Merci à Luna dans les Etoiles pour sa review.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
Une audience avec Marwen
L'aube se levait sur les plaines désertiques de Midgar, tandis que Miriel et Sephiroth suivaient Lithariel à travers le désert.
La jeune femme blonde avait ôté sa capuche une fois Edge loin derrière eux. Miriel l'observait parfois à la dérobée. Pas de doute, cette femme avait vraiment l'air de venir de son monde. Mais l'elfe ne comprenait pas. Comment tout un peuple pouvait atterrir sur Gaïa sans susciter la moindre alerte ? La Shinra avait beau être tombée depuis longtemps, ses espions demeuraient actifs.
Lorsque la nuit tomba dans le désert, le trio fit halte sur un promontoire rocheux. Là, ils allumèrent un feu et restèrent silencieux un moment, à regarder les flammes en silence.
Miriel vit quelque chose scintiller au cou de Lithariel à la lueur des flammes. Un médaillon en bois sombre, avec deux arbres gravés dessus, l'un incrusté d'argent, l'autre de bronze.
« J'ignorais que les gens de Nùrnen commerçaient avec les elfes », dit Miriel.
« Pardon ? » dit Lithariel, les sourcils froncés.
« Le médaillon que vous portez. Il symbolise les deux arbres de Valinor. Je reconnais l'art elfique dans ce bijou. »
« Oh, ça… Ce n'est pas un elfe, mais un homme qui me l'a offert, peu avant que je parte vous chercher. Pour me porter chance », dit la jeune femme en serrant le médaillon dans sa main.
Miriel plissa les yeux.
« Et où est-il, cet homme qui vous a offert ce bijou ? » dit l'elfe avec un sourire malicieux.
Lithariel eut un sourire gêné.
« Et vous, Miriel ? »
« Moi ? »
« Ma mère m'a rapporté que vous étiez proche d'un des membres de la Communauté de l'Anneau. Le fils du roi de Mirkwood. »
En entendant ça, Sephiroth braqua ses yeux félins sur Miriel avec l'air inquisiteur. La jeune fille serra les dents.
Merci, Lithariel ! Maintenant, il ne va plus me lâcher.
« C'est juste un ami… très proche », dit l'elfe rapidement.
« Comment ça très proche ? » dit Sephiroth, les bras croisés.
Lithariel lança un regard perdu aux deux interlocuteurs, puis comprit qu'elle venait de commettre un impair. Décidée à tirer son amie de ce mauvais pas, elle reprit la parole.
« Je ne savais pas que les deux arbres sur mon médaillon étaient liés à votre peuple, Miriel… ? »
« Ah oui, les deux arbres. Laurelin et Telperion… » soupira l'elfe. « Même si Morgoth les détruisit autrefois, mon peuple vénère toujours ces arbres, ainsi que tous les autres existant sur Arda. Nous les regardons s'endormir et mourir avec le froid de l'hiver, mais ils reviennent toujours. Nous voyons de la force dans leurs racines et de l'espoir dans leurs branches lorsqu'elles se tendent vers la lumière. Ces deux arbres symbolisent le cycle de la vie, la mort et la renaissance. »
« Mais votre peuple est immortel, la mort ne fait pas partie de votre monde ! Pourquoi les elfes attachent-ils autant d'importance à ce symbole, dans ce cas ? »
« Les elfes sont physiquement insensibles à l'épreuve du temps, mais ils peuvent mourir par l'épée, le feu ou le poison. Et lorsqu'un de leurs proches meurt, il leur faut vivre éternellement avec les souvenirs de l'être aimé, et se faire à l'idée que l'éternité continue sans lui. Les elfes ressentent les mêmes choses que les humains, Lithariel. Mais ils ne sont pas pressés de grandir et de vivre les choses aussi intensément qu'eux, car ils ont tout le temps pour cela. »
Lithariel regarda Miriel attentivement.
« Vous parlez des vôtres de façon détachée. Vous avez dit ils et non pas nous », releva la jeune femme.
Miriel réalisa qu'elle avait raison. En regardant Sephiroth, elle comprit pourquoi. Et ce dernier le comprit aussi. Elle avait été élevée toute son enfance par un humain. Même si elle était une elfe d'Arda, son cœur était lié au destin des hommes. C'était cela qui lui avait permis de devenir si vite amie avec Aragorn, Boromir, Gimli et les hobbits. Legolas aussi avait fini par devenir leur ami, mais moins vite.
Dans ce cas, pourquoi Legolas se comportait-il de manière galante, avec moi ? Je ne suis rien comparé aux nobles dames elfes de mon monde.
Même Arwen, malgré toute son amitié, lui avait toujours paru si noble, si belle et parfaite ! Elle aurait sûrement fait une meilleure fiancée pour Legolas. Ces pensées assombrirent Miriel. La jeune fille prit peur. Et si le prince l'oubliait pendant son absence ? S'il se tournait vers une autre pour oublier son chagrin ?
Finalement, il fut temps de se coucher. Sephiroth prit le premier tour de garde, tandis que les deux femmes s'endormirent.
XxXxXxXxXxXxXxX
Lorsque Tifa rentra au bar avec Cloud, elle vit la baby-sitter assise sur le canapé du salon, lisant un livre.
Tandis que Cloud allait à son bureau chercher des armes, Tifa prit le chemin de la chambre des enfants.
Lorsqu'elle entra, elle fut surprise de voir que les enfants s'étaient déguisés. Marlène avait mis un costume de princesse, une jolie robe médiévale verte qu'elle portait lors d'une de ses anciennes fêtes d'anniversaire. Denzel s'était fabriqué une armure de chevalier avec des morceaux de carton collés avec du scotch. Il les avait peints avec de la peinture grise pour imiter l'acier. Une épée en bois à la main, il semblait défendre Marlène d'un monstre invisible.
« Eh bien ! On s'amuse, ici, à ce que je vois ! » dit Tifa, souriante.
« TIFA ! » crièrent les enfants en courant lui faire un câlin.
« Vous jouiez à la princesse et au chevalier ? » demanda la jeune femme.
« On jouait à Beren et Luthièn », dit Denzel.
« Qui ? »
« Les personnages d'une histoire que Miriel nous a racontée. Moi, je suis une grande princesse elfe. Et lui, c'est Beren, qui combat les orques pour me protéger ! » dit Marlène.
En entendant ça, le sourire de Tifa disparut. Comment allait-elle leur avouer que Miriel était la complice de Sephiroth, leur pire ennemi ? En plus, elle leur avait bourré le crâne avec des histoires de son monde.
« Les enfants, j'aimerais que vous arrêtiez de jouer à ces jeux-là. Et ne pensez plus à ces histoires d'elfes, de chevaliers et je ne sais quoi d'autre. »
« Pourquoi ? » dit Denzel, vexé.
« Miriel est… quelqu'un de peu recommandable. Et ici, les histoires qu'elle vous a racontées ne signifient rien. »
« C'est pas vrai ! » dit Marlène, indignée.
« Miriel est gentille. Et ses histoires parlent de héros qui ont vraiment existé, qui combattent le mal et protègent les innocents, comme toi et Avalanche ! » renchérit Denzel.
« Écoutez, si je vous dis d'arrêter de jouer à ça, vous arrêtez ! Compris ? »
« Non ! On joue à ce qu'on veut ! » dit Marlène.
« Ouais ! T'as pas à nous empêcher de jouer ni de croire aux histoires de Miriel », dit Denzel.
Tifa voulut répliquer, quand Cloud apparut dans l'entrebâillement.
« Tifa ? Il faut y aller. »
La barmaid poussa un soupir, puis sortit de la chambre avec son ami.
Les enfants se regardèrent avec l'air triste.
« Tu crois que Cloud et Tifa vont causer des ennuis à Miriel ? » dit Marlène.
« J'espère que non », dit Denzel.
XxXxXxXxXxXxXxX
« Comment ça, on repart demain ? » dit Merry.
Assis autour d'une table près de leurs tentes, les membres de la Communauté de l'Anneau dînaient.
La nuit était tombée sur la Lothlorien. Les chants des elfes résonnaient dans les branches des arbres lumineux.
Aragorn avait annoncé la nouvelle après que tout le monde eut fini de manger.
« On ne peut pas attendre encore un peu que Miriel nous rejoigne ? » dit Sam.
« Je suis désolé, Sam, mais le temps presse. Je vous rappelle que notre mission tient toujours. Et nous ignorons quand Miriel reviendra », dit le rôdeur.
Il jeta un bref coup d'œil à Legolas. Ce dernier s'était crispé en entendant le nom de la jeune femme.
« Mais si jamais elle revient que nous sommes déjà loin ? » demanda Pippin.
"Pip !" dit Merry.
« Quoi ? C'est vrai, à la fin ! Elle s'imaginera qu'on l'a oubliée, qu'on l'a laissée derrière… »
« Ça n'arrivera pas », le coupa Legolas sur un ton ferme.
« Quoi ? Vous voulez dire que… »
« S'il le faut, je resterai en arrière et attendrai son retour. »
"Legolas…" commença Aragorn. « Je comprends votre attitude. Je sais que vous tenez à Miriel, mais vous aviez pourtant mis votre arc au service de Frodon, comme chacun de nous a prêté serment, et… »
« S'il veut rester pour l'attendre, qu'il le fasse ! » le coupa Frodon.
Les regards convergèrent en direction du Hobbit.
« Miriel me manque aussi. Sans parler de Gandalf… » dit le semi-homme avec la gorge nouée. « Mais si Legolas veut rester en arrière parce qu'il a la chance de revoir Miriel, alors je refuse d'être celui qui l'en empêchera ! »
Legolas regarda le Hobbit. Il semblait déterminé, mais l'elfe sentait de la peur chez lui. Il avait peur que tous le laissent continuer seul au Mordor.
L'elfe se sentit soudain mal. Il se sentait égoïste de tous les abandonner pour elle. Mais c'était plus fort que lui. Depuis qu'il l'avait perdue, il avait pris conscience de ses sentiments pour elle. Et à l'idée de la perdre pour toujours… Il avait l'impression que si cela arrivait, il mourrait de l'intérieur, et ce définitivement.
« Nous ferions mieux d'en reparler demain. Nous sommes tous fatigués. La nuit porte conseil », dit Boromir, pour détendre l'atmosphère.
Acquiesçant, chacun se leva et prit le chemin de sa couche. Sauf Legolas. L'elfe se dirigea vers les bois.
« Où allez-vous, maître elfe ? » dit Gimli.
« Une dernière promenade avant de me coucher, Gimli. »
« Vous voulez que je vous accompagne ? »
« Inutile, maître nain. Dormez, je vois d'ici les cernes qui se forment sous vos yeux. Économisez vos forces pour demain. »
« Je n'ai pas de cernes ! Les nains peuvent tenir des jours sans dormir ni manger, nous sommes forts. »
Souriant, Legolas regarda le nain se diriger vers sa tente en grommelant. C'était quand même étonnant. Jamais l'elfe n'aurait cru qu'il finirait par apprécier ce nain et même le trouver amusant. Gimli l'avait empêché de sombrer dans le désespoir après la disparition de Miriel et Gandalf.
Reprenant sa route, Legolas laissa son esprit vagabonder tandis que ses jambes le menaient entre les arbres. Il finit par s'arrêter au pied de l'un d'eux et là, il s'assit et leva la tête vers les étoiles.
Laquelle pouvait représenter Gaïa ? Miriel pensait-elle à lui ? Il ne pouvait que l'espérer.
XxXxXxXxXxXxXxX
Le voyage à travers le désert reprit le lendemain matin en silence.
Tandis qu'ils progressaient, ils rencontrèrent quelques monstres. Sephiroth les tua en deux coups de Masamune. Miriel l'avait déjà vu dans le feu de l'action et n'était pas surprise. Mais Sephiroth avait surpris le regard médusé et admiratif de Lithariel. La guerrière n'avait rien ajouté néanmoins, et cela l'avait soulagé. Elle avait vite fini par ne plus le regarder pour se concentrer sur la route.
Sephiroth laissa vite ses pensées dériver vers autre chose. Hier soir, Miriel avait laissé entendre qu'elle avait un petit-ami. Son côté protecteur le poussait à l'interroger sur le sujet, mais en privé. Il faudrait donc attendre qu'ils soient à nouveau seuls. Mais cela l'inquiétait aussi car il se rendait compte que Miriel avait d'autres personnes qui l'attendaient dans son monde d'origine. Et à l'idée qu'elle les choisisse, eux, plutôt que lui… Cela lui faisait mal.
Le chemin se fit bientôt plus pentu. Les trois voyageurs se retrouvaient à descendre un chemin menant vers un précipice. Le désert s'étendait au loin de l'autre côté, à perte de vue.
« Nous y sommes. Faites comme moi », dit Lithariel.
Puis, sans plus de cérémonie, elle sauta dans le vide.
« EH ! » cria Miriel.
Elle se précipita avec Sephiroth vers le bord, mais ne vit aucune trace de Lithariel en bas. C'était comme si la jeune femme avait disparu.
Sephiroth plissa les yeux. Le sol en dessous d'eux semblait vibrer, un peu comme une image de télévision mal réglée. Il tendit la main. Ses doigts entrèrent en contact avec une matière invisible et il ressentit un picotement. C'était comme si l'air était plus compact à cet endroit, et parcouru par un courant électrique léger.
Miriel et lui échangèrent un regard, puis tous deux se prirent par la main et sautèrent. Ils se sentirent tomber, mais la vitesse de la chute leur parut anormalement lente. Comme s'ils plongeaient dans de la purée de pois invisible.
L'espace autour d'eux se tordit. Lorsqu'ils touchèrent le sol, ils perdirent l'équilibre et roulèrent par terre.
Miriel se redressa et vit avec surprise que le désert avait disparu. Le relief n'avait pas changé, elle voyait toujours les rochers autour d'elle. Mais tout était recouvert d'herbe, l'endroit n'avait plus l'air désertique. Un petit courant d'air frais lui caressa le visage.
« Je pensais que vous ne sauteriez jamais », dit Lithariel.
Miriel et Sephiroth se redressèrent tandis que la jeune femme s'approchait d'eux. Elle avait ôté sa cape et semblait plus à son aise ici, au milieu de ces étendues sauvages.
« Cet endroit… Comment avez-vous fait ? Il n'y a jamais eu que du désert ici ! Les réacteurs mako de la Shinra avaient asséché cette région depuis des décennies ! » dit Sephiroth en regardant alentour.
« Nous avons parmi nous un homme pétri de la sagesse des elfes. Il sait comment transformer le désert le plus hostile en une terre verdoyante et fertile. Et puis, mon peuple a vécu au Mordor dans des conditions bien plus hostiles pendant des années. Nous savons nous débrouiller. Ce territoire est protégé par la magie. Seuls ceux qui sont origines d'Arda ou invités par l'un d'eux peut franchir la barrière magique et atterrir ici. Venez. La reine vous attend », dit Lithariel.
Tandis qu'ils avançaient, Miriel et Sephiroth continuaient de regarder autour d'eux. La jeune fille fut surprise de voir que des arbres avaient poussé, ainsi que des fleurs. Elle s'arrêta en voyant un buisson de niphredils. Sephiroth ne connaissait pas cette espèce, car elle ne poussait qu'en Terre du Milieu. Leur parfum lui rappelait celui de son monde.
Quel jardinier peut accomplir un tel miracle ? pensa Miriel en caressant les pétales des fleurs du bout des doigts.
Lithariel les conduisit à travers les gorges verdoyantes jusqu'à ce qui ressemblait à un village.
Des maisons au toit de chaume avaient été bâties au bord d'un grand lac. Des bateaux de pêcheur voguaient sur l'eau, attrapant des poissons dans de grands filets.
Sephiroth nota que les gens portaient des vêtements moyenâgeux. Les hommes portaient des pantalons et des chemises de toile rudimentaires, les femmes des robes longues et leurs cheveux étaient tressés avec des nattes et des perles, comme ceux de Lithariel.
Lithariel les conduisit devant une maison plus grande que les autres, aux murs de pierre. Un immense chêne se dressait près de cette demeure.
Deux gardes en armure encadraient la porte. En voyant Lithariel, ils se mirent au garde-à-vous.
« Ces deux personnes sont ici pour une audience avec la reine Marwen », dit Lithariel.
Acquiesçant, les deux hommes écartèrent leurs lances de la porte. Lithariel l'ouvrit. Miriel et Sephiroth la suivirent. Ils pénétrèrent dans une immense salle qui ressemblait plus à un grand laboratoire qu'à une salle du trône.
Des squelettes d'animaux étaient attachés en mobiles au plafond à différents endroits. Des étagères pleines de livres et de parchemins couvraient les murs. Les fenêtres percées dans les murs laissaient néanmoins entrer la lumière du soleil, donnant à la pièce une atmosphère plus chaleureuse.
Une femme se tenait assise sur un trône au bout de la pièce. Grande, avec des cheveux noirs coiffés de nombreuses petites tresses, elle portait un diadème doré sur le front. La robe qu'elle portait était de tissu bleu comme l'eau, avec des manches et un cor bordé de tissu doré. Elle était vieille, Miriel lui donnait plus de cinquante ans. Mais elle avait un regard vif et alerte, qui contrastait avec son âge. C'était une femme forte, comme un roc résistant à l'assaut des vagues.
« Dame Marwen, Reine du Rivage », dit Lithariel à ses deux amis, avant de venir se ranger à la droite du trône de la souveraine.
La reine leva la tête vers les deux nouveaux venus et eut un sourire accueillant.
« Voici donc Meldamiriel, l'héritière de Celebrimbor, et Sephiroth, l'homme que les gens de ce monde surnomment le Cauchemar. Merci à vous d'être venus », dit la reine.
« Votre fille a dit que vous aviez des explications à nous donner », dit Sephiroth.
Marwen acquiesça d'un signe de tête.
« Je sais que vous avez tous deux beaucoup de questions. Je tâcherai d'y répondre de mon mieux. Comme vous devez déjà le savoir, peu après la chute de Sauron face à Isildur, le Mordor s'est retrouvé abandonné. Mon peuple s'y est installé, au bord de la Mer de Nùrnen. Nous y avons vécu quelques années en paix, jusqu'à ce que Sauron revienne. Nous avons été obligés d'évacuer le Mordor. Nous avons erré un temps à travers le Gondor, puis le Rohan. Et c'est là que nous avons tous été capturés par Saroumane et sa maudite armée d'urukhaïs. Nous pensions que notre sort était scellé. Mais les urukhaïs nous ont amenés à la tour d'Orthanc et là, le magicien blanc a dit qu'il voulait nous utiliser pour une expérience. Par un mystérieux procédé magique, il a réussi à ouvrir une brèche entre Arda et Gaïa. Il nous a fait traverser. Nous avons tous atterri ici et nous nous sommes résignés à y vivre cachés, en espérant qu'un jour, les Valars entendraient nos prières et nous permettraient de rentrer chez nous. »
« Depuis combien de temps êtes-vous ici ? » demanda Miriel.
« Cela va bientôt faire six mois. »
« Six mois ?! Et comment avez-vous su pour moi ? » demanda l'elfe.
« Je possède quelques dons de vision, dame elfe. J'ai vu des choses de ton passé dans ce monde et dans l'autre. Et j'ai vu la nouvelle menace de Gaïa… Le soldat ailé au manteau rouge. »
« Vous voulez dire Genesis ? » dit Sephiroth.
« Le corps de Genesis, possédé par une entité sombre et maléfique. Une chose qui vient d'Arda. Plus précisément du Mordor. »
« Quoi ?! »
« Vous souvenez-vous du sorcier qui a tenté d'enlever Miriel quand elle était petite ? Vous l'avez affronté, vous et Genesis, dans les rues de votre cité, Midgar. Il a laissé sa marque sur votre ami. Son esprit a eu besoin de temps pour briser la volonté de Genesis. Il a fallu attendre qu'il soit affaibli, plongé dans un profond coma. Et lorsqu'il a jugé son heure venue… Il a pris le contrôle de son corps. Désormais, les destins d'Arda et de Gaïa sont entrelacés. »
« Par la faute de ces maudites brèches », conclut Miriel sur un ton sombre.
« Mais il reste un espoir. Nous pouvons refermer ces brèches et renvoyer chacun à sa place dans son monde. Je l'ai vu dans mes visions. »
« Comment ? » demanda Sephiroth.
Marwen échangea un regard avec Lithariel avant de reprendre la parole.
« Il y a parmi nous un rôdeur du Gondor. Il est… en contact avec les morts. Plus particulièrement avec un spectre doté d'une grande sagesse et d'une puissante magie. C'est grâce à lui que nous avons transformé cette partie du désert en oasis et réussi à nous cacher des gens de Gaïa pendant tout ce temps. Il peut fabriquer un artéfact qui résoudra tous nos problèmes. Mais pour ça, il faut que vous l'aidiez, tous les deux. Vous, Meldamiriel, grâce à votre anneau. Et vous, Sephiroth, avec vos matérias et vos connaissances de ce monde. Sans votre aide à tous les deux, c'est sans espoir. »
Miriel et Sephiroth acquiescèrent.
« Où pouvons-nous le trouver ? » demanda l'elfe.
« Ma fille vous y conduira en temps voulu. Pour le moment, je vous dois de dernières révélations. En particulier vous, Sephiroth. Je sais que vous vous interrogez sur vos origines depuis toujours. »
Instinctivement, Sephiroth croisa les bras.
« J'ignore quelles sordides horreurs on vous a racontées, mais je sais grâce à mes visions que vous êtes nés de deux parents humains. Votre mère est ce que vous appelez une scientifique. Son nom est Lucrécia Crescent. »
Ce nom ne disait rien à l'ex-Soldat. Il ne l'avait jamais entendu auparavant. Bien sûr, Aéris lui avait expliqué qu'il avait une mère humaine. Mais il n'avait rien voulu savoir de plus sur elle, tant l'idée qu'elle l'ait livré dès sa naissance pour des expériences le répugnait. Quelle mère digne de ce nom oserait infliger ça à son enfant ?!
« Elle a souffert avant et après votre venue au monde. L'homme responsable de son malheur et de votre séparation se nommait Hojo », poursuivit Marwen.
En entendant ce nom, Miriel et Sephiroth se crispèrent. Hojo… Cela ne les surprenait même pas !
« Il a torturé votre mère et obligé son corps à endurer de pénibles expériences qui ont fait de vous l'homme que vous êtes aujourd'hui », conclut la reine.
« Vous avez parlé de sa mère au présent. Cela signifie qu'elle est toujours en vie ? » demanda Miriel.
À ces mots, Marwen baissa tristement les yeux.
« Pas vraiment… Elle est à mi-chemin entre la vie et la mort depuis de longues années. J'ai réussi, grâce à mes pouvoirs, à entrer en contact avec de nombreux esprits de la Rivière de la Vie, comme cette jeune femme Aéris ou bien Angeal. Mais Lucrécia… son esprit est différent. Plus difficile à joindre. C'était comme si elle luttait constamment contre la mort et attendait quelque chose dans le monde des vivants. »
« Savez-vous où elle se trouve ? » demanda Sephiroth d'une voix où perçait, malgré lui, une note d'espoir.
« Sur un continent situé bien à l'ouest, au-delà de la mer. Au-delà d'un grand désert. Dans mes visions, j'ai vu un grand arbre doré, avec d'étranges maisons où des gens font constamment la fête. »
« Le parc d'attractions de Corel », comprit Sephiroth.
« Si vous voulez davantage d'informations sur vos origines, il vous faut trouver l'homme à la cape rouge et aux yeux brûlants. Il détient davantage de réponses à vos questions. Je vous ai déjà dit tout ce que je savais », dit la reine.
« Merci, majesté », dit l'ex-Soldat en inclinant respectueusement la tête.
Lithariel raccompagna Miriel et Sephiroth hors de la demeure.
« Je vous conduirai demain auprès du Rôdeur. Je dois préparer des provisions pour le voyage. Vous pourrez dormir à l'auberge du village », dit Lithariel, avant de les quitter.
Restés seuls, les deux amis marchèrent en direction du lac. Miriel regarda Sephiroth. Le regard rivé sur l'onde, il semblait perdu dans ses pensées.
« Je ne t'en voudrais pas si tu veux repartir », dit l'elfe.
Sephiroth sortit de ses songes pour la regarder avec les sourcils froncés.
« Que veux-tu dire ? »
« Lucrécia… Toutes ces révélations… Elle t'a dit de retrouver Vincent Valentine, la description qu'elle a faite lui correspond. Si tu veux, je peux aller seule avec Lithariel chercher ce rôdeur, tandis que toi… »
Sephiroth secoua négativement la tête.
« La dernière fois que j'ai suivi une piste, j'ai cédé à la folie et failli détruire le monde. Je ne veux pas recommencer. »
« Il ne s'agit pas de lire de faux rapports rédigés par Hojo, cette fois. Marwen possède le don de vision, un don que certains membres de mon peuple possèdent également. Je sais que ce qu'elle t'a dit est vrai. »
« Si ce qu'elle a dit est vrai, nous devons d'abord retrouver ce rôdeur et fermer les brèches entre ce monde et le tien. Vincent Valentine ne quittera pas Gaïa. Je pourrai m'occuper de lui parler quand cette histoire sera finie. »
Peu convaincue, Miriel fit la moue. Après tout, s'il voulait gérer les choses ainsi, ce n'était pas elle qui allait l'arrêter.
Finalement, tous deux optèrent pour une visite du village. Ils se mirent donc en route vers le marché.
