L'homme blond, d'un regard sympathique entouré de rides signe de bon moment, tendait toujours sa main légèrement tremblante vers le jeune comte. Celui-ci jugea d'un regard hautain, d'un premier temps, le signe de salutation avant de mettre sa canne de côté pour lui répondre d'un serrement de main. Ciel se méfiait de l'homme, son instinct n'aimait pas les manières et le visage de Vincent :
" Que nous vaut l'honneur de votre présence dans notre petit village sans grandes histoires ?
— Ne faites pas l'innocent, je pense que vous êtes très bien renseigné sur le pourquoi du comment je suis ici. Renseigné de la même manière que sur ma personne. Monsieur Keegan. Répondit froidement le comte avec toujours sa main dans la sienne "
L'homme fut pris d'un léger spasme, serrant légèrement plus fort et rapidement la main de Ciel. Il lâcha un rire dans un soupir en se détachant de la poignée de main.
" On prend rapidement la mouche à ce que je vois. Excusez moi si je vous ai offensé. Pour m'excusez, accepteriez vous de prendre un thé dans mon humble demeure ? "
Ciel porta son regard vers l'ancienne bâtisse en bois humide, il acquiesça sans un mot et suivit Vincent lui montrant l'entrée d'un geste ample du bras.
L'intérieur de la maison était étrangement vieux et extrêmement humide, Sébastian s'étonnait à retrouver de la moisissure dans certain coin de pièce. Il se retint comme il put de ne pas sortir un simple mouchoir pour nettoyer les lieux. Ciel le rappela à l'ordre d'un raclement de gorge, lui indiquant de venir s'asseoir avec lui à table d'un mouvement de canne. L'homme blond était en train de préparer un thé, il avait du mal à servir la boisson, tremblant. Quelques gouttes ratèrent la tasse, s'écrasant contre la table qui était pourtant assez humide comme ça :
" Avec qui habitez-vous monsieur Keegan ? Demanda le majordome en observant une caisse à jouet près d'un piano dont quelques touches manquées.
— Oh... Mon fils, le plus jeune, et mes deux filles. Excusez mon jeune garçon pour le désordre qu'il a pu mettre. Il a grandis sans mère, j'ai perdu ma femme i ans. "
Un silence s'installa à table, le comte et Sébastian baissant juste légèrement les yeux en signe de condoléance. Vincent eut enfin fini de servir trois tasses salis par une sorte de suie. Il poussa les tasses devant ses invités, tendant une boite avec de minuscule morceaux de sucres à l'intérieur :
" Vous êtes ici pour la disparition des deux jeunes filles c'est ça ? Elles m'ont beaucoup touchées, ces disparitions, on ne vit pas ça tous les jours.
— Vous connaissiez les victimes ? Demanda Ciel en faisant signe à Sébastian d'essuyer le rebord de la tasse.
— La jeune Haley, la fille de l'aubergiste, elle venait souvent jouer avec ma plus jeune fille. Concernant la jeune fille de l'orphelinat, je ne l'a connais que du vue. Si j'ai bien compris c'est parce que monseigneur Timothy, que Dieu bénisse cet homme, a interdit une quelconque sortie possible pour elle. Elle a malheureusement désobéis.
— Vous semblez apprécier énormément Monseigneur Timothy.
— Par tous les saints oui, c'est un homme des plus compréhensifs. Il a été très présent pour moi et ma famille au décès de mon épouse. C'est lui qui montre le chemin du seigneur à mes filles afin qu'elles suivent la bonne parole à travers diverses leçons.
— Je vois... "
Ciel porta la tasse à ses lèvres, cachant une grimace de dégout face à la légère acidité de la boisson. Il jeta un regard en direction d'un cadre photo avec la famille représentée dessus. Il posa sa tasse, ne prenant même pas la peine de finir :
" Je ne vais pas vous importuner encore plus longtemps. L'heure tourne, j'ai besoin de faire un nouveau tour de votre village.
— Très bien... "
Vincent se leva de table afin de raccompagner ses hôtes, il leur ouvrit la porte et les salua d'un léger mouvement de tête. Sébastian mit correctement sa veste avec de se rapprocher de son maitre :
" Qu'en pensez-vous monsieur ?
— Cet homme est un croyant des plus banals, se rattachant à la religion pour affronter un moment dur dans sa vie. Il n'est pas très intéressant. Celui qui attire particulièrement mon attention maintenant c'est ce fameux " Monseigneur Timothy ". Tu as déjà entendu parlé de lui ?
— Il était présent à l'orphelinat quand je m'y suis rendu. Je ne l'ai pas rencontré en personne. Il donnait un cours de pastorale, surement, aux enfants.
— Je dois voir cet homme. Et le meilleur moyen pour ça, et d'assister à la messe pour les victimes qui à lieu demain.
— Faire assister à un démon une messe aillant pour viser de parler directement au seigneur Dieu ? Votre sens de l'humour n'a plus de limite en ce moment monsieur.
— Tais-toi ! Rentrons ! "
