Merci à Luna dans les Etoiles et Orellia pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Le message que Miriel lit à la fin du chapitre est tiré du jeu Shadow of Mordor. Je l'ai traduit du mieux que j'ai pu en français. Vous pouvez voir la fresque originale dans une vidéo sur youtube, qui s'intitule Middle Earth: Shadow Of Mordor - Final Ithildin Symbol. Complete Wall 32/32.
Bonne lecture !
Le message de Celebrimbor
Miriel sursauta. Elle avait encore fait ce cauchemar de Sephiroth dans un village en flammes.
Depuis trois jours maintenant, ces visions la hantaient dans ses rêves.
Elle voulut se lever pour prendre un peu d'eau, quand elle réalisa que quelque chose pesait sur sa taille. Curieuse, elle bougea la tête et vit qu'un bras l'entourait.
L'elfe mit un moment à réaliser qu'elle dormait blottie contre le torse de son compagnon de voyage, Legolas. Ils s'étaient allongés dans l'herbe chacun de leur côté hier soir. Mais ils avaient bougé au cours de la nuit.
Ils avaient chevauché deux jours sans s'arrêter, avant de s'arrêter près d'un petit bois pour laisser le cheval reprendre des forces.
Le prince avait les yeux mi-clos et perdus dans le vide, signes typiques d'un sommeil elfique. Miriel se souvint de la réaction de Sephiroth, quand il l'avait vue endormie ainsi pour la première fois. Il lui avait avoué qu'il avait eu peur qu'elle fasse une crise d'épilepsie. Penser à son père adoptif réveilla une vieille douleur dans le cœur de la jeune fille. La dernière fois qu'elle l'avait vue, c'était avant de partir pour sa dernière journée d'école, la veille des grandes vacances d'été. Ils avaient prévu de partir en voyage après ça. Sephiroth s'était arrangé pour obtenir une période de permission et comptait l'emmener à Costa Del Sol, pour qu'elle découvre enfin la mer…
La jeune fille poussa un soupir, quand elle sentit le bras autour de sa taille se crisper. Legolas ouvrit complètement les yeux et la regarda avec inquiétude.
"Tout va bien, Miriel ?"
"Oui, ça va. Je pensais juste à quelque chose de triste. Désolée de vous avoir réveillé", dit la jeune fille.
Le prince hocha la tête, avant de répondre :
"Je vois. C'est donc pour cela que vous avez stoppé votre examen ?"
"Mon… mon examen ? … Minute ! Vous faisiez semblant de dormir ? Vous étiez déjà réveillé ?!"
"Oui. Je n'ai pas pu résister, désolé", dit le prince avec un sourire malicieux.
"Et vous vous croyez drôle, en plus ? Pfffft, et c'est moi qu'on juge trop jeune ?" dit Miriel en croisant les bras, avec l'air boudeur.
Puis, avec un sourire maléfique intérieur, elle reprit :
"Alors, vous êtes resté à me tenir ainsi contre vous pendant combien de temps ?"
Legolas prit aussitôt l'air contrit.
"J'avoue que je ne sais pas. Je dirais… un quart d'heure ?"
"Ah ! Au moins, vous êtes honnête", dit la jeune fille, avant d'éclater de rire.
Réalisant soudain la ruse de Miriel, le prince plissa les yeux. Elle voulait jouer à ça avec lui ? Alors, elle allait être servie ! Il ôta son bras de sa taille, puis s'appuya sur son bras gauche et déplaça son corps au-dessus d'elle pour atterrir sur l'herbe dans son dos. Miriel n'eut pas le temps de suivre le mouvement et de se tourner pour lui faire face. Elle sentit un des bras du prince s'enrouler fermement autour de sa taille, tandis que sa main libre se posa sur ses côtes et se mit à la chatouiller.
Riant aux éclats, la jeune fille essaya de se dégager, mais le prince la tenait fermement contre lui.
"Pitié, Legolas, arrêtez ça !" dit Miriel entre deux éclats de rire.
Legolas s'exécuta… avant de reprendre au bout de trente secondes, avec les deux mains cette fois. Miriel essaya de s'éloigner de lui en roulant dans l'herbe, mais le prince la suivit et continua de la chatouiller.
Leurs roulades finirent par s'arrêter. Le prince était au-dessus d'elle maintenant, tandis que la jeune fille restait allongée au sol, à reprendre son souffle.
"Alors, vous vous rendez ?" dit le prince.
"Jamais !" dit-elle, souriante.
Puis, secouant la tête, elle ajouta : "Je n'avais pas ri comme ça depuis plus de soixante ans."
"Moi non plus."
Ils se regardèrent, souriants. Miriel réalisa soudain leur position, tout comme Legolas. Leur regard se fit plus intense. Miriel ne put s'empêcher de baisser les yeux vers les lèvres du prince. Ce dernier rapprocha doucement son visage, quand un rayon de soleil se posa sur la matéria au cou de la jeune fille. L'éclat du bijou parut faire changer le prince d'avis. Il se redressa, puis s'éloigna de quelques pas.
"Je vais chercher de l'eau", dit-il, avant de se diriger vers la rivière.
Stupéfaite, Miriel resta allongée quelques secondes sans comprendre ce qui s'était passé. Avait-elle fait ou dit quelque chose de mal ? Pourquoi s'était-il ravisé ?
Minute ! Qui avait dit qu'il allait faire quoi que ce soit ? Elle ne savait pas elle-même ce qu'elle allait faire, aucun d'eux n'avait réfléchi à comment se retrouver dans une telle position !
Pourtant… Pourtant, elle aurait été hypocrite d'admettre qu'elle n'éprouvait aucun sentiment pour Legolas. Depuis leur première rencontre, il la troublait. Avec lui, elle pouvait facilement passer de la peur à la tristesse ou le bonheur avec lui. Il avait même défié son père et son roi pour elle !
Alors, pourquoi a-t-il fait ça ? Pourquoi s'est-il soudain montré si froid et distant ? Ça n'a pas de sens ! pensa la jeune fille.
Lorsqu'il revint, il évita de croiser son regard. Offensée, Miriel opta pour la même attitude. Leur journée s'écoula donc en silence. Tous deux marchaient sans se regarder, occupés chacun à fixer quelque chose au loin à travers la plaine. Legolas tenait la bride du cheval, jugeant qu'il valait mieux qu'il chemine près d'eux sans les porter, surtout après avoir galopé pendant deux jours.
Finalement, le soir, Miriel n'y tint plus. Alors que Legolas dessellait leur monture, la jeune fille s'approcha.
"Bon, qu'est-ce que j'ai fait ?"
"Pardon ?" dit le prince, les sourcils froncés.
"Qu'est-ce que j'ai fait pour que vous soyez soudainement devenu si froid et distant ? Vous m'en voulez de vous avoir obligé à défier votre père en m'aidant à m'enfuir ? Ou bien parce que je vous ai menti sur mon identité ?"
Le prince poussa un soupir, puis secoua négativement la tête.
"Non, Miriel, vous n'avez rien fait. Je suis désolé si mon brusque changement d'attitude vous a offensée, ce n'était nullement mon but."
"Eh bien, c'est raté ! Expliquez-moi ce qui se passe."
"C'est juste que… Je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi intense pour quelqu'un auparavant. Excepté une vieille amie d'enfance, il y a bien longtemps. Mais elle a donné son cœur à quelqu'un d'autre. Après cela, je me suis juré de rester fermé à l'amour, le temps que cette blessure dans mon cœur se referme. Et ensuite…"
Lentement, il tendit la main et la posa sur la joue de Miriel.
"Depuis cette nuit où je vous ai vue danser dans la clairière, je n'ai cessé de penser à vous. Comme si votre lumière avait rallumé un feu que je pensais à jamais éteint en mon cœur. Mais le vôtre n'est pas totalement ici."
Il effleura du bout des doigts la matéria au cou de la jeune fille.
"Vous êtes encore attachée à Gaïa et à ceux que vous avez laissés là-bas. Je ne veux pas que vous soyez déchirée entre deux mondes par les sentiments que vous pourriez éprouver, que ce soit envers moi ou d'autres. Et je ne veux pas courir le risque de souffrir à nouveau. Pas sans être sûr que vous ayez fait un choix."
Compréhensive, Miriel acquiesça en silence.
"Je vois… En attendant, est-ce que… est-ce qu'on pourrait quand même rester amis ?" dit la jeune fille, avec inquiétude.
Le prince acquiesça, l'air mi-triste mi-soulagé.
"Amis, oui. En attendant…"
"En attendant…" convint Miriel.
Les jours suivants, le voyage se poursuivit de façon plus paisible à travers les plaines. La Trouée du Rohan se révéla infestée d'Orques, mais les deux combattants parvinrent à en venir à bout.
Enfin, ils arrivèrent à Fondcombe. Miriel n'aurait jamais cru découvrir un aussi bel endroit.
Ici, les maisons étaient construites sur les flancs de la vallée, et la nature se confondait avec les constructions elfiques. Même le lierre recouvrant certaines statues semblait s'accorder avec les œuvres des sculpteurs. Comme si la nature avait accepté que les elfes s'installent en cet endroit et les avait aidés à l'embellir.
Les cascades coulaient à flots, mais le bruit sonnait de manière harmonieuse. Le vent qui soufflait à travers les rues de la cité était doux. Miriel ne put s'empêcher de penser que si la Lothlorien avait tout d'une belle cité elfique étincelant dans la nuit, Fondcombe ressemblait plutôt à celle d'un royaume elfique s'épanouissant sous la lumière du soleil.
Les elfes qui vivaient là portaient des vêtements dont les couleurs tiraient sur le doré, l'argent et le bronze. Ses habitants étaient majoritairement des elfes bruns, un trait physique fréquent chez les Noldors.
Comme mon père, Celebrimbor, pensa la jeune fille avec une pointe de nostalgie.
Legolas et elle marchèrent à travers les rues de la cité, jusque devant une bien plus grande demeure que les autres. Là, à l'entrée, les attendait un elfe. Brun, vêtu d'une tunique mauve tirant sur le bleu, il les accueillit avec le sourire.
"Soyez le bienvenu à Fondcombe, Legolas Thranduilion", dit l'elfe.
"Mae govannon, Lindir. Mon père m'envoie en tant qu'ambassadeur à Fondcombe pour le conseil qui s'y tiendra prochainement", dit Legolas.
"Vous êtes dans les temps, monseigneur. Nous n'attendons plus que la délégation des nains, ils devraient être ici dans quelques jours."
Puis le regard de Lindir se porta sur Miriel, qui avait sagement attendu la fin de leur discussion.
"J'ignorais que vous étiez accompagné, seigneur Legolas", dit Lindir en haussant un sourcil curieux.
"Lindir, je vous présente Meldamiriel, fille unique de Celebrimbor."
Le visage de Lindir afficha pendant quelques secondes une grande surprise. Miriel savait bien ce qu'il pensait : la lignée de Fëanor s'était éteinte. Mais même si Galadriel lui avait dit de rester cachée, elle lui avait dit que certaines personnes méritaient d'être mises dans la confidence, comme son gendre Elrond, qui avait d'ailleurs été élevé par deux des fils de Fëanor dans son enfance.
"Bonjour", dit simplement Miriel, ne sachant trop quoi dire.
Lindir surmonta aussitôt sa surprise et s'inclina devant elle.
"Venez, le seigneur Elrond vous attend", dit-il finalement au prince et à la jeune fille.
Ces deux derniers se lancèrent un sourire amusé. Si Lindir avait réagi ainsi, quelle serait sûrement la réaction d'Elrond !
Lindir les mena à travers les couloirs de la demeure. Les murs étaient décorés de tapisseries illustrant des moments historiques d'Arda, de statues d'elfes et de plantes qui avaient jailli du sol et recouvraient les murs. Certaines étaient en fleurs, diffusant un agréable parfum dans les couloirs.
Lindir les mena jusque devant une grande porte. Après avoir frappé, il entra. Elrond se leva de son bureau et sourit.
Il avait des cheveux bruns couronnés d'un diadème argenté, et portait une tunique crème sous une cape verte. Une bague en argent incrusté d'une émeraude. Elle reconnut Vilya, l'anneau de l'air. Un des anneaux elfiques que son père avait forgés !
"Prince Legolas, soyez le bienvenu à Fondcombe", dit-il en s'approchant pour serrer le bras du concerné.
Ce dernier lui répondit par un sourire. Miriel était surprise par l'attitude d'Elrond. Il n'était pas aussi cérémonieux que Celeborn ou hautain comme Thranduil. Il avait l'aura et le physique d'un elfe, mais quelque chose d'humain se dégageait de lui. Miriel se souvint alors qu'il avait un père humain. Ce n'était pas pour rien qu'on le nommait Elrond le semi-elfe.
Pourtant, Miriel trouvait qu'il incarnait le genre d'elfe qu'elle appréciait le plus. Lorsqu'il se tourna vers elle, la jeune fille vit dans ses yeux bleus-gris tous les Âges qu'il avait traversés, en contraste avec la jeunesse et la beauté de ses traits.
Lorsqu'Elrond posa son regard sur Miriel, ses sourcils se froncèrent. La vision de ses yeux bleus sembla le frapper.
"Legolas ? Qui est-ce… ?"
"Seigneur Elrond, je vous présente Meldamiriel Celebrimboriel, héritière du trône du royaume elfique de l'Eregion."
Elrond parut surpris, mais moins que Lindir.
"Soyez la bienvenue à Fondcombe, dame Meldamiriel. Vous avez les yeux de votre père."
"Merci, monseigneur. Si je puis me permettre, vous ne semblez pas très étonné par la nouvelle."
Elrond eut un léger sourire.
"Je savais que Celebrimbor avait eu une enfant peu avant sa mort, mais personne n'a jamais su si elle avait survécu lors de l'invasion d'Ost-In-Edhil. J'ai personnellement connu deux de vos parents autrefois."
"Oh ! Pourrez-vous me parler d'eux, un jour ?" dit Miriel, soudain pleine d'espoir.
"Je suis sûr que nous trouverons le temps pour cela. En attendant, je pense que vous avez tous besoin de vous reposer. Lindir va vous conduire à vos appartements."
"Inutile de me guider, je connais le chemin", dit Legolas.
"Bien. Dans ce cas, dame Meldamiriel, si vous voulez bien me suivre", dit Lindir.
Acquiesçant, Miriel sortit du bureau et suivit l'elfe à travers les couloirs, jusque devant une porte. Là, il s'inclina une dernière fois et prit congé.
Miriel poussa la porte et entra dans une chambre. Elle était grande et bien éclairée. Les murs étaient peints en jaune, avec des motifs de plantes. Un grand lit aux draps bien moelleux trônait au centre.
Miriel prit le chemin de la salle de bains et sourit en voyant qu'un bain avait déjà été préparé à son attention. Décidément, ici, les elfes avaient le sens de l'hospitalité.
Miriel ôta ses vêtements couverts de poussière et plongea dans le bassin d'eau. Elle poussa un soulagement en sentant l'eau détendre ses muscles. Après plusieurs jours passés à chevaucher, elle avait quasiment oublié ce que le mot "détente" signifiait.
Une fois bien propre, elle s'enveloppa dans une grande serviette blanche posée près du bassin et retourna dans la chambre. Une armoire pleine de jolies robes se trouvait près du lit. Miriel hésita. Elle n'avait guère l'habitude de porter des robes. Mais pour une fois, dans cet endroit, elle se sentait désireuse de jouer un peu aux princesses.
Cet endroit dégage vraiment une curieuse magie. Comme si l'on pouvait oublier tous ses soucis pour s'abandonner à la rêverie et au calme, pensa Miriel.
La jeune fille enfila une robe vert pâle avec une ceinture d'argent. Une fois ses cheveux coiffés, elle sortit et se mit à se promener à travers les couloirs.
Elle arriva bientôt à la bibliothèque. Elle passa distraitement la main sur les rayonnages, avant de grimper un escalier menant à l'étage. Là, elle vit une statue portant un grand plateau contre la rambarde. Dedans reposaient les tronçons d'une épée, Narsil.
Miriel se tourna vers le mur et vit une fresque peinte dessus. Elle reconnut le héros Isildur, allongé par terre au milieu des soldats morts, brandissant le manche de Narsil brisée. Et au-dessus de lui se dressait Sauron, sa masse brandie vers lui pour le tuer.
Miriel frémit en repensant à la seule et unique fois où elle avait vu Sauron ainsi. Elle pouvait encore sentir la chaleur infernale qui émanait du Maia déchu, tandis qu'il regardait son père à terre, baignant dans son sang…
Secouant la tête, Miriel se dépêcha de quitter la bibliothèque et se rendit aux jardins.
Elle se plongea dans la contemplation des arbres et sourit en entendant le gazouillis des oiseaux dans les branches des arbres.
Mais soudain, des éclats de voix lui parvinrent. Ils ne venaient sûrement pas des elfes, ces derniers étaient trop calmes pour se permettre de rire ainsi.
Curieuse, elle suivit ces voix jusqu'à arriver devant un kiosque. Là, elle fut surprise en découvrant quatre petits hommes. Elle crut d'abord qu'il s'agissait de nains, mais ils n'avaient pas de barbe et ils avaient de grands pieds poilus. Leurs cheveux étaient courts et frisés. Ils portaient des chemises sous des redingotes aux boutons dorés, ainsi que des pantalons courts. Leur tenue rappela à Miriel celle que portait le maire de la Shinra, prisonnier dans la salle des archives du Building à Midgar.
"Allez, quoi, Frodon ! C'est pas bien méchant", dit l'un des quatre petits hommes.
"Non, Pippin, ce n'est pas raisonnable ! Gandalf est occupé, nous ne pouvons lui jouer ce genre de tour, surtout ici ! Que diraient les elfes ?" dit le dénommé Frodon.
"Mais on peut bien s'amuser un peu !" dit Pippin.
"Je suis de l'avis de monsieur Frodon. Ce n'est pas raisonnable", dit un autre Hobbit, plus joufflu.
"Merci, Sam", dit Frodon.
"Bon… Merry ?" dit Pippin.
"Je te suis, Pip' !" dit l'interpellé.
Les deux Hobbits s'éloignèrent de Frodon et Sam pour prendre l'allée où Miriel se tenait, écoutant de loin leurs discussions grâce à ses oreilles d'elfe.
Lorsqu'ils virent la jeune fille, les deux Hobbits se figèrent, évitant de peu de la percuter.
"Oh ! Pardon, mademoiselle ! On ne vous avait pas vue", dit Merry.
"Ce n'est rien !" dit Miriel avec un sourire rassurant. "Je ne me souviens pas avoir déjà vu de petits hommes parmi les elfes de ce royaume. Qui êtes-vous, si ce n'est pas indiscret ?"
"Nous sommes des Hobbits de la Comté. Je suis Merriadoc Brandebouc, et voici mon cousin, Perregrin Toucque. Pour vous servir !" dit Merry en s'inclinant.
"Mais vous pouvez nous appeler Merry et Pippin", dit son cousin en s'inclinant à son tour.
"Miriel, de la Lothlorien", dit la jeune fille en esquissant une révérence.
"Oh, vous venez de la Lothlorien ? C'est un autre royaume elfique ?" demanda innocemment Pippin.
"Que tu es bête, Pip' ! Bien sûr que c'est un royaume elfique, puisqu'elle est une elfe !" dit Merry en lui administrant une tape derrière la tête.
"En effet, c'est un royaume elfique, pour reprendre vos mots. Il se situe de l'autre côté des Monts Brumeux. Et vous, alors ? La Comté, c'est où ? Ça ressemble à quoi ?"
Pippin et Merry regardèrent la jeune fille avec étonnement. Elle était la première elfe qui semblait s'intéresser à eux et leur poser des questions sur leur monde. En fait, il n'y avait pas que ça d'étonnant. Son visage n'était pas fermé comme celui des autres habitants de Fondcombe. Ils pouvaient y lire des émotions tandis qu'elle parlait. Son attitude était décontractée. Elle avait l'air très… humaine !
Touchés par son intérêt et désireux de ne pas être impolis envers une si jolie dame, les Hobbits s'installèrent avec elle sur un banc de la tonnelle et commencèrent à parler de leur pays et des anecdotes sur leur vie à Hobbitebourg.
Miriel ne tarda pas à rire aux éclats en apprenant les nombreuses tentatives de vol que les deux chenapans avaient faites dans les cultures du Père Magotte. Ils étaient encore plus gaffeurs que Genesis !
Mais le charme se brisa lorsqu'une elfe vint les voir en fin d'après-midi.
"Dame Miriel ? Le seigneur Elrond désire vous parler."
"Ah… Bon, j'arrive. Désolée, les amis. Vous me raconterez la suite de cette partie de pêche à Lézeau plus tard ?"
"Promis !" dirent les deux Hobbits en chœur.
Miriel leur sourit, puis suivit l'elfe. Restés seuls, Pippin et Merry échangèrent un regard.
"Elle est charmante, hein ?" dit Pippin avec un sourire rêveur.
"C'est vrai. Mais elle se comporte différemment des autres. Tu as vu combien de fois elle a ri pendant nos histoires ? Elle est plus expressive que les autres elfes qu'on a rencontrés jusque-là."
"Tu as raison, Merry. Elle fait très humaine. Peut-être que c'est une semi-elfe, comme le seigneur Elrond ?"
"Mouais, va savoir…"
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Miriel suivit la jeune femme jusqu'aux portes menant au bureau du seigneur Elrond. Une fois devant l'entrée, la femme s'inclina puis prit congé.
Miriel franchit l'entrée. Elle trouva Elrond assis à son bureau, en pleine discussion avec un vieil homme assis devant lui. Il avait une longue barbe grise et portait une robe de la même couleur. Lorsque Miriel entra, il se tourna vers elle puis se leva en s'appuyant sur un grand bâton posé près de sa chaise.
"Ah, Miriel, vous voilà !" dit Elrond en se levant.
"Je vous dérange ?" demanda Miriel, timide.
"Non, du tout ! Je vous présente Gandalf le Gris, mais nous les elfes l'appelons Mithrandir."
Le désigné s'inclina légèrement.
"Mademoiselle, on m'a beaucoup parlé de vous", dit-il avec un sourire.
Miriel lui rendit poliment son sourire. Le vieil homme avait des yeux brillants de vie et de malice, mais il affichait un air bienveillant.
Elle se souvint que Celeborn et Galadriel lui avaient parlé de lui. On le considérait depuis toujours comme un ami parmi les elfes.
Elrond installa un siège pour Miriel près de Gandalf, puis chacun se rassit autour du bureau.
"Je suis honoré de rencontrer la fille du Créateur des Anneaux de Pouvoir", dit Gandalf.
Miriel baissa humblement les yeux. Elle nota alors l'éclat d'un anneau au doigt de Gandalf. Doré, incrusté d'un rubis. Elle reconnut Narya.
"Vous êtes vous-même gardien d'un des anneaux forgés par mon père", dit la jeune fille.
"En effet. Je n'ai pas connu Celebrimbor personnellement, mais Cirdan m'a dit du bien de lui avant de me remettre Narya."
"C'est justement à ce sujet que nous voulions nous entretenir avec vous, Miriel. Je me doute que le sujet doit être douloureux, mais… quels souvenirs avez-vous de votre père ?" dit doucement Elrond.
Miriel regarda l'elfe avec des yeux ronds. Personne ne l'avait interrogée sur son père depuis… depuis son entrevue avec Thranduil, en fait.
"Je me souviens que c'était un grand seigneur. Il aimait son peuple. Mais quand il était seul ou croyait l'être, il se souciait des fautes commises par nos ancêtres. La trahison d'Annatar a été un rude coup pour lui. Il s'est battu pour réparer cette erreur jusqu'à son dernier souffle", dit la jeune fille.
Gandalf hocha la tête, tandis qu'Elrond parut s'abîmer dans la contemplation du vide pendant un moment.
"Et que vous a-t-on dit sur les… circonstances de sa mort ?" dit doucement Gandalf.
"Il est mort au Mordor, torturé par Sauron. Pourquoi ?" dit sèchement la jeune fille, agacée par ces questions insensées.
"Nous… pensons que ce n'est pas tout à fait le cas", dit Gandalf.
"Pardon ?!"
"Des rumeurs courent depuis que Sauron est retourné au Mordor. Certaines parlent d'un Immortel, un mystérieux guerrier doté de pouvoirs ressemblant beaucoup à ceux de Celebrimbor. Il aurait déjà tué de nombreux Capitaines Noirs de l'armée de Sauron et arpenterait à présent la Terre du Milieu, en quête d'autres anneaux pour tenir tête au Seigneur Ténébreux", dit Elrond.
"Et qu'est-ce qui vous fait croire que c'est mon père ?" dit la jeune fille, surprise.
Elrond ouvrit un tiroir du bureau et en sortit un parchemin qu'il étala sur la table. Une fresque y était dessinée, avec des symboles elfiques. Miriel reconnut son père au centre, armé de ses outils de forgeron, avec des anneaux tout autour de lui. Sur la droite, on le voyait commandant des hommes contre un personnage à gauche, représentant Annatar accompagné d'Orques prêts au combat.
"Le Seigneur de Lumière
Je suis le Seigneur Étincelant du Mordor,
La main d'argent qui repousse les ténèbres,
Cheminant à travers le brouillard de la nuit
Pour venger ceux trahis il y a longtemps.
Dressez-vous sur les champs de la mort
Et marchez contre l'ombre qui s'étend.
À travers les flammes purificatrices de la guerre,
Le bien des Eldars sera reforgé.
Sous mon marteau
Le Seigneur des Dons, le Traître sera défait.
Je renonce aux Terres Immortelles
Pour me racheter au Royaume des Ténèbres.
Prisonnier des murs d'Arda,
À la place du Seigneur Ténébreux,
Vous recevrez ma lumière éclatante,
Tous me craindront et se réjouiront."
Miriel relut deux fois le message elfique. La main d'argent, c'était bien son nom ! Impossible… Son père serait donc en vie ? Mais il était mort ! Sauron avait même poussé le sacrilège jusqu'à utiliser sa dépouille comme étendard pour ses armées ! À moins que… ?
"Mon père serait devenu… un spectre ?" dit Miriel d'une voix tremblante.
"C'est possible. Son âme a subi de tels tourments qu'elle n'a pas trouvé le repos", dit Gandalf.
"Mais alors… Qu'est-ce qui… ? Comment… ?"
"Miriel, ce ne sont que des suppositions. Les faits tendent à leur donner raison. Mais il reste de nombreux mystères. On raconte que les tribus de pêcheurs de la mer de Nùrnen ont quitté le Mordor avant que Sauron revienne, mais l'on n'a retrouvé nulle trace d'eux après les frontières du Gondor ou du Rohan. La piste s'arrête en Isengard."
"C'est le territoire de Saroumane, le traître", comprit Miriel.
"C'est exact. Le guerrier s'est peut-être caché parmi eux. Et si Saroumane parvient à entrer en contact avec l'esprit de Celebrimbor, il pourrait se servir de ses pouvoirs pour obtenir une force plus grande que celle de Sauron", dit Elrond.
"Il pourrait exploiter son savoir et se forger son propre anneau de pouvoir", dit Gandalf.
"Impossible ! Mon père ne ferait jamais ça ! Il avait juré de ne plus forger d'anneau après la trahison de Sauron. Pourquoi recommencerait-il les mêmes erreurs ?" dit Miriel.
"Nous l'ignorons, mais s'il le fait…"
"IL NE LE FERA PAS !"
"Miriel, calmez-vous…"
"JE SUIS CALME !"
Réalisant le ton qu'elle prenait malgré tout, la jeune fille se tut.
"Excusez-moi…" dit-elle, avant de sortir du bureau sans demander la permission de qui que ce soit.
Restés seuls, Gandalf et Elrond échangèrent un regard.
"Vous pensez toujours que nous avons bien fait de lui en parler ?" demanda Gandalf.
"Il s'agit de son père, Mithrandir. Et elle porte l'un des anneaux de pouvoir. Elle a son rôle à jouer dans cette guerre. Et je ne suis pas le seul à le penser. Galadriel le pense depuis longtemps."
Gandalf fit la moue. Il n'aimait pas cette idée. Il venait juste de faire la connaissance de Miriel, mais il la jugeait déjà fort jeune et vulnérable. Rien que sa réaction en entendant ces révélations le prouvaient.
Dans un soupir, il se leva.
"Bon, je vais essayer de la retrouver et de lui parler", dit-il avant de sortir du bureau.
