Merci à Orellia, Monaysa et Luna dans les Etoiles pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
La porte de la Moria
Miriel sentit quelque chose de doux et humide se poser sur son front. Une douce odeur d'athelas flottait dans l'air, ainsi qu'une autre de feu de bois.
Curieuse, l'elfe ouvrit les yeux. Elle vit deux paires d'yeux posés sur elle. Il s'agissait d'Aragorn et Legolas. En la voyant se réveiller, ils prirent l'air soulagé.
"Vous êtes réveillée", dit Aragorn en ôtant le tissu imbibé d'athelas qu'il avait posé sur son front.
Miriel ne répondit pas, mais fit l'effort de se redresser. Elle vit que la Communauté avait quitté la montagne. Ils se trouvaient dans une clairière au milieu des pins.
On avait installé la jeune fille près du feu, et recouverte d'une couverture, avec une cape pliée sous sa tête en guise d'oreiller. Tous tournèrent la tête vers elle en entendant Aragorn lui parler.
Merry et Pippin bondirent des rochers où ils fumaient leur pipe et coururent auprès d'elle. Frodon, Sam, Gimli et Boromir s'approchèrent plus lentement. Gandalf resta assis près du feu, regardant la jeune fille avec l'air à la fois songeur et soulagé.
"Miriel ! Vous allez bien ?" dit Pippin.
"On a eu peur ! Pippin croyait même que vous étiez morte, à un moment", dit Merry.
"Même pas vrai ! C'est toi qui as eu peur."
"Non ! Moi, j'étais inquiet, c'est pas du tout pareil !"
"Du calme, tous les deux ! Laissez-lui le temps de se réveiller", dit Boromir, comme un capitaine ramenant ses hommes à l'ordre.
Miriel sourit aux deux Hobbits, puis regarda le Gondorien. Il avait lui-même l'air soulagé, chose assez étonnante. S'était-il fait du souci pour elle ?
"On a quitté Caradhras ?" demanda la jeune fille.
"Oui. Nous sommes en route pour la Moria", dit Aragorn.
"Eh oui ! Nous allons prendre un chemin plus sûr et même croiser mon cousin Balïn. Vous vous rendez compte, Miriel ? La Moria ! Vous savez que votre père a participé à sa construction ?" dit Gimli, tout enthousiaste.
La Moria ?! Miriel n'était pas sûre d'être heureuse. Elle se souvenait des histoires que Haldir et d'autres elfes de la Lothlorien lui avaient racontées sur cet endroit. On disait même qu'un Balrog rôdait dans ses profondeurs…
"Vous allez bien ? Vous êtes vraiment pâle…" dit Sam, inquiet.
"Ça va, Sam ! Je… Je suis fatiguée, c'est tout… D'ailleurs, je ne me souviens même pas comment j'ai perdu connaissance… L'avalanche, apparemment…"
Tous les membres de la Communauté se lancèrent des regards concernés.
"Vous ne vous rappelez pas ?" demanda Legolas.
"Me rappeler de quoi ? De Saroumane ?"
"Non ! De la… créature de feu que vous avez invoquée…" dit Merry.
"Une espèce de balrog en moins ténébreux", dit Pippin avec l'air vague.
Miriel ouvrit des yeux ronds. Un Balrog en moins ténébreux ? Quoi, comme Ifrit ? La jeune fille se souvint brusquement des voix qu'elle avait entendues dans sa tête, quand elle avait touché son pendentif. Et son anneau qui avait paru répondre à la magie du cristal…
"Cela suffit, messieurs. Notre jeune amie est encore sous le choc et a besoin de récupérer", dit Gandalf.
Acquiesçant, chacun s'éloigna pour reprendre sa place près du feu. Plus tard, lorsque Sam eut fait à manger pour tout le monde, Miriel voulut se lever de sa couche pour prendre son assiette quand, à sa grande surprise, Boromir vint la lui apporter. Il s'assit près d'elle et parut hésiter, avant de prendre la parole.
"Ce que vous avez fait dans les montagnes… C'était incroyable."
"Euh… Merci. Je ne m'en souviens pas trop, mais merci", dit l'elfe, surprise par les paroles de l'humain.
Boromir la regarda un instant avant de reprendre.
"Je ne pensais pas que cette Communauté avait la moindre chance de réussir dans cette folle entreprise. Mais après ce que vous avez fait… Et toutes histoires que vous racontez… Je commence à croire qu'il y a de l'espoir. Reposez-vous bien, ma dame."
Puis, avec un dernier salut de la tête, il se leva et retourna près du feu, à côté de Merry et Pippin.
Miriel le regarda un instant sans réagir, essayant d'assimiler ce qu'il avait dit. Puis, souriante, elle se mit à manger.
Boromir sentit un regard insistant sur lui et se tourna vers Legolas, de l'autre côté du feu. L'elfe le regardait avec l'air méfiant. Boromir secoua la tête et lui offrit un sourire rassurant. Il avait conscience du fait que Legolas tenait à Miriel. Le prince n'avait pas lâché la jeune fille depuis son évanouissement. Il avait même veillé sur elle pendant qu'Aragorn la soignait. Le capitaine du Gondor n'avait pas du tout l'intention de lui faire concurrence.
Legolas finit par le lâcher du regard et se leva pour rejoindre Miriel. La jeune fille avait fini de manger et regardait l'horizon avec l'air songeur.
"Puis-je ?" demanda le prince.
Souriante, Miriel hocha la tête. Legolas s'assit en tailleur près d'elle. Ils restèrent silencieux un instant, avant qu'enfin la jeune fille parle.
"J'ai dormi combien de temps ?"
"Cinq jours, en comptant le temps passé à Caradhras."
Cinq jours ?! Miriel n'en revenait pas. Cette invocation l'avait vraiment épuisée ! Mais elle se souvint que Sephiroth lui avait affirmé qu'il avait invoqué Ifrit une fois par le passé. Et cette invocation lui avait coûté une grande quantité de son énergie, tant la créature était dure à contrôler.
"Je sais que je ne devrais pas insister, mais… comment avez-vous accompli ce miracle ?" dit Legolas.
"Je ne sais pas… J'ignore même si je pourrai recommencer. Mais j'avoue que j'aimerais être sûre de disposer d'un tel pouvoir. Si nous allons dans la Moria… Ça pourrait être utile…" dit la jeune fille, songeuse.
"Si cela pouvait nous épargner d'y aller, ce serait encore mieux", soupira le prince.
"Vous n'êtes pas obligé de suivre ce chemin. Souvenez-vous, Elrond nous a dit que chacun de nous pouvait faire demi-tour quand il en avait envie."
"C'est vrai, il l'a dit", convint Legolas.
"Alors pourquoi y aller ? Que Gimli et mon défunt père me pardonnent de dire ça, mais il n'y a rien de bon pour qui que ce soit dans la Moria."
"Vous y serez, vous."
Baissant les yeux, Miriel eut un léger sourire. Lorsqu'elle regarda le prince, elle vit que ses yeux étaient posés sur elle. Ils brillaient. La jeune fille se sentit happée par ce regard. Tous deux restèrent un instant sans bouger, à se regarder. Leurs visages se rapprochèrent lentement… quand un ronflement puissant de Gimli retentit. Les deux elfes se tournèrent vers le nain qui venait de s'endormir sur sa couche.
Avec un soupir, Legolas se leva et prit le chemin du feu. Miriel le regarda s'éloigner, avant de finalement se rallonger. Les yeux levés vers les branches des pins, elle essaya de distinguer le ciel au travers. Mais elle ne vit rien. Elle glissa les bras sous sa couverture quand elle sentit un objet gros et bizarre contre son bras droit.
Curieuse, elle fourra la main dans la poche de son manteau et en sortit plusieurs matérias ! Cinq, en tout. Mais comment étaient-elles arrivées là ?
Surprise, elle les examina. Elles étaient de couleurs différentes : une rouge et quatre vertes. Curieuse, Miriel examina la première. Dedans, elle pouvait voir une espèce de guerrier casqué, portant une armure dorée. Peut-être Odin ?
Quant aux vertes, c'étaient des Barrières. La jeune fille sourit. Ce serait une bonne surprise pour tout le monde demain. Elle pourrait en faire profiter les plus faibles du groupe, comme les Hobbits. Ce serait très utile.
La fatigue eut vite raison d'elle et la fit à nouveau sombrer dans les bras de Morphée.
XxXxXxXxXxXxX
Saroumane ôta sa main du Palantír. Les choses se présentaient bien. Tout se déroulait comme prévu.
La démonstration de magie de Miriel à Caradhras l'avait grandement satisfait.
La jeune fille avait bien un Anneau de Pouvoir, plus puissant que Gandalf apparemment. Et elle avait ouvert une nouvelle brèche entre ce monde et celui de Gaïa.
Saroumane sourit en repensant à la première fois qu'il avait entendu parler de l'existence d'autres mondes. Il n'était alors qu'un jeune magicien étudiant sous la houlette des Valars, à Valinor, comme ses quatre confrères.
Lorsque la petite Miriel avait quitté ce monde pour la première fois, Saroumane avait été contacté par Varda et chargé de retrouver un Palantír ou un quelconque autre artefact permettant de retrouver l'enfant et son anneau.
Galadriel l'avait devancé avec son miroir, mais ce qu'il y avait lui-même vu l'avait surpris. Il existait donc d'autres mondes avec une magie différente de la leur !
Quand la fillette était revenue, il avait espéré lui parler pour en apprendre plus. Mais Galadriel avait refusé. Miriel était alors en pleine crise de révolte et les elfes de la Lothlorien avaient du mal à gérer cela. Elle doutait que le magicien tienne le coup. Et puis, il fallait s'occuper de la menace que représentait Sauron.
Saroumane avait donc choisi d'orienter ses recherches vers quelqu'un d'autre qui avait aussi attiré son attention : un Rôdeur qui avait réussi à tuer plusieurs lieutenants de Sauron au Mordor.
Mais là encore, toutes ses tentatives avaient échoué. Cet homme était doué pour repousser son pouvoir.
Ce ne fut qu'en visitant les ruines d'Ost-in-Edhil que Saroumane avait trouvé ce qu'il voulait : une brèche. Un passage entre Arda et Gaïa. Le premier que Miriel avait ouvert, alors qu'elle n'avait que quatre ans et qu'elle fuyait des Orques essayant de la capturer.
Le magicien avait alors commencé des expériences en envoyant des animaux puis des Orques et enfin des humains à travers cette brèche. Les résultats s'étaient révélés très concluants.
Mais un problème demeurait : comment utiliser le portail dans l'autre sens ? Comment amener quelque chose de Gaïa sur Arda ? Ça, il l'ignorait. Jusqu'à ce que Miriel fasse une brillante démonstration de son pouvoir en invoquant cette créature pour repousser son avalanche.
Maintenant, Saroumane n'avait plus qu'à capturer la jeune fille, et il pourrait se servir d'elle pour manipuler le portail. Ce serait un grand atout pour le magicien, qui le rendrait supérieur à la fois contre Sauron et ses ennemis. Le magicien comptait être le seul maître d'Arda. Il jouerait l'allié du Seigneur Ténébreux jusqu'à ce qu'enfin, il ait suffisamment d'atouts dans sa manche pour gagner cette partie.
Restait à attraper le plus beau de tous : Miriel !
XxXxXxXxXxXxX
Les murs de la Moria étaient sinistres. Les parois grises des montagnes étaient nues et tristes. Une rare végétation poussait ici, et un brouillard y régnait en maître.
La rivière qui bordait la terre était boueuse et on pouvait entendre le croassement des grenouilles et d'autres créatures peu reconnaissables.
"Les portes des Nains sont invisibles lorsqu'elles sont closes", dit Gimli tout en frappant le mur de pierre avec une de ses haches.
"Oui, Gimli. Et leurs propres maîtres ne peuvent les trouver ni les ouvrir quand le secret en est oublié", dit Gandalf.
"Pourquoi cela ne me surprend pas ?" dit Legolas sur un ton ironique.
Gimli émit un grommellement menaçant. Miriel leva les yeux au ciel. Combien de temps encore ces deux-là allaient-ils se disputer ?
La jeune fille lança un regard à Boromir. Ce dernier lui répondit par un sourire compatissant, comme s'il partageait son agacement.
Depuis que le Gondorien avait faix la paix avec elle, la jeune fille se sentait mieux. Elle était désormais en bons termes avec tous les membres de la Communauté.
Gandalf s'arrêta bientôt devant une paroi lisse.
"De l'ithildin… Cela ne reflète que la lumière des étoiles et la lumière de la lune", dit-il en se retournant.
À ce moment, les nuages s'écartèrent, révélant l'astre nocturne. Des lignes de lumière se dessinèrent sur la pierre, formant une porte marquée de deux colonnes, avec au centre une enclume, un marteau, une couronne et sept étoiles. Miriel sentit l'émotion et l'émerveillement l'envahir. Elle reconnaissait la marque de son père, Celebrimbor.
Gandalf pointa son bâton vers les écritures.
"Il est écrit : Les portes de Durïn, seigneur de la Moria. Parlez ami et entrez."
"Et vous comprenez ce que cela veut dire ?" demanda Merry.
"C'est très simple ! Si vous êtes un ami, vous donnez le mot de passe et les portes s'ouvriront !"
Gandalf pointa son bâton vers la porte puis dit : "Annon Edhellen edro hi ammen !"
Mais rien ne se passa. Gandalf redressa son bâton et ouvrit grand les bras en disant : "Ando Eldarinwa a lasta quettanya, Fenda Casarinwa !"
Cela n'eut hélas guère plus de résultat. Legolas jeta un coup d'œil aux Hobbits.
"Rien ne s'est passé", dit Pippin.
Gandalf se mit à pousser la porte. Mais elle resta close.
"Autrefois je connaissais les incantations dans toutes les langues des Elfes, des Hommes et des Orques…" dit le magicien.
"Alors, qu'allez-vous faire ?" demanda Pippin.
"Cogner sur les portes avec votre tête, Peregrin Touque ! Et si cela ne les fracasse pas et qu'on me libère un peu de toutes vos questions idiotes, j'essaierai de trouver la bonne formule !" dit le magicien, agacé.
Miriel s'approcha du magicien en regardant les inscriptions avec les sourcils froncés.
"Quand j'étais petite, mon père me montrait souvent son travail. Un jour, il a fait une boîte à musique pour ma mère. Elle ne s'ouvrait que si l'on prononçait un mot. Et ce mot, il fallait le trouver en cherchant des indices via les ornements sur la boîte…"
"Et alors ?" demanda Pippin.
"Alors… La clé de l'énigme est sûrement dans le texte au-dessus de la porte !" dit la jeune fille.
Elle relut les lignes.
"Parlez ami et entrez… Mmmmm… Ami… Mellon… ?"
Un craquement sonore retentit puis les portes s'ouvrirent.
"Enfin ! Bravo, dame Miriel ! Vous êtes la digne fille de votre père", dit Gimli.
La jeune fille sourit. En effet, son père aurait sûrement apprécié sa découverte. Aragorn et Sam prirent soin de libérer le poney Bill de son chargement et de le laisser partir, car les mines n'étaient pas faites pour les poneys.
Enfin, la Communauté franchit l'ouverture. Tout en se retournant pour utiliser le pouvoir de son anneau afin de refermer les portes, Miriel jeta des coups d'œil anxieux vers l'obscurité. Elle était surprise de n'entendre aucun bruit à l'intérieur. Le fait que les portes s'ouvrent auraient dû provoquer une réaction chez les habitants de la Moria.
"Bientôt, maître elfe, vous allez pouvoir apprécier la légendaire hospitalité des nains : un bon feu, une bière brassée, une belle pièce de viande ! Car ceci, mon ami, est la demeure de mon cousin Balïn. Et ils appellent ça une mine ! Une mine !" dit Gimli.
Gandalf alluma le cristal de son bâton. Le spectacle qui s'offrit aux visiteurs les figea sur place.
"Ce n'est pas une mine… C'est un tombeau !" dit Boromir.
Des cadavres de nains étaient éparpillés dans le hall. Leurs squelettes étaient recouverts de toiles d'araignée et hérissés de flèches.
"Non ! Non ! NOOOOOOOOON !" s'écria Gimli en regardant les cadavres.
Legolas examina une flèche.
"Des gobelins !" s'écria-t-il.
Rejetant la flèche au sol avec dégoût, il en sortit une de son carquois et banda son arc. Les autres membres de la Communauté dégainèrent leurs épées.
"Allons vers la Trouée du Rohan… Nous n'aurions pas dû venir ici. Allez, sortons !" dit Boromir.
Mais à ce moment précis, un puissant choc s'abattit sur la porte. Le mur s'effrita. Puis de nouveaux chocs retentirent, fracassant les murs et provoquant l'éboulis de la porte.
"On dirait qu'il y avait quelque chose de gros et menaçant qui nous guettait, dehors…" dit Miriel, inquiète.
"Nous n'avons plus le choix, désormais", dit Gandalf. "Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria. Soyez sur vos gardes ! Il existe des êtres plus anciens et plus répugnants que les Orques dans les profondeurs du monde."
En silence, tous commencèrent à gravir les escaliers du hall.
"Ne faites pas de bruit. Il nous faudra quatre jours de marche pour traverser. Espérons que notre présence passera inaperçue !"
Miriel avait souvent espéré visiter la Moria. Elle avait imaginé différents scénarios, mais sûrement pas celui-là. Voir les mines dévastées lui brisaient le cœur. Dire que son père avait participé à leur construction ! Comment aurait-il réagi en voyant le Mordor souiller son œuvre ?
Certains passages étaient difficiles à emprunter, car les ponts étaient courts et dépourvus de rambardes. Les escaliers étaient très raides, en revanche, et encombrés de décombres ou de cadavres. Escalader tout cela sans rien renverser était difficile. À un moment, Pippin faillit même faire tomber des décombres sur Merry en dessous de lui.
Ils finirent par atteindre une plate-forme et se mirent en marche à travers une galerie, avec le vide sur leur droite. Gandalf s'arrêta bientôt et passa la main sur le mur. De fines veines argentées scintillaient sous ses doigts.
"La richesse de la Moria n'est pas dans l'or, ni les diamants. Mais dans le Mithril…"
La lumière de son bâton s'accrut, faisant scintiller les rochers autour d'eux. Lorsque Gandalf fit reculer son bâton, la lumière disparut. Tous reprirent leur chemin.
"Bilbon avait autrefois une cotte de mailles en Mithril, offerte par Thorïn", dit Gandalf.
"Oh ! Ça, c'était un cadeau royal !" dit Gimli.
"Je ne lui ai jamais dit, mais sa valeur dépassait celle de toute la Comté réunie !" dit le magicien avec amusement.
Bien plus tard, ils arrivèrent à un nouvel embranchement. Trois chemins s'ouvraient devant eux. Gandalf regarda chacun d'eux, puis dit : "Je ne me souviens pas de cet endroit…"
La Communauté en profita pour faire une pause. Chacun s'assit dans un coin, tandis que Gandalf s'assit au milieu du carrefour.
Miriel s'approcha du bord de l'escalier et regarda le vide qui s'étalait au-delà des marches. À quoi aurait ressemblé cet endroit, si les braseros et les torches étaient allumés ? Les couloirs auraient sûrement moins paru sombres et sinistres, si des nains vivants les traversaient en discutant, portant des chargements…
"Sommes-nous perdus ?" demanda Pippin.
"Non", dit Merry.
"Je pense que si."
"Chut ! Gandalf réfléchit."
"Merry ?"
"Quoi ?"
"J'ai faim."
Miriel secoua la tête. Au moins, il y en avait un qui ne perdait pas l'appétit. Sam avait sorti sa matéria Barrière de sa poche et contemplait sa lumière. Merry et Pippin firent bientôt de même. La magie que dégageaient les cristaux semblait les apaiser.
La jeune fille se souvint alors qu'elle avait toujours la matéria rouge avec elle. Se levant, elle s'approcha de Legolas.
"Eh ! Ça va ?" dit la jeune fille.
"Je crois…" soupira le prince.
Miriel secoua la tête. Son ami avait les cheveux ternes et la peau très pâle. Ses yeux ne brillaient plus comme autrefois. La lumière des étoiles et le chant des arbres lui manquaient.
Miriel connaissait cela pour avoir vécu six ans dans une ville étouffée par la pollution des réacteurs Mako. Elle avait fini par développer une forme de blindage mental. Mais Legolas n'en avait pas l'habitude.
"Tenez", dit-elle en lui remettant la matéria rouge.
"Une matéria ? À quoi sert-elle ?"
"À invoquer une divinité. J'ignore laquelle, l'image dedans est trop floue. Mais je n'en ai pas besoin, vu ce qui s'est passé à Caradhras. Dans le doute, et comme vous êtes le plus sage après Gandalf, je me suis dit que je pouvais vous la remettre. J'ai donné les plus inoffensives aux Hobbits."
Legolas sourit, puis fit tourner le cristal entre ses doigts. La lumière qu'il dégageait sembla rendre à l'elfe un peu de vitalité.
"Ces cristaux dégagent tant de magie…" dit le prince.
Miriel s'assit près de lui en secouant la tête.
"C'est vrai… Et je me demande bien pourquoi, après plus de soixante ans, je n'en découvre que maintenant, et ici, sur Arda…"
"Cela ne vous réjouit pas ? Je croyais que Gaïa vous manquait ?"
Miriel ne répondit pas. Legolas posa la main sur son épaule, l'obligeant à le regarder.
"Miriel ?"
"Bizarrement, non. Cela me manque de moins en moins depuis…"
Elle hésita. Comment lui avouer que depuis qu'elle avait appris à le connaître, elle s'intéressait plus à ce monde qu'à l'autre ?
"AH !" fit Gandalf. "C'est par ici !"
"Ah, ça lui revient !" dit Merry, tout content.
"Pas du tout. Mais l'air est moins nauséabond, en bas. Dans le doute, Merriadoc, il faut toujours suivre son flair", dit le magicien en se relevant.
Le petit groupe descendit l'escalier du couloir choisi.
