Merci à Juliefanfic et MonaYsa pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Traduction :
Le ab-dollen : Vous êtes en retard
Ú-moe edhored : Il n'y a rien à pardonner
Bonne lecture !
Des renforts inattendus
La nuit commençait à tomber, le soleil descendait lentement dans le ciel.
Miriel et ses amis durent rejoindre le roi et ses capitaines ainsi que ses conseillers au bastion. Des tables avaient été dressées dans la salle principale pour le dîner.
Miriel, Sephiroth, Legolas, Gimli, Boromir et Eowyn prirent une table et mangèrent en silence. Même le nain, pourtant d'un naturel bruyant et d'un excellent, appétit, ne fit guère de bruit et mâcha lentement son repas.
Après cela, Legolas se leva et sortit pour retourner au chemin de ronde. Miriel décida de le suivre. Eowyn se leva et décida de retourner aider les rohirrims dans les rues à préparer des sacs de provisions. Gimli partit se promener sans guère d'entrain dans les rues de la citadelle.
Boromir se leva et sortit à son tour. Sephiroth fit de même. En les voyant tous sortir et partir chacun de son côté, Théoden eut un pincement de cœur. C'était lui qui avait décidé d'emmener tout le monde au Gouffre de Helm. Et même s'il restait persuadé que c'était le meilleur choix pour protéger son peuple, il se sentait mal de voir tous ces étrangers souffrir alors qu'ils essayaient de l'aider.
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Sephiroth arpentait les rues en silence. Les gens vaguaient à leurs occupations, mais certains lui lançaient parfois des regards à la dérobée. Au moins, certaines choses ne changeaient pas d'un monde à l'autre.
Son physique et le mystère qui l'entourait soulevaient des questions. Mais au moins, personne ne se montrait désobligeant ni n'osait l'importuner.
Le jeune homme arriva bientôt sur la muraille. Il trouva Boromir accoudé au rempart, regardant l'horizon avec l'air défait.
Sephiroth hésita. Devait-il rebrousser chemin ou le rejoindre ? Boromir sentit son regard et se tourna vers lui.
« Un souci, l'ami ? » demanda Boromir.
« Non… Je ne supportais pas de rester enfermé au bastion », avoua Sephiroth en venant s'accouder au rempart à ses côtés.
« Comme chacun de nous », dit le Gondorien avec un sourire triste.
Le silence dura un bref instant, puis Boromir reprit la parole.
« Vous aviez raison. La mort est synonyme de fuite. Je n'aurais pas expié totalement mes fautes en mourant. Je le comprends d'autant mieux après avoir combattu les wargs avec vous et les autres… Mais je ne supporte pas l'idée qu'Aragorn soit mort. C'était un ami, un frère d'armes… et aussi le roi du Gondor. La lignée d'Isildur s'est éteinte avec lui, tout comme l'espoir. »
« Personne ne dirige le Gondor en l'absence du roi ? »
« Si, la lignée des intendants. Actuellement, il s'agit de mon père. C'est un homme noble, mais son autorité décroît. Il compte sur moi pour changer les choses. Et c'est ce que je m'efforce de faire depuis des années. Quand j'ai rencontré Aragorn à Fondcombe et appris qui il était… J'étais plein de mépris et de rancœur. Je le voyais comme un lâche, le responsable des malheurs de mon peuple. Je n'ai pas été très aimable avec lui, au début. Cela ne fait qu'accroître ma culpabilité. »
« Je ne suis pas présent depuis longtemps dans le groupe, mais j'ai vu combien vous et Aragorn étiez amis. Je suis sûr qu'il ne vous considérait pas comme un ennemi ou un rival. »
Boromir poussa un soupir frustré.
« Des fois, je me dis que je ne devrais pas être là. Que j'aurais dû mourir sous le coup des flèches de cet urukhaï. Si Aéris n'était pas intervenue pour me sauver… Si votre fille ne m'avait pas donné cette matéria… »
Sephiroth acquiesça en silence. Lui-même avait souvent la sensation que sans Miriel, sa vie aurait été plus courte et insignifiante.
Les deux hommes reprirent leur contemplation de l'horizon en silence.
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Miriel grimpa jusqu'à la tour la plus haute du bastion. Le cor de Helm se trouvait là, prêt à retentir si quelqu'un daignait souffler dedans.
La jeune fille se pencha par la meurtrière et leva la tête. Legolas était assis en tailleur sur le toit et regardait le soleil couchant.
« Legolas ? »
L'elfe baissa les yeux et parut surpris en la voyant.
« Que faites-vous là ? »
« Je vous cherchais. »
La jeune fille grimpa sur le rebord et tendit les mains vers le toit, quand elle sentit les mains de Legolas la saisir aux poignets et la soulever jusque près de lui.
La jeune fille s'assit auprès de lui et regarda un moment l'horizon avec lui. Le ciel était moucheté de nuages gris sombre. Le soleil couchant ressemblait à une perle de feu qui descendait, lentement engloutie dans la terre. Le vent faisait voler les cheveux des deux elfes.
« Quand vous êtes tombée dans le gouffre de Khazad-Dhûm, et que je vous ai cru morte, j'ai senti une part de moi se briser. Comme si je mourrais moi-même de l'intérieur », dit Legolas.
Miriel se tourna vers lui et attendit qu'il continue.
« Estel était un ami cher, je le connaissais depuis plus de soixante ans. Je l'ai aidé dans sa formation de rôdeur. Et penser qu'aujourd'hui, il est mort… »
La jeune fille serra doucement la main du prince dans la sienne.
« Ce n'est pas votre faute. Ni la mienne. »
« Je sais… Mais le pire, c'est que depuis que vous et Gandalf êtes revenus, je ne peux m'empêcher d'espérer que… C'est pure folie, mais… »
« Vous espérez qu'il revienne parmi nous… Tout comme moi. Et je suis sûre que Gimli et Boromir pensent la même chose. »
« Vous ne pensez pas que je suis fou ? »
« Non. J'ai vu tellement de choses incroyables toute ma vie que j'ai vite appris à garder l'esprit ouvert. J'ai voyagé entre les mondes, j'ai invoqué des dieux inconnus sur Arda et j'ai même rencontré l'esprit de mon père biologique revenu d'entre les morts. Alors non, je ne pense pas que vous soyez fou, Legolas. Pas plus que lorsque vous ne m'avez confié votre vœu à Mirkwood que votre royaume soit libéré de l'ombre. »
Legolas sourit en repensant à cet évènement.
« Cela semble si loin… » dit-il sur un ton rêveur.
« C'est vrai. Presque comme une autre vie. On ne se connaissait même pas, à l'époque. »
« Vous aviez une autre apparence. »
Miriel et lui échangèrent un sourire complice. Puis tous deux reprirent leur contemplation du soleil couchant en silence. La tristesse qui régnait dans l'air n'avait pas disparu, mais elle s'était un peu atténuée.
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Le lendemain matin, lorsque Miriel grimpa l'escalier menant au bastion pour trouver de quoi manger, elle trouva Sephiroth, Gimli et Boromir en pleine discussion.
« Eh, les gars ! Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Miriel.
« Ah, bonjour, dame Miriel ! Bien dormi ? » demanda Gimli.
« Ça va. Mais que se passe-t-il ? Vous semblez tous soucieux… » dit la jeune fille.
Sephiroth et Boromir échangèrent un regard.
« Sephiroth et moi pensons qu'il serait bon de préparer les troupes en cas d'une éventuelle attaque », dit Boromir.
« Mais nous ne savons pas comment annoncer la nouvelle sans que le roi le prenne mal », finit Sephiroth.
Miriel fit la grimace. En effet, Théoden risquait de ne pas être très ouvert à une quelconque suggestion. Soudain, des éclats de voix leur parvinrent depuis les portes de la forteresse.
« Que se passe-t-il ? » demanda Boromir.
Miriel plissa les yeux. Elle vit un cavalier debout sur une colline surplombant le plateau, loin devant la citadelle.
« Un cavalier arrive… C'est… Aragorn ?! » dit l'elfe, incrédule.
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Aragorn était fatigué, mais heureux que Brego franchisse enfin les portes de Helm. Des rohirrims s'amassèrent autour de lui, ébahis de le revoir.
« Il est vivant ! » s'écria quelqu'un.
Soudain, une voix grave et menaçante s'éleva.
« Où est-il ? Où est-il ?! Laissez-moi passer, je vais le tuer ! » rugit Gimli en bousculant la foule sur son passage.
Arrivé devant le rôdeur, il sourit.
« Vous êtes l'homme le plus malin et le plus chanceux que j'ai jamais rencontré… Soyez béni, ami ! » dit le nain en serrant Aragorn contre lui.
Le rôdeur sourit, quand il vit Boromir, Miriel et Sephiroth apparaître à leur tour. Boromir lui saisit l'épaule en une accolade fraternelle.
« Vous vouliez nous fausser compagnie ou vous avez décidé de prendre exemple sur Gandalf et Miriel ? » dit le gondorien sur le ton de la plaisanterie.
Aragorn lui répondit par un léger rire. Miriel s'approcha et le serra dans ses bras.
« Vous nous refaites ce coup-là, et je jure sur les valars que je vous jette un sort avec mon anneau ! » dit la jeune femme.
« Je ne l'oublierai pas, mellon nîn », dit le rôdeur en reculant.
Sephiroth le salua d'un hochement de tête, puis l'examina rapidement avant de dire :
« On a du mal à croire que vous avez pris un bain dans la rivière, vu votre état. »
« Seph ! » dit Miriel sur un ton mi-amusé mi-agacé.
Aragorn eut un haussement d'épaules amusé, quand il reprit l'air sérieux.
« Dites-moi, où est le roi ? »
Tous le guidèrent vers l'escalier menant au bastion. Legolas attendait devant les portes. En voyant le rôdeur, il sourit.
« Le ab-dollen… Vous avez une mine affreuse », dit Legolas, avec un air faussement critique.
« Je sais, on me l'a déjà dit », dit Aragorn avec un léger rire.
Legolas sortit le médaillon d'Arwen de sa poche et le lui remit. Le rôdeur regarda le prince de Mirkwood avec surprise. Son ami lui offrit un sourire complice.
« Hannon le », dit Aragorn.
Puis, sans plus attendre, il ouvrit les portes du bastion et entra, suivi de ses compagnons.
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« Une grande armée, dites-vous ? » répéta Théoden.
« Oui. L'Isengard s'est vidé », dit Aragorn.
« Combien ? »
« Au moins dix milles. »
Le roi se tourna vers le rôdeur avec l'air choqué.
« Dix milles ?! »
« C'est une armée conçue dans un seul but : détruire le monde des hommes. Ils seront là à la nuit tombée. »
Théoden parut un instant figé, avant de finalement se diriger vers les portes.
« Eh bien, qu'ils viennent ! »
Suivi d'Aragorn et ses amis, il se mit à donner des ordres à ses capitaines puis à arpenter le bastion, cherchant les failles à colmater les endroits vulnérables à protéger en priorité.
Sephiroth mourrait d'envie de lui faire part de ses conseils, mais Gimli le devança à l'entrée, alors que le roi parlait de protéger la chaussée d'en haut.
« Nul n'a jamais réussi à entrer dans Fort-le-Cor et à en ressortir vivant », dit le roi avec l'air sûr de lui.
« Il ne s'agit pas de stupides orques, il s'agit d'urukhaïs ! Leurs armures sont épaisses, et leurs lames solides tout comme leurs boucliers. »
Agacé, le roi s'approcha de lui avec l'air hautain.
« J'ai déjà connu maintes guerres, maître nain. Je sais comment défendre ma citadelle. »
Puis il se dirigea vers le chemin de ronde.
« Ils se briseront sur ces murs comme l'écume sur les rochers. Les orques brûleront les récoltes et les maisons, mais cela, nous l'avons déjà vu. Les maisons peuvent être reconstruites, les fermes replantées. »
Aragorn n'y tint plus et décida de parler.
« Ils ne viennent pas piller les maisons et brûler les récoltes, ils viennent pour tuer le peuple ! Jusqu'au dernier enfant… »
N'y tenant plus, Théoden se retourna et saisit Aragorn par son gilet de cuir.
« Que voulez-vous que je fasse ?! Regardez mes hommes. Leur courage ne tient qu'à un fil. Si telle doit être notre fin, alors je ferai en sorte qu'elle reste dans les mémoires ! »
« Et qui sera là pour s'en souvenir, si vous mourez tous ? » dit Sephiroth.
Théoden le fusilla du regard.
« Nous essayons juste de vous conseiller. Vous avez besoin d'aide, monseigneur ! Envoyez des cavaliers en quérir », dit Boromir.
« Et qui répondra ? Les elfes ? Les nains ? Nous n'avons pas la chance d'avoir autant d'amis que vous. Les Anciennes Alliances sont mortes. »
« Le Gondor répondra », dit Aragorn.
« Le Gondor ?! Où était le Gondor quand l'Ouestfolde a brûlé ? Où était le Gondor quand nos ennemis nous ont encerclés ? Où était le Gond… » dit Théoden, furieux.
Boromir libéra Aragorn de la poigne du roi et se planta devant lui avec l'air furieux.
« Croyez-vous que nous restons cachés dans nos cités ? Nous menons nos propres batailles, nous aussi ! Chaque jour, mon peuple subit les assauts du Mordor qui est à ses portes ! J'ai moi-même combattu pendant des années, j'ai regardé mourir des hommes et des amis ! J'ai dû annoncer à de nombreuses veuves le décès de leurs maris ! Cela fait des années que le Gondor est en guerre ! » protesta Boromir.
« Cela confirme ce que je dis, seigneurs Boromir et Aragorn : nous sommes seuls », conclut Théoden d'une voix lasse, avant de s'en détourner pour poursuivre son chemin avec Gamelin.
Dépités, les six compagnons se regardèrent avec tristesse et impuissance. Lentement, ils descendirent et prirent le chemin de l'armurerie.
Un mouvement de rassemblement commençait déjà : les soldats obligeaient des hommes âgés à se lever pour les suivre à l'armurerie.
Soudain, une voix féminine résonna dans la foule. Eowyn les rejoignit avec l'air en colère.
« Monseigneur ! Aragorn ! On m'envoie dans les cavernes avec les femmes et les enfants. »
« C'est une honorable mission », approuva Aragorn.
« S'occuper des enfants, préparer la nourriture et lit en attendant le retour des hommes… Quelle gloire y-a-t-il à cela ?! » dit la jeune femme, l'air indigné.
« Gente dame, un jour, ce courage-là sera reconnu. Sur qui comptera votre peuple en dernier recours ? »
« Laissez-moi combattre à vos côtés. Miriel est bien une femme et elle vous suit dans toutes vos aventures depuis des mois ! »
« Je ne suis pas sous les ordres du roi Théoden. Je suis une garde de la Lorien. Si le seigneur Celeborn et la dame Galadriel ne m'en donnent pas l'ordre, alors je ne vais pas dans les cavernes », dit Miriel.
« Je n'ai pas le pouvoir d'en décider », dit Aragorn.
Aragorn fit mine de s'éloigner, quand Eowyn répliqua :
« Vous emmenez pourtant les autres ! Ils veulent se battre à vos côtés et pourquoi ? Parce qu'ils vous aiment ! »
Aragorn la regarda, puis baissa tristement les yeux.
« Pardonnez-moi », souffla Eowyn, avant de reprendre sa route avec les autres.
Le petit groupe n'eut d'autre choix que de se rendre à l'armurerie. Là, ils regardèrent les soldats qui équipaient les personnes âgées, mais aussi des enfants ! Sephiroth en fut choqué. Certains avaient le même que Miriel quand il l'avait recueillie toute petite.
« Fermiers, forgerons… Aucun n'est un soldat », dit Aragorn.
« La plupart ont déjà vu passer trop d'hivers », dit Gimli.
« Ou trop peu ! » dit Legolas.
« Même moi, je n'aurais pas choisi d'en arriver là. Les vieillards… Les enfants… » dit Boromir en secouant la tête avec accablement.
« Regardez-les : ils sont terrorisés. Ça se lit dans leurs yeux », dit Legolas.
Tout le monde cessa ses activités pour se focaliser sur l'elfe. Miriel le regardait aussi avec l'air choqué.
« Il y a de quoi. À 300 contre 10 000 ? » dit le prince en elfique, sur un ton désabusé.
« Ils se défendront mieux ici qu'à Edoras », répondit Aragorn.
« Aragorn, c'est une bataille qu'ils ne peuvent gagner. Ils mourront tous ! » dit le prince.
« Alors, je mourrai comme l'un d'entre eux ! » répliqua Aragorn, avant de faire demi-tour et sortir de l'armurerie.
Legolas voulut le suivre, mais Gimli l'arrêta.
« Laissez-le, mon ami. Laissez-le », dit le nain.
Énervé, le prince fit volte-face et s'en fut à grands pas vers un couloir au fond. Miriel décida de le suivre. Legolas traversa le couloir et arriva dans une salle isolée, servant de remise aux plus vieilles armures.
Là, il s'appuya contre une table en inspirant profondément. Miriel referma doucement la porte derrière elle et s'appuya contre le bois en le regardant. Les épaules de l'elfe tremblaient. Il devait vraiment avoir du mal à contenir sa colère.
« Comment peut-il faire ça ? Nous avons cru le perdre, et voilà qu'il souhaite déjà retourner défier la mort ! » dit le prince d'une voix tremblante de colère et d'incompréhension.
« Il a l'espoir. Tout comme moi. Pourquoi baissez-vous les bras, tout à coup ? »
« Parce que… parce que cette fois, c'est sans espoir ! Nous ne sommes pas assez nombreux ! Nous ne gagnerons pas… »
« J'ai vu ma cité natale tomber sous mes yeux, j'ai vu les orques envahir les rues et massacrer mon peuple. J'ai vu Sauron battre mon père et le faire prisonnier. J'ai connu l'horreur des laboratoires et cru qu'il n'y avait aucun espoir. Pourtant, j'ai été recueillie par un homme qui n'avait aucune raison de s'encombrer d'une fillette venue d'un autre monde. »
Legolas secoua la tête.
« Là, c'est différent ! Il s'agit de se battre contre une armée qui nous est bien trop supérieure en nombre ! »
Miriel s'approcha et posa la main sur son épaule. Le prince se dégagea d'un geste brusque. La jeune fille en fut stupéfaite, puis agacée.
« Bon, j'ai compris ! Faites votre défaitiste dans votre coin si vous voulez, moi, je retourne me préparer. »
« Êtes-vous folle, vous aussi ? Vous devriez aller dans les cavernes… »
« Non ! Je l'ai déjà dit, je ne réponds des ordres de personne dans cette forteresse. Et surtout pas des vôtres, prince Legolas ! » dit la jeune fille sur un ton caustique.
Elle se détourna, quand elle sentit l'elfe la saisir par le bras.
« Lâchez-moi, vous me faites mal ! » dit la jeune fille sans se retourner.
« Non, désolé. Pas cette fois… »
Miriel se tourna vers lui pour lui cracher sa colère à la figure. Mais alors qu'elle ouvrait la bouche, Legolas se pencha et posa ses lèvres sur les siennes.
D'abord stupéfaite, Miriel se raidit et posa sa main libre sur son épaule pour se dégager. Ses doigts se crispèrent… avant de se détendre et de serrer l'épaule de l'elfe pour le rapprocher d'elle.
Sans cesser de l'embrasser, Legolas l'enlaça plus tendrement. Lorsque le baiser prit fin, tous deux restèrent enlacés, front contre front.
« N'y va pas… S'il te plaît, ne risque pas ta vie ce soir… » dit le prince dans un souffle.
« Je le dois, Legolas. Surtout après ce que tu as fait. Si tu combats avec les autres, je te suivrai jusqu'au bout. »
« C'est ta façon de me dire que je n'aurais pas dû t'embrasser ? » dit le prince sur un ton mi-plaisantin mi-inquiet.
Miriel eut un léger éclat de rire. Tous deux s'embrassèrent une nouvelle fois, avant de rompre leur étreinte pour retourner à l'armurerie.
La nuit était tombée, les hommes commençaient à se positionner sur les murailles de la forteresse.
Lorsque les jeunes gens arrivèrent à la salle d'armes, elle était pratiquement déserte.
Ils se dépêchèrent de s'équiper. Tous deux optèrent pour des épaulettes. Les armures humaines étaient trop lourdes et encombrantes comparées à celles que confectionnaient les elfes, mais ils ne pouvaient se payer ce luxe pour ce soir.
Du bruit leur parvint un peu plus près de l'entrée. Ils s'approchèrent et virent Aragorn, Boromir et Sephiroth en train de s'équiper.
Legolas s'approcha sans un bruit et saisit l'épée d'Aragorn posée sur la table. Il la lui tendit. Le rôdeur se tourna vers lui avec surprise.
« Nous avions eu raison de vous suivre jusqu'ici. Pardonnez-moi, j'ai eu tort de désespérer. »
« Ú-moe edhored, Legolas », dit Aragorn en elfique.
Tous deux se serrèrent l'épaule en un geste amical. Boromir regarda l'équipement du prince et de Miriel avec l'air critique.
« Vous ne portez pas plus de protections que ça ? »
Comme Aragorn, Boromir avait passé une cotte de mailles sous sa tunique et ajouté des épaulettes. Il n'avait pas pris de plastron d'armure, car il n'en avait trouvé aucun à sa taille.
« Non, cela nous suffit. En plus, nous avons chacun une cotte de maille en mithril sous nos tuniques », dit Miriel.
Boromir regarda Sephiroth avec une moue sceptique.
« Et vous, alors ? Vous n'avez quasiment rien changé. »
« Je me suis toujours battu comme ça. Et ce n'est pas ce soir que ça va changer », dit Sephiroth en secouant la tête.
Juste à ce moment, Gimli arriva devant le groupe, vêtu d'une longue cotte de mailles dont il tenait les bouts dans les mains.
« Raaaah ! Si on avait le temps, je ferais ajuster cette cotte ! » dit-il en la laissant tomber de tout son long par terre.
Boromir et Miriel éclatèrent de rire tandis que les autres se permirent des sourires amusés.
« Elle est un petit peu serrée à la poitrine », dit le nain avec l'air critique.
« Au moins, elle vous couvre des pieds à la tête… pas comme certains », dit Boromir.
« Boromir ! » dit Miriel, faussement agacée.
Le capitaine du Gondor répondit par un sourire innocent. Soudain, un bruit de cor retentit.
« Ce n'est pas un cor d'orque… ! » dit Legolas.
Tous se dépêchèrent de sortir de l'armurerie et de courir aux portes de la forteresse. Celles-ci étaient ouvertes, laissant entrer une armée.
Pas une armée d'orques, mais d'humains. Miriel et Sephiroth reconnurent immédiatement les armures grises et dorées des soldats de Nùrnen.
Théoden descendit les escaliers tandis que l'armée arrivait devant lui, menée par Lithariel. Cette dernière inclina respectueusement la tête devant le roi.
« Comment est-ce possible ? » dit Théoden, stupéfait.
« J'apporte la parole de la reine Marwen, reine du rivage. Saroumane est depuis des années l'ennemi de notre peuple. Aujourd'hui, il est le vôtre. Nous avons donc un ennemi en commun. »
Miriel et ses compagnons apparurent derrière le roi. En les voyant, Lithariel inclina de nouveau la tête.
« Nous sommes venus vous aider à gagner cette bataille. »
Folle de joie, Miriel descendit les escaliers et prit la princesse dans ses bras. Surprise, celle-ci finit par lui rendre son étreinte avec un sourire.
« Comment avez-vous fait pour arriver ici ? Où étiez-vous donc passés quand nous avons quitté Gaïa ? » dit la jeune femme elfe en reculant pour la regarder.
« Moi et mon peuple avons atterri en Lothlorien. La dame Galadriel et le seigneur Celeborn nous ont offert asile le temps de reprendre des forces. La dame du Bois Doré et ma mère ont longuement discuté entre elles avant de me faire regarder dans le miroir de Galadriel. J'y ai vu la bataille qui allait être menée ici. Ma mère a alors décidé que mon destin serait de venir ici pour vous prêter main-forte. »
« Et vous êtes plus que bienvenus ! » dit Miriel.
Sephiroth s'approcha à son tour et serra le poignet de Lithariel en un geste amical qu'elle lui rendit.
Reprenant son sérieux, la guerrière se tourna vers le roi du Rohan.
« Le peuple de la Lothlorien déplore de ne pouvoir vous prêter assistance, car eux-mêmes sont assaillis par des troupes d'orques dans leurs bois. Mais les seigneurs du royaume elfique vous envoient leur soutien, ainsi que celui de la reine Marwen. L'armée de Nùrnen est à votre service, seigneur Théoden » dit Lithariel sur un ton plus formel.
Le roi acquiesça avec, pour la première fois, de l'espoir dans les yeux.
Tandis que Théoden, Boromir, Aragorn et les capitaines du Rohan aidaient les troupes de Nùrnen à se placer sur les remparts avec les rohirrims, Sephiroth prit Lithariel à part.
« Genesis et Torvin ne sont pas avec vous ? » demanda le jeune homme.
« Je savais que vous me poseriez cette question. Non, je ne les ai pas vu à mon réveil. Les éclaireurs de la Lothlorien ont ratissé la forêt, mais ils n'ont trouvé personne d'autre que moi et les miens. Je suis désolée, Sephiroth. »
L'argenté secoua la tête.
« Ce n'est rien. Je suis heureux de vous revoir. »
Ces mots le surprirent lui-même. Il n'était pas du genre à se confier sur ce genre de choses. Mais en effet, la présence de la jeune femme le réjouissait énormément. Il réalisait à présent combien elle lui avait manqué. Flattée, celle-ci baissa humblement la tête.
« Vous ne portez plus le médaillon que vous avait fait Talion ? » dit Sephiroth.
« Non, je… J'ai fini par tourner la page », dit la princesse en essayant de garder son flegme.
Sephiroth acquiesça, avec une lueur de joie dans les yeux.
Un peu plus loin, adossée à un mur, Miriel les observa en haussant un sourcil.
Intéressant… pensa la jeune fille, avant de se détourner pour rejoindre Legolas et Gimli sur le rempart où étaient positionnés les archers.
