Note de l'auteure : Je sais, pleine de surprise je suis. Je tenais à ce que vous sachiez que j'aimais beaucoup vos commentaires et qu'ils me permettaient de poursuivre l'aventure car parfois, je l'avoue, j'ai envie de tout arrêter. Des fois, ça me mine le moral de savoir que beaucoup de personnes lisent mon histoire mais qu'elles appartiennent au monde invisible, c'est un peu frustrant car même si j'écris en partie pour moi, le fait de partager cette histoire avec vous veut dire quelque chose. Je ne vais pas vous faire tout un drame là-dessus, je partage simplement ma légère frustration avec vous. Je n'ai pas besoin d'un commentaire, un simple follow me ravirait autant qu'un commentaire. Pour moi, un ajout a la même valeur qu'un review car ça veut dire que même si vous ne vous manifestez pas, vous la suivez tout de même.

Le bureau des plaintes vient de fermer. Maintenant passons à la lecture de ce nouveau chapitre. Gros bisous sucrés.


21

La détresse du lion

Harry ou plutôt Nikita s'avança d'un pas fébrile vers la table des jaunes et noirs, sentant tous les regards braqués sur lui. Il lui était impossible de ne pas dévisager le jeune prince car c'était la première fois qu'il avait l'occasion de côtoyer la version jeune de son professeur de potions. Du moins, une version jeune assez proche de celle du directeur de Serpentard. Il rompit brutalement le contact visuel avec l'héritier du trône d'Angleterre lorsqu'il sentit une vive brûlure au niveau de sa cicatrice. Il ferma les yeux tout en grimaçant de douleur et s'appuya contre la table pour ne pas tomber. Il sentit un liquide chaud couler lentement sur son front, glissant vers son nez.

— Est-ce que ça va ? s'enquit une voix douce.

Il releva la tête et croisa un regard aussi sombre que la nuit. Le regard posé sur lui était tendre et brillait d'un éclat d'inquiétude qui était dirigé vers lui.

— Je…je…

Il bégayait, incapable d'énoncer une phrase correcte tant il avait mal. Ce n'était pas la première fois que sa cicatrice lui brûlait autant et qu'elle était aussi douloureuse mais cela n'arrivait que lorsqu'il était en présence du seigneur des ténèbres. Jamais ses visions n'avaient engendré une telle douleur. Seule la présence de Voldemort la rendait insupportable et pourtant, il ne se trouvait pas aux côtés du mage noir. Il était à Poudlard et c'était certainement le lieu le plus sécurisé de tout le pays, qu'importe le monde ou la dimension.

Il entendit un bruissement de tissus et des pas s'éloigner avant que la douleur ne finisse par disparaître.

— Ha…Nikita !

Le jeune blond se tourna vers la voix familière teintée d'angoisse de sa meilleure amie/sœur et plongea son regard dans celui de Masha.

— Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-elle.

Il hocha faiblement la tête et essaya de sourire pour rassurer la jeune femme mais échoua lamentablement en une grimace peu convaincante. La jeune serdaigle leva les yeux vers son front maculé de sang qui reproduisait la cicatrice en forme d'éclair qu'ils avaient réussi à dissimuler sous un glamour que le blond devait renouveler tous les trois jours.

Elle essuya à la hâte le sang en prenant garde à ne pas appuyer à l'endroit où était dissimulée la cicatrice.

— Tout va bien, dit-il d'une voix un peu rauque.

— On devrait peut-être te conduire à l'infirmerie, suggéra Leonid qui les avait rejoint, inquiet pour leur supposé frère.

Nikita secoua la tête. Il n'avait aucune envie d'aller à l'infirmerie et ne souhaitait en aucun cas commencer une nouvelle année en se rendant là-bas. Il tenait à éviter le plus possible cet endroit et comme il n'aurait pas à supporter Malfoy cette année, du moins pour l'instant, il comptait en profiter pour ne pas donner des raisons à l'infirmière de Poudlard de le garder à l'œil.

— Ce n'est rien. C'est passé, assura-t-il.

— Tu en es sûr ? lui demanda Masha.

— Oui.

Masha l'observa d'un air dubitatif mais hocha tout de même de la tête tout en sachant pertinemment qu'elle n'obtiendrait rien de plus de la part du blond. Elle se releva et aida Nikita en lui tendant la main. Après avoir scruté une dernière fois son prétendu frère du regard, elle constata que pratiquement tous les poufsouffles et aussi quelques étudiants des autres maisons les dévisageaient avec un air interloqué.

— Vous feriez bien de vous asseoir et de manger rapidement car les cours vont bientôt commencer, leur conseilla une voix masculine tout près d'eux.

Les jeunes triplés rivèrent leur regard sur Severus qui était retourné s'asseoir aux côtés de son meilleur ami après avoir vu que Nikita n'avait pas besoin d'assistance et que sa sœur se débrouillait très bien toute seule.

— Hum…euh…oui, bredouilla Masha.

Tout autant que son meilleur ami, elle était surprise de faire face au jeune prince et de voir leur professeur de potions sous un aspect différent de ce qu'ils avaient toujours connu à Poudlard. Elle se dit qu'elle mettrait un certain temps avant de s'habituer à côtoyer le jeune homme car il était troublant de faire face au regard du brun. Ses yeux dégageaient une chaleur et une douceur qu'elle ne lui connaissait pas et qui le rendait agréable mais indéniablement attirant. Cette simple pensée lui donna envie de vomir et elle détourna brusquement son regard en se maudissant d'avoir songé à un tel truc. Elle eut une grimace dégoûtée lorsqu'elle fut assaillie par des images quelques peu lubriques et elle n'eut plus faim tout à coup.

— Asseyez-vous, dit Lily avec un sourire avenant. Nous n'allons pas vous manger vous savez.

Nikita déglutit péniblement lorsqu'il reconnut la jeune femme et il sentit son cœur craqueler dans sa cage thoracique. Sa mère. Il l'avait toujours vu sur des photos ou encore à travers les souvenirs de son professeur de potions mais jamais en vrai et il se dit que ses proches avaient totalement raison. Il avait vraiment les yeux de sa mère bien qu'en ce moment les siens soient pers.

Même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait jamais imaginé avoir la chance de pouvoir enfin voir sa mère, qu'elle soit vivante et pleine de vie. C'était plus qu'un rêve et il fut assailli par un flot d'émotions qu'il crut défaillir sous la puissance de cette vague. Il voulut pleurer mais il voulait aussi prendre sa mère dans ses bras. Il souhaitait plus que tout au monde pouvoir la toucher mais surtout, poser son oreille sur sa poitrine pour pouvoir écouter les battements de son cœur. Il voulait s'assurer qu'elle soit en vie. Il en avait besoin. Il se mordilla la langue pour ne pas faire quelque chose de stupide et réprima son envie de pleurer.

Il tressauta légèrement lorsqu'une main s'empara de la sienne en apaisant de ce geste sa souffrance intérieure. Il pressa la main de la serdaigle et se tourna vers elle pour la remercier d'un simple regard.

Les nouveaux étudiants prirent place à la table des blaireaux aux côtés des renardeurs.

— Permettez-moi de me présenter, Severus Caledonensis, dit le brun d'une voix chaleureuse. Et voici mes amis, celui à mes côtés s'appelle Remus Lupin.

Le lycanthrope avait les yeux plissés et observait les tous nouveaux avec une profonde suspicion qui mit mal à l'aise les triplés.

Nikita, Masha et Leonid n'avaient pas oublié la condition de loup-garou du serdaigle et ne savaient pas si son odorat lui permettrait de faire l'association entre l'odeur de Nikita et celle de Lily. Ils devaient avouer qu'ils ne savaient pas trop comment fonctionnait l'odorat d'un lycanthrope et ne pensaient pas que Remus puisse trouver quoi que ce soit les concernant et pouvant le mettre sur la voie.

Bien qu'ils soient quelque peu préoccupés par cela, ils étaient plus que surpris de voir le loup-garou aux côtés de Severus. N'étaient-ils pas censés se haïr ? Remus n'aurait-il pas dû se trouver à Gryffondor et non à Serdaigle ? Où se trouvaient le reste des maraudeurs ?

— Remus est mon meilleur ami et je peux même ajouter qu'il est aussi mon frère même si la relation qui nous unit ne peut pas vraiment être qualifié de fraternelle, dit Severus avec un léger sourire.

Il échangea un regard avec le serdaigle qui prit sa main avant de la porter à ses lèvres, lui arrachant un sourire attendri.

Les jeunes russes les regardèrent d'un air choqué, presque ahuris.

— Vous…vous…sortez ensemble ? demanda Leonid en bafouillant.

— Non, répondit Severus, Remus et moi nous nous aimons profondément mais pas au point d'avoir une relation physique. C'est plus…hum…comment dirais-je ? Une relation platonique qui nous unit l'un à l'autre.

— Oh, fit Leonid, médusé.

Si on lui avait dit un jour que son professeur de potions, aussi jeune soit-il, entretiendrait une relation platonique avec Remus Lupin, l'un des maraudeurs qui avait participé à rendre sa scolarité misérable à Poudlard, il aurait directement envoyé cette personne se faire soigner à Ste-Mangouste.

Masha tout comme Leonid n'en revenait toujours pas et même si elle savait que les personnes qui leur faisaient face n'avaient rien à voir avec leur monde, il était toujours troublant de voir un tel lien entre un Lupin et un Snape, non… un Caledonensis. Ce Severus n'était pas Snape tout comme ce Lupin n'était pas le leur.

Cette réalité ressemblait quelque peu à la leur mais cela s'arrêtait là. Ce n'était qu'une ressemblance et ils devront apprendre à ne pas l'oublier au risque de commettre des erreurs qui pourraient leur coûter cher.

Quant à Nikita, il n'en menait pas large et était tout autant décontenancé que ses amis.

— Aux côtés de Remus, c'est notre p'tit Regulus Bla…

— Je ne suis pas petit ! le coupa sèchement le serpentard.

— Tu sais bien que ce n'était qu'une façon de parler.

— Il n'empêche que je déteste ça, grommela Regulus.

— Dis plutôt que tu n'aimes pas ça lorsque ça te gêne mais tu ne t'embarrasses de rien lorsqu'il s'agit d'avoir les faveurs de tes aînés, répliqua Severus.

Regulus lança un regard noir au brun qui pouffa simplement de rire, appréciant l'air boudeur du serpentard.

— Donc comme je le disais avant d'avoir été interrompu par un insolent petit garnement, poursuivit le prince avec un sourire en coin qui irrita un peu plus son ami. Le gamin aux côtés de Rem n'est autre que Regulus Black, le tout petit de notre bande de joyeux loufoques.

— Je ne suis pas petit, Severus, grogna le serpentard agacé.

— Reviens me dire ça lorsque tu seras plus âgé que moi, rétorqua Severus.

Regulus décida d'ignorer les taquineries de son aîné et préféra terminer son petit-déjeuner avant de sauter à la gorge de son ami.

— La rousse aux yeux verts n'est autre que Lily Evans, certainement l'élève la plus douée et la plus intelligente qui ait appartenu à la maison Gryffondor, continua Severus. Franchement Lil', je me demande toujours ce que tu fais dans cette maison. Tu aurais dû être répartie à Serdaigle, là où se trouve ta place.

— Je suis très bien à Gryffondor, Sev', et puis qu'auraient fait les lions si je n'avais pas été envoyée dans leur maison ? Notre salle commune aurait été détruite depuis belle lurette avec les farces de ces crétins de maraudeurs, dit-elle d'une voix où perçait un certain amusement.

— Tu as raison. Le Choixpeau a finalement fait un bon choix, approuva-t-il après avoir jeté un fugace coup d'œil à la table des lions.

— Et la blonde vénitienne s'appelle Pétunia Evans, c'est ma sœur aînée, termina Lily à la place de son meilleur ami.

Nikita hoqueta de stupeur lorsqu'il posa son regard sur la serpentarde. Il écarquilla les yeux sous le choc et respira difficilement tandis qu'une douleur sourde remonta subitement à la surface, le laissant pratiquement pantelant.

— Nikita, murmura Masha.

Il ignora la chaleur de la paume de sa meilleure amie posée sur son épaule et se concentra sur Pétunia qu'il regardait avec étonnement mais aussi avec rage, amertume et haine. Il grinça des dents et voulut crache au visage de la jeune femme mais à la place, il quitta promptement la Grande Salle et bouscula quelques élèves sur son chemin.

Il courut aussi rapidement qu'il le pouvait tout en souhaitant mettre le plus de distance possible entre lui et la serpentarde. Il ne voulait pas y croire. Elle n'aurait jamais dû être là. Pétunia n'était pas une sorcière et n'aurait jamais dû l'être. C'était un monstre. Certainement aussi monstrueuse que le seigneur des ténèbres lui-même alors pourquoi se trouvait-elle à Poudlard ? Depuis quand était-elle capable de faire de la magie ? Il l'aurait su si elle avait été à Poudlard. Si elle avait été une sorcière. Il l'aurait su.

Masha récupéra ses affaires et celle de Nikita avant d'aller à sa poursuite en compagnie de Leonid.

— Que vient-il de se passer ? demanda Regulus, perplexe.

— Je…je ne sais pas, répondit Pétunia tout aussi perplexe que le serpentard. Lorsqu'il a croisé mon regard, il est tout à coup devenu livide et la seconde d'après il…il me regardait avec…avec une sorte de…haine.

— De la haine ? releva sa sœur incrédule. Pourquoi te regarderait-il avec haine alors qu'il ne te connait même pas ?

— Que veux-tu que je réponde à une telle question ? répliqua sèchement Pétunia. Je dis simplement ce que j'ai vu dans son regard.

— Peut-être que cette haine n'était pas dirigée vers toi. Peut-être que tu ressembles à quelqu'un qui lui a fait du mal, une personne qui l'aurait énormément fait souffrir, suggéra Severus d'une voix lointaine.

— Peut-être, acquiesça la blonde.

Pétunia était perdue dans ses pensées, encore toute retournée par le regard que lui avait lancé le nouveau. Elle s'était sentie extrêmement mal à l'aise face au regard haineux du russe et pendant un moment, elle avait cherché sa baguette, pensant que le blond s'attaquerait à elle.


— Harry !

Le jeune blond qui avait atteint la Tour d'Astronomie se retourna vers ses meilleurs amis, le regard empli de larmes.

— Elle est ici ! cria-t-il. Elle est ici !

— Harry…

— Elle ne devrait pas être là ! Elle n'a pas le droit d'être ici !

— Harry, s'il te plait, calme-toi, le pria Hermione qui voyait le jeune homme perdre le contrôle de sa magie.

Des flux de magie s'échappaient du corps du jeune homme, créant un tourbillon qui ne faisait que s'intensifier alors que la rage grandissait continuellement en lui.

— Elle ne devrait pas se trouver là ! hurla-t-il en colère, les larmes dévalant ses joues. Pourquoi ? Pourquoi ne me laisse-t-elle donc jamais tranquille ? Ne m'a-t-elle pas assez fait souffrir comme ça ? Pourquoi ? Elle était…elle souriait ! Elle souriait ! Après tout le mal qu'elle a pu me faire, elle souriait !

— Harry, ce n'est pas ta tante, dit Hermione.

— C'est elle ! protesta-t-il avec mépris. C'est elle, Mione. C'est elle mais en plus jeune. C'est elle.

— Harry…

— Comment ? ragea-t-il, le tourbillon devenant tout doucement une tempête magique qui souffla sur la Tour d'Astronomie. Elle m'a fait souffrir et elle…elle…

Le regard d'Harry était froid mais surtout empreint d'une douleur qui fit pleurer Hermione. Sa voix s'était bloquée dans sa gorge et elle ne savait quoi faire pour apaiser la souffrance de son meilleur ami. Elle était impuissante face à sa douleur et ne put que regarder le masque impassible d'Harry se fissurer. Un sanglot éclata dans la gorge du jeune homme avant qu'il ne pousse un cri de douleur qui se répercuta sur les parois de la Tour.

Hermione et Ron frissonnèrent d'effroi lorsque la magie de leur meilleur ami explosa et que la tempête se déchaîna autour d'eux, balayant tout sur son passage. Ils firent violemment projeter contre les parois de la tour et Ron sombra dans l'inconscience quand sa tête heurta brutalement la paroi.

— Harry, arrête ! le supplia Hermione.


Les renardeurs se dirigeaient vers la salle de classe de métamorphose lorsque les fondations de l'école se mirent soudainement à trembler. Quelques étudiants poussèrent des cris de peur tandis que d'autres tentaient de garder leur équilibre.

— L'école est attaquée ? demanda l'un des étudiants.

Personne ne répondit à sa question et pour cause, les tremblements reprirent de plus belle et cette fois-ci, la secousse fut plus intense que la première.

— Bordel ! Qu'est-ce qui se passe ?

Severus fronça les sourcils et ferma les yeux pour se concentrer sur cette magie qui était en train d'exploser puis rouvrit brusquement les paupières.

— Il a mal, dit-il.

— Quoi ? Qui a mal ? le questionna Remus, confus.

Severus jeta son sac et se mit aussitôt à courir.

— Mais où va-t-il comme ça ? demanda Lily, perplexe.

Remus alla immédiatement à la poursuite de son meilleur ami, très vite imité par les sœurs Evans. Ils coururent après leur ami qui se dirigeait visiblement vers la Tour d'Astronomie comme s'il avait le diable à ses trousses.

Un autre tremblement de terre ralentit leur course et Lily trébucha sur l'un des escaliers, se tordant la cheville. Elle poussa un gémissement plaintif et Remus hésita à courir après son meilleur ami ou venir en aide à la gryffondor qui en avait besoin d'urgence.

— Vas-y, je m'occupe d'elle, dit Pétunia mettant fin à son débat intérieur.

Il hocha la tête et continua sa course. Il atteignit rapidement la Tour d'Astronomie et ce qu'il vit, le fit frémir. Severus était déjà là et avait les yeux fixés sur le nouveau qui était entouré d'une puissante aura. Bien que cette aura soit puissante et qu'elle tentait d'avaler tout ce qui se trouvait à proximité d'elle, ce qui s'en dégageait était terrifiant. Il émanait de l'aura de Nikita Vassiliev, une profonde souffrance et une haine si puissante que c'en était étouffant.

La tempête autour du blond se renforça et devint plus sombre. Le regard de Nikita était vide et il semblait avoir perdu le contrôle de ses émotions. Il s'était égaré dans ses propres ténèbres et Severus savait que s'il ne faisait pas quelque chose au plus vite, le jeune homme serait définitivement perdu.

— Sev'.

Severus savait exactement à quoi pensait le loup-garou et ne pouvait qu'hocher la tête.

— Que faisons-nous ? demanda Remus.

Severus détacha difficilement son regard du blond avant d'inspecter les alentours et de trouver le frère de Nikita inconscient dans un coin de la tour tandis que la jeune serdaigle essayait de s'approcher en vain du blond.

— Occupe-toi d'eux, je m'occupe de lui, répondit-il.

— Tu en es sûr ? hésita Remus. Ne vaudrait-il mieux pas contacter tes parents après tout ils…

— Non, l'interrompit fermement Severus. Je vais m'en occuper.

— Sev'…

— Emmène-les loin d'ici et surtout, éloigne Pétunia de la Tour. Il ne faut surtout pas qu'elle soit là.

Remus finit par acquiescer à contrecœur et alla soulever le jeune gryffondor qui était inconscient avant de s'approcher de la serdaigle qui était agenouillée à quelques mètres de distance de Nikita, pleurant les larmes de son corps.

— Nous ferions mieux de conduire ton… frère à l'infirmerie, Ma…Masha, dit Remus.

— Je ne peux pas laisser Ha…Nikita, murmura-t-elle en secouant la tête. Il…il a besoin de moi.

— Ne t'en fais pas. Severus saura s'occuper de lui. Il est certainement le seul dans cette école à pouvoir aider Nikita, à le sortir de cet état, assura Remus. Après tout, il a déjà été confronté à une telle situation, ajouta-t-il pour lui-même.

Masha détourna son regard de Nikita et leva les yeux vers Remus, les sourcils froncés, perdue.

— Viens, insista le lycanthrope.

Masha jeta un dernier coup d'œil à son soi-disant frère avant de finir par suivre le serdaigle à contrecœur. Elle ne pourrait rien pour Nikita mais elle pouvait tout de même faire confiance à ce Severus. Même s'il n'était pas leur Snape, il était tout de même un Severus.

Severus s'assura qu'ils étaient tout seuls avant de se focaliser sur Nikita et de s'approcher tout doucement dans sa direction.

— Nikita ?

Le cœur de Severus s'arrêta presque de battre lorsqu'il rencontra le regard du blond. Ils étaient pratiquement vides, d'un blanc effrayant. Il sentit son cœur se resserrer dans sa poitrine.

— P… Ha…Harry ? fit-il d'une voix douce bien que chancelante.

Severus sortit sa baguette magique et la jeta un peu plus loin avant d'avancer tout doucement vers Harry. Il devait à tout prix le sortir de cet état et pour cela, il devait communiquer avec la Magie. Il devait l'écouter et se laisser guider par elle. Il ferma les yeux et se concentra sur la Magie. Il poussa sa concentration à son paroxysme, cherchant la présence d'Harry à travers la Magie.

Il se trouvait dans un brouillard et n'arrivait pas sentir la présence d'Harry dans la Magie. Il se laissa guider puis sentit une telle détresse qu'il faillit couper sa connexion. Il savait à qui appartenait cette profonde détresse et suivit ce chemin. Il était enveloppé par les ténèbres et ne voyait rien dans cette obscurité avant d'être brusquement emporté par une tempête qui faisait rage dans la Magie.

Il tenta de combattre cette force mais la tornade qui l'avait emporté était bien trop puissante pour qu'il puisse faire quelque chose alors il se laissa happer.

L'orage stoppa et il atterrit sur une zone morte et glaciale. Il guetta les alentours et il put apercevoir une forme au loin.

— Harry ?

La silhouette se tourna vers lui et il croisa un regard émeraude éteint. S'il avait eu des doutes concernant l'identité du jeune homme, ils venaient de s'envoler.

— Harry ? l'appela-t-il à nouveau.

Un nouveau tourbillon l'aspira et les ténèbres l'engloutirent sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Il était secoué et retourné dans tous les sens par la tempête et suffoqua brusquement sous le coup de la souffrance que contenait ce tourbillon.

Il ferma les yeux, réprimant l'envie qu'il avait de pleurer et lorsqu'il rouvrit ses paupières, il se trouva dans un salon qu'il ne reconnut pas et vit un petit garçon sortir d'un placard sous l'escalier. Le gamin était à peine âgé de cinq ans et avait des cheveux noirs en bataille qui ressemblait à un nid d'oiseau.

— Dépêche-toi, garçon ! Le petit-déjeuner de Vernon doit être prêt avant son réveil, gronda une voix qui paraissait familière au jeune prince.

— Oui, tante Pétunia.

Severus écarquilla les yeux lorsqu'il comprit où il se trouvait. Il suivit l'enfant à la cuisine et l'observa tirer une chaise vers la gazinière puis sortir les ingrédients nécessaires à la préparation d'une omelette brouillée. Il regarda le petit Harry car oui, le petit garçon maigrichon aux vêtements bien trop grands pour lui et aux lunettes rondes rafistolées n'était autre que Harry Potter.

L'enfant fit cuire le bacon et ensuite s'occupa de l'omelette. Severus le regarda faire avec effarement. Le gamin était bien trop à l'aise dans cette cuisine pour que ce soit la première fois qu'il se mette aux fourneaux.

— Fais vite car je ne veux pas que Vernon puisse te voir pendant qu'il prendra son petit-déjeuner. Ta vue suffit à lui couper toute envie de manger et je ne veux certainement pas que mon mari meure de faim à cause d'un petit ingrat comme toi, lança Pétunia avec acidité.

Severus vit Pétunia entrer dans la cuisine et n'arrivait pas à croire que la fille qu'il connaissait était la même personne qui lui faisait face à l'instant. Son visage était sombre et austère, sa voix froide et haineuse. Il ne pouvait croire que Pétunia pourrait devenir cette femme.

— Oui, tante Pétunia, marmonna le gamin.

— Ne me parle pas sur ce ton, espèce d'ingrat !

Pétunia gifla le garçon qui tomba de sa chaise à cause de la puissance de la gifle de sa tante. Pétunia attrapa Harry par le col de son tee-shirt et le traîna hors de la pièce puis lui lança un coup de pied au ventre qui fit se tordre de douleur l'enfant qui gémit silencieusement, ravalant ses sanglots.

— La cave a besoin d'être nettoyée et mon jardin d'être entretenu, siffla-t-elle.

— Oui, tante Pétunia.

— Tu as intérêt à bien faire ton travail si tu veux espérer manger cette semaine, dit-elle d'une voix menaçante. Je ne tolèrerais pas la flemmardise dans ma maison. Est-ce clair ?

— Oui, tante Pétunia.

Severus voulut se précipiter vers l'enfant pour le prendre dans ses bras mais à peine fit-il un mouvement qu'il fut de nouveau enveloppé par les ténèbres et il se retrouva dans un autre lieu. Il était dans un square et celui-ci était désert mais il se trouvait non loin d'un groupe de garçons.

Severus s'approcha du groupe, remarqua qu'ils étaient au nombre de cinq et qu'ils avaient créé un cercle. Il s'approcha pour mieux voir et blêmit lorsqu'il vit le jeune garçon qui était au milieu. C'était Harry mais en beaucoup plus vieux. Il devait avoir neuf ou dix ans. Ses lunettes traînaient à quelques mètres de lui dans le sable et du sang perlait au coin de sa bouche. Son œil droit était pratiquement fermé et enflé tandis que sa lèvre était fendue. Il avait de nombreux bleus un peu partout sur le corps et se trouvait nu. Son corps était secoué par des légers tremblements mais il ne pleurait pas.

— Nous allons te donner une chance, Harry. Si tu réussis à nous échapper alors nous te laisserons en paix pour une semaine mais si nous t'attrapons…

C'était un garçon à la grosse figure rose, un cou presque inexistant, des yeux humides et d'épais cheveux blonds qui venait de parler. Il n'avait pas terminé sa phrase, laissant planer une certaine menace dans l'air.

— Cours, cousin !

Harry ne se le fit pas dire deux fois et se mit tout de suite à courir, très vite poursuivi par la bande de garçons qui ricanaient derrière lui, amusés de le voir courir tout nu. Severus suivit Harry et le vit quitter le square, courant à en perdre l'haleine comme si sa vie en dépendait. N'ayant pas ses lunettes, le garçon ne voyait pratiquement rien et faillit se faire percuter par une voiture lorsqu'il traversa la route.

— Espèce de malade ! cria le chauffeur à l'enfant.

Harry courut sans se retourner et prit une ruelle avant de se trouver à Privet Drive. Les voisins qui étaient dehors marmonnèrent entre eux et secouèrent la tête en voyant le gamin entrer dans une maison.

— Pauvres Dursley, avoir à supporter un neveu pareil, fit une femme en secouant la tête d'un air navré.

Severus serra ses poings et contint difficilement la rage qui bouillonnait en lui. Il retrouva Harry dans le salon de sa tante et découvrit enfin l'identité du mari de Pétunia. L'homme était aussi gros qu'une baleine et avait un air de ressemblance avec le gamin qui avait menacé Harry tout à l'heure dans le square.

— Qu'as-tu encore fait, monstre ? rugit l'homme.

— Je…je…rien, oncle Vernon, balbutia l'enfant.

— Rien ? tonna Vernon avec fureur. Que crois-tu que les gens vont penser de nous maintenant qu'ils t'ont vu te balader nu dans tout le quartier ? Et en plus, dans un tel état ! Tu t'es encore battu hein ?

— C'est…c'est…Dudley et sa bande…ils faisaient la Chasse au Harry et…ils m'ont…m'ont enlevé mes vêtements…je…je…suis désolé…Oncle Vernon…je…

— Dudley ? couina Pétunia. Qu'as-tu fait à mon Dudlynouchet ? Que lui as-tu, sale monstre ?

— Rien, je le jure. Je ne lui ai rien fait.

— Tu viens d'avouer t'être battu avec notre Duddy, répliqua Vernon.

— Non, paniqua Harry, je n'ai rien fait. Promis.

— Combien de fois t'ai-je dit de ne pas t'approcher de mon fils ? grogna Vernon qui détachait sa ceinture.

Lorsque le gamin vit ça, il commença tout de suite à paniquer et supplia son oncle, jurant qu'il n'avait rien fait mais ses suppliques furent noyés sous de violents coups de ceinture qui léchèrent la peau fragile du garçon.

Severus avait du mal à regarder cette scène sans vouloir intervenir mais il savait qu'il ne pouvait rien faire car ce n'était qu'un souvenir, ceux d'Harry.

Harry, pensa-t-il douloureusement en fermant les yeux tandis que les cris d'Harry résonnaient dans toute la pièce, continuant d'implorer le pardon de son oncle.

Les ténèbres l'engloutirent une nouvelle fois et il fut assailli par d'autres images, d'autres souvenirs similaires à ce qu'il venait de voir. Le jeune Harry était considéré comme un anormal par sa famille, un monstre relégué au statut d'esclave qui faisait toutes les corvées de la maison sans jamais rechigner. Un Harry qui dormait dans un placard et qui ne mangeait que lorsque sa famille le décidait. Un Harry qui était battu lorsqu'il faisait un pas de travers ou quand son cousin l'accusait pour des choses dont il n'était jamais coupable.

Il vit un Harry seul et malheureux qui portait toute la misère du monde sur ses épaules.

Puis il put voir un Harry heureux de pouvoir échapper à la maltraitance qu'il subissait dans sa famille en allant à Poudlard. Un Harry qui se fit des amis pour la première fois en montant dans le Poudlard Express. Il vit le jeune garçon évoluer à Poudlard et vit sa version adulte, du moins ce à quoi il aurait pu ressembler s'il n'avait pas été adopté par les Caledonensis. Ce n'était pas la première fois qu'il se voyait adulte puisqu'il en avait eu l'occasion en visionnant quelques souvenirs de ses parents.

Il vit son double non pas son alter-égo mais Snape sauver la vie du jeune garçon en l'empêchant de tomber de son balai. Il vit Snape froncer les sourcils à chaque fois qu'il posait le regard sur le gamin. Ensuite, les souvenirs changèrent et il trouva Snape assis à l'infirmerie, surveillant du regard le jeune Harry qui se faisait ausculter par Poppy. Il vit Snape se disputer avec Dumbledore tandis qu'Harry observait les deux adultes assis dans un fauteuil, tremblant de la tête aux pieds. Snape semblait furieux et invectivait copieusement le directeur de Poudlard, se fichant royalement qu'il soit son supérieur.

Il vit Snape signer des papiers et devenir officiellement le tuteur d'Harry James Potter. Il vit Harry continuer d'évoluer à Poudlard et reconnut difficilement la version adulte de son meilleur ami et encore plus celle de Sirius Black qui ressemblait plus à un zombie qu'à autre chose.

Il assista à la fuite du traitre et à l'évasion de Black sur le dos d'un hippogriffe. Il assista à la coupe du monde de quidditch, au Tournoi des Trois Sorciers et aux disputes de plus en plus récurrentes entre le tuteur et son pupille.

— Vous ne vous concentrez pas assez, Potter ! cingla la voix sèche de Snape.

— J'ai besoin de me reposer, dit Harry d'une voix fatiguée.

— Le Lord Noir ne se repose jamais, Potter, répliqua Snape. Légilimens.

Il pénétra dans l'esprit d'Harry qui essaya de repousser l'intrusion de son tuteur mais n'était pas un bon occlumens pour parer à cette attaque. Snape se retira de l'esprit de son pupille et le fusilla du regard.

— Potter, concentrez-vous ! ordonna Snape.

— Non, j'en ai marre. Je suis épuisé !

— Cessez donc de faire l'enfant capricieux et mettez-vous au travail. Si vous arrêtiez un peu de paresser avec vos amis et que vous vous mettiez un tant soit peu à travailler, nous aurions eu des résultats depuis bien longtemps !

— Je ne suis pas un enfant capricieux et vous mieux que quiconque le savez ! protesta véhément Harry.

— Alors montrez-le-moi ! Pour l'instant, je ne vois qu'un gamin qui ne cesse de se plaindre depuis le début du cours. Légilimens.

Une nouvelle image apparut et cette fois-ci, il reconnut sans mal les cachots de Poudlard puisqu'il avait l'habitude de s'y rendre pour les cours de potions mais aussi parce que c'était là-bas que se trouvait la salle commune de Serpentard.

Snape et Harry se trouvaient dans ce qui fut autrefois un salon car il était complètement saccagé. Les deux hommes se faisaient face, leur baguette en mains.

— Potter, ça suffit maintenant ! gronda Snape.

— Je m'appelle Harry, espèce de salopard ! cracha le jeune homme.

— Tu ferais mieux de surveiller ton langage, jeune homme, prévint Snape d'un ton menaçant.

— Sinon quoi ? le défia Harry. Vous allez aussi me tuer comme vous avez tué Sirius ?!

— Je n'ai pas tué, Black, protesta Snape.

— Il est mort par votre faute ! Il est mort parce que vous n'avez pas voulu m'écouter ! C'est de votre faute et je vous déteste !

Harry envoya un maléfice à son tuteur qui le para sans aucun problème et lança de nouveaux sorts sous la colère. Snape se contentait de se défendre.

— Même si je détestais Black, je n'ai jamais voulu sa mort, Harry, dit le plus âgé d'un ton calme.

— Vous mentez !

— J'aurais dû t'écouter Harry et comprendre ce que tu essayais de me dire mais j'étais occupé par un autre problème et lorsque j'ai découvert que tes amis et toi n'étiez plus dans votre dortoir, j'ai tout de suite alerté l'Ordre. J'aurais souhaité venir au Ministère mais je ne pouvais pas. Si j'avais su, j'aurais insisté pour participer à cette mission, je…

— Mensonges ! hurla Harry en secouant la tête. Vous mentez depuis le début. Vous êtes comme tous les autres.

— Harry…

Le jeune homme était aveuglé par la douleur et continuait de lancer des sorts y mettant un peu plus de puissance à chaque fois mais jamais Snape ne contrattaquait, repoussant simplement les attaques.

— Pourquoi vous ne vous battez pas ? Ce n'est pas ce que vous vouliez depuis le début ? Vous vouliez me voir mort non ? Alors battez-vous et tuez-moi !

— Jamais je ne porterais la main sur mon pupille, dit Snape.

— Je ne suis rien pour vous, contesta le garçon.

— Si, tu es mon garçon, répliqua calmement le maître des potions.

— C'est faux ! Vous ne vous êtes jamais soucié de moi ! Vous…vous faisiez tout ça uniquement parce que vous pensiez avoir une dette envers ma mère. Je ne suis qu'un fardeau pour vous. Vous me détestez, je le sais. Vous me haïssez.

— Oui, au départ, je te protégeais uniquement en souvenir de ta mère mais tout a changé lorsque j'ai compris ce que tu vivais chez les Dursley, lorsque tu es devenu mon pupille Harry, dit Snape. Comment peux-tu croire que je puisse te haïr ? Si je te haïssais vraiment, je n'aurais jamais décidé d'avoir ta tutelle. Je ne me serais jamais dressé contre Dumbledore et n'aurais pas ruiné ma couverture d'espion. Je ne me serais jamais battu pour avoir ta garde.

Harry secoua la tête, perdu, laissant tomber sa baguette tandis qu'il laissait couler des larmes sur son visage.

— Non, c'est faux. Vous êtes devenu mon tuteur uniquement à cause d'elle. Vous ne l'avez pas fait pour moi mais pour elle. Personne n'a jamais compté à vos yeux qu'elle. Je ne suis pas aussi stupide que vous le pensez, vous savez. Il n'y a que ma mère qui ait jamais compté pour vous et c'est pour elle que vous vous êtes senti obligé de me venir en aide. Pour vous, je n'étais qu'un stupide gryffondor, arrogant et prétentieux comme son père. Tout était bon pour ne pas m'avoir dans vos pattes, pour me renvoyer dans mon dortoir, pour m'humilier devant vos petits serpents même après que vous ayez obtenu ma garde.

— Harry…

— Non, je ne veux pas vous écouter ! Je ne veux plus rien entendre ! Vous n'êtes qu'un sale hypocrite.

— Je te considère bien plus que ça, Harry. Bien plus que tu ne peux l'imaginer. Je… tu es comme un fils pour moi.

Severus put ressentir la détresse qui émanait de Snape. Il ne l'exprimait pas à haute voix comme le jeune gryffondor mais il pouvait la sentir et la voir car elle était visible dans son regard, dans son attitude.

— Je t'aime Harry comme si tu étais de mon propre sang, ma propre chair.

— Menteur !

— Si j'avais su ce qui se serait passé cette nuit au ministère, j'aurais été le premier à venir vous rejoindre. Je n'aurais pas hésité une seule seconde. Je te donne ma parole que j'aurais tout fait pour sauver ton parrain.

— Sirius est mort à cause de vous, l'accusa Harry.

— Tu as raison, acquiesça Snape. Je n'ai pas été un bon professeur. J'aurais dû t'apprendre l'occlumancie d'une autre manière. J'aurais dû être plus patient avec toi et moins sévère. J'ai lamentablement échoué dans ton apprentissage et Black en a payé les conséquences. Tu en as payé les conséquences et je suis responsable aujourd'hui de la douleur qui abrite ton cœur. Je suis sincèrement désolé, Harry. Vraiment. Je t'en prie, laisse-moi t'aider. Laisse-moi apaiser ta souffrance. Laisse-moi réparer mes erreurs, je te prie.

Harry éclata en sanglots, le corps secoué par des spasmes. Snape s'approcha tout doucement du jeune gryffondor et leva la main vers son visage, essuyant les larmes du garçon.

— Tu es tout pour moi, Harry. Tout, dit Snape. S'il te plaît, laisse-moi une chance de me faire pardonner.

Snape voulut prendre Harry dans ses bras mais ce dernier recula d'un bond et fixa froidement son tuteur.

— Vous mentez comme tous les autres. Si vraiment vous teniez à moi, vous me l'auriez montré depuis le début. Vous m'auriez fait savoir que vous teniez à moi. Je l'aurais su si vous me considériez vraiment votre fils mais tout ceci n'est que balivernes ! La seule personne qui ait jamais compté pour moi est morte cette nuit par votre et ça, je ne vous le pardonnerais jamais ! Jamais, vous m'entendez ?! Sirius était le père que je désirais avoir et par votre faute, je l'ai perdu ! Alors non, jamais je ne vous pardonnerais.

La douleur dans le regard de Snape fit pleurer Severus car il savait que les paroles du jeune gryffondor avaient eu l'effet d'un coup de couteau que l'on enfonçait en plein cœur. Surtout que le coup était porté par un être cher.

Harry fixa une dernière fois son tuteur avec froideur et haine avant de quitter les appartements du maître des potions.

Severus revint tout doucement dans le monde réel, quittant l'esprit d'Harry. Il évalua d'un regard embué la tour et fixa le jeune garçon qui était toujours dans une sorte de transe, sa magie tourbillonnant furieusement autour de lui. Il y avait tellement de souffrance et de désarroi mais aussi de haine en ce jeune homme que c'en était intolérable. Harry ne pourrait garder longtemps une telle détresse en lui et Severus était sûr qu'il finirait par perdre le contrôle comme son père quelques années plus tôt avant lui. Il avait déjà vu ce qu'une telle douleur et une telle haine pouvait engendrer et il ne voulait pas que cet Harry traverse une telle période.

Le jeune prince inspira doucement et commença à entonner un chant. Il devait enchanter Harry pour le sortir de sa transe. C'était une berceuse que lui chantait sa mère lorsqu'il était petit. Au fur et à mesure qu'il chantait mettant son pouvoir d'enchanteur dans la chanson, il avança vers Harry.

La magie qui crépitait autour d'Harry s'estompât lentement avant de finir par complètement disparaître et les yeux blancs du jeune homme reprirent vie mais ils étaient voilés par la douleur que Severus identifia sans mal.

— Ha…Nikita ? l'appela-t-il doucement.

Severus décida qu'il valait mieux taire ce qu'il savait à propos du jeune homme et de ses prétendus frère et sœur. Il réfléchirait à la présence du trio à leur époque un peu plus tard. Ce n'était pas une priorité pour l'instant.

— Je…je…bredouilla le blond en larmes.

— Viens ici, dit-il en ouvrant ses bras dans une invitation.

Le blond ravala un sanglot et se jeta dans les bras de Severus, se blottissant tout contre lui, recherchant un peu de réconfort. Il avait besoin d'être consolé. Il voulait qu'on s'occupe de lui et qu'on puisse le rassurer. Il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé tout à l'heure. Il avait reconnu sa tante parmi les étudiants de Poudlard et aveuglé par sa douleur, il s'était enfui vers la Tour d'Astronomie puis sa meilleure amie avait tenté de le calmer mais après ça, c'était le trou noir. Il ne se souvenait plus de rien.

— Tu peux pleurer autant que tu le souhaites, chuchota Severus. Cela te fera du bien.

Severus entraîna le blond avec lui sur le sol et le positionna confortablement sur ses genoux, enroulant ses bras autour de la taille du garçon qui pleura dans son cou.

— Pleure, conseilla-t-il. Tu verras, ça ira mieux après. Je te le promets.

Nikita s'accrocha fermement à lui comme à une bouée de sauvetage et sanglota dans ses bras. Severus murmurait des paroles à son oreille, lui parlant de potions ou encore des sortilèges qu'il avait inventés et qu'il comptait inventer. Il lui parla de sa rencontre avec Remus mais aussi des coups que les renardeurs s'échangeaient avec les maraudeurs.

Severus parla longtemps tout en espérant calmer les pleurs du garçon qu'il tenait dans ses bras puis au bout d'un long moment, il sentit le corps de Nikita se ramollir tout contre lui et les sanglots s'atténuer avant de devenir de simples reniflements.

Nikita avait fini par dormir, épuisé entre ses bras.


Réponses aux reviewers anonymes :

James x Severus : Hello ! Merci pour le commentaire. Pour les autres histoires, il va falloir patienter.

Juliana : Coucou ! Merci beaucoup pour ton commentaire et comme tu l'as si bien remarqué, je me fais toujours un devoir de ne jamais ennuyer mes lecteurs. A bientôt !


Note de l'auteure :

Comment pensez-vous que Severus ait découvert l'identité de notre cher Harry ? Et pourquoi la cicatrice d'Harry lui faisait-elle mal ?