Merci à Luna dans les Étoiles, Juliefanfic, Monaysa, Cihanethyste et Orellia pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
De surprenantes déclarations
La forêt de Fangorn respirait le danger.
Le petit groupe de cavaliers qui la traversait n'était guère à l'aise au milieu de ces arbres grondants.
Gandalf menait la marche d'un air assuré, Théoden et Eomer juste derrière lui.
Aragorn et Boromir jetaient parfois des coups d'œil inquiets aux arbres qui grondaient lorsqu'ils s'approchaient d'eux.
Miriel et Legolas regardaient avec curiosité, presque émerveillement la forêt.
Gimli semblait mal à l'aise.
Sephiroth regardait les arbres avec méfiance. Il se souvenait de la première fois qu'il avait rencontré Miriel, quand elle n'était qu'une fillette de quatre ans. À cette époque, elle avait donné de la force à un arbre qui avait envahi le laboratoire d'Hojo où elle était retenue prisonnière. Il n'avait guère envie de se risquer à toucher un arbre, de peur de revivre le combat mental qu'il avait mené avec lui qui voulait protéger l'elfe sur Gaïa.
Moins d'un mètre derrière lui, Lithariel semblait elle-même sur ses gardes, une main sur les rênes de son cheval, l'autre sur le manche de son épée dans son fourreau.
Torvin n'était pas venu avec eux, car il avait décidé, après la bataille au Gouffre de Helm, de repartir pour les Montagnes Bleues. Le nain était par nature un chasseur solitaire, la proximité avec tant de monde ne lui plaisait que moyennement. Et il voulait trouver un autre gros gibier à chasser, maintenant qu'il était de retour sur Arda.
Bientôt, les cavaliers quittèrent la forêt pour arriver devant un mur d'enceinte brisé. De l'autre côté, ils pouvaient voir la tour d'Orthanc qui se dressait vers le ciel.
« Bienvenue, gentes dames et messeigneurs, en Isengard ! » clama Merry, debout sur le mur, une pipe à la main.
Miriel eut un grand sourire en le voyant. Pippin se tenait assis près de lui, fumant également la pipe et une chope de bière à la main.
Tandis que les autres souriaient ou regardaient les Hobbits avec surprise, Gimli poussa un cri de colère.
« Oh, jeunes coquins ! Une belle chasse dans laquelle vous nous avez entraînés ! Et vous ne pensez qu'à… à festoyer et à fumer ! »
« Nous sommes assis, sur le champ de la victoire, goûtant un repos bien mérité. Le porc salé est particulièrement savoureux », dit Pippin.
« Le porc salé ? » demanda le nain, fort intéressé.
« Humpf ! Les Hobbits », rumina Gandalf.
« Nous sommes sous les ordres de Sylvebarbe, qui a pris le contrôle de l'Isengard », dit Merry.
« Vous avez donc mené vos propres combats, les amis ? » dit Miriel.
Les Hobbits se tournèrent vers la source de cette voix et parurent surpris puis heureux en la voyant.
« Miriel ?! » dit Merry.
« Vous êtes revenue ! » s'écria Pippin.
Délaissant leur nourriture, les Hobbits sautèrent du mur et se précipitèrent vers elle. Miriel se dépêcha de sauter de cheval pour courir vers eux. Elle se mit à genoux en leur tendant les bras. Elle fut renversée par les deux Hobbits au sol.
« Holà ! Doucement, les gars ! Je sors juste d'une grande bataille, je suis pleine de courbatures. Allez-y mollo ! » dit l'elfe.
« Non, pas de pitié pour vous ! » dit Merry.
« On s'est fait un sang d'encre pendant des semaines ! » dit Pippin.
« Allons, mes amis ! Ayez pitié d'une pauvre dame sans défense ! » dit Boromir, en riant aux éclats.
Les Hobbits levèrent la tête et poussèrent de nouveaux cris de joie.
« Boromir ! » crièrent-ils en chœur.
Le Gondorien descendit de cheval et, riant aux éclats, fut lui aussi renversé par les deux semi-hommes. Tous regardèrent la scène avec des sourires attendris et amusés.
Aragorn, Gimli et Legolas descendirent de cheval pour venir saluer leurs deux amis. Finalement, Gandalf décida que le roi Théoden, Eomer, Gamelin et lui iraient inspecter l'avant tandis que les autres pourraient se reposer un peu et profiter de leurs retrouvailles.
Tandis les quatre cavaliers s'éloignaient, les Hobbits remarquèrent les deux derniers arrivants, qui étaient descendus de cheval sans pour autant s'approcher.
« Aragorn ? Qui sont ces gens ? » demanda Pippin curieux.
« Oh, veuillez nous pardonner, nous manquons à tous nos devoirs. Les amis, voici Lithariel, fille de Marwen et princesse héritière du trône de Nùrnen. Elle et son peuple nous ont été d'un grand secours lors de la bataille du Gouffre de Helm », dit Aragorn.
La jeune femme s'approcha et inclina la tête avec un sourire poli. Ses yeux dévisageaient les deux hobbits avec curiosité.
« Ma mère m'avait dit autrefois que les semi-hommes auraient un rôle déterminant dans le futur de ce monde. Je n'y ai jamais cru, mais quand je vois dans quel état se trouve l'Isengard… Je ne vous serais jamais assez reconnaissante d'avoir vaincu ce maudit magicien, après tout ce qu'il a fait à mon peuple ! »
« Tout le plaisir est pour nous, ma dame », dit Merry en s'inclinant.
« Ravi de vous rencontrer », dit Pippin en exécutant le même geste.
« Et enfin, voici Sephiroth, le père adoptif de Miriel », finit Aragorn.
« Quoi ?! » s'écrièrent les Hobbits en le regardant avec des yeux ronds.
Malgré leur réaction, Sephiroth garda un air impassible. Les deux Hobbits le regardèrent un moment sans y croire, avant de s'approcher de lui avec l'air curieux.
« Vous venez du monde dont Miriel nous a parlé ? Gaïa ? » dit Merry.
« C'est ça », dit l'ex-Soldat.
« … Vous avez des matérias sur vous ? »
« Pippin ! » dit Miriel.
« Parce que Miriel nous a juste laissé celles de soin, et on aurait aimé en avoir d'autres, plus puissantes ! Vous en avez, dites ? »
Sephiroth ne put retenir un sourire amusé devant l'attitude du semi-homme. On aurait dit deux enfants quémandant de nouveaux jouets.
« Dites donc, jeunes coquins, nous aussi on a des questions ! Pour commencer, où avez-vous trouvé la nourriture ? » dit Gimli.
Tout contents, les hobbits les conduisirent au garde-manger de Saroumane. Là, ils racontèrent leurs aventures à leurs compagnons.
Une fois leur histoire finie, Miriel dut raconter aux deux Hobbits ce qui lui était arrivé depuis sa chute dans la Moria. Lorsqu'elle eut fini, le silence dura un moment.
Finalement, Pippin prit la parole.
« Vous savez, Miriel, j'ai essayé de vous faire revenir quand on était tous en Lothlorien. Je me sentais personnellement coupable de ce qui s'était passé, alors… »
Miriel posa une main réconfortante sur l'épaule de son ami.
« C'est du passé, Pippin. Aujourd'hui, nous sommes tous réunis et nous avons gagné une grande victoire face à notre ennemi. Alors arrêtons de broyer du noir, d'accord ? »
« Bien dit ! Je déteste broyer du noir pendant le repas, ça gâte le goût de la bière ! » dit Gimli.
Tous eurent un léger sourire en entendant cela. Gandalf et les rohirrims ne tardèrent pas à revenir.
« Venez tous. Il est temps que nous ayons une petite discussion avec Saroumane » dit le magicien.
Chacun remonta sur son cheval. Aragorn prit Pippin derrière lui. Boromir prit Merry.
Le groupe se mit en route à travers l'Isengard inondé. Il fallut tout de même effectuer quelques détours pour éviter des zones où l'eau était trop profonde pour les chevaux.
Tous eurent le souffle coupé en apercevant les Ents.
Sephiroth avait déjà entendu Miriel lui parler d'eux quand elle était enfant. Mais il n'y avait jamais cru. Et maintenant qu'il les regardait, il n'en revenait pas. On aurait dit des arbres qui avaient tenté de se changer en humains sans grand succès. Grands, avec des bras et des jambes couverts d'écorce et de feuilles, ils fixaient les nouveaux venus de leurs yeux dorés comme des perles d'ambre. Ils se mouvaient plutôt lentement et produisaient des craquements à chaque mouvement.
L'un d'entre eux s'approcha de Gandalf.
« Jeune Maître Gandalf, je me réjouis de votre venue. Le bois et l'eau, les troncs et la pierre, je maîtrise. Mais il y a un magicien à mater ici, enfermé dans sa tour », dit le vieil Ent.
Aragorn leva la tête vers la tour.
« Montrez-vous », dit-il dans un murmure empli de menaces.
« Prudence ! Même vaincu, Saroumane est dangereux », dit Gandalf.
« Roh, coupons-lui la tête et qu'on en finisse ! » dit Gimli.
« Non ! Il nous le faut vivant. Il faut qu'il parle », dit Gandalf.
Soudain, une voix retentit depuis le haut de la Tour. Sephiroth se crispa. Il sentait une magie étrange dans cette voix, comme une sorte de langueur… Cela lui rappelait désagréablement Jenova, lorsqu'elle avait commencé à lui parler à Nibelheim, avant qu'il cède à son contrôle.
Levant les yeux comme tous les autres, il aperçut un vieil homme au sommet de la tour.
Il portait un habit blanc ressemblant à celui de Gandalf, mais sale et déchiré. Sa barbe et ses longs cheveux étaient en désordre. Il s'appuyait contre son bâton de magicien comme s'il était fatigué. Gimli regarda alternativement Gandalf et Saroumane puis hocha de la tête.
« Semblables et dissemblables », dit le nain.
Sephiroth se souvint alors des explications que Miriel lui avait données sur les magiciens de la Terre du Milieu. À l'origine, Saroumane était le magicien blanc, l'incarnation de la magie pure. Et Gandalf juste un mage gris, d'un rang inférieur. Pourtant, en les regardant, il se dit que Gimli avait raison. Gandalf avait un statut de mage blanc rayonnant, tandis que Saroumane incarnait le pouvoir souillé, affaibli par les ténèbres.
« Vous avez mené bien des guerres et tué nombre d'hommes, roi Théoden. Et vous avez quand même fait la paix, après cela. Ne pouvons-nous tenir conseil comme nous l'avons fait jadis, mon vieil ami ? Ne pouvons-nous faire la paix, vous et moi ? »
« Nous ferons la paix, répondit Théoden. Nous ferons la paix… lorsque vous répondrez de l'embrasement de l'Ouestfold ! Et des enfants qui y gisent sans vie ! Nous ferons la paix lorsque les vies des soldats, dont les corps furent dépecés devant les portes de Fort le Cor, seront vengées ! Lorsque vous pendrez au sommet d'un gibet pour le plaisir de vos propres corbeaux… Nous aurons la paix ! » dit le roi du Rohan d'une voix grondant de colère.
« Gibets et corbeaux… vieux radoteur ! Que voulez-vous, Gandalf le Gris ? Laissez-moi deviner : les clefs d'Orthanc ? Ou peut-être même les clefs de Barad-Dûr ? Avec les couronnes des sept rois et les baguettes des cinq magiciens ! »
« Votre traîtrise a déjà coûté maintes vies. Des milliers sont encore en péril, mais vous pouvez les sauver, Saroumane. Vous étiez dans les secrets de l'ennemi », dit Gandalf.
Saroumane haussa un sourcil amusé.
« Alors, vous êtes venus en quête d'informations. J'en ai pour vous. »
Avec un sourire machiavélique, il brandit son Palantir. Tous retinrent leur souffle. La boule de cristal noire semblait renfermer une flamme menaçante, comme une créature de feu qui rugissait.
« Quelque chose gronde en Terre du Milieu. Quelque chose que vous avez omis de voir. Mais le Grand Œil l'a vu, lui. Même maintenant, il met à profit cet avantage. Il attaquera très bientôt. »
Gandalf donna une petite tape à Gripoil, qui s'avança plus près de la tour.
« Vous allez tous mourir. Mais vous savez déjà cela, n'est-ce pas, Gandalf ? »
Les Hobbits baissèrent les yeux avec l'air désespéré.
« Vous ne pouvez croire que ce rôdeur puisse un jour s'asseoir sur le trône du Gondor. Cet exilé sorti de l'ombre ne sera jamais couronné roi », poursuivit le magicien.
Aragorn fusilla Saroumane du regard.
« Ce n'est plus à vous de décider qui mérite d'être roi. Aragorn est digne de la couronne du Gondor. Les portes de Minas Tirith lui seront grandes ouvertes, j'en fais le serment ! » répliqua Boromir.
« Oh, vraiment ? Vous pensez vraiment ce que vous dites, fils de Denethor ? J'ai vu votre père. Il n'est plus que l'ombre du grand homme qu'il était autrefois. Ne vous a-t-il pas envoyé à Fondcombe pour dérober l'Unique ? Que vaut la parole d'un traître qui a tenté de tuer un de ses soi-disant amis pour lui voler l'Anneau ? Nous ne sommes pas si différents, vous et moi. Nous avons tous deux trahi ceux qui étaient nos alliés. Vous n'êtes que le fils d'un lâche qui se cache dans sa tour et laisse son peuple dépérir en attendant que l'ennemi lui porte le coup fatal ! Alors quelle valeur a votre parole ? »
Le visage de Boromir s'assombrissait à mesure que Saroumane parlait. Ses épaules s'affaissèrent. Aragorn lui lança un regard en coin. Le capitaine du Gondor avait le même air sombre et défait que lorsqu'il avait reçu trois flèches d'urukhaï et manqué de mourir. Lithariel en eut assez. La jeune femme prit la parole.
« Il a peut-être commis des erreurs, mais il a fini par se ressaisir et se battre avec honneur pour une cause réellement juste, contrairement à vous ! Vous n'avez plus aucun pouvoir, Saroumane ! Vos prétendues visions et vos précieux secrets ne sont que des mensonges que l'ennemi vous a envoyés pour vous affaiblir, et vous avez eu la bêtise de céder », dit la jeune femme.
Le magicien se tourna vers elle et eut un rictus méprisant.
« Ne serait-ce pas la fille de la Reine du Rivage ? Comment se porte votre mère, dame Lithariel ? »
« Mieux, maintenant que vous êtes hors d'état de nuire, misérable parasite ! »
« Parasite ? Votre mère m'avait demandé de l'aide, elle désirait davantage de pouvoirs pour protéger votre peuple. Je n'ai fait que lui donner ce qu'elle voulait. »
« Vous avez pris possession de son corps et empoisonné son esprit ! Vous avez failli la tuer. Et vous avez essayé de voler l'esprit du seigneur Celebrimbor que Talion abritait en lui, pour avoir le contrôle d'une armée d'orques. À cause de vous, ma mère est affaiblie. Elle n'a plus que quelques années à vivre ! » cria la jeune femme.
« Lithariel… » dit Théoden, stupéfait.
Miriel et tous les autres regardèrent la jeune femme avec surprise. Jamais ils n'avaient entendu cette histoire. Lithariel évita leurs regards et se focalisa sur Saroumane, qui la dévisageait toujours avec un sourire cruel depuis le sommet de sa tour.
« Votre mère a fait un choix. Si vous n'êtes pas capable d'en assumer les conséquences, je n'y peux rien. »
« C'est faux ! Vous pouvez la soigner. Je… » dit Lithariel.
Miriel posa une main sur l'épaule de la jeune femme.
« Ne perdez pas votre temps avec lui. Il ne nous aidera pas. Il se délecte de votre souffrance. Ne lui accordez pas ce plaisir. »
« Oh, mais qui voilà ? Ne serait-ce pas la dernière survivante de la lignée de Fëanor ? Meldamiriel… » dit Saroumane.
« Je ne suis pas venue perdre mon temps en vaines discussions avec vous, esclave de Sauron ! » répliqua Miriel.
À ces mots, tous parurent retrouver un peu le moral et relevèrent fièrement la tête.
« Tu te trompes, jeune fille. Je ne suis l'esclave de personne. J'ai monté ma propre armée et instauré ma puissance en Isengard. »
« Oh, alors vous faisiez semblant d'être ami avec Sauron ? Vous êtes vraiment un traitre à part entière ! »
« Cela vaut mieux que le sort qu'a connu ton père, Celebrimbor, avant de mourir. »
Les mains de Miriel se crispèrent sur ses rênes.
« Mon père a combattu Sauron jusqu'à son dernier souffle. Il est mort en héros ! » répliqua la jeune fille.
« Oh, c'est ce que la Dame du Bois Doré t'a raconté ? Quelle concision ! Vous ne lui avez donc pas raconté l'histoire en détail, Gandalf ? »
Miriel tourna la tête vers son ami magicien. Ce dernier baissa les yeux avec l'air soudain fatigué.
« Gandalf ? De quoi parle-t-il ? »
« Allons, Gandalf ! Vous avez osé lui cacher de telles choses ? Je ne peux y croire ! Ce que votre cher ami ne vous a pas dit, dame elfe, c'est que votre père n'est pas mort tout de suite au Mordor. Il y a vécu, ou plutôt survécu quelques mois. Sauron l'a forcé à finir la création de son Anneau, pour qu'il ait une volonté propre, qui le rendrait différent des autres anneaux de pouvoir et plus fort. Celebrimbor a profité du moment où Sauron avait ôté l'Unique de son doigt pour s'en emparer. Votre père a utilisé l'Anneau pour prendre le contrôle du Mordor et il est devenu une chose plus sombre et plus terrible que Sauron lui-même ! »
Miriel devint pâle comme la mort.
« Vous mentez ! Jamais mon père n'aurait fait ça. Il était du côté de la Lumière ! »
« Oh, il l'était au début, oui. Mais quand il a appris que Sauron avait massacré toute sa famille et son peuple, il a cédé au sombre pouvoir de l'Unique. Il a même envoyé un message aux habitants du Mordor, gravé dans le mithril sur le mur d'une forteresse d'orques. Il voulait devenir le Seigneur des Anneaux. Mais au moment d'affronter Sauron, l'Unique l'a trahi et est revenu de lui-même au doigt du Seigneur Ténébreux. Votre père n'a pu résister au pouvoir de Sauron. Il est mort comme un faible et un lâche ! »
« Gandalf… Dites-moi que c'est faux ! » gémit Miriel.
« Ne l'écoute pas. Il cherche à te manipuler », dit Sephiroth en posant la main sur l'épaule de sa fille.
« La manipuler ? Elle est bien bonne ! Qui êtes-vous pour dire qui ment ou dit la vérité, Sephiroth ? N'avez-vous pas vous-même tenté détruire tout un monde parce que vous avez cru les mensonges d'une créature qui prétendait être votre mère ? »
« Vous ne savez rien de moi, vieux fou ! » répliqua le jeune homme, énervé.
« Oh si, je sais bien des choses ! Le palantir me permet de voir plus loin que les limites d'Arda. Les brèches que l'anneau de Miriel a créées entre ce monde et le vôtre m'ont permis de voir des choses incroyables. Je connais la vérité sur votre passé, Sephiroth. Je sais même où se trouve votre vraie mère, Lucrécia Crescent. »
Sephiroth sentit sa certitude vaciller.
« Je sais qu'elle est toujours coincée entre la vie et la mort, car elle sent que vous êtes toujours dans le monde des vivants. Elle vous voit sans cesse dans ses rêves. Si vous m'aidiez, je pourrais vous aider en retour. Ne voudriez-vous pas retourner sur Gaïa pour la voir ? Que croyez-vous ? Qu'en aidant ces gens, ils vous rendront la famille que le destin vous a cruellement arrachée dès votre naissance ? Gandalf se moque de vous. Il n'hésite pas à sacrifier ceux qui lui sont proches, ceux qu'il prétend aimer. Dites-moi, quels mots de réconfort avez-vous susurrés au Semi-Homme avant de l'envoyer à sa perte ? »
Gandalf baissa tristement les yeux.
« Le chemin sur lequel vous l'avez jeté ne peut le mener qu'à la mort. »
« C'en est assez ! Tirez ! Transpercez-lui la gorge avec une flèche ! » dit Gimli en tirant sur la cape de Legolas.
Ce dernier tendit lentement la main vers son carquois pour prendre une flèche, mais Gandalf l'arrêta.
« Non ! Descendez, Saroumane. Et votre vie sera épargnée ! » dit Gandalf.
« Je n'ai que faire de votre clémence ! » répliqua Saroumane, avant de pointer son bâton vers lui.
Une boule de feu fondit sur Gandalf. Tous eurent un geste de recul. Les flammes se dissipèrent, laissant apparaître Gandalf intact sur Gripoil.
« Saroumane… votre bâton est brisé ! » dit Gandalf.
Aussitôt, le bâton noir explosa dans la main du magicien déchu. Ce dernier regarda avec horreur les débris de son bâton au sol. Furieux, il fit volte-face et disparut vers le centre du toit.
Gandalf se tourna vers Théoden.
« Vous devez envoyer un message à tous nos alliés en Terre du Milieu. Nous devons savoir où et quand l'ennemi frappera ! » dit le magicien.
Pippin baissa les yeux vers l'eau. Il lui semblait voir quelque chose briller près du cheval d'Aragorn.
« Les immondices de Saroumane s'en vont enfin, dit Sylvebarbe. Les arbres reviendront vivre ici. De jeunes arbres. Des arbres sauvages. »
Pippin sauta du cheval d'Aragorn et se mit à marcher vers la chose qui brillait sous l'eau.
« Pippin ! » dit le Rôdeur.
Pippin l'ignora et plongea les bras dans l'eau, en ressortant avec le palantir dans les mains.
« Par mon écorce ! » dit Sylvebarbe.
« Peregrin Toucque ! Donnez-moi ça, mon garçon. Allez, vite ! » dit Gandalf.
Le Hobbit hésita puis lui donna la grande sphère noire. Le magicien s'empressa de l'emballer dans sa cape. Il lança un regard méfiant au Hobbit puis fit volte-face.
« Nous n'avons plus rien à faire ici. Partons », dit-il.
Pippin lui lança un regard de reproche, puis prit la main d'Aragorn et remonta derrière lui sur Bregon. Le groupe se remit en route en direction d'Edoras.
Mais lorsque la nuit tomba, le groupe décida de faire une halte. Ils reprendrait la route le lendemain. Gandalf les mena jusqu'à une petite clairière dans la forêt, où tous descendirent de selle et s'installèrent autour d'un feu.
Un silence inconfortable s'installa. Miriel en eut bientôt assez. Elle se leva et s'éloigna du groupe. Legolas se leva et la suivit.
Ce fut bientôt le tour de Lithariel. La jeune femme prit une direction différente des deux elfes. Sephiroth la regarda s'éloigner quand il sentit une main se poser sur son épaule. Il se tourna vers Gandalf, qui lui adressa un regard encourageant.
« Allez la voir », dit-il.
Sephiroth hésita, puis se leva et prit le même chemin que la jeune femme.
Il la trouva adossée à un arbre quelques mètres plus loin, avec l'air sombre. Sans dire un mot, Sephiroth s'adossa à l'arbre près d'elle.
« Qu'est-ce que vous faites là ? Je n'ai pas besoin de garde du corps ! » dit Lithariel sur un ton exaspéré.
« Je sais », répondit simplement Sephiroth.
« Alors quoi ? Vous vous demandez comment m'exprimer de la compassion sans m'insulter ? Sachez que je n'en veux pas ! »
« Je ne suis pas là pour ça non plus. Je n'ai même pas idée de ce que vous vivez, Lithariel. J'ignore ce que ça fait d'avoir une mère. »
Dans un soupir, la princesse de Nùrnen se laissa tomber sur une souche morte.
« Quand nous sommes arrivés en Lothlorien… La dame Galadriel a examiné ma mère. Elle a dit que même la médecine elfique ne pouvait pas la sauver. Ma mère le savait, elle m'a prévenue. C'est l'une des raisons qui m'ont poussée à venir ici pour combattre aux côtés de tout le monde, au Gouffre de Helm. »
« Vous vouliez forcer Saroumane à vous dire s'il existait un remède ? » devina Sephiroth.
« Oui. Mais je sais que c'est impossible. Il n'y a pas de remède à ça. Pourtant, je pensais que si nous gagnions… Si je pouvais… Si… Je me berçais de faux espoirs », soupira la jeune femme.
« Lithariel, vous ne devez pas vous blâmer pour ça. Si je m'étais retrouvé dans cette situation avec Miriel, j'aurais pensé la même chose que vous. »
La jeune femme acquiesça mollement.
« Maintenant que la guerre contre l'Isengard est finie, je suppose que vous allez repartir ? » dit Sephiroth.
« Non, Sauron est toujours là. Il reste une menace. Et puis, où irions-nous, moi et mes guerriers ? La Lothlorien n'est pas notre royaume. »
« Vous ne voudriez pas profiter du temps qu'il vous reste en compagnie de votre mère ? »
« Ma mère m'a dit que nous nous reverrions lorsque tout ça sera fini… Elle ne m'a donné de détails sur comment ça se finirait, je ne sais pas si nous gagnerons ou non », ajouta-t-elle devant son regard interrogatif.
« Ah… »
Lithariel regarda un bref instant Sephiroth puis un sourire malicieux étira ses lèvres.
« Et puis… Votre fille n'aimerait pas que je m'en aille. Elle dit que je lui suis d'une aide précieuse pour vous empêcher de broyer du noir. »
« Broyer du noir ? Je ne suis pas d'humeur sombre, généralement ! » répliqua Sephiroth, les sourcils froncés et les bras croisés.
« Mmmm… Ce n'est pas ce qu'on m'a dit », fit Lithariel.
« Comment ça ? »
« Rien, laissez tomber », dit la jeune femme en se levant.
« Mais enfin, expliquez-vous ? De quoi vous avez parlé, toutes les deux ? »
« De rien ! » dit-elle en reprenant le chemin du feu de camp, suivie par Sephiroth qui continuait de l'interroger.
« Non, je suis sérieux ! Qu'est-ce que Miriel a dit ? »
« Vous allez me laisser, oui… ? »
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Miriel s'arrêta une trentaine de mètres plus loin de la clairière et se laissa tomber sur la souche d'un arbre. Là, elle se prit la tête entre les mains en gémissant.
Les mots de Saroumane tournaient en boucle dans sa tête depuis qu'ils avaient quitté l'Isengard. Ce qu'avait dit le magicien déchu était-il vrai ? Son père avait-il tenté de prendre le pouvoir en utilisant l'Unique ? Elle ne pouvait croire une telle chose !
Elle entendit un bruit de pas très léger et sut que Legolas l'avait suivie. Mais elle ne prit pas la peine de relever la tête pour le regarder.
« Tu ne dois pas écouter ce qu'a dit ce traître », dit le prince en s'arrêtant devant elle.
« Que dois-je croire, dans ce cas ? Ses propos rejoignent ceux de ton père. »
« De quoi parles-tu ? »
« Avant que tu m'aides à m'évader de ma cellule à Mirkwood, ton père m'avait imposé un second entretien privé. Il a insinué que mon père avait un rôle dans l'histoire de l'Unique. Que mon sort était plus lié à l'Anneau que je ne l'imaginais. »
« Cela ne signifie rien ! »
« Cela peut signifier n'importe quoi. Et quand je regarde l'histoire de mes ancêtres… Je me dis que je ne vaux pas mieux qu'eux ! »
« Tu te trompes ! Tu n'as rien à voir avec Fëanor. Curufin non plus. Ton père était conscient de leurs erreurs et a tenté de réparer les méfaits qu'ils avaient commis. »
« Et il a échoué. Pourquoi y arriverais-je, moi ? »
« Parce que tu es différente. »
« Quoi ? Parce que j'ai été adoptée par un humain ? Parce que j'ai vécu mon enfance dans un autre monde ? »
Legolas lui prit doucement, mais fermement les mains, l'obligeant à dégager son visage pour le regarder.
« Tu n'as pas la même vision du monde qu'eux. Fëanor était obnubilé par les silmarils et l'amertume à l'idée que sa mère soit morte en le mettant au monde. Curufin s'en est pris aux habitants d'une de nos cités. Ton père, lui, a désapprouvé ses actes et tenté de créer quelque chose pour venir en aide à tous ceux qui sont dans notre camp. »
« Mais les anneaux n'ont apporté que ténèbres et destruction ! »
« Pas tous. Il a créé trois anneaux pour les seigneurs elfes. Et il n'a jamais révélé leur emplacement ni le nom de leurs propriétaires à Sauron. Il a peut-être essayé de s'approprier l'Unique, mais l'objectif qui motivait chacun de ses actes, à chaque fois, était l'amour. Il a fait tout ça pour protéger ceux qui lui étaient chers : son peuple, ta mère et toi. »
Dépitée, ne sachant que répondre, Miriel baissa tristement la tête.
« Tu n'échoueras pas », dit le prince en lui serrant plus fort les mains.
« Comment peux-tu en être aussi sûr ? Pourquoi, depuis le premier jour où on s'est rencontré, tu as foi en moi ?! »
« Parce que tu es Meldamiriel, la princesse d'Ost-in-Edhil, héritière de sang royal, et l'elfe qui a volé mon cœur. »
Sans lui lâcher les mains, Legolas se mit à genoux devant elle.
« Tu es la femme qui occupe mes pensées et hante mes rêves depuis cette nuit où je t'ai vue danser dans la clairière de Mirkwood. »
Une de ses mains se détacha de celles de Miriel pour se glisser dans une poche de sa tunique. Il en ressortit un objet qui figea la jeune femme, lui arrachant un petit cri de surprise.
« Tu es celle avec qui je veux affronter les Âges de ce monde et passer le reste de l'éternité. »
La lune éclaira la paume de sa main, révélant une bague.
« Meldamiriel, fille de Celebrimbor, veux-tu m'épouser ? » dit Legolas, avec espoir et appréhension.
Miriel porta les mains à sa bouche en regardant alternativement la bague et le prince. Puis, incapable de répondre, elle hocha frénétiquement la tête pour dire « oui », avant de bondir de son siège pour nouer ses bras autour du cou de son fiancé.
Avec un immense sourire, Legolas la serra contre lui et la souleva du sol pour la faire tournoyer dans ses bras. Riants aux éclats, tous deux échangèrent un baiser passionné.
