L'enseigne Ronach pestait contre ses supérieurs. Alors que les autres ingénieurs avaient reçu leur congé et festoyaient sur la station, elle et l'enseigne Smith devaient continuer de travailler sur cette foutue navette sans trouver rien de tangible. C'était en partie de sa faute, elle s'était portée volontaire pour travailler sur la navette, en pensant que ça la changerait des travaux en cours, mais elle ne s'imaginait pas que l'enquête serait si longue.

Le plus frustrant était de ne rien trouver. À part ce petit problème de circuits grillés, ils n'avaient strictement rien d'inhabituel. Il lui fallait pourtant une théorie, quelque chose à présenter.

Tout en rouspétant, elle travaillait à remonter le système de conversion d'énergie, quand ça lui apparut évident. C'était devant elle, en évidence, depuis le début, et elle n'avait rien remarqué!

Pour confirmer sa théorie, elle devait parler à l'officier scientifique qui avait étudiée les senseurs. Elle appuya sur son communicateur.

=/\= =/\= =/\= =/\= =/\=

Myriam marchait d'un pas rapide, suivit de son oncle, l'amiral DeSoto, vers la salle de conférence du Hawking. Comme l'amiral était bien décidé à l'accompagner, elle avait décidé de le conduire à la salle de conférence et ensuite d'appeler le capitaine.

Elle trouvait étrange de marcher avec son oncle Robert, comme ça, après toutes ses années. Sa mère était morte quand elle avait huit ans. Son père et son oncle ne s'entendaient pas bien, alors ils avaient cessés de se parler et elle ne l'avait pas revu depuis. Cela faisait au moins trente ans.

Depuis qu'elle était arrivée sur la station, l'amiral s'était montré particulièrement gentil et attentif, comme s'il voulait réparer les pots cassés. Mais pour elle, il était un étranger. Elle se rappelait à peine cet oncle qui servait dans Starfleet qu'elle avait connu dans son enfance et l'appeler « amiral » lui était plus naturel que l'appeler « mon oncle ».

Ils arrivèrent devant la porte de la salle de conférence.

- Je ne changerai pas d'idée, amiral. Je dois y aller.

- C'est ce que nous verrons, dit-il en entrant.

Quand ils entrèrent alors dans la salle de conférence, ils surprirent un couple qui s'embrassait avec passion au fond de la pièce, près de la baie vitrée.

- Qu'est-ce que ça signifie, s'exclama l'amiral? Myriam, c'est c'est à toi de régler ça. Normalement, la salle de conférence n'est pas l'endroit pour ce genre de rencontre.

Myriam ne disait rien, elle avait reconnu le profil des deux amoureux et elle était sous le choc. Au même moment, le couple cessa de s'embrasser, mais restèrent enlacés comme s'ils craignaient la suite.

- Commandeur, insista DeSoto?

- Je crains, amiral, articula-t-elle enfin, que ce ne soit pas de mon ressort.

Les deux amoureux se séparèrent alors et on put distinguer leur visage.

- Capitaine Roberge, fit DeSoto stupéfait!

Son regard se tourna alors vers l'homme qui était à ses côtés et il remarqua le grade à son col.

- Déclinez votre nom et position, lieutenant-commandeur.

- Lieutenant-commandeur Tomal Parksan, chef ingénieur sur le USS Hawking, monsieur.

L'amiral tourna son regard vers Léa, de plus en plus choqué

- Capitaine, dit-il en montant le ton, ce genre de comportement est inexcusable de la part d'un officier aux commandes. Vous savez l'importance de maintenir une distance entre vous et votre équipage et avoir une liaison avec un membre de votre staff n'est pas acceptable. Je me vois dans l'obligation de sévir.

Il se tourna vers Parksan.

- Vous pouvez disposer, lieutenant-commandeur.

- Sauf votre respect, amiral, je suis impliqué dans cette histoire et j'ai ma part de responsabilité. Je suis prêt à en subir les conséquences.

- Très bien, vous pouvez rester, mais il s'agit ici d'une faute qui incombent au capitaine. Elle est au courant de ses responsabilités en tant que commandant d'un vaisseau et ce genre de comportement est inadmissible.

- Et pas pour moi? J'ai aussi des officiers sous mon commandement.

- Réalisez-vous que ce genre de situation pourrait amener à croire que le capitaine Roberge abuse de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles?

Léa voulu réagir, mais Tom répondit rapidement.

- Laissez-moi vous prouver le contraire.

- D'accord, je veux bien entendre ce que vous avez à dire.

- J'ai fait ma petite recherche et j'ai découvert qu'il y avait des précédents.

- Comme quoi?

- Sur le Titan, il y a eu l'amiral Riker, alors qu'il était capitaine et la conseillère du vaisseau.

- Je suis au courant. Ils sont mariés.

- C'est exact, dit Tom. Il y a aussi sur l'Odyssée, le capitaine Amida avec le chef de la sécurité.

- Ils sont mariés, reprit l'amiral.

- Sur le USS Kelvin, le capitaine T'Rok et le pilote.

- C'est inutile, coupa l'amiral. Ils sont tous mariés. Il s'agit de relations sérieuses et non de liaisons secrètes.

- C'est pourtant là où je voulais en venir, amiral.

Tom plongea la main dans la poche de son pantalon et en sortie un petit sac de velours, il fit tomber du sac une bague de couleur argentée, peut-être de l'or blanc, sertie d'une pierre bleue qui ressemblait à un saphir. Il se tourna vers Léa et posa un genou à terre.

- Léa, dit-il, j'attendais le bon moment pour te faire cette proposition. Depuis que nous nous sommes avoués nos sentiments, nous avons dû nous retenir, nous éloigner, parce que ce n'était pas correct. Si nous étions mariés, nous aurions enfin le droit d'être ensemble. Je ne veux plus être patient et je ne veux plus que nous soyons séparés. Je suis prêt à tout pour être avec toi. Alors, veux-tu m'épouser?

Le silence se fit, plus personne ne parlait. Myriam commençait à réaliser qu'il y avait eu des indices. Ça faisait certainement des mois que ça durait. Elle se tourna vers Léa et tout comme l'amiral, ils étaient tous pendus à ses lèvres et attendaient sa réponse. Réponse qui tardait à venir. Léa semblait aussi surprise qu'eux. Elle regarda Tom avec tendresse avant de répondre dans un souffle.

- Non.

Le visage de Tom se décomposa et il baissa le regard, visiblement déconfit. Léa se précipita vers lui, elle lui prit les mains et l'amena à se relever.

- Pas comme ça, lui dit-elle, pas pour sauver ma carrière. Je t'ai dit que je t'avais choisi. Je n'ai pas changé d'idée, mais nous ne sommes pas prêts pour le mariage. C'est trop tôt. Et maintenant que j'ai pris ma décision, je veux que ça marche et je vais tout faire pour ça.

- Je ne veux pas nuire à ta carrière.

- Laisse-moi m'inquiéter de ça.

Il tenait toujours la bague dans le creux de sa main, elle la regarda un moment, puis elle referma la main de Tom sur la bague.

- Elle est magnifique, dit-elle, et c'est tout à fait ma couleur. Garde-la pour plus tard, quand nous serons prêts.

- Mais, ils n'accepteront jamais que nous soyons ensembles sur le Hawking.

- Ça, c'est à moi d'en décider, coupa soudain DeSoto.

Ils se tournèrent vers l'amiral, comme s'ils venaient de se rappeler sa présence. Il ne semblait plus du tout en colère.

- Très bien, dit-il alors, vous m'avez pris par surprise. Je suis forcé d'admettre que votre relation semble sérieuse, contrairement à mes présomptions de départ.

Myriam se remettait encore du choc et elle constata que son oncle avait raison, ils avaient tous deux l'air très amoureux.

- Je vais prendre la décision ici et je vais faire en sorte qu'elle soit entérinée par vos supérieurs à Starfleet Command. Tout d'abord, je m'adresse à vous, commandeur Parksan.

- Oui, monsieur.

- Vous devez être conscient que vous vous embarquez dans une relation difficile. Le capitaine aura très peu de temps pour vous et vous serez souvent dérangés quand vous serez ensembles.

- J'en suis conscient, monsieur.

- Le vaisseau passera toujours en premier quoi qu'il arrive.

- Ça va de soi, amiral.

- Capitaine, vous ne pourrez pas vivre cette relation au grand jour, du moins tant que vous ne serez pas mariées. Il faudra la cacher à votre équipage, sauf à ceux qui doivent absolument être au courant. Vous ne devrez en aucun cas vous afficher en public.

Léa acquiesça. Myriam comprenait que cette mesure devait servir à protéger l'image du capitaine.

- Commandeur White, dit alors l'amiral.

- Oui, amiral, dit-elle en se demandant quel était son rôle dans cette histoire.

- Le commandeur Parksan est dorénavant exclusivement sous votre juridiction, tout ce qui concerne la discipline et les promotions devra être décidé uniquement par vous. Le capitaine n'aura pas le droit d'interférer.

- Je comprends, amiral.

Il fallait éviter les conflits d'intérêts.

- Capitaine, j'étais venu avec le commandeur White pour vous parler d'un autre sujet, mais à la place, je vais vous donner rendez-vous à toutes les deux, à mon bureau sur la station, demain matin à 800 heures. Pour le reste, je vais vous laisser mettre au point tout ça, ajouta-t-il avec un sourire amical. Pour ma part, j'ai eu assez d'émotions pour aujourd'hui.

Il quitta la salle en laissant Myriam avec le nouveau couple. Elle les regardait, toujours aussi étonnée.

- Hé bien, dit-elle enfin!