C'était déjà l'heure du diner, l'après-midi était passé à une allure folle, Ciel avait eut le temps de faire une certaine reconnaissance des lieux. La bâtisse était des plus ordinaires pour un orphelinat à vrai dire, rien de bien étrange avait attiré son attention.
Un odeur de nourriture traversait les couloirs, elle n'était pas appétissante, on pouvait à peine deviner qu'est-ce qu'y était en train d'être cuisiner. Les enfants furent appeler, ils descendirent afin de se mettre à table. La mère supérieure prit un ton autoritaire, pour changer de ses habitudes, et ordonna à ce que chacun joignent ses mains pour une "prière symbolique" :
" Merci ô seigneur Dieu et créateur de toute chose sur cette Terre bénie de bien vouloir nous permettre de profiter d'un si bon repas. Protège nous et protège cette bâtisse comme tu l'as si bien fait jusqu'à ce jour. Nous te remercions. "
Un "Amen" retentit dans la salle à la fin des paroles de la mère. Seul Ciel n'avait rien dit, gardant un oeil ouvert durant toute la prière. Une chose retint son attention, les enfants avaient cette "bouillie" comme repas, alors qu'à la table de Monseigneur Timothy et de la vieille religieuse, il y avait là un festin pour au moins une bonne dizaine de personnes. Dès la prière terminée, Timothy se jeta comme un porc sur la nourriture, mangeant en saisissant la nourriture à pleine main. En l'observant il y avait de quoi dégoûter les plus affamés, cette règle ne marchait pas sur la mère supérieure apparemment, elle le regardait avec un sourire attendrit, comme celui d'une mère qui regarde son bébé mangeait. Ciel grimaça en regardant la scène, il sentit une main tiré sur la manche de sa chemise, il se retourna vers sa voisine de banc, Alisson :
" C'est toujours comme ça...
— De quoi ? Répondit Ciel en fronçant les sourcils
— Les villageois nous apportent le peu de récolte qu'ils ont pour nous nourrir, et c'est tout pour la pomme des gugusses. Nous on doit se contenter de cette merde... Tu devrais pas les regarder manger si tu ne veux pas d'ennuie.
— Et les autres soeurs ne mangent pas avec eux ?
— Elles sont envoyer dans la pièce derrière la chapelle pour manger la même bouillie que nous. Nous sommes traités comme des animaux, pour les soeurs j'ose même pas en parler.
— SILENCE ! QUI OSE PARLER ! Hurla la vieille femme en se levant de sa chaise "
Ciel tourna en vitesse la tête vers son assiette, se forçant à avaler chaque cuillère de l'abominable substance. Sa voisine l'aida à finir, comprenant le manque d'habitude à manger cette chose. A la fin du repas, les enfants furent envoyer dans leur chambre, Benjamin anciennement Ciel partageait la même chambre que Francis, l'enfant aillant l'air le plus sympathique. L'enfant tapa son oreiller et regarda avec un sourire Ciel :
" Tu vas t'y faire tu verras, au bout d'un certain temps on oublie certains détails, on les voit même plus.
— Certains détails ?
— Ouais, comme la nourriture, les prières, les messes... Par contre même avec tout le temps du monde on peut pas oublier la vieille bique ! S'autorisa à rire un peu Francis. "
Benjamin ne rigola pas, trop occupé à réfléchir. Il s'assit sur son lit, les yeux toujours perdu dans le vide :
" Ils ferment nos portes le soir ?
— Ça arrive, quand la vieille oublie pas de passer. Trop feignante de monter à l'étage le soir généralement, elle se contente de nous hurler les risques si on sort et part se coucher. Pourquoi ? Tu veux déjà te faire la malle ?
— Ce n'est pas dans mes projets rassures toi.
— Je serais le dernier à te juger pour ça tu sais, j'ai essayé plus d'une fois de sortir de cet enfer. Puis je me suis fait une idée, et je me suis dit que je resterais ici pour les autres. "
Benjamin le regarda, voulant s'assurer qu'il était honnête dans ses paroles, Francis en avait l'air. Il acquiesça silencieusement avant d'entendre quelqu'un hurler en bas :
" JE VOUS RAPPELLE QUE SI VOUS SORTEZ DE VOS CHAMBRES C'EST LE MARTINET QUI VOUS ATTEND, DONNER PAR MONSEIGNEUR TIMOTHY EN PERSONNE. IL EST TROP TARD POUR ALLER AUX TOILETTES, POUR BOIRE, POUR RECUPERER QUELQUE CHOSE DANS LA CHAMBRE VOISINE. MAINTENANT ON SE COUCHE ET ON DORT EN N'OUBLIANT PAS DE PRIER UNE DERNIERE FOIS NOTRE SEIGNEUR TOUT PUISSANT CREATEUR DE NOTRE MONDE, SANS LUI VOUS NE SERIEZ PAS PARMIS NOUS. "
Les lumières s'éteignirent les une après les autres. Les soeurs passant dans les couloirs pour éteindre les vieilles chandelles. Francis monta la couette jusqu'à son nez souhaitant une agréable nuit à son "colocataire". Ciel l'imita, mais ne s'endormit pas. Il avait une idée derrière la tête.
Il attendit que tout le monde paraisse endormi avant de sortir de sa chambre, marchant le plus lentement possible pour éviter de faire craquer le parquet. Il passa un regard par dessus la rambarde des escaliers pour examiner une éventuelle présence. Il remarqua que le bureau de la mère était à moitié ouvert. Prenant son courage à deux mains, il descendit et poussa lentement la porte. Personne. Il avait très peu de temps, il s'empressa de regardé le dessus du bureau, des prières, des crucifix, des factures... Il ouvrit un des tiroirs :
" Qu'est-ce que... Un livre satanique... ? "
Ciel prit le livre en main et essuya avec sa manche de pyjama la couverture poussiéreuse. Un craquement vint à son oreille, alarmé, il se baissa et se cacha sous le bureau. Des bruits de pas se firent entendre, beaucoup plus nettement.
