Bonjour !

Merci à Juliefanfic, Cihanethyste et MonaYsa pour leurs reviews.

Et merci à MonaYsa et Sonata Fulling d'avoir mis la fic en Favoris et Alert.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture et passez tous de joyeuses fêtes !


Les feux de Minas Tirith

Boromir conduisit ses amis dans l'aile des invités du château. Une fois que chacun eut reçu une chambre, il prit congé de ses compagnons pour la journée. Il souhaitait retrouver les gardes de la citadelle pour renforcer les défenses et s'enquérir des nouvelles de son pays. Il avait été absent fort longtemps, après tout.

Peu désireux de se retrouver seuls, Sephiroth et Pippin rejoignirent Gandalf dans sa chambre. Le soir tombait lorsque Boromir les rejoignit, avec un paquet sous le bras.

Il trouva Gandalf près de l'ouverture donnant sur le balcon, en trian de fumer. Sephiroth était adossé contre l'une des colonnes encadrant l'ouverture donnant sur le balcon et regardait l'horizon, tandis que Pippin était assis sur le lit avec l'air triste.

« Ça va, Pippin ? Vous avez l'air si sombre », dit Boromir en s'approchant.

« Oh, ce n'est rien, Boromir ! Mon cousin me manque, c'est tout. »

Désireux de lui remonter le moral, le Gondorien lui tendit le paquet. Curieux, Pippin le défit et vit qu'il s'agissait d'une cotte de mailles et d'un uniforme de velours bleu sombre, avec l'emblème du Gondor brodé dans du fil argenté.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda le Hobbit, surpris.

« Je me suis dit que vous aimeriez avoir une tenue de combat plus adaptée pour la bataille qui s'annonce. Même si je souhaite de tout cœur que rien n'arrive à ma chère cité », dit Boromir.

« Oh… Un uniforme ? À ma taille ?! » dit le Hobbit en levant la tunique à hauteur de ses yeux.

« Cette tenue appartenait à mon frère Faramir, quand il était enfant. Il était censé la porter durant ses séances d'escrime. J'étais le premier à lui avoir enseigné l'épée, mais ce fut difficile au début, il était très dissipé. Quand il la portait, il s'imaginait toujours en train de pourfendre des dragons », dit Boromir avec un sourire mélancolique.

« Vous ne nous aviez pas dit que vous aviez un frère », s'étonna Sephiroth.

« Quand il reviendra d'Osgiliath, je vous le présenterai. Au fait, j'ai discuté avec les gardes de la citadelle. Et certains d'entre eux m'ont rapporté des faits très intéressants. »

Gandalf se tourna vers le gondorien. Sephiroth et Pippin avaient également leurs yeux braqués sur Boromir.

« Ils disent que des renforts de l'Ithilien sont arrivés à Minas Tirith il y a quelques semaines. Et que parmi les hommes arrivés pour protéger Osgiliath se trouvait un homme roux, avec un manteau rouge. »

« Genesis… » dit Sephiroth.

« Votre ami dont vous et Miriel nous aviez parlé ? » dit Pippin.

« Et où est-il, maintenant ? » demanda l'ex-Soldat.

« À Osgiliath. Il aide à défendre la cité. Apparemment, ses talents au combat et sa maîtrise de la magie lui ont fait gagner le respect des troupes. »

Sephiroth sentit un énorme poids quitter ses épaules. Genesis était donc ici, et il allait bien.

« Par contre, mon père ne semble guère l'apprécier. Il semblerait qu'à leur première et unique rencontre, Genesis se soit montré… impoli, si j'en crois les rumeurs », conclut Boromir.

« Ça, c'est tout lui. Je regrette de ne pas l'avoir imité », dit Sephiroth.

« Sephiroth ! » le rabroua Boromir.

« Faisons comme si je n'avais rien dit », fit l'intéressé en haussant des épaules.

Gandalf eut un léger rire. Rire qui se changea vite en toux, car son souffle embrasa trop son tabac, le faisant s'enfumer.

Soucieux, Pippin remplit un verre avec le pichet d'eau sur la table puis l'apporta au magicien. Ce dernier le remercia et s'empressa de boire. Le Hobbit leva les yeux vers le ciel.

« Il n'y a plus d'étoiles. Est-ce l'heure ? »

« Oui », dit Gandalf.

Pippin posa ses bras croisés sur le balcon et regarda l'horizon.

« C'est si tranquille… »

« C'est le calme avant la tempête », répondit Gandalf.

« Je ne veux pas aller me battre. Mais être dans l'attente d'une bataille à laquelle je ne peux pas échapper est encore pire. »

Sephiroth était d'accord avec le semi-homme. Il connaissait fort bien cette sensation, il l'avait expérimentée pendant la guerre de Wutaï.

« Y a-t-il de l'espoir, Gandalf, pour Frodon et Sam ? » demanda le Hobbit.

Gandalf vint s'accouder au balcon avec lui. Sephiroth et Boromir les rejoignirent.

« Il n'y a guère d'espoir. Un espoir de fou », dit le magicien.

Un grondement de tonnerre dans les nuages du Mordor capta l'attention des quatre hommes.

« Notre ennemi est prêt. Toutes ses forces sont rassemblées. Pas seulement les Orques, mais aussi des Hommes. »

« Des hommes ? Comment peuvent-ils s'allier à ces monstres ?! » s'étonna Sephiroth.

« Ce n'est pas l'amitié, mais la crainte qui les motive. La peur que suscite Sauron. Il y a les légions de Haradrims, venues des terres du sud. Des mercenaires, venus de la côte. Ils répondront tous à l'appel du Mordor. Ce sera la fin du Gondor tel que nous le connaissons. Le coup le plus dur sera porté ici. Si le fleuve est pris, si la garnison d'Osgiliath tombe, la dernière défense de cette Cité aura disparu », dit Gandalf.

« Mais nous avons le magicien blanc. Ça ne signifie pas rien », dit Pippin.

Gandalf prit l'air soucieux, presque abattu.

« Gandalf ? »

« Sauron ne nous a pas encore dévoilé son serviteur le plus redoutable, celui qui mènera les armées du Mordor à la guerre, celui qu'on dit qu'aucun homme vivant ne peut tuer. Le Roi-Sorcier d'Angmar. Vous l'avez déjà rencontré. Il a poignardé Frodon aux Monts Venteux. Il est le seigneur des Nazgûls. Le plus puissant des neuf. Et Minas Morgûl est son repaire. »

Le silence suivit ces sinistres paroles.

Soudain, une puissante colonne de lumière perça les ténèbres à l'horizon. Montant droit vers le ciel, elle illumina l'espace de puissants flashs de lumière. La terre trembla pendant un bref instant.

Partout dans Minas Tirith, les gens sortirent de leurs maisons pour observer ce sombre et mystérieux phénomène.

Gandalf posa une main réconfortante sur l'épaule de Pippin. Soudain, Sephiroth sentit une douleur dans son crâne. Grimaçant, il porta la main à sa tempe.

« Sephiroth ? » demanda Boromir, inquiet.

L'ex-soldat ne put lui répondre, car des images se formèrent soudain devant ses yeux. Il vit une cité, qui ressemblait à Minas Tirith dans sa structure, mais elle était sombre, envahie de ténèbres. Deux horribles statues de monstres grimaçants en gardaient l'entrée. Juchée sur une muraille à l'entrée, une immense chauve-souris poussait des cris stridents. Un homme caché sous une cape noire la montait, coiffé d'un casque hérissé de piques. Les portes de la cité étaient ouvertes et crachaient un flot d'orques armées jusqu'aux dents. Une dernière image se forma devant ses yeux, celle de l'Œil en flammes, avant qu'il ne revienne sur le balcon, auprès de ses amis. Boromir et Pippin le regardaient avec inquiétude, tandis que Gandalf fixait l'horizon avec l'air songeur.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous aviez l'air de souffrir… » dit Boromir.

« Je… Ce n'est rien. »

« Nous y sommes enfin, dit Gandalf. La grande bataille de notre temps. »

« Gandalf ? Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Pippin en regardant alternativement Sephiroth et la lumière qui continuait de monter vers les nuages.

« L'échiquier est en place. Les pièces avancent. »

Sephiroth ne put qu'approuver ses paroles. Il l'avait vu : l'armée de l'ennemi était en marche.

Refusant d'attendre plus longtemps, le groupe quitta le château et prit le chemin des rues de la citadelle, dans les niveaux inférieurs. Boromir les conduisit vers l'entrée de la tour où se trouvait le premier feu d'alarme, mais ne s'en alla pas pour autant. Gandalf s'approcha de lui avec l'air soucieux.

« Boromir, vous n'êtes pas obligé de nous aider davantage. Si votre père découvre que vous êtes impliqué… »

« L'avenir du Gondor m'importe plus que les considérations de mon père à mon égard, Gandalf. Je file en haut m'occuper des gardes. Vous, occupez-vous du reste. »

Puis, sans attendre de réponse du magicien, il s'engagea dans les escaliers. Le magicien se tourna vers Pippin et Sephiroth, et les conduisit vers une ruelle qui menait au mur de la tour.

« Peregrin Touque, mon garçon, il y a une tâche qui doit être accomplie. Une nouvelle opportunité pour les gens de la Comté de prouver leur grande valeur. Ne me décevez pas. »

Pippin leva les yeux vers le sommet de la tour et hocha la tête. Il s'approcha et fit mine de commencer à l'escalader, quand Sephiroth posa une main sur son épaule.

« Je connais un moyen plus rapide et plus sûr pour grimper », dit-il avec un sourire mystérieux.

Il ferma les yeux, puis étendit son bras droit sur le côté. Une immense aile noire apparut dans son dos. Surpris, Gandalf et Pippin firent un bond en arrière.

« J'y crois pas… » souffla Pippin.

Sephiroth se tendit. Ses amis étaient surpris, mais passé ce moment, comment réagiraient-ils ? Avec dégoût ?

Mais Gandalf se contenta d'un curieux sourire énigmatique, tandis que Pippin s'approcha avec l'air d'un enfant fasciné.

« Vous pouvez voler ? »

Souriant avec malice, le jeune homme saisit le Hobbit à bras-le-corps puis s'élança vers le haut. Pippin ne put retenir un petit cri de surprise.

« Silence, Pippin ! Souvenez-vous qu'il faut allumer les feux discrètement. »

« Désolé… » souffla le semi-homme.

Arrivé au sommet de la tour, Sephiroth se posa sur le rebord. Le Hobbit et lui entreprirent d'escalader le bûcher. Une fois en haut, tous deux virent Boromir près de l'entrée de la tour, en pleine discussion avec les gardes qui surveillaient le bûcher. Le capitaine jeta un bref coup d'œil dans leur direction avant de repartir de plus belle dans sa discussion avec les soldats du Gondor.

Sephiroth fit un signe de tête à Pippin. Acquiesçant, celui-ci se mit debout au sommet de la pile de bûches et tendit la main vers la bassine d'huile suspendue au crochet du toit. Mais la corde de la bassine, que Pippin appuyait de tout son poids, céda brusquement. Le récipient bascula vers le bas. Une fois son contenu déversé, Sephiroth activa sa matéria feu en visant le bois. Celui-ci s'embrasa aussitôt.

Le Hobbit sourit, quand il réalisa qu'il était sur le bûcher. Sephiroth le reprit dans ses bras et plana doucement jusqu'en bas, dans la ruelle. Gandalf les attendait avec le sourire. Là, Sephiroth replia vivement son aile et la fit disparaître dans son dos.

En haut, les deux gardes sentirent l'odeur de fumée. Ils se détournèrent de leur capitaine et regardèrent avec effroi le bûcher qui s'embrasait.

Boromir sourit, puis descendit l'escalier pour rejoindre ses amis en bas. Gandalf conduisit le groupe jusqu'à la muraille donnant sur Amon Dîn. Là, tous virent bientôt un autre bûcher s'allumer.

« Les feux ! Les feux d'Amon Dîn sont allumés ! » cria un garde.

« L'espoir s'embrase », dit Gandalf.

Le petit groupe reprit tranquillement son chemin à travers les rues.

« Pippin, je vous remercie. Grâce à vous, le Gondor a une chance de recevoir des renforts », dit Boromir.

« Oh non, une part du mérite revient à Sephiroth ! Sans lui, je ne serais peut-être pas parvenu à grimper jusqu'au sommet. Il m'a bien aidé » dit le semi-homme.

« Pippin », l'avertit Sephiroth.

« Ben quoi ? C'est vrai, vous m'avez aidé ! »

Gandalf plissa les yeux. Il comprit que ce n'était pas la modestie, mais la gêne qui justifiait l'attitude de Sephiroth. Il ne voulait pas que Pippin parle de son aile.

« Pippin, je pense que vous devriez vous entraîner à l'escrime. Boromir, pourquoi ne l'emmèneriez-vous pas à la caserne ? »

« Très bien, Gandalf. Venez, Pippin. »

Les deux hommes s'éloignèrent, laissant Sephiroth seul avec le magicien.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda l'argenté en croisant les bras.

« Venez avec moi. »

Méfiant, Sephiroth le suivit jusqu'à la cour du palais où se trouvait l'Arbre Blanc. Là, il dut s'assoir avec le magicien sur un banc.

« En quoi le fait d'avoir une aile dans le dos peut vous gêner ? » demanda le magicien.

« En quoi ça devrait me rendre fier ? » répliqua Sephiroth. « Vous n'allez pas me dire que vous trouvez ça naturel ? Vous avez reculé quand je l'ai fait apparaître. »

« Je ne nie pas la surprise que j'ai éprouvée sur le moment. Mais je n'ai pas pris peur ni affiché du dégoût comme si vous étiez une créature de Morgoth. Et je ne pense pas que vous êtes un monstre. »

« Miriel ne vous a donc rien dit à mon sujet ? » demanda Sephiroth avec un sourire froid, désabusé.

« Elle n'a rien dit, parce que je savais déjà tout sur vous. »

Surpris, Sephiroth regarda le magicien.

« Les valars m'ont prévenu à votre sujet, deux jours avant que vous arriviez à Edoras avec Miriel et Boromir. J'ai vu votre passé, Sephiroth. Je n'approuve pas vos actes, mais ceux que vous accomplis par la suite en ce monde sont des plus louables. Et la reine Marwen avait confiance en vous depuis le début, c'est pour ça qu'elle a envoyé sa fille vous chercher, quand vous étiez sur Gaïa avec Miriel. »

« Pourquoi ? Pourquoi vous me faites confiance ? Pourquoi vous semblez si sûr de mon sort ? C'est à croire que tout le monde ici connaît mon destin ! » explosa le jeune homme.

Nullement impressionné par sa réaction, Gandalf porta son regard sur l'horizon avec l'air songeur.

« Personne ne connaît son destin à l'avance, Sephiroth. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins. Mais j'ai vécu assez longtemps en ce monde pour reconnaître un monstre quand j'en vois un. Lithariel savait qui vous étiez quand elle vous a donné son cœur et je la connais suffisamment pour affirmer qu'elle n'est pas une de ces femmes qui tombent amoureuses d'un homme uniquement à cause de son physique. Mon cœur me dit simplement que vous avez encore un rôle à jouer avant que cette histoire ne se termine. »

« Je ne me fie pas juste à mon cœur pour me forger une opinion sur quelqu'un, Gandalf », répliqua Sephiroth.

« Non, et c'est bien là votre tort, jeune homme. Vous pensez que ce sont vos actes passés qui définissent votre destin. Moi, je pense que vous ne devriez pas tout laisser entre les mains du destin. Il a beaucoup à faire, il apprécie parfois qu'on l'aide. Pour commencer… »

Gandalf se leva en prenant appui sur son bâton.

« … vous pourriez accompagner un vieillard jusqu'à sa chambre, au château ? Je tiens à profiter du peu de temps libre qu'il nous reste pour prendre du repos. »

« Pffft ! Comme si vous étiez vieux », dit Sephiroth en levant les yeux au ciel.

« Moi, au moins, je ne me plains pas à tout bout de champ ! »

« Ce n'est pas ce que Miriel m'a dit… » dit Sepiroth en se levant du banc.

« Comment ça ? » dit Gandalf, en haussant un sourcil.

« Rien, laissez tomber. Allons-y », dit Sephiroth avec un sourire amusé.

« J'insiste, expliquez-vous! »

Tous deux prirent le chemin du château en continuant leur joute verbale amicale. Aucun ne vit, depuis une fenêtre en haut d'une des tours, le seigneur Denethor qui les observait avec une lueur sournoise dans les yeux.