Timothy alla s'asseoir derrière son bureau, gardant un regard sur l'enfant qui n'oser même plus avancer :
" Je t'en pris prend place, je ne vais pas te manger... "
Cette phrase ne rassura pas le jeune comte bizarrement. Il s'assit avec hésitation ne relevant toujours pas les yeux :
" Tu as pris ta place ici ?
— O-Oui monsieur...
— Monseigneur, je te pris, j'ai entendu dire que tu n'étais pas baptisé, il va falloir remédier à ça...
— Il est obli-...
— Tout à fait. Le coupa Timothy. Nous sommes dans la maison du seigneur ici, il pourrait ne pas comprendre ta présence ici sans baptême. Je m'occuperais personnellement de toi, ne t'inquiètes pas... "
Le religieux se leva et s'avança vers Benjamin, un sourire tordu au bord des lèvres. Il posa sa grosse main sur la frêle épaule de Ciel :
" Le seigneur accueille tout le monde mon petit, il ne juge pas.
— M-Merci...
— Il va falloir que tu obéisses. Que tu t'exécute dans toutes les tâches que je te demanderais de faire. Et bien gentiment, n'est-ce pas Benjamin ?
Timothy insista d'avantage sur le prénom de l'enfant en approchant sa bouche répugnante près de son oreille. Ciel eut un frisson de dégout, il tremblait légèrement. Il ferma ses yeux par réflexe quand l'homme posa sa main sur sa fragile poitrine :
" Dieu te parlera dans ton coeur... Ton si fragile et petit coeur... "
L'homme coinça un de ses doigts dans le col de l'orphelin, forçant sous la pression le premier bouton de la chemise à se déloger. Monseigneur Timothy laissa échapper une sorte de petit cri assez répugnant. Un bruit se fit devant la porte du bureau, Ciel remercia silencieusement cette personne, peu importe qui elle était. Assez contrarié, le prêtre alla ouvrir :
" Je suis actuellement occu-... Tient donc... "
Une jeune fille se tenait devant la porte, des papiers tenus contre sa poitrine. Elle n'osait pas regarder dans la direction de Timothy, elle se contenta de tendre les documents sans un mot. L'homme de Dieu les prit en lui souriant :
" Tu peux venir plus tard si tu le souhaites Rachel. Je suis occupé pour le moment. Mais ta compagnie est des plus plaisante.
— Ou-Oui mon père... Je passerais... "
Elle rebroussa chemin sans lever ses yeux, portant une main au niveau de sa bouche se retenant surement de pleurer. Timothy soupira en rigolant bizarrement, il jeta la paperasse sur son bureau :
" Je te ferais revenir mon petit... Va à tes occupations pour le moment... Mais reste près d'ici entendu ?
— Ou-Ou-...
— Allez oust ! "
Il lui fit signe de déguerpir d'un mouvement de main avant de s'asseoir face à son bureau. Ciel se leva et partit sans regarder derrière lui, voulant sortir le plus vite possible. Il rejoignit les enfants dans la grande cour à l'arrière de la bâtisse.
