Bonjour !

Je suis désolée de ne pas avoir publié plus tôt, mais j'étais très prise ces derniers temps.

Il y a plus d'une semaine, je suis allée chez le dentiste pour me faire arracher une dent, ce qui m'a bien affaiblie. Sans compter que je ne prends JAMAIS les antidouleurs, je trouve que c'est du poison et ça me met la tête dans du coton, j'ai horreur de ça. Je suis plus homéopathique.

Bref, j'ai mis du temps à récupérer, d'autant que je ne pouvais pas prendre de jours de repos, j'ai dû continuer de bosser cinq jours sur sept. J'ai donc dû attendre de trouver la force et le temps pour écrire ce chapitre.

J'espère que vous me pardonnerez mon retard.

Merci à SilentLyoness, Juliefanfic, Orellia, Luna dans les Etoiles et Cihanethyste pour leurs reviews. Et merci à Pyreneprincesse d'avoir mis la fic en Alert.

Traduction :

Im gelir an le, mellon nîn : Je suis heureux pour vous, mes amis

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture !


La fête d'Edoras

Merry et Pippin ne savaient trop que penser. Miriel et Legolas avaient quitté le groupe pour partir d'un côté, Sephiroth et Lithariel de l'autre.

Les deux hobbits détestaient l'ambiance qui régnait autour du feu. Mais ils ne savaient comment changer cela. Gandalf semblait lui-même perdu dans des pensées fort sombres.

Les semi-hommes devaient admettre que les paroles de Saroumane les avaient affectés. Ils s'inquiétaient tant pour Frodon et Sam ! Étaient-ils toujours en vie ?

Un bruit de pas ramena l'attention de Pippin au présent. Il se retourna et vit que Sephiroth et Lithariel revenaient, plongés dans une discussion inaudible de loin. Mais ils semblaient aller mieux. Lithariel souriait et Sephiroth avait l'air fort intéressé par un sujet sur lequel la jeune femme refusait de lui parler.

Miriel et Legolas apparurent bientôt près d'eux, avec un grand sourire aux lèvres, et se dirigèrent vers Sephiroth. Ils échangèrent quelques paroles. Le jeune hobbit vit clairement Sephiroth se figer, comme frappé par la foudre… avant de finalement incliner la tête en signe d'acquiescement. Miriel lui sauta au cou en poussant un petit cri, tandis que Lithariel sourit davantage et s'approcha pour poser une main sur l'épaule du prince elfe.

« Eh, Pippin ? Tu regardes quoi ? » demanda Merry en lui donnant un coup de coude.

Pippin se tourna vers lui et fronça des sourcils.

« Il se passe un truc, Merry… Je ne sais pas quoi, mais ces quatre-là discutent de quelque chose et ont l'air bizarre depuis qu'ils sont revenus. »

« De quoi parles-tu ? » demanda Merry en regardant le quatuor avec les sourcils froncés.

Miriel avait fini par lâcher Sephiroth, et ce dernier s'était maintenant approché de Legolas, lui disant quelque chose que le prince écoutait avec attention et sérieux.

Enfin, le petit groupe rejoignit les autres autour du feu. Une pipe fumante dans la bouche chacun, Merry et Pippin les fixèrent l'un après l'autre avec attention, essayant de découvrir le fin mot de tout cela.

« Quoi ? » dit Miriel, remarquant leur manège.

« Rien », répondirent les hobbits en chœur, avant de reprendre leur examen.

Miriel se passa une main dans les cheveux avant de la reposer sur ses genoux. Merry nota un petit changement : la jeune fille avait une bague autour de l'annulaire gauche. Ce n'était pas son anneau de pouvoir. Le bel anneau de mithril dégageait toujours une aura de magie quand on le regardait. Cette bague-là était en argent, avec une petite émeraude en forme de feuille finement ciselée.

Merry ouvrit une bouche ronde en réalisant soudain ce que pouvait signifier ce bijou.

« Holalala… » dit-il, bouche bée, manquant de laisser tomber sa pipe dans le feu.

« Quoi ? Ça va, Merry ? » dit Pippin, inquiet.

« La bague… Miriel, c'est ce que je pense ? »

« Pardon ? » dit la jeune femme, perplexe.

« Votre bague ! À votre main gauche, là… C'est une bague de fiançailles ?! »

Ces derniers mots attirèrent l'attention des autres membres du groupe. Tout le monde braqua son attention sur la main gauche de la jeune femme. Lithariel et Sephiroth ne parurent pas surpris, eux. Quant à Legolas, assis à côté de la princesse elfe… Il échangea un bref regarda avec elle. Tous deux eurent un sourire complice avant de se tourner vers leurs amis et de hocher la tête en souriant.

« Mais pourquoi vous ne nous avez rien dit ?! » s'écria Pippin.

« Oui ! Vous êtes fiancés depuis quand ? » dit Merry.

« Je lui ai demandé sa main juste avant de revenir ici. Cessez de nous accabler de reproches, petits curieux », dit Legolas sur un ton faussement sévère.

« Oh, mais vous connaissant, vous n'auriez sûrement rien dit avant des mois, voire des années ! » ricana Gimi. « En tous cas, félicitations à tous les deux », poursuivit le nain sur un ton chaleureux.

« Félicitations, les amis », renchérit Boromir, avec un grand sourire.

« Im gelir an le, mellon nîn », dit Aragorn.

Miriel et Legolas lui répondirent par un hochement de tête. Théoden, Eomer, Gandalf et Gamelin les félicitèrent également. Merry et Pippin poussèrent un soupir de soulagement en voyant que l'ambiance s'était nettement allégée autour du feu de camp.

« Bon, je crois qu'il est temps de régler nos comptes ! Qui doit combien à qui ? » dit Merry en se frottant les mains.

Miriel haussa un sourcil curieux. De quoi parlaient-ils ? Elle jeta un coup d'œil à Legolas et vit que ce dernier ne semblait pas en savoir plus qu'elle.

« Allez, Gimli, faut payer ! » dit Pippin en tendant la main.

Grommelant, le nain sortit d'une sacoche à sa ceinture quelques feuilles de tobby qu'il donna au hobbit en marmonnant « tricheur ».

« Oh non, je ne peux pas le croire ! Vous avez parié sur nous ? » dit Miriel, les poings sur les hanches.

« En Lothlorien. Quand vous n'étiez pas là », dit Merry en donnant trois feuilles de langoulet à Aragorn.

« Ils ont parié sur le fait que vous seriez fiancés avant la fin de la guerre ou après », dit Gandalf.

« Je ne m'attendais pas à ça venant de vous, Estel. Gimli et Boromir, passe encore, mais vous ! » dit Legolas en regardant son ami rôdeur avec l'air consterné.

Ce dernier haussa des épaules puis l'air bougon, donna à Boromir une petite bourse contenant des pièces que ce dernier prit avec l'air vainqueur.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Debout sur le balcon du dernier niveau de Minas Tirith, Genesis contemplait l'horizon.

Cette cité était incroyable. Quand il était sur Gaïa, Miriel lui avait déjà parlé de la cité elfique où elle vivait, toute petite. Quand il l'écoutait, il souriait, car ses descriptions évoquaient beaucoup une cité de conte de fées : de grandes maisons aux sculptures magnifiques, la nature épousant l'architecture sans pour autant l'envahir, des tours dont les toits pointus scintillaient comme des flèches d'or et d'argent, les bannières aux motifs bleus et argentés flottant dans la brise, les chants elfiques résonnant nuit et jour…

Minas Tirith n'était pas une cité elfique, elle avait une architecture plus particulière, plus humaine, mais fort belle et impressionnante malgré tout.

Pourtant, il y avait quelques désavantages. Le premier, le plus flagrant, était qu'elle se dressait tout près du Mordor. D'où il était, le jeune homme roux pouvait voir le ciel sombre et menaçant du territoire de Sauron.

Comment ces gens peuvent-ils vivre avec l'ennemi à deux pas de chez eux ? J'aurais déjà déménagé depuis longtemps, à leur place ! pensa Genesis.

Il avait partagé ses pensées avec Faramir lors de son arrivée à la cité. Ce dernier lui avait dit qu'ils vivaient ici depuis longtemps, le Mordor n'avait pas toujours été aussi menaçant ni dangereux. Et c'était la terre où s'étaient établis leurs ancêtres. Abandonner cet endroit serait comme renier leur héritage. Sans compter qu'ils étaient l'un des premiers bastions se dressant face à l'ennemi. Quitter le Gondor signifierait battre en retraite face à Sauron. Et ça, il en était hors de question.

Le second désavantage, c'était que Minas Tirith était dirigé par l'intendant Denethor.

Genesis se souvenait de sa première rencontre avec lui. Faramir et ses rôdeurs avaient trouvé le jeune Soldat roux perdu dans les bois de l'Ithilien. Il venait juste d'émerger de ce sinistre coma où son esprit errait dans le noir. Il n'avait d'abord rien compris en voyant ces rôdeurs surgir des buissons et le menacer avec leurs arcs.

Il aurait bien aimé se défendre. Il en était capable en temps normal, il avait toujours sa fidèle épée rouge avec lui, dans son fourreau. Sans parler de ses matérias. Mais il sortait tout juste du coma et il était encore faible.

On l'avait mené ligoté et les yeux bandés jusque dans une grotte où leur chef, Faramir, l'avait interrogé. Qui était-il ? Et que faisait-il en Ithilien, si près du Mordor ?

Le mot « Mordor » avait fait réagir Genesis. Miriel lui en avait déjà parlé. Il avait alors demandé, sans trop y croire, s'il était sur Arda. Perplexe, Faramir avait répondu que oui. Genesis avait vite réfléchi, avant d'opter pour dire le peu qu'il savait. Il avait prévenu Faramir que son histoire lui semblerait dingue, puis il lui avait avoué qu'il venait d'un autre monde, Gaïa.

Faramir l'avait fixé intensément, à tel point que Genesis s'était demandé si le rôdeur lisait dans ses pensées. Ce dernier avait fini par répondre qu'il disait la vérité.

Mais s'il venait d'un autre monde, comment connaissait-il l'existence d'Arda ?

Genesis avait alors parlé de Miriel. En apprenant que cet homme avait un lien avec la fille de Celebrimbor, le plus grand forgeron elfe du Deuxième Âge, Faramir avait paru stupéfait puis sceptique, mais là encore, il avait dû admettre que Genesis disait la vérité.

Quand Faramir lui avait demandé comment il avait fait pour arriver sur Arda, Genesis avait avoué qu'il n'en savait rien. Il avait passé plus d'un an dans l'obscurité, son esprit possédé par un sorcier du Mordor.

Et aujourd'hui, il se réveillait sur Arda, en Ithilien. Faramir avait, fort heureusement, choisi de ne pas le laisser repartir seul en vadrouille dans les bois infestés d'orques. Le groupe de rôdeurs dont il était le capitaine avait passé les jours suivants à patrouiller dans la forêt, pour tuer des orques et des haradrims.

Genesis avait retrouvé ses forces et décidé de les aider à combattre l'ennemi. Ses prouesses au combat et ses matérias avaient fortement impressionné tout le monde. Son aile noire avait aussi soulevé des questions. Mais quand Faramir avait vu combien cette situation semblait l'embarrasser, il avait ordonné à tout le monde de cesser de l'accabler de questions. Genesis lui en était reconnaissant.

Finalement, quand Faramir avait envoyé une partie de ses troupes à Minas Tirith, Genesis avait intégré le lot, jugeant que ses aptitudes seraient d'un grand secours pour défendre Osgiliath.

Une fois arrivé à Minas Tirith, Genesis avait dû suivre le chef du groupe pour être présenté à Denethor, l'intendant. À l'instant où il l'avait vu, Genesis ne l'avait pas aimé. Ce vieil homme grisonnant portant de riches fourrures lui semblait mauvais, aigri et peu avenant. Il avait à peine affiché de l'intérêt en apprenant du chef rôdeur que Genesis était un soldat d'un autre monde.

Le jeune homme roux avait été soulagé de repartir à Osgiliath juste après, pour prêter main-forte aux troupes du Gondor.

Ses aptitudes de guerrier et sa magie avaient fait naître du respect chez les soldats. Ses matérias Bouclier et Soin avaient aidé à sauver beaucoup de vie.

Mais Genesis se demandait parfois si tout cela suffisait. Le Mordor semblait infatigable. Et il avait du mal à croire que deux semi-hommes guidés par une espèce d'orque squelettique vers la Montagne du Destin pourraient aider à gagner cette guerre.

Genesis finit par se détacher de la rambarde. Il déploya son aile, puis s'envola en direction d'Osgiliath.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Le lendemain, les cavaliers atteignirent enfin Edoras. En arrivant à la cité, tous virent que la vie y avait repris son cours normal. Tout le monde vaquait à ses occupations en marchant dans les rues, entrant ou sortant des maisons, emmenant des chevaux vers un enclos pour les entraîner.

Le peuple cessa vite ses activités en voyant le roi et les grands héros de la Bataille du Gouffre de Helm franchir les portes d'Edoras pour se diriger vers le château d'or de Méduseld.

Là, au sommet des marches, les attendait la dame Eowyn, dans une belle robe blanche.

Les hommes furent dirigés vers leurs quartiers, tandis que Miriel et Lithariel suivirent Eowyn en direction de l'aile des chambres réservées aux femmes.

Miriel reçut sa propre chambre. Eowyn envoya des servantes lui préparer un bain et lui porter des vêtements pour la veillée qui aurait lieu ce soir.

Lorsque la jeune femme elfe se laissa couler dans l'eau chaude, elle poussa un soupir d'extase. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas pris un bon bain ! Elle avait l'impression que l'eau chaude la débarrassait de la crasse et de la douleur récoltée pendant la Bataille au Gouffre de Helm.

Une fois propre, elle s'enveloppa d'un drap et sortit de l'eau. Elle vit qu'on avait posé une robe sur son lit, avec des souliers.

Souriante, la jeune fille regarda les vêtements de plus près. C'était une somptueuse robe de velours bleu sombre, piquetée de fils dorés sur le col et le bord des manches. Miriel caressa la robe du plat de sa main. Depuis combien de temps n'avait-elle pas porté une robe digne d'une dame ? Depuis l'âge de quatre ans, maintenant qu'elle s'en souvenait. Quand elle avait quitté Arda pour la première fois, elle portait sa petite robe bleue de princesse elfe. Quand elle était arrivée en Lothlorien à l'âge de dix ans, elle avait dû mener une vie d'elfe ordinaire pour cacher son statut. Elle avait donc pris l'habitude de porter des tuniques ou des tenues de soldat elfe.

Miriel se laissa tomber sur le lit en soupirant. Une fois la guerre finie, que ferait-elle ? Elle savait qu'elle épouserait Legolas, mais… pourrait-elle redevenir Meldamiriel, la princesse héritière de Celebrimbor et… reine de Mirkwood ? Thranduil l'accepterait-il dans la famille ? Elle en doutait… Mais si Sauron et le Mordor tombaient, ne serait-il pas heureux et enclin à faire preuve d'indulgence ?

Tu rêves, ma pauvre ! Rien n'est simple, se dit Miriel avec un soupir.

Elle finit par se lever, puis ôta le drap pour enfiler la robe. Elle lui allait à la perfection. Les souliers également. Avec le pendentif de matéria autour de son cou et les deux bagues au doigt, la jeune fille n'avait pas besoin de plus de bijoux. Elle opta pour une coiffure simple : elle prix deux mèches de cheveux sur le devant et les noua derrière sa tête, pour retenir sa longue chevelure.

Une fois prête, elle sortit de la chambre et prit le chemin de la grande salle. Tout le monde y était déjà rassemblé pour fêter la victoire du Gouffre de Helm.

Miriel espérait se faire discrète, mais c'était sans compter sa beauté elfique. Tous les hommes sur son passage la regardaient avec admiration.

Enfin, elle aperçut avec soulagement ses amis près d'une table à l'avant de la salle, juste devant l'escalier conduisant au trône.

Boromir avait changé de tenue, il portait une tunique vert sombre ressemblant à celle que portait Eomer, ce dernier situé en haut des marches près du trône. Le neveu du roi avait dû lui prêter cette tenue pour la soirée, comme Eowyn avait prêté la robe à Miriel. D'ailleurs, Lithariel aussi avait reçu une robe.

Elle était d'un bleu tirant sur le gris, la teinte rappelant beaucoup la couleur des vagues de la mer. La femme guerrière avait dénoué sa queue de cheval. Ses cheveux blonds arboraient toujours quelques tresses et des perles, mais l'essentiel de sa chevelure tombait en une cascade de boucles dans son dos.

Sephiroth n'avait pas changé de tenue, lui. Mais il semblait propre et rafraîchi. Aragorn non plus n'avait pas changé de vêtements, il s'était juste débarrassé de son armure. Gandalf, Pippin, Merry et Gimli non plus. Et Legolas… Miriel vit qu'il avait ôté sa tunique vert sombre et marron. Il portait une tunique elfique argentée qui lui donnait l'air plus princier.

Lorsque tous se tournèrent vers la dame elfe, ils ouvrirent des yeux ronds.

« Dame Miriel… » souffla Merry.

« Vous êtes… waouh ! » dit Pippin.

Merry donna une claque sur le crâne de son cousin, tandis que Legolas s'approcha d'elle et s'inclina, la main sur la poitrine et la tête baissée.

« Tu es magnifique », dit le prince en elfique, avant de lui faire un baisemain.

« Merci », dit Miriel avec le rouge aux joues.

Aragorn et Boromir jetèrent un coup d'œil à Sephiroth. Il semblait tendu, attentif, mais ne pas désapprouver cette scène. Les deux hommes en furent soulagés.

Une fois le roi présent dans la salle, debout face au trône, tout le monde fit silence. Eowyn monta les marches pour lui apporter cérémonieusement une coupe de vin, avant de prendre place sur le côté, tout comme son frère.

Tout le monde se leva face au roi avec une coupe ou une chope à la main.

« Ce soir, nous honorons la mémoire de ceux qui sont morts pour défendre ce pays. Gloire aux défunts victorieux ! » dit Théoden.

« Gloire ! » renchérit tout le monde, avant de boire une gorgée.

Après cela, les réjouissances commencèrent. Tout le monde se mit à boire, manger et discuter gaiement.

En voyant comment tout le monde fêtait cette victoire, Sephiroth se surprit à penser à son monde. Lorsque la guerre de Wutaï avait pris fin, il n'avait pas participé à la fête qui avait eu lieu dans le camp militaire. À l'époque, il avait perdu la trace d'Angeal et Genesis, ils avaient déserté des mois avant la fin de cette maudite guerre. Et Sephiroth avait de nombreuses morts sur la conscience. Il était reparti pour Midgar très vite, afin de chercher ses amis.

Ce soir… C'était bien la première fois depuis son arrivée ici qu'il pouvait enfin arrêter de se battre, souffler et s'amuser avec les autres.

Lithariel finit par se lever de table pour aller rejoindre ses hommes, les rares guerriers de Nùrnen qui avaient survécu à la bataille du Gouffre de Helm. Gandalf se leva également pour discuter avec Théoden. Les hobbits se dirigèrent vers le buffet au fond de la salle.

Eomer rejoignit la table où étaient restés Miriel, Sephiroth, Aragorn, Boromir et Gimli. Là, il leur proposa un concours de boisson. Il amena même un tonneau de bière et disposa des verres sur la table devant eux.

Gimli accepta l'offre et encouragea vivement Legolas à participer. Ce dernier hésita. De quel concours parlait-on, exactement ?

Eomer remplit généreusement deux verres puis les tendit aux joueurs en expliquant : « Ni pause, ni goutte renversée ! »

« Et ni régurgitation ! » dit Gimli.

Les soldats autour d'eux éclatèrent de rire, déjà à moitié ivres.

« Alors, on joue à boire ? » demanda Legolas.

« C'est ça », dit Boromir.

Sephiroth fit la moue. Il avait déjà vu Genesis et Angeal participer à ce genre de concours. Et ça s'était plutôt mal terminé.

« Le dernier debout a gagné ! » dit Gimli, avant de se mettre à boire.

Miriel grimaça de dégoût. Le nain ne buvait pas, il engloutissait le contenu de sa chope en lapant comme un chien ! Legolas avança prudemment sa chope vers ses lèvres et renifla le liquide avant de boire.

Sephiroth vit Aragorn se lever puis se diriger vers un coin de la salle où se trouvait Gandalf, quand Eowyn vint à la rencontre du rôdeur avec une coupe.

« Westu, Aragorn han », dit-elle.

Le rôdeur prit la coupe des mains de la jeune femme et but un peu du vin, avant de la lui rendre. Avec un léger sourire, il la salua d'un mouvement de tête, avant de reprendre sa route.

Sephiroth plissa les yeux. Le sourire d'Eowyn était rêveur, ses yeux pleins d'étoiles. Il finit par suivre Aragorn et le rejoignit près d'une colonne où il s'était adossé.

« Eowyn semble vous apprécier », dit Sephiroth en s'installant à sa gauche.

Aragorn l'interrogea du regard.

« Je vous ai vu, quand elle vous a donné la coupe », dit l'ex-Soldat.

« J'ai du respect pour la dame Eowyn, en effet. »

« Mais elle, c'est plus que du respect. Je n'aime pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, Aragorn, mais… Miriel m'a dit que vous étiez très proche d'une elfe du nom d'Arwen ? »

Aragorn baissa tristement les yeux.

« Le seigneur Elrond m'a promis la main d'Arwen, si j'acceptais d'assumer mon statut de roi du Gondor. »

« Mais… ? »

« Je ne désire pas du tout le trône. Je n'ai jamais voulu de cette vie. Celle que j'ai menée depuis ma naissance en tant que rôdeur me suffit largement. »

Sephiroth acquiesça en silence. Pour lui, les hommes dédaignant le pouvoir étaient rares et forçaient son respect.

« Vous avez su raisonner Théoden quand nous étions tous coincés dans le bastion. Je connais peu de dirigeants chez moi qui auraient agi comme vous l'avez fait», dit l'argenté.

Aragorn le regarda avec surprise. Sephiroth n'était pas du genre bavard, et encore moins prompt à dire des choses positives.

D'après Miriel, il semblait de plus en plus ouvert et communicatif depuis son arrivée sur Arda. Cela demeurait tout de même une surprise pour les autres.

« Et vous, où en êtes-vous avec Lithariel ? » demanda Aragorn avec un léger sourire.

Sephiroth haussa un sourcil avant de détourner la tête.

« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler », dit-il sur un ton sérieux.

« Je crois que si. Et je crois que vous n'avez pas à ressentir de l'embarras. Lithariel semble beaucoup vous apprécier. »

Sephiroth demeura silencieux un instant. Aragorn crut qu'il n'allait pas poursuivre cette discussion, quand la voix de l'ex-Soldat le prit par surprise.

« C'est une princesse. Tandis que moi… Ici, je ne suis personne. Je ne suis même pas originaire de ce monde. Je n'ai rien à lui donner. »

« À mon avis, elle s'en moque. »

La discussion n'alla pas plus loin, mais cela ne leur faisait rien. Tous deux restèrent silencieux, buvant leur chope dans un silence amical en regardant la fête qui battait son plein autour d'eux.

Du côté de Miriel, la jeune femme assistait toujours au concours de boissons avec Boromir et Eomer.

Gimli et Legolas avaient déjà bu pas mal de chopes, mais rien ne laissait deviner qui allait perdre ou non.

Gimli finit bientôt par émettre des rôts et rire entre chaque verre.

« Oh, ce sont bien les nains qui aiment nager avec de petites femmes poilues ! » di-il, avant de roter une nouvelle fois puis d'engloutir une autre bière.

Legolas regarda sa main.

« Je sens quelque chose… »

Miriel, Boromir et Eomer haussèrent un sourcil intrigué.

« … Un léger picotement au bout des doigts… Je crois que cela me fait de l'effet. »

Triomphant, Gimli posa d'un geste brusque sa chope vide sur une pile de verres devant lui.

« Qu'est-ce que je vous disais ?! Il ne tient pas l'alcool ! » dit le nain en louchant.

Soudain, sa tête partit en arrière. Le reste du corps suivit. Le nain dégringola de sa chaise et tomba au sol. Legolas se tourna vers les autres et sourit.

« La partie est finie ! »

Des chants résonnèrent soudain, attirant le groupe vers une table où se tenaient Merry et Pippin. Ils chantaient et dansaient, une chope à la main.

« Oh ! Vous pouvez chercher loin, loin,
Boire dans tous les coins !
Jamais bière n'aura si bon goût
Que celle que l'on trouve par chez nous !
Jamais bière n'aura si bon goût
Que celle que l'on trouve par chez nous !
Quelle que soit votre chopine,
Même dans une bouteille divine,
Quelle que soit la taille de votre flacon…
»

Pippin s'arrêta soudainement de danser. Miriel suivit son regard et vit qu'il fixait Gandalf avec l'air rancunier.

« Pippin ?! » s'écria Mery.

Retrouvant sa concentration, Pippin reprit avec lui :

« Quelle que soit la taille de votre flacon,
Elle doit venir de notre Dragon !
»

Sitôt la chanson finie, les semi-hommes trinquèrent sous les applaudissements de la foule. Miriel croisa le regard de Sephiroth, qui se tenait près d'Aragorn. En regardant son père adoptif, Miriel vit qu'il avait l'air heureux et détendu.

Miriel se tourna vers Legolas, qui applaudissait en souriant comme les autres.

Elle se promit de toujours se souvenir de cette soirée.