Bonjour !

Merci à Juliefanfic et Cihanethyste pour leurs reviews.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture !


Arrivée à Minas Tirith

Cela faisait plusieurs jours que Gandalf, Sephiroth, Boromir et Pippin avaient quitté Edoras.

Le magicien obligeait le groupe à galoper jour et nuit. Ils ne s'arrêtaient qu'une fois en début de soirée pour manger et boire un peu avant de repartir.

Sephiroth avait beau être endurant, il n'aimait pas trop cette chevauchée. Il comprenait l'empressement de Gandalf. Et il voyait bien que Boromir, malgré la fatigue, était heureux et impatient de retrouver sa chère cité.

Au moins, ces journées passées à galoper permettaient à Sephiroth de réfléchir. Il repensait souvent à Lithariel. Même si elle avait répondu à son baiser, il aurait aimé avoir eu plus de temps après cela, pour savoir ce que cela représentait pour elle comme pour lui. Il s'interrogeait aussi sur la femme qui l'avait protégé de Sauron. Qui était-elle ? Un esprit comme Aéris ? Et pourquoi sa voix lui avait-elle semblé si familière ? Il avait à peine entrevu son visage dans les flammes de l'Œil.

Le matin du sixième jour, Gandalf prit la parole : « Nous entrons dans le royaume du Gondor ! »

Les chevaux gravirent une colline. Un banc d'oiseaux s'envola à leur approche. Et enfin, ils l'aperçurent.

« Minas Tirith. La cité des rois », dit le magicien.

Sephiroth croyait avoir vu de nombreuses choses incroyables dans sa vie, mais Minas Tirith dépassait de loin tout ce qu'il aurait pu imaginer.

La cité était immense, rien que vue de loin ! Taillée dans la roche, elle était bâtie sur plusieurs niveaux concentriques, avec une immense arrête qui se tendait en avant comme la proue d'un navire.

À mesure que les chevaux se rapprochaient des portes, Sephiroth regarda la cité qui ne cessait de grandir. Et lui qui trouvait Midgar impressionnante !

Les portes leur furent ouvertes sans aucun problème grâce à Boromir. Les gardes à l'entrée semblaient si heureux de revoir leur capitaine !

Mais Gandalf n'accorda guère au gondorien le temps des retrouvailles. Sitôt les portes ouvertes, il s'engouffra dans les rues de la cité avec ses compagnons à sa suite. Les chevaux gravirent les rues en pente. La foule s'écarta sur leur passage, certains souriant ou acclamant Boromir. Sephiroth et Pippin comprenaient pourquoi leur ami tenait tant à cette cité : il tenait à son peuple.

Arrivés au dernier niveau, les cavaliers immobilisèrent leurs chevaux. Deux gardes les prirent pour les conduire aux écuries. Le petit groupe traversa la cour en direction du château.

Une fontaine se dressait au centre, avec un grand arbre blanc. Sephiroth ne put s'empêcher de le comparer aux arbres blancs lumineux que l'on pouvait voir à Ajit, dans son monde. Mais cet arbre-ci semblait plutôt gris et ratatiné sur lui-même, comme desséché.

Des soldats vêtus d'une armure bleu sombre gardaient la fontaine. Contrairement aux autres soldats qu'ils avaient croisés dès leur arrivée dans la cité, ceux-ci avaient des casques ornés de plumes de mouettes.

« C'est l'arbre ! Gandalf ! Gandalf ! »dit Pippin.

« Oui, l'arbre blanc du Gondor. L'Arbre du Roi. Toutefois, le Seigneur Denethor n'est pas le roi. Il n'est que l'Intendant, le gardien du trône. »

Arrivé devant les portes, Gandalf se tourna vers Pippin et Sephiroth.

« Écoutez attentivement. Le Seigneur Denethor est le père de Boromir et aussi celui qui l'avait envoyé pour prendre l'Unique. Ne faites pas mention de Frodon ou de l'Anneau. Sans oublier Miriel, qui a aussi un anneau de pouvoir. Et ne dites rien sur Aragorn. »

Pippin hocha la tête à chaque avertissement, tandis que Sephiroth fronça graduellement les sourcils. Gandalf avait une manière de lui parler qui lui donnait la désagréable impression de n'être qu'un gamin. Le sourire amusé de Boromir ne faisait que renforcer son impression.

Gandalf et Boromir se tournèrent vers les portes, quand le magicien se tourna une dernière fois vers eux et dit : « En fait, il serait mieux que vous ne parliez pas du tout, Peregrin Touque. »

Pippin lança un regard agacé à Sephiroth. Ce dernier lui répondit par un sourire complice.

Les portes s'ouvrirent. Le groupe traversa un immense hall. Les murs blancs étaient soutenus par de grandes colonnes noires. Des statues taillées dans de la pierre blanche se dressaient entre chacune d'elles, représentant des dirigeants illustres du temps jadis. Sephiroth avait l'impression de traverser une immense cathédrale. Quoique l'église en ruines du secteur 5 de Midgar était plus chaleureuse et lumineuse que cet endroit. Il régnait dans le hall de ce château un froid sinistre, comme s'ils traversaient tous un tombeau hanté par des fantômes.

Ils arrivèrent bientôt en vue du trône. Il se dressait en haut d'un grand escalier de pierre blanche. Plus bas sur la droite se dressait un petit trône noir. Un homme se tenait assis dessus.

En les voyant, il se leva et marcha à leur rencontre. C'était un homme grisonnant, vêtu d'une riche tunique de velours bleu sombre, presque noire, avec un manteau de fourrure argentée par-dessus. Malgré sa tenue illustrant son haut statut, Sephiroth trouvait que cet homme n'était guère impressionnant. Il semblait plutôt projeter une image d'homme cupide, avare en richesses au point d'en paraître ridicule. Sa barbe mal rasée et ses longs cheveux grisonnants défaits renforçaient cette image mal soignée et… dérangeante. Oui, quelque chose se dégageait de cet homme que Sephiroth n'aimait pas. Il lui rappelait les hauts cadres de la Shinra, qui aimaient exhiber leurs richesses pour cacher leur aspect physique et mental dégradé.

« Boromir, mon fils ! Enfin, tu es de retour ! » dit l'homme en lui faisant une chaleureuse accolade.

« Je suis heureux de vous revoir, père ! » dit Boromir, souriant.

C'était donc lui, Denethor, le père de Boromir ? Sephiroth ne put réprimer un haussement de sourcils sceptique. Il avait du mal à associer son ami gondorien, si loyal et dynamique, avec ce vieux seigneur.

Denethor recula et sembla examiner son fils des pieds à la tête, comme pour s'assurer qu'il n'était pas blessé ou victime de malnutrition. Pourtant, une lueur avide brillait dans ses yeux.

Il cherche l'Anneau, comprit Sephiroth.

Évidemment, Boromir lui avait avoué, au Gouffre de Helm, que son père l'avait envoyé à Fondcombe pour récupérer l'Anneau Unique.

Conscient de ce que son père faisait, Boromir décida de le faire penser à autre chose en lui présentant ses compagnons.

« Père, vous connaissez déjà Gandalf. Autrefois magicien gris, il est maintenant le Magicien Blanc. Je vous présente également deux amis que je me suis fait lors de mon voyage : Peregrin Touque, un courageux hobbit de la Comté. Et Sephiroth, un valeureux guerrier venu des contrées lointaines. »

Pippin fit une petite courbette. Sephiroth se contenta de hocher la tête en guise de salut.

« Salut à vous, Denethor, fils d'Etchelion, Seigneur et Intendant du Gondor », dit Gandalf en inclinant également la tête.

Denethor leur lança à peine un regard, puis se tourna vers son fils avec cette avidité toujours présente sur ses traits. Boromir ne put s'empêcher de se demander avec dégoût s'il avait arboré cette même expression du temps où l'Anneau l'influençait. Si c'était le cas, il comprenait mieux pourquoi Frodon était mal à l'aise en sa présence.

« Je suis heureux de te revoir, mon fils. Quelles nouvelles m'apportes-tu ? »

« Avant de commencer, père, je me demandais… Faramir n'est pas là ? » demanda Boromir en parcourant la salle du regard.

« Oh, il est parti il y a des semaines, en Ithilien », dit Denethor avec un geste dédaigneux de la main.

« En Ithilien ? »

« Il disait qu'il avait quelque chose d'important à faire, là-bas. »

« Quoi donc ? »

« Cela pourra attendre. Je pense que vous avez tous envie de vous reposer et de vous rafraîchir, après un si long voyage ? Tu dois être épuisé et affamé, mon fils… »

« En effet, mais cela pourra attendre, père. Vous devriez écouter Gandalf. »

Remerciant Boromir d'un signe de la tête, Gandalf reprit la parole.

« Je suis venu vous apporter conseils et nouvelles en cette heure sombre… »

« Plus tard, l'interrompit Denethor. Je veux d'abord entendre les nouvelles de mon fils. Je me demande s'il m'a ramené ce que je lui avais demandé, avant de partir ? »

« Je n'ai pas ramené l'Anneau Unique avec moi, père », dit Boromir sur un ton mesuré. « En fait, je ne sais même pas où il est. Lorsque je suis arrivé à Fondcombe, le conseil était fini depuis longtemps et l'Anneau n'y était plus. À mon arrivée, le seigneur Elrond m'a annoncé de sombres nouvelles. Les nazgûls ont pris d'assaut Fondcombe, pour tenter de s'emparer de l'Anneau. Le seigneur Elrond a décidé que cet objet était trop sombre et maléfique pour qu'il le garde en son royaume. Il ne m'en a pas dit davantage. J'ai donc pris le chemin du Rohan pour aider les hommes à lutter contre une attaque de Saroumane et l'armée de l'Isengard, avant de revenir ici. »

Denethor prit l'air déçu puis furieux en entendant le récit de son fils.

« Ce maudit elfe ! Comment a-t-il osé ? Veut-il donc le garder pour lui seul ? Et toi, tu devais me rapporter l'Anneau ! Je t'avais dit de me le rapporter ! Comment allons-nous protéger la cité, maintenant ? » s'écria-t-il.

« Nous la protégerons bien mieux sans l'Unique. Le Fléau d'Isildur n'aurait que poussé l'ennemi à concentrer toutes ses forces sur nous ! Ainsi, nous avons plus de temps pour nous préparer à nous battre », répliqua Boromir.

« Votre fils a raison, monseigneur, intervint Gandalf. La guerre est imminente. Et l'ennemi est déjà à votre porte. En tant qu'Intendant, vous avez la charge de défendre cette cité. Où sont les armées du Gondor ? Vous avez encore des amis. Vous n'êtes pas seul dans cette bataille. Envoyez un message à Théoden du Rohan. Allumez les feux d'alarme. »

Denethor fusilla Gandalf du regard.

« Vous vous croyez sage, Mithrandir. Vous avez peut-être embrumé l'esprit de mon fils aîné pour le pousser à abandonner la mission que je lui avais confiée en l'envoyant à Fondcombe, mais malgré toutes vos subtilités, vous n'avez pas de sagesse. Croyez-vous que les yeux de la Tour Blanche sont aveugles ? J'en ai vu plus que vous ne savez. Avec votre main gauche, vous voulez m'utiliser comme bouclier contre le Mordor et avec votre main droite, vous cherchez à m'évincer. Je sais qui chevauche aux côtés de Théoden du Rohan. Oh oui ! Mes oreilles ont eu vent de cet Aragorn, fils d'Arathorn, et je vous le dis sans détour, je ne m'inclinerai pas devant ce rôdeur du Nord, dernier d'une lignée en haillons et depuis longtemps privée de sa seigneurie ! »

Sephiroth serra les poings. Ce type commençait vraiment à l'énerver. Il ne supportait pas qu'on insulte un de ses amis !

« Vous n'avez en aucun cas le pouvoir de refuser le retour du roi, intendant ! » dit le magicien.

« Les rênes du Gondor sont à moi et à personne d'autre ! »

Un silence pesant s'installa dans la salle. Pippin regardait Denethor avec l'air incrédule. Comment Boromir pouvait-il être le fils d'un tel homme ? Boromir avait l'air fâché et triste, comme s'il le savait atteint d'une maladie incurable. Gandalf était furieux, et Sephiroth également. Finalement, il s'était trompé : Théoden était têtu et pouvait faire preuve de mauvaise foi, mais il était plus noble et fier que ce piètre seigneur qui se donnait en spectacle dans cette salle.

« Venez ! » dit Gandalf.

Pippin et Sephiroth suivirent le magicien. Boromir commença à les suivre, quand la voix de son père l'arrêta.

« Boromir, reviens ici ! »

Mais le capitaine du Gondor l'ignora et suivit ses compagnons dehors.

« Tout est devenu vaine ambition. Il se cache même derrière sa folie », dit le magicien avec mépris.

Depuis les escaliers, les quatre amis regardèrent les quartiers inférieurs de la cité, qui s'étendaient sous leurs yeux en contrebas. Puis ils suivirent Gandalf vers le chemin de la proue rocheuse.

« Revenir ici et le revoir après toutes ces aventures m'a fait ouvrir les yeux. Je le pensais accablé par le poids de ses responsabilités, mais c'est bien de la folie que j'ai vue dans ses yeux », dit Boromir sur un ton las.

« Cette cité a tenu pendant mille ans. Et maintenant, la folie d'un homme va la faire tomber », confirma le magicien. « Et l'Arbre Blanc, l'Arbre du Gondor, ne fleurira plus. »

« Pourquoi le gardent-ils ? » demanda Pippin.

« Parce qu'ils ont l'espoir. L'infime espoir qu'un jour, il refleurira. Qu'un roi viendra et ce que cette cité sera comme elle était avant de tomber en ruines. »

« Vous voulez dire que cet arbre ne fleurit que si un roi est présent en ces murs ? » dit Sephiroth, surpris.

« En effet. Mais comme vous pouvez le constater, cet arbre n'a pas fleuri depuis longtemps, dit Gandalf. L'ancienne sagesse de l'Ouest fut oubliée. Les rois firent des tombes plus magnifiques que les maisons, et chérirent davantage le nom de leurs ancêtres que celui de leurs fils. Des seigneurs sans descendance méditaient sur leur blason, ou s'interrogeaient sur les astres dans des tours glaciales. »

Arrivés devant la rambarde de la proue, tous regardèrent la cité qui s'étendait sous leurs yeux. Les demeures de pierre blanche brillaient sous la lumière du soleil, mais cette blancheur semblait cadavérique.

« Ainsi, le peuple du Gondor courut à sa ruine. La lignée royale s'arrêta. L'Arbre Blanc se dessécha. Le Gondor fut confié à de simples mortels », conclut Gandalf.

Pippin se tourna vers l'horizon. Son regard se focalisa sur un amas de nuages noirs et remplis d'éclairs. Sephiroth suivit son regard et frémit. Une grande chaîne de montagnes noires s'étendait au loin, pile sous les nuages.

« Le Mordor… » dit Pippin.

Gandalf et Boromir suivirent à leur tour le regard de Pippin.

« Oui… C'est là qu'il s'étend », dit Gandalf. « Cette cité a toujours été à portée de son ombre. »

« Il y a quelque chose qui gronde… Quelque chose de puissant… » dit Sephiroth, les sourcils plissés.

« Une tempête approche », dit le hobbit.

« Ce n'est pas là un phénomène naturel, mais un artifice de Sauron. Une tourmente de fumée qui précède son armée. Les Orques craignent le jour et il voile l'éclat du soleil pour faciliter leur route vers la guerre. Quand l'Ombre du Mordor atteindra cette cité, cela commencera », dit Gandalf.

Un silence menaçant suivit ces paroles.

« Eh bien… Minas Tirith ! Très impressionnant ! Où irons-nous, après ? » dit Pippin en faisant mine de se diriger vers les écuries.

« Belle tentative, Pippin », dit Sephiroth avec un sourire narquois.

« Il est trop tard, Peregrin. Nous ne quitterons pas cette cité. Les secours devront venir à nous. »

« Si tant est qu'ils viendront », dit Boromir sur un ton désabusé.

« Boromir ? » s'inquiéta Gandalf.

« J'en voulais à Théoden pour ses paroles, avant de partir. Mais maintenant, je me demande si ma rancune est mal placée. Je me demande même si Aragorn n'avait pas raison. Il voulait éviter Minas Tirith depuis le début de ce voyage. Je lui reprochais le fait de ne pas avoir foi en son peuple… »

« Denethor n'en vaut pas la peine, mais les gens qui vivent dans cette cité, si. Et je suis sûr qu'Aragorn, Miriel et les autres feront tout pour nous envoyer des secours », dit Sephiroth.

Tout le monde regarda l'ex-soldat avec surprise.

« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? »

« Mais qui êtes-vous et qu'avez-vous fait du Sephiroth pessimiste et réaliste dont j'ai fait la connaissance au Rohan ? » dit Boromir, l'air faussement choqué.

« L'amour vous a métamorphosé, l'ami », dit Gandalf sur un ton pince-sans-rire.

L'expression mi-gênée mi-vexée de Sephiroth fit éclater Boromir de rire. Gandalf s'efforça de masquer son rire, tandis que Pippin détourna la tête pour cacher son sourire.