Je ne me suis pas éloigné, ni fâché, car je suis l'expression parfaite de l'amour

C'est mon amour de père que je répands sur toi

Parce que tu es mon enfant et que je suis ton père

Mon plan pour ton avenir est toujours rempli d'espérance

Il est en mon pouvoir de te montrer de grandes et merveilleuses choses

Si tu me cherches de tout ton cœur tu me trouveras

Trouve ta joie en moi et je te donnerai ce que ton cœur désire

Je suis capable de faire plus pour toi que tu ne pourrais probablement l'imaginer

Car je suis ta plus grande source d'encouragement

Je suis aussi le père qui te console de toutes tes peines

Quand tu cries à moi, je suis près de toi et je te délivre de toutes tes détresses

J'effacerai toutes larmes de tes yeux

Et je porterai toute la douleur que tu as subie

Parce que je t'aime d'un amour éternel.

Citations tirées de la bible.


23

Moments de joie

Apries ne dormait pas. Il était très tard lorsqu'il quitta sa chambre pour prendre l'air sur le balcon. Il ne tressaillit guère lorsqu'une silhouette familière apparut à ses côtés.

— Les ombres sont proches. Nous avons senti une puissante magie sombre.

— Bien plus proche que vous ne pourrez l'imaginer, dit Apries.

— Que sais-tu que nous ignorons ? demanda Australis, fixant son regard sur son ancien amant.

— Tu peux le sentir, n'est-ce pas ? Les ténèbres qui enveloppent peu à peu mon cœur, balayant toute lumière qui pourrait y avoir. L'obscurité est en train de noircir mon âme. Vous avez pensé que j'étais en train d'enclencher la guerre, aussi, vous voilà tous à tenter de protéger l'humanité de la menace que je suis en train de représenter.

Apries leva les yeux au ciel. Il aurait dû se douter qu'ils étaient tous des incompétents. Ils n'étaient même pas capables de voir ce qui se passait sous leurs yeux.

— Qu'essaies-tu me dire ? l'interrogea Australis, perplexe.

— Je représenterais plus tard une menace pour l'humanité mais ce n'est pas moi que vous devez craindre, répondit-il.

— Toi-même tu viens de le dire, Apries. Les ténèbres sont en train de t'envahir et il est clair que tu n'auras bientôt plus le contrôle de tes actions. Nous sommes ici pour te neutraliser. Jamais nous ne permettrons que tu puisses faire du mal à qui que ce soit.

Apries esquissa un rictus méprisant.

— Vous n'êtes qu'une bande d'amateurs, fit-il avec dédain.

Australis haussa les sourcils d'un air blasé.

— Et si nous passions directement aux explications ? suggéra-t-elle.

— Je sais qu'aucun d'entre vous n'est sensible à la perception de la Magie mais n'importe quel sorcier un tant soit peu doué pourrait percevoir cette ombre.

— Quelle ombre ?

— L'ombre qui nous menace, répondit Apries.

— La folie commencerait-elle à te consumer, Apries ? railla Australis.

Il est là, Australis ! hurla tout d'un coup Apries. Il est là et s'empare peu à peu de mon âme. Il est en train de me corrompre et lorsque toute lumière aura disparu de mon être, il me revendiquera et je ne pourrais rien faire pour me défaire de son emprise. Il s'est réveillé et après tous ces millénaires, il a réussi défaire le sceau que j'avais placé sur sa magie. Il a pu se réincarner et aujourd'hui, il est plus fort que jamais. Il dissimule sa présence mais je peux le sentir. Il est en train de me faire sien et lorsque je lui appartiendrais totalement, il déclenchera la guerre !

Apries tremblait de rage mais aussi de peur. Il retourna dans sa chambre et tenta de cacher sa détresse mais c'était plus fort que lui. Il avait peur. Qu'importe tout ce qu'il avait pu se dire jusqu'à ce soir pour se rassurer, il avait peur. Il essayait de lutter contre les ténèbres mais il perdait lentement mais sûrement la bataille. Il le tenait entre ses filets et n'était pas prêt de le lâcher. Il savourait sa chute et il le savait. Il pouvait presque percevoir sa satisfaction.

— Je ne comprends pas, Apries. De quoi parles-tu ?

Il se retourna brusquement vers Australis, les traits de son visage ravagés par la colère et la crainte. L'appréhension et le désespoir.

— Je te parle de la prophétie, Australis ! Je te parle des ténèbres ! Je te parle de la véritable menace qui pèse sur nous tous ! Je ne suis pas ces ombres. Je ne serais que l'esclave d'un Seigneur des Ténèbres bien plus puissant que vous ne pourrez jamais l'imaginer. C'est sa magie qui est en train de corrompre mon âme. C'est sa magie qui me fait doucement basculer dans les ténèbres. C'est lui, la menace !

Australis écarquilla les yeux, abasourdie.

— Apries, es-tu en train de te rendre compte de ce que tu dis ? Un sorcier qui corrompt le cœur de la magie d'un autre sorcier ne peut exister. Les seuls sorciers qui étaient capables d'une telle horreur ont disparu il y a plusieurs millénaires de cela.

— Ne sois pas si bornée, Australis ! s'énerva Apries. Tu connais approximativement mon âge et sais à quelle époque j'ai appartenu !

— Serais-tu en train… de… dire que…que… bégaya-t-elle, choquée.

— Oui, dit Apries d'un ton ferme. Tu comprends maintenant ?

— Pourquoi, toi ? Pourquoi te veut-il ? demanda Australis.

Il a promis qu'un jour je lui appartiendrais et que lorsque nous nous retrouverons, il me fera payer ma couardise, répondit Apries d'une voix lointaine.

— Quelle relation vous unit l'un à l'autre ? Et de quelle couardise parles-tu ?

— Cela ne te concerne pas.

— Au contraire, je crois que si ! répliqua sèchement Australis. Si ce sorcier dont tu parles est réellement ce que tu prétends alors j'ai le droit de savoir quel lien vous unit l'un à l'autre. Si tu tombes entre ses mains, il nous sera difficile de gagner cette guerre donc nous aurons besoin de toutes les informations possibles pour pouvoir le contrer !

— L'enfant de la prophétie est là et même s'il n'est pas encore prêt, il vous aidera à gagner cette guerre, rétorqua-t-il.

Ce gamin ?! s'exclama Australis, incrédule.

— Oui, il est l'enfant de la prophétie.

— C'est impossible. La prophétie parle d'un enfant né de deux hommes.

— Une mauvaise interprétation de la prophétie pourrait conclure à des actions désastreuses, dit Apries. Tu ferais mieux de prêter plus attention au sens des mots.

— Selon toi, il serait l'enfant de la prophétie.

— Il l'est, affirma Apries.

Australis dévisagea Apries d'un air inquiet.

— Pendant combien de temps encore pourras-tu combattre son emprise sur ton esprit ? le questionna-t-elle.

— Je ne sais pas, répondit-il dans un murmure accablé. Il s'amuse encore avec moi et pourrait très bien me faire plier dans l'instant mais il préfère me voir souffrir. Il fait ça lentement pour que je puisse avoir conscience de sa puissance et de ma faiblesse. Il me torture psychologiquement.

— Tu n'es pas faible, Apries, protesta Australis avec véhémence.

— Oh si, je le suis.

— Personne ne pourrait combattre cette emprise comme tu le fais, Apries. Tout le monde aurait succombé depuis bien longtemps. Tu es quelqu'un de fort.

— Tu ferais mieux de partir et d'annoncer la nouvelle à tes confrères. Vous devriez vous préparer et revoir vos plans de guerre car l'ombre qui menace l'humanité est bien plus terrifiante que le danger que j'aurais pu représenter.

— Tu crois que ça ira ? Pour toi je veux dire, s'inquiéta Australis.

— Tu devrais partir, dit-il. Lily-Luna est souvent réveillée très tôt à l'aube et je ne voudrais pas être dans les parages.

Australis acquiesça et jeta un dernier regard à son ancien amant avant de transplaner et de disparaître de la chambre, laissant l'ancien pharaon d'Égypte, seul avec ses démons.

« — Tu as une très belle famille, tu sais, s'exprima une voix dans sa tête.

Ne fais pas ça, je t'en prie.

Avec qui donc as-tu pu faire ces bâtards, dis-moi ?! Serait-ce une femme ou un homme ?

Un long silence régna dans leur communication avant qu'un rire froid n'emplisse leur connexion.

Ce n'est qu'une question de temps, Apries, qu'une question de temps, susurra la voix. Bientôt, je percerais les mystères de ton esprit et découvrirais ce que tu me caches avant tant de volonté… avec tant de force.

Pourquoi fais-tu ça ? Pourquoi t'acharnes-tu autant sur moi ? demanda Apries.

Tu sais pourquoi.

Non, répliqua Apries, je ne sais pas.

Alors continue de chercher. Moi, je vais me faire un plaisir d'apprendre à connaître ta descendance que je commence à trouver vraiment fascinante.

Non, s'il te plaît, supplia Apries. Tout mais pas eux, je t'en prie. Je ferais tout ce que tu veux mais ne touche pas à ma famille. Je ferais tout ce que tu veux, je te le jure.

Mais tu le feras mon cher, tu le feras... Je n'en doute pas une seule seconde. »

Apries s'effondra à genoux sur le parquet de sa chambre et son corps fut secoué par des sanglots qu'il ne put contenir. Une fois encore, il se trouvait à sa merci et n'avait aucune chance d'en réchapper mais le pire dans tout ça, c'était que malgré lui, il entraînait ses proches dans sa déchéance.

Il n'était pas capable de rivaliser contre lui. Personne ne pourrait le sauver et cette fois-ci, il allait réellement plonger dans les ténèbres pour ne plus jamais en ressortir. Il était perdu.


Dès l'instant où Nikita ouvrit les yeux, il sut que quelque chose n'allait pas. Il se trouvait prisonnier de deux corps, enveloppé dans une douce chaleur, apaisante et réconfortante. Il plissa les yeux et posa son regard sur le jeune homme allongé à ses côtés. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et d'incompréhension à la vue de cette silhouette fine et élancée. Il reconnut sans mal l'endormi aux cheveux de jais mi- longs qui recouvraient une partie de son visage. Il avait l'air serein, plongé dans un sommeil profond.

Il tenta de s'éloigner du jeune homme mais buta contre un corps chaud dans son dos. Il se redressa brusquement et put voir l'autre garçon qui dormait dans le même lit à sa gauche.

— Mmmm… fit le garçon aux cheveux châtain tout en remuant légèrement ses yeux sous ses paupières closes.

Nikita commença tout doucement à paniquer, ne se rappelant pas de ce qui s'était passé la veille et comment il avait pu atterrir dans le même lit que les deux garçons. Surtout pratiquement nu ! Il n'avait plus que son boxer sur lui et à en juger par les torses nus des deux autres, ils ne devaient pas porter grand-chose.

Pourquoi se trouvait-il là ? Qu'avait-il bien pu faire la veille pour se trouver dans une telle situation ? Il souhaitait en avoir le cœur net, aussi, il tâta doucement son postérieur à la recherche d'une éventuelle douleur ou un truc dans le genre. Il poussa un soupir de soulagement en constatant qu'il ne ressentait aucune gêne donc il pouvait en déduire qu'il n'avait rien fait de compromettant mais ce n'était pas pour le rassurer. Il était tout de même dans un grand lit, au milieu de deux mecs à moitié nu !

Il souleva lentement le drap et pencha la tête pour vérifier quelque chose. Un soulagement écrasant le fit reprendre pied. Aucun des deux garçons n'avait d'érection.

Maintenant, la question restait de savoir pourquoi il était là et comment il avait fait pour s'y trouver. Leonid et encore moins Masha n'auraient pu le laisser faire quoi que ce soit d'idiot, n'est-ce pas ? Ses amis l'auraient arrêté s'il faisait quelque chose de stupide, non ? Et à ce propos, où étaient-ils ?

Nikita balaya la pièce du regard et ne reconnut pas le dortoir dans lequel il se trouvait. Il était sûr d'une chose, il n'était pas chez les gryffondors.

— Bonjour.

Il bondit presque du lit et tourna la tête vers la voix, croisant un regard doré. Remus lui sourit chaleureusement et s'assit dans le lit, l'examinant des yeux, l'air quelque peu inquiet.

— Est-ce que tu vas mieux ? lui demanda-t-il.

Nikita hocha simplement la tête, le regard fixé sur le lycanthrope.

— Qu'est-ce qui s'est passé hier ? Pourquoi est-ce que je me retrouve ici… dans ce lit ?

— Tu ne t'en souviens plus ?

Nikita secoua la tête. Non, malheureusement, il ne se souvenait de rien. Il essayait pourtant de retracer les évènements de la veille mais il n'avait aucun souvenir de ce qui avait bien pu se passer. C'était le noir complet.

— Eh bien, on peut dire que tu as eu une sorte de crise d'angoisse ou un truc dans le genre. C'était assez effrayant car tu avais perdu tout contrôle de ta magie. Ton frère et ta sœur ont bien essayé de t'aider mais ils n'arrivaient pas à t'atteindre. Dans ta colère, tu as éjecté Leonid contre le mur de la Tour et il s'est cogné la tête.

Nikita parut inquiet et voulut quitter le lit pour aller s'enquérir de l'état de santé de Leonid mais Remus le retint avant qu'il ne puisse aller où que ce soit.

— Il va bien, le rassura Remus. Madame Pomfrey s'est occupée de lui et l'a gardé en observation juste au cas où mais elle nous a assuré qu'il pourra quitter l'infirmerie le lendemain donc je suppose que tu le verras tout à l'heure dans la Grande Salle.

— Et Masha ? Est-ce que je lui ai fait du mal ?

— Tu n'as pas à t'en faire pour elle. Elle va très bien. Aux dernières nouvelles, elle veillait sur Leonid.

— Pourquoi suis-je ici ? questionna Nikita.

— C'est Sev qui a pu te sortir de ton espèce de transe. Sans son intervention, le château aurait certainement fini en ruines, plaisanta Remus.

— Oh Merlin ! fit Nikita, horrifié. J'ai blessé d'autres personnes ? Est-ce que j'ai fait du mal à…

— Stop, le coupa Remus. Tu n'as fait de mal à personne. Severus est intervenu à temps avant que la situation ne dérape complètement. Nous t'avons amené ici parce que tu semblais moins tourmenté dans les bras de Sev. Il avait l'air de pouvoir t'apaiser.

— Oh !

Nikita était gêné et ne savait vraiment pas quoi dire. Il détourna le regard du loup-garou pour jeter un coup d'œil à Severus. Il ne ressemblait pratiquement pas à la version jeune de son tuteur mais pourtant, il pouvait déceler quelques traits de ressemblance, comme les yeux d'un noir si profond qu'il était possible de se perdre dans ce regard.

— Salut !

Ou encore la voix. Bien qu'elle soit plus chaude et suave que celle de son tuteur, il reconnaitrait le timbre entre mille. C'était une voix douce, prenante et attirante, qui lui procura une sensation de bien-être. Encore jamais, son Snape ne s'était adressé à lui avec autant de chaleur. C'était nouveau, intriguant mais surtout, agréable.

— Bonjour.

— Comment te sens-tu ? l'interrogea Severus.

— Un peu désorienté mais je crois que ça va, répondit-il.

— C'est normal que tu ne puisses te souvenir de rien après ton éclat de colère mais ne t'en fais pas, ce n'est rien de bien grave, l'assura Severus.

— D'accord.

— Je ne sais pas vous les gars mais nous ferions mieux de nous dépêcher si nous ne voulons pas rater l'heure du petit-déjeuner, lança Remus qui quittait prestement le lit pour la salle de bain.

— Je ne sais pas quel dortoir tu choisiras pour passer tes nuits mais sache que tu es libre de dormir où tu veux et quand tu le souhaites. Tu peux passer d'un dortoir à un autre sans aucun souci mais il va falloir choisir dans lequel tu souhaites ranger tes vêtements, dit Severus.

— Je ne sais pas, souffla Nikita. Peut-être dans celui de Gryffondor puisque Leonid s'y trouve.

— Tu n'as qu'à prendre ton temps pour y réfléchir, conseilla le brun. Moi, par exemple, mes affaires se trouvent ici dans le dortoir de Serdaigle puisque j'y passe le plus clair de mon temps. Comme tu as pu le constater, je dors dans le même lit que Remus et ses bras sont un bon remède pour éloigner les cauchemars.

Severus lui fit un clin d'œil et Nikita se trouva en train de sourire au jeune homme. Il n'aurait jamais cru dire une telle chose mais il appréciait énormément la présence du garçon et souhaitait même faire durer leur séjour dans ce monde pour passer un peu plus de temps avec lui et apprendre à le connaître. Peut-être qu'ainsi, il pourrait quelque peu déchiffrer son tuteur.

Son visage s'assombrit lorsqu'il pensa à la dernière discussion qu'il avait eue avec son Snape. Il ne tenait pas à lui et s'occupait de lui uniquement en mémoire de sa mère, rien de plus. Il n'était qu'un fardeau aux yeux de l'homme.

— Nikita ?

— Hein ? fit-il, sortant brusquement de ses pensées.

— Est-ce que tout va bien ? s'enquit Severus.

— Oui, oui ça va, répondit-il à la hâte.

Severus le regarda d'un air suspicieux mais ne dit rien.

— Comme je te le disais, j'ai posé mes affaires dans le dortoir de Serdaigle, reprit Severus. Tu peux en faire de même, si tu le souhaites. Tu changeras d'emplacement plus tard lorsque tu te seras décidé pour un dortoir. Qu'en penses-tu ?

— Que c'est une excellente idée, dit Nikita.

— Au lieu de papoter, vous feriez mieux de vous dépêcher, lança Remus qui revenait de la salle de bain.

— À vos ordres, mon commandant ! rigola Severus.

Remus roula des yeux et ignora les pitreries de son meilleur ami. Nikita sourit, amusé, puis passa à son tour sous la douche.

— Alors ? Tu as pu parler avec ton grand-père ? l'interrogea Remus.

— Oui.

— Et qu'a-t-il dit ? le pressa le serdaigle.

— De simplement prendre soin de lui, répondit Severus.

— C'est tout ?

— En gros, oui.

— Quelque chose semble te tracasser, fit remarquer Remus.

Severus s'étonnait toujours de la facilité avec laquelle Remus pouvait lire en lui. Il lui était quasiment impossible de cacher quoi que ce soit à son meilleur ami. Il le connaissait tellement bien, que c'en était parfois presque effrayant.

— Je ne sais pas, soupira-t-il, agité. Grand-père me paraît différent depuis quelque temps.

— Il perd le contrôle de ses pouvoirs. En quoi est-ce différent depuis que nous l'avons appris ?

— J'n'en sais rien, Rem. Juste que toute cette histoire me paraît étrange. J'ai comme un mauvais pressentiment et il ne me quitte pas depuis ce jour-là. J'ai l'impression qu'il ne nous dit pas tout et qu'il nous cache quelque chose, expliqua Severus.

— Sev, tu es en train de te faire des idées et tu t'inquiètes tout simplement pour lui. Apries est certainement quelqu'un de mystérieux mais il ne cacherait jamais quoi que ce soit qui puisse mettre votre famille en danger. Il nous l'a toujours répété, c'est quelqu'un d'honnête et qui dit toujours ce qu'il pense sans tourner autour du pot. Il nous a prévenus qu'il deviendrait dangereux dans peu de temps. Ne va pas chercher midi à quatorze heures.

— Tu as peut-être raison. Je me fais un peu trop de soucis pour lui, concéda Severus, incertain.

— En ce moment, tu as autre chose à penser. Laisse donc tes parents s'occuper de ton grand-père.

Severus soupira, loin d'être rassuré par les paroles de son meilleur ami mais décida tout de même de penser à autre chose, bien que son mauvais pressentiment se fasse persistant de jour en jour.

Il se prépara aussi rapidement qu'il le put et ils quittèrent tous les trois le dortoir pour la Grande Salle où pratiquement tous les étudiants du château se trouvaient.

— Nikita !

Une fille à la chevelure blonde platine accourut vers le garçon et se jeta à son cou, le faisant reculer de quelques pas.

— Content aussi de te revoir, Masha, murmura-t-il tout en encerclant la taille de la blonde.

Severus et Remus échangèrent un sourire complice. Comme quoi, il y avait certaines choses qui ne changeraient jamais. Peu importe les dimensions ou les différentes réalités. Il était impossible de séparer ces deux jeunes gens.

— J'étais très inquiète, dit-elle en reculant sans pour autant s'éloigner de l'étreinte du garçon. Comment tu vas ?

— Je vais bien, sourit Nikita.

Elle finit par rompre leur étreinte et darda son regard scrutateur sur son meilleur ami/frère. Elle n'avait pas pu s'empêcher de se faire un sang d'encre pour lui, ne sachant pas ce qui allait se passer lorsqu'il se serait retrouvé tout seul avec le Severus de ce monde.

Elle parut satisfaite et posa ses yeux noisette sur Severus et Remus.

— Je vous remercie d'avoir pris soin de lui, les remercia-t-elle.

— C'était un réel plaisir, dit Severus.

Masha acquiesça et ne douta pas des paroles du septième année. Elle pouvait voir dans son regard qu'il ne ferait jamais de mal à Nikita et la preuve en était qu'il avait pris soin de lui alors qu'il ne le connaissait même pas.

— Où est… hum… Leonid ? l'interrogea Nikita.

— Il est bien trop occupé à manger pour pouvoir se lever, grogna-t-elle, exaspérée.

Elle pointa du doigt un jeune homme assis à la table des lions qui mangeait comme un vrai porc aux côtés des autres membres du groupe les Renardeurs.

— On peut dire qu'il a un appétit d'ogre, commenta Remus avec amusement.

— Il a surtout de mauvaises manières à table, persiffla la serdaigle.

— Il me fait penser à l'un de nos oncles, dit Severus d'un ton innocent. N'est-ce pas, Rem ?

— Ouais, acquiesça le loup-garou, il mange vraiment comme Oncle Ronald.

Nikita s'étouffa avec sa salive tandis que Masha devint brusquement livide.

— Est-ce que ça va ? s'inquiéta Severus en tapotant doucement le dos du blond.

— Oui, marmonna le blond.

— J'ai une faim de loup, pas vous ? lança Remus.

Severus prit le bras de son meilleur ami et se dirigèrent vers la table des lions, ignorant les regards inquiets que se lancèrent Masha et Nikita.

Avaient-ils bien entendu ? Cet oncle Ronald aurait-il un quelconque rapport avec Leonid ? Ou était-ce juste une coïncidence au niveau des prénoms ?

— Hey ! fit Leonid. Coucou, mon pote !

Il se leva du banc et enlaça brièvement Nikita avant de saluer les nouveaux venus.

— Comment tu te sens ? le questionna Leonid.

Nikita soupira discrètement. Encore la même question depuis son réveil et ce serait toujours la même réponse.

— Très bien, Leo. Et encore désolé pour hier.

— Ne t'en fais pas, dit Leonid. Par contre, tu nous as foutu une peur bleue. J'ai bien cru que tu ne te calmerais jamais. Quand je me suis réveillé à l'infirmerie, He…euh… Masha m'a dit que tu étais avec hum… Remus et … Severus.

— Je ne me rappelle plus de ce qui s'est passé. C'est le trou noir dans ma tête.

— Tes souvenirs te reviendront plus tard, dit Lily qui était assise à côté de Leonid.

Nikita hocha la tête et sentit une vague de chaleur au creux de son estomac lorsque la rouquine lui fit un sourire. Il avait conscience que la lionne n'était pas tout à fait sa mère mais elle restait tout de même une partie de celle qui, un jour, lui donna la vie et se sacrifia pour lui.

— Vous feriez mieux de jeter un coup d'œil à la Gazette du Sorcier, suggéra Pétunia qui remit le journal aux mains de Regulus, son camarade de maison proche d'elle.

Nikita porta toute son attention sur la serpentarde et pâlit soudainement lorsqu'il rencontra le regard de la blonde et là, il se souvint de ce qui s'était passé la veille, de la colère qu'il avait ressenti en constatant qu'elle était une sorcière, de sa peine en se rappelant des mauvais traitements qu'il avait subi dans sa famille.

Severus avait capté le regard du blond et avait aussitôt ressenti la panique et la rage qui semblaient batailler à l'intérieur du jeune homme. Il devait intervenir tout de suite avant que les choses ne dérapent une fois de plus. Il allait interpeller le garçon lorsqu'il fut coupé dans son élan par l'apparition des maraudeurs.

Severus roula des yeux à la vue du gryffondor et fusilla le brun du regard lorsque ce dernier le poussa pour s'asseoir entre lui et Nikita.

— Potter ! grogna-t-il.

— Ce n'est pas le moment de sortir tes griffes, mon petit dragon adoré. Nous venons en paix, mes amis et moi. N'est-ce pas les maraudeurs ?

— Affirmatif, Prongs !

Nikita qui avait reporté son attention sur les maraudeurs sourit, ravi de se trouver en présence de gens qui lui étaient, pour certains, familiers. Il remarqua que les maraudeurs étaient différents du groupe de son époque puisqu'il ne connaissait que deux des quatre garçons. Il était heureux de constater que le sale rat de Pettigrew ne faisait pas partie de la bande d'amis donc il n'y avait aucune chance qu'il ne trahisse à nouveau ses parents, enfin, le James et la Lily de ce monde. Ainsi, son autre lui aurait peut-être la chance qu'il n'avait pas eu de grandir avec ses parents.

— Qu'est-ce que vous voulez, Potter ? le questionna sèchement Severus.

— Sois un peu cool, Caledonensis. Nous ne sommes pas là pour déclencher l'apocalypse. Nous venons en amis tout du moins en camarades, se reprit-il en avisant le regard incrédule de Severus.

— Soit !

— Puisque personne ne va nous présenter, je ferais donc moi-même les présentations, dit Sirius.

Sirius afficha un air enjôleur et se pencha vers Masha pour prendre sa main et y déposer un baiser qui fit rougir la serdaigle.

— Milady, fit-il d'une voix de velours, Sirius Black pour vous servir.

— Veux-tu bien arrêter avec ton char, Black ? siffla Remus, agacé.

— Serait-ce de la jalousie que je percevrais dans ta voix, Lupin ? le taquina le gryffondor.

— Cesse donc de dire des sornettes.

— Quand ce n'est pas Potter et Sev, c'est Black et Rem, commenta Regulus.

— La ferme, Reg, lança Severus.

— Mais moi aussi je t'aime, mon lapin.

— Doucement le petit serpent. Je t'interdis de confondre Caledonensis avec Rosier, dit James d'un ton quelque peu bourru.

— Quoi ? s'étrangla brusquement Regulus, prenant une belle teinte rougeâtre. Qu'est-ce que Rosier a à voir là-dedans ?

— Une minute, vous deux ! s'interposa Sirius. Qu'est-ce que Rosier vient faire dans notre conversation ?

James leva les yeux au ciel tandis que Regulus rougissait un peu plus, baissant les yeux, embarrassé. Sirius fronça les sourcils, intrigué par le comportement de son cadet avant de brusquement écarquiller les yeux.

— Rosier ?! s'indigna Sirius. Reg, s'il te plaît, dis-moi que ce n'est pas ce que je pense.

— Il n'y a rien du tout entre Rosier et moi, d'accord ? s'énerva le serpentard. C'est juste... un ami, murmura-t-il d'une voix à peine perceptible.

— Qu'un ami ? Non mais tu te fous de moi ou quoi ? Si ce petit connard prétentieux qui se prend pour le roi de Serpentard ose ne serait-ce que lever le seul petit doigt sur toi, je le tue !

— Tu te crois bien placer pour parler de prétention, Black ? le questionna Remus, sarcastique.

— Il y a une grosse différence entre être prétentieux et irrésistible, Lupin, répondit Sirius.

— Arrêtez tout de suite avec ces bêtises, lança Simon. Ne peut-on pas passer un quart d'heure ensemble sans qu'on en vienne aux disputes et plus tard à des duels ? Cette année, j'aimerais vraiment ne pas avoir à nettoyer toute l'école si possible. J'en ai plus qu'assez de récurer les sols de Poudlard !

— Au cas où tu l'aurais oublié, Avery, c'est vous qui êtes venus nous chercher des noises. Si nous nous faisons toujours punir, c'est uniquement de votre faute, répliqua Pétunia.

— Tu peux parler, toi ! Tu aurais déjà effacé de ta mémoire les blagues stupides que tu nous faisais et que nous payions à la fin à ta place ? rétorqua sèchement Frank.

— Ce n'était qu'un juste retour des choses pour toutes vos blagues. Tu ne peux que t'en prendre à toi-même si vous êtes considérés comme les étudiants les plus indisciplinés et les plus douteux de l'école !

— Et vous ? contra le gryffondor. Tu crois que vous êtes exempts de toutes critiques ? N'oublie pas ma chère que tu es aussi peu recommandable que moi. Tu n'aurais pas oublié l'annonce du directeur à la rentrée, n'est-ce pas ?

Pétunia fulminait complètement de rage et n'avait qu'une seule envie, sauté à la gorge de ce parfait crétin qui arborait un sourire hypocrite. Elle ne l'avait jamais autant détesté qu'à cet instant.

— On se calme, fit Lily. Si vous continuez comme ça, vous allez encore nous faire remarquer. Arrêtez maintenant.

— Je suis d'accord avec Lily, dit Simon.

— Tu es toujours d'accord avec elle, Camuf, railla sarcastiquement Frank.

— Je m'appelle Masha Vassiliev, s'empressa de dire la serdaigle pour éviter une énième dispute autour de leur table.

— Nous sommes ravis de faire ta connaissance, Masha, dit Sirius avec un sourire charmeur.

Ni Remus ni Nikita n'apprécièrent le sourire séducteur du gryffondor qui faisait rougir la serdaigle de gêne.

— Cesse donc un peu de draguer, Padfoot ! le rabroua gentiment James. Masha, moi, c'est James Potter mais tu peux m'appeler Prongs ou James, au choix.

La jeune fille acquiesça simplement.

— Tu connais déjà Sirius donc inutile de te le présenter à nouveau, poursuivit-il. Le brun c'est Camuf mais plus connu sous le nom de Simon Avery et le blond c'est Frank Longbottom, appelé communément Falco.

— Euh… voici mes frères, Nikita et Leonid Vassiliev.

— C'est un réel plaisir pour nous de faire votre connaissance, dit James.

Nikita était captivé par la chaleur qui se dégageait des prunelles de James. Il était surpris de constater à quel point, le gryffondor lui ressemblait énormément, enfin sous sa véritable apparence. La seule chose qui les distinguait l'un de l'autre était la couleur de leurs yeux.

— Nikita, je peux t'appeler Niki ? demanda le maraudeur.

— Euh…eh bien…oui… bien sûr… bredouilla-t-il.

— Super ! s'exclama James. Appelle-moi, Prongs, d'accord ?

Nikita hocha simplement la tête, trop ému de se trouver aux côtés du maraudeur et à pouvoir discuter avec lui comme s'ils étaient de vieux copains.

— Vous jouez au Quidditch ? demanda James.

— Je joue un peu, répondit Leonid.

— À quel poste ? le questionna Regulus.

— En tant que gardien, répondit-il. Je ne suis pas vraiment excellent mais je me débrouille pas mal sur un balai.

— Pas mal ? couina Nikita, éberlué. Tu joues très bien, R… Leo. Tu es un très bon gardien.

— Je ne me débrouille pas aussi bien que toi sur un balai, rétorqua Leonid en secouant la tête. Nikita est un excellent joueur. Il fait de telles merveilles sur un balai qu'il pourrait même devenir professionnel plus tard !

— Ah bon ? fit James, intéressé.

Leonid hocha vivement de la tête.

— C'est le meilleur attrapeur de toute notre génération ! Il attrape tout ce qui vole !

— Tu sais pour quelle maison tu vas jouer, Niki ? l'interrogea Sirius.

— Non, pas encore, répondit-il un peu penaud. J'ai encore du mal avec cette histoire des quatre maisons.

— C'est un peu simple. Tu ne peux jouer que pour une seule maison car il est impossible que tu joues pour les quatre maisons au même poste et surtout, certaines maisons ont déjà leur équipe attitrée donc un nouveau dans les rangs est toujours un peu difficile à caser, expliqua Severus.

— Tu joues toi aussi au quidditch ? demanda Nikita.

— Caledonensis, sur un balai ? Merlin, non ! C'est une catastrophe ambulante. Il a failli envoyer plusieurs personnes à l'infirmerie avec ses performances, rigola James.

— Contrairement à certains, je n'ai pas besoin du quidditch pour être intéressant, lança vertement le jeune prince.

— Ne sois pas donc vexé. Je ne faisais que te taquiner, dit James. Ne peut-on donc pas rigoler avec Son Altesse Royale ?

— Je t'emmerde, Potter.

— Que de vulgarités dans une bouche si princière, fit James en posant son regard sur les lèvres pulpeuses de Severus.

— Prongs, tu dragueras une autre fois, les sortit Sirius de leur bulle. Pour l'instant, nous parlons de quidditch et j'ai enfin une chance de pouvoir quitter l'équipe sans que tu ne m'achèves, je ne vais certainement pas la laisser passer parce que tu essaies de faire du gringue à Caledonensis.

James fusilla son meilleur ami du regard avant de reporter son attention sur Nikita qui le regardait d'un air étrange.

— Niki, tu me sauverais la vie si tu acceptais de rejoindre l'équipe de Gryffondor. James en est le capitaine depuis notre cinquième année et m'a obligé de force à le rejoindre parce que notre équipe n'avait pas d'attrapeur compétent. Je me débrouille sur un balai mais franchement le vol ce n'est pas trop mon truc. Et puis, depuis que Reg a rejoint l'équipe de Serpentard, la compétition est rudement serrée et on ne sait jamais qui aura la coupe. James malgré ses excellents talents de Poursuiveur n'est pas un très bon attrapeur, dit Sirius. Donc, je te le demande mon nouvel ami, veux-tu bien passer les sélections de ce vendredi pour intégrer l'équipe de gryffondor ?

— C'est que…euh…je…

— Bien sûr qu'il va accepter, le coupa James qui passa un bras autour de ses épaules. S'il est aussi excellent attrapeur que le dit son frère, je ne compte pas le laisser filer. Tu deviendras mon attrapeur, Niki.

— Potter, pourquoi ne laisserais-tu donc pas Nikita choisir ce qu'il veut faire ou pas ? grogna Severus.

— Niki, n'est-ce pas que tu veux intégrer mon équipe ?

Nikita lança un regard à Severus et vit ce dernier rouler simplement des yeux, quelque peu exaspéré par l'attitude du gryffondor mais ne semblait pas vouloir intervenir dans la réponse du blond. Nikita hocha donc la tête, souhaitant plus que tout passer plus de temps avec James, et il savait que devenir l'attrapeur de Gryffondor l'y aiderait dans ce sens.

— On va passer de bons moments ensemble, mon p'tit gars, promit James.

— Leonid, si ça t'intéresse, le poste de gardien est libre, dit Simon.

— Hein ? fit James, perplexe. T'abandonnes le quidditch toi aussi ?

— On avait intégré l'équipe pour te faire plaisir, James, mais sinon le vol et moi ce n'est pas vraiment l'amour fou. Je préfère être spectateur que joueur et surtout j'en ai assez d'avoir des bleus partout et d'avoir mal au cul !

— Ne vous inquiétez pas les gars, je ne vous retiens pas.

— C'est sûr que tu ne les regretteras pas, lança Frank pince sans rire.

— Mon petit Niki et mon très cher Leonid, j'attends de vous des merveilles. Je ne tolèrerais pas l'échec et encore moins une défaite. Vous voyez ce mec-là ? fit James en pointant Regulus du doigt. Nous devons le battre, c'est clair ? C'est certainement l'un des meilleurs attrapeurs de l'école et même si ça m'écorche l'âme de le dire, son équipe est excellente. Donc, j'attends de vous le meilleur. Est-ce bien compris ?

— Oui, chef ! répondirent les deux garçons.

— Excellent.

James ébouriffa les cheveux de Nikita et ce geste qui parut anodin sur le coup au gryffondor eut beaucoup plus d'impact sur le blond, le bouleversant complètement à tel point qu'il sentit des larmes emplir ses yeux et brouiller sa vue.

Severus posa sa main sur celle de Nikita et le blond leva les yeux vers lui. Le jeune prince sourit simplement au garçon, ayant senti qu'il était touché par le geste de Potter. Nikita resserra sa poigne sur la main de Severus et déglutit péniblement tout en se concentrant sur la conversation.

James Potter avait ébouriffé ses cheveux et c'était certainement le plus beau jour de sa vie. Ce moment serait sûrement à jamais gravé dans sa mémoire.


Réponses aux reviewers anonymes :

Juliana : Merci pour ton commentaire, ma belle. Le retour d'Harry dans sa dimension n'est pas prévu pour l'instant. Il faudra attendre un bon moment avant qu'il ne rentre chez lui.