Merci à Cihanethyste pour sa review et avoir mis ma fic en Favoris.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
Dans la fosse aux ghûls
Miriel et Sephiroth marchèrent en direction du marché. Même si Lithariel avait affirmé que tout le monde était au courant de leur présence et de l'autorisation de la reine Marwen, ils pouvaient sentir les regards des gens autour d'eux.
Miriel suscitait des regards admiratifs, parfois même pleins de désir de la part des hommes. Sephiroth avait droit à des regards admiratifs, mais aussi méfiants. Miriel lui avait avoué, plus petite, qu'elle avait cru qu'il était un semi-elfe, à cause de la couleur de ses cheveux. Certains elfes comme son grand-père Curufin ou le seigneur Celeborn avaient cette couleur de cheveux.
Mais Miriel et Sephiroth portaient des vêtements de gens typiques de Gaïa, et le peuple de Nùrnen se méfiait des étrangers depuis toujours, qu'ils soient d'Arda ou d'ailleurs.
Les deux amis s'étaient donc mis d'accord pour réserver leur chambre à l'auberge indiquée par Litghariel, puis ils étaient ressortis le temps d'acheter de quoi déjeuner à un stand de brochettes de viande, avant de prendre le chemin d'un petit bois au bord du lac. Là, ils mangèrent en silence tout en se perdant dans la contemplation du lac.
Lorsque vint le soir, tous deux retournèrent à l'auberge. Une fois dans la chambre, chacun se mit dans un des deux lits puis s'endormit.
Sephiroth se réveilla aux alentours de minuit, suite à un cauchemar. Il mit quelques secondes à reconnaître l'endroit où il était. Il se recoucha en espérant que le sommeil reviendrait, mais ce ne fut pas le cas.
Agacé, il prit Masamune et sortit dehors. Une fois de retour à l'orée des bois, près du lac, il dégaina son arme et fit quelques mouvements. Parfois, cela aidait à le calmer. Mais pas toujours.
Il s'arrêta soudainement.
« Vous m'espionnez sur ordre de la reine ou parce que votre peuple se méfie de moi ? » dit le jeune homme.
Lithariel sortit de l'ombre du bois et s'avança calmement.
« Ni l'un ni l'autre. Je ne dors guère, depuis que je suis dans ce monde. Tout y est différent, et je le ressens jusque dans le sommeil », dit la jeune femme.
Elle regarda le sabre.
« Où avez-vous eu cette arme ? Elle est vraiment étrange. J'ai observé celles que les gens utilisent dans votre monde, et aucune ne ressemble à celle-ci. »
« Masamune est un sabre d'Utaï… C'est un des pays de ce monde. »
Il n'eut guère envie d'entrer dans les détails, même avec une étrangère. Consciente de sa méfiance, celle-ci n'insista pas. Elle décida de tenter une autre approche.
« Je serais curieuse de voir l'efficacité de cette lame », dit-elle en dégainant sa propre épée.
Intrigué, Sephiroth haussa un sourcil.
« Vous voulez vous battre contre moi ? »
« Quoi ? Vous jugez que les femmes n'ont pas leur place sur le champ de bataille ? » dit la princesse, piquée au vif.
« Non. Je me demande juste ce que penseront les passants en me voyant me battre contre la fille de leur reine », répondit poliment Sephiroth.
« Personne ne passe par ici, excepté les gardes. Et je vous demande une joute amicale. »
Acquiesçant, l'ex-Soldat se mit en garde. Lithariel tendit son épée en arrière de sa main droite, l'autre tendue en avant comme pour sonder l'air. Sephiroth cala son épée des deux mains contre son épaule gauche.
Tous deux se jaugèrent un bref instant avant qu'enfin, le combat soit engagé. Sephiroth attaqua le premier avec un coup oblique.
Lithariel para le coup puis lui asséna un coup de pied dans le ventre avant de balayer l'air de son épée. Sephiroth bondit en arrière. Le coup ne lui avait pas fait mal, mais elle lui avait prouvé par ce simple geste qu'elle ne voulait pas qu'il lui fasse de cadeaux. Elle était une guerrière, et exigeait d'être traitée en tant quel tel.
Les deux combattants reprirent le combat. Sephiroth enchaîna avec une estocade. Lithariel para ce nouveau coup, mais faillit lâcher son épée. Elle glissa la lame vers le bas en visant la jambe de son adversaire, mais il tournoya sur le côté. Lithariel para un nouveau coup puis tenta un balayage vers le dos de son adversaire.
Sans se retourner, Sephiroth bloqua l'épée avec Masamune d'un mouvement arrière du poignet, puis fit une pointe vers le haut. L'épée de Lithariel s'éleva dans les airs.
La jeune femme sortit une dague attachée à son mollet gauche et, tout en bloquant Masamune d'une main, tendit l'autre et rattrapa son épée.
Le combat reprit de plus belle. Pendant une demi-heure, les épées cliquetèrent et se heurtèrent, provoquant des étincelles.
Sephiroth avait beau être engagé à fond dans le duel, une partie de lui demeurait en état d'analyse. Et il reconnaissait que Lithariel se battait bien. Mais la jeune femme fatiguait, il le sentait. Alors que lui pouvait encore tenir une heure, voire plus.
Soudain, il vit une ouverture sur le flanc droit de la jeune femme. Il pouvait bien la blesser, mais il décida d'opter pour une autre tactique. Tandis que Lithariel abaissait son épée pour l'obliger à pointer Masamune vers le bas, il la fit tournoyer autour de la lame de la jeune femme et la dévia sur la gauche. Celle-ci sentit son arme lui glisser des doigts. Sephiroth en profita pour lui faire un croc-en-jambe qui la fit tomber à terre. LIthariel se retrouva immobile et désarmée, avec Masamune sous la gorge.
Sephiroth abaissa son sabre puis lui tendit la main. Lithariel hésita une brève seconde, puis accepta son aide pour se redresser.
« Avec votre niveau, vous auriez fait un bon élément chez le Soldat », dit le jeune homme sur un ton appréciateur.
« Est-ce un compliment ? » demanda Lithariel, méfiante.
« Dans mon monde, oui. J'ai rencontré peu de femmes dotées d'un tel esprit guerrier. »
« Je n'ai pas le choix. Face aux Ténèbres, mon peuple a pour devoir de ramener la Lumière. »
Lithariel se dirigea vers son arme et la rengaina dans son fourreau. Fatiguée, en nage, elle se dirigea vers le lac et but un peu d'eau. Sephiroth eut un léger sourire.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas fait de duel amical avec qui que ce soit. Cela lui rappelait le bon vieux temps, quand il faisait des joutes amicales avec Angeal et Genesis.
« Je ne m'étais pas entraîné avec qui que ce soit depuis un bout de temps », admit Sephiroth en s'asseyant sur un rocher près d'elle.
« Et je n'avais encore jamais combattu un étranger venu d'un autre monde. J'imagine que Miriel doit être une redoutable guerrière, avec un père tel que vous », dit Lithariel en s'asseyant sur une autre pierre à côté de lui.
« Je ne lui ai pas appris à se battre. Je ne l'ai connue qu'enfant. Et j'ai tout fait pour l'éloigner de ce qui touchait à la guerre. En vain. »
Il y avait une note d'amertume dans sa voix, Lithariel l'avait clairement entendue.
« Si vous tenez tant à elle… Pourquoi nous aider à rentrer chez nous ? »
« Votre mère a dit que vous étiez tous menacés par l'esprit du sorcier qui contrôle Genesis. Si ce Rôdeur peut fabriquer un artéfact qui le libérera, alors je vous y aiderai. J'ai déjà perdu des amis par le passé, je ne veux pas passer à côté de cette occasion de sauver l'un des derniers qu'il me reste », dit Sephiroth en se levant, mettant ainsi fin à la discussion.
Lithariel se leva et l'arrêta en lui saisissant le bras.
« Vous pourriez venir avec nous sur Arda. Avant que les brèches se referment… Il suffirait que vous nous suiviez. Miriel ne vous l'a pas dit, mais j'ai bien vu le lien qui vous unit tous les deux. Elle vous aime comme un père, Sephiroth. Son sang est celui d'une elfe, mais son cœur est lié au destin des Hommes. Et le fil qui les lie, c'est vous. »
« Je ne peux pas ! Ce n'est pas mon monde, je n'y ai pas ma place », dit Sephiroth, surpris et choqué.
Sa voix manquait d'assurance. Lithariel sentait qu'elle pouvait le convaincre.
« Je n'avais pas ma place dans l'armée de ma tribu, sur Arda. Pourtant, je me suis battue pour l'obtenir. Vous avez vous-même reconnu que j'étais une guerrière. Vous pourriez vous battre pour trouver votre place en Terre du Milieu, vous aussi », dit doucement la jeune femme.
L'argenté hésita, puis se dégagea de la main de Lithariel.
« Bonne nuit », dit-il avant de s'éloigner vers l'auberge.
Lithariel le regarda s'éloigner avant de se tourner vers le lac en soupirant de défaite.
XxXxXxXxXxXxX
Le lendemain, Miriel trouva Sephiroth déjà éveillé et assis sur son lit avec l'air songeur.
La jeune femme sentit que quelque chose le travaillait. Mais elle savait, par expérience, qu'il ne lui dirait rien. Elle avait déjà tenté, quand elle était plus petite, de lui tirer les vers du nez lorsqu'il semblait inquiet ou mécontent. Mais il ne lui avait jamais rien dit, il était incroyablement têtu.
Une fois prête, l'elfe sortit avec son père adoptif. Ils trouvèrent Lithariel devant la porte. La jeune femme semblait elle-même sombre. En la voyant échanger un regard avec Sephiroth, Miriel comprit qu'il s'était passé quelque chose entre eux. Mais quoi ?
Lithariel les guida vers les bois. Ils les traversèrent en silence. L'endroit était calme, on n'entendait que le chant des oiseaux et le cri de quelques insectes.
Petit à petit, le terrain se fit plus élevé, avant de redevenir plat et sillonné de crevasses. Le ciel devint plus sombre et l'air froid. Une odeur de mort et de moisissure se fit bientôt sentir. Le sol se fit plus humide, boueux.
« Où sommes-nous ? Cet endroit empeste la mort », demanda Miriel.
« Sur un vieux champ de bataille. Quand mon peuple est arrivé ici, des orques de Saroumane nous ont suivis. Nous avons vite pris le dessus et tué ces monstres. Mais leurs vautours n'étaient pas loin, l'odeur de charogne les a poussés à franchir la brèche pour venir manger les cadavres et s'installer ici », dit Lithariel.
« Vous voulez dire… ? »devina Miriel.
« Exactement. »
« De quoi vous parlez ? » demanda Sephiroth, perdu.
Soudain, un hurlement strident retentit.
« Des ghûls. Les charognards du Mordor», dit Miriel sur un ton sombre.
Lithariel s'arrêta.
« À partir d'ici, le terrain est dangereux. Les ghûls sont des créatures fouisseuses. Elles peuvent surgir du sol à n'importe quel instant. Gardez vos armes à portée de main », dit la jeune femme en dégainant son épée.
Ses amis l'imitèrent, puis tous se mirent en marche, lentement cette fois.
Sephiroth plissa le nez. La puanteur dans l'air et l'obscurité ne les aidaient guère. Et il lui semblait voir des mottes de terre se déplacer autour d'eux, par moment. Même Miriel, qui avait pourtant une ouïe très fine, avait l'air inquiet.
Soudain, Sephiroth entendit un craquement sous ses pieds. Il baissa les yeux et vit que ce qu'il avait pris pour un rocher n'était qu'un crâne couvert de boue, qui s'était brisé sous sa botte.
Le craquement provoqua des cris aigus par dizaines. Soudain, les mottes de terre grandirent puis éclatèrent, révélant des créatures de cauchemar. Maigres, avec de longs bras griffus et accroupies sur leurs pattes arrière, la tête des ghûls évoquait celles d'orques en modèle réduit. Leurs yeux étaient jaunes lumineux et leur gueule grande ouverte, révélant des crocs jaunis et dégoulinants de bave visqueuse.
Les créatures fondirent sur eux. Les trois combattants engagèrent aussitôt le combat. Le seul inconvénient était que les ghûls étaient nombreuses et se jetaient sur eux en même temps. Sephiroth tournoya sur lui-même, décapitant un cercle de ghûls d'un coup, mais déjà d'autres sortaient du sol et fondaient sur lui.
Miriel et Lithariel adoptèrent la même tactique, mais la terre continuait de cracher ces monstruosités. Et certaines crachaient même de l'acide.
Lithariel reçut une giclée sur le bras et recula, laissant le monstre responsable de sa blessure approcher en tendant une patte pour la griffer. Miriel se précipita pour lui planter son épée dans le crâne, quand un autre de ces monstres surgit derrière elle et la saisit par les épaules. Le monstre planta ses crocs dans son épaule. L'elfe ne put réprimer un cri de douleur.
« MIRIEL ! » cria Sephiroth.
Furieux, l'ex-Soldat serra le poing et arma une matéria de feu à son bras. Il jeta une boule de feu sur le monstre qui s'embrasa. Les flammes firent reculer les autres. Lithariel soutint la jeune femme et la rapprocha de Sephiroth, qui continuait de se battre.
Comprenant que le feu était leur point faible, Sephiroth activa sa matéria Tout, qui permettait d'envoyer une attaque magique sur plusieurs assaillants en même temps. Cette fois, il créa plusieurs boules de feu qui touchèrent six ghûls en même temps.
Mais il en restait toujours plus d'une trentaine qui les encerclait.
Soudain, un baril en flammes roula sur le sol jusque près des trois amis.
« EH ! Par ici, vite ! » cria une voix en direction de la pente d'où avait roulé le tonneau.
Sephiroth saisit Miriel par un bras, Lithariel tenant toujours l'autre. Tous trois coururent vers le haut de la pente. Les ghûls tentèrent de les suivre quand soudain, le barril explosa dans leur dos.
Le souffle de l'explosion projeta les trois compagnons en avant. Ils tombèrent au sol et perdirent connaissance.
XxXxXxXxXxXxXxX
Sephiroth ouvrit péniblement les yeux. Après avoir combattu dans les ténèbres, la lumière était bienvenue, mais elle lui donnait mal à la tête… À moins que ce ne soit l'explosion ?
Se rappelant dans quelles circonstances elle avait eu lieu, il se raidit. Miriel ! Lithariel ! Elles étaient blessées, toutes les deux !
Sephiroth vit soudain quelqu'un au-dessus de lui, qui l'observait avec une pipe fumante à la bouche. La lumière du soleil à contrejour rendait la silhouette floue. Le jeune homme se redressa et regarda son interlocuteur. Il était petit, mais large, avec de sacrés muscles. Il portait des bottes et un pantalon en cuir tenu par des bretelles épaisses en croix autour de ses larges épaules. Son torse et ses bras étaient couverts de tatouages. Barbu, ses cheveux bruns étaient retenus en tresse par une lanière de cuir.
« Salut, étranger ! Vous êtes le premier des trois à vous réveiller », dit-il avec un étrange accent.
Le premier des trois ? Sephiroth tourna la tête. Il vit Miriel et Lithariel allongées de l'autre côté d'un feu. Il se leva et s'approcha d'elles. Un bandage enveloppait le bras de Lithariel. La veste de Miriel et son pull avaient été enlevés et posés près d'elle. La jeune femme était enveloppée dans une couverture, mais il pouvait voir un bandage autour de son épaule, à l'endroit où la ghûl l'avait mordue.
« Vous en faites pas, elles sont en vie. Et j'ai soigné leurs blessures. Je ne suis pas un grand adepte de la médecine elfique, mais en tant que chasseur expérimenté, je sais comment traiter les blessures causées par ces saletés de ghûls ! »
« Qui êtes-vous ? » demanda Sephiroth.
« Je suis Torvin, le chasseur de bêtes. Je suis un nain des Montagnes Bleues. Bah, vous ne devez rien entendre à tout ça, vous, l'étranger invité par la reine Marwen ? »
Sephiroth eut envie de répliquer, mais il préféra ne rien dire. Ce nain les avait aidés, certes, mais il se méfiait.
Lithariel gémit, puis ouvrit les yeux et se redressa en grimaçant.
« Comment vous sentez-vous ? » demanda Sephiroth.
« Comme si un troupeau d'oliphants m'avait piétinée… »
La jeune femme leva les yeux et parut surprise en voyant le nain.
« Torvin ? »
« Salut, altesse ! J'imagine que ce n'aurait guère été glorieux pour la princesse de Nùrnen de finir dans le ventre d'une ghûl, hein ? Même en combattant aux côtés d'un étranger et d'une elfe. »
Lithariel se tourna vers Miriel et se dépêcha de ramper à son chevet. Posant la main sur son front, elle fit la grimace.
« Elle a de la fièvre », dit la princesse à Sephiroth.
Ce dernier s'approcha pour toucher aussi son front. En effet, l'elfe était brûlante.
« Elle a dû être mordue par une ghûl femelle. Ces créatures crachent un acide puissant. Il a dû se répandre dans son sang », dit la jeune femme.
« Mais on peut soigner ça, non ? » dit Sephiroth.
« Si seulement ! J'ai utilisé le peu de médecine que j'avais, mais je ne suis pas un guérisseur elfique », dit le nain en se grattant la nuque.
« Merci pour votre aide, maître nain. Mais nous devons trouver Talion, le rôdeur. Lui peut la sauver. »
« Talion ? Bizarre que vous m'en parliez. Deux jours avant que je vous rencontre, il m'a dit que si jamais je venais à vous croiser, je ne devrais surtout pas vous conduire à lui. On aurait dit qu'il avait peur. »
« Peu importe ! Miriel est une amie, elle m'a sauvée d'une de ces immondes bêtes. Conduisez-nous à lui, maître nain ! » dit Lithariel sur un ton ferme, celui d'une femme qui avait l'habitude de commander des troupes.
Torvin hésita, puis haussa des épaules.
« Monsieur le capitaine du Gondor m'en voudra, mais bah ! Je ne suis pas un de ses soldats. Très bien, messieurs dames, suivez-moi ! Pour me faire sonner les cloches par le rôdeur, c'est par-là ! » dit Torvin en pointant une colline brumeuse dans son dos.
