Bonsoir ou Bonjour, selon quand vous lirez la suite :)
J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me donner votre avis ;)
Chapitre 2
Le lendemain matin, Merle pénétra dans la chambre où dormait Riley. Il la découvrit profondément endormi sur le lit en position fœtal, sa peluche éventrée serrée contre elle. Son visage poupon était marqué par l'inquiétude. Il ne comprenait pas pourquoi il se sentait aussi impliqué par la gosse, il ne la connaissait que depuis la veille, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il se revit la veille quitter la voiture avec fureur, et alors qu'il tournait à l'angle de l'école, il s'était dit qu'il ne pouvait pas laisser l'enfant seule. Il s'était retourné et avait observé de loin la fillette, la tête baissée, qui était sans aucun doute en pleurs, avec un grognement il s'était rapproché de la voiture et s'était accoudé un peu en retrait, attendant que l'enfant se calme, de la voir pleurer le mettait mal à l'aise.
Comme en cet instant, face à la gosse qui ne faisait rien d'autre que dormir, mais il savait que cela serait plus compliqué. La gamine il n'avait eu aucune idée de son existence avant son arrivé, et sa mère ne s'était même pas donnée la peine de l'accompagner. Quelle mère mettait son enfant dans un car et ne se souciait pas de savoir si elle était bien arrivée, si tout se passait bien, il aurait pu appeler les services sociaux comme il l'avait menacé. Mais non, cette femme, car on ne pouvait décemment pas l'appeler une mère, avait juste laisser un mot griffonné sur un bout de facture, accompagné de papiers identifiant la plus jeune. Il se souvenait de Rebecca, il était encore dans l'armée quand ils avaient commencé à se voir. Pour lui c'était juste un moyen de passer du bon temps, pour elle d'avoir un faire-valoir, mais aucun des deux ne voulaient que ça aille plus loin. Puis un jour elle était partie, et lui c'était trouvé quelqu'un d'autre. Il n'avait plus jamais pensé à elle jusqu'à la veille, quand la gamine avait chamboulé sa vie.
Et maintenant il se demandait réellement ce qu'il convenait de faire. Oui il l'avait inscrite à cette putain d'école, lui avait acheté son matériel, et là il devrait aller lui acheter des vêtements, des trucs pour faire sa chambre que Daryl voulait commencer à vider. Il fronça les sourcils en pensant à son frère, pour Merle celui-ci faisait comme si tout cela avait toujours été. Mais tout les deux ignoraient quand l'enfant repartirait, si elle repartait. Dans son sommeil la petite gémit avant de se recroqueviller un peu plus. Merle n'aima pas ce qu'il ressentit face à l'enfant et sortit de la chambre en coup de vent.
En bas Daryl qui faisait passer le café, le vit se saisir des clefs de sa voiture et sortir comme une furie de la maison. Le jeune homme resta un instant ébahi par la fuite de son frère avant de se ressaisir, puisque cela n'avait au final rien d'étonnant, ce qui l'était plus c'est que cela ne se passe que maintenant. Il se versa son café dans une tasse et s'assit à table face à un bol de céréales. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, la chaise face à lui racla le sol le ramenant au présent. Il tomba sur la petite fille, minuscule dans son tee-shirt, sa peluche maintenue dans une de ses mains, qui se servit de la chaise pour se saisir d'un bol et d'un verre qu'elle posa sur la table, avant de ramener la chaise à a place initiale et de prendre le jus de fruits qui était dans le frigo. Alors qu'elle allait pour se servir de corn-flakes, Daryl se racla la gorge en fixant la plus petite qui évitait son regard. Riley leva ses yeux bleus dans ceux aussi bleus de Daryl. La plus petite rougit avant de murmurer un bonjour tout en remontant sa peluche au niveau de son visage comme pour se cacher. Daryl lui répondit en levant un sourcil.
- Qu'est-ce t'as fait à cette pauvre peluche ? Demanda Daryl entre deux gorgée de café, alors que la petite mâchait ses céréales.
Riley jeta un regard à son pauvre ornithorynque avant de se décider à répondre à Daryl.
- Mr Plume quand je l'ai trouvé il avait eu un accident, j'ai du l'amputer de sa patte, et son œil était crevé, mais il a été très courageux. Mais il avait mal au ventre donc j'ai du ouvrir son ventre pour qu'il se sente mieux. Hier j'ai du rouvrir Mr Plume pour donner l'argent à Merle mais il en a pas voulu.
- Tu m'en diras tant. Se moqua gentiment le jeune homme. Finis de déjeuner puis tu iras te débarbouiller. Ton linge est entrain de sécher dehors, ce matin tu m'aideras à débarrasser le bazar de Merle et cet aprem on ira te chercher ce dont tu as besoin.
Alors que le silence avait pris place dans la pièce, Riley jetait de bref coup d'œil au jeune homme concentré à lire son paquet de céréales.
- Pourquoi vous avez pas appelé les services sociaux ? Demanda la petite en faisant semblant de jouer avec ses céréales.
- Tu as menacé Merle tu te souviens ! Se moqua l'adulte en jetant un regard narquois à l'enfant.
- Oui mais il aurait pu quand même appeler la police, n'importe qui, mais il me laisse rester ici. Et toi tu es gentil avec moi, tu me laisses ton lit, je comprends pas. Enchaîna-t-elle, car non, elle ne comprenait pas les motivations des deux hommes.
- T'as rien à comprendre. Maintenant mange et rejoins moi en haut. Esquiva Daryl tout à coup mal à l'aise.
La plus jeune observa son aîné s'échapper, avant de reporter son attention sur son repas, elle le termina rapidement, puis lava la petite vaisselle du matin, avant de monter les escaliers, Mr Plume dans ses bras. Arrivé à l'étage, elle vit une des portes du couloirs ouvertes, d'où s'échappait un nombre certain de jurons. Riley se rapprocha du seuil, mais ne sut pas trop quoi regarder. Des cartons remplis jonchaient le sol, pendant que d'autres affaires étaient à même le sol, et au milieu de ce foutoir, Daryl qui balançait tout ce qu'il trouvait dans un grand sac poubelle.
- Merle va pas être content si tu jettes ses affaires. Déclara l'enfant de manière docte.
- J'en ai rien à foutre ! Répondit grossièrement l'adulte. D'abord j'y jette pas, j'y fous dans sacs pour y foutre ailleurs. Et au lieu de rester plantée là comme un poirier viens m'aider.
La plus petite ne parut pas satisfaite de la réponse, mais hocha la tête avant d'aider l'homme, attrapant ce qui traînait au sol pour y mettre dans un sac. Une bonne heure plus tard tout ce qui n'était pas dans des cartons avaient trouvé une place dans les sacs, et les sacs furent amené par Daryl dans le garage. Riley pendant ce temps se pencha sur les cartons, curieuse de ce qui était à l'intérieur, car autant ce qu'ils venaient d'enfermer dans des sacs, étaient en grandes parties des vêtements, autant les cartons contenaient des livres, des vinyles, des magasines. Alors qu'elle allait sortir un livre d'un des cartons elle se fit rabrouer violemment.
- Commence pas à me sortir du bordel !
La petite reposa sa main le long de son corps à regret, observant Daryl se saisir d'un des cartons.
- Va ramasser ton linge il doit être sec et prépare toi. Je termine de descendre tout ce foutoir. Grogna-t-il en direction de l'enfant.
Riley acquiesça puis descendit les escaliers, avant de se rendre en courant dans le jardin. Devant la corde à linge bien trop haute, elle tira une des chaises du perron pour atteindre son linge, et monta sur la chaise branlante. Alors qu'elle détachait sa salopette, elle remarqua une vieille dame dans le jardin d'à côté entrain d'arroser ses fleurs qui l'observait avec interrogation. Riley lui offrit un grand sourire avant de secouer sa main pour dire bonjour. La voisine se retourna peu sûre qu'on s'adresse à elle, faisant rire de manière enfantine Riley.
- Bonjour Madame. Déclara avec un grand sourire la plus jeune.
La dame en question sembla un instant ébahi qu'on s'adresse à elle. Mais avant que Riley n'est put dire quoique soit, la voix au combien charmante de Daryl l'interpella du perron de la cuisine. Celui-ci fixa avec gravité sa voisine, avant de reporter son regard sur Riley qui descendit en sautant de la chaise manquant de tomber pour le rejoindre en courant. Il referma la porte derrière la petite avant de la fixer avec sérieux.
- On t'a jamais dit de ne pas parler aux inconnus ! Demanda-t-il avec dureté.
- Mais c'est ta voisine … Voulu se défendre l'enfant ne comprenant pas la colère de l'homme.
- Je veux pas savoir, tu ne parles pas aux gens que tu connais pas comme ça ! C'est compris ? Demanda avec force Daryl voyant une moue boudeuse s'installer sur le visage de la plus jeune, qui acquiesça en fronçant les sourcils. Bien va te laver !
La petite se dirigea vers les escaliers, mais après s'être assurée que Daryl lui tournait le dos, elle lui tira la langue, avant de prendre la poudre d'escampette de peur d'avoir été vue. Alors qu'elle avait les cheveux humides de sa douche, et qu'elle passait son tee-shirt, un sentiment angoissant lui étreignit la poitrine. Elle regarda autour d'elle paniquée, cherchant quelque chose avec frénésie, mais elle eut beau retourner toutes les serviettes et vêtements de la pièce elle ne trouva pas ce qu'elle cherchait. Elle ouvrit alors la porte avec force la faisant claquer contre le mur avant de se rendre en courant dans la chambre qu'elle avait aidé à vider le matin même, ignorant la voix de Daryl qui lui demandait de se calmer avec les portes. Elle fouilla la chambre vide de fond en comble, ouvrant le placard, regardant sous le lit, avant de descendre en courant, passant devant l'adulte pour se rendre dans le garage. Le benjamin Dixon fronça les sourcils avant de suivre la gamine, il eut juste le temps de l'attraper avant qu'elle n'éventre un des sac qu'ils avaient rempli quelques heures plutôt. Riley se mit à se débattre, lui criant de la lâcher. Daryl la tourna face à lui et la secoua en lui disant de se calmer. La petite avait les yeux écarquillés et le souffle court.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il avec tout le calme dont il pouvait faire preuve.
- Mr Plume. Réussis à prononcer la petite de sa voix secouée, ses yeux balayant la pièce totalement paniqués.
- Ta peluche ? Demanda avec circonspection le brun, faisant hocher positivement la gosse. Elle n'est pas dans ces sacs. Affirma l'homme.
- Je le trouve pas ! S'écria la plus petite au bord des larmes, fixant son regard dévasté dans celui de Daryl, le surprenant.
- Tu l'avais en sortant de la chambre. La rassura-t-il. T'es allée où après ? Demanda-t-il en connaissant la réponse.
La petite ouvrit de grands yeux se revoyant tout à coup déposer Mr Plume à côté d'un des poteaux de l'étendage. Daryl la lâcha alors qu'elle se mettait à courir vers le jardin, il la suivit en secouant la tête. Alors qu'elle déboulait vers le séchoir, il la vit se saisir de son doudou estropié et le serrer avec force contre elle, lui murmurant qu'elle était désolée de l'avoir abandonné. Et l'adulte comprit que la peluche était l'ancre de l'enfant, une ancre qui lui permettait d'accepter toutes les horreurs par lesquelles elle passait, de l'abandon de sa mère à d'autres choses qu'il ne voulait pour le moment pas analyser. Il la laissa reprendre ses esprits, mis mal à l'aise par les pleurs de l'enfant.
Se fut vers midi alors qu'il faisait cuire des pâtes et attendait pour cuire les steaks, que la petite repassa la porte. Celle-ci avait le visage toujours tiré par l'inquiétude, mais à son maintien et aux yeux de défis qu'elle posa sur Daryl, celui-ci comprit que l'incident était clos, et que la plus petite ne voulait pas en parler. Elle passa devant lui avant de monter à l'étage, il l'entendit se rendre dans la salle de bain sûrement pour se débarbouiller. Elle redescendit rapidement dans la cuisine, et sans un mot posa sa peluche puis se saisit de la vaisselle pour mettre la table, elle se rendit dans le frigo et en sortit une bière pour Daryl qu'elle posa à sa place avec le décapsuleur. Alors qu'elle s'asseyait à sa place, Daryl posa la casserole sur la table, puis se tourna pour faire cuire la viande. La petite l'observa dans le silence apaisant, s'enivrant de l'odeur qui montait de la poêle. Il sortit le premier steak de la poêle et la posa dans son assiette, puis fit cuire un peu plus longtemps celui de la petite. Cinq minutes plus tard ils mangeaient tout deux dans un silence apaisé. Alors que Daryl s'était levé et avait pris les assiettes afin de les laver, la voix de Riley s'éleva dans la pièce.
- Merci. Prononça-t-elle doucement.
Daryl fronça ses sourcils, se tournant vers la petite ne comprenant pas d'où sortait ce merci. Celle-ci lui présenta sa peluche comme une évidence, et l'homme cru comprendre qu'elle le remerciait pour l'avoir aidé.
- Merci pour l'avoir soigné. Il avait vraiment mal au ventre. Dit-elle alors que Daryl se retournait après un signe de tête, le faisant s'étrangler.
Il se retourna à nouveau pour remarquer qu'en effet la peluche avait le ventre à nouveau fermé par une couture bien faite. Ses yeux virèrent au noir comprenant ce que cela impliquait. Il termina la vaisselle rapidement, et enjoignit la gamine de l'attendre dehors. Alors qu'il la rejoignait, il ouvrit la voiture, et ordonna à l'enfant de monter qu'il arrivait.
Riley l'observa se diriger vers la maison de la voisine, où elle le vit frapper durement à la porte. Quand celle-ci s'ouvrit sur la vieille dame, Daryl se mit à lui siffler des paroles inintelligible pour l'enfant d'où elle était, mais à la tête que faisait la dame, cela ne devait pas être des paroles douces, surtout qu'elle blanchissait un peu plus à chaque fois que Daryl en rajoutait une couche. Alors que la vieille femme baissait la tête, Daryl fit demi-tour en direction de sa voiture, il s'installa brutalement, et démarra le moteur. La ceinture dans la voiture de Daryl était moins dur, et l'enfant avait réussis à s'attacher, Daryl lui démarra en trombe. Le voyage se passa dans un silence pesant, jusqu'à ce qu'il immobilise la voiture sur un parking de terre.
- Pourquoi tu es fâché avec la voisine ? Elle a fait quelque chose de mal ? Demanda Riley préoccupée.
- Tu ne t'approches pas d'elle, et que je ne te voies pas lui parler, t'as compris ?! Gronda Daryl sérieusement sans répondre réellement à la gosse.
- Oui. Répondit simplement la plus jeune sentant l'homme trop énervé pour lui répondre.
- Tu sais de quoi tu as besoin pour t'habiller ? Demanda avec plus de calme le jeune homme.
- Oui, un pantalon et un tee-shirt.
- Sûrement pas que ça. Souffla Daryl en sortant de l'habitacle secouant la tête devant les paroles de l'enfant.
Ils se dirigèrent ensemble vers la friperie, où ils entrèrent faisant tinter une clochette. Daryl mal à l'aise entraîna la plus jeune vers le coin enfant. Celle-ci fit attention aux prix et revint comme elle avait dit avec un jean et un tee-shirt.
- Va chercher un autre pantalon, et prends deux shorts, et d'autres tee-shirts. Grogna-t-il en se mettant à fouiner à la recherche d'une veste pour l'enfant.
Alors que Riley s'exécutait surprise, il dénicha une parka chocolat, qui irait sûrement un peu grande à la petite, mais au moins elle lui ferait quelque temps.
- N'oublie pas de prendre des sweats, et des sous-vêtements. Termina-t-il plus bas.
Les vêtements s'entassaient peu à peu dans le panier qu'avait saisit à l'entrée Daryl, un pyjama rejoignit le tas, puis des chaussettes faisant tilter le jeune homme qui posa son regard sur les chaussures trouées de la plus petite, qui prendraient l'eau à la moindre goutte de pluie.
- On va aller te chercher des chaussures, mais t'as besoin d'une robe ou d'une jupe ou pas ? Questionna-t-il.
Riley ouvrit de grands yeux comme si la question lui semblait saugrenue.
- J'ai pas de robe ou de jupe.
- C'est pour ça que je te demande si tu en as besoin ? Redemanda avec patience le brun.
- Je crois pas. Pourquoi ? Demanda-t-elle en le regardant la tête de côté.
- Qu'est-ce j'en sais pourquoi, prends en une et m'embête pas !
La gamine fit une moue pleine de questions avant de se rendre vers les robes, mais elle ne semblait pas se décider, faisant soupirer Daryl, celui s'approcha et après avoir regardé les tailles se saisit d'une robe simple d'un bleu sombre, à manches courtes, se fermant par des boutons. Il enjoignit alors l'enfant de le suivre vers les cabines d'essayages. Il était pas question de payer des vêtements qui ne lui iraient pas. La petite s'exécuta sans protester, Daryl jetait de bref regard quand la gosse sortait de derrière les rideaux. Un couple d'un certain âge lui jeta un regard surpris, auquel le jeune homme répondit par une œillade noire, mais celle-ci s'effaça quand la gosse sortit de derrière le rideau vêtu de la robe bleue. Le couple offrit un sourire à la petite fille intimidée par sa tenue, Daryl lui hocha la tête affirmativement à la gamine qui sautillait d'un pied à l'autre.
- Mais c'est pas bizarre ? Demanda-t-elle sans retourner dans la cabine.
- Qu'est-ce qui est bizarre ? Elle te va très bien. Dit-il d'un ton bourru, alors que le couple s'éloignait avec un air attendri.
La petite fit une moue peu convaincue, mais retourna essayer le reste des tenues. Au final ils durent prendre une taille en dessus pour les pantalons, et Daryl décida de prendre une taille en plus pour les culottes par précaution. Puis il entraîna Riley à grands pas vers le rayon des chaussures, là il ne laissa pas le temps à l'enfant de choisir, qu'il la fit asseoir d'office sur la tabouret avant de lui tendre une paire de basket d'une taille au dessus de la sienne, puis pendant qu'elle les essayait il alla chercher une paire de botte et des sandales.
- Elles te vont ? Demanda-t-il en posant les autres chaussures à côté du tabouret.
- Oui. Répondit Riley alors que l'homme se saisissait de son pied la surprenant tâtant le bout de la chaussure.
- Elles sont pas trop petites ? Demanda-t-il.
- Non, mes doigts touchent pas !
- Bien essayes ça alors.
Riley essaya sans broncher la paire de bottes et les sandales, qui lui allaient sans soucis. Sans un mot de plus Daryl se saisit des affaires et se dirigea vers la caisse où une femme d'une trentaine d'années les regarda arriver avec curiosité. Riley elle n'avait qu'un seul soucis, le coût de l'achat qui allait être effectué.
- Elle est pas un peu vieille pour être ta fille ? Interrogea la femme à un Daryl un peu tendu.
- J'ten pose des questions Tracy ! Grogna pour toute réponse le cadet des Dixon.
Voyant la femme froncer les sourcils, Riley intervint avec un sourire scotché au visage.
- Moi c'est Riley. Daryl c'est pas mon papa, mais mon oncle. Déclara-t-elle avec une candeur bien joué, faisant retrouver un visage souriant à la femme.
- Qu'est-ce qu'elle est mignonne ! J'arrive pas à croire que c'est la fille de ton frère ! S'exclama la caissière tout en continuant à scanner les articles et à enlever l'anti-vol.
Pour toute réponse Daryl la fusilla du regard, mais la femme ne s'en préoccupa pas, elle observait la fillette avec un sourire amusé.
- Dis moi petite, qui t'a coiffé ce matin ? Demanda-t-elle.
- Moi toute seule, mais j'ai pas de peigne donc j'ai eu un peu de mal. Avoua Riley avec un sourire penaud.
- Viens par là. Déclara la femme en arrêtant de scanner les articles.
Avant que Daryl n'ait pu dire quoi que se soit, Riley était déjà derrière le comptoir, et la vendeuse avait sortit d'il ne savait où un peigne et une couette. La femme entreprit de démêler la tignasse de la plus jeune, la prévenant que ça risquait de faire mal. Dixon lui observa la manœuvre médusé, en deux-t'en-trois mouvement, la tignasse tout emmêlé, avait fait place à une jolie tresse. L'enfant se tourna avec un sourire sincère vers la vendeuse, en la remerciant.
- C'est rien. Dixon attrape une brosse et un paquet d'élastiques sur le présentoir. Elle va en avoir besoin. Ordonna la femme.
Daryl fronça les sourcils face à l'injonction, mais obtempéra reconnaissant que la gosse en aurait l'utilité. Après un clin d'œil complice avec la gamine, Tracy reprit le scannage des vêtements. Alors que le jeune homme se dirigeait sans un mot vers la porte après avoir payé, la vendeuse interpella la plus jeune.
- Tu peux venir quand tu veux, je te ferais des coiffures. Déclara la femme avec un sourire amical.
Avant de répondre Riley se tourna instinctivement vers Daryl. Celui-ci fronça les sourcils comprenant que l'enfant lui demandait la permission.
- Tu verras ça avec Merle ! Mais t'iras sûrement pas toute seule ! Déclara-t-il d'un ton abrupte.
Riley lui offrit un sourire pour toute réponse, puis fit un signe de la main à la vendeuse, en lui disant à bientôt. Cependant une fois les portes du magasin fermées, le sourire de Riley chuta sous les yeux surpris de Daryl, il l'observa le suivre la tête basse, comme en attente d'une punition. Il rangea les courses dans le coffre pendant que l'enfant s'installait à l'avant du véhicule. De retour derrière le volant il vit la gamine, sa peluche hors de son sac serrée avec force dans ses bras. Alors qu'il allait pour démarrer le moteur, la voix basse de la gosse le stoppa.
- J'aurais pas assez d'argent pour rembourser.
- De quoi tu me causes ?! S'étonna Daryl en démarrant la voiture faisant lever deux yeux pleins d'interrogations vers lui. C'est pas à toi de me rembourser mais à Merle, même si je verrais sûrement jamais cet argent. Marmonna-t-il en s'engageant sur la route.
- Mais j'aurais pas assez d'argent quand même pour Merle. Insista Riley voyant que le benjamin Dixon ne comprenait pas.
- Tu ne rembourseras ni Merle ni moi, tu comprends, t'es une gosse t'as pas à payer pour tes fringues ! Déclara Daryl de manière abrupte.
- Rebecca me payait jamais mes vêtements. Lâcha l'enfant comme explication.
- Ils sortaient d'où alors ? S'étonna Daryl.
- Les habits des enfants de Mrs Nyn, ils sont grands maintenant. Rebecca dit qu'elle va pas payer pour des vêtements alors que je grandis et que je vais les abîmer.
Alors qu'ils roulaient depuis un moment, le dernier aveu de l'enfant le taraudait.
- Les services sociaux ne sont jamais venus te voir ? Demanda Daryl avec une légère préoccupation.
Riley ne répondit pas tout de suite, portant son regard sur la peluche qu'elle tenait entre ses mains. Alors que Daryl garait la voiture devant la maison et qu'il avait abandonné le fait d'avoir une réponse, la voix de Riley s'éleva, tel un murmure qui ne veut pas se faire entendre.
- Si plusieurs fois. À l'école et à la maison, car mes vêtements étaient vieux, que Rebecca oubliait de payer la cantine, ou de me donner un repas, que parfois j'avais des bleus. Une fois ils m'ont mis dans un foyer, car maman était partie sans moi. Mais ils l'ont retrouvé et je suis retournée avec elle. Elle était furieuse, car j'avais faillit l'envoyer en prison. Mais je suis sûre que le foyer c'est pire que la prison. J'y retournerais pas ! Termina le regard noir l'enfant en se tournant vers le frère de son géniteur, avant de descendre de l'habitacle coupant court la discussion.
Daryl lui était troublé par les propos de l'enfant. Il n'avait pas eu les meilleurs parents qui soient, peut-être pire que cette Rebecca, mais il n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle ne l'avait pas laissé à l'adoption à la naissance, il était clair qu'elle ne souhaitait pas avoir de gosse, alors pourquoi se la coltiner, pourquoi ne pas avoir interrompu la grossesse ou l'avoir fait adopter. Tant de questions qui resteraient sûrement sans réponse. Il se détacha dans un soupir et suivit la gosse à l'extérieur, il attrapa les sacs et après avoir fermé le coffre se dirigea vers la maison. Il déposa brutalement les courses dans l'entrée, grommelant qu'il avait besoin d'une bière. Alors qu'il s'en décapsulait une bien fraîche, il aperçut l'enfant plantée dans le salon, les bras ballants.
- Va mettre tes affaires dans la chambre qu'on a rangé ce matin, le placard est vide.
Il vit la petite acquiescer sans un mot et se saisir des sacs avec difficulté. Daryl ne put empêcher un sourire de franchir ses lèvres en voyant la gosse traîner les sacs avec difficulté, mais elle ne demanderait pas d'aide il le savait. Il l'observa du coin de l'œil gravir les marches de l'escalier avec peine, mais elle arriva quand même en haut, et bientôt il entendit les sacs être traînés sur le sol. Cinq bonnes minutes plus tard il rejoignit la gosse dans sa chambre. Celle-ci pliait avec minutie les vêtements avant de les mettre dans le placard mural. Il s'appuya contre l'encadrement de la porte en croisant ses bras, observant la chambre, qui n'était pas encore tout à fait nette, il manquait encore de mettre des draps propres au lit qui avait fait la guerre, de passer un coup de balais et peut-être des jouets, mais il ne se voyait pas d'acheter des jouets à la gamine. Il se détourna de sa contemplation pour aller chercher des draps dans sa chambre, avant de retourner vers Riley. Sans un mot pour la gosse, il tourna le matelas et entreprit de mettre le drap housse. Alors qu'il allait pour mettre l'oreiller dans sa taie, il remarqua que la petite l'avait devancé, il termina donc de faire le lit en plaçant le drap, et un léger plaid, terminé par Riley qui posa l'oreiller en haut du lit.
- Va chercher tes affaires qui sont dans ma chambre et tu pourras descendre pour jouer dehors. Déclara Daryl en sortant de la chambre. Et je crois que Mr Plume apprécierait de dormir sur le lit cet après-midi. Termina-t-il avec une grimace.
Riley observa son oncle s'en aller avec des yeux comme des soucoupes. Pourquoi était-il si gentil ? Elle se dirigea intriguée vers la chambre de Daryl où elle se saisit de ses affaires scolaires, les seules qu'elle avait à part son sac de voyage. Elle retourna dans sa nouvelle chambre, où elle déposa son nouveau cartable au pied de son lit, avant de froncer les sourcils et de jeter un coup d'œil vers la table basique que Daryl avait vidé et qui devait lui servir de bureau. Elle se ressaisit du cartable et l'accrocha à la chaise par ses lanières, elle passa avec douceur son doigts sur le bord des oursons brodés, un sourire naissant sur ses lèvres. Elle enleva son sac à dos et l'ouvrit pour en sortir son ornithorynque, mais alors qu'elle allait le déposer sur le lit, un froid saisit ses entrailles, enlevant le sourire de ses lèvres, la faisant enserrer fortement sa peluche contre sa poitrine. Elle la remit rapidement dans son sac avant de le remettre sur son dos.
- Ce n'est pas réel Riley, oublie pas ! Se sermonna-t-elle.
Puis elle descendit les escaliers rejoignant Daryl qui se trouvait dans la cuisine un verre d'eau à la main. Alors qu'il terminait son verre, il l'autorisa de nouveau à aller jouer dehors, lui interdisant cependant de parler à qui que se soit. La gosse grimaça mais obtempéra sortant après un dernier coup d'œil à l'homme qui déposait avec toute la délicatesse qui lui était possible le verre dans l'évier.
Une fois à l'extérieur la petite essaya d'obéir et de trouver un jeu, alors elle se mit à faire le tour de la petite surface, bien abîmé par le soleil et le manque d'entretien, elle s'imagina alors être dans un lieu de fouille oublié de tous, et que le terrain regorgeait de trésors, mais aussi de bandits. Elle se mit alors à la recherche d'arme, se souvenant que Merle lui avait pris son couteau et qu'il ne lui avait pas rendu.
Se fut ainsi que plusieurs heures plus tard de la terre jusqu'au sourcils, accompagné de son fidèle Mr Plume tout aussi barbouillé, que Daryl découvrit l'enfant agenouillée dans un coin du jardin, creusant tout en parlant à sa peluche avec discrétion.
- Montez la garde Mr Plume, les bandits ne sont pas loin ! Quand on aura trouvé le trésors il faudra courir. Je sais que t'as que trois pattes, je te porterais t'en fais pas. Et si les bandits nous coursent on leur jettera des pierres.
Daryl fut un instant tenté de laisser l'enfant jouer encore un peu, mais la nuit allait bientôt tomber et le froid allait aussi se faire sentir. Alors qu'il allait interpeller l'enfant, celle-ci se retourna brutalement et jeta dans sa direction une pierre qui l'effleura de peu.
- Oups ! Lâcha Riley en levant les yeux vers le visage d'un Daryl sidéré. J'ai cru que t'étais un bandit. Expliqua-t-elle. Tu as eu de la chance, j'aurais pu te tuer. Annonça-t-elle très sérieusement. Si Mr Plume avait été un peu plus sérieux dans sa surveillance, nous serions entrain de te pleurer, et on t'aurait enterré car t'aurais attiré les vautours ! Énonça avec un enthousiasme quelque peu déplacé l'enfant.
Pendant ce temps, le jeune homme fixait avec de plus en plus d'hébétude la gamine à l'imagination débordante. Quand elle lui annonça son destin funeste, il fronça les sourcils face à l'idée saugrenue.
- J'espère que tu aurais quand même tenté de me sauver ou de faire le 911. Grommela l'adulte.
- Oh non, j'aurais pas eu le temps, et puis on a pas de téléphone dans le désert, mais t'aurais eu de belles fu...fun...fur... Comment on dit déjà ? Demanda-t-elle avec un air plein de candeur.
- Funérailles ! Gronda Daryl. Mais c'est pas pour aujourd'hui, maintenant retour à la civilisation Dr Jones, va te laver et amène ton copain l'estropié, vous avez de la terre de partout.
- Je suis pas un docteur ! Je suis une aventurière ! Corrigea l'enfant. Et je m'appelle Riley t'as oublié ? Demanda-t-elle.
- Va te laver ! Grommela Daryl en faisant de gros yeux, ne cherchant pas à s'expliquer face à la référence cinématographique faite.
Alors que la gamine disparaissait dans un éclat de rire dans la maison, le jeune homme resta un instant immobile, figé par le rire. Depuis combien de temps cette maison n'avait-elle pas entendu un rire d'enfant ? En avait-elle déjà entendu un jour ? Il savait qu'il ne fallait pas s'attacher à la gosse, après tout elle pourrait aussi bien partir demain, il n'en savait rien, mais il se promit une chose, que la gosse ne perde jamais l'envi de rire, de sourire, de jouer. Elle avait déjà du grandir trop vite, alors si elle pouvait un temps soit peu redevenir une enfant, il en serait heureux. Car oui le rire de l'enfant et ses idées saugrenues lui procurait une chaleur dans la poitrine, une chaleur qu'il n'avait jusqu'à alors jamais ressentit, mais il aimait cette sensation, et il ne souhaitait qu'une chose qu'elle reste.
Il se passa une main nerveuse dans les cheveux, se sermonnant mentalement d'avoir de telles idées. Mais alors qu'il passait le seuil de la porte, et qu'il entendit à nouveau le rire de Riley raisonner dans la maison, un sourire bien que faible courba ses lèvres. Il attrapa le téléphone avant de monter à l'étage en secouant la tête. Il se stoppa devant la porte de la salle de bain où une bataille navale semblait avoir lieu.
- Riley ça te dis une pizza ce soir ? Demanda-t-il à travers le panneau en bois.
Mais aucune réponse ne lui parvint, il entrouvrit alors la porte d'où provenait la voix de la petite fille.
- Riley ? Cria-t-il un peu plus fort sans pour autant entrer dans la pièce.
Son interpellation coupa la voix de l'enfant en plein abordage.
- Je nettoie tout promis. Murmura la plus jeune d'une voix faiblarde.
- J'espère bien, mais c'est pas pour ça que je suis là. Tu veux manger une pizza ce soir ?
- Une pizza ? Répéta avec hébétude la plus jeune.
- Oui. Qu'est-ce que tu aimes comme pizza ? Demanda Daryl avec patience.
- Je...comme toi. Répondit la voix tout à coup moins enjouée.
Daryl fronça les sourcils face à la réponse, puis il se souvint de ce que lui avait dit Merle la veille sur un ton quelque peu moqueur, sur le fait que la gamine n'avait jamais mangé d'hamburgers.
- Ok. Répondit Daryl. Tu as une boisson que tu aimes bien ? Du co...
- Pas de coca ! Interrompit la gamine avec force, faisant éclater de rire le jeune Dixon.
- Ok pas de coca. Tu aimes une autre boisson ? Demanda-t-il un sourire dessiné sur ses lèvres.
- Je … je sais pas. Répondit Riley toujours perdue.
- T'en fais pas, je vais voir ce qu'ils ont. Rassura l'adulte. Y en a pour un moment, donc tu peux rester dans le bain, mais oublie pas de nettoyer la piscine que t'as fait sur le sol. T'as des serpillières sous le lavabo.
- Ok. Répondit Riley.
Une bonne heure plus tard Daryl appela Riley à table. Quand elle descendit les escaliers, il remarqua de suite qu'elle avait mis son nouveau pyjama, un short en coton blanc et un haut à manches courtes où étaient dessinés des petits moutons. Elle tenait dans sa main droite sa peluche qui gouttait de l'eau du bain. Face à cet état de fait Daryl leva les yeux au ciel, pendant que Riley fixait les pizzas et les sodas installées sur la table basse du salon avec des yeux surpris.
- Pourquoi ta peluche dégouline d'eau / Pourquoi on mange pas à table ?
Demandèrent-ils d'une même voix.
- C'est soirée télé, mais pourquoi ta peluche dégouline d'eau ? Ré-interrogea Daryl ayant entendu la question de l'enfant.
- Tu m'as dis de nous laver. Répondit l'enfant comme si l'adulte était un peu bête.
- Oui toi, ta peluche aurait du passer à la machine. Mais en même temps qu'il prononçait ces mots, il comprit qu'il avait fait une erreur en voyant les yeux de l'enfant s'ouvrir d'horreur. Bon ok, pas la machine à laver, va chercher une serviette qu'on l'emballe dedans et qu'il arrête de nous foutre de l'eau de partout.
Daryl tendit une main pour attraper la peluche, et il vit de suite l'effort de confiance que cela demandait à l'enfant, alors qu'elle hésitait grandement à lui tendre sa peluche. Mais il ne dit rien attendant juste qu'elle se décide d'elle même. Elle finit par prendre une grande inspiration et lui tendre avec douceur la bestiole pleine d'eau. L'adulte l'attrapa avec prévenance, offrant ce qui se rapprochait le plus d'un sourire à l'enfant. Celle-ci après un dernier regard à Mr Plume, partit en courant à l'étage, Daryl l'entendit détaler au plafond, ouvrir la porte du placard avec vigueur, avant de revenir avec tout autant de rapidité, celle-ci descendit les escaliers en courant manquant de glisser. Se fut pourtant d'un pas calme qu'elle se rapproche de son oncle, alors qu'il s'attendait à ce qu'elle lui arrache la peluche des mains, elle lui tendit juste son bras et il comprit que c'était un test, un test que lui faisait passer l'enfant. Après un coup d'œil au visage sérieux de l'enfant, il attrapa la serviette que l'enfant tenait dans l'autre main, et enveloppa avec douceur la peluche, laissant sa tête à l'extérieur, tout cela sous le regard scrutateur de l'enfant, puis il lui présenta sa peluche emmitouflé. Riley s'en saisit offrant un sourire éblouissant à Daryl, lui murmurant un merci sincère, et il sut qu'il avait réussi le test.
- Bon assis toi, ce soir c'est télé-pizza. Annonça Daryl, en se dirigeant vers le magnétoscope. Au programme pizza pepperoni et hawaïenne, avec du soda à l'orange et du thé glacé, et à la télé ce soir nous assisterons aux aventures d'Indiana Jones. Termina-t-il avec un sourire moqueur.
Daryl dû s'empêcher à plusieurs reprises d'éclater de rire, face aux remarques de l'enfant sur le film, ou sur la nourriture. Elle n'avait au début par démordu que ce n'était pas possible de manger sur le canapé, mais Daryl lui avait dit de prendre une pointe de pizza et de profiter du film, mais elle avait enchaîné sur le fait de manger sans assiettes. L'homme c'était alors tourné vers l'enfant avec un regard noir.
- Dis pourquoi est-ce que tu crois que ça s'appelle soirée pizza-télé ? Demanda-t-il sans attendre de réponse. Ça signifie qu'on mange devant la télé, sur la canapé, et puisque c'est une pizza on a pas à sortir d'assiette. Tu tiens ta part comme ça. Expliqua-t-il tout en montrant la manœuvre. Et tu croques. Termina-t-il.
Riley l'avait observé avec des yeux exorbités, mais avait imité Daryl d'un air totalement subjugué. Et cela avait continué avec le goût des pizzas, puis sur le film qui fascinait totalement l'enfant, et qui faisait une très bonne spectatrice. Mais ses mimiques et remarques, demandait sa totale concentration à l'adulte qui manqua plus d'une fois d'éclater de rire. Quand le film se termina Daryl ordonna à l'enfant d'aller se coucher, alors que celle-ci avait les yeux qui clignotaient dangereusement. Elle marmonna qu'il fallait faire la vaisselle, mais Daryl la poussa vers les escaliers avec douceur.
- Va te coucher, je m'en occupes. Déclara-t-il.
L'enfant grimpa les escaliers tout en continuant de marmonner, et l'adulte était presque sûr que l'enfant dormait debout. Une fois qu'il fut sûr que l'enfant avait atteint l'étage, il débarrassa les cartons des pizzas et les canettes, qu'il mit dans la poubelle. Il jeta un coup d'œil à l'extérieur soufflant d'exaspération, ce ne serrait pas ce soir que Merle rentrerait, et encore moins qu'il arrêterait de jouer au con. Il secoua la tête de dépit, avant de se décider à aller se coucher.
À l'étage, il se dirigea sans sourciller vers sa chambre, après avoir remarqué la porte de la chambre de la gosse fermée. Mais quand il pénétra dans sa piaule, il leva les yeux au ciel de désespoir. L'enfant ne s'était pas couchée dans le bon lit, dans son état semi-éveillé, elle était allée inconsciemment dans la chambre qu'elle occupait depuis deux jours. Daryl la secoua doucement en l'appelant par son prénom, mais cela ne fit que gémir dans son sommeil la plus petite sans pour autant la réveiller. Il leva les yeux au ciel avant d'attraper les jambes et les épaules de l'enfant pour la soulever. Celle-ci bien que profondément endormi serrait fortement son ornithorynque. Daryl sourit avant de porter la gamine dans sa chambre, là il ouvrit comme il put la porte, puis la déposa dans le lit, il la couvrit et sortit de la pièce en silence.
Le lendemain Daryl trouva une Riley attablée dans la cuisine devant un bol de céréale et un verre de jus. Il avisa sa place où se tenait une tasse remplie de café et un bol de céréales.
- Bonjour ! Claironna la voix joyeuse de l'enfant. Je t'ai fait du café ! Déclara-t-elle joyeuse.
L'homme pas encore tout à fait réveillé, s'assit à sa place et porta la tasse à ses lèvres. Mais à peine eut-il but une gorgée qu'il recracha le tout fort peu gracieusement dans sa tasse sous le regard éberluée de la plus petite. Sans un mot il tourna un regard vers la cafetière, où il se concentra pour être sûr de ce qu'il voyait. Il se leva pour se rapprocher du plan de travail où il se saisit de la carafe qu'il porta à ses yeux, qui se plissèrent. Il ouvrit le capot de la machine et remarqua l'absence de filtre, lui faisant fermer les yeux de dépit.
- J'ai fait une bêtise ? Demanda la voix peinée de Riley.
Daryl ne répondit pas, vidant la cafetière dans l'évier, et nettoyant le porte filtre. Il sécha le tout avec un torchon avant de faire signe à la gosse de se rapprocher. Celle-ci se leva comme piquée.
- Prends ta chaise. Grommela-t-il.
La petite s'en saisit et après un signe de tête de l'homme, grimpa dessus. Il attrapa alors un filtre dans le placard et le plaça, avant de le remplir de quatre doses de café. Puis il lui montra jusqu'à où remplir de l'eau.
- Si tu mets pas de filtre, je vais manger du café, et c'est pas bon. Grogna-t-il. Et si tu mets pas les bonnes doses, ça sera du jus de chaussettes. Maintenant tu sauras faire.
- Désolée. Murmura la plus jeune.
- T'excuses pas c'est pas grave, c'était gentil. Marmonna-t-il en déclenchant la cafetière.
La petite l'observa retourner à sa place avec gravité, elle descendit de sa chaise avec précaution avant de la mettre devant l'évier, puis elle se saisit de la tasse de Daryl qu'elle alla vider dans l'évier pour la nettoyer.
- C'était pas la peine. Grommela le jeune homme.
Mais la petite l'ignora, elle essuya la tasse, remit sa chaise à sa place et attendit devant la cafetière, ses yeux louchant sur le liquide noir qui s'écoulait. Quand les gouttes arrêtèrent de tomber, la petite éteignit la machine et remplit la tasse de Daryl, avant de lui apporter précautionneusement. Il lui murmura un merci, auquel la petite répondit par un grand sourire, avant de rejoindre sa place. Alors que le benjamin Dixon se réveillait peu à peu, un doute pris place dans sa tête en fixant la gosse.
- Tu vas à la messe ? Demanda-t-il abruptement.
- Heu... Hésita la plus jeune surprise par la question. Je crois pas, on doit y aller ? Demanda en retour la petite.
- Non. Est-ce que Rebecca t'emmenait à la messe ? Questionna-t-il de manière plus compréhensible.
- Non, avec Granny oui, mais je me souviens plus très bien. Pourquoi ? Interrogea-t-elle son visage marqué par l'inquiétude.
- Pour savoir si je devais t'accompagner. Mais si t'y vas pas, c'est très bien, ça me va à moi. Grogna-t-il en se levant pour déposer sa tasse dans l'évier.
Alors que Daryl lavait sa tasse de manière superficiel, la plus petite le questionna.
- Merle il est parti à cause de moi ?
Le benjamin Dixon se figea, avant de se rincer les mains et de se les essuyer, puis il se tourna vers la gosse qui le fixait avec une certaine angoisse.
- Merle n'est pas parti à cause de toi. Commença Daryl avec précaution. Il a juste pris la mauvaise habitude de disparaître quand il est contrarié.
- Je l'ai contrarié ? Demanda-t-elle en fronçant son nez.
- Non c'est la situation qui le contrarie. Mais arrête de te faire du soucis pour ça, Merle agit comme un abruti par moment.
La plus jeune fixait le plus âgé avec une moue ennuyée, mais finit par pousse un soupir avant de se lever pour amener sa vaisselle à l'évier. Alors que Daryl observait la plus jeune avait sa maigre vaisselle, son esprit cherchait à ce qu'il allait faire avec la gamine. Normalement il profitait de ses weekends pour sortir afin de chasser, pêcher, juste être loin de la civilisation.
- Va t'habiller, et mets tes baskets on sort. Déclara Daryl sa décision prise.
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A bientôt
