Joyeuses Pâques, tout le monde !

Merci à MonaYsa et Juliefanfic pour leurs reviews.

Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.

Bonne lecture !


Jour de pardon et de gloire

Les travaux pour restaurer Minas Tirith prirent plusieurs jours.

Mais lorsqu'enfin, on jugea que tout fut prêt, la cité s'occupa d'une chose importante : le couronnement d'Aragorn !

Ce dernier était à la fois déçu et plein d'espoir que ce jour arrive enfin. Déçu, car ce serait la fin de son ancienne vie, mais plein d'espoir, car alors, peut-être reverrait-il sa chère Arwen.

Aux aurores de ce fameux jour, alors que le soleil se levait à peine, Miriel fut réveillée dans sa chambre par des coups frappés à sa porte. Maugréant, elle se leva tant bien que mal et trébucha sur une chaise en marchant vers la porte. C'est qu'il faisait encore nuit, le soleil commençait tout juste à se lever !

Elle ouvrit la porte et se demanda si elle n'était pas toujours au lit, en train de rêver. Car devant elle se tenait une personne qu'elle n'aurait jamais cru revoir un jour.

Grande, blonde, vêtue de blanc, Galadriel lui souriait.

« Dame Galadriel… ? » dit Miriel, incrédule.

La dame de la Lorien lui répondit par un éclat de rire musical.

« Puis-je entrer ? » demanda-t-elle.

Reprenant contenance, Miriel s'empressa de s'écarter pour la laisser entrer. Deux femmes elfes entrèrent avec elle. Miriel les reconnut comme deux des dames de compagnie de la Dame du Bois Doré.

« Je suis heureuse de vous revoir, mais comment… ? Enfin, je veux dire, que faites-vous ici aux aurores ? » dit Miriel, maintenant bien réveillée.

« Eh bien, les délégations elfiques sont arrivées tôt pour le couronnement. Et je me disais qu'en tant que marraine, il était de mon devoir de vous aider à vous préparer pour la cérémonie. C'est pourquoi j'ai amené ceci », dit Galadriel.

L'une des suivantes s'approcha et tendit à Miriel un paquet de soie argentée. La jeune fille s'empressa de l'ouvrir et se pétrifia net en voyant ce dont il s'agissait.

C'était une robe elfique, avec les longues manches de tissu vaporeux et une jolie ceinture ornée de perles fines et multicolores. Mais le tissu de la robe était particulier. Blanc en apparence, il changeait constamment de couleur selon la lumière ou l'obscurité qui l'entourait, passant ainsi par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

« C'est la robe de ma mère », dit Miriel, émue jusqu'aux larmes.

La jeune fille eut soudain une vision fugitive du temps de son enfance, où elle jouait à cache-cache avec sa mère dans les jardins d'Ost-in-Edhil. Sa mère portait toujours cette robe quand elles y jouaient, car elle l'aidait à se fondre dans le décor et à se cacher. La seule chose qui la trahissait était ses longs cheveux noirs.

« Voyons si elle vous va », dit gentiment Galadriel.

Acquiesçant, Miriel laissa les deux femmes elfes l'aider à mettre la robe. Une fois la ceinture correctement nouée autour de sa taille, Miriel se tourna vers le miroir de sa chambre. La robe lui allait comme un gant. Une paire de souliers blancs ornés de perles de nacre complétait le tout. La jeune fille portait toujours son pendentif matéria, qui projetait une douce lumière verte sur le col en tissu de la robe. Et son fidèle anneau reposait à son doigt, tout comme sa bague de fiançailles.

Une fois ses cheveux coiffés et retenus par deux tresses attachées en arrière, Miriel se tourna vers Galadriel avec un sourire ému.

« Merci », dit-elle.

« C'était la moindre des choses, pour vous remercier de nous avoir sauvés », dit Galadriel.

« Non. Merci pour… tout ça, enfin… Je veux dire… Avant ma naissance, mon père a pris sans le savoir le parti de Sauron et vous a chassée d'Ost-in-Edhil, et puis… quand je suis arrivée en Lothloriel, j'étais une vraie peste au début et pourtant… vous avez pris soin de moi, vous m'avez élevée comme votre fille alors… Merci ! »

Galadriel posa les deux mains sur les épaules de Miriel.

« Vous n'étiez pas née quand j'ai été bannie de la cité. Et vous n'étiez qu'une enfant quand les crimes suivants ont été commis. Votre famille a terriblement souffert, mais vous avez réparé les erreurs de vos ancêtres, Meldamiriel. N'en doutez plus. Bientôt, votre vie ne sera plus celle d'une vagabonde condamnée à l'oubli comme Aragorn, mais celle que toutes les nobles dames elfes méritent de vivre. »

Miriel fronça des sourcils. Galadriel semblait sûre d'elle. Avait-elle vu quelque chose dans son miroir ? Mais la jeune fille savait que la Dame ne lui en dirait rien, elle aimait bien entretenir le mystère.

Finalement, Galadriel et ses suivantes prirent congé, expliquant qu'elles devaient rejoindre le reste de la délégation de la Lothlorien pour la cérémonie de couronnement d'Aragorn.

Miriel se retrouva donc seule dans sa chambre. Elle attendit que le soleil soit levé dans le ciel pour sortir. Elle venait juste de poser les doigts sur la poignée de sa porte quand on frappa.

Elle ouvrit et fut surprise de voir qu'il s'agissait de Sephiroth. Mais ce dernier avait changé. Il portait une tunique d'elfe mi-longue et un pantalon serré dans des bottes de cuir, le tout de couleur sombre. En voyant la tenue de Miriel, Sephiroth ouvrit des yeux ronds.

« Miriel, tu es… » dit-il, incapable de trouver les bons mots.

« Et toi, alors ! Tu es… » dit Miriel, aussi figée que lui.

Finalement, tous deux eurent un rire nerveux. Bras dessus bras dessous, ils sortirent de la chambre et traversèrent le couloir. Ils trouvèrent le reste de leurs compagnons devant une porte menant à l'aile est de la cour extérieure du château. Ce n'était pas la grande porte du palais, car elle était réservée à Aragorn pour la cérémonie.

Gimli avait enfilé une belle tunique de cérémonie de velours bleu sombre par-dessus son armure de nain. Ses cheveux et sa barbe étaient propres et brossés.

Les quatre hobbits portaient de beaux gilets fermés par des boutons dorés au-dessus de leurs chemises, ainsi que des pantalons typiques de hobbit, qui s'arrêtaient à la moitié des mollets.

Lithariel avait ôté toutes les nattes de ses cheveux, ils cascadaient en boucles soyeuses dans son dos. La princesse de Nùrnen arborait une robe argentée ornée de motifs de vagues et une ceinture dorée fermée par une boucle en forme de coquillage.

Legolas portait une tunique princière de couleur vert clair, et un fin diadème d'argent reposait sur ses longs cheveux blonds.

Genesis était également là. Comme Sephiroth, il portait des vêtements elfiques, mais les siens étaient de couleur pourpre. Miriel avait du mal à imaginer qu'un jour, elle verrait son père adoptif et son ami porter ce genre de tenue. Mais cela leur allait très bien.

En voyant Miriel, tout le groupe ouvrit des yeux ronds. Legolas fut le premier à surmonter sa surprise pour s'approcher d'elle et lui faire un compliment en elfique. Miriel rougit, puis se détacha du bras de Sephiroth pour prendre celui du prince.

Sephiroth les regarda s'éloigner en souriant avec nostalgie, avant de finalement s'approcher de Lithariel pour lui proposer le sien. La princesse de Nùrnen l'accepta avec le sourire, puis tous prirent la sortie pour rejoindre la foule réunie dehors.

Le dernier niveau de Minas Tirith, tout au sommet de la cité, était déjà rempli par la foule. Les soldats de Minas Tirith encadraient le chemin partant de la fontaine pour arriver aux escaliers du palais. Un beau tapis avait été déroulé sur les marches et le sol, pour le roi. L'Arbre Blanc du Gondor avait changé. Autrefois gris et à moitié mort, il était maintenant blanc comme l'ivoire et ses branches pleines de fleurs qui embaumaient l'air.

Miriel et Legolas rejoignirent les elfes réunis dans un coin de la foule, tandis que les autres prirent place un peu plus loin aux côtés de Boromir et Faramir. Ces derniers arboraient les armures des capitaines du Gondor, avec de grandes capes de tissu bleu sombre bordées de motifs représentant les fleurs de l'Arbre Blanc. Eowyn se tenait auprès de Faramir. La princesse du Rohan portait une magnifique robe dorée et un joli diadème d'or orné de fleurs en saphirs couronnait ses longs cheveux. Miriel et Boromir avaient été très heureux en découvrant la relation qu'entretenaient Eowyn et Faramir depuis leur rencontre aux Maisons de Guérison. Miriel était heureuse pour Eowyn, car ainsi elle ne serait pas triste éternellement du refus d'Aragorn. Et Boromir était heureux pour son frère.

Avec un coussin à la main où reposait la couronne du Gondor, Gimli se posta au sommet de l'escalier, près de Gandalf. Ce dernier se tenait face à Aragorn, vêtu en tenue cérémoniale de roi du Gondor.

Prenant la couronne entre ses mains, Gandalf la leva haut dans le ciel, avant de doucement l'abaisser jusqu'à ce qu'elle repose sur la tête d'Aragorn.

« Voici venir les jours du roi ! » dit Gandalf, haut et fort.

Aragorn sourit à Gandalf.

« Qu'ils soient heureux », souffla le magicien avant de reculer.

Aragorn se redressa, inspira à fond puis se tourna vers la foule. Les peuples réunis du Gondor, du Rohan, de Nùrnen et des différents royaumes elfiques venus assister au couronnement l'acclamèrent. Lorsque le silence retomba, Aragorn prit la parole.

« Ce jour n'appartient pas à un seul homme, mais à tous. Reconstruisons ensemble ce monde, afin de pouvoir partager des temps de paix. »

Des applaudissements d'approbation retentirent en entendant cela. Des pétales de fleurs se mirent à tomber de l'arbre, comme des flocons de neige tombant sur la foule.

La voix claire d'Aragorn entonna un chant de ses ancêtres :

« Et Eärello
Endorenna utúlien
Sinome maruvan
ar Hildinyar
tenn' Ambar-metta.
»

Puis il commença à descendre les escaliers et traverser la cour, tandis que les gens s'inclinaient sur son passage.

Bientôt, Legolas, Miriel et les elfes s'approchèrent pour le saluer. Aragorn posa une main amicale sur l'épaule de Legolas, et ce dernier fit de même.

"Hannon lae", dit Aragorn.

Avec un sourire malicieux, Legolas lui fit signe de regarder derrière lui. Curieux, Aragorn le fit et il se figea net en voyant les elfes s'écarter pour laisser approcher une jeune femme qui tenait une grande bannière à la main.

Miriel sourit en voyant Arwen s'avancer. La princesse de Fondcombe avait revêtu pour l'occasion une superbe robe verte et un splendide diadème elfique orné de perles couronnait sa longue chevelure noire.

Aragorn et elle se fixèrent un long moment, avant qu'enfin, Arwen s'inclina. Aragorn lui fit délicatement relever la tête en posant les doigts sous son menton puis, n'y tenant plus, il l'embrassa passionnément. Certains détournèrent pudiquement le regard en souriant, tandis que d'autres applaudissaient le jeune couple.

Miriel lança un regard à Elrond, qui se trouvait parmi les elfes. Le seigneur de Fondcombe avait un sourire triste et résigné, mais il souriait malgré tout, conscient du bonheur que connaissait sa fille en cet instant.

Finalement, Aragorn et Arwen s'écartèrent puis ils se tournèrent vers la foule. Aragorn posa son regard sur Miriel. La jeune fille se figea net, sentant que le roi du Gondor voulait lui dire quelque chose.

Aragorn prit une profonde inspiration, puis s'adressa à la foule :

« Peuples libres de la Terre du Milieu, comme vous le savez tous, cette guerre fut menée pour vaincre Sauron et détruire l'Anneau Unique. Mais nous savons tous que l'Anneau a vu le jour grâce à Sauron. Il fut aidé pour cela par le seigneur Celebrimbor, descendant des grands forgerons de la lignée de Fëanor. »

Miriel sentit la honte et l'angoisse la toucher en pleine poitrine, comme un poignard acéré. Pourquoi Aragorn parlait-il de ça maintenant, en public et devant elle ? La jeune fille eut soudain envie de saisir la jupe de sa robe à deux mains et de s'enfuir, mais elle prit sur elle pour demeurer immobile face au couple royal. Arwen lui adressa un sourire réconfortant, tandis qu'Aragorn poursuivait son discours.

« Celebrimbor mourut plus tard, en essayant de vaincre Sauron pour réparer ses erreurs. Mais il échoua, et avec lui s'éteignit sa lignée… Du moins, le pensions-nous. »

Des murmures surpris et interrogatifs parcoururent la foule.

« Ce que peu d'entre vous savent, c'est que le seigneur Celebrimbor a eu une fille, Meldamiriel, qui parvint à échapper au Seigneur Ténébreux. Elle vécut des siècles dans l'ombre et l'exil, tout comme moi, jusqu'à ce qu'elle rejoigne la Communauté de l'Anneau. Sans son aide, sa magie et son courage, de nombreuses vies seraient tombées pendant cette guerre. »

Saisissaient peu à peu les paroles du roi, la foule posa ses yeux sur Miriel qui demeurait de pierre, ne comprenant toujours pas où Aragorn voulait en venir.

« Aujourd'hui, les dernières erreurs du passé doivent être effacées. Si chaque peuple ici présent le juge ainsi, alors que tous acceptent Meldamiriel et sa lignée dignes de rejoindre les Peuples Libres de la Terre du Milieu », dit Gandalf.

Un léger silence suivit ces paroles.

« Le Gondor l'accepte », dit Boromir, brisant le silence sans la moindre hésitation.

« Erebor l'accepte », dit Gimli en faisant un pas vers la jeune fille.

« Le Rohan l'accepte », dit Éomer.

« Nùrnen l'accepte », dit Lithariel.

« La Comté l'accepte », dit Fordon.

« La Lothlorien l'accepte », dit Celeborn.

« Imladris l'accepte », dit Elrond.

« Mirkwood l'accepte », dit Legolas.

De nouvelles acclamations parcoururent la foule. Stupéfaite, Miriel regarda tous ces gens qui lui souriaient et l'applaudissaient.

Gandalf s'avança avec quelque chose dans les mains. Miriel vit qu'il s'agissait d'un diadème elfique de princesse. Simple, léger, constitué de fins entrelacs d'argent, une pierre précieuse bleue incrustée sur le front, le bijou fut délicatement posé sur les cheveux de la jeune femme.

Aragorn s'approcha pour prendre la main de Miriel, qu'il leva haut dans le ciel en clamant :

« Voici Meldamiriel, fille de Celebrimbor, princesse d'Eregion et victorieuse au combat ! »

En cet instant, ce fut comme si un poids quittait les épaules de Miriel, et le changement la surprit plus qu'elle ne l'eut imaginé. Elle avait vécu des années avec la douleur et la résignation que jamais on ne l'accepterait pour ce qu'elle était réellement. Elle avait vécu chaque jour en ayant conscience de ce fardeau lié à sa famille, à leurs erreurs passées qui rejaillissaient sur elle. Et aujourd'hui, tout disparaissait. Aujourd'hui, plus personne ne l'appellerait Haldaraina, simple soldat de la Lothlorien. Elle était redevenue Meldamiriel, princesse elfique de l'Eregion et digne descendante de Fëanor.

La jeune fille aperçut Sephiroth et Genesis un peu en retrait, qui la regardaient avec fierté. Leur petite elfe avait fait bien du chemin depuis le jour de leur première rencontre sur Gaïa !

Finalement, la procession royale des souverains du Gondor reprit. Aragorn et Arwen s'arrêtèrent devant les quatre hobbits, qui s'inclinèrent humblement.

« Mes amis », dit Aragorn en s'avançant.

Les quatre semi-hommes relevèrent doucement la tête.

« Ce n'est pas à vous de vous incliner. »

Et alors, à la grande surprise de tous, Aragorn s'inclina, bientôt suivi par Arwen, puis par toute la foule présente.

Frodon, Sam, Merry et Pippin restèrent immobiles, regardant avec émotion et incrédulité la foule qui se tenait à genoux tout autour d'eux.

Les quatre héros de la Comté recevaient leur ultime hommage pour avoir ramené la paix en Terre du Milieu.

Traduction des paroles d'Aragorn :

« De la Grande Mer

En Terre du Milieu,

Je suis venu.

En ce lieu, je me fixerai,

Moi et mes héritiers,

Jusqu'à la fin du monde. »