Merci à Juliefanfic et Cihanethyste pour leurs reviews. Et merci à Milyi et Kageno Koibito pour leurs messages !
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et une bonne année 2016, pleine de magie, de réussite et de bonheur !
Bonne lecture !
La colère de l'intendant
Les ruines d'Osgiliath étaient silencieuses cette nuit, et les soldats du Gondor en profitaient pour prendre un peu de repos.
Des petites patrouilles longeaient la rivière à certains endroits, tandis que l'essentiel des troupes demeurait au cœur des ruines.
Des groupes mangeaient ou discutaient à voix basse près de feux de camp.
Faramir quitta l'un de ses feux après avoir mangé, et rejoignit le capitaine des rôdeurs au sommet d'une tour en ruine.
« C'est devenu calme sur la rivière. Les orques se sont calmés. Les garnisons se sont déplacées. Nous avons envoyé des éclaireurs à Cair Andros. Si des orques attaquent depuis le nord, nous serons prévenus », dit le chef.
Un peu plus loin dans les ruines, Genesis regardait la rivière avec l'air songeur. L'atmosphère extrêmement calme qui régnait depuis deux jours ne lui disait rien de bon. Bien sûr, il était content que tout le monde ait droit à un peu de répit.
Mais le fait que ce calme soit survenu après l'apparition de l'étrange colonne de lumière verte dans le ciel ne lui plaisait pas. D'après les notions géographiques qu'il avait acquises en arrivant dans ce monde, cette lumière était apparue au Mordor, plus précisément dans la direction de Minas Morgul. Ce n'était sûrement pas un signal de repli pour les orques. En général, quand ceux-ci se repliaient, ils sonnaient du cor ou bien ils détalaient sans demander leur reste.
Autre chose l'intriguait : les feux de Minas Tirith avaient été allumés, pour avertir le Rohan que le Gondor avait besoin d'aide. Mais qui avait donné cet ordre ? Denethor serait-il enfin revenu à la raison ? Genesis avait du mal à y croire.
Il manquait des éléments pour résoudre cette énigme, et Genesis avait déjà tant de questions en tête que cela le faisait bouillir intérieurement.
Frustré, il saisit un caillou près de lui et le jeta dans l'eau.
Puis il fit volte-face et se dirigea vers le cœur des ruines pour rejoindre les soldats. Soudain, un sifflement anormal parvint à ses oreilles. Comme si quelqu'un avait tiré une flèche…
Puis un cri d'agonie et un fracas métallique retentirent. Genesis courut avec d'autres hommes vers la source du bruit, au pied de l'escalier d'une tour en ruines. Un chevalier du Gondor gisait par terre, une flèche plantée dans la poitrine.
« Ils n'arrivent pas du nord », comprit Faramir, debout parmi les soldats autour du corps.
Aussitôt, un branle-bas de combat se mit en place. Les soldats armés coururent vers la berge. Une fois là, tous se cachèrent derrière des murs ou des bâtiments. Un bruit de pagaie et des grognements leur parvinrent bientôt.
Lorsque les barques touchèrent la berge, un bruit d'éclaboussures retentit. Les orques mettaient pied à terre et traversaient la berge pour atteindre les ruines.
Les hommes laissèrent passer quelques-uns puis, sur le signal de Faramir, tous sortirent de leur cachette et engagèrent le combat.
XxXxXxXxXxXxX
Debout sur la terrasse surplombant tout Edoras, Miriel regardait l'horizon avec l'air songeur.
Cela faisait près d'une semaine que Gandalf, Boromir, Sephiroth et Pippin étaient partis pour Minas Tirith.
La jeune femme ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour eux. Après tout, ils étaient partis pour la cité que l'ennemi comptait attaquer. Ils s'étaient rués dans l'œil du cyclone !
Et moi, je reste ici, à l'abri… À attendre un signe m'autorisant à les rejoindre. Comme autrefois, avant que je retourne sur Gaïa par accident, en tombant dans les ténèbres de Kazad-dhûm… pensa la jeune fille.
Elle sentit soudain deux bras enserrer sa taille puis un torse musclé contre son dos. Souriante, elle tourna la tête et rencontra deux yeux bleu clair emplis d'amour.
« Tu t'inquiètes toujours pour eux ? » dit Legolas.
« Je me sens mal à l'idée qu'ils sont là-bas, et nous ici, alors que nous pourrions les aider… »
« Nous n'abandonnerons personne, meleth nîn. Gandalf a été clair : dès que les feux de Minas Tirith seront allumés, tout le Rohan chevauchera pour leur porter secours. Et nous y serons en première ligne. »
« Crois-tu que le Rohan répondra à l'appel du Gondor ? »
« Je l'espère, tout comme toi », admit le prince.
Ils restèrent encore un moment ainsi, à regarder l'horizon ensemble.
« Ça ne te manque pas, des fois ? » demanda Miriel.
« Quoi donc ? »
« Ta maison. Ta famille. Tu ne m'as jamais parlé d'eux. »
Le visage du prince s'assombrit.
« Pardon, je suis indiscrète… » dit la jeune femme.
« Non, tu ne l'es pas. Après tout, nous sommes fiancés, donc… »
Miriel sourit. Oui, ils étaient fiancés. Elle avait encore du mal à y croire, et pourtant cette idée l'enchantait.
« Mon père, tu le connais bien, je n'ai donc nul besoin de t'en parler. Ma mère… est morte y a longtemps. »
Miriel serra les mains du prince entre les siennes et attendit qu'il continue.
« Elle est morte il y a longtemps… Il n'y a jamais eu de tombe, aucune trace de cet évènement… Mon père n'en parle jamais. Après sa mort, il n'a plus été le même. Parfois, j'ai l'impression qu'il a cédé aux ténèbres qui hantent notre royaume et qu'il ne fait qu'un avec elles… »
Miriel se retourna dans les bras du prince et posa les mains sur son visage, l'obligeant à la regarder.
« Je mentirais si je disais que j'apprécie ton père. Il m'a semblé… froid et manipulateur. Mais ce n'est certainement pas un être malveillant ou un allié de l'Ombre. Et il t'a toujours, toi ! »
Legolas eut un sourire désabusé.
« Pendant la Bataille des Cinq Armées, il y a plus de soixante ans, il avait pour but de récupérer une poignée de gemmes à Erebor. Il a voulu battre en retraite quand il a vu le nombre de morts parmi nos guerriers et… Il a même menacé de tuer une de mes amies… Tu aurais vu son visage, ce jour-là… Je me sentais presque prêt à l'affronter, comme si c'était mon ennemi et non mon père… »
« Mais tu ne l'as pas fait. Arrête de ressasser le passé, Legolas. J'ai fait ça pendant plus de soixante ans, et cela ne m'a rien apporté de bon. Aujourd'hui, nous sommes ensemble et nous affrontons notre véritable ennemi : Sauron. Quand il sera vaincu, les ténèbres disparaîtront. Et je suis sûre que tu retrouveras ton père. Qui sait, peut-être même approuvera-t-il notre mariage ? »
« Mmmm… Je l'espère. »
« Oh, allez ! Tu as eu la bénédiction du mien. C'est déjà un miracle, non ? »
« C'est vrai que Sephiroth est pour le moins impressionnant… » dit Legolas avec un léger sourire.
« Vous êtes doué pour les euphémismes, prince Legolas. Moi, les rares fois où je le mettais en colère, je le trouvais terrifiant », dit Miriel en lui renvoyant son sourire.
« Pourquoi l'aurais-tu mis en colère ? »
« Oh, rien… Des bêtises d'enfance… »
« Là, tu m'en dis trop ou pas assez. Peux-tu développer ? »
Comprenant qu'il ne céderait pas, Miriel se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa.
« Belle diversion », souffla Legolas lorsqu'ils rompirent le baiser.
Souriants, les jeunes gens rentrèrent dans le château. Les gens allaient et venaient dans la salle principale, vaquant à leurs occupations.
Théoden et ses conseillers étaient debout autour d'une table couverte de cartes et semblaient travailler sur le meilleur moyen de défendre le royaume.
Gimli fit signe à Miriel et Legolas depuis une des tables où il discutait avec Merry et Lithariel.
En la voyant avec l'air sombre, Miriel eut un pincement de cœur. Ce devait être dur pour la princesse d'être séparée de Sephiroth, alors qu'ils venaient à peine de se retrouver. Et le pauvre Merry, qui regrettait tant la présence de son cousin…
Les jeunes gens se dirigèrent vers leurs amis quand les portes s'ouvrirent avec fracas. Aragorn déboula dans la pièce.
« Les feux ! Les feux d'alerte de Minas Tirith sont allumés ! Le Gondor appelle à l'aide », dit le rôdeur, à bout de souffle.
Le silence se fit dans la salle. Tous les yeux se focalisèrent sur le roi.
« Et le Rohan répondra », décida Théoden. « Rassemblez les rohirrims ! »
Aussitôt, tous les hommes en mesure de combattre quittèrent la salle pour se rendre dans leurs quartiers chercher leur équipement ou bien aux écuries pour préparer leurs montures. Miriel et ses compagnons en firent de même.
Un bruit de cloche retentit au centre de la cité, annonçant aux soldats qu'il était temps de partir.
Une fois bien équipée, Miriel fila aux écuries. Son fidèle cheval gris perle, qu'elle avait baptisé Silver après la bataille au Gouffre de Helm, hennit de joie en la voyant ouvrir sa stalle.
Une fois en selle, la jeune fille sortit de l'écurie pour rejoindre Legolas et Gimli, tous deux juchés sur Hazufeld.
« Des cavaliers ! Que n'ai-je une armée de Nains crasseux, armés jusqu'aux dents ! » dit Gimli.
« Vos cousins n'auront pas à aller à la guerre. Je crains qu'elle ne soit déjà sur leurs terres », dit Legolas.
Lithariel les rejoignit sur son propre cheval, accompagnée par les guerriers de Nùrnen eux aussi juchés sur des chevaux. La princesse des corsaires du Mordor semblait plus rayonnante depuis que Théoden avait pris la décision de partir pour Minas Tirith. Miriel sourit en pensant que c'était là-bas que l'attendait Sephiroth. Nul doute que la princesse guerrière avait hâte de le revoir !
Miriel vit également un poney blanc les rejoindre, monté par Merry.
Le regard de la jeune femme se reporta sur l'entrée des écuries. Elle fut surprise de constater qu'Eowyn était en tenue de cavalière et montait un cheval en compagnie d'Aragorn, lui-même monté sur Bregon. Le roi Théoden avait-il donc autorisé Eowyn à chevaucher pour combattre à Minas Tirith ?
La voix retentissante d'Eomer la tira de ses songes.
« L'heure est venue ! Cavaliers du Rohan, vous avez prêté serment ! Maintenant, honorez-le ! Pour le seigneur et la terre ! »
Toute l'armée d'Edoras se mit en branle vers les portes ouvertes de la cité et partit au galop en direction de la cité blanche.
XxXxXxXxXxXxX
Au petit matin, la bataille d'Osigiliath n'avait pas pris fin. Le soleil peinait à franchir les nuages recouvrant la cité, tout comme les soldats peinaient à vaincre les monstres qui infestaient les ruines.
Les monstres semblaient animés d'une énergie nouvelle et se jetaient sur les soldats sans même prêter attention à leurs armes.
Genesis n'avait même pas le temps de se concentrer pour jeter un sort de Feu ou de Foudre, il devait se concentrer avec son épée sur les orques autour de lui qui essayaient de lui sauter dessus pour le tuer.
Il en tua plusieurs d'un grand mouvement circulaire puis courut près d'un rôdeur qui se faisait coincer contre un mur par un orque armé d'une massue. Il le transperça dans le dos puis tira le rôdeur avec lui en direction de la sortie quand deux orques leur barrèrent la route. Le rôdeur en tua un d'un coup de dague dans la gorge, mais le second en profita pour le frapper au ventre.
Furieux, Genesis décapita le monstre puis se pencha vers le rôdeur pour l'aider, mais ce dernier, grimaçant, le repoussa et lui indiqua la sortie, lui ordonnant de partir avant qu'il subisse le même sort.
Jurant, Genesis courut hors de la maison en ruines et fonça sur un groupe d'orques. Animé par la colère, il les tua tous en assénant des coups désordonnés d'épée, quand il vit Faramir juste derrière, qui venait d'en tuer un et le regardait avec l'air surpris.
Tous deux reprirent vite leurs esprits et coururent vers une autre ruine, quand le capitaine des rôdeurs apparut.
« FARAMIR ! GENESIS ! » cria-t-il.
Les deux hommes réalisèrent que des archers étaient alignés contre le mur en face d'eux. Faramir tira Genesis avec lui sur le côté. Une horde d'orques s'engouffra dans l'ouverture. Aussitôt, les archers tirèrent, tuant net tous les monstres.
Une fois la pluie de flèches passée, les deux hommes quittèrent le mur pour s'approcher du capitaine. Ce dernier avait une plaie saignante au front, mais tenait encore debout.
« Nous ne pouvons les retenir ! La cité est perdue », dit-il.
Faramir analysa rapidement la situation, puis répondit d'une voix douloureuse :
« Dis-leur de se replier. Nous repartons à Minas Tirith. »
À peine commença-t-on à crier l'ordre de repli que d'autres hurlements, plus forts et plus sinistres, retentirent.
« Les nazgûls ! » fit un rôdeur, glacé d'effroi.
Les spectres ailés fendirent les nuages pour se jeter sur les soldats, que ce soit au sol ou sur les toits des maisons en ruines.
« Repliez-vous ! Repliez-vous à Minas Tirith ! » cria Faramir.
Genesis tendit la main vers le ciel pour jeter une boule de feu, mais sa matéria ne lui répondit pas. Il sentit une douleur aiguë dans sa tête. Il n'avait plus assez de forces pour faire de la magie !
Dépité, il suivit les hommes vers l'écurie en ruines où les chevaux avaient été installés.
Les survivants de l'assaut d'Osgiliath chevauchèrent à travers les plaines de Pelennor. Les orques ne les suivirent pas, mais les nazgûls si. Leurs ignobles montures ailées les suivaient en tournoyant au-dessus d'eux, puis elles piquaient sur eux pour soulever des hommes et leurs chevaux dans les airs. Là, elles les lâchaient, les laissant s'écraser au sol dans un concert de hurlements douloureux.
Genesis avait une furieuse envie de déployer son aile et de s'envoler dans le ciel pour combattre ces créatures, mais il savait que seul, il ne ferait pas le poids face à trois de ces monstres.
Tout ce qu'il pouvait faire, c'était baisser la tête quand ces monstres passaient en rase-mottes au-dessus de lui.
Il aperçut soudain trois chevaux qui arrivaient en direction du groupe. L'un était blanc, avec un cavalier vêtu de blanc lui aussi. Le deuxième était de couleur alezan, monté par un gondorien en armure, et le dernier cheval était noir, monté par un homme aux vêtements sombres et aux longs cheveux d'argent. En voyant ce dernier, Genesis oublia un bref instant la menace qui planait dans le ciel et les cavaliers qui criaient autour de lui.
Le cavalier blanc brandit un bâton vers le ciel. Aussitôt, une puissante lumière en jaillit et illumina les plaines. Les spectres ailés firent aussitôt demi-tour vers Minas Tirith. Tous les cavaliers poursuivirent leur galopade jusqu'à la cité. Les portes s'ouvrirent, laissant les guerriers arriver sur la grande place où les attendaient les habitants de la cité blanche.
Faramir dirigea son cheval vers ceux de Gandalf et de Boromir.
« Mithrandir ! Boromir ! Ils ont fait une percée dans nos défenses. Ils ont pris le pont et la rive ouest. Les bataillons d'Orques traversent le fleuve », dit Faramir sur un ton las et dépité.
« C'est ce que le Seigneur Denethor avait prédit. Il a vu cet échec depuis bien longtemps », annonça un soldat en armure.
« Il a prédit et n'a rien fait ! » répliqua Gandalf avec mépris.
« Tu as fait de ton mieux pour protéger la cité, Faramir. Nous avons certes perdu Osgiliath, mais je suis soulagé de ne pas t'avoir perdu, toi », dit Boromir en s'approchant pour poser une main sur l'épaule de son frère.
Ce dernier hocha la tête et rendit le geste à son frère, quand son regard s'attarda sur le troisième cavalier, l'homme aux longs cheveux d'argent, puis sur le petit cavalier qui se tenait devant Gandalf sur Gripoil. Gêné par cet examen, Pippin baissa les yeux.
« Faramir ? Ce n'est pas le premier semi-homme qui croise votre chemin ? » devina Gandalf.
Faramir secoua négativement la tête. Un immense sourire empli d'espoir apparut aussitôt sur le visage de Pippin.
« Vous avez vu Frodon et Sam ? » demanda-t-il.
« Où ? Quand ? » demanda Gandalf, insistant.
« En Ithilien, il y a environ deux jours. Gandalf, ils ont emprunté la route de la Vallée de Morgul. »
Le sourire du magicien disparut aussitôt.
« Et le passage du Col de Cirith Ungol », dit-il.
Faramir hocha la tête avec gravité.
« Ça veut dire quoi ? demanda Pippin. Qu'y a-t-il ? »
« Ça veut dire que vos amis se sont fourrés dans le pétrin », intervint une autre voix.
Un nouveau cavalier s'approcha d'eux. En le voyant, Sephiroth écarquilla les yeux.
« Genesis… »
Ce dernier hocha la tête.
« Content de te revoir, vieux frère. Même si j'aurais aimé que ce soit dans de meilleures conditions. »
« C'est lui, le fameux Genesis ?! » demanda Pippin, surpris et intrigué.
« Faramir, racontez-moi tout », demanda Gandalf.
À cet instant, un soldat apparut près d'eux.
« Capitaine Faramir ! Le seigneur Denethor exige que vous fassiez immédiatement votre rapport. »
Le désespoir apparut sur le visage de Faramir.
« Allons-y », dit Boromir en lui posant une main sur l'épaule en guise de soutien.
Le groupe chevaucha jusqu'au dernier niveau de la cité. Là, ils laissèrent leurs montures et marchèrent jusqu'à la salle du trône. Un Denethor agité et fulminant les y attendait.
Faramir s'avança, inclina brièvement la tête puis lui fit son rapport d'une voix plate, monocorde, sans remords ni respect. C'était la voix d'une personne apathique, qui connaissait d'avance sa sentence et ne ferait rien pour tenter d'y échapper ou se justifier.
Boromir se mit au côté de son frère en silence, exprimant par là son soutien.
Lorsque Faramir eut fini, Denethor prit l'air furieux.
« Est-ce donc ainsi que tu défends ta cité ? En envoyant un semi-homme et l'Anneau en Mordor ? Et toi ! » dit-il en se tournant vers Boromir. « Je croyais que tu n'avais pas trouvé l'Anneau en arrivant à Fondcombe ? Si j'en crois ce que ton frère vient de raconter, tu as pratiquement voyagé avec le porteur de l'Anneau pendant des mois, avant de le laisser partir. Mes fils sont-ils donc tous des menteurs et des incapables ? Trahi par mon propre sang, dans ma demeure ! » explosa l'intendant.
« Sauf votre respect, monseigneur », intervint Genesis sur un ton mielleux, « Faramir n'a pas laissé partir les hobbits. C'est moi qui les ai embarqués hors de la cité. »
Denethor se tourna vers lui avec l'air mauvais. Sephiroth tendit d'instinct les doigts vers Masamune, au cas où la situation dégénèrerait.
« Je ne vous ai pas autorisé à prendre la parole. Pas plus que je ne vous ai autorisé à rejoindre mes troupes pour combattre à Osgiliath ! Si vous vouliez aider le Gondor, cela impliquait de se soumettre à ses lois. Et je suis celui qui fait la loi, ici, au Gondor ! »
« Ouais, pour l'instant… » marmonna Genesis à voix basse.
Gandalf retint un léger gloussement, tant l'impertinence de Genesis l'amusait.
« Qu'as-tu à dire pour ta défense, Faramir ? » demanda Denethor en se tournant vers son fils cadet.
« Je n'aurais pas gardé l'Anneau pour le ramener ici. Pas même si cela nous aurait permis de protéger Minas Tirith », dit Faramir.
« Tu essaies toujours d'agir noblement, comme les rois des temps passés. L'Anneau aurait dû être ramené ici, pour être caché dans les ténèbres les plus profondes. Non pas pour être utilisé… sauf en cas d'extrême nécessité », admit Denethor avec un sourire retors.
« Vous avez tort, père, intervint Boromir. Faramir a eu raison d'agir ainsi, tout comme Genesis. Je vous l'ai déjà dit, l'Anneau est dangereux. Je le sais puisque, comme vous l'avez dit vous-même, j'ai voyagé en compagnie de son porteur pendant des mois. Je sais de quoi cet objet est capable. Il nous aurait menés à notre perte, si tant est que je l'aurais ramené pour vous. »
« Que veux-tu dire ? » demanda Denethor.
Boromir poussa un soupir. Il affichait maintenant le même air honteux et blessé que son frère.
« L'Anneau m'a affaibli et poussé à trahir un de mes amis. J'ai failli le tuer pour me l'approprier. Et si jamais j'étais rentré avec l'Anneau en ma possession, je vous aurais sans doute menti et gardé l'Unique pour moi seul. Si j'étais revenu avec lui, vous ne m'auriez pas reconnu. »
« MAIS JE NE TE RECONNAIS PLUS, JUSTEMENT ! Tu n'es plus le fils que je connaissais, tu es comme Faramir, un… un vulgaire élève de ce maudit magicien ! » vociféra Denethor en agitant son bâton, comme s'il allait le frapper.
Emporté par sa colère, il marcha sur un pan de son manteau et tomba au sol. Tout le monde fit silence dans la salle, choqué par ce triste spectacle et les mots blessants qu'avait proférés le seigneur intendant.
« J'en ai assez vu », dit Sephiroth, ne pouvant supporter tout cela plus longtemps.
« Moi aussi », dit Genesis.
Tous deux sortirent, suivis par Gandalf et Pippin. Faramir esquissa un geste pour aider son père, mais ce dernier se releva seul et, fusillant ses fils du regard, leur ordonna d'une voix grondante de colère de le laisser.
Les fils de l'intendant s'exécutèrent et rejoignirent Gandalf et les autres dehors.
« Et tu as vécu avec ça depuis ton arrivée ici ? » demanda Sephiroth à Genesis.
« Oh, pas tout le temps, la Déesse soit louée ! Au départ, c'est pour ne plus avoir à le supporter que j'ai rejoint la garnison d'Osgiliath », dit le rouquin.
« Si je comprends bien, vous venez de Gaïa, vous aussi ? » demanda Gandalf.
« Ouais… Et vous, vous êtes qui ? »
« Gandalf le Blanc, un magicien de la Terre du Milieu. Oh, et voici Peregrin Touque, un Hobbit de la Comté. »
« Mais vous pouvez m'appeler Pippin », dit ce dernier en lui souriant.
Faramir plissa les yeux en remarquant la tenue du semi-homme.
« Boromir, tu lui as donné ma livrée ? »
« Oui, je me suis dit que ce serait une meilleure protection pour lui, au combat. »
« Mmmm… On dirait un vrai garde de la citadelle. Elle vous va mieux qu'à moi quand j'étais enfant » admit Faramir en souriant, l'air amusé.
« Je suis plus grand que vous ne l'étiez, dit le Hobbit avec fierté. Seulement, je ne vais plus grandir, moi. Sauf en largeur. »
Faramir rit en entendant cela. Boromir sourit, heureux de voir son frère oublier ses soucis un bref instant, après toutes les dures épreuves qu'il avait traversées.
« Est-ce que je suis le seul ici à trouver dingue l'idée qu'on laisse des vieillards et des nains participer à cette guerre ? » s'écria Genesis.
En entendant ça, Sephiroth, Boromir et Faramir prirent un air mi-gêné mi-amusé. Gandalf plissa les yeux et regarda Genesis avec l'air menaçant, tandis que Pippin fronçait des sourcils.
« Vous feriez mieux de surveiller votre langage, jeune homme. J'ai vécu et combattu sur cette terre depuis de nombreux siècles, et je sais reconnaître la valeur d'un vrai guerrier quand j'en vois un », dit Gandalf d'une voix grondante de pouvoir.
« Quant à moi, je ne suis pas un nain, mais un Hobbit, il y a une nette différence. Si vous voulez vous montrer efficace dans cette guerre, vous feriez bien de vous renseigner un peu plus sur notre monde, ou bien vous pourriez tuer une créature qui se révèlerait être dans le camp de nos alliés. Je comprends maintenant pourquoi Miriel vous a mené la vie dure quand elle vous fréquentait, sur Gaïa. Elle n'a pas exagéré sur votre compte », dit Pippin.
Surpris par ces paroles, Genesis regarda le magicien et le Hobbit s'éloigner dignement vers le château pour rejoindre leurs chambres.
« Celle-là, vous ne l'avez pas volée », dit Faramir, avant de s'éloigner lui aussi avec son frère.
Resté seul avec Sephiroth, Genesis secoua la tête.
« Je rêve ou ils m'en veulent tous, là ? » dit le rouquin.
« Après la défaite d'Osgiliath et la crise de ce Denethor, tu ne pouvais pas tomber plus bas », admit Sephiroth.
« Mmm… Et toi, au fait ? Qu'est-ce que tu as fait, depuis que tu es ici ? Et Miriel, tu l'as retrouvée ? »
Comprenant qu'il lui devait des explications, Sephiroth lui fit signe de le suivre.
Tous deux se mirent en route vers le château.
