Salut !
Merci à Orellia, Eyako, Luna dans les Etoiles et Nekogami Bastet pour leurs reviews. Et merci à Nekogami Bastet d'avoir mis ma fic en Favoris.
Petite note : la peluche de monstre-crevette de Miriel est en fait identique à pépé, le Muppet homard du Muppet Show. Cherchez une image sur le web si vous ne voyez pas de quoi je parle, et vous aurez une meilleure idée de qui c'est. ; -)
Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
Visions dans le noir
Debout au bord du précipice, Sauron regardait le lac de feu de la Montagne du Destin. La chaleur qui s'en dégageait était insupportable, mais par pour lui. Car le feu de la haine qui brûlait en lui était bien plus grand. L'idée d'avoir échoué le rendait fou furieux.
Ainsi, la fille de Celebrimbor était encore en vie, elle lui avait échappé. Et elle avait un anneau de pouvoir.
Qui plus est, un homme aussi puissant qu'un Maia la protégeait. Mais cet idiot avait commis une erreur en mettant l'anneau à son doigt. La petite fille n'avait pas la force, du moins pas encore assez pour activer son pouvoir et le rendre détectable au Seigneur des Ténèbres. Par contre, l'homme avait inconsciemment activé sa magie en cherchant des réponses. Et il avait réussi à contacter Celebrimbor en esprit, alors que Sauron le torturait mentalement pour avoir des réponses.
Mais ils étaient loin. Si loin que Sauron avait vite compris que leur position ses trouvait au-delà des sphères d'Arda.
Il était surpris que Manwë et Varda aient pris une telle initiative de les envoyer dans un autre monde. Rares étaient les élus qui quittaient ce monde pour un autre. Cet anneau devait vraiment être spécial et puissant pour que les Valars l'envoient aussi loin.
Il faut que je les récupère. L'anneau et l'enfant. Une fois que les aurai, ma puissance n'en sera que plus grande.
Et l'enfant pourrait devenir plus tard sa reine, qui sait ? À en juger l'image qu'il avait eue d'elle, c'était déjà une très belle enfant. Elle ferait une reine du Mordor sublime plus tard, s'il la récupérait jeune et l'éduquait comme il fallait…
Souriant, il se tourna vers la sortie et se mit en marche à travers le Mordor, vers la caserne des Numénoréens Noirs et des Orques sorciers.
XxXxXxXxXxXxXxX
Sephiroth rentra dans l'appartement avec un soupir fatigué. Ces journées passées à former de nouvelles recrues au building Shinra l'épuisaient moralement. C'était difficile d'instruire ces jeunes qui ne s'engageaient que pour avoir une chance de devenir des héros comme lui, lui qu'ils considéraient comme leur idole. Il devait souvent faire un effort pour ne pas leur hurler dessus ou leur filer des baffes afin de leur imposer la discipline.
Cela l'énervait, qu'on le dresse sur un piédestal. Il n'avait jamais demandé ça.
Alors qu'il franchissait le seuil, un chant lui parvint.
"A Elbereth Gilthoniel
I chin a thûl lín míriel…"
Souriant, le Soldat referma doucement la porte et se dirigea vers la chambre d'amis. Là, par la porte entrouverte, il vit Miriel assise à un bureau et dessinant avec des crayons de couleur sur une feuille de papier.
Cela faisait deux ans maintenant que la fillette vivait avec lui, et tous deux s'étaient habitués à cette nouvelle vie.
Cela avait été plutôt dur au début. La première semaine de leur cohabitation, l'enfant se réveillait toujours au milieu de la nuit en poussant des hurlements. Dans ces moments-là, Sephiroth sortait de sa chambre et allait la voir. Il l'écoutait lui raconter son cauchemar.
En général, elle rêvait des séances de torture qu'Hojo lui avait infligée. Parfois, elle rêvait aussi de sa famille, capturée par les Orques de Sauron. Sephiroth ne lui avait jamais parlé des visions que l'anneau lui avait transmises. Il doutait que cela aide l'enfant à se sentir mieux.
Miriel finissait par se rendormir, rassurée par la présence de son père adoptif. C'était comme cela qu'il avait découvert une nouvelle particularité chez elle : la petite dormait avec les yeux ouverts. Selon elle, tous les elfes dormaient ainsi. Leur esprit ne sombrait pas dans une obscurité semi-inconsciente comme les humains, mais s'échappait vers des rêves.
Outre cela, elle était incroyablement légère. Quand elle avait été à sa première visite médicale, le docteur avait constaté que la balance n'enregistrait rien. Les rapports d'expériences confisqués à Hojo avaient confirmé ce constat : Miriel était très légère. L'enfant ne laissait aucune empreinte au sol. Elle était également résistante au froid, et avait une ouïe et une vue très fines.
Parfois, le Soldat était surpris de la facilité avec laquelle ils s'étaient tous deux adaptés à cette vie.
Malgré ses cauchemars, Miriel n'était pas une enfant capricieuse ni difficile. Elle était d'un naturel calme et posé. C'en était si troublant que parfois, Sephiroth avait l'impression d'élever une adulte dans le corps d'un enfant. Comme si elle n'était pas affectée par le temps, qu'elle n'avait pas d'âge… Mais elle pouvait aussi se révéler très farceuse, surtout lorsque Genesis et Angeal leur rendaient visite. Le rouquin aimait taquiner l'enfant, et celle-ci finissait toujours par lui rendre la monnaie de sa pièce sous les rires de Sephiroth et Angeal.
Au bout d'une semaine, elle avait retrouvé le sourire et un entrain qui faisaient plaisir à voir. La fillette avait été inscrite dans une école pour enfants Shinra. Cela ne plaisait pas à Sephiroth, il aurait aimé la tenir plus à l'écart de la société.
Mais toutes les écoles étaient tenues par la Shinra et le président avait exigé qu'elle y soit inscrite, comme tous les enfants des employés de la société. Les gens trop pauvres, dans les niveaux inférieurs de la ville sous la Plaque, n'avaient pas d'argent pour payer des études à leurs enfants et ne disposaient donc pas d'école indépendante.
Quand Miriel avait appris qu'elle devrait porter l'uniforme comme tous les enfants de son école, elle avait paru scandalisée. D'abord, les couleurs étaient horribles : une chemise blanche, une veste rouge avec le logo doré de la Shinra, une jupe grise, des chaussettes blanches montant jusqu'aux genoux et des souliers noirs. Et les jupes étaient trop courtes, elles s'arrêtaient juste au-dessus des genoux et c'était indécent pour une dame de montrer ses jambes en Terre du Milieu. Sephiroth lui avait répondu que dans ce monde-ci, les critères vestimentaires étaient différents. L'enfant avait fini par capituler, mais de mauvaise grâce.
Mais dès qu'elle rentrait à l'appartement dans la soirée, la fillette courait dans sa chambre et enfilait des vêtements normaux pour enfants que Sephiroth lui avait achetés.
Le Soldat regarda la chambre de l'enfant. Il n'y avait pas eu grand-chose au début : juste un lit, un bureau et une armoire. Miriel avait réussi à la personnaliser avec ses dessins accrochés au mur.
La maîtresse de son école l'avait dit à Sephiroth après le premier jour : Miriel avait beaucoup de talent pour le dessin. Pour leur premier jour de rentrée, les enfants avaient dû dessiner un endroit qui leur tenait à cœur. Miriel avait dessiné une clairière dans une forêt, où des gens vêtus comme au Moyen-Âge dansaient sous les étoiles. Le dessin était incroyablement bien fait, les personnages fort bien dessinés et les couleurs utilisées avec habilité. La lumière des lanternes accrochées aux branches des arbres semblait presque réelle, comme si on pouvait traverser le papier avec les mains et toucher cette lumière.
Miriel avait donc fini par être inscrite dans un cours d'arts spécialisé de l'école. D'après elle, tout le monde dans sa famille d'origine avait un grand talent artistique. Son arrière-grand-père, Fëanor, avait été le plus grand artisan de son époque. Sa femme Nerdanel était une grande tisserande. Son grand-père Curufin et son père Celebrimbor étaient eux-mêmes de grands forgerons.
"Ah ! Tu es rentré", dit l'enfant en tournant la tête vers lui.
Sephiroth lui sourit, avant de s'approcher pour regarder son dessin du jour. Elle avait dessiné une plaine où courraient de curieux animaux à quatre pattes, avec un museau allongé et une crinière qui volait dans le vent.
"Qu'est-ce que tu dessines, aujourd'hui ? " demanda le jeune homme.
"Des chevaux. Ce sont les chocobos de mon monde."
"Ah… Et l'école ? Ça s'est bien passé ?"
Le sourire de Miriel s'effaça.
"Tu as encore eu des problèmes avec cette fille dont tu m'as parlé… Tara, c'est ça ?" dit Sephiroth.
"Oui. Elle continue de m'embêter, avec ses copines. Elle se moque de mes oreilles pointues et elle m'appelle tout le temps bécasse", dit l'enfant avec un soupir agacé.
"Je te l'ai déjà dit : ignore-la."
"C'est ce que je fais ! Et elle continue malgré tout. Elle est méchante. Et… mon anneau a chauffé, à un moment. J'ai senti que j'aurais pu me servir de la magie pour l'embêter."
"Rassure-moi, tu ne l'as pas fait ? " demanda le Soldat, les sourcils froncés.
"Non… mais j'en avais envie."
Soupirant, Sephiroth prit la petite dans ses bras. Il s'assit sur le lit avec elle sur ses genoux.
"Je comprends que ce soit dur pour toi, ma puce. Mais il faut continuer comme ça. Tu dois te comporter aussi normalement que possible et ne pas attirer l'attention. Sinon, Hojo aura le droit de te reprendre et je ne pourrai plus rien faire pour toi."
"Ae anírach", dit Miriel dans un soupir.
Si tu veux, traduisit mentalement Sephiroth.
Miriel avait pris l'habitude de lui donner des cours d'elfique certains soirs pendant le dîner. Ensuite, après le dîner, l'enfant allait dans sa chambre et là, assise sur son lit, elle regardait le ciel de Midgar par la fenêtre. Il était toujours sombre et couvert de nuages à cause de la pollution des réacteurs Mako, aucune étoile n'y était visible.
Cela attristait beaucoup l'enfant, car comme tous les Elfes, elle aimait la lumière des étoiles. Mais elle n'en avait jamais vu une seule depuis son arrivée sur Gaïa.
Grâce à sa vue elfique, l'enfant aperçut le building Shinra au loin, à l'autre bout de la ville. Là-bas se trouvaient les laboratoires, où elle avait vécu l'enfer pendant un mois.
Une fois la vaisselle faite, Sephiroth sortit de la cuisine et se dirigea vers la chambre d'enfants. Comme il s'y attendait, Miriel était sur assise son lit et regardait l'horizon par la fenêtre avec l'air triste. Elle tenait serrée contre elle une peluche de monstre-crevette que Sephiroth lui avait donnée. Elle lui avait appartenu quand il était enfant, le professeur Gast la lui avait offerte pour son cinquième anniversaire.
Soudain, un coup de tonnerre retentit, puis la pluie se mit à tomber. Miriel sourit en voyant cela.
"Chic, il pleut !"
"Tu aimes la pluie ?" demanda Sephiroth, étonné.
"Oui ! Chez moi, quand il pleut, c'est parce que Nienna pleure. Ce sont ses larmes qui tombent au sol et lavent la terre du mal qui la souille."
"Nienna ? Qui est-ce ?"
"C'est une des Valars ! Ma maman, Silima, est une Maia à son service."
La fillette lui avait expliqué que chez elle, les Valars étaient des divinités veillant sur Arda. Et les Maias étaient des sortes de magiciens exécutant leur volonté.
"Ta mère n'est pas une elfe ?" demanda Sephiroth en venant s'assoir près d'elle sur le lit.
"Non, c'est une Maia. Elle a épousé mon père après l'avoir rencontré sur ordre de Nienna."
"Pourquoi devait-elle le rencontrer ?"
Miriel poussa un soupir et fit tourner l'anneau autour de son doigt.
"Mon père a toujours ressenti de la culpabilité à cause des torts qu'ont commis Fëanor et Curufin. Il priait très souvent Nienna, car elle incarne à la fois la souffrance qui rend plus résistant, mais aussi la compassion et le pardon. Ma mère a rencontré Celebrimbor pour l'aider à trouver un moyen de racheter ses fautes et continuer d'aller de l'avant. Ils sont tombés amoureux et ils se sont mariés. Les Valars n'aimaient pas cette idée, mais ils les ont laissés faire."
"Comme pour ces deux autres personnes dont tu m'as raconté l'histoire… Thingol et Melian ?"
"C'est ça ! Comme eux", approuva Miriel.
Elle se tourna vers la fenêtre où les gouttes de pluie ruisselaient.
"Tu crois qu'ici aussi, il y a un dieu ou une déesse qui verse des larmes pour purifier la terre ?" demanda l'enfant avec espoir.
"Qui sait ? " dit Sephiroth.
Après un instant de silence, il reprit la parole.
"Miriel, il faut que tu saches que je vais partir en mission dès ce soir. Et ça risque de durer plusieurs jours. Je vais donc te confier à Cait Sith encore une fois."
Quand Reeve, le responsable du Département de Développement Urbain, avait reçu le dossier expliquant que Sephiroth avait adopté une enfant, il avait vite deviné qu'avec son emploi du temps de Soldat, le jeune homme ne serait pas toujours présent pour elle.
Aussi avait-il proposé que Sephiroth utilise Cait Sith pour s'occuper de la petite. Ce dernier avait accepté. Cait Sith était un robot-chat fiable et doué pour le combat. Idéal pour protéger l'enfant en son absence.
"Tu vas où ?" demanda Miriel avec une note de déception dans la voix.
"Près de Kalm, pour tuer un essaim de dragons, ce n'est pas très loin. Je reviendrai dès que j'aurai fini."
Miriel acquiesça. Une fois mise au lit, le Soldat la regarda encore un moment. C'était étrange de voir cette fillette de six ans allongée avec les yeux ouverts et le regard perdu dans le vide. Que pensait-elle de lui, qui dormait avec les yeux fermés, comme une personne inconsciente ?
Le jeune homme finit par quitter la chambre. Une fois Masamune glissée dans le fourreau suspendu à son dos, il quitta l'appartement et prit le chemin de la Tour Shinra. Au sommet du building, il vit un hélicoptère prêt à partir. Genesis et Angeal l'attendaient près de l'appareil.
Une fois tous les trois à bord, le pilote fit démarrer l'hélicoptère.
XxXxXxXxXxXxXxX
Miriel se réveilla au son du réveil sur sa table de nuit.
La fillette s'étira puis alla dans la cuisine se servir un jus d'orange. Soudain, on frappa à la porte.
"Miriel ? C'est moi !" cria une voix fluette.
Souriante, l'enfant courut ouvrir. Cait Sith entra. Chaussé de ses gros godillots, drapé dans une cape rouge et coiffé de sa petite couronne dorée, il sautilla vers la jeune fille pour aller frotter son museau rose contre sa main.
"Alors, ma puce ? Prête pour partir à l'école ?"
"Pas encore, Cait. Je viens juste de me lever, laisse-moi dix minutes", dit l'enfant.
Acquiesçant, le robot-chat prit la direction de la cuisine et entreprit de faire griller des toasts tandis que Miriel allait dans sa chambre mettre son uniforme. Une fois habillée, l'enfant fila dans la salle de bains pour se coiffer.
Elle venait de prendre la brosse et levait l'autre main pour saisir ses cheveux quand elle vit son anneau briller. La lumière fit disparaître la salle de bain autour d'elle.
Miriel se trouvait maintenant dans une immense salle de pierre sombre. Des écritures rougeâtres étaient peintes sur les parois, diffusant une lueur malsaine.
Inquiète, elle regarda autour d'elle. Deux personnes se tenaient derrière elle, mais ne semblaient pas s'être aperçues de sa présence. L'enfant regarda ses mains et vit qu'elles étaient transparentes, elle pouvait voir le sol au travers.
Curieuse, elle s'approcha des deux personnes. L'une était à genoux et était cachée sous une cape noire.
L'autre était debout, et portait une tunique elfique blanche. Ses longs cheveux blond pâle encadraient un visage parfait où brillaient deux yeux rouges. Miriel se tendit. Elle connaissait bien cet homme. Il s'agissait d'Annatar, ou plutôt Sauron, l'homme qui avait manipulé son père pour qu'il forge les anneaux de pouvoir.
"Tu as bien compris ? Rapporte-moi l'enfant et tu pourras rejoindre les rangs de mes capitaines du Mordor", dit Sauron.
"Je ne vous décevrai pas, maître", dit le serviteur en baissant davantage la tête vers le sol.
La vision disparut dans un nouveau flash de lumière. Miriel lâcha la brosse et courut dans le salon. Elle décrocha le téléphone fixe et composa le numéro du PHS de Sephiroth.
"Votre correspondant n'est pas disponible pour le moment. Veuillez laisser un message après le bip sonore."
"Allô, c'est moi. S'il te plaît, quand tu auras ce message, essaie de rentrer au plus vite, je… je crois que je suis en danger", dit l'enfant.
Puis elle raccrocha.
"Miriel ?" dit la voix fluette de Cait Sith.
L'enfant se tourna vers le robot-chat.
"Ça va ? Tu as l'air très pâle, tout à coup."
"Ça va, Cait. Bon, on se dépêche ? Je ne voudrais pas être en retard à l'école", dit l'enfant avec son plus beau sourire.
XxXxXxXxXxXxXxX
Le bâtiment scolaire pour enfants de la Shinra était une bâtisse de forme carrée, aux murs en verre renforcé.
Miriel n'avait jamais trop aimé cet endroit. Elle regrettait son ancienne demeure elfique, avec ses instructeurs si gentils. Elle était alors la seule enfant de la cité, les naissances elfiques étant rares.
Heureusement, les choses qu'on lui enseignait dans cette école étaient fascinantes, en particulier l'histoire de cette planète et les cours de science. La technologie avait quelque chose de fascinant et magique pour elle.
Si on avait eu des téléphones et des lasers dans mon monde, on aurait sûrement gagné la guerre contre le Mordor depuis longtemps ! pensa la fillette en se dirigeant vers l'entrée.
Elle aperçut soudain, parmi les enfants, un groupe de filles occupées à en martyriser une autre. Miriel reconnut la meneuse du groupe : Tara. Dès le premier jour d'école, Miriel avait compris qu'elle n'était pas son amie. Cette fille avait des cheveux blonds courts et des yeux bleu pâle. Il s'agissait de la jeune cousine de Scarlett, la responsable du Département Armement de la Shinra. Ses deux acolytes étaient composées de Penny, une rousse bedonnante et fille de Palmer, le responsable du département Astronomique. L'autre se nommait Kali, c'était la nièce de Heidegger, le deuxième responsable du Département Armement.
Et leur proie du jour n'était autre que Meï, une petite wutaïenne et amie de Miriel.
D'après ce que Miriel avait appris en cours de géographie, il y avait un continent du nom de Wutaï sur cette planète, où vivaient des gens au physique particulier, avec une peau de couleur tirant sur le doré, des cheveux noirs et des yeux en amande. Les rapports entre le continent de Midgar et celui de Wutaï étaient tendus depuis près d'un an, et les rares émigrés de ce continent étaient moins bien traités ici. La petite Meï ne faisait pas exception à la règle, même si son père était employé comme interprète Wutaïen à la Shinra.
"Fichez-moi la paix, je veux juste aller en cours !" dit Meï.
"Il faut payer pour ça, idiote !" dit Tara en tendant la main.
"Mais je n'ai rien à te donner", gémit Meï.
"Montre-nous ton sac, on va vérifier nous-mêmes."
Miriel s'approcha.
"Fichez-lui la paix et laissez-nous passer. Moi aussi, je veux aller en cours", dit Miriel.
"Tiens, salut, bécasse ! Alors, qu'est-ce que tu nous donnes pour payer le droit de passage ?" dit Tara.
Miriel serra fort les lanières de son sac entre ses doigts. Debout près d'elle, Cait Sith lança un regard inquiet aux deux enfants.
"Tu sais que chez moi, ce sont les Trolls qui gardent l'entrée des territoires ennemis ? Et ils ne veulent pas qu'on les paie, ils tuent les intrus qui tentent de passer", dit Miriel.
Tara et ses acolytes échangèrent un regard perplexe.
"Mais en général, ils perdent et c'est eux qui se font tuer. Parce qu'ils sont méchants, laids et bêtes, comme toi !"
Meï porta la main à sa bouche pour étouffer un rire. Tara prit l'air fâché.
"Tu crois que parce que t'es la fille du grand héros de la Shinra, on va te laisser faire tout ce que tu veux ?"
"Je ne le crois pas, je le sais ! Maintenant, pousse-toi !" dit Miriel en s'avançant.
"Non !" dit Tara en la repoussant.
Miriel partit en arrière et fut rattrapée de justesse par Meï.
"Alors, tu vas faire quoi maintenant, bécasse ?" dit Tara.
Fâchée, Miriel serra les poings. Elle sentit bientôt la chaleur familière de l'anneau autour de son doigt. Mais les paroles de Sephiroth lui revinrent à l'esprit.
"Tu dois te comporter aussi normalement que possible et ne pas attirer l'attention. Sinon, Hojo aura le droit de te reprendre et je ne pourrai plus rien faire pour toi."
Résignée, l'enfant expira en baissant la tête. Mais soudain, elle sentit une sensation de froid dans son dos. Alarmée, elle se retourna et regarda les immeubles autour d'elle.
"Qu'est-ce qui te prend ?" demanda Tara, étonnée par son changement d'attitude.
Miriel jeta des regards inquiets autour d'elle. Étant une elfe, son don d'empathie était puissant et elle pouvait sentir les émotions des autres. Elle pouvait sentir les pensées mauvaises d'une personne près d'elle.
Mais elle ne voyait rien, à part des enfants qui jouaient dans la cour. Soudain, la sonnerie retentit. Tout le monde se dirigea vers l'entrée de l'école.
Miriel sursauta en sentant une main gantée se poser sur son épaule. Elle se retourna et vit que ce n'était que Cait Sith.
"Ça va, Miriel ?" demanda le chat.
"Je… Je ne sais pas. Tu viens, Meï ? On va en cours. À ce soir, Cait."
"À ce soir", dit le robot-chat.
Il regarda les deux fillettes disparaître derrière les lourdes portes de verre de l'école. L'attitude de Miriel depuis ce matin était inhabituelle. L'enfant semblait avoir peur. Il faudrait qu'il en parle à Sephiroth, dès qu'il le verrait…
Caché plus loin derrière, dans l'ombre d'un immeuble, un homme caché sous une cape noire avait observé la scène. L'éclat à la main d'une des fillettes l'avait vite renseigné. C'était elle, la fille de Celebrimbor, la gardienne d'un des anneaux de pouvoir elfiques.
Souriant, il se tourna vers les deux Orques qui l'accompagnaient. Finalement, il n'aurait pas besoin de l'aide de ces monstres pour la capturer. L'homme aux cheveux d'argent dont Sauron lui avait parlé n'était pas dans les parages.
"Bientôt, tu seras à moi, petite elfe", dit l'homme d'une voix menaçante.
Et voilà ! À votre avis, Sephiroth va-t-il rentrer à temps ? Ou Miriel va-t-elle retourner au Mordor prisonnière ?
N'hésitez pas à me mettre vos avis, questions et suggestions en reviews !
