sais pas vous mais moi je commence à avoir faim.

— Ton ventre devra attendre, Ron, grogna la brune légèrement exaspérée.

— Tu sais très bien que je ne peux rien faire avec un ventre vide, répliqua Ron.

— Il y a une première à tout, rétorqua sèchement l'adolescente.

— Hermione, Ron, pas maintenant s'il vous plaît, gronda le brun.

Hermione fusilla le rouquin du regard avant de reporter son attention sur l'environnement qui les entourait. Ils se trouvaient bien à Londres mais dans une ville totalement différente de ce qu'ils connaissaient. Les gens étaient habillés autrement et les voitures étaient anciennes.

— Où sommes-nous, Harry ? l'interrogea le rouquin.

— Je n'en sais rien, Ron, répondit le brun.

— On dirait Londres mais en plus vieux, commenta Hermione.

— C'est donc ça le monde des morts ? questionna Ron, estomaqué.

— Ne sois pas idiot, Ron, le réprimanda Hermione. Tu vois bien que ça ne ressemble pas du tout à un quelconque monde des morts. Ils ont l'air vivants et ne ressemblent certainement pas à des inferius ou des zombies.

— Alors où sommes-nous ? redemanda le rouquin clairement déboussolé.

— Comme l'a dit Harry un peu plus tôt, je n'en sais rien, répondit Hermione.

— Nous devrions peut-être aller faire un tour sur le Chemin de Traverse s'il existe ici, là-bas nous pourrions avoir quelques réponses à nos questions, suggéra Harry.

— Excellente idée, approuva Hermione avec un grand sourire.

Le jeune trio se mit en marche vers le Chemin de Traverse et poussèrent presque un soupir de soulagement lorsqu'ils arrivèrent devant le pub sorcier de Tom, le Chaudron Baveur. Ils pénètrent dans le pub et découvrirent que le lieu était quasiment semblable à celui qu'ils connaissaient et qu'il n'y avait pas de changement notable si ce n'était que le barman paraissait beaucoup plus jeune.

— Vous pensez que c'est Tom ? murmura Ron, stupéfié.

— Visiblement, oui, dit Hermione qui fixait le barman du regard, déconcertée.

Harry les entraîna dans le fond du bar et il se perdit dans ses réflexions avant d'être brusquement attiré par une conversation qui se tenait entre un groupe de jeunes sorciers qui étaient assis non loin de leur table.

— Vous avez été faire un tour hier à Godric's Hollow ? questionna une jeune femme à la chevelure blonde.

— Non, j'étais occupé à préparer mes cours pour la rentrée, répondit un garçon aux cheveux châtains.

— J'aurais bien voulu y aller mais mon petit-frère Ben s'est cassé la jambe en jouant avec mon balai et comme nos parents n'étaient pas à la maison, j'ai dû l'emmener moi-même à l'hôpital Xenodora, répondit un autre aux cheveux blonds.

— Dommage, dit la blonde, vous avez raté l'inauguration du stade de Quidditch.

— C'était comment ? l'interrogea le blond, curieux. D'après la Gazette du Sorcier, le stade est beaucoup plus grand que celui de Tinworth.

— Il est immense ! s'exclama la blonde d'une voix d'où perçait son éblouissement. Le stade peut accueillir plus de deux cent mille personnes.

— Deux cent mille personnes ? releva le garçon aux cheveux châtains, stupéfié.

— Ouais, confirma la blonde en hochant frénétiquement de la tête. Pour inaugurer le stade, ceux qui étaient là ont pu assister à un match opposant le club Flaquemare aux Canons de Chudley.

— Qui a gagné ? demanda le blond.

— Flaquemare bien évidemment, renifla la blonde avec suffisance.

— Bien évidemment, ricana le blond.

— J'adore de plus en plus notre monde. Et sa Majesté le Roi a eu une excellente idée en reprenant nos terres aux moldus et en créant des villages totalement sorciers. Maintenant, Pré-au-Lard n'est plus le seul village à être composé dans sa totalité par des sorciers, dit le châtain. Et nous pouvons maintenant construire des stades sans que les moldus ne viennent fourrer leurs nez dans nos affaires.

— D'après ce que mes parents m'ont dit, le père de Sa Majesté aurait créé un dôme puissant de Repousse-moldu sur tous nos villages sorciers, leur apprit leur amie.

— Sur tous les villages ?! questionna le blond estomaqué.

— Tous, oui, confirma la jeune femme.

— Par les couilles de Merlin ! s'exclama-t-il stupéfait. Il doit être super puissant le mec.

— Comment ne peut-il pas l'être ? Il est le père de notre roi, Celui-Qui-A-Vaincu Voldemort et éradiqué les mangemorts de notre communauté.

— Il a fait un sacré boulot depuis son ascension au trône, commenta distraitement la blonde.

Les deux garçons hochèrent simplement la tête en accord avec son commentaire.

— Et vos cours ?

— Aujourd'hui, nous n'avons fait que des présentations et une simple introduction mais je pense que les choses vont véritablement débuter la semaine prochaine, répondit le châtain.

— T'es un sacré veinard. Nous, on s'est tapé un devoir ce matin et je peux t'assurer que ma note ne dépassera pas le simple Piètre. Notre professeur de Jurismagie Pénale est encore plus sévère que McGonagall et ça ne rigole pas dans sa classe, raconta le blond.

— En médicomagie, nous avons traité des maladies magiques de stade III et nous avons eu un excellent cours sur la lycanthropie, relata à son tour la blonde.

— Ah ouais ? firent les deux garçons, surpris.

— Ouais, acquiesça la blonde.

Elle prit son verre de bièraubeurre dans ses mains et leva ses yeux vers le châtain, le rouge aux joues.

— Je ne savais pas que…que…ta transformation était aussi… douloureuse, bredouilla-t-elle. Je…je…j'aimerais…hum…t'accompagner lors de la prochaine pleine lune.

Le châtain la regarda avec incrédulité.

— Si tu le permets bien sûr, se hâta-t-elle d'ajouter.

— Pourquoi ?

— Pourquoi quoi ? demanda-t-elle perdue.

— Pourquoi voudrais-tu m'accompagner ? reprit le châtain.

— Eh bien, j'étais loin de me douter que c'était une maladie aussi douloureuse et que ta transformation en loup-garou était pénible. Je…lorsque nous étions à Poudlard…tu…ne semblais pas en souffrir. Je veux dire que…que tu n'avais pas l'air si mal en point que comme on nous l'a expliqué ce matin en cours, répondit-elle.

— Les transformations étaient douloureuses jusqu'à l'arrivée du Prince à Poudlard. Grâce à son don, il endormait mes sens ce qui me permettait de me transformer sans souffrir et puis l'accompagnement pendant la pleine lune m'était bénéfique car je ne supportais pas ça seul, j'étais entouré, expliqua le châtain.

— J'aimerais t'accompagner, s'il te plaît.

— Pour m'accompagner tu dois être animagus, répliqua le châtain.

La blonde eut un sourire narquois.

— Je le sais.

— T'es un animagus ?! s'exclamèrent les deux garçons, choqués.

— Je m'étais inscrite il y a trois ans au centre de Formation d'Animagi de Godric's Hollow et j'y suivais des cours chaque été, révéla-t-elle.

— Mais pourquoi tu ne nous as rien dit ? l'interrogea le châtain, ahuri.

— Je…je voulais te faire la surprise, répondit-elle d'une petite voix. Lorsque la Ministre de la Santé et de l'Éducation à lancer le projet d'Aide et Soutien aux Loups garous et qu'elle a fait créer ce centre pour que les familles et leur entourage puissent être là pour les lycanthropes, je me suis dit que je me devais d'être un animagus pour t'assister lors de tes transformations. J'aurais voulu être là pour toi à Poudlard mais je n'étais pas encore animagus et maintenant que je le suis, je veux t'accompagner.

— Stella, murmura le châtain touché par la blonde.

— Je sais qu'aucun remède n'a pas encore été trouvé à la lycanthropie et que les chercheurs, les potionnistes, les médicomages font du mieux qu'ils peuvent mais en attendant, j'aimerais être au moins là pour tes transformations. Puis, lorsque j'aurais obtenu mon diplôme en médicomagie, je me lancerais moi-aussi dans les recherches pour trouver un remède.

— Si ce n'est pas une déclaration d'amour ça, moi je ne sais plus ce que c'est, commenta le blond d'un ton taquin.

Stella piqua un fard monumental et détourna le regard de celui du châtain en bafouillant piteusement. Le blond éclata de rire avant de donner une tape sur l'épaule de son meilleur ami et d'aller faire un tour au comptoir, laissant la blonde et le châtain en tête à tête.

Le châtain prit la main de la jeune femme et posa un léger baiser sur sa paume avant de la poser sur sa joue, plongeant son regard dans celui de la blonde.

— Je n'ai pas besoin de remède du moment que je t'ai à mes côtés, déclara-t-il.

Stella sourit simplement, heureuse que ses sentiments soient réciproques.

Hermione détourna son regard du jeune couple pour le poser sur ses amis. Harry était blafard tandis que Ron semblait contrarié.

— Vous avez entendu ça ? Flaquemare a battu les Canons de Chudley ! s'indigna le roux.

— C'est donc tout ce que tu as retenu ? grogna Hermione énervée.

— Eh ben quoi ? râla Ron.

Hermione et Ron étaient en train de se quereller une fois de plus tandis qu'Harry fixait intensément une affiche, la bouche entrouverte. Il tapota l'épaule de son meilleur ami qui était juste à côté de lui.

— Quoi ?

Harry montra du doigt un poster qui était accroché sur le mur du Chaudron Baveur. Ron et Hermione suivirent l'endroit qu'il indiquait et écarquillèrent brusquement les yeux, médusés.

— Bordel ! Hermione, on dirait toi mais en beaucoup plus âgée, fit remarquer le rouquin.

— Et l'homme à côté ressemble un peu à Harry même si ses cheveux sont plus longs et bien plus disciplinés, ajouta-t-elle.

Harry se leva dans un raclement de chaise et fonça tout droit sur l'affiche qu'il dévisagea, éberlué. Il put sentir la présence de ses deux amis dans son dos qui n'en revenaient pas eux-aussi.

— Regardez les deux enfants avec eux, on dirait une mini Hermione et un Snape plus jeune, dit Ron.

C'était un poster géant qui représentait une famille aux allures royales. L'homme qui ressemblait à Harry portait une magnifique robe de sorcier richement décoré et se tenait aux côtés d'un garçon ressemblant à Snape portant une tenue similaire à celle de son père. Sur un large fauteuil de velours rouge étaient assises une femme aux cheveux bruns épais tenant sur ses genoux une petite fille à la chevelure brune en bataille et aux yeux verts émeraude. Sous le poster était inscrit quelques lettres.

Sa Majesté le roi Harry Uther Caledonensis

Sa Majesté la reine Hermione Mary Caledonensis

Son Altesse Royale le prince Severus Merlin Caledonensis

Son Altesse Royale la princesse Lily-Luna Hermione Caledonensis

Ils restèrent un long moment à fixer l'affiche représentant la famille royale de la communauté sorcière du Royaume-Uni, bouche-bée.

— Où avons-nous atterri ? demanda Ron d'une voix blanche.

— Je n'en ai aucune idée, mais combien y a-t-il de chance pour que cet Harry Caledonensis ait une quelconque affiliation avec Harry ou ce Severus avec notre Snape ? rétorqua la brune.

— Nous devrions quitter cet endroit au plus vite, dit Harry encore secoué par ce qu'il venait de voir.

Hermione et Ron acquiescèrent et ils quittèrent le Chaudron Baveur sans plus attendre pour se trouver sur le Chemin de Traverse qui était comme à son habitude, bondé de sorciers qui faisaient leur course tandis que d'autres se prélassaient sur la terrasse du glacier de Fortarôme.

— Qu'allons-nous faire maintenant ? Nous ne pouvons pas traverser à nouveau l'arcade puisqu'il a été détruit et je ne vois pas comment on va retrouver Sirius ici. C'est comme chercher une écaille de magyar à pointes dans un nid de dragons ! lança Ron.

Hermione s'éloigna des deux garçons et, prise d'un doute, elle acheta un exemplaire de la Gazette du Sorcier et revint vers eux plus pâle qu'un fantôme.

— Qu'est-ce qui se passe ? la questionna Harry.

— Regardez, fit-elle en montrant un point précis sur le journal.

Les deux garçons blêmirent en avisant les quelques lignes.

— Oh putain ! s'exclama le rouquin.

La date du jour de la Gazette du Sorcier indiquait le 2 septembre 1977.

— Non mais c'est quoi ce délire ? s'écria Ron.

— La ferme, Ron, grogna la brune.

Elle prit le bras de chacun des garçons et les tira hors de la rue commerçante lorsqu'elle remarqua que les regards s'étaient soudainement tournés vers eux après l'éclat du rouquin et que quelques sorciers les dévisageaient du coin de l'œil. Ils retrouvèrent sans plus tarder le côté moldu et avec l'argent qu'elle avait, ils purent prendre une chambre dans un petit motel peu fréquentable de Londres.

— C'est quoi cet endroit ? Cela ne ressemble pas du tout au monde des morts, dit le rouquin.

— Nous avons atterri dans le passé, lança Harry incertain.

— Ce que nous avons vu tout à l'heure n'a rien à voir avec le passé. Vous avez entendu les trois jeunes tout comme moi, la lycanthropie est acceptée ici et je suis sûre et certaine qu'en 1977 les loups garous étaient mis au ban de la société. De plus, nous n'avons jamais entendu parler de ce centre de Formation d'Animagi de Godric's Hollow ou encore d'une quelconque familiale royale ni de ces nouvelles prédispositions concernant la lycanthropie ou la création de villages complètement sorciers. Nous ne sommes certainement pas dans le passé.

— Alors où sommes-nous ? redemanda Ron, confus.

— Dans le livre que l'on a emprunté dans la bibliothèque du professeur Snape, il était question de passage vers un Autre Monde. Peut-être que le livre ne parlait pas du monde des morts mais qu'il parlait plutôt d'un passage menant vers un monde alternatif, vers une autre réalité, supposa l'adolescente.

— Mais si c'était vers une autre réalité, n'aurions-nous dû pas atterrir dans un autre monde en septembre 1995 et non en septembre 1977 ? répliqua Harry.

Hermione poussa un soupir avant de se passer une main sur le visage, affichant un air las.

— Je ne sais pas, Harry, je ne sais vraiment pas, souffla-t-elle penaude. Avant de partir, nous ne savions pas comment fonctionnait l'arcade et maintenant qu'il est détruit, nous ne sommes pas plus avancés et ne pourrons certainement pas rentrer chez nous. Je ne sais pas où nous sommes mais tout ce que je sais c'est que ce monde est différent du nôtre et que c'est une réalité alternative. Nous sommes sûrement passés d'une dimension à une autre.

— Peut-être devrions-nous aller voir Dumbledore, suggéra Ron. Lui, il pourra certainement nous aider. Il connaît toujours tout alors…

— Alors rien, Ron, l'interrompit brusquement Hermione. Personne ne doit savoir que nous sommes ici. C'est bien trop dangereux. Nous ne savons pas où nous sommes et le moindre faux pas peut nous être fatal. De plus, si ma déduction est bonne, nous sommes dans un passé alternatif au nôtre et notre simple présence ici a un impact certain sur ce monde alors le mieux serait de ne pas se faire remarquer et de faire profil bas jusqu'à ce que nous trouvions une solution pour rentrer chez nous. Nous ne devons pas changer le cours du temps ici, cela pourrait avoir un impact sur notre retour vers notre monde.

— Et Sirius ? demanda Harry. Nous devons le retrouver. Il doit certainement être ici puisqu'il a traversé le voile.

— De ça nous n'en sommes pas sûrs, Harry. Nous ne savons pas comment fonctionne le voile. Il pourrait très bien se trouver ici comme il pourrait se trouver dans un autre monde. Les possibilités dans ces cas-là sont élevées et si vraiment il est ici, nous le retrouverons mais pour l'instant nous devons trouver un moyen de quitter ce monde et de rejoindre le nôtre. Pour le moment, nous allons commencer par changer nos apparences pour se fondre dans la masse et ne pas attirer l'attention sur nous. Ensuite, nous allons nous présenter à Poudlard.

— Poudlard ? Mais pourquoi ? questionna Ron confus.

Hermione poussa un soupir affligé avant de lever les yeux au ciel.

— Poudlard parce que c'est le seul endroit où nous pourrons effectuer des recherches mais aussi un lieu où Sirius a certainement dû se rendre puisque j'imagine, téméraire comme il l'est et aussi stupide, qu'il chercherait à avertir son meilleur ami de la menace que représentera Pettigrew dans un avenir proche, expliqua-t-elle.

— Oh mon Dieu ! s'exclama Harry. Mes parents…

Il venait de prendre conscience qu'ils étaient en 1977 et donc, que ses parents étaient toujours en vie. Il était légèrement sous le choc et s'assit sur un coin du lit pendant qu'il essayait de comprendre ce que cela voulait dire. Il pourrait sauver ses parents, il pourrait les voir et apprendre à les connaître, il pourrait peut-être même permettre à son double d'avoir une enfance heureuse, loin de celle qu'il avait vécu aux côtés des Dursley.

— Comment va-t-on faire pour s'introduire à Poudlard ? Nous n'avons pas de papiers et je doute fort que Dumbledore soit assez stupide pour faire entrer de parfaits inconnus dans son école sans connaître leurs réelles intentions, fit remarquer Ron.

Hermione parut décontenancée un instant par la remarque pertinente de son meilleur ami. Elle savait bien évidemment qu'il n'était pas stupide et qu'il pouvait parfois faire preuve d'intelligence lorsqu'il le souhaitait mais lorsqu'il mettait en application son intelligence cachée, elle en était toujours stupéfaite.

— Nous allons nous faire passer pour des triplés russes ayant été scolarisés à domicile et que comme récemment nous avons perdu nos parents lors d'une attaque menée par des vampires, nous avons décidé de quitter la Russie pour venir nous installer en Angleterre où nous souhaiterions poursuivre nos études et obtenir plus tard nos ASPIC, répondit Hermione.

— Et tu crois qu'il va gober ça ? demanda Ron perplexe.

— Bien sûr qu'il va le gober puisqu'il n'est pas rare en Russie que les familles sorcières préfèrent éduquer leurs enfants à domicile, n'aimant guère les cours dispensés à Durmstrang et il arrive que certains sorciers soient attaqués par des vampires donc ça passera facilement auprès de Dumbledore, répondit-elle.

— Et les papiers ?

— On s'en procurera des faux auprès des moldus. Quelques sortilèges par-ci par-là et nous les aurons.

— Heureusement que t'es là, Mione, parce que je ne suis pas sûr qu'on aurait pu se débrouiller sans toi, dit Ron.

— Je sais, s'enorgueillit la brune.


Severus se réveilla très tôt dans une chambre silencieuse. Il pouvait entendre les battements réguliers du cœur de son meilleur ami qui dormait paisiblement à ses côtés. Un peu plus loin, il pouvait percevoir les ronflements d'un de ses camarades de dortoir. D'après la lumière pâle qui émergeait de la fenêtre, le jour venait à peine de se lever. Severus essaya de se rendormir, mais il avait l'esprit trop en ébullition à cause de l'étrange attitude qu'avait adopté son grand-père dans son rêve cette nuit. Il lui avait semblé ailleurs mais surtout, il paraissait très inquiet. Son regard était voilé et Severus n'avait pu déchiffrer l'expression qu'il avait vue dans ses yeux. Puis, avant de le quitter, son grand-père lui avait dit de faire très attention car la tempête était proche. Il lui avait bien sûr demandé de s'expliquer et Apries avait simplement dit qu'il n'en savait pas plus mais qu'il fallait être sur ses gardes.

Après quelques minutes perdu dans ses pensées, il se décida à se lever puisqu'il lui serait impossible de fermer à nouveau les yeux. Il écarta doucement le bras qui enserrait sa taille et quitta lentement le lit, veillant à ne pas réveiller le loup-garou. Il frissonna aussitôt lorsque ses pieds nus entrèrent en contact avec le sol froid du dortoir et regretta la chaleur réconfortante des bras de son meilleur ami.

Il adorait dormir avec Remus car ce dernier lui tenait agréablement chaud la nuit et être dans les bras du lycanthrope éloignait ses cauchemars. Lorsqu'il dormait seul, il était assailli par tout un tas d'horribles cauchemars, tous concernant son enfance passée auprès d'Eileen et Tobias Snape. Même après toutes ces années, il n'arrivait pas à oublier les mauvais traitements qu'il avait subis auprès d'eux. Heureusement pour lui, la providence avait voulu qu'il soit adopté par les Caledonensis.

Il alla à la douche et commença à s'habiller. Il écrivit un petit mot à l'attention de Remus pour pas inquiéter ce dernier et qu'il ne se mette à le rechercher dans tout le château comme lorsqu'il disparaissait sans l'avoir prévenu au préalable.

Poudlard était désert, et pourtant, en ces heures matinales, il vibrait dans l'atmosphère une activité d'un genre différent. Tandis que Severus avançait dans les couloirs, dépassait les salles de classes vide, qui seraient plus tard dans la journée remplies d'élèves et d'activité, il croisa sur son chemin quelques elfes de maison armés d'un seau et d'une serpillère, sortant des toilettes ou des salles de bain. Il salua les elfes de maison et certains furent heureux de le revoir. Après avoir passé pratiquement six ans à déambuler dans tout le château à des heures incongrues, Severus avait fini par se lier d'amitié à ces créatures magiques.

Severus s'aventura jusqu'à la Grande Salle qui était déserte comme il s'y était attendu et alla s'installer à la table de Poufsouffle. Les matins, lorsqu'il se levait de bonne heure et qu'il était seul dans la Grande Salle, il aimait bien prendre place à la table des blaireaux. Appartenant aux quatre maisons, il pouvait s'asseoir où il le souhaitait et pouvait changer de place autant de fois qu'il le voulait. Il fallut un certain temps aux autres élèves de Poudlard avant d'adopter son comportement et de s'asseoir à d'autres tables qu'à celle de leur maison. Il était donc devenu commun dans l'école de voir un Serpentard au milieu des Serdaigle ou un blaireau à la table des serpents.

Son père lui avait dit que c'était une bonne chose qu'il ait été réparti dans les quatre maisons et que son exemple puisse être suivi par d'autres élèves car cela permettait de créer une entente cordiale entre toutes les maisons. Qu'à son époque, une telle chose aurait été impossible à cause des préjugés profondément ancrés dans les esprits des jeunes sorciers et surtout à cause de la mauvaise image que les gens avaient de Serpentard due à quelques familles sorcières et à Voldemort.

Il sortit sa baguette magique et lança un sortilège très complexe autour de la table. Quelques instants plus tard, l'on entendit les premières notes du Concerto d'Aranjuez. Il aimait étudier en écoutant de la musique classique. Une habitude prise auprès de sa mère.

Il était en train de travailler sur ses cours de Métamorphose lorsqu'une silhouette vint se placer devant lui. Il leva les yeux de son parchemin et rencontra des yeux d'un bleu électrique.

— Bonjour, puis-je me joindre à toi ? demanda un jeune homme aux cheveux châtains.

Le garçon semblait avoir le même âge que lui et portait l'insigne de Serpentard sur sa robe mais Severus était sûr de ne l'avoir jamais vu à Poudlard. Et comme il avait un certain accent, il supposa qu'il devait s'agir d'un élève d'Ilvermorny. Les étudiants de l'école américaine avaient été répartis la veille dans les différentes maisons de Poudlard mais il n'y avait que très peu porté attention à la répartition puisqu'il fulminait encore de rage contre un imbécile nommé Potter qui avait trouvé fort amusant de s'amuser à métamorphoser ses cheveux noirs d'ébène en un roux presque orangé. Blague qui avait fait rire tous les étudiants de Poudlard y compris ses propres amis.

— Hum…oui, bien sûr, répondit-il.

— Donald Jefferson, se présenta l'américain. Mais mes amis m'appellent Don.

— Enchanté. Severus Caledonensis.

— Tu es son Altesse Royale le prince Severus ?! s'exclama Donald.

— À Poudlard, je suis simplement un étudiant comme un autre, dit Severus d'un ton sec.

— Oh pardon, je ne voulais pas, s'excusa le châtain. C'est juste que j'ai beaucoup entendu parler de ta famille dans mon pays, enfin, surtout de tes parents.

— Ah oui ?

Donald hocha la tête.

— Tes parents sont très connus dans notre école et ils représentent un modèle à suivre pour bons nombres d'étudiants comme moi.

Severus avait fini par oublier que selon l'histoire des Caledonensis, ses parents auraient étudié à Ilvermorny et ce fut là-bas qu'ils firent connaissance. Un mensonge finement élaboré par ses parents qui avaient dû ensorceler le directeur d'Ilvermorny pour qu'il puisse attesté de leur présence dans l'établissement et quelques anciens étudiants avaient eux-aussi été soumis à quelques sortilèges pour confirmer leur scolarité dans l'école.

Ils n'eurent pas à se faire trop de soucis puisque lorsqu'ils montèrent sur le trône de Grande-Bretagne sorcière, beaucoup d'anciens étudiants d'Ilvermorny avaient témoigné qu'ils avaient connu les deux monarques. De faux témoignages qui servaient au jeune couple donc ils avaient préféré ne faire ou dire à l'encontre de ces fausses déclarations.

En peu de temps, ils étaient devenus une légende vivante aux États-Unis.

— Hum, fit simplement Severus ne sachant quoi répondre d'autre.

— Tout comme ton père, j'ai été réparti à Oiseau-tonnerre, dit Donald.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Severus.

— L'une des quatre maisons d'Ilvermorny, la maison des Aventuriers, répondit l'américain. Il y a trois autres qui sont Serpent-cornu où tous les érudits sont répartis et où ta mère a été, Womatou pour les guerriers et Puckwoodgenie pour les guérisseurs.

— Elles ont l'air génial comme maison, fit Severus impressionné.

— Elles le sont, confirma Donald avec un sourire.

Severus et Donald étaient en train de discuter d'Ilvermorny lorsque le brun sentit une présence s'installer juste à ses côtés, frôlant légèrement son épaule. Il n'eut pas besoin de tourner la tête sur le côté pour savoir de qui il s'agissait puisqu'il reconnaitrait l'odeur de la personne entre mille pour s'être frotté plusieurs fois au jeune homme lors de combat acharné.

— James, siffla Severus entre ses dents.

La journée venait à peine de commencer qu'il était déjà contrarié.

— T'es qui toi ? questionna le gryffondor en s'adressant à l'américain.

— Donald Jefferson, répondit le châtain en tendant sa main au maraudeur.

Le lion lança un regard noir à l'américain, ignorant royalement la main tendue avant de se tourner vers le renardeur qui tentait tant bien que mal de ne pas lancer un sortilège de son cru au maraudeur.

— Peux-tu me dire ce que tu fais ici sans le reste des renardeurs ?

— Et toi, que fais-tu ici sans le reste de ta bande de crétins ? rétorqua Severus avec froideur.

— Contrairement à toi, je n'ai pas besoin de gardes du corps, répondit simplement le gryffondor.

— De gardes du corps ? Mais pour en faire quoi ? Et pour qui tu te prends à la fin, Potter ? s'énerva le jeune prince en se levant brusquement du banc.

James se releva lui-aussi pour lui faire face.

— Tu sais très bien que je déteste te trouver en compagnie d'autres personnes que les renardeurs surtout en présence d'inconnus ! Tu ne connais pas ce mec et pourtant tu te retrouves seul avec lui dans cette salle. Il pourrait très bien te faire du mal ou essayer de…

— Ou essayer de quoi ? le coupa rudement Severus en colère. Je ne suis pas un enfant, Potter. Je n'ai pas besoin de toi pour me défendre et au cas où tu l'aurais oublié, je me fous de ce que tu peux penser de mes fréquentations. Je discute avec qui je veux !

— Certainement pas sans mon consentement ! répliqua James sur le même ton.

— Non mais pour qui tu te prends à la fin ? s'époumona Severus.

— Je pense que… débuta l'américain.

— Toi, tu la fermes ! l'interrompit James.

— Ne lui parle pas sur ce ton, lança Severus.

— Ah oui ? Et sur quel ton devrais-je lui parler ? railla James sarcastique.

— Non mais c'est quoi ton problème à la fin hein ? Ne peux-tu donc pas me laisser tranquille une seule seconde ? Pourquoi dois-tu toujours t'interposer dans ma vie privée ?

— Parce que c'est ainsi et ça le restera toujours, répondit le lion. Je ne veux pas te voir traîner avec ce type.

— Je t'emmerde, Potter, grogna Severus.

— Oui, je sais que tu m'aimes.

Severus serra les poings et se retint difficilement de ne pas envoyer son poing dans la figure du maraudeur tout en sachant qu'il n'attendait que ça. Il voulait l'énerver, le pousser à bout pour qu'ils en viennent aux mains. C'était toujours ainsi depuis le début de leur scolarité à Poudlard. Potter toujours en train de lui lancer des piques et lui qui répondait à chaque fois comme un parfait imbécile, en venant aux mains, délaissant sa baguette pour faire couler le sang du gryffondor. Pendant toutes ces années, c'était toujours le même rituel. Potter attaquait et il ripostait, à la fin, ils se retrouvaient tous les deux à l'infirmerie. Et c'était la même rengaine tout au long de l'année scolaire. Potter lançait les hostilités et il répondait avec la même intensité.

Avec le temps, il avait appris à cartographier le corps de son ennemi. Il connaissait la texture de la peau du gryffondor, pouvait tracer les yeux fermés les cicatrices qui ornaient la peau dorée du maraudeur. Au fil des années, il avait appris à reconnaître l'odeur si singulière du lion et à l'apprécier à son plus grand désarroi.

Il pouvait affirmer qu'il haïssait Potter sous tous les toits mais il ne pouvait s'empêcher de frémir sous chacun des contacts du brun, il ne pouvait retenir le long frisson qui parcourrait sa peau lorsque Potter s'adressait à lui. La voix de Potter avait plusieurs nuances et une seule retenait son attention. Celle qu'il employait lorsqu'il s'adressait à lui. Celle qui le faisait parfois douter de lui et de ses sentiments.

— Oh pitié, pas encore ! s'exclama une voix forte dans son dos.

Il se retourna et vit ses amis s'avancer vers eux. Il jeta un coup d'œil à la Grande Salle et constata que la pièce était pratiquement remplie mais aussi que tous les regards étaient rivés vers lui et Potter. Encore une fois.

— C'est le matin les gars et nous aimerions prendre notre petit-déjeuner dans le silence, s'il vous plaît, poursuivit Remus qui prit place tout près de Severus.

Potter et Severus échangèrent un long regard avant que Rafiki qui était accroché à l'épaule du gryffondor ne descende pour se diriger vers son maître.

— Non, je ne veux pas de toi ! dit-il à l'attention du Demiguise.

Il était toujours vexé et n'arrivait toujours pas à digérer le fait que son familier puisse s'être lié d'amitié au gryffondor. C'était une trahison qu'il ne pardonnerait pas si facilement et encore moins de sitôt ! De plus, il ne comprenait toujours pas pourquoi le familier le quittait l'été pour aller rejoindre Potter. Même s'il ne parlait pas, il comprenait le langage corporel des humains, il devait bien se douter qu'il n'aimait pas Potter et que la réciproque était vraie mais cela ne l'avait pas empêché de rejoindre Potter et ainsi le trahir.

Rafiki voulut tenter un nouveau rapprochement mais Severus resta inflexible quant à sa décision et le Demiguise rejoignit le gryffondor qui alla s'installer à la table des lions non sans avoir foudroyé l'américain du regard et promit mille morts à travers son regard.

— Ne pouvez-vous donc pas passer une seule journée sans vous chercher des noises ? demanda Regulus.

— C'est à croire que vous adorez ça, lança Pétunia d'un ton taquin.

— Je te ferais remarquer que c'est toujours Potter qui vient me chercher des noises, siffla Severus.

— Est-ce ton petit-ami ? l'interrogea Donald.

— Quoi ? s'étrangla Severus avec sa salive. Potter n'est et ne sera certainement jamais mon petit-ami !

— Pardon mais c'est juste que…

Donald stoppa brusquement sa phrase lorsqu'il croisa le regard noir du jeune prince et sut qu'il ne devait pas pousser trop loin le bouchon sinon il n'allait jamais s'en sortir vivant.

— Tu pourrais peut-être nous présenter ton nouvel ami, Sev, dit Lily.

— Donald Jefferson, il est américain comme vous vous en êtes doutés et à Ilvermorny, il appartient à la maison Oiseau-tonnerre. Donald, je te présente mes amis, Remus, Pétunia, Lily et Regulus, fit-il sèchement.

Il était toujours en colère contre Potter mais surtout contre lui-même de ne pouvoir s'empêcher de répondre aux piques du maraudeur. Pourtant il s'était promis cette année d'ignorer ce crétin.

— Votre attention, s'il vous plaît, résonna la voix claire de Dumbledore dans toute la salle.

Tous les étudiants levèrent les yeux vers la table professorale et virent quelque chose d'inattendu ou plutôt de surprenant. La directrice adjointe, chef de la maison Gryffondor et enseignante en métamorphose avait sorti le Choixpeau et l'avait placé sur une chaise au centre de la Grande Salle.

Hagrid ouvrit les portes de la Grande Salle et pénétra la pièce, à sa suite, un jeune trio ou plutôt trois jeunes adolescents âgés entre 15 et 16 ans. C'était des triplés à en juger par leur ressemblance quasi identique. Ils avaient tous les trois des cheveux d'un blond scandinave et des yeux de couleur pers. Il s'agissait d'une fille et deux garçons. La distinction entre les deux garçons était facile à faire puisque l'un des deux était plus petit que l'autre et nettement plus fin, beaucoup plus gracieux.

Hagrid les mena auprès du professeur McGonagall avant d'aller rejoindre les autres professeurs.

— Aujourd'hui, nous accueillons trois nouveaux élèves dans notre établissement en classe de sixième année. Ils viennent du nord de Russie et ont suivi leur éducation scolaire à domicile jusqu'à ce qu'un évènement tragique ne les oblige à quitter leur pays pour venir trouver refuge en Angleterre. Je vous prierais donc de les accueillir chaleureusement et de les aider à s'adapter à leur nouvel environnement, continua Dumbledore.

Tous les étudiants étaient stupéfaits et regardaient les nouveaux venus avec stupéfaction. Certains se mirent à murmurer et se demandèrent pourquoi ils ne débutaient leur scolarité aujourd'hui alors que la rentrée avait débuté le 1er septembre.

— Masha Vassiliev, appela la directrice adjointe.

La blonde s'avança et s'assit sur le tabouret avant de placer le Choixpeau sur sa tête.

— SERDAIGLE !

La russe ôta le chapeau magique de sa tête et alla s'asseoir à la table des aigles qui l'accueillirent avec une certaine timidité.

— Leonid Vassiliev.

Le plus grand des deux blonds s'assit à son tour et plaça le Choixpeau sur sa tête. Sa répartition ne fut pas bien longue comme celle de sa sœur.

— GRYFFONDOR !

La table des lions réserva au blond une ovation assez bruyante et il sourit timidement à ses nouveaux camarades de maison avant de s'asseoir près de quelques premières années.

— Nikita Vassiliev.

Le dernier des triplés marcha vers le tabouret d'un pas fébrile et manqua de trébucher s'il n'avait pas été retenu à temps par la directrice des lions. Un beau rouge s'installa sur ses joues et il baissa la tête, gêné, avant de mettre le Choixpeau sur sa tête.

— Tiens…tiens, un autre Potter, susurra la voix du Choixpeau dans la tête du blond. Vraiment très intéressant. Ainsi donc tu viendrais d'un Autre Monde, comme c'est amusant. Hum…tellement de choses à voir dans ton esprit si troublé, si meurtri. Tu ne devrais pas courir après les morts Harry James Potter sinon ce sont les morts qui te courront après.

Harry crispa sa mâchoire et attendit patiemment que le Choixpeau le répartisse dans une maison. Il s'était déjà assez fait remarquer comme ça et ne souhaitait pas devenir le sujet préféré des rumeurs de Poudlard. Il en avait déjà assez fait les frais dans son monde.

— Tu as raison et je peux voir combien cette célébrité te pèse mais au lieu de la fuir comme tu le fais constamment, tu devrais t'en servir contre tes ennemis. Te cacher ne servirait à rien, dit la voix dans sa tête. Difficile de te répartir. Pas étonnant d'une famille comme la tienne. Vous avez tellement de potentiels, qu'il serait dommage de vous bridé en ne vous répartissant que dans une seule maison surtout que tu as besoin de panser tes plaies et d'apprendre à devenir un véritable guerrier mais surtout d'être entouré d'amour. Je ne doute pas que tu sois aimé de ton tuteur ou devrais-je dire de ton père mais il me semble que tu doutes encore de l'intensité de ses sentiments envers toi. Pourtant, tu as tort jeune faon. Il t'aime bien plus que tu ne pourras l'imaginer et je pense que cette maison te permettra de le voir mais aussi d'exploiter les pouvoirs qui sommeillent en toi. Oui, là-bas tu pourras trouver ce que tu cherches et peut-être même plus.

Harry ne comprenait pas bien ce que lui disait le Choixpeau et se demandait s'il n'était pas un peu cinglé. Peut-être qu'avec le temps, ses capacités étaient altérées.

— J'ai encore toute ma tête, rassure-toi, ricana la voix. Tu feras de grandes choses, jeune Harry James Potter. Avant toi, ils firent leurs preuves et ouvrirent la voie. Il ne te reste plus qu'à suivre le chemin qui t'a été tracé mon jeune ami. Bonne chance, Harry.

Harry voulut poser quelques questions à l'artefact magique mais n'eut pas le temps car le Choixpeau prononçait déjà le nom de sa maison.

— Les quatre maisons ! GRYFFONDOR ! SERDAIGLE ! POUFSOUFFLE ! SERPENTARD !

Quand Harry retira le chapeau magique de sa tête, il rencontra le regard pétrifié de son ancienne directrice de maison et constata que toute la salle le regardait avec un air choqué. Certains avaient recraché leur jus de citrouille tandis que d'autres avaient stoppé brusquement leurs gestes que cela créait un contraste assez comique.

Harry lui-même n'était pas en reste et ne savait quoi en penser de cette répartition. Il avait déjà été réparti une première fois dans sa vie et avait assisté à d'autres répartitions bien après cela mais au grand jamais, un élève n'avait été envoyé dans les quatre maisons !

Pourquoi cela ne devait-il arriver qu'à lui ce genre d'anomalie ?

Il jeta un coup d'œil à ses « frère et sœur » et constata qu'eux aussi étaient tout aussi ébahis que les autres. Un toussotement à sa gauche le fit tourner la tête et croisa le regard sévère du professeur McGonagall.

— Il serait peut-être temps de rejoindre vos camarades, monsieur Vassiliev.

— Mais…mais…je…co…je… bredouilla-t-il, incapable d'aligner deux mots.

— Vous serez certainement ravi d'apprendre que vous n'êtes pas le seul étudiant de cette école à avoir été réparti dans les quatre maisons, dit McGonagall.

Harry la regarda avec une franche surprise. Ainsi donc il n'était pas le seul anormal de Poudlard. Cela avait quelque chose de rassurant.

— Qui ? demanda-t-il.

— Monsieur Caledonensis, lui répondit la vieille sorcière en montrant un jeune homme à la chevelure noire corbeau et aux yeux d'un noir onyx, assis entre un garçon aux cheveux châtains clairs et une fille à la chevelure rousse. Je suis sûre qu'il se fera une joie de vous expliquer comment fonctionnera vos études dans les quatre maisons. Maintenant, allez prendre place que je puisse moi aussi me sustenter si cela ne vous dérange pas.

McGonagall le poussa vers la table des blaireaux où se trouvait Severus et sa bande. Harry était en état de choc et avait du mal à avancer tant il était abasourdi. Même s'il ne connaissait l'homme que plus âgé, il était sûr qu'il s'agissait de Severus Snape pour avoir eu l'occasion de voir quelques vieilles photos de l'enfance du maître des potions.

Le Severus Snape qu'il avait vu jeune sur les photos était différent de ce Severus car celui-ci n'avait pas un nez crochu comme l'autre et les traits de son visage étaient beaucoup plus doux, surtout que son teint n'était pas cireux mais plutôt laiteux presque de couleur crème. Des changements notables qui rendaient ce Severus indéniablement attirant, même si l'on ne pouvait pas le qualifier de beau.

Mais dans quelle sorte de dimension avait-il atterri ?


Réponses aux reviewers anonymes :

Le poussin fou : Merci beaucoup à toi de m'avoir souhaité joyeux anniversaire. J'ai beaucoup apprécié l'attention et encore merci pour le commentaire. Bonne lecture.

Guest : Que puis-je te dire ? Le Severus/James est bien trop complexe pour accepter leur interaction aussi facilement mais c'est comme ça, ils se sont détestés pendant des années et ne vont pas se sauter dessus aussi rapidement et se dire des mots doux tout de suite. Elle se construit petit à petit et se consolidera avec le temps.

Juliana : Merci pour le joyeux anniversaire ma belle. Oui, j'ai passé un merveilleux anniversaire même si pour moi c'est un jour plus ou moins comme les autres. Oh notre petit Jamesie sait ce qu'il fait et quoi de mieux d'attirer l'attention de ses désirs en attisant sa colère ? J'avoue que j'ai aussi une préférence pour la fin du chapitre. Bonne lecture et à bientôt !

Solne : Merci beaucoup pour le joyeux anniversaire. Encore merci pour le commentaire.

Guest 2 : J'espère que l'attente ne fut pas trop longue.

Chococake001 : Je suis ravie de savoir que mon histoire te plaise. Je n'ai pas vraiment de date de parution précise mais j'essaie de poster toutes les semaines ou toutes les deux semaines.

Lorina : Cela faisait longtemps ! Comme je l'avais dit aux autres, je ne me consacre pour l'instant qu'à SMC et les autres je les republierai lorsque celle-ci sera terminée. Gros bisous.


Hey les loulous ! Vos avis sur ce chapitre. Qu'en avez-vous donc pensé ? Que s'est-il passé dans le monde Harry, de Ron et d'Hermione pour qu'ils se trouvent dans celui de Severus Caledonensis ? Et où est donc passé Sirius Black, le parrain d'Harry ? Pensez-vous qu'il soit dans ce monde ou mort ?

Je vous dis à la prochaine mes loulous !