Bonjour !
J'ai été absente trop longtemps, c'est inacceptable !
Voici un beau et long chapitre pour me faire pardonner.
Merci à Juliefanfic et RedChi-San pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
La dernière bataille
« Frodon est passé au-delà de ma vision. Les ténèbres se renforcent », dit Gandalf avec l'air inquiet.
Aragorn, Legolas, Miriel, Eomer, Lithariel, Boromir, Sephiroth et Genesis se tenaient en cercle autour de lui dans la salle du trône du palais du Gondor. Gimli se tenait également là, assis sur le trône de l'intendant et fumant la pipe.
« Si Sauron avait l'Anneau, nous le saurions », dit Aragorn.
« Ce n'est qu'une question de temps, dit Gandalf. Il a subi une défaite, c'est vrai… mais derrière les murs du Mordor, les armées de notre ennemi se regroupent. »
« Frodon est vivant, dit Miriel. J'ai utilisé mon anneau pour voyager par l'esprit jusqu'à lui. Il est au Mordor, avec Sam. Ils ne sont plus très loin de la Montagne du Destin. Et ça m'étonnerait que Sauron tente à nouveau d'attaquer le Gondor, après la défaite cuisante qu'il a subie ! Les orques ne sortiront pas du Mordor avant un moment. Sauron ne tentera rien, pour l'instant », dit la jeune fille.
« Eh bien, qu'il y reste ! Qu'il y pourrisse ! Pourquoi nous en soucier ? » demanda Gimli.
« Parce que dix milles Orques se tiennent encore entre Frodon et la Montagne du Destin… » dit Gandalf.
Boromir baissa tristement les yeux. Si Frodon et Sam s'étaient retrouvés dans cette situation, c'était à cause de lui. S'il n'avait pas attaqué le semi-homme, peut-être la Communauté serait-elle encore unie et plus forte pour cheminer vers la Montagne du Destin.
« Je l'ai envoyé à sa mort », dit tristement Gandalf.
« Ça, je l'avais dit dès le déb… AÏE ! » dit Genesis.
Il venait d'être interrompu par un violent coup de coude de la part de Miriel et Sephiroth, postés chacun à côté de lui.
Aragorn secoua la tête.
« Non. Il y a encore de l'espoir pour Frodon. Il a besoin de temps et d'un chemin sûr pour traverser les plaines de Gorgoth. Et cela, nous pouvons les lui donner. »
« Comment ? » demanda Gimli.
« En attirant les armées de Sauron. En vidant ses terres. Rassemblons toutes nos forces et marchons sur la Porte Noire. »
Pris de court, Gimli s'étouffa avec la fumée de sa pipe.
« C'est de la folie ! » s'écria Genesis.
« Là, je suis d'accord avec lui », dit Miriel.
« Moi aussi », dit Sephiroth.
« Nous n'obtiendrons pas la victoire par la force des armes », dit Eomer.
« Pas pour nous. Mais nous pourrons donner à Frodon sa chance, si l'Œil de Sauron reste braqué sur nous. Rendons-le aveugle à toute autre chose en mouvement. »
« Une diversion », comprit Legolas.
« Une mort certaine ! Une faible chance de succès ! Qu'attendons-nous ? » demanda Gimli.
« Sauron se doutera que c'est un piège. Il ne mordra pas à l'hameçon », dit Gandalf, les sourcils froncés.
« Oh, je pense que si… » dit Aragorn avec un sourire énigmatique.
Sephiroth fronça des sourcils. Finalement, on ordonna à tout le monde de retourner se reposer. Tous partiraient le jour suivant aux premières lueurs de l'aube, ils devraient donc en profiter pour reprendre des forces et se préparer.
Tandis que tous regagnaient leurs chambres, Sephiroth s'arrêta à mi-chemin dans le couloir et fit demi-tour, direction la salle du trône. Curieux, Genesis le suivit.
« Eh ! Où tu vas ? » demanda le rouquin.
« Aragorn se comporte bizarrement. Je veux savoir ce qu'il mijote pour appâter Sauron », dit l'argenté.
Les deux amis franchirent le couloir et arrivèrent devant l'une des entrées latérales de la salle du trône. Elle donnait avec vue sur les trônes blancs et noirs.
Aragorn se tenait à genoux devant les marches menant au trône du roi. Il ôta le tissu recouvrant un objet. Les deux amis retinrent un hoquet de surprise en voyant qu'il s'agissait du palantir de Saroumane ! De plus, il n'était pas noir et immobile comme un vulgaire cristal, mais rempli de flammes agitées, comme si une tempête de feu se déchaînait à l'intérieur.
Aragorn eut un geste de recul puis, inspirant à fond, il le saisit d'une main et le tint droit devant lui. Bientôt, l'image de l'œil flamboyant de Sauron apparut dedans.
« Longtemps, tu m'as traqué… Longtemps, je t'ai fui… Mais plus maintenant », dit Aragorn.
Et sur ces mots, il brandit son épée de sa main libre.
« Contemple l'épée d'Elendil ! »
L'image de Sauron dans sa sombre armure hérissée de pics apparut un bref instant, avec le palantir dans sa main, puis les flammes enveloppèrent le cristal, avant de révéler une nouvelle image.
Cette fois, il s'agissait d'une belle jeune femme elfe, vêtue d'une robe de velours noire aux manches longues et rouges. Elle se tenait allongée sur un lit recouvert de feuilles d'automne. Mais son visage était pâle et affichait une profonde souffrance, comme si elle dépérissait.
Cette vision parut ébranler le rôdeur qui abaissa lentement son épée, l'air horrifié.
« Aragorn ! » cria Sephiroth, réalisant que le rôdeur baissait sa garde.
Ce cri parut tirer Aragorn de son état secondaire. Il lâcha le palantir et recula. Les deux ex-soldats s'approchèrent, quand les trois hommes virent le pendentif elfique d'Arwen se détacher du cou d'Aragorn et tomber au sol où il se brisa en une centaine d'éclats de cristaux. Une lumière sembla en jaillir, avant de s'éteindre comme une étoile mourante. Tous trois firent silence, choqués, comme s'ils avaient conscience que quelque chose venait de disparaître à jamais.
XxXxXxXxXxXxXxXxX
Il fallut toute une journée pour rassembler les guerriers valides du Gondor, du Rohan et de Nùrnen. Ceux trop faibles restèrent pour veiller sur la cité et ses habitants.
Enfin, tous partirent en direction du Mordor. Aragorn menait la marche, monté sur Bregon. Le rôdeur avait revêtu la tenue guerrière bleu et argent de ses ancêtres. Ses compagnons ne purent s'empêcher de lui trouver un air royal.
Les bannières des Terres Libres de la Terre du Milieu que portaient certains cavaliers claquaient dans le vent.
Monté sur son cheval, Boromir jeta un bref coup d'œil en arrière vers Minas Tirith. Son frère Faramir était resté chez les guérisseurs, d'une part à cause de ses blessures, mais aussi parce que, si son frère ne revenait pas, il devrait assurer le rôle d'intendant pour protéger la Cité Blanche. Eowyn était également restée, Eomer y avait personnellement veillé.
La chevauchée prit plus de deux jours à travers la Vallée Morgal et les terres arides menant au Mordor. Plus ils approchaient, et plus l'ambiance devenait sombre, triste et froide. Et pas seulement à cause du vent qui y soufflait. Miriel et Legolas le ressentaient plus que tout autre : ils approchaient des terres où régnait le mal à l'état pur.
Enfin, ils arrivèrent devant la Porte Noire du Mordor. En la voyant, tous eurent un frisson de peur et de dégoût. Elle était plus noire que la roche des montagnes qui bordaient chaque côté. Sephiroth et Genesis ne pouvaient s'empêcher de la comparer au sombre réacteur Mako de Nibelheim, qui avait servi à conserver le cadavre de Jenova.
L'armée stationna un moment devant les portes, à une bonne distance, attendant que l'ennemi réagisse à leur arrivée. Mais rien ne se produisit.
« Où sont-ils ? » demanda Merry, juché derrière Boromir sur son cheval.
Aragorn en eut assez. Il donna un coup de talon à Bregon et se dirigea vers la Porte. Miriel, Legolas, Gandalf, Lithariel, Eomer, Boromir, Sephiroth et Genesis talonnèrent également leurs montures et le suivirent. Ils s'arrêtèrent tous à quelques mètres des grands vantaux métalliques.
« Que le Seigneur de la Terre Noire sorte ! Justice lui sera faite ! » cria Aragorn.
D'abord, il ne se passa rien. Puis on entendit comme un bruit de sabots foulant des rochers. Et puis les portes s'ouvrirent. Un cavalier s'approcha.
Monté sur un cheval nerveux et agressif, un homme vêtu d'une cape noire et d'une armure métallique du Mordor s'avança. Quoiqu'une fois près d'eux, tous doutèrent qu'il s'agît d'un homme. Il portait une espèce de casque métallique couvrant le devant de son visage, ne révélant qu'une immense bouche pleine d'horribles dents jaunâtres et pointues, aux pointes couvertes de sang séché. L'air autour de lui semblait chargé de maléfices et de fantômes qui murmuraient de sombres paroles du Mordor.
« Mon seigneur le grand Sauron vous souhaite la bienvenue », dit l'inconnu avec un rictus abominable.
Miriel se souvint des leçons de Galadriel. Elle comprit que l'être qui leur faisait face était un ancien sorcier de Numenor, qui avait succombé au pouvoir du Mordor et pris l'identité de la Bouche de Sauron.
« Qui dans cette bande a autorité pour traiter avec moi ? » demanda la créature.
« Nous ne venons pas pour traiter avec Sauron, sournois et maudit ! Dites à votre maître que les armées du Mordor doivent se retirer, qu'elles quittent la Terre du Milieu pour ne jamais revenir ! » dit Gandalf.
« Oh… Vieille barbe grise ! J'ai un présent que l'on m'a chargé de vous montrer. »
La Bouche de Sauron plongea la main dans sa cape et en ressortir une cotte de mailles en mithril. Miriel eut un hoquet de stupeur en reconnaissant la cotte de mailles de Frodon.
« Frodon… » murmura Pippin.
La Bouche de Sauron la lança à Gandalf. Surmontant sa surprise, il la rattrapa.
« Non ! » cria faiblement Merry.
« Silence ! » dit Gandalf.
Mais la Bouche de Sauron les avait tous vus réagir, et cela le fit sourire plus encore.
« Oh ! Le semi-homme vous était cher, à ce que je vois. Sachez qu'il a enduré mille tourments entre nos mains. Qui aurait pu croire qu'un être si petit puisse endurer une si grande souffrance ? Mais il l'a fait, Gandalf ! Il l'a fait ! »
Assis à l'avant de Gripoil, Pippin prit la cotte de mailles des mains de Gandalf. Ce dernier avait les yeux pleins de larmes. Ce qu'il craignait le plus s'était réalisé : Frodon était mort par sa faute.
Gimli serra plus fort sa hache à sa ceinture. Il mourrait d'envie de descendre d'Hasufeld pour tailler ce monstre en pièces. Legolas et Miriel étaient trop tristes et choqués pour réagir.
Sephiroth et Genesis ne savaient que faire. Ils avaient bien envie de tuer ce démon, mais ils avaient aussi la sensation que ce n'était pas à eux d'agir.
Aragorn finit par s'avancer.
« Et qui est-ce ? L'héritier d'Isildur ? Il faut plus qu'une épée brisée pour prendre un trône et une couronne ! » cracha le Bouche de Sauron.
Il ne put ajouter davantage, car, avec une rapidité surprenante, Aragorn dégaina Narsil et lui coupa la tête.
« Ainsi se terminent les négociations ! » ironisa Gimli d'une voix sombre.
« Je n'y crois pas ! Je n'y croirai jamais ! » dit Aragorn en s'adressant aux autres, leur faisant clairement comprendre qu'il croyait encore en Frodon.
Un sombre grincement les fit tous se tourner vers le Mordor. La Porte Noire s'ouvrait entièrement à présent. Et l'armée de Sauron approchait.
« On se replie ! » ordonna Aragorn.
Tous s'exécutèrent et rejoignirent l'armée des hommes. Ces derniers n'avaient pas bougé, mais en voyant cette immense marée noire d'orques armées jusqu'aux dents qui venait sur eux, ils eurent un geste de repli.
« TENEZ VOS POSITIONS ! » ordonna Aragorn en arrivant à leur hauteur. « Fils du Gondor, du Rohan et de Nùrnen ! Mes frères ! Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur ! Un jour peut venir où le courage des Hommes faillira, où nous abandonnerons nos amis et briserons les liens de la Communauté. Ce sera l'heure des loups et des boucliers fracassés, lorsque l'Âge des Hommes s'effondrera ! Mais ce jour n'est pas arrivé ! Aujourd'hui, nous combattrons ! Pour tout ce qui vous est cher sur cette bonne terre, je vous ordonne de tenir, Hommes de l'Ouest ! »
Ces mots redonnèrent courage à tous. Les soldats dégainèrent leurs épées. Aragorn et ses compagnons descendirent tous de cheval et les laissèrent filer. Nul besoin que d'innocentes et nobles bêtes meurent dans cette sombre bataille.
Mais leur armée se retrouva vite encerclée par toute celle de Sauron.
« Jamais je n'aurais songé mourir au combat aux côtés d'un Elfe ! » dit Gimli.
« Et que pensez-vous de mourir aux côtés d'un ami ? » demanda Legolas.
« Oui… Ça, je peux le faire. »
Miriel sourit à Legolas, puis lui prit la main. Ce dernier la serra fort entre ses mains en lui rendant son sourire. Elle vit dans ses yeux qu'il n'avait aucun regret.
Sans lâcher les orques des yeux, Genesis s'adressa à Sephiroth.
« Gaïa te manque ? » demanda le rouquin.
Sephiroth se tourna légèrement vers lui, puis secoua la tête.
« Non… J'ai trouvé tout ce que je voulais ici. Et toi ? » demanda Sephiroth.
« Je commençais à croire que j'aurai aussi cette chance, un jour, mais bon… Ce sera peut-être dans la prochaine vie. En espérant que je serai toujours dans ce monde-ci ! »
L'argenté acquiesça. Son regard se posa sur les deux hobbits, postés près de lui et Aragorn. Et dire qu'ils étaient toujours là, eux aussi ! Il jeta un regard à toute l'armée des Hommes autour de lui. Tous ces gens qui faisaient preuve de courage en cet instant, prêts à se battre une dernière fois pour défendre leur monde… Non, en effet, Gaïa ne lui manquait pas.
Tu vois, Cloud, c'est ici que je vais mourir, en fin de compte. Pour de bon, cette fois… pensa le jeune homme.
Soudain, il sentit une main saisir la sienne dans une poigne à la fois ferme et rassurante. Il tourna la tête sur sa gauche et vit Lithariel. Cette dernière lui souriait tristement, comme si elle avait senti les pensées morbides qui s'étaient formées en lui.
Sephiroth lui rendit son sourire, puis se pencha pour lui dire :
« J'espérais te le dire plus tard, quand on aurait pris le temps de vraiment se connaître, mais sache que… je t'aurais épousée. »
« Je sais », répondit Lithariel, profondément touchée.
Soudain, le martèlement des orques cessa. L'armée avait fini de se mettre en place, tous avaient maintenant leurs armes pointées vers eux. Les deux armées restèrent immobiles, chacune attendant que l'autre engage le combat en premier.
Soudain, au loin, l'Œil de Sauron parut s'enflammer au point d'aveugler d'une puissante lumière toute l'armée des Peuples Libres de la Terre du Milieu.
« Aragorn… » souffla une voix.
Miriel plissa les yeux. Elle avait entendu la voix de Sauron !
« Aragorn… » répéta l'Œil d'une voix envoûtante.
Aragorn baissa lentement son épée puis fit quelques pas en avant avec l'air envoûté.
« Elessar… » dit la voix, pleine de douceur et de promesses.
Avec un sourire, Aragorn se tourna vers ses amis qui le regardaient avec inquiétude. Gandalf tendit la main devant lui, comme pour essayer d'écarter un voile qui s'était dressé entre Aragorn et le groupe.
« Pour Frodon », dit Aragorn.
Puis, sans plus de cérémonie, il empoigna fermement Narsil à deux mains et fonça sur l'ennemi. Pippin et Merry furent les premiers à l'imiter. Leurs petites épées à la main, ils foncèrent à leur tour en poussant des cris guerriers. Le reste de l'armée se lança à son tour dans le combat en criant.
Ce fut alors le chaos. Les combattants mirent toute leur énergie dans cette ultime bataille, qu'importe qu'elle fût vaine ou leur apporte la victoire.
Miriel, Gandalf, Sephiroth et Genesis se battaient avec leurs épées, et parfois ils enchaînaient avec des sortilèges de feu ou de foudre pour tuer des masses d'orques qui fonçaient sur eux par derrière ou sur les côtés.
Aragorn, Boromir, Lithariel, Eomer et les Hobbits maniaient leurs épées et tranchaient dans le tas, décapitant, tranchant, transperçant des orques de tous les côtés.
Legolas tirait sur des orques en tenant toujours les comptes, tout comme Gimli qui maniait ses haches avec une grâce létale.
Miriel aurait aimé pouvoir jeter des sortilèges de soin sur ses compagnons, car malgré toute l'énergie qu'ils déployaient, ils avaient déjà reçu plusieurs blessures depuis le début de la bataille. La jeune femme n'avait pas encore reçu la moindre blessure, mais elle commençait à peiner. Utiliser sa magie pompait sur ses réserves d'énergie plus que le maniement de l'épée !
Soudain, elle vit un troll lui foncer dessus avec sa masse levée à deux mains au-dessus de sa grosse tête !
L'elfe bondit en arrière et esquiva le coup de justesse, mais elle heurta de plein fouet un mur d'orques dans son dos. Ces derniers la repoussèrent violemment. L'un d'eux alla même jusqu'à lui planter son épée dans le dos.
Poussant un cri de douleur, la jeune femme tomba à genoux au sol. Heureusement, elle avait pensé à mettre une cotte de mailles sous sa tenue, l'arme n'avait donc pas pu s'enfoncer dans la chair, mais elle l'avait entaillée et la puissance du coup l'avait désarçonnée.
« MIRIEL ! » hurla Legolas.
Il voulut courir vers elle, mais des orques lui barrèrent la route. Sephiroth, Genesis et Boromir l'entendirent et se tournèrent vers la jeune fille. Boromir fonça sur le troll et le repoussa d'un coup d'épée en plein dans le ventre.
« Allez-y ! » cria-t-il aux deux ex-Soldats, avant de se tourner vers des orques qui tenaient Merry et Pippin coincés, loin des autres hommes.
Profitant de la diversion, Sephiroth et Genesis se précipitèrent pour aider la jeune fille, quand deux autres trolls se postèrent devant eux.
Genesis fit apparaître deux boules de feu qu'il lança sur les têtes des monstres, leur cramant net les yeux. Mais ce dernier sortilège épuisa le rouquin qui tomba à genoux en gémissant de fatigue.
Désemparé, Sephiroth fit un geste vers lui pour l'aider quand il entendit Miriel crier. Il se retourna et vit que deux orques avaient saisi la jeune fille aux bras et la maintenaient allongée, tandis qu'un autre se préparait à lui trancher la main avec son épée. Ils voulaient son anneau !
Fou de rage, Sephiroth fonça vers eux quand des hurlements stridents retentirent dans le ciel. Les nazgûls apparurent sur leurs maudites montures ailées et foncèrent sur l'armée. Les créatures prirent des hommes dans leurs serres puis remontèrent vers le ciel pour les jeter dans le vide, sur d'autres, en contrebas.
Lithariel apparut soudain près de Miriel et trancha d'un coup net la tête de l'orque qui s'apprêtait à mutiler son amie. D'un coup de bouclier, elle défonça le crâne de celui tenant le bras droit de l'elfe, puis transperça l'autre avec son épée.
Soulagé, Sephiroth cessa de courir vers elles quand il réalisa que des cris humains résonnaient dans le ciel juste au-dessus de lui. Il leva la tête et n'eut pas le temps de réagir. Il reçut deux hommes sur lui, jetés morts par les montures des nazgûls. Le temps qu'il se dégage, il vit l'une des bêtes piquer sur lui et l'emporter dans le ciel.
Sephiroth serra plus fort Masamune dans ses mains puis la pointa vers le monstre et la planta dans son ventre, juste devant lui.
Le monstre poussa un cri et le relâcha. Sephiroth tomba dans le vide. Il déploya son aile et tenta d'atterrir en douceur, mais les serres de la bête lui avaient broyé les côtes. Faire apparaître son aile ne fit qu'accentuer la douleur. Par réflexe, il se recroquevilla sur lui-même et tomba lourdement au sol dans un atterrissage raté.
Il se redressa péniblement en s'appuyant sur Masamune. Il essaya de tenir sur ses jambes et de tenir son épée devant lui, mais la douleur était trop forte !
Soudain, les cris de Pippin retentirent.
« Les aigles ! Les aigles arrivent ! »
En effet, les aigles géants de Manwë jaillirent des nuages et foncèrent sur les nazgûls. Les oiseaux saisirent les immondes chauves-souris à la gorge et enfoncèrent leurs becs dans leurs cous, les entaillant sans la moindre pitié. Ils tentèrent de les pousser vers le sol de tout le poids de leur corps.
Mais bientôt, les nazgûls firent volte-face et se replièrent en direction du Mordor. Malgré l'urgence de la bataille, Gandalf remarqua ce changement et ne put s'empêcher de s'interroger. Pourquoi ce brusque revirement ? Les aigles ne les auraient jamais fait fuir, ils n'obéissaient qu'à Sauron, même si les ordres signifiaient la mort pour eux ! Et l'Œil lui-même n'était plus tourné vers la bataille, mais vers la Montagne du Destin !
De son côté, Aragorn était aux prises avec un troll. Il peinait à parer les coups et l'attaquer. Il avait même saisi une lance laissée par terre et l'avait enfoncé dans le ventre du monstre, mais rien n'y faisait ! Il se retrouva bientôt coincé sous un pied de la bête.
Désireux de le rejoindre pour l'aider, Legolas tirait des flèches comme un fou sur les orques, mais chaque fois qu'il parvenait à les tuer puis avancer un peu, d'autres lui barraient la route !
Miriel surgit soudain près de lui et, utilisant ses dernières forces, elle tendit son poing vers le ciel. Son anneau émit un puissant éclat argenté. L'air se concentra autour de sa main. Puis, dans un cri de rage, la jeune fille frappa le sol. Une formidable onde d'énergie fit trembler la terre et renversa tous les orques autour d'eux dans un rayon de trente mètres.
Profitant de cette diversion, les deux elfes coururent vers le troll pour le tuer. Ce dernier avait pris la lance d'Aragorn et la brandissait vers le rôdeur pour le tuer, quand soudain, un hurlement résonna.
Ce n'était pas celui d'un nazgûl. C'était bien plus fort. Toute l'armée du Mordor se figea net en entendant ce cri.
Tous les guerriers sur le champ de bataille se tournèrent vers le Mordor. Le cri venait de l'Œil, qui hurlait en gonflant, comme s'il allait exploser. Il semblait pris de convulsion entre les deux pics auxquels il se tenait, au sommet de la tour.
Le troll prit peur et abandonna Aragorn pour s'enfuir. Ce dernier se redressa sans lâcher l'Œil des yeux. Ses compagnons eux-mêmes se figèrent en réalisant ce qui se passait. Ils ne pouvaient y croire ! Legolas en cligna même des yeux.
Sauron était en train de mourir !
Soudain, l'Œil explosa. La vague d'énergie provoquée par la déflagration balaya l'armée d'orques, les plaquant tous au sol.
Puis la tour de Barad-Dûr tomba en un tas de ruines. Le sol autour s'écroula. Le Mordor entier tombait en miettes ! La crevasse s'élargit, allant jusqu'à engloutir le reste de l'armée d'orques qui n'avait pas eu le temps de franchir la Porte Noire.
Terrorisés, écrasés par la défaite, les Orques restants s'enfuirent.
« FRODON ! FRODON ! » cria Merry, fou de joie.
Ému, Gandalf regardait la Montagne du Destin dont le feu brûlait plus que jamais. Il avait réussi ! Le semi-homme avait détruit l'Anneau Unique !
Mais tout à coup, une nouvelle explosion secoua la Montagne du Destin, et tous les sourires soulagés ou victorieux disparurent.
Frodon… Sam… La lave qui coulait maintenant le long des flancs du volcan…
Se ressaisissant, Gandalf appela un des aigles. L'oiseau géant se posa au sol et laissa le magicien monter sur son dos. Puis il s'envola, direction la Montagne du Destin, avec deux autres aigles.
Lorsque les oiseaux furent trop loin pour qu'ils puissent les voir, l'armée des hommes fit la seule chose qu'il leur restait à faire : rentrer à Minas Tirith.
La bataille pour la liberté de la Terre du Milieu était finie.
Trois jours plus tard…
D'abord, il y eut une grande lumière blanche.
Frodon n'y comprenait rien. Après tout ce temps passé dans le noir…
Il entendait même le chant des oiseaux et le bruit de l'eau qui coulait paisiblement.
Avec effort, il ouvrit les yeux. Il se trouvait dans un lit douillet, avec des draps propres. Il était dans une chambre propre et éclairée, où flottait une douce odeur d'athelas.
Une fois redressé, il se figea net. Debout devant lui se tenait un vieil homme vêtu de blanc. Frodon aurait reconnu ses yeux bleus pétillants de malice n'importe où !
« Gandalf… ? » dit Frodon, incrédule.
Le magicien hocha de la tête, avant d'éclater de rire. Ignorant s'il rêvait ou si c'était réel, Frodon se joignit à lui. La porte de la chambre s'ouvrit. Merry et Pippin entrèrent et ouvrirent de grands yeux en le voyant.
« Frodon ?! » s'écria Merry.
Les deux semi-hommes foncèrent sur le lit et serrèrent leur cousin en riant de joie. Frodon se laissa aller aux embrassades. Il était si heureux !
Soudain, une autre voix résonna près de la porte. Frodon se dégagea des hobbits et reconnut le nain.
« Gimli ! »
Ce dernier tapa de joie dans ses mains puis courut près de lui. Legolas apparut à son tour, souriant. Une ravissante dame elfe se tenait à son bras et souriait elle aussi, regardant Frodon avec émotion.
« Miriel ?! » dit Frodon, incrédule.
La jeune fille se dégagea doucement du bras de Legolas et s'approcha. Frodon n'y tint plus. Il se leva de son lit et s'approcha. Miriel s'agenouilla et prit le Hobbit dans ses bras. Ce dernier lui rendit son étreinte en étouffant des sanglots de joie. Il avait crue qu'elle était morte, tombée dans le gouffre de Khazad-Dhûm avec Gandalf. Oh, elle lui avait tant manqué !
La jeune femme se recula légèrement et posa un baiser sur le front du Hobbit. Frodon la regarda se relever, quand il vit cinq autres personnes entrer dans la pièce.
Le premier qu'il vit fut Aragorn, vêtu d'une tunique pourpre de seigneur du Gondor. Et près de lui marchait Boromir. Ce dernier inspira profondément, puis s'approcha et se mit à genoux devant le Hobbit avec une main sur le cœur.
« Je suis heureux de vous revoir sain et sauf, Frodon, mais aussi tellement désolé pour tout ce que vous avez subi par ma faute ! Pourrez-vous jamais me pardonner pour tout le mal que je vous ai fait ? » dit-il d'une voix où perçait un léger tremblement de crainte.
Frodon le regarda droit dans les yeux. Il n'y voyait plus aucune lueur démente. Le regard de Boromir était brillant et lucide. Ce n'était plus l'homme obsédé par l'Anneau qu'il avait côtoyé dans sa quête, mais bien le noble et grand Capitaine du Gondor.
« Il n'y a plus rien à pardonner, Boromir. Car c'est l'Anneau qui m'a fait du mal, même si ce fut à travers vous. Et aujourd'hui, le mal est loin derrière nous. J'espère que cette fois, nous pourrons réellement être amis », dit le Hobbit en posant une main sur l'épaule du gondorien.
Soulagé, Boromir inclina respectueusement la tête. Frodon put alors se tourner vers les trois autres arrivants. Il reconnut le rouquin.
« Genesis ? » dit Frodon.
Ce dernier lui offrit un sourire aimable, puis se pencha pour lui ébouriffer gentiment les cheveux.
« Je suis venu m'excuser pour ce que je vous ai dit dans les ruines d'Osgiliath, Frodon. Un semi-homme est assez solide pour revenir du Mordor en héros ! » dit-il.
Frodon eut un léger sourire, puis se tourna vers les deux dernières personnes, qu'il ne connaissait pas.
Il s'agissait d'un homme étrange, grand et vêtu de noir, avec de longs cheveux argentés et des yeux de chat brillants. Il écarquilla des yeux en regardant Miriel puis l'homme. Cette dernière acquiesça d'un hochement de tête.
« Frodon, je vous présente Sephiroth. »
L'ex-Soldat inclina respectueusement la tête vers le semi-homme. Frodon n'en revenait pas. Alors c'était lui, le père adoptif de Miriel ! Et à son bras se tenait une jeune femme. Grande et belle, avec des cheveux blonds tressés de multiples nattes ornées de perles, celle-ci s'agenouilla devant le Hobbit.
« Je suis Lithariel. Au nom du peuple de Nùrnen, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait, Frodon Sacquet. Désormais, le Mordor est libéré de l'emprise de Sauron. Et bientôt, mon peuple pourra retourner y vivre en paix. »
Surpris, Frodon acquiesça machinalement. Tant de retrouvailles, de bonheur et de joie… Soudain, il aperçut quelqu'un près de l'entrée de la chambre. Sam se tenait en retrait, le regardant avec hésitation.
Frodon lui lança un regard désolé et interrogatif. Son ami lui pardonnerait-il un jour ? Sam lui lança un sourire rassurant.
Désormais, tout irait bien.
Il fallut l'autorité de toute une bande de guérisseurs pour qu'enfin, on laisse Frodon et Sam retourner au lit se reposer, seuls dans leurs chambres.
Tout le monde se dispersa. Miriel et Legolas prirent la direction des jardins, suivis bientôt par Gandalf, Merry, Pippin, Gimli, Lithariel et Boromir. Sephiroth et Genesis hésitèrent, puis se tournèrent vers Aragorn. Sentant qu'ils souhaitaient lui parler en privé, le futur roi du Gondor attendit que le reste de leurs compagnons se soit éloigné pour les laisser discuter tranquillement devant l'entrée des maisons de guérison.
« Vous vouliez me parler, messieurs ? » demanda Aragorn.
« Oui. Aragorn, on se demandait… » hésita Sephiroth.
« Maintenant que la guerre est finie, que comptes-tu faire ? » demanda Genesis.
Aragorn eut tout de suite une pensée pour Arwen, avant de se souvenir qu'il ne pourrait quitter le Gondor avant des mois, tant que l'on ne l'aurait pas couronné ni que les choses ne seraient remises en place.
« Je vais devoir officialiser mon accession au trône du Gondor et recevoir la couronne, soupira l'ex-rôdeur. Pourquoi cette question ? »
« Tu accepterais les services de deux ex-Soldats comme gardes du corps royaux ? » demanda Sephiroth avec un sourire amusé.
Aragorn fronça des sourcils.
« Sephiroth, Genesis… Votre proposition m'honore, mais je ne veux en aucun cas vous imposer mon commandement. Je souhaite que nous restions amis et rien de plus. Je suis sûr que vous trouverez votre place ailleurs en ce monde. »
« Pourtant, Boromir… » dit Genesis.
« Boromir est né au Gondor. De plus, il est le fils aîné de l'intendant, mais je sais qu'il compte laisser ce poste à Faramir. Il en a assez que son frère reste dans son ombre. Le poste de capitaine des armées du Gondor lui suffit, et c'est de son plein gré qu'il compte m'épauler pour que le peuple m'accepte comme leur roi. En plus, toi, Sephiroth, tu es lié à Lithariel. Je sais qu'elle compte repartir en Lothlorien voir sa mère une dernière fois avant de guider son peuple au Mordor pour le repeupler, avec l'aide de Gandalf. Tu ne voudrais pas rester à ses côtés ? »
Si, en effet, Sephiroth voulait rester aux côtés de celle qu'il aimait. Mais restait Genesis. Il se tourna vers son ami.
« Tous les deux, je pense que vous devriez d'abord profiter de votre liberté pour voyager. Vous avez tout un monde à découvrir, à présent ! Vous y trouverez votre place par vous-mêmes, j'en suis sûr », dit Aragorn avec un sourire rassurant.
Voyager ? Explorer ce monde ? En effet, cette perspective était bien plus réjouissante ! Genesis sentit soudain la vieille fièvre de l'aventure l'envahir. Un sourire heureux apparut sur son visage.
Sephiroth se tourna vers Aragorn et lui adressa un regard reconnaissant. Sur Gaïa, des hommes de pouvoir tels que le président Shinra ou Hojo se seraient battus pour avoir deux Soldats Première Classe à leur service. Mais pas Aragorn. Lui ne désirait qu'une chose : leur amitié. Et il l'avait, ainsi que leur respect. Avec un tel homme sur le trône, le Gondor connaîtrait un avenir radieux !
Heureux, les trois amis prirent la direction des jardins où les attendait le reste de la bande.
Et voilà ! Un beau petit chapitre pour commencer gaiement le printemps !
J'espère qu'il vous a plu ? Dites-le-moi par reviews, please ! ;-)
