Bonjour vous qui lisez ma fic! Désolée pour le retard mais j'ai de gros problème de connexion dans ma chambre à la fac ^^
Merci Isaa pour ta review, alors tu as juste Daryl a dans les 20 ans et son frère dans les 30 ;) Je suis contente que le fait que Riley soit la fille de Merle te plaise.
A tous bonne lecture, et surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé :)
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Chapitre 1
Quand elle se réveilla le lendemain, elle entendit des voix se crier dessus au rez-de-chaussée, elle se mit en position assise, enserrant sa peluche dans ses bras, tout en essayant d'identifier ce que disaient les cris. Voyant qu'elle ne pourrait rien comprendre et que cela la concernait forcément, elle mit en sécurité son ornithorynque dans son sac, relaça ses chaussures et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit avec prudence. Une fois dans le couloir elle distingua un peu mieux les cris. Elle entendit une voix autre que Daryl gronder que ce n'était pas son problème, qu'il n'avait qu'à pas l'avoir fait entrer. Riley frissonna sous l'intonation de la voix, mais elle continua prudemment son avancé vers les escaliers.
- Ah ouais et tu vas faire quoi ?! Fous la dehors si tu veux ! Cracha Daryl. Je m'en fous je dois aller travailler. Déclara-t-il en soufflant d'exaspération.
- T'es qu'une lâche Darylena ! Cria l'autre homme alors que la porte d'entrée claquait.
Riley entendit l'homme pousser un cri d'exaspération, avant que les pas furieux ne se dirigent vers la cuisine. Riley distingua le bruit caractéristique d'une bière qu'on décapsule avant de descendre précautionneusement les dernières marches. Elle avisa de suite l'homme à la carrure beaucoup plus carré que son frère avachi dans le canapé, les cheveux châtains qui commençaient à grisonner, entrain de boire une bière alors qu'il était à peine huit heures du matin. Arrivée au bas de l'escalier elle prit son courage à deux mains pour s'adresser à l'homme dans le canapé, elle n'avait jamais eu peur de personne, pas même la veille quand Daryl grondait après elle, alors ce n'était pas maintenant que ça allait commencer.
- Vous avez du réveiller tous les voisins avec vos cris. Commenta l'enfant faisant sursauter l'homme qui avala de travers la boisson alcoolisée.
Il tourna un regard noir vers la crevette qui se tenait à quelques pas de lui, et qui le fixait sans aucune peur.
- Toi tu vas virer d'ici vite fait. Je vais appeler les services sociaux et ils vont t'embarquer menu-militari sinon je m'y connais pas. Gronda mauvaisement l'homme, fixant l'enfant comme un cafard qu'il avait sous la chaussure.
Alors qu'il s'attendait à voir l'enfant fondre en larme ou quelque chose dans ce styla là, il fut surpris de voir un sourire se dessiner sur ses lèvres roses, et un regard condescendant se fixer dans le sien.
- Je crois pas. Enfin à part si tu veux finir en prison, c'est comme tu veux. Déclara-t-elle avant de se diriger vers la cuisine.
L'homme dans le salon fixa avec hébétude l'enfant se rendre dans la cuisine et tirer une chaise jusqu'au placard en hauteur. Il la vit se saisir d'une boite de céréales et d'un bol, avant de retourner s'asseoir à table. Lui se leva furieux et se dirigea à grande enjambé dans la pièce où se trouvait la plus jeune. Celle-ci ne lui jeta qu'un regard irrité avant de commencer à manger.
- Tu crois pas ?! Gronda furieusement l'homme en tapant sur la table, renversant la boite de céréales.
- Si tu appelles les services sociaux je leur dis que tu m'as pris avec toi et que je voulais pas, que maman doit être morte d'inquiétude, tu m'as fait du mal d'abord ! Pleura de manière fictive l'enfant sous le regard effaré du plus âgé, avant qu'elle ne reprenne son sourire dérangeant. C'est comme tu veux, en tout cas si je dois aller en foyer toi t'ira en prison ! Soutint l'enfant.
- Fille de pute ! Ne put s'empêcher de lâcher l'homme. Tu me fais du chantage ?! S'étonna-t-il.
- J'irais pas en foyer ! Lui cracha l'enfant.
Merle car c'était lui, ne put empêcher un rire effaré de passer sa gorge. Il n'en revenait pas la gamine pas plus haute que trois pommes lui tenait plus tête que certains gars qui faisait dix fois son poids. Il s'assit face à la fillette se décapsulant une nouvelle bière et allumant une cigarette au passage, observant la gosse qui s'était remise à manger.
- Tu sais si tu me déclares tu auras de l'argent des services sociaux. Déclara la gamine avec espièglerie. Rebecca en tout cas c'est ce qui l'a motivé à me garder. Mais son nouveau copain il a beaucoup d'argent donc je lui servais plus à rien. Dit-elle sans aucune peine, et en effet elle n'en ressentait aucune.
- Donc tu vas me rapporter du fric, et quoi d'autre à part des emmerdes ? Gronda-t-il.
Alors que la plus petite allait ouvrir la bouche pour répondre, on frappa durement à la porte d'entrée. Merle grogna avant de se lever tout en buvant une gorgée de bière. Il ouvrit la porte avec brusquerie avant de plisser ses yeux et de prendre une voix mielleuse.
- Monsieur l'agent qu'est-ce que je peux pour vous ?
En effet derrière la porte se tenait le shérif de la ville, son chapeau vissé sur sa tête blonde, des yeux marrons chocolats qui observait avec un certain désespoir la loque humaine qui venait de lui ouvrir, mais il avait plus urgent que de régler les problèmes d'alcoolisme de l'homme face à lui.
- On m'a rapporté qu'une gosse aurait été vu chez toi, et ce témoin s'inquiétait car il ne l'a pas vu ressortir de ta maison.
- Une gosse, un témoin, pfiou vous avez du vous casser la tête. Se moqua l'aîné.
- Ne joue pas avec moi Dixon. Qu'est-ce que fait une gosse chez toi ?
Merle allait pour répondre une vacherie quand une tête brune apparut à ses côtés, offrant un sourire à l'officier.
- Bonjour ! Déclara-t-elle avec bonne humeur.
Le shérif jeta un regard peu amène à Merle avant de se baisser à la hauteur de l'enfant.
- Bonjour. Tu peux me dire qui tu es et ce que tu fais ici ? Demanda-t-il tout en surveillant Dixon.
- Je suis Riley et j'ai huit ans ! C'est maman qui m'a fait venir ici.
- Et pourquoi ta maman voulait que tu viennes vivre ici ? Demanda avec inquiétude l'homme.
- Pour que je connaisse mon papa. Dit-elle tout sourire, pendant que Merle blanchissait à vue d'œil, et que l'homme de loi ouvrait de grands yeux étonnés.
- Merle Dixon est ton père ?
- Oui, dis monsieur tu savais qu'on était entrain de déjeuner tu veux un café toi aussi ?
- Est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ? Demanda l'agent en se relevant, son regard se portant sur le genou bleui de l'enfant, tout en ignorant la demande.
Riley qui avait suivi le regard de l'homme, offrit un léger rire à l'homme.
- Oh ça ? Avec maman quand on a pris le train j'ai trébuché en montant les marches du wagon et mon genou à cogné sur le bord en métal, mais maman m'a fait un bisou magique et même que le monsieur qui contrôle les billets il voulait me mettre un pansement. Dit-elle avec un grand sourire.
Tout en repensant à la scène, sa mère la tirait si durement derrière elle qu'elle n'avait pas eu le temps de lever les pieds pour monter dans le train et son genou avec cogné durement contre les marches, le contrôleur avait grondé sa mère lui disant de faire attention, mais il n'avait pas plus insisté que ça. Il n'y avait pas eu de bisou magique encore moins de paroles réconfortantes. Oui elle savait mentir depuis longtemps, depuis qu'elle vivait chez Rebecca en fait.
- T'as ses papiers ? Demanda durement le shérif à Merle.
Riley se dirigea en courant vers la table basse où se tenait ses documents un peu éparpillé par la colère de Merle quand il les avait consulté. Elle les apporta au blond qui lui offrit un sourire. Il parcourut les documents, marmonnant par moment avant de les tendre à Merle.
- Tout m'a l'air en règle. Elle reste combien de temps ?
- Longtemps. On doit aller m'inscrire à l'école ! Déclara avec une fausse joie l'enfant offrant un sourire à l'homme devant elle.
- Bien, au moindre soucis tu m'appelles compris ? Déclara l'homme en tendant sa carte à la plus jeune qui acquiesça ne comprenant pas vraiment pourquoi elle aurait besoin de l'appeler. Va finir de déjeuner, je dois parler avec … avec ton père.
- Au revoir monsieur le policier ! Dit-elle avant de se diriger vers la cuisine en bondissant.
Quand le shérif fut sûr que la plus petite ne pouvait plus les entendre, il s'approcha de Merle le regard menaçant.
- J'apprends que tu lui as fait quoi que se soit, je te jures que tu vas souffrir ! Murmura-t-il.
- Vous menacez les honnêtes gens shérif. Répondit doucereusement Merle.
- On t'a à l'œil ! Au moindre truc louche tu finiras tes jours en prison, et là-bas tu sais comment ça se passe Dixon pour les pédophiles !
Intimida l'agent faisant durcir le regard de l'ancien taulard, ce dernier serra son poing se retenant de frapper l'agent. Le shérif voyant qu'il avait appuyé là où il fallait s'en retourna vers sa voiture où l'attendait un de ses collègues.
Merle claqua la porte furieusement, il souffla un bon coup avant de se diriger vers la cuisine, mais il stoppa au bout de trois pas, la plus jeune se tenait dans l'encadrement de la porte de la cuisine, le fixant avec une légère inquiétude. Et Merle crut comprendre ce qui l'inquiétait, ce n'était pas lui qui l'inquiétait, non, s'était de savoir si son mensonge avait été gobé par le shérif.
- Va manger ! Gronda-t-il avant de monter les escaliers pour disparaître dans la salle de bain.
Riley offrit un sourire à l'homme qu'il ne vit pas et retourna s'asseoir dans la cuisine, là elle ouvrit son sac et sortit la tête de sa peluche du sac, qu'elle embrassa avec douceur.
- On va rester ici tu vois. Tout va bien se passer. Lui dit-elle à voix basse, se rassurant surtout elle-même.
Elle referma le sac et termina le bol qu'elle s'était servie. Elle lava sa vaisselle et les tasses de café qu'elle trouva posées sur un coin de plan de travail. Elle ouvrit le frigo, où elle avisa une quantité impressionnante de bière, mais aucun jus d'aucune sorte en revanche, quand à la bouteille de lait d'après l'odeur qu'elle émanait, Riley préféra la vider dans l'évier.
Merle redescendit une bonne heure plus tard, et trouva la gamine son sac toujours sur son dos, devant la bibliothèque du salon, qui détonait d'ailleurs dans ce lieu. Les livres semblaient les moins à plaindre. Puis il analysa la pièce et comprit ce qui le dérangeait, la pièce était rangée, relativement propre, les cendriers avaient été vidés, les canettes avaient disparu et la couette que Daryl avait utilisé la nuit dernière avait été pliée et l'oreiller posé par dessus. La plus jeune se sentant observée se retourna vers l'homme, l'observant avec minutie.
- Qu'est-ce qui a ? Attaqua Merle n'aimant pas se sentir ainsi observé.
- T'es vieux. Dit-elle tout en se retournant vers les livres, ignorant le hoquet outré qui sortit de la bouche de l'homme.
- On t'a jamais dis de tourner ta langue dans ta bouche avant de lâcher des âneries !
- Si, mais je dis juste la vérité. Dit l'enfant en passant son doigt sur la couverture d'un des livres.
- Touche pas à ça ! Gronda Merle en attrapant l'enfant pour la tirer loin de la bibliothèque, avant de la pousser dans le canapé. C'est quoi cette histoire d'école ? Demanda-t-il en s'allumant une cigarette et en enlevant une poussière imaginaire des bouquins, ignorant le regard outré de la petite par le traitement qu'il venait de lu administrer.
- Je dois aller à l'école sinon t'aura pas ton argent. Lui répondit Riley avec une moue.
- Et bien vas-y ! Déclara brusquement l'homme plus âgé
- Non tu dois m'inscrire. Rebecca t'a laissé tout mes papiers exprès. Expliqua avec exaspération l'enfant.
- Oh ta putain de mère c'est soucié de ça ! Railla Merle de manière sarcastique.
- Non c'est moi qui lui ai dit qu'elle aurait des problèmes si elle oubliait. Déclara la petite futée.
- Merde tu menaces même ta mère. T'as un sacré problème gamine. Se moqua-t-il.
- C'est pas ma mère d'abord ! S'énerva la petite en se levant surprenant l'homme face à elle. Et toi t'es pas mon père non plus !
Merle fut choqué par les yeux virant au noir de la plus jeune, celle-ci semblait furieuse, sans qu'il ne comprenne réellement le pourquoi. Il inspira une nouvelle bouffée de sa clope, tout en observant le corps raide de la gosse. Bon sang elle avait dit n'avoir que huit ans, mais elle semblait bien plus mature que tout les pleurnichards de son âge qu'il avait vu jusqu'à présent traîner dans le quartier. Il écrasa sa cigarette dans un cendrier proche, attrapa l'enveloppe qui traînait sur la table basse et agrippa l'enfant durement.
- On va aller t'inscrire comme ça je t'aurais pas dans les pattes ! Grogna-t-il.
Alors qu'il la traînait vers la porte d'entrée, il loupa le sourire de la plus jeune. Dehors il la lâcha pour fermer la porte pendant qu'elle avançait dans l'allée. Il offrit un sourire narquois à une de ses voisines qui l'observait lui et l'enfant avec désapprobation, il passa sa langue sur sa lèvre de manière provocante, faisant tourner les talons à la ménagère. Il la fusilla du regard, se moquant de ce qu'elle pouvait bien penser, puis il se rapprocha de Riley, celle-ci se balançait sur ses jambes sur le trottoir. Sans un mot il monta dans sa voiture, un vieux pick-up, de couleur grise, tâchée par la boue et la poussière. La gosse monta du côté passager avec difficulté, mais ne le montra pas. Une fois assise et la porte fermée, elle essaya de boucler sa ceinture mais celle-ci était bloquée, elle allait abandonner quand un bras passa devant elle et tira un coup sec la ceinture avant de la boucler. La plus jeune jeta un regard surpris à l'homme, Merle voyant les yeux pleins d'étonnements crût bon de se justifier.
- J'veux pas me faire arrêter car t'es pas attachée ! Gronda-t-il en bouclant sa ceinture et en démarrant en trombe.
L'enfant ne put malgré tout empêcher un nouveau sourire qu'elle cacha en regardant par la vitre. Merle roula dix bonnes minutes avant de stopper sa voiture sur un parking adossé à l'école municipale qui n'avait pas plus de deux ans. Il sortit brutalement de la voiture, rapidement suivit par la plus petite. Sans chercher à savoir si elle le suivait il se dirigea vers l'entrée. Alors qu'il allait pour ouvrir la porte il se stoppa comme si un poids l'empêchait d'aller plus loin, après avoir franchi cette porte il ne pourrait plus faire marche arrière.
- T'as pas le choix. Déclara l'enfant posée à côté de lui l'observant à la dérobée.
Merle grogna une insulte avant de pousser la porte avec violence. Riley le suivit en trottinant, mais bientôt les couloirs qui étaient vides, les perdirent tous les deux, il n'y avait aucune pancarte pour indiquer la direction.
- Je peux vous aider ? Interpella une voix de femme sur leur gauche.
Riley et Merle se tournèrent vers la voix d'un même mouvement.
- Mon papa vient m'inscrire à l'école. Déclara avec une voix enjouée Riley, et Merle se promit de demander à la gamine d'arrêter de mentir de cette manière.
- Oh, vous cherchez le bureau de la directrice. Comprit la jeune femme d'une trentaine d'années, aux cheveux châtains, tressés dans une natte lâche et aux yeux verts. Je vais vous y conduire, suivez moi. Les invita-t-elle.
Merle leva les yeux au ciel, en voyant la gamine avancée en sautillant pour suivre celle qui devait être une enseignante. Elle finit par s'arrêter devant une porte, où était apposée une petite plaque avec marqué : « Directrice McNigan, V. ». Elle toqua deux brefs coups avant d'être invité à entrer.
- J'ai trouvé deux personnes errantes dans nos couloirs, Mrs McNigan, ils viennent pour une inscription.
- Bien faites les entrer. Répondit une voix légèrement rauque.
La jeune femme leur offrit un sourire avant de repartir dans les méandres des couloirs, Merle voyant que Riley ne bougeait pas leva les yeux au ciel puis entra dans l'office, suivit par la plus petite. Quand ils pénétrèrent dans le bureau ils ne remarquèrent pas de suite la directrice, mais celle-ci se fit remarquer dans une toux peu discrète, elle se tenait près de la fenêtre sur leur gauche.
- Si j'aurais pensé un jour voir Merle Dixon de sa propre volonté dans ce bureau je ne l'aurais pas cru.
Merle fronça des sourcils en observant la femme qui ne devait pas faire plus d'un mètre cinquante, approchant facilement de la soixantaine, les cheveux coupé dans un carré court, et qui les observait derrière ses lunettes rectangulaires avec moqueries. Puis il se remémora le nom d'écrit sur la plaque et retint de peu l'insulte qui était au bout de sa langue. Mrs McNigan, son enseignante quand il était enfant. L'ancienne professeur d'école tourna son regard sur la crevette qui se tenait à moitié caché derrière l'homme, et elle faillit sourire devant cette petite fille qui se sentait en sécurité avec l'homme à ses côtés.
- Mais toi je n'ai pas l'impression de te connaître. Comment tu t'appelles jeune fille ?
L'enfant jeta un regard à Merle qui la fusilla du regard devant son silence, alors elle s'avança vers la femme, qui lui donnait la chaire de poule.
- Riley madame. Dit-elle de manière polie.
- Riley Dixon je présume. Confirma la directrice en jetant un regard derrière ses lunettes à l'enfant.
- Oui madame. Répondit la plus jeune.
- Bien bien. Déclara Mrs McNigan tout en allant s'asseoir à son bureau. Si vous êtes ici pour une inscription on va procéder à l'inscription. Déclara la vieille femme avec humour.
Merle hésita avant de s'asseoir, mais après un regard glacial de son ancienne institutrice il s'assit, imitée par la plus jeune. L'homme tendit les papiers à la directrice qui les saisit, tout en ouvrant un logiciel sur son ordinateur. Elle tapa plusieurs informations, avant de faire des photocopies de certains papiers. Merle ne l'aurait jamais avoué à voix haute mais il fut reconnaissant à la vieille femme de ne poser aucunes questions sur l'arrivée de la gosse.
- Tu es en 3rd Grade ? Interrogea la vieille enseignante en observant la plus jeune par dessus ses lunettes.
- Oui madame. Répondait toujours de manière laconique le plus petite.
- Bien tu serras donc avec Miss Shepherd, la dame qui t'a amené jusqu'ici. Je vais t'accompagner jusqu'à ta classe pour te présenter, puis pendant ce temps je verrais avec ton père le matériel dont tu auras besoin.
La petite après un dernier regard à Merle suivit la directrice le regard débordant d'inquiétude, mais Merle ne comprenait pas de quoi la gosse pouvait avoir peur. La vieille femme revint cinq minutes plus tard sans la gosse et s'assit dans son fauteuil, sortant des papiers d'un de ses tiroirs.
- L'école étant municipale, elle est gratuite, comme tu le sais. Commença la directrice. Par contre si elle doit manger à la cantine se sera 35$ par mois, mais elle peut tout à fait apporter son lunch, l'école est équipé de micro-onde pour réchauffer les plats. Vu que nous sommes vendredi, ce week-end il serait de bon ton que tu te procures le matériel qui est sur cette liste, afin que lundi elle commence les cours normalement. Lui déclara la vieille dame en lui tendant une liste.
Merle gronda que c'était du vol, mais la directrice l'ignora.
- Est-ce que tu as d'autres questions ? Demanda-t-elle à l'homme qui fixait désabusé la liste de trucs à acheter.
- Non. Grogna l'ancien élève.
- Tu devrais pourtant. Enfin tant pis, je suppose qu'on peut aller récupérer ta fille.
Merle blanchit sous l'interpellation « ta fille », cela rendait toute cette procédure beaucoup trop réelle tout à coup. La directrice se leva de son fauteuil et se dirigea vers la porte, suivit peu de temps après par Merle.
Alors qu'il retournait à la voiture l'homme se plaignait de ce que ça allait lui coûter sous les oreilles attentives de la plus jeune. Alors qu'ils s'asseyaient dans la voiture sans démarrer, la plus jeune ouvrit son sac et en sortit sa peluche, sans que Merle ne le remarque, puis elle la mit sur le dos avant de sortir un opinel taille enfant et de défaire les « points-de-sutures » du ventre de la pauvre bête. Merle avait tourné ses yeux vers l'enfant quand il avait entendu le bruit du couteau sur les fils.
- Putain qu'est-ce que tu fais ?! S'exclama-t-il en se saisissant du couteau de poche.
Mais la plus jeune l'ignora et plongea sa main dans la ouate de la peluche, avant de ressortir sa main et de la tendre à l'homme. Celui-ci ouvrit des yeux surpris en découvrant plusieurs coupures de billets.
- Tiens c'est pour les fournitures ! Dit-elle comme s'il était idiot.
- Où diable as-tu eu ce fric ? Demanda Merle sans se saisir de l'argent.
Riley fit une moue ennuyée, en comptant l'argent qu'elle avait dans les mains.
- C'est pas suffisant ? Je pensais en avoir pris assez. Marmonna-t-elle.
- Stop écoutes là ça suffit ! Tu crois quoi ?! Tu débarques hier et là hop je t'inscris à cette putain d'école. Je suis pas quelqu'un de gentil ! Tu comprends ça ?! Cria-t-il dans l'habitacle de la voiture sur la plus petite qui ne comprenait pas cet élan de rage soudain.
- Et bien tues moi, tu seras débarrassé de moi comme ça ! Cria à son tour la plus petite.
- Mais qu'est-ce qui cloche chez toi bordel ! Gueula Merle avant de sortir de la voiture et de s'éloigner à grands pas sans se retourner.
Riley l'observa partir le cœur au bord des lèvres, elle essuya furieusement les larmes traîtresses qui s'écoulaient de ses yeux, elle n'avait pas pleurer quand sa mère lui avait dit qu'elle la détestait, encore moins quand elle l'avait abandonné dans cette gare, elle ne flancherait pas maintenant. Elle remit l'argent dans sa peluche, tout en lui demandant pardon de l'avoir blessé, mais se fut plus qu'elle ne pouvait supporter et elle fondit en larme, s'excusant à la peluche tout en enfouissant sa tête dans son ventre. Les pleurs finirent par se tarirent, mais la plus petite était toujours au bord des larmes. Elle referma son sac, son ornithorynque en sécurité, puis elle quitta la voiture, refermant doucement la portière. Alors qu'elle se dirigeait vers la route, une voix l'arrêta.
- Où tu crois aller comme ça !
La plus petite se tourna vers Merle qui se tenait accoudé à une barrière derrière la voiture. Il ne fut par surpris de trouver les yeux de l'enfant rougis, encore moins les sillons qui avaient ravagé ses joues, cela le rassurait un temps soit peu sur le mental de l'enfant.
- Loin d'ici ! Lui cria l'enfant avec le peu de verve qui lui restait.
- Ah oui avec tes quelques dollars, tu vas aller quoi jusqu'à Atlanta et après ! Se moqua l'homme.
- Je me débrouillerais je me suis toujours débrouillée toute seule, les adultes ils servent à rien d'abord ! Déblatéra la plus jeune en se retournant et en continuant à marcher.
Alors qu'elle marchait d'un bon pas, son bras se fit agripper et on la tira dans le sens inverse elle essaya de se débattre, mais en vain, la poigne de l'homme était trop importante.
- Tu m'as pas fait tout ce cirque avec le shérif puis avec la directrice, tout ce chantage pour te tirer comme une fleur, oh non ma jolie tu vas rester ! Tu vas le regretter mais je te jures que tu pars pas d'ici ! Gronda-t-il à son encontre.
Il la fit monter dans la voiture, et l'attacha avant de claquer la porte. Puis il remonta et démarra la voiture, la plus jeune regardant par la vitre, se murant dans le silence. Un petit moment plus tard quand la voiture s'immobilisa elle revint à la réalité et regarda autour d'elle avant de froncer les sourcils. Merle ne l'avait pas ramener à la maison mais pas pour autant à la gare, ils étaient sur le parking d'un dîner. Sans un mot l'ours mal léché sortit du véhicule et voyant que la plus petite ne bougeait pas la fit descendre avec brusquerie.
- Que j'ai pas à te traîner comme une morveuse par la main ! Gronda-t-il en se dirigeant vers le restaurant.
Riley le suivit étonnée, qu'est-ce qu'ils venaient faire ici, est-ce que Merle travaillait ici, Daryl ? Tant de questions qui lui traversaient l'esprit. À l'intérieur, sans attendre le serveur il se dirigea à une table de libre, la plus petite le suivit intimidée. Elle s'assit sur la banquette face à son géniteur son sac sur le dos faisant froncer les sourcils de l'homme face à elle, mais il ne dit rien puisque le serveur à qui il avait fait un vent leur apportait les menus. La gamine fit des aller-retour entre Merle qui observait son menu, et le menu que lui avait donné le jeune homme au tablier. Le redneck observant son manège posa brutalement son menu.
- T'as choisis ? Demanda-t-il durement.
- Choisis ? Questionna avec surprise la plus petite.
- Tu sais lire ! Alors choisis ton putain de menu ! Grogna-t-il faisant froncer les sourcils à la plus petite d'incompréhension.
- Mais je sais pas ce que c'est ! Répondit-elle perdue.
- Tu te fous de moi se sont des hamburgers ! Gronda Merle sûr que la plus jeune se moquait de lui.
- Mrs Nyn ne faisait pas d'hamburger. Déclara l'enfant en secouant la tête tout en lisant les noms abracadabrants des menus.
Alors que Merle allait répliquer vertement, il fut interrompu par le serveur qui revint à ce moment là.
- Vous avez choisis ? Demanda-t-il avec une fausse politesse.
- Ouais. Répondit Merle en lui donnant le nom de son menu. Et un menu enfant pour la gamine.
- Très bien vous prendrez quoi comme boisson ?
- Coca. Lui dit Merle.
- Et toi ? Demanda le serveur avec amabilité à la plus petite qui avait toujours ce pli soucieux sur le front devant le trop grand choix qui s'offrait à elle.
- Apportez lui un coca, avant qu'elle nous demande une noix de coco. Se moqua Merle, en tendant avec dureté son menu au serveur qui prit une moue pincée, puis s'éloigna de la table.
La plus petite observait avec des yeux ébahis la pièce, et son géniteur comprit qu'elle ne mentait pas pour une fois, elle n'avait jamais mis les pieds dans un putain de fast-food.
- Mrs Myn, c'est qui ? Ta nounou ?
- Mrs Nyn. Corrigea l'enfant. Non pas vraiment, Rebecca la payait pas pour me garder, mais c'est elle qui me faisait à manger et qui m'aidait pour les devoirs. Lui avoua l'enfant.
L'aîné des Dixon ne put répondre à l'aveu de la plus jeune que le serveur leur apportait leurs plats. Riley fut subjugué par son assiette qui n'en avait pas l'apparence, son hamburger avait été mis dans une voiture en carton type Cadiac, avec des frites, et un grand verre de coca avait été déposé juste à côté. Merle qui avait déjà attaqué son hamburger et voyant l'inertie de la plus petite, l'invectiva pour manger, qu'il n'avait pas que ça à faire. Riley après avoir vu comment l'homme s'y prenait pour manger, fit de même et croqua dans son hamburger. Elle poussa un glapissement surpris avant de sourire tout en s'exclamant que c'était délicieux. Merle leva les yeux au ciel devant les simagrées de la plus petite et continua de manger. Une petite heure plus tard ils sortirent du dîner la plus petite une glace pingouin dans sa main. Ils retournèrent à la voiture où Merle la menaça, tout en l'attachant, que si elle faisait tomber de sa putain de glace dans la voiture elle la nettoierait seule et en entier.
Alors que Riley pensait que cette fois-ci ils rentraient pour de bons, Merle s'arrêta encore devant la supérette du centre où elle avait demandé son chemin la veille. L'homme grogna gêné qu'il devait lui prendre ses fournitures. La plus petite le suivit perdue par le revirement de l'homme. Quand il entra il agrippa un panier sans un mot pour le gérant qui le fusilla du regard, avant que son regard ne s'adoucisse pour la plus jeune. Mais Riley n'eut pas le temps de dire quoique se soit, que Merle l'entraîna à l'intérieur du magasin, au rayon papeterie.
- Prends toi un agenda. Ordonna-t-il peu sûr alors qu'il se saisissait d'un paquet de stylos qu'il lâcha dans son panier. Puis il se saisit d'un lot de cahier, pendant que la plus petite déposait un agenda tout simple dans le panier. Merle fronça les sourcils face au choix de l'enfant, mais ne dit rien. Va te chercher une trousse et un cartable, et fais gaffe au prix ! Gronda-t-il.
Riley disparut dans une allée parallèle pendant que Merle terminait de prendre les quelques fournitures manquantes. Il rejoignit Riley qu'il trouva les bras ballants devant le choix de cartable, dans sa main serrée elle tenait une trousse tout à fait banale.
- T'attends quoi qu'ils choisissent eux même de venir vers toi !
- Ils sont chers, tu as dis de faire attention au prix. Répondit l'enfant à voix basse. J'ai pas assez d'argent.
Merle ignorant la dernière phrase porta son regard sur le prix des sacs, il était vrai que ce n'était pas donné, mais ce n'était pas non plus excessif, il attrapa un des sacs au hasard où était dessiné des oursons.
- Y a des dessins dessus ! Intervint Riley avec un air grave.
- Et alors, les gosses adorent les dessins ! Gronda Merle en se remettant à marcher dans les rayons.
- La plus petite le talonna, observant avec un regard hypnotisé son nouveau cartable. Tout ceci semblait si peu réel. Ils finirent par stopper dans la rayon des corn-flakes où Merle se saisit de plusieurs paquets.
- À l'allure où tu les manges on en aura bientôt plus. Gronda l'homme. Va te chercher du jus, on en a pas à la maison. Déclara l'homme en continuant de faire ses courses au rayon conserves.
La plus petite revint avec la bouteille demandée, puis suivit Merle qui finit de faire ses courses. Alors qu'ils se dirigeaient vers le gérant, Merle se stoppa, se retournant vers la plus petite.
- T'as de quoi te laver ? Gronda-t-il.
- J'ai ma brosse à dent dans mon sac. Acquiesça la plus petite fière d'elle, mais l'homme fronça les sourcils, avant de bifurquer dans le rayon hygiène.
Sans demander cette fois-ci son avis à la gamine il attrapa un dentifrice à la fraise pour enfant, un paquet de brosse à dents, puis du gel douche et du shampoing pour gosses. Il finit par aller à la caisse sans un mot pour le gérant qui encaissa les articles dans un silence pesant. Mais la petite qui se tenait comme la veille à son guichet lui fit esquisser un sourire.
- C'est pour toi tout ce beau matériel ? Demanda le gérant à la gamine.
- Oui. Répondit l'enfant alors que Merle fronçait les sourcils.
- C'est donc les Dixon que tu voulais voir hier.
- Je crois qu'on t'a pas sonné ! Intervint avec froideur Merle. Alors encaisse en silence !
L'homme fronça à son tour ses sourcils avant de déclarer avec froideur le prix à Merle, qui le paya sans ciller. La plus petite ouvrit de grands yeux face à la somme, mais avant qu'elle n'est pu dire quoi que se soit Merle lui fourgua un des sachets krafts dans les bras, et attrapant le reste il la poussa vers la sortie.
Dans la voiture après que l'homme ait tout mis à l'arrière du pick-up, il grimpa dans la voiture et attacha la plus petite qui serrait avec force son sac dans ses mains. Arrivé à la maison Merle attrapa les courses, ne se souciant pas de savoir si la plus jeune le suivait. Dans la cuisine il se mit à déballer les affaires, suivit par la plus petite qui le fixait avec inquiétude. Riley avait calculé, elle n'aurait jamais assez pour rembourser l'homme. Elle ressortit l'argent de son ornithorynque et alors que Merle mettait son jus au frigo, elle lui tendit les billets. L'homme fronça les sourcils face à la manœuvre.
- J'aurais pas assez, mais promis je te rembourserais. Débita la plus jeune.
- Range moi ça ! Gronda Merle, en poussant la plus petite de son passage, pour ranger les conserves dans le placard.
- Mais … Voulu insister Riley.
- Va me ranger tes putains d'affaires, ça traîne de partout ! Gronda son géniteur en lui lançant le sac en kraft où se trouvaient son matériel, sa trousse et son nécessaire de toilette. Puis il lui jeta le cartable, avant de retourner à ses courses.
Riley disparut dans la salon, hautement perturbée, elle rangea comme elle put les cahiers dans son cartables puis son matériel dans sa trousse, avant de mettre le tout dans son nouveau cartable. Puis elle ouvrit son sac qu'elle avait sûre elle depuis la veille, pour y entreposer le shampoing, savon et dentifrice.
- À quoi tu joues ! Va me mettre ça dans la salle de bain, ça a rien à faire dans ton sac ! Gronda Merle de retour dans le salon.
La plus jeune ouvrit de grands yeux surpris, se demandant si elle avait bien entendu.
- Dans la salle de bain ? Demanda-t-elle pour être sûre.
- Non dans la cave, bien sûr dans la salle de bain ! Grogna Merle sans un regard pour la plus jeune alors qu'il s'affalait sur le sofa.
Riley fronça les sourcils devant la demande qu'elle trouvait incongrue, mais obtempéra, en jetant un dernier regard à l'homme qui se massait l'arrête du nez. Dans la salle de bain, la plus jeune entreposa ses nouvelles affaires dans une étagère vide au dessous du lavabo. Elle voulu voir son reflet mais le miroir était installé bien trop haut au dessus de la vasque pour qu'elle espère s'y voir, elle poussa un soupir déprimé et redescendit au rez-de-chaussée. Elle trouva Merle les pieds sur la table basse, des lunettes sur le bout de son nez entrain de lire un livre. La scène parut irréelle à l'enfant, comme si Merle et livre ne s'additionnaient pas, mais tout à coup il faisait bien plus mature que ce qu'elle avait vu depuis le matin, mais l'homme se sentant observé reprit ses mauvaises habitudes direct.
- Qu'est-ce que tu veux ? Gronda-t-il.
- Je peux aller dans le jardin ? Demanda-t-elle poliment.
- Pfff fais ce que tu veux ! Grogna l'ours en replongeant dans son livre.
Riley passa par la cuisine pour sortir par derrière, une fois dans le jardin elle s'assit au sol, posant son sac entre ses genoux pour en sortir sa peluche éventrée, et observa les dégâts qu'elle avait fait, avant de pousser un nouveau soupir.
- Je t'ai pas raté, tu vas avoir une sacrée cicatrice mon vieux. Si Mrs Nyn avait été là elle t'aurait recousu en deux secondes. Enfin tu sais j'ai mangé un hamburger, c'était vraiment bon, le coca c'est Merle qui l'a terminé, moi j'ai pas aimé. Blablata-t-elle. Oh et j'ai rencontré ma nouvelle maîtresse, elle est gentille, et les autres enfants aussi, mais bon je suis pas restée longtemps, on verra bien lundi. Merle m'a acheté des cahiers et des stylos, et tu sais quoi mon nouveau cartable il a des ours dessus ! Et j'ai même eu le droit de mettre mes affaires dans la salle de bain. Par contre cette nuit je sais pas où on va dormir, peut-être dehors, après tout fais pas si froid que ça.
Elle parla ainsi de choses et d'autres pendant un bon moment à sa peluche qui a défaut d'être entière était une bonne oreille. Elle n'entendit pas la porte de la maison s'ouvrir derrière elle, mais elle sursauta quand elle se fit interpeller.
- Viens manger ! Grogna Merle.
Riley se retourna vivement, referma son sac pour le mettre sur son dos et se leva rapidement pour suivre l'homme qui avait disparu dans la cuisine. Dans la pièce elle retrouva son géniteur assis à la table en train de siroter une énième bière, et Daryl qui se tenait devant la cuisinière une clope à la bouche.
- Comme ça elle est toujours là. Commenta-t-il en servant le chili en conserve qu'il avait fait réchauffer.
- Ta gueule ! Répondit Merle de manière pourtant calme. Tu vas resté plantée là longtemps, viens t'asseoir ! Dit-il à l'attention de la fillette qui n'avait pas bougé du pas de la porte.
Riley s'approcha de la table avec précaution, pour finir par s'asseoir à la place où elle avait mangé la veille avec Daryl.
- Si elle reste faudra débarrasser le dépotoir que t'as mis dans la pièce en haut. Commenta Daryl tout en mangeant.
- Ouais on verra demain. Répondit l'aîné en enfournant une bouché. Tu comptes garder ton sac sur le dos encore longtemps ? Demanda-t-il à la plus jeune.
- Je peux dormir dehors vous savez, il fait pas si froid. Intervint la plus jeune faisant avaler de travers les deux hommes, sans faire signe d'enlever son sac.
Ceux-ci la foudroyèrent du regard, faisant froncer les sourcils à la plus jeune.
- Quoi ? Je vais pas prendre vos lits encore. Je peux dormir dehors j'ai pas peur ! Affirma-t-elle.
- Tu dors pas dehors, jusqu'à preuve du contraire t'es pas un chien, et on fait pas de camping alors arrête tes âneries ! Maugréa Merle avec une œillade noire en direction de l'enfant.
- Je vais dormir sur le canapé ? Demanda-t-elle.
- On verra bien. Mange et tais toi ! Ordonna le plus vieux de la tablée.
- Mais … Voulu ajouter l'enfant.
- Je t'ai dis de manger et de te taire ! Gronda avec force Merle, la petite fit une moue boudeuse avant de porter sans grande conviction la nourriture à sa bouche.
Daryl retint de justesse un pouffement de rire, mais son sourire moqueur n'échappa pas à son frère qui lui décocha un coup de pied sous la table, lui faisant pousser un gémissement plaintif. Le jeune homme foudroya son frère aîné du regard qui lui rendit bien.
La petite, ignorante de ce qui se passait continua de manger, vite imitée par les deux adultes. Quand elle termina son plat elle attrapa les assiettes, et comme la veille entreprit de faire la vaisselle. Merle plissa les yeux, mais Daryl lui fit signe de ne rien dire, la petite avait besoin de se sentir utile, et s'était un moyen simple. Les deux hommes attendirent qu'elle finisse, avant de se lever pour le salon. Daryl lui dit qu'elle pouvait encore utiliser son lit pour cette nuit, que ça ne le dérangeait pas de dormir sur le canapé, comme ça il pourrait regarder la télé. La petite après une œillade perplexe, monta à l'étage voyant les deux hommes s'installer sur le canapé visionnant un quelconque programme.
À l'étage elle se dirigea sans grande conviction dans la chambre du fond. Une fois dans la pièce elle s'assit sur le lit et retira son sac qu'elle ouvrit pour sortir sa peluche, puis elle s'observa. Ses vêtements n'étaient pas des plus propres, elle portait les mêmes affaires depuis que sa mère et elle étaient parti de New-York il y a presque trois jours. Et elle n'avait rien d'autre à ce mettre, elle n'avait que quatre culottes de rechanges, et il ne lui en restait plus qu'une de propre. Elle prit son courage à deux mains, se saisissant de sa peluche puis de son sac, et ouvrit la porte tendant l'oreille vers le rez-de-chaussée, mais seul le son de la télé lui parvenait. Elle se rendit dans la salle de bain, où une fois la porte refermée, elle entreprit de se déshabiller. Elle remplit à moitié la baignoire d'eau et la fit mousser avec le gel douche acheté par Merle, dégageant une agréable odeur de fleur d'oranger. Avant de s'immerger dans la baignoire, elle ouvrit le placard de la pièce à la recherche d'une serviette propre, elle en saisit une et la posa sur le bord du lavabo, puis elle rentra dans la baignoire. Elle ne profita pas de son bain se lavant rapidement le corps puis les cheveux, avec le shampoing. Elle grimaça sous les nœuds qu'elle sentait sous ses doigts, mais abandonna l'idée de les démêler, elle se rinça, puis sortit de la baignoire s'emmitouflant dans la serviette décolorée par les années.
Elle attrapa son linge sale et le mit dans l'eau de son bain, pendant qu'il s'imbibait d'eau, elle se sécha avec vigueur, terminant par ses cheveux dégoulinants qu'elle frictionna comme elle put. Elle passa sa dernière culotte propre et se rendit vers la baignoire, où elle se mit à frotter son linge avec l'eau savonneuse du bain. Alors qu'elle frictionnait sa salopette avec vigueur afin de faire partir des traces de terre, une voix grave la fit sursauter.
- Mais qu'est-ce que tu fous ?
Elle se retourna les mains dégoulinantes d'eau pour tomber sur Daryl qui l'observait avec interrogation, elle l'observa d'un air prise sur le fait, avant de baisser le regard. Merle déboula bientôt derrière lui observant avec autant de surprise la plus petite.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Grogna-t-il.
- Elle lavait son linge dans la baignoire. Déclara Daryl qui s'était rapproché de la plus petite.
- Mais qu'est-ce qui cloche chez toi ? Aboya Merle étonné par la gosse. Il ne connaissait pas la petite fille depuis 24heures qu'elle enchaînait les âneries en tout genre, le surprenant.
Il se rapprocha alors de la gamine, qui face à son arrivé brutal, avait levé les bras instinctivement devant son visage. Les deux hommes s'échangèrent un regard lourd de soupçon, mais aucun des deux ne fit de commentaires, les traces de bleus sur le corps de la plus petite parlaient d'eux même. Merle attrapa le linge trempé et sortit de la pièce semant de l'eau savonneuse sur son passage. Daryl sortit aussi de la salle de bain, Riley baissa les yeux avant de se saisir de son ornithorynque posé sur le battant de la cuvette, et se mit à murmurer que tout irait bien. De ce fait elle n'entendit pas Daryl revenir. Celui-ci observa avec un nouveau regard la plus jeune, qui en cet instant semblait si fragile, si loin de sa pugnacité de la veille, il se racla la gorge pour déclarer sa présence à l'enfant. Celle-ci leva ses yeux bleus écarquillés vers son aîné. Sans un mot Daryl lui tendit un de ses tee-shirt, que la plus jeune enfila après avoir murmuré un merci. Se fut à ce moment que Merle revint dans la pièce, et interpella à nouveau la plus jeune.
- Est-ce que tu as d'autres affaires à laver ?
La plus petite nia de la tête ses yeux grands ouverts se plantant dans celui de son géniteur.
- Pourquoi tu lavais ton linge dans cette baignoire ? Tu crois quoi, qu'on a pas de machine ! S'énerva Merle.
La petite secoua la tête négativement, ses yeux voguant entre les deux hommes, sa peluche enserrée fortement contre elle.
- T'as pas d'autres fringues. Analysa Daryl faisant baisser à nouveau le regard de la plus petite. Merle jeta un regard surpris à son frère avant de se recentrer sur l'enfant.
- Ta mère t'a rien donné d'autre ! S'énerva l'adulte. Pourquoi tu m'as rien dit quand on faisait ces putains de courses !
- Je voulais pas que tu dépenses ton argent pour moi. Murmura la petite fille si bas que les deux hommes durent tendre l'oreille pour être sûr de bien entendre.
Merle fronça les sourcils, sentant la moutarde lui monter au nez, mais Daryl voyant son frère prêt à perdre une durite intervint.
- Va te coucher. Ordonna-t-il à la gamine. On en reparlera demain.
La petite fille passa avec prudence près des deux hommes qui se tenaient vers l'embrasure de la porte. Alors qu'elle franchissait le seuil, elle murmura un « désolée », et partie s'engouffrer dans la chambre de Daryl. Les deux frères se fixèrent avec consternation.
- J'ai vraiment besoin de me bourrer la gueule. Déclara le plus âgé.
- N'y penses même pas. Lui grogna Daryl en sortant de la salle de bain pour rejoindre le salon.
Arrivé en bas, il s'affala sur le sofa, Merle le rejoignit non longtemps après, il passa par la cuisine agrippa deux bières, et tout en se posant à côté de son frère lui tendit une des canettes, mais aucun des deux ne la décapsula, regardant droit devant eux dans un silence apaisant, se remémorant leur propre enfance. Une petite heure plus tard Merle déposa sa canette terminée sur la table basse, et monta se coucher.
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J'espère que ça vous a plus, à bientôt pour la suite ;)
