Merci à SilentLyoness, Orellia et Luna dans les Etoiles pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
Réflexions, rires et questions
Miriel marcha un moment sans regarder où elle allait. La colère l'empêchait de réfléchir.
Elle arriva bientôt au bout de l'allée fleurie et se retrouva sur un balcon qui surplombait la vallée. Là, elle agrippa le rebord en pierre et attendit que sa respiration ralentisse.
Elle n'arrivait pas à y croire.
Ce message… L'idée que son père soit encore sur Arda… Un spectre !
Oh, Ada… ! Notre famille ne sera-t-elle donc jamais libérée de l'Ombre ni de nos péchés passés ? pensa la jeune fille en levant les yeux au ciel.
La jeune fille porta la main à sa poitrine où reposait la matéria. Un cadeau de son père adoptif. Miriel se souvint des paroles de Legolas.
"Vous êtes encore attachée à Gaïa et à ceux que vous avez laissés là-bas."
C'était vrai. Mais de penser qu'elle avait une chance de revoir son vrai père en ce monde… Cela remettait en question certains de ses projets.
Avec un soupir dépité, Miriel se prit la tête dans les mains et se pencha vers l'avant, laissant ses coudes reposer sur la rambarde.
"Que dois-je faire ?" gémit la jeune fille.
"Retrouver votre calme pour mieux réfléchir, peut-être ?" dit une voix dans son dos.
Miriel se redressa, mais ne prit pas la peine de se retourner. Gandalf s'approcha jusqu'à se tenir à ses côtés sur le balcon.
"Vous m'avez suivie ?" dit la jeune fille.
"Votre passage tapageur a attiré l'attention des habitants de la cité qui ont croisé votre chemin. Ils disaient tous que vous aviez l'air bien remontée", dit le magicien sur un ton léger.
Puis, retrouvant son sérieux, il ajouta : "Je suis désolé, Miriel. Mais nous pensions que vous méritiez de savoir."
"Je sais. Et je vous remercie pour votre franchise. C'est juste que… j'ai tout perdu quand j'avais quatre ans. Il m'a fallu plus de deux ans pour retrouver un sens à ma vie, me faire à l'idée que j'avais un autre père qui m'aimait, des amis… Ensuite, on m'a de nouveau tout enlevé pour me ramener ici. Cette fois, il m'a fallu plus de soixante ans pour me réadapter, et encore, je n'y arrive pas tout à fait, tout le monde me trouve bizarre ! Et maintenant… Vous me dites que j'ai peut-être encore de la famille quelque part sur cette terre…"
Le magicien hocha la tête.
"Je comprends. Mais vous n'êtes pas obligée d'accepter cela tout de suite. Ça fait beaucoup, en effet."
Miriel regarda l'anneau à son doigt. Il scintillait d'une douce lueur dorée dans la lumière du soleil couchant.
"La dernière fois que j'ai vu mon père biologique, c'était lorsqu'il m'a remis cet anneau. J'ai vu Sauron le vaincre, puis ordonner à ses Orques de l'emmener au Mordor. Et je n'ai rien pu faire, à part fuir."
"Vous n'étiez qu'une enfant. Vous n'auriez rien pu faire, même avec l'anneau."
"Je sais, mais c'est injuste. Il était ma famille. Et s'il y a une chose que j'ai apprise pendant toutes ces années, c'est qu'on n'abandonne pas sa famille."
"Mais personne ne vous dit d'abandonner qui que ce soit, Miriel ! Vous pouvez faire ce que vous voulez de la vérité, nul ne vous blâmera pour cela !"
"Ça veut dire quoi ? Que si je veux, je peux renoncer à jouer un rôle dans cette guerre contre Sauron ?"
"Ça veut dire que, quel que soit le choix que vous ferez, il n'appartient qu'à vous de le choisir."
Miriel fit la moue. Elle avait l'impression étrange que non. Les Valars semblaient avoir leurs propres plans pour l'avenir. N'avaient-ils pas empêché l'âme de Celebrimbor de rejoindre l'au-delà ?
"En attendant, je pense que vous avez besoin de quelque chose pour aller mieux, jeune dame", dit le magicien.
"Et c'est quoi, d'après vous ?"
"Dîner."
"Quoi ?!"
"Je meurs de faim, c'est bientôt l'heure du dîner. Vous joindrez-vous à moi ?" dit-il en tendant son bras.
Miriel écarquilla les yeux, puis un sourire apparut sur ses lèvres.
"Je rêve ou vous me faites des avances, Mithrandir ?"
"Cela vous choque ? Dites tout de suite que je suis trop vieux pour vous !" dit le magicien avec l'air faussement indigné.
Riant, Miriel prit son bras. Souriants, les deux amis prirent ensemble le chemin de la salle de banquet de Fondcombe.
En arrivant, Miriel vit de nouveaux visages. Il y avait bien sûr les elfes, mais elle vit aussi quelques humains, les quatre Hobbits ainsi qu'un autre bien plus âgé, et des nains. Ces derniers restaient près des Hobbits et toisaient les deux autres espèces avec méfiance, en particulier les elfes.
Les gens se tournèrent vers Miriel et Gandalf en les voyant arriver. Les Hommes ouvrirent des yeux ronds d'admiration en voyant la jeune fille. Miriel s'efforça de rester impassible. Elle savait que son physique ne laissait pas les hommes indifférents.
Déjà, sur Gaïa, les garçons de son école la trouvaient très mignonne. Certains aimaient lui prêter un crayon ou une feuille en classe, ou bien partager leur goûter à la récré avec elle. Ce qui avait d'ailleurs attisé la jalousie de Tara, sa rivale qui l'appelait toujours "bécasse".
Et ici, sur Arda, certains elfes de la Lothlorien avaient souvent aimé passer du temps avec elle comme une promenade ou une danse lors d'une fête.
Sans oublier Legolas ! Le prince célibataire le plus convoité de Mirkwood lui avait clairement exprimé ses sentiments.
En l'apercevant, Miriel sentit son cœur s'affoler. Il avait troqué sa tunique vert forêt contre une autre argentée, plus princière. En croisant son regard, l'elfe lui adressa un sourire réconfortant, comme s'il avait perçu son trouble.
Miriel lâcha le bras de Gandalf pour se diriger vers les Hobbits. En la voyant, Pippin et Merry lui offrirent un sourire chaleureux.
"Ah, Miriel ! Justement, on parlait de vous !" dit Pippin.
Frodon s'avança vers la jeune fille et s'inclina.
"Je suis Frodon Sacquet. Et voici mon oncle Bilbon Sacquet, sans oublier mon ami et jardinier, Samsagace Gamegie. Mes cousins m'ont dit que vous vous intéressiez à la Comté ?" dit le Hobbit.
"Je m'intéresse à tout ce qui touche au monde extérieur, monsieur Sacquet", dit Miriel.
"Dans ce cas, vous serez servie ! C'est notre sujet préféré de discussion", dit Merry.
Bilbon s'approcha en s'appuyant sur sa canne et la regarda avec intérêt.
"D'après ce que le seigneur Elrond et Gandalf m'ont dit, vous êtes la fille de Celebrimbor, le créateur des Anneaux de Pouvoir… Est-ce vrai ?"
Les quatre jeunes Hobbits regardèrent le vieil homme puis Miriel avec stupeur.
"C'est vrai. Mais je n'aime guère en parler, c'est… un sujet sensible."
"Je comprends, ne vous inquiétez pas. Sachez néanmoins que je suis honorée de rencontrer quelqu'un comme vous."
La cloche sonna de nouveau, annonçant pour tous qu'il était temps de passer à table.
Miriel choisit de s'assoir près des Hobbits. Ces derniers avaient des assiettes fort remplies. La jeune fille eut un petit rire en les voyant manger aussi goulûment.
De vrais ventres sur pattes ! pensa-t-elle.
Sentant des regards posés sur elle, la jeune fille regarda autour d'elle. Les nains l'observaient avec l'air de mener un conflit mental. Miriel comprit que c'était à cause de sa famille. Elle était la fille de l'elfe forgeron qui avait aidé à bâtir les portes de la Moria. Fëanor aussi avait mené des relations avec les nains, et ce pendant de longues années. Les nains devaient donc se demander s'ils pouvaient essayer d'accorder à la jeune fille un "traitement de faveur".
Elle regarda ensuite en direction du seigneur Elrond. À droite se trouvait sa fille, Arwen Undomiel. Miriel reconnut qu'elle était très belle. La peau blanche et lisse, un beau et doux visage, de magnifiques yeux bleus bordés de longs cils noirs, de longs cheveux couleur de jais et qui cascadaient en boucles dans son dos… Elle avait tout d'une magnifique princesse de conte de fées.
L'homme assis à gauche du seigneur Elrond arborait des habits elfiques. Mais il se dégageait de lui une certaine noblesse, un calme qui semblait typique des elfes. En croisant le regard de Miriel, il lui accorda un sourire poli auquel l'elfe répondit.
Mais les yeux de l'Homme revenaient sans cesse en direction d'Arwen… Et elle aussi posait parfois ses yeux sur lui. Miriel comprit qu'il y avait quelque chose entre eux. Un lien plus fort que l'amitié. La jeune fille eut un sourire triste, puis balaya le reste de la table du regard.
Elle croisa bientôt le regard d'un autre Homme. Comme celui assis près d'Elrond, il avait une petite barbe et des cheveux s'arrêtant au menton. Mais son regard à lui n'avait pas l'air affable. Il la regardait avec l'air méfiant, presque… plein de reproches. Comme s'il la considérait coupable d'une erreur que la jeune fille ne connaissait pas.
Enfin, le dîner prit fin. Tout le monde se leva pour prendre le chemin de la Salle du Feu.
Miriel voulut se mettre près des Hobbits, quand elle vit la dame Arwen s'approcher d'elle.
"Mon père et Legolas m'ont parlé de vous. Je souhaitais vivement vous rencontrer. Je me nomme Arwen Undomiel."
"Miriel, de la Lothlorien. Je suis honorée de vous rencontrer, ma dame", dit la jeune fille avec une révérence.
Arwen tendit la main en secouant doucement la tête.
"Nul besoin de politesse entre nous, Miriel. Nous sommes toutes de sang noble et des elfes du peuple noldor. Je voulais juste faire plus ample connaissance avec l'elfe qui a su faire battre le cœur du célibataire le plus convoité de Mirkwood", dit la jeune femme avec un sourire malicieux.
Miriel sentit ses joues chauffer, alors qu'elle se trouvait loin du grand feu qui chauffait dans la cheminée de la salle.
"Oh, je… Euh… Nous sommes juste… amis, pour l'instant, vous savez."
"Pour l'instant ?" demanda Arwen, les sourcils froncés.
"Oui, c'est… disons que c'est compliqué, mais… nous nous sommes mis d'accord tous les deux pour juste être amis, pour le moment."
"Pourquoi cela ? Vous ne l'aimez pas ?" demanda Arwen, fort surprise.
Miriel poussa un soupir.
"C'est une longue histoire", dit la jeune fille.
"Ah… Dans ce cas, voudriez-vous m'en parler ?"
Miriel hésita, puis entraîna sa nouvelle amie vers les jardins. Là, elle lui expliqua brièvement le fait que même si elle était bien une elfe d'Arda, elle avait vécu dans un autre monde, Gaïa, qu'elle lui décrivit brièvement. Elle lui raconta également son retour en Lothlorien, son intégration difficile, l'épisode scandaleux avec le roi à Mirkwood puis sa fuite avec Legolas pour arriver ici.
Arwen ouvrit des yeux ronds en écoutant son histoire. Puis, lorsqu'elle eut fini, l'elfe éclata de rire. Un rire doux et mélodieux, qui choqua pourtant Miriel.
"Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?" dit la jeune fille, vexée.
"Vous… Vous avez vraiment parlé de façon aussi grossière au roi de Mirkwood ? Je n'ose même pas répéter ce que vous avez dit, tellement c'est… Ha, ha !" dit l'elfe, la main sur la bouche pour masquer son rire.
"Eh oui ! Mais je n'en suis pas si fière que ça, quand on voit où ça m'a menée", dit Miriel.
Arwen finit par se calmer puis posa une main sur le bras de Miriel.
"Je comprends mieux votre problème. Vous avez peur de vous attacher à Legolas et de le perdre aussi, n'est-ce pas ?"
"Oui. En gros, c'est ça", dit Miriel.
L'air grave, Arwen hocha la tête.
"Dans ce cas, nous sommes deux à devoir faire des choix difficiles."
"Pourquoi dites-vous cela… ? C'est à cause de l'homme assis à côté de votre père pendant le dîner ?" devina Miriel.
"Oh… Cela se voyait à ce point ?"
"Oui."
"En effet. Je suis tombée amoureuse malgré moi d'un Homme. Et je sais que je dois faire un choix. Rester avec ma famille et vivre une éternité aux Terres Immortelles, ou devenir mortelle pour vivre avec l'homme que mon cœur a choisi. En un sens, je vous envie, Miriel. Vous êtes sensible au charme d'un elfe, et pourtant vous hésitez entre ce monde et l'autre…"
Miriel comprenait Arwen, mais se sentait un peu mal, comme si sa nouvelle amie lui laissait entendre qu'elle jouait la difficile alors que son bonheur était à portée de main.
Mais elle a sans doute raison. Je fais la difficile pour rien… se dit la jeune fille.
De la musique et des chants retentirent depuis la Salle du Feu.
"Peut-être devrions-nous y retourner ? Ils vont se demander où nous sommes passées", dit Miriel.
"Entendu. Mais puis-je vous demander une faveur, Miriel ?"
"Oui, laquelle ?"
"De me parler un peu plus de Gaïa, la prochaine fois que nous en aurons l'occasion. J'aimerais en apprendre plus sur ce monde."
"Avec plaisir !"
Puis les deux elfes prirent le chemin du retour vers la pièce où se trouvaient les autres convives.
XxXxXxXxXxX
Miriel s'éveilla en gémissant. Ce maudit cauchemar de Sephiroth dévastant un village en feu ne voulait pas déserter son esprit.
La jeune fille s'assit devant sa coiffeuse et se mit à démêler ses cheveux avec une brosse quand des cris retentirent.
"COURS, MERRY !"
"OUI, PIP, T'AS RAISON !"
"CRÉTINS DE HOBBITS ! Si je vous attrape, je vous change en crapauds tachetés !"
La jeune fille se leva, ouvrit la porte de sa chambre et se pencha dans l'entrebâillement quand elle vit Merry et Pippin arriver dans un virage bien calculé avant de s'engouffrer par l'ouverture.
"Vite, Miriel, cachez-nous !" gémit Merry.
"S'il nous trouve, il va nous tuer !" ajouta Pippin.
Perdue, Miriel finit par courir ouvrir sa penderie. Les Hobbits s'engouffrèrent dedans. La jeune fille venait de refermer le meuble quand elle entendit quelqu'un frapper énergiquement à sa porte.
Elle ouvrit pour laisser apparaître Gandalf. Le magicien avait de la fumée qui s'échappait de sa barbe toute noire, et son visage était couvert de suie.
"Mithrandir ?"
"Où sont-ils ?" demanda le magicien sans préambule.
Puis, sans attendre de réponse, il s'engouffra dans la chambre et la balaya du regard. Il inspecta les rideaux puis le dessous de lit. Quand il vit l'armoire.
Il sourit, puis tapa le sol de son bâton. L'armoire s'ouvrit aussitôt et les deux Hobbits apparurent, l'air penaud.
"On est mort…" gémirent-ils en chœur.
"Ça, vous l'avez dit ! Préparez-vous à une grosse punition…"
Le magicien tendit son bâton vers eux, quand Miriel se plaça devant les Hobbits.
"Non, attendez ! Gandalf… Que vous ont-ils fait ?"
"Ils ont mélangé ma poudre à feu d'artifice à mon tabac ! Si j'en avais mis plus, j'aurais pu me blesser !"
Miriel se tourna vers les Hobbits et leur fit les gros yeux. Puis elle se tourna vers le magicien avec un sourire diabolique.
"Dans ce cas, privez-les de leur tabac ! En dédommagement, ils n'ont qu'à vous donner tout leur stock et être mis au régime brutal."
Le magicien fronça des sourcils. En entendant ça, les Hobbits pâlirent puis se jetèrent aux genoux du magicien.
"Non, Gandalf, tuez-nous !" dit Pippin.
"Oui ! Tout sauf notre Tobby, par pitié !" fit Merry.
Gandalf secoua la tête, puis remercia Miriel d'un sourire complice. La jeune elfe l'aida à se débarbouiller avec une serviette humide tandis que les Hobbits quittaient la chambre.
Une fois propre, le magicien se leva et prit le chemin de la porte, quand il s'arrêta.
"Je vous reverrai donc au conseil, plus tard ?"
Le conseil ! Mais bien sûr, il avait lieu aujourd'hui, puisque tout le monde était enfin là ! Et Elrond lui avait dit qu'elle en ferait partie, puisqu'elle était l'unique représentante de la famille royale de Fëanor.
Miriel attendit que le magicien soit parti pour réfléchir à une question cruciale : quelle robe allait-elle mettre pour le conseil ?
