Salut !

Merci à Luna dans les Etoiles, Orellia et Eyako pour leurs reviews. Et merci à Mmynn123 pour avoir mis la fic en Alert et Favoris.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture !

Chapitre 7 :

Cruelle séparation

"Tu es prête ?" demanda Sephiroth.

"Prête pour quoi ? J'ai les yeux bandés !" gémit Miriel.

On l'avait fait sortir de l'hôpital le jour suivant son réveil. Sephiroth était venu la chercher et lui avait dit de garder le bandeau qu'il lui avait mis sur les yeux, affirmant qu'elle aurait une surprise.

La fillette avait senti qu'on la portait, puis qu'on l'installait dans une voiture qui avait roulé un moment, avant qu'enfin le véhicule s'arrête.

On l'avait ensuite portée dehors. Mais où exactement ? Elle l'ignorait.

"Allez, je t'enlève le bandeau", dit Sephiroth.

Lorsqu'enfin Miriel put voir, elle vit d'abord qu'elle n'était plus en ville. L'endroit autour d'eux était désert, il n'y avait que des rochers. Puis elle s'aperçut que le ciel était dégagé. Il faisait nuit, et les étoiles brillaient dans le ciel. Ils n'étaient plus à Midgar, où la pollution des réacteurs cachait la lumière du ciel.

Fascinée, Miriel leva la tête et contempla les étoiles. Elles lui avaient tant manqué ! Elle ne les avait pratiquement jamais vues depuis son arrivée sur Gaïa.

Restés un peu plus loin près de la camionnette, Genesis et Angeal sourirent en voyant l'air émerveillé de l'enfant.

Celle-ci tendit les bras vers le ciel puis tournoya sur elle-même. En la voyant ainsi, il sembla aux trois Soldats qu'elle brillait, comme une petite étoile. En cet instant, Miriel ressemblait à une elfe, une créature magique dansant sous la lumière des étoiles.

"On peut dire qu'elle en avait besoin", dit Angeal avec une note d'amusement dans la voix.

Genesis acquiesça en silence.

"Eh, ça ne va pas ?" demanda son ami.

"Non, ce n'est rien. Juste… Tu te souviens de ce que ce sorcier a dit, avant de l'enlever ? Elle est immortelle."

"Et alors ?"

"Tu as pensé à ce qui se passera pour elle quand on ne sera plus là ? Faut voir les choses en face, on n'est pas éternels comme elle. Mais la Shinra, si. Il faudrait faire quelque chose, si elle reste ici, pour s'assurer qu'elle ne retournera pas aux labos."

"Ne t'en fais pas. Sephiroth compte lui en parler, plus tard. Pour l'instant, laissons-les. Ils ont mérité d'avoir un peu de tranquillité. Viens, on va chasser du monstre."

Acquiesçant, Genesis suivit son meilleur ami vers un amoncellement de rochers cachant une grotte.

XxXxXxXxXxXxX

Sephiroth avait fini par s'installer sur un rocher avec Miriel sur ses genoux. Ensemble, ils regardaient les étoiles.

"Et celle-là, on l'appelle comment, ici ?" demanda l'enfant en pointant une constellation.

"La constellation de Bahaumut, à cause de sa forme évoquant un dragon", dit Sephiroth après un bref moment d'hésitation.

"Et celle-là ?"

"La Grande Ourse."

"Ah ? C'est drôle, chez moi, on l'appelle pas du tout comme ça."

"Comment l'appelle-t-on ?"

"La faucille Valacirca."

Le regard de l'enfant se fit mélancolique.

"Ton monde te manque ?" devina Sephiroth.

Miriel haussa des épaules.

"Plus autant qu'avant, enfin… C'est surtout ma famille qui me manque. Même si je sais désormais qu'ils sont tous… partis", dit l'enfant.

Sephiroth posa une main sur l'épaule de la fillette. Celle-ci se blottit plus contre lui.

Après un instant de silence, Sephiroth reprit la parole.

"Miriel ?"

"Mmmm ?"

"Tu sais, après ce qui s'est passé, j'ai pensé qu'il allait falloir changer certaines choses."

"Quoi donc ?"

"Eh bien, pour commencer, je pense que tu devrais apprendre à te battre."

"Tu veux que j'apprenne à me battre ?!" dit l'enfant, surprise.

"Oui. Pas pour tuer, rassure-toi. Je n'ai pas l'intention de faire de toi un Soldat de la Shinra. Mais il faut que tu saches te défendre. Ce qui s'est passé doit nous servir de leçon. Je ne serai pas toujours là, Cait Sith ne suffit pas pour te protéger. Et il est hors de question de mettre les Turks ou quelqu'un d'autre de la Shinra dans la confidence, sinon tu retourneras aux laboratoires."

Miriel acquiesça. Elle comprenait le point de vue de son tuteur. Cela ne l'enchantait guère, mais il avait raison. Malgré leur petite victoire face à la tentative d'enlèvement de Sauron, le danger pourrait se remanifester dans le futur. Il valait donc mieux mettre toutes les chances de leur côté.

Miriel insista néanmoins sur un point : elle voulait que son amie Meï et le frère de celle-ci reçoivent des cours en même temps. Sephiroth ne voyait pas pourquoi ces deux enfants devaient suivre des cours. Miriel expliqua que Meï était sa meilleure amie, et qu'elles se faisaient toutes deux martyriser à l'école, ainsi que son petit-frère.

À partir de ce jour, Miriel prit l'habitude après l'école de rejoindre son père adoptif au stade de l'école. Meï et son frère Chan venaient également, et tous trois suivaient des cours d'autodéfense. Angeal et Genesis participaient à l'enseignement.

En fait d'autodéfense, il s'agissait plutôt d'un entraînement militaire. Miriel ne se plaignait pas néanmoins, elle savait que ça l'aiderait.

Les trois enfants devaient donc exécuter des chorégraphies de mouvements de lutte, apprendre comment parer un coup de poing, un coup de poignard ou bien trouver différentes attaques et ripostes pour se dégager de l'emprise d'un adversaire plus grand qu'elles. Miriel aimait moins la partie de l'entraînement consistant à ramper à même le sol, comme sur un terrain où l'on se faisait mitrailler. Le jogging pour s'échauffer non plus n'était guère agréable, mais les enfants suivaient scrupuleusement l'entraînement malgré tout.

Au bout d'un mois, Angeal jugea qu'ils avaient de bonnes bases et la vie reprit son cours normal, sans entraînement. Mais Sephiroth tenait à ce que Miriel fasse les mouvements chaque matin, comme une gym matinale, avant d'aller à l'école. Et la fillette n'y manquait pas.

XxXxXxXxXxX

Un mois plus tard…

(NdA : pour cette scène, j'ai écouté la chanson I've got the power ! Et je trouve ça plutôt cool… ^_^)

Miriel, Chan et Meï discutaient gaiement en mangeant leur goûter dans la cour de récréation, quand ils virent Tara et ses copines se diriger vers eux.

"Alors, bécasse ? Tu manges quoi, aujourd'hui ? On peut partager ?" dit la fillette blonde avec un sourire mauvais.

Loin de se laisser impressionner, Miriel se leva et croisa les bras. Meï et son frère firent de même.

"Allez-vous-en, ça vaut mieux pour vous", dit Miriel.

Tara et ses copines éclatèrent de rire. Aussitôt, Miriel se campa sur ses pieds, les poings tendus de chaque côté de son corps. Ses deux amis firent de même.

Ensemble, ils se mirent à tendre les poings puis donnèrent un coup de pied dans le vide en criant ''Aya !"

Tara s'approcha, puis saisit la cravate de Miriel.

"N'y pense même pas !" dit l'elfe.

Elle se dégagea de son emprise d'un mouvement du bras, saisit la cravate de Tara et la défit. Puis, elle s'agenouilla et l'enroula autour de la cheville de la petite blonde. Celle-ci tomba en avant, les jambes tendues comme pour faire le grand écart.

Sous les encouragements de Meï et Chan, Miriel poursuivit ses mouvements. Elle posa les mains sur le dos de Tara puis passa au-dessus d'elle en exécutant une roue. Puis, sans lâcher le lasso improvisé, elle se mit à traîner Tara par la cheville au sol. Celle-ci se dégagea d'un coup de pied puis se redressa en tentant de la frapper. Mais Miriel enroula le tissu autour du bras de la fillette puis, tout en la maintenant coincée, tendit la jambe et la frappa du plat de sa chaussure contre le cou.

Tara tomba à genoux en gémissant. Miriel refit une roue au-dessus d'elle, puis lui saisit le deuxième bras, attacha les deux dans le dos puis s'assit sur elle et se tourna vers ses amis.

"Un gâteau !"

Meï lui en lança un. Miriel l'attrapa puis le fourra dans la bouche de Tara.

"Mange ça, bécasse !" dit-elle.

Puis elle se tourna vers ses amis.

"À vous, maintenant !"

Tous contents, Meï et Chan se ruèrent sur Penny et Kali, qui avaient regardé avec effarement leur amie se faire clouer au sol.

XxXxXxXxXxX

Sur Arda, en Lothlorien…

Debout devant son miroir, Galadriel regarda les images qu'il lui montrait.

La dame elfe était perdue. Qui était donc cette enfant elfe qui vivait une vie si… étrange, dans ce monde bizarre, au milieu de tous ces bâtiments gris, sous un ciel aussi noir que celui du Mordor ?

Elle avait des oreilles d'elfe et l'aura d'une immortelle, mais ses vêtements, sa façon de se comporter, d'afficher des expressions sur son visage étaient inhabituels.

En la regardant de plus près, Galadriel sentit son cœur s'affoler. Ces yeux bleus… Elle les connaissait bien. Tous les descendants de la lignée de Fëanor héritaient de cette couleur si particulière, ce bleu pur et lumineux…

Était-ce possible ? Était-elle l'enfant perdue de Celebrimbor, celle que tous croyaient morte en même temps que le reste de sa famille, lors de l'attaque d'Ost-in-Edhil ? En voyant la bague d'argent au doigt de l'enfant, la dame n'eut plus aucun doute. Il s'agissait bien de Meldamiriel, fille de Celebrimbor et Silima.

Voilà pourquoi l'attention de Sauron n'était pas constamment braquée sur elle et les autres gardiens des anneaux de pouvoir. Il n'y avait pas eu trois, mais quatre anneaux pour les elfes.

Pourquoi ne l'avez-vous jamais dit, Celebrimbor ? Et où est votre fille, maintenant ? Pourquoi ne pas nous l'avoir confiée si vous la saviez en danger ? Où l'avez-vous envoyée ? se demanda la dame elfe en regardant Nenya, sa bague de diamant.

Soudain, la dame se tendit. Elle sentit la présence de Varda, la déesse des étoiles, dans sa tête. Il arrivait que la Déesse de la Lumière lui parle, pour l'aider dans la lutte contre Sauron. Surtout depuis leur dernier affrontement à Dolguldur, en compagnie de Saroumane, Gandalf et Elrond.

"L'enfant aura bientôt besoin de toi, Galadriel."

"Dame Varda ? Pourquoi… ? N'est-elle pas en sécurité, dans cet étrange endroit ? Même moi, je ne peux deviner où elle se trouve, ni étendre mon esprit jusque-là, tant cela semble loin…"

"Pas assez pour les ténèbres. Bientôt, ils auront gagné en puissance. L'enfant doit retourner dans un endroit empli de lumières, pour un temps. Afin d'être prête, le moment venu."

"Prête ? Mais pour quoi, ma dame ?"

Varda ne répondit pas. Galadriel poussa un soupir. La présence dans sa tête avait disparu.

Frustrée, la dame quitta sa clairière et rejoignit sa demeure. Celeborn était debout sur un balcon, regardant la lumière des étoiles dans le ciel qui rivalisait avec elle des lampes accrochées aux maisons des elfes.

Il se retourna pour demander à Galadriel si elle avait vu quelque chose d'intéressant son miroir. Mais sa femme ne lui en laissa pas le temps. Elle s'approcha et se blottit contre lui.

Comprenant qu'elle était troublée, le seigneur elfe ne répondit rien et la serra dans ses bras. Quoi qu'elle ait vu dans son miroir, cela l'avait contrariée. À présent, il la sentait triste.

Galadriel n'avait pas besoin d'user de sa télépathie pour savoir ce que son mari pensait. Avant même de recevoir Nenya, elle avait appris à déchiffrer les pensées de son mari dans ses gestes, sa voix, son regard et sa présence. En cet instant, elle puisait dans le réconfort de sa présence pour tenter de se calmer.

Elle savait qu'elle obéirait à Varda, elle le devait. C'était une Valar, après tout. Et la créatrice des elfes. Mais Galadriel n'aimait pas cela. D'après ce qu'elle avait vu dans son miroir, Miriel avait une vie heureuse avec ce mystérieux homme aux longs cheveux argentés. Ils tenaient l'un à l'autre. Et lorsque l'enfant serait éloignée de lui… Il risquait de devenir un monstre !

Elle revoyait encore son regard, lorsqu'il levait la tête, au milieu des flammes dans un village anéanti, avant de faire volte-face pour disparaître dans le feu…

Pourquoi les Valars donnaient-ils parfois des ordres si cruels ?

XxXxXxXxXxX

Quatre ans plus tard, à Midgar…

L'après-midi touchait à sa fin. Miriel marchait à travers les rues de Midgar. La fillette de dix ans sourit en voyant un rayon de soleil filtrer à travers les nuages gris dans le ciel.

Les éclaircies étaient si rares, à Midgar ! Après cette dure journée passée en classe à finir les examens de fin d'années dans les différentes matières, l'enfant était heureuse que ce soit fini. C'était désormais le début des grandes vacances d'été.

La petite elfe défit les rubans de ses nattes et libéra ses longs cheveux bruns aux reflets dorés. Qu'il était bon de sentir le vent soulever sa chevelure, après avoir passé des heures enfermée dans une salle de classe silencieuse, où l'ambiance était stressante tant les élèves étaient concentrés sur leurs copies d'examens.

Bien sûr, il y avait aussi eu une période administrative à l'école pour l'orientation, mais rien de bien sérieux ni de fatigant. Miriel avait rempli son dossier et l'avait remis hier. Meï et Chan comptaient suivre une filière scientifique, ils étaient doués en maths et en biologie. Miriel allait prendre une filière littéraire. Ainsi, elle pourrait poursuivre les cours d'arts plastiques.

Sa technique de peinture et de dessin s'était affinée avec le temps. Son professeur avait même gardé plusieurs de ses toiles et comptait les proposer à une galerie où différents jeunes talents pouvaient vendre leurs œuvres.

L'enfant sentit soudain son PHS vibrer dans la poche de sa veste. Curieuse, elle l'ouvrit.

"Allô ?"

"Miriel, ne rentre surtout pas à la maison", dit Sephiroth.

"Hein ? Pourquoi ?"

"Hojo a envoyé une milice. Ils t'y attendent."

L'enfant se figea net au milieu de la rue. Malgré la panique, elle continua de parler d'une voix audible.

"Comment ça ? Qu'est-ce qui se passe ?"

"Le président m'a convoqué pour un bilan sur ton éducation depuis que je t'ai adoptée. Il juge que je m'y suis mal pris, je ne t'ai pas assez… endoctrinée pour devenir scientifique, Soldat ou Turk. Ils ont lu ton dossier d'orientation scolaire et photographié différents moments qu'on a passés ensemble pendant ces six années. Ils ne sont pas satisfaits et viennent de me retirer ta garde."

Miriel fit un effort pour calmer les tremblements qui agitaient son corps. En s'efforçant de garder le PHS collé à l'oreille, elle se mit à faire demi-tour et à marcher rapidement tout en jetant des regards nerveux autour d'elle.

"Alors je vais où ? Qu'est-ce que je fais ?"

"Trouve un endroit où te cacher. Peut-être dans les Taudis."

"Et toi ?"

"Ça n'a pas d'importance."

"Si, bien sûr que ça en a !" cria la fillette.

Il y eut un moment de silence, puis Sephiroth reprit la parole, d'une voix plus douce.

"Tu t'inquiètes pour rien, ma puce. Tu sais à quel point je compte pour eux. Ils ne voudraient pas perdre leur meilleur élément du Soldat. Ce qui compte maintenant, c'est toi. Ne t'en fais pas, on se reverra quand ça se sera calmé. Va te cacher dans les Taudis !"

Acquiesçant, Miriel raccrocha. Tout en fourrant son PHS dans sa poche, elle se mit en route à travers les rues. Il fallait qu'elle trouve un ascenseur pour accéder aux Taudis situés sous la Plaque.

Mais ils sont tous surveillés par des miliciens, sans parler des caméras de sécurité ! Zut, comment je vais faire ? pensa la fillette sans cesser de marcher.

"EH, TOI !"

Miriel se retourna et vit un milicien qui courrait vers elle, armé d'une mitraillette. Deux autres apparurent bientôt derrière lui.

Catastrophée, l'enfant se mit à courir. Heureusement, elle était une elfe. Sa vitesse était supérieure à celle d'un humain ordinaire, la légèreté de son corps l'aidait d'autant plus à courir vite sans laisser de trace.

Elle ne tarda pas à distancer les trois hommes. Arrivée à un croisement, elle voulut prendre sur la gauche, quand une main puissante la saisit par la taille et l'entraîna dans l'obscurité de la ruelle de droite, qui débouchait sur un cul-de-sac. Une autre main se plaqua sur sa bouche, l'empêchant de crier.

"Calme-toi, c'est moi !" dit Genesis.

L'enfant cessa aussitôt de se débattre. Genesis recula et ouvrit une porte dans son dos. Il s'enfonça dans l'ouverture avec la petite puis referma derrière lui. Immobile, silencieuse, Miriel regarda les miliciens arriver au croisement, puis se séparer pour prendre les trois différentes ruelles.

Ils finirent par revenir bredouilles et prirent le chemin inverse. Genesis s'autorisa enfin à lâcher Miriel.

"Tu n'as rien ?" demanda-t-il.

"Non, mais qu'est-ce que tu fais ? Tu vas me livrer ?"

"Ne sois pas idiote", dit-il en sortant son PHS.

Il tapa un SMS, puis rangea l'appareil et fit signe à la fillette de le suivre à l'étage.

Angeal s'y trouvait et regardait par la fenêtre avec les bras croisés. En les voyant tous les deux, il parut soulagé.

"Ça va, Miriel ?" demanda-t-il.

"Oui, mais qu'est-ce que vous faites, tous les deux ?"

"Sephiroth ne peut pas t'aider, le président le retient au QG de la Shinra pour l'empêcher de t'aider. Du coup, on prend la relève", dit Genesis.

Miriel se prit la tête dans les mains. Après toutes ces années, son cauchemar devenait réel : Hojo essayait de la récupérer. À l'idée de retourner aux laboratoires pour y revivre l'enfer, elle se mit à trembler violemment. Non, tout plutôt que d'y retourner ! Mais elle s'inquiétait pour Sephiroth. Si Hojo ne récupérait pas son spécimen, qu'allait-il arriver à l'homme qu'elle considérait comme son père ?

Elle avait l'impression de revivre le même cauchemar que le jour où Ost-in-Edhil était tombée, puis que sa famille avait été attaquée par Sauron sous ses yeux.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main se poser sur sa tête. Elle leva la tête et vit Angeal qui lui offrait un sourire rassurant.

"Tout ira bien, ma puce. On ne les laissera pas te reprendre", dit-il.

Miriel prit sur elle pour lui offrir un sourire reconnaissant. C'était vrai, elle n'était pas seule, cette fois.

Lorsque la nuit tomba, les deux Soldats et la fillette sortirent et prirent le chemin conduisant à l'un des ascenseurs de la ville. L'objectif était de rejoindre les Taudis. L'ascenseur du sud était visé, car il était moins bien gardé que les autres.

Arrivés devant la capsule de verre équipée d'un panneau de contrôle, les trois amis s'arrêtèrent.

Angeal sortit son badge d'identité Shinra et le glissa dans la fente du boîtier, mais un voyant rouge s'activa aussitôt et une voix électronique dit : "Accès refusé". Le Soldat essaya une deuxième fois, mais l'appareil refusait de reconnaître sa carte. Genesis essaya à son tour, mais l'accès fut également refusé. Pire encore : une grille de métal sortit du sol pour englober la cabine.

"Je ne m'attendais pas à ça ! Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?" dit Genesis.

Miriel se gratta la tête, quand elle vit son anneau à sa main.

"Plan B !" dit l'enfant.

Elle posa la main sur le boîtier puis ferma les yeux. Sa bague émit une douce lueur argentée qui enveloppa le boîtier. Tous les voyants se mirent à clignoter, puis une ampoule verte s'alluma.

"Accès autorisé. Bon voyage !"

La grille disparut, puis la porte de l'ascenseur s'ouvrit.

"Parfois, j'adore ton anneau !" dit Genesis en frottant affectueusement la chevelure de la fillette.

"Eh, ne me décoiffe pas !" dit Miriel en riant.

Mais ils n'eurent pas le temps de faire un pas vers l'appareil que soudain, des coups de feu retentirent. Le panneau de contrôle explosa.

Les trois amis se retournèrent. Un groupe de miliciens de la Shinra leur faisait face, avec à leur tête Tseng.

"Désolé, messieurs, mais votre voyage s'arrête ici. Donnez-nous l'enfant et il ne vous sera fait aucun mal. C'est elle, notre mission. Pas vous", dit le Turk.

Genesis se posta devant ses amis, tandis qu'Angeal posa les mains sur les épaules de Miriel et la fit doucement reculer.

"Alors là, tu rêves, Tseng", dit Genesis en brandissant son épée.

Les miliciens armèrent leurs fusils. Tseng poussa un soupir.

"Je vois, vous ne nous laissez pas le choix…"

Miriel serra fort ses mains contre son cœur. Non, ça ne pouvait pas se terminer comme ça ! Elle regarda sa bague, puis eut soudain une idée. Elle joignit les mains contre son cœur et ferma les yeux.

"Miriel ?" demanda Angeal.

Soudain, sous ses yeux ébahis, l'enfant disparut. Tout le monde regarda l'endroit où elle se trouvait avec surprise.

XxXxXxXxXxX

Lorsque Miriel ouvrit les yeux, elle vit qu'elle n'avait pas changé d'endroit. Elle était toujours avec Angeal et Genesis près de l'ascenseur en panne, et les miliciens leur faisaient face.

Mais tout avait… changé. Tout semblait sombre, comme si la ville de Midgar avait soudain basculé dans les ténèbres, et qu'une tempête de fumée grise la traversait.

Non, ce n'est pas de la fumée, c'est… les objets qui fument, comprit Miriel en regardant de plus près le boîtier.

Tout semblait moins consistant, comme… fait d'illusions. Par contre, les hommes étaient réels. Chose curieuse, Genesis et Angeal étaient enveloppés de lumière, comme une aura. Celle de Genesis était rouge, on aurait dit que son corps abritait une flamme puissante qui émanait de lui. Angeal émettait une lumière blanche, comme un soleil pâle.

"Où espères-tu te cacher, petite peste ?"

Cette voix… Miriel avait pensé ne plus jamais l'entendre, après avoir sombré dans le coma par sa faute, jusqu'à ce que Sephiroth vienne la chercher. Lentement, elle se retourna et vit avec horreur un immense œil nimbé de flammes qui apparaissait devant elle, comme un cauchemar surgissant des ténèbres.

"Je te vois ! Et cette fois, tu ne m'échapperas pas. Je vais t'emmener dans le néant !"

Miriel tomba au sol en poussant un cri. Son anneau se remit à briller d'une puissante lumière. L'enfant comprit avec horreur que sa peur activait sa magie. Comme la première fois, elle vit la lumière envahir l'espace autour d'elle.

L'enfant se sentit soudain tomber en arrière et perdit connaissance.

XxXxXxXxXxX

Arda, Terre du Milieu, Lothlorien…

Haldir rentrait de patrouille. Les Orques avaient tenté faible escarmouche contre ses hommes à la frontière est, mais lui et ses archers avaient facilement réduit cette menace à néant.

Depuis la chute de Sauron, les orques s'étaient dispersés et leur nombre réduit. Malgré tout, la menace n'avait jamais complètement disparu.

Mais comparé à autrefois, nous sommes en paix. Et cette paix, nous l'avons durement gagnée, pensa le capitaine.

En regardant les Elanors qui s'étendaient dans la clairière devant lui, l'elfe s'arrêta quelques instants. Cette vision apaisait toujours son esprit.

Finalement, il se remit en route avec les autres. Alors qu'ils atteignaient le centre de la clairière, ils s'arrêtèrent. Quelqu'un se trouvait allongé dans l'herbe, au milieu des fleurs. Un petit corps.

Une enfant ?! réalisa Haldir.

Il s'agenouilla auprès d'elle. Cette enfant portait de curieux vêtements : une chemise blanche nouée au col par un bout de tissu noir, une veste rouge, une jupe grise s'arrêtant aux genoux, des espèces de chaussettes remontant jusqu'à ses genoux et de drôles de chaussures en cuir marron. Mais ce qui surprit plus encore Haldir fut ses oreilles, dont la pointe dépassait de sa chevelure. Une enfant elfe !

En notant ce détail, tous les elfes furent choqués. Il n'y avait pas eu de naissance d'enfant elfe depuis plus d'un Âge ! La dernière en date était celle d'Arwen Undomiel, la fille du Seigneur Elrond. Les naissances elfiques étaient toujours célébrées par leur peuple et annoncées aux autres royaumes elfiques pour leur rappeler que leur temps ne touchait pas à sa fin.

À en juger la jeunesse de ses traits, cette petite ne devait pas avoir plus de dix ans. Haldir fut soulagé de voir sa poitrine se lever et s'abaisser. Elle était vivante.

Haldir ordonna à un éclaireur de partir en avant à Caras Galadhon pour prévenir les seigneurs Celeborn et Galadriel.

Puis, avec une extrême précaution, il souleva l'enfant dans ses bras puis se remit en route vers la cité.

XxXxXxXxXxX

Miriel se sentait bien. En sécurité. Une douce odeur de verdure et de fleur embaumait l'air. Et des chants résonnaient à ses oreilles, parlant de lumière, d'espoir et de paix.

L'enfant ouvrit doucement les yeux. Elle sentit tout de suite que quelque chose clochait. Ses oreilles elfiques entendaient toujours les chants. Ces voix, douces et cristallines… Elle en avait déjà entendu de semblables, chez elle, dans sa cité, quand elle était petite.

Elle vit qu'elle était dans une chambre aux murs blancs, décorée de sculptures évoquant les plantes. On l'avait installée dans un lit aux draps blancs brodés de fils argentés. Et on lui avait fait mettre une chemise de nuit de soie grise. Où était passé son uniforme d'écolière ? Elle fut soulagée de voir que sa bague n'avait pas disparu, pas plus que son pendentif que Sephiroth lui avait offert pour son dixième anniversaire : une minuscule perle de matéria de guérison attachée à une chaîne d'argent.

La porte de la chambre s'ouvrit. Une femme apparut dans l'encadrement. En voyant ses oreilles pointues, Miriel ouvrit des yeux ronds. Une elfe ! Jamais elle n'aurait cru en revoir un jour.

Non ! Ça ne veut quand même pas dire que…

En la voyant éveillée, la femme elfe sourit puis s'approcha.

"Bienvenue en Lothlorien, mon enfant. Comment te sens-tu ?"

Elle avait parlé en sindarin ! Miriel n'aurait jamais cru réentendre cette langue un jour.

"Bien… Mais où suis-je ? Et qui êtes-vous ?" répondit l'enfant.

"En Lothlorien, le royaume du seigneur Celeborn et de la dame Galadriel."

Galadriel ?! Miriel se souvenait de ce nom. Son père lui avait parlé d'elle, et du grief qui avait opposé leurs familles autrefois, du temps où Fëanor vivait encore.

Elle était donc bien revenue en Terre du Milieu. Une partie d'elle s'en réjouissait, mais l'autre s'inquiétait. Qu'allait lui faire la Dame de Lumière ?

Ne crains rien, fille de Celebrimbor. Tu es en sécurité, ici, dit une voix féminine dans sa tête, qui la fit sursauter.

"Les Seigneurs de la Lothlorien souhaitent te voir. Te sens-tu en état de venir avec moi jusqu'à leur demeure ?" dit la femme elfe, qui n'avait pas remarqué sa réaction.

Acquiesçant mollement, Miriel laissa la femme lui faire mettre une robe aux motifs argentés. Une fois cela fait, elle la suivit dehors. Elle eut le souffle coupé en voyant les maisons suspendues dans les arbres. Les lanternes accrochées aux branches illuminaient la nuit, donnant au tout une atmosphère féérique.

Après avoir vécu plusieurs années à Midgar, une ville aux couleurs grises et ternes, Miriel avait l'impression d'être éblouie par toute cette lumière, cette vie et cette magie qui régnaient en ces lieux.

La femme la conduisit à travers les passerelles jusqu'à un arbre plus haut de que les autres. Une demeure plus grande et plus lumineuse que les autres y était installée.

La femme la conduisit dans le hall, face à un grand escalier. Là, elle se recula. Miriel jeta des regards anxieux aux soldats elfes postés de chaque côté de l'escalier. Un autre, aux cheveux blond pâle, vêtu d'une tenue de soldat elfe gris, se tenait également là. Il imposait le respect par sa seule présence et dégageait de la force et du charisme, malgré son calme apparent.

Enfin, les seigneurs de la Lothlorien apparurent. Celeborn était grand, avec des cheveux argentés qui rappelèrent douloureusement à Miriel ceux de Sephiroth. Et la dame Galadriel était magnifique, avec ses longs cheveux d'or bouclés. Ses yeux bleus lumineux se posèrent sur l'enfant. Celle-ci crut, l'espace d'un instant, qu'elle avait des yeux Mako. Mais elle comprit vite qu'il ne s'agissait que de la lumière des étoiles, qui avaient la forme d'une fleur dans ses yeux.

"Sois la bienvenue en Lothlorien, enfant de Varda", dit Celeborn.

Miriel hésita, puis inclina la tête.

"M… merci", dit l'enfant.

"Je suppose que tu as de nombreuses questions ?" dit Celeborn.

"Oui… Qu'est-ce que je fais ici ? Et… en quelle année sommes-nous ?"

Un léger sourire étira les lèvres de Galadriel.

"Nous sommes le 22 septembre de l'année 2981 du Troisième Âge. Sauron a été vaincu, le Mordor est tombé."

"Ah… et ma famille ?" demanda l'enfant, même si elle se doutait déjà de la réponse.

Les deux seigneurs échangèrent un regard. Miriel poussa un soupir.

"Ils sont morts, n'est-ce pas… ? Tous… ?" dit-elle d'une voix tremblante de sanglots.

"Nous avons pleuré et chanté nos morts il y a longtemps, penneth. Mais nous comprenons ton chagrin", dit Galadriel d'une voix douce.

"Non ! Vous ne comprenez pas !" cria l'enfant.

Surpris par ce brusque changement d'attitude, tous les membres présents dans la pièce regardèrent l'enfant avec surprise.

Les yeux bleus de Miriel étaient embués par des larmes de colère et de chagrin.

"Vous en vouliez à ma famille pour ce que Fëanor a fait au peuple de votre mère, dame Galadriel ! Vous n'avez rien fait pour aider mon peuple quand le Mordor nous a attaqués, à Ost-in-Edhil. Et maintenant, alors que j'avais fini par trouver une vie paisible, loin de tout ça ailleurs, avec un nouveau père… Voilà que je dois revenir ici, où je ne suis plus à ma place et que toute ma famille est morte ! Vous allez me garder prisonnière et me torturer, peut-être ?"

"Surveille ton langage, petite ! Comment oses-tu parler de manière aussi insolente aux seigneurs de la Lothlorien ?" dit l'elfe en tenue grise.

"Paix, Haldir. Cette enfant a raison. Nous n'avons rien fait pour l'aider, ni elle ni sa famille. Je ne peux nier ma rancœur vis-à-vis de ton arrière-grand-père, Miriel. Mais je ne t'en tiens nullement responsable. Tu l'as dit toi-même : tu as vécu loin de tout ça pendant six ans. Mais les Valars ont décidé qu'il était temps pour toi te de revenir. Et ils m'ont chargé de veiller sur toi. Je vais donc respecter leur volonté et te laisser vivre ici comme l'une des nôtres", dit Galadriel.

Miriel serra les poings. Non, elle ne voulait pas vivre ici ! Elle voulait repartir sur Gaïa. Qu'était-il arrivé à Sephiroth ? Et Angeal et Genesis ? Avaient-ils des ennuis maintenant ? Quel sort leur réservait la Shinra ?

"Il faut également que tu saches que nul ne doit savoir qu'un membre de la lignée de Fëanor a survécu, qui plus est le gardien d'un anneau de pouvoir. Nombreux sont ceux qui en veulent aux Maîtres Forgerons pour ce qu'ils ont fait pendant la guerre contre les ténèbres, et qui désirent obtenir davantage de force. Tu porteras donc le nom de Haldaraina, à présent. Et nul ne devra avoir connaissance de ta magie."

Dépouillée à nouveau de sa vie, mais aussi de son nom… Miriel serra les poings de rage. Les Valars n'auraient-ils donc jamais aucune pitié envers elle ?


Et voilà ! Eh ouais, elle est rentrée dans son monde, il fallait bien que ça arrive. Mais je vous rassure tout de suite : ce n'est pas la fin de l'histoire, loin de là. On est encore loin de la moitié, pour tout vous dire !

Si vous avez des questions ou des commentaires, n'hésitez pas à les exprimer par reviews, et j'y répondrai !

Traduction :

Penneth : enfant.

Haldaraina : la belle qui se cache (en anglais "hidden-gracious")