Hello, tout le monde !

Tout d'abord, bonne année 2016 ! Puisse-t-elle être pleine de magie et de succès pour vous.

Je publie spécialement ce chapitre aujourd'hui, car le 6 janvier, c'est mon anniversaire ! Et j'aime bien trouver des reviews sur mes fics ce jour-là, ça le rend encore plus cool.

Merci à RedChi-San et Juliefanfic pour leurs reviews. Et merci à RedChi-San d'avoir mis la fic en Alert et Favoris.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture !


La décision de Denethor

« Fiancée ?! Tu plaisantes ? » s'écria Genesis.

« Non, c'est la vérité. Miriel est fiancée », dit Sephiroth.

Assis sur le balcon de la chambre de Sephiroth, les deux amis discutaient. Ou plutôt, Sephiroth lui faisait un long récit de tout ce qui s'était produit depuis le moment où il avait retrouvé Miriel sur Gaïa.

« J'y crois pas… Elle en aura fait du chemin en notre absence, la petite ! » dit Genesis. « Au fait, qui est l'heureux élu ? »

« Un elfe, Legolas. »

En entendant ce nom, Genesis fronça des sourcils.

« Le fils du roi de Mirkwood ? »

« C'est ça. Tu le connais ? »

« Non, pas vraiment… J'ai passé du temps à Minas Tirith, et Faramir m'a fait visiter la grande bibliothèque du château. J'en ai profité pour me cultiver un peu sur ce monde. Figure-toi que j'ai appris beaucoup de choses sur les elfes et en particulier sur la famille de Miriel. Apparemment, ses ancêtres ont commis pas mal de crimes, et cela remonte jusqu'à son arrière-grand-père, Fëanor. »

« Miriel n'a commis aucun crime, Genesis, tu le sais aussi bien que moi ! »

« Bien sûr, seulement… Je sais qu'ici, les gens sont attachés à la lignée de laquelle ils descendent. Et le roi de Mirkwood, Thranduil, a toujours détesté la famille de Fëanor. Tu imagines sa réaction quand il apprendra que son fils unique souhaite épouser une descendante de ceux qui ont banni son peuple d'une de leurs cités, il y a des siècles de cela ? »

Sephiroth secoua la tête. Genesis avait raison en un sens, mais il se souvenait de son entretien avec Legolas dans les plaines du Rohan, quand il lui avait demandé la permission de courtiser sa fille, et puis lorsqu'il était venu avec elle lui demander sa bénédiction. Legolas était très attaché à Miriel, il ne l'abandonnerait pas, même si cela devait lui coûter l'estime de son père. Enfin… Il l'espérait. Sinon, il s'occuperait personnellement du prince de Mirkwood.

« Au fait, tu m'as dit qu'il y avait une autre princesse qui avait voyagé avec toi et les autres. Lithariel, c'est ça ? »

« Oui », dit Sephiroth, peu désireux de donner des détails. Il n'avait pas avoué sa relation avec la princesse, d'autant qu'elle était très récente et qu'il voulait mettre les choses bien au clair avec elle avant de laisser entendre à qui que ce soit qu'ils étaient ensemble.

« Elle est jolie ? » demanda Genesis avec un sourire malicieux.

« Évidemment. C'est une princesse. »

« Arrête, tu m'as compris, je me demandais… Eh ! Pourquoi tu fais cette tête ? »

« Quoi ? Quelle tête ? »

« On dirait que tu n'aimes pas que je m'intéresse à elle… Tu sors avec elle ? »

« Tu trouves que c'est le moment de penser à ça ? Je te rappelle que tu as enlevé sa mère quand tu étais possédé par le fantôme d'un sorcier du Mordor ! »

« Oui, c'est vrai… », admit Genesis sur un ton sombre en reportant son regard sur l'horizon.

Craignant d'être allé trop loin, Sephiroth soupira. Quel maladroit ! Il aurait dû s'y prendre moins violemment, mais il avait ressenti d'instinct de la jalousie quand Genesis avait émis l'hypothèse de draguer Lithariel.

« Je ne me souviens pas de grand-chose, concernant la période où j'étais possédé. Je… J'avais l'impression d'être enfermé dans une pièce sombre, dont je ne pouvais même pas deviner les contours. Parfois, son emprise faiblissait légèrement, et je pouvais entendre ou voir quelque chose, mais c'était si fugace… Puis, quand il a quitté mon corps, je me suis retrouvé seul dans le noir. Mais je pouvais désormais voir, sentir et entendre les choses. C'était déformé malgré tout, comme si je ne pouvais percevoir les choses que de loin, à travers un épais brouillard noir. Sauf elle… »

« Elle ? »

« Miriel. Enfin, une fille qui ressemblait à Miriel pour moi, à ce moment-là, vu que j'ignorais que c'était elle. Les mêmes yeux bleus, la chevelure qui changeait de couleur selon la lumière, les oreilles pointues… Chaque fois que je la voyais, elle brillait, comme une étoile. Elle était la seule chose que je pouvais percevoir à travers les ténèbres. »

Sephiroth se souvint qu'après l'épisode où il avait été libéré du sorcier du Mordor, Genesis s'était retrouvé dans un état végétatif, et que rien ne l'avait fait réagir, sauf lorsque Miriel entrait dans son champ de vision. Dans ces moments-là, il avait souri… En effet, cela s'expliquait, maintenant.

« J'ai raté tellement de choses… », soupira Genesis.

« Tu n'as pas perdu ton temps en arrivant ici, tout comme moi. C'est ce qui compte », dit Sephiroth pour lui remonter le moral.

« Ouais… T'as raison. »

Soudain, on frappa à la porte.

« Entrez », dit Sephiroth.

Gandalf apparut dans l'encadrement, suivi de Pippin.

« Le seigneur Denethor ordonne à ses fils de le rejoindre dans la salle du trône. Il semble avoir pris une décision concernant cette guerre », dit Gandalf.

« Ah bon ? Ça y est, il prend les choses en main ? » demanda Genesis, surpris.

Gandalf fit une moue peu convaincue.

« Venez », dit-il.

Les quatre amis prirent la direction de la salle du trône. Arrivés là, ils virent Boromir et Faramir debout devant une table où Denethor était assis, en train de déjeuner.

Cette vision brisa aussitôt les faibles espoirs des deux ex-Soldats. Comment pouvait-on prendre ses aises et manger alors que la guerre était à ses portes ? Même Pippin, pourtant très gourmand, n'avait plus beaucoup mangé depuis son arrivée à Minas Tirith. Et Sephiroth, qui avait vite compris que les Hobbits étaient des ventres sur pattes, savait que c'était mauvais signe.

« Je ne me souviens pas vous avoir conviés à ce conseil de guerre, Mithrandir. Et vous non plus ! » dit Denethor en dévisageant les deux ex-Soldats.

« Quoi, ça vous coupe l'appétit de nous voir là ? » répliqua Genesis sur un ton acide.

« Genesis ! » le rabroua Gandalf à voix basse, tandis que Sephiroth administra un coup de coude au rouquin.

« Ben quoi ? » répliqua ce dernier, vexé qu'on le corrige.

« Vous vouliez nous parler, monseigneur ? » demanda Boromir, désireux d'empêcher une nouvelle rixe entre son père et Genesis.

« En effet. Je ne pense pas que nous devrions abandonner à la légère les défenses extérieures », dit Denethor. « Défenses que tu as longtemps gardées intactes, Boromir. »

« Qu'aurais-je dû faire selon vous ? » demanda Faramir, comprenant le reproche sous-jacent de son père.

« Je n'aurais cédé ni le fleuve du Pelennor, ni le fort. Osgiliath doit être reprise. »

Sephiroth ouvrit des yeux ronds en entendant ça. Reprendre Osgiliath ? Alors qu'ils avaient perdu plus de la moitié de leurs hommes en fuyant la cité envahie ? Ils n'y arriveraient jamais, sans compter que cela rendrait Minas Tirith encore plus vulnérable aux attaques futures du Mordor.

« Mon seigneur, Osgiliath est occupée », dit Faramir.

« Il faut prendre des risques à la guerre, rétorqua Denethor, sans l'ombre d'une hésitation. Y a-t-il un capitaine, ici, qui ait le courage d'exécuter la volonté de son seigneur ? »

« Alors là, je craque ! » s'écria Genesis.

« Pardon ? » fit Denethor, surpris et perdu.

« J'ai dit que je craque ! Franchement, vous dépassez les bornes ! Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous avez perdu plus de la moitié de la garnison qui tenait Osgiliath, et vous voulez renvoyer les survivants là-bas, alors qu'il y a une incroyable quantité d'orques qui l'infestent, sans parler des nazgûls ? »

« Vous n'êtes pas du Gondor, ni même d'Arda. Évitez de vous mêler de choses qui dépassent votre entendement, jeune homme », répliqua Denethor.

« Nous ne sommes pas d'Arda, mais nous sommes des militaires, nous avons le sens de la stratégie, monseigneur », dit Sephiroth sur un ton plus calme mais froid.

« Sephiroth et Genesis n'ont pas tort, mon seigneur. Jamais vous ne pourrez reprendre la cité avec un si petit nombre d'hommes », intervint Gandalf.

« Ils ont raison tous les trois, père », renchérit Boromir. « Nous sommes en nombre inférieur, jamais nous ne pourrons reprendre Osgiliath comme la dernière fois. Même si nous réussissons à la reconquérir, notre nombre aura tant diminué que la cité sera vite reprise, et puis ce sera le tour de Minas Tirith, puisqu'il ne restera plus grand-monde pour la défendre. »

« ASSEZ ! Je suis encore le seigneur de cette cité, c'est à moi que revient le droit de la diriger comme bon me semble ! Faramir, je t'ordonne de faire le nécessaire pour reprendre Osgiliath. »

Anéanti, le cadet s'inclina, puis prit le chemin de la sortie. Boromir le suivit aussitôt.

« Boromir, je ne t'ai pas donné l'ordre d'y aller », l'interrompit Denethor.

« Vous refusez de vous entourer de conseillers pour défendre cette cité, soit ! Mais mon frère aura besoin de mes conseils avant de partir, aussi vais-je faire le nécessaire avant son départ », répliqua Boromir d'une voix grondante de colère, sans m'arrêter de marcher.

Denethor le regarda partir avec stupeur, tant il ne reconnaissait plus son fils depuis son retour.

« Vous devriez le savoir, depuis le temps. Contrairement à vous, Boromir tient à Faramir. En blessant l'un, vous infligez la même douleur au deuxième », dit Gandalf, avant de sortir à son tour, suivi de ses amis.

« Qu'est-ce qu'on fait ? On ne va quand même pas les laisser partir à Osgiliath ?! » dit Genesis.

Gandalf secoua la tête.

« Je vais essayer de les raisonner dehors. Vous, essayez de les arrêter à la caserne », dit le magicien, avant de prendre la sortie du palais.

Sephiroth, Genesis et Pippin se dépêchèrent d'atteindre l'entrée de la caserne. Ils trouvèrent des hommes occupés à se préparer pour le départ. Mais tous s'exécutaient lentement, avec l'air triste et anéanti, comme s'ils savaient déjà qu'ils allaient à l'abattoir. Avec un pincement de cœur, Sephiroth se souvint de la tête des rohirrims qui s'étaient préparés pour le siège au Gouffre de Helm. Il avait l'impression de revivre la même chose.

« Si vous cherchez les capitaines, ils sont aux écuries », dit un garde, près de la porte.

Les trois compagnons coururent jusqu'à là-bas. En effet, ils étaient là. Faramir sellait son cheval, tout comme Boromir. Tous deux avaient revêtu des armures.

« Alors, c'est décidé. Vous y allez tous les deux », dit Sephiroth.

Les deux frères se tournèrent vers eux, puis hochèrent de la tête en silence.

« Ne faites pas ça ! Boromir, je vous en prie. Il faut juste attendre que les troupes du Rohan nous rejoignent. Les autres ne nous abandonneront pas », dit Pippin, sur un ton suppliant.

« L'ennemi ne va pas tarder à marcher sur Minas Tirith. Il faut que nous le repoussions », dit Boromir, sans grande conviction.

« Oh, arrêtez de vous voiler la face ! Le plan de Denethor est insensé ! » dit Genesis.

« Je sais. C'est pour ça que j'ai besoin de vous pour parer au pire. »

« Nous ? » dit Sephiroth.

« Si jamais Faramir et moi ne revenions pas… Promettez-moi que vous protégerez la cité. »

Sephiroth n'en revenait pas. Boromir était-il en train de leur remettre le destin de la cité entre les mains, à eux, des étrangers ?

« Mithrandir fera le nécessaire, mais j'ai besoin que vous y mettiez aussi du vôtre, mes amis », dit Boromir, en regardant tour à tour les deux ex-Soldats et le semi-homme avec espoir, presque supplication.

« Boromir… » dit Pippin, la gorge nouée.

Le capitaine du Gondor s'agenouilla pour poser une main sur son épaule.

« Promettez-moi d'agir comme un gardien de la citadelle, Peregrin Touque. »

« Promis… Si vous me promettez de tout faire pour revenir en vie, vous et votre frère. »

« Bien sûr », dit Boromir.

Il releva les yeux vers Sephiroth. Ce dernier hocha la tête sans répondre. Son visage était impassible, mais ses yeux étaient pleins de tristesse, de colère et de résignation. Genesis lui lança un regard furieux, puis donna un coup de poing contre un pilier de bois soutenant le toit, avant de sortir de l'écurie à grands pas.

Sephiroth et Pippin se dépêchèrent de le suivre à travers les rues jusqu'au dernier niveau. Là, ils trouvèrent Genesis dans une petite cour, près d'une fontaine. La vue sur les plaines alentour était magnifique. On en oubliait presque la guerre et la menace constante qui planait sur la cité.

Sans dire un mot, les deux amis s'assirent sur le banc au côté du rouquin.

Un silence pesant régnait sur la cité depuis que Denethor avait ordonné que des troupes repartent pour Minas Tirith. Ils entendirent bientôt le lourd grincement des portes de la cité qui s'ouvraient pour laisser sortir les guerriers. Lorsqu'elles se refermèrent, le sombre claquement de métal des battants leur fit l'effet d'une gifle.

« J'aimerais que mes cousins et nos amis soient là… », souffla Pippin.

Sephiroth et Genesis tournèrent la tête vers le semi-homme avec surprise.

« La Comté me manque. J'aimerais que tout soit comme avant, simple et sans ces ténèbres qui planent au-dessus de nos têtes » poursuivit le semi-homme avec tristesse.

Sephiroth eut envie de lui dire que ça se terminerait bien, que la guerre prendrait fin. Mais il n'avait pas envie de mentir, d'autant qu'il avait peur que sa voix trahisse sa peine et sa colère.

« J'aimerais que Miriel soit là », reprit Genesis. « Tu te souviens, Seph ? Les rares fois où on nous envoyait en mission, et où on avait le sentiment que ce serait dangereux, que l'un de nous ne s'en sortirait peut-être pas… On allait chez toi, et on l'entendait chanter depuis sa chambre. »

Sephiroth acquiesça en silence. En effet, chaque fois que Miriel chantait, sa voix était si belle qu'elle avait un effet magique sur tous ceux qui l'écoutaient. Elle les aidait à oublier leurs soucis, le temps de la chanson.

Le silence dura encore un bref instant, quand la voix de Pippin s'éleva à nouveau, tout doucement.

« La maison est derrière,
Le monde est devant.
Nombreux sentiers ainsi je prends.
À travers l'Ombre,
Jusqu'à la fin de la nuit.
Jusqu'à la dernière étoile qui luit.
Brumes et nuages,
Noyés dans l'obscurité.
Tout va se mêler…
Ohoh ! Tout va… se mêler.
»

Le semi-homme n'avait pas une voix aussi harmonieuse qu'un elfe, mais son chant et les émotions qu'il communiquait étaient en diapason avec celles des deux hommes.

Ces derniers lui offrirent un triste sourire, puis tous trois se remirent dans leur triste contemplation de l'horizon.

Seul dans une petite ruelle, plus niveaux plus bas, Gandalf se tenait assis sur les marches d'un escalier et regardait droit devant lui avec l'air triste et las. Au loin, quelque part dans la cité, une cloche retentit de lugubres notes.

Puis le silence du vide et de la mort reprit son droit sur Minas Tirith.