Merci à Luna dans les Etoiles pour sa review. Et merci à Sephora4 d'avoir mis la fic en Alert.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
Le gardien du tunnel
Debout face aux ruines du village, Miriel regardait le ciel gris avec désespoir.
Depuis l'attaque de Genesis possédé, les choses ne s'étaient guère améliorées.
Le feu avait réduit le village à un tas de cendres. Aucune maison n'avait été épargnée.
Les habitants avaient dû se résoudre à suivre Torvin jusqu'à la grotte. Elle menait à un réseau souterrain où les habitants s'étaient installés tant bien que mal.
Mais l'ambiance était sombre. Du côté de Miriel, cela ne s'arrangeait pas. Talion avait été isolé dans une grotte où des gardes le surveillaient jour et nuit. Même si Lithariel, Torvin, Marwen, Miriel et Sephiroth savaient désormais qu'il avait été manipulé par le sorcier, tous demeuraient méfiants. Miriel surtout, qui était sous le choc depuis qu'elle avait appris que le spectre de son père vivait en Talion. L'elfe se sentait partagée entre la colère, la joie et la rancœur. Comment avait-il pu l'éviter ainsi ? Il avait exigé de Torvin que jamais il ne croise sa route. Pourquoi ? L'elfe n'avait pas eu le courage de lui reparler depuis que Sephiroth et les autres étaient venus la sauver.
Un autre problème se posait : Genesis. Depuis l'exorcisme, l'état du Soldat ne s'était pas amélioré. Il semblait plongé dans une sorte de coma éveillé : il fixait le vide sans réagir ni parler.
On l'avait installé dans une petite grotte isolée, près d'une autre servant d'infirmerie. Sephiroth lui avait tenu compagnie au début, et essayé de le faire réagir. Lorsque l'on faisait trop de bruit ou que trop de monde s'approchait de lui, le rouquin se mettait à crier. Excepté cela, aucune parole, aucun geste ne semblait provoquer la moindre réaction positive ou qui puisse le ramener dans le monde réel. Un guérisseur venait chaque jour pour le nourrir et le faire un peu marcher, afin qu'il fasse de l'exercice. Mais son état demeurait statique.
Un autre problème se posait depuis peu : la barrière magique entourant le territoire des réfugiés d'Arda s'était brisée. Le sorcier du Mordor avait pris soin de la détruire avant d'enlever Miriel en utilisant Talion.
Avec la fumée des ruines du village, quelqu'un ne tarderait pas à venir ici et découvrir ces ruines. Ce n'était qu'une question de temps avant que le WRO ou la Shinra vienne fouiller cet endroit et découvre les habitants d'Arda.
Un bruit de pas dans son dos tira l'elfe de ses sombres pensées.
« Dame Miriel ? Que faites-vous ici, toute seule ? » demanda Lithariel.
« Je réfléchissais. Au fait, comment va votre mère ? »
« Bien. Elle a dû user de son autorité pour que les guérisseurs la laissent quitter l'infirmerie, et j'avoue que j'ai moi-même eu du mal à la laisser faire. Elle supervise la fin de l'installation des nôtres dans les grottes. Nous avons découvert un véritable labyrinthe, et nous pensons nous en servir pour évacuer cet endroit avant que des gens de Gaïa n'arrivent. Torvin est très enthousiaste à l'idée d'explorer ces grottes. J'avais l'intention de l'accompagner avec votre père et vous. Votre présence nous serait fort utile. »
Miriel fit la moue. Elle n'était pas sûre que ce soit une bonne idée. Elle gardait encore de mauvais souvenirs de son séjour dans la Moria. C'était là qu'elle avait perdu Gandalf.
« Dame Miriel ? Vous pensez encore à lui, n'est-ce pas ? » dit Lithariel.
« Qui ça ? »
« Celebrimbor… Depuis que vous avez appris pour Talion, vous faites tout pour garder vos distances. »
« On ne peut rien vous cacher », soupira l'elfe en baissant la tête en signe de défaite.
« Vous n'êtes pas heureuse ? Je croyais que votre père biologique vous manquait… »
« Si, mais je lui en veux. Il savait depuis plusieurs jours que j'étais là, et il n'a rien fait pour me retrouver. Pire : il a tout fait pour m'éviter. Je me sens trahie. »
« Je sais ce que ça fait. »
Les deux femmes échangèrent un sourire complice, puis prirent ensemble le chemin des grottes.
Miriel décida de passer d'abord voir Genesis. Elle le trouva dans sa grotte, assis sur un tabouret, les yeux perdus dans le vide sans aucune expression. Sephiroth se tenait adossé au mur devant lui et semblait abattu.
« Alors ? » dit Miriel.
« Rien. Il est complètement déconnecté de la réalité. J'ai essayé de lui parler, j'ai même cité des passages de Loveless en y glissant des erreurs. Autrefois, je faisais ça rien que pour le faire enrager. Mais rien, pas de réaction. »
Miriel s'approcha. Lorsqu'elle se retrouva dans le champ de vision de Genesis, un léger sourire apparut sur les lèvres de celui-ci. Ses yeux semblèrent se fixer sur elle.
« Vous avez vu ?! » dit Lithariel.
Fronçant des sourcils, Miriel fit quelques pas sur le côté. Genesis la suivit du regard sans se départir de son sourire.
« On dirait qu'il te voit… Comment ça se fait ? » dit Sephiroth.
« Aucune idée… » dit l'elfe.
Lentement, elle s'approcha.
« Genesis ? Tu m'entends ? »
Le rouquin ne répondit rien. Il semblait la fixer avec l'air rêveur. Timidement, la jeune fille posa la main sur la sienne.
« Si tu m'entends, je t'en prie, réponds. On a besoin que tu reviennes. C'est moi, Miriel. Tu te souviens ? »
Genesis ne réagit pas. Découragée, Miriel quitta la grotte avec Sephiroth et Lithariel.
« On a tout de même un peu avancé », tenta l'elfe pour détendre l'atmosphère.
« Pour des prunes ! » dit Sephiroth en donnant un coup de pied rageur dans un caillou.
« Bon… Dans ce cas, je propose que nous rejoignions Torvin. Il faut explorer les grottes pour nous préparer à évacuer » dit Lithariel.
« Oui, mais ensuite ? Où irons-nous ? On ne sait même pas où débouchent ces grottes, si jamais il y a une issue à l'autre bout », dit Sephiroth.
« Peut-être y a-t-il un espoir pour que… »
« Et l'artéfact ? Vous avez entendu ce qu'a dit Talion quand nous sommes allés lui parler hier dans sa grotte : il ne peut fabriquer d'objet assez puissant pour vous ramener dans votre monde. Votre mère Marwen entretenait de faux espoirs. Seuls les palantírs ont le pouvoir d'ouvrir un portail, et ils sont tous sur Arda. »
« Sephiroth… »
« Il faut se rendre à l'évidence : nous sommes tous coincés ici », coupa l'ex-Soldat.
« Une chose à la fois ! Rejoignons d'abord Torvin », les interrompit Miriel.
Le petit groupe traversa un tunnel de pierre. Des torches avaient été plantées avec des pics de fer dans les murs, dispensant une lumière qui éclairait faiblement les ténèbres environnantes.
Miriel n'aimait pas arpenter ces tunnels souterrains, mais ses amis étaient là et leur présence l'aidait à se focaliser sur le fait d'avancer.
Ils arrivèrent bientôt à une nouvelle entrée, plus grande, qui descendait vers un puits sombre. Là, aucune torche n'avait été plantée. Torvin se tenait devant l'entrée, sa pipe à la bouche. Une faible odeur de tobby flottait, étouffant celle de l'humidité et de la roche.
« Alors, maître nain ? Où en est votre exploration ? » dit Lithariel.
« Ah, vous voilà ! Eh ben, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. »
« Envoyez d'abord la mauvaise », dit Miriel.
« Cette grotte sert de refuge à un monstre. Et un gros, à en juger la taille de cette entrée. J'ai trouvé des traces de griffe et d'excréments sur les parois, un peu plus loin. Typique des bêtes qui marquent leur territoire. »
« Un monstre ? Génial… ET LA BONNE NOUVELLE ?! » s'écria Miriel.
« Eh bien, il y a un autre tunnel plus loin en arrière, sur notre gauche, qui descend lui aussi. Mais j'ignore encore s'il est habité ou non, je viens juste de m'arrêter ici pour celui-là », dit le nain.
« Bref, nous n'avons pas avancé d'un iota », dit Sephiroth.
« Vous allez arrêter votre petit manège, oui ? » dit Lithariel, agacée.
« Quel manège ? »
« De baisser les bras à la moindre défaite ! »
Sentant que la situation s'envenimait, Miriel et Torvin s'éloignèrent d'eux de quelques pas.
« Je ne baisse pas les bras, j'énonce des faits. Je suis réaliste », répliqua Sephiroth.
« Vous vous comportez comme si la partie était perdue d'avance », répondit la princesse du tac au tac.
« Parce que vous voyez encore une solution quelque part ? »
« Non, mais je garde espoir ! »
« L'espoir ?! Comme si ça pouvait nous sauver ! »
« Eh, on se calme, tous les deux ! » dit Torvin.
« VOUS MÊLEZ PAS DE ÇA, VOUS ! » crièrent Sephiroth et Lithariel.
Le nain bondit en arrière. Miriel posa une main compatissante sur son épaule, puis lui fit un signe de tête vers le bout du tunnel. Les deux amis s'éloignèrent lentement tandis que les deux jeunes gens continuaient de se disputer.
« Vous voulez que je fasse quoi ? Que je broie du noir, comme vous ? J'ai plus de raisons que vous de me plaindre, et pourtant je ne m'y résigne pas ! Vous devriez plutôt m'être reconnaissant et m'aider à trouver une solution », dit Lithariel.
« Reconnaissant de quoi, au juste ? »
« De ne pas avoir mis votre ami Genesis en cellule ou bien de l'avoir décapité pour avoir brûlé mon village et kidnappé ma mère ! »
« EH ! Il était possédé, ce n'était pas lui le coupable ! »
« Ah oui ? C'est une remarque intéressante de la part de quelqu'un qui a lui-même brûlé un village et tenté deux fois de suite de détruire le monde, comme Sauron ! »
Sephiroth serra les poings pour se retenir de la frpaper. Il sentit ses matérias chauffer dans les bracelets autour de ses poignets. Là, elle allait trop loin.
« Puisque nous sommes indésirables, je vous promets que dès ce soir, on s'en va, moi, Miriel et Genesis ! »
« Hors de question ! Vous allez rester nous aider ! »
« Ah oui ? Et pourquoi j'obérais ? Vous êtes peut-être une princesse, mais je n'ai pas prêté serment envers vous ni votre chère mère ! »
« Tant mieux ! Vous avez raison, je n'ai pas besoin d'un défaitiste doublé d'un lâche qui abandonne à la première difficulté ! »
« ASSEZ ! » cria Sephiroth en tendant la main devant lui en un geste vague.
Plusieurs boules de feu jaillirent de ses doigts et volèrent vers la paroi derrière Lithariel. Des rochers en tombèrent.
Réalisant l'impact de son geste, Sephiroth saisit Lithariel à bras-le-corps et la plaqua au sol sous lui. Juste à temps, car d'autres rochers leur tombèrent dessus.
Alertés par le bruit et la secousse, Miriel et Torvin revinrent en courant près d'eux. Ils furent arrêtés par un mur d'éboulis qui bloquait l'entrée.
« Seph ? Lithariel ? Répondez ! Vous êtes où ? » cria Miriel.
Torvin se mit à bouger des rochers, mais le mur ne bougea pas. De l'autre côté, Sephiroth émergea des rochers et aida Lithariel à se lever.
Tous deux étaient couverts de poussière et d'égratignures.
« Rien de cassé ? » demanda Sephiroth.
« Non… Qu'est-ce qui s'est passé ? » dit Lithariel en regardant le mur de rochers derrière elle.
« Je crois qu'on est pris au piège… par ma faute », dit Sephiroth.
« Oh non ! Pas ça… » gémit Lithariel.
Elle essaya de déplacer un rocher, mais il était lourd et la secousse l'avait affaiblie.
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Miriel et Torvin continuaient de déplacer des rochers, mais il semblait toujours y en avoir un autre sous celui qu'ils enlevaient.
Soudain, deux gardes arrivèrent.
« Dame Miriel ! La reine vous demande ! Où est la princesse ? » demanda l'un des hommes.
« Derrière ce mur, coincée avec mon père. Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Miriel.
« Nos éclaireurs ont vu d'étranges machines volantes survoler les ruines du village. Les étrangers sont là ! Ils arrivent. »
« Oh non… ! » gémit l'elfe.
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Sephiroth avait créé une boule de feu avec une de ses matérias. Elle flottait au-dessus d'eux, éclairant l'endroit où tous deux se tenaient près du mur de rochers.
Les deux amis avaient crié, mais aucune réponse ne leur était parvenue. Finalement, ils avaient dû se rendre à l'évidence : ils devaient avancer de l'autre côté.
Armé de Masamune, Sephiroth menait la marche. Lithariel tenait également son épée. La boule de feu flottait devant eux, éclairant le chemin.
Une forte odeur animale régnait dans l'air en plus de l'humidité, ce qui n'arrangeait guère les choses.
Au bout d'un moment qui leur sembla durer une journée, ils s'arrêtèrent et firent une pause en s'asseyant par terre.
« Je suis désolé pour tout à l'heure. Je me suis mis en colère et j'ai activé ma magie sans le vouloir », dit Sephiroth.
« Non, c'est moi. Je n'aurais pas dû vous parler ainsi. C'est moi qui vous ai amené au village. J'ai ma part de responsabilité », dit la princesse.
"Je sais, mais… j'aimerais avoir votre force", soupira Sephiroth en baissant la tête.
Un silence suivit ces mots, avant que Lithariel reprenne la parole.
"Au départ, je n'étais pas une princesse de Nùrnen. Je vivais dans une famille de pêcheurs sur un bateau. C'était des gens rudes, sans amour. Le cœur était dur et solide comme les rochers qui bravent chaque jour les vagues de l'océan. Un jour, des corsaires de Nùrnen ont attaqué le bateau et capturé tout le monde. La reine Marwen attendait au port que les soldats ramènent leur butin. Je figurais parmi les prisonniers. Contrairement aux autres qui gémissaient et suppliaient qu'on les épargne, je n'ai pas courbé la tête. Même lorsque mes… "parents" ont dit qu'ils voulaient bien tout laisser, leur bâteau, leurs trésors et moi en échange de leur vie, je me suis efforcée de demeurer stoïque. La reine a été impressionnée, mais aussi attristée en comprenant quelle était ma vie avec ces gens. Elle n'avait pas d'enfant, aussi m'a-t-elle proposé de devenir sa fille. C'est ce jour-là que j'ai découvert ce qu'était la chance, et que les Valars m'ont fait comprendre qu'il y a toujours un espoir, même quand tout indique que notre sort est scellé", dit la jeune femme.
Sephiroth lui jeta un coup d'œil, à la fois surpris et touché par ces confidences. La jeune femme était une vraie guerrière, une princesse de la guerre dans toute sa beauté, même alors qu'elle était là,, couverte de poussière et la lèvre fendue, ainsi qu'un hématome à la joue.
Doucement, le jeune homme tendit la main vers son visage et activa sa matéria de soin. Lithariel n'eut pas le temps de lui demander ce qu'il faisait. Elle sentit la douce lueur verte l'envelopper puis effacer la douleur et ses blessures. Elle sentit les doigts de Sephiroth effleurer sa joue. La jeune femme sentit son visage chauffer sans qu'elle l'eut demandé.
« Merci », dit-elle dans un souffle, lorsque Sephiroth eut retiré sa main.
« De rien. Continuons », dit Sephiroth en l'aidant à se relever.
Soudain, un ronflement sonore retentit. Tous deux se figèrent.
« Oh non ! Je connais ce bruit… » souffla Lithariel.
« C'est quoi ? »
« Un graug ! Plus gros qu'un troll, avec autant de griffes et de dents qu'un dragon. Il me faut au moins vingt hommes pour en venir à bout. »
Sephiroth serra plus fort son sabre. Avec une lenteur extrême, les deux amis atteignirent la sortie du tunnel. Elle débouchait sur une grande salle où pointaient des stalactites. Le sol était humide et boueux.
Une sortie était visible au bout, par laquelle on pouvait voir la lumière du jour. Mais, au milieu de la grotte se trouvait une grande masse grise. Sephiroth crut d'abord qu'il s'agissait d'un rocher, avant de discerner ce dont il s'agissait réellement.
C'était une immense bête à la peau grise et épaisse, au corps hérissé de griffes sur les bras et le dos. D'immenses dents dépassaient de sa mâchoire, un puissant souffle s'échappait régulièrement de ses naseaux. Lithariel avait raison : il était plus gros et plus dangereux qu'un troll.
« On ne pourra jamais passer avec cette horreur au milieu du passage. C'est déjà un miracle qu'il n'ait pas senti notre odeur dans son sommeil », souffla Lithariel.
« C'est vous la défaitiste, maintenant ? » dit Sephiroth.
La jeune femme le fusilla du regard.
« Ce n'est pas drôle ! Si ce graug dort ici, il y a de fortes chances pour que le sol sous son corps grouille de ghûls ! »
En effet, ce n'était guère encourageant.
« Nous n'avons pas le choix. Tuons-le dans son sommeil. Ce n'est pas très élégant, mais on n'a pas le temps pour un combat à la loyale. Restez là, je m'en occupe », dit Sephiroth.
Obéissante, Lithariel le regarda marcher doucement vers le monstre. La princesse inspecta les environs du regard, au cas où une ghûl sortirait de sa cachette.
Sephiroth s'avança vers le monstre en analysant rapidement l'animal. Sa peau été épaisse, il semblait même y avoir une sorte de carapace de peau plus dure et brune sur son dos, sa tête et ses épaules. Il allait devoir viser la gorge, mais pour ça la bête devait se mettre sur le dos. Or, elle dormait sur le ventre. Comment faire ?
Il sentit soudain quelque chose remuer sous ses pieds. Il bondit à temps sur le côté, évitant les griffes d'une ghûl qui émergeait du sol en poussant des cris stridents.
Le bruit éveilla le graug qui se dressa sur ses pattes avant en rugissant. Le bruit fit sortir le reste des ghûls du sol, soit une bonne cinquantaine.
"SEPHIROTH !" cria Lithariel.
L'ex-Soldat voulut lui dire de rester où elle était, mais il n'eut pas le temps car déjà, les monstres chargeaient. Il se lança dans le combat.
Il faucha les ghûls qui l'encerclaient, quand il vit le graug foncer sur lui en tendant ses pattes griffues pour le saisir.
Sephiroth bondit et atterrit quelques mètres plus loin. Lithariel venait de rejoindre l'endroit où il s'était tenu et tuait des ghûls.
Réalisant que le graug n'avait pas dévié de sa trajectoire, le jeune homme arma sa matéria de feu et frappa le graug à la tête.
Ce dernier s'arrêta et se tourna vers lui. Dans un nouveau rugissement rageur, il se rua sur le jeune homme.
Priant pour que Lithariel gère les ghûls sans lui, Sephiroth se mit à bondir de tous les côtés, évitant les attaques du graug. Il parvenait parfois à faire une roulade au sol l'amenant près du graug et il lui tailladait les pattes, mais la peau était épaisse et il ne faisait que l'entailler en surface. Le sang excitait les ghûls les plus proches qui venaient alors mordre le graug.
Ce dernier, loin d'être indisposé, les saisissait par poignées et les gobait comme des friandises.
Sephiroth comprit qu'il avait une chance avec ça.
« LITHARIEL ! Essayez de vous éloigner. Laissez-moi les ghûls restantes ! »
« QUOI ?! »
« FAITES CE QUE JE VOUS DIS ! »
« ESPÉRONS QUE VOUS SAVEZ CE QUE VOUS FAITES ! » cria la princesse, avant de repousser une ultime ghûl d'un coup de pied.
Une fois la jeune femme à l'entrée de la grotte, Sephiroth activa sa matéria de feu et créa une ligne de feu devant elle, empêchant les ghûls de la poursuivre.
« PAR ICI ! ALLEZ, VENEZ ! » cria Sephiroth.
Excités par les cris, ghûls et graugs foncèrent droit sur lui. Sephiroth bondit vers le plafond et s'accrocha à une stalactite.
Le graug saisit dans ses pattes les dernières ghûls près de lui et ouvrit grand la gueule pour les gober.
Sephiroth jeta une boule de feu droit dans son gosier. Le graug chancela sur ses pattes, les ghûls mortes et incandescentes coincées dans sa gueule.
Saisissant l'occasion, Sephiroth lâcha le stalactite et atterrit sur le dos du graug où il planta son sabre jusqu'à la garde.
Il voulut trancher le corps, quand le graug, plus souple qu'il n'en avait l'air, le saisit dans ses pattes. Surpris, Sephiroth ne put agripper son sabre et se retrouva bientôt coincé dans le poing du monstre.
"SEPHIROTH !" cria Lithariel.
La jeune fille bondit par-dessus les flammes et courut vers lui.
Soudain, un gros crochet en métal relié à une chaine surgit du plafond et se planta dans la tête du monstre, près de sa mâchoire. Bondissant d'une corniche, Torvin apparut à l'autre bout de la chaîne et atterrit au sol où il se mit à tirer de toutes ses forces.
Surpris et blessé à un point sensible, le graug tomba à terre. Son emprise se fit moins forte. Sephiroth put alors se dégager et roula au sol.
Le graug tenta de se redresser. Poussant un cri guerrier, Torvin tira de toutes ses forces vers lui. Le graug releva péniblement la tête.
Sephiroth saisit cette ultime chance : il courut vers la tête et planta de toutes ses forces Masamune dans la gorge du monstre, puis trancha sur toute la longueur.
Un flot de sang jaillit de la blessure. Le graug fut pris de convulsions qui ébranlèrent le sol, avant de pousser un dernier gémissement et de s'affaisser sur lui-même, mort.
Quelques secondes de silence s'écoulèrent, puis Torvin éclata d'un grand rire et tendit ses poings vers le ciel.
« HAHAHAHAHAHAAAAAAAAAAH ! Voilà ce que j'aime le plus dans les grottes : les bêtes qu'on peut y chasser ! Hahaha ! »
« Oui… Vous avez vraiment une vie de rêve… » souffla Sephiroth, haletant.
Lithariel s'approcha de lui.
« Vous allez bien ? » demanda Sephiroth.
« C'est plutôt à vous que je devrais poser la question. Vous avez vu votre état ? » dit la jeune femme avec un sourire.
Sephiroth reconnut qu'elle avait raison : il était couvert de boue et du sang du monstre.
« AH ! Laissez tomber l'hygiène, ça n'a pas sa place dans la chasse ! La crasse, le sang, la sueur ! Ah, c'est ça, la vraie vie ! Et la prochaine fois, je ne vous laisserai pas vous amuser seuls. Vous vous rendez compte que vous étiez partis chasser sans moi, vilains cachotiers ? » dit le nain.
« J'espère qu'il n'y aura pas de prochaine fois avant longtemps, pour moi », dit Lithariel.
« Au fait, comment nous avez-vous retrouvés, maître nain ? » dit Sephiroth.
« Oh… Miriel m'a laissé quelques gardes qui ont déblayé le mur avec moi. Je me suis dépêché de vous rejoindre, tandis qu'elle se charge de commencer l'évacuation. »
« L'évacuation ? »
« Oui. Les étrangers de votre monde sont arrivés il y a une heure. Ils explorent déjà les ruines du village. Tout le monde se prépare à emprunter les tunnels pour sortir par l'issue que je vois derrière ce sale bâtard de graug », dit le nain.
« Ils arrivent ! » souffla Lithariel, catastrophée.
Sephiroth et elle se mirent à courir vers le tunnel, pour rejoindre le peuple de Nùrnen. Torvin les regarda s'éloigner puis haussa des épaules.
Maintenant que le graug était mort, tout le monde ne tarderait pas à emprunter ce tunnel pour sortir par l'issue qu'il voyait au bout.
Resté seul, le nain se tourna vers le monstre mort.
« Bien ! Et maintenant, comment vais-je te sortir de là pour te ramener comme trophée chez moi ? HA ! HA ! HA… ! » s'esclaffa le nain.
